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 ≈ from this valley.

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demon ○ breaking bad
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MessageSujet: ≈ from this valley.   Mer 22 Juin - 14:53


MICA O'CALLAGHAN
oh lord, oh lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run
○ âge › si les choses n'étaient pas ce qu'elles sont, elle aurait célébré ses rente-quatre ans cette année. le temps aurait continué de s'écouler, doucement, la laissant vieillir avec ceux qu'elle aime. mais rien n'est aussi simple. elle reste donc âgée de trente-et-un ans, figée à cet âge et ce, pour l'éternité. ○ date et lieu de naissance › elle est née à l'automne, mica, quand le vent soufflait fort à travers les arbres, menaçant de les faire tomber. c'est le 30 septembre 1982 qu'elle est née, à l'hôpital général de st-augustine en floride, la ville de son enfance mais qui ne lui a jamais appartenu. ○ profession › âme libre, elle n'a jamais vraiment tenu de véritable travail dans sa vie. par contre, à son retour sur terre, elle en a vu la nécessité - de toute manière, elle ne serait plus jamais celle qu'elle était auparavant. elle a donc pris un simple emploi de barmaid dans un bar en basse-ville. ça l'occupe et ça paie le loyer, voilà tout. elle ne se sent pas attaché à cet emploi le moins du monde, sans toutefois le détester particulièrement. ○ situation amoureuse › rien n'est simple là non plus, mais mica est bien mariée, à l'homme de sa vie, son âme soeur, son tout. la mort les a séparés, et pourtant son coeur bats toujours fort pour lui, il le fera toujours, éternellement. ○ orientation sexuelle › malgré quelques baisers volés, mica est bien hétérosexuelle, préférant le comfort du corps masculin à celui des femmes. ○ situation financière › elle n'a jamais connu la richesse, mais l'argent, ce n'est pas important pour elle. elle a toujours fait sa vie, mica, tout simplement, avec ce qu'elle avait.  ○ fonction et pouvoir/don et niveau  › jeune démon, sa fonction n'est tout simplement pas encore déterminée. cela fait trop peu de temps qu'elle est devenue ce qu'elle est, donc elle cherche encore quel genre de démon elle deviendra. ○ groupe › bad company (démons). ○ avatar › gal gadot la magnifique. ○ crédit › galgadotdaily.
≈ née cortez, dans une famille hispanophone de la banlieue de st-augustine en floride, mica a vécu une enfance solitaire. énième enfant d'une fratrie nombreuse, elle n'a jamais su faire sa place parmi le ménage chaotique qu'était sa famille. peu valorisée, souvent mise de côté, elle s'est forgée une solide carapace pour se protéger de ce rejet. elle ne s'est jamais entendu avec ses frères et soeurs, trop différents d'elle pour former de liens véritables. ses parents, eux, étaient trop occupés pour vraiment se soucier de chacun d'eux. elle est devenue indépendante très rapidement, traçant sa propre route, déjà loin des siens dès un jeune âge. ≈ sa famille, extrêmement nombreuse, avait l'habitude d'organiser de grandes réunions annuelles dans la maison où elle vivait. elle se tenait habituellement bien loin de ce genre d'événement, restant dans sa chambre afin de ne pas avoir à se mêler à la foule. l'année de ses quinze ans, elle fut confrontée par un cousin, qui voulu l'inciter à se joindre aux festivités. elle refusa simplement, et il s'emporta, l'insultant, lui hurlant à la figure que personne ne l'aimait et que si elle partait, personne ne s'en rendrait compte. ils se sont violemment battus. trois semaines plus tard, elle s'enfuyait de chez elle. ≈ ce ne fut pas une grande surprise quand elle quitta le domicile à son adolescence, laissant derrière une vie qui n'avait jamais vraiment été la sienne. elle remplit un sac à dos des quelques nécessités et partit sur la route. elle s'éloigna le plus possible de st-augustine, ne sachant pas trop où se diriger - elle irait où la vie la mènerait. elle avait de l'argent, qu'elle avait économisé toute son enfance, et put donc subvenir à ses besoins grâce à cela et la générosité des gens. plaçant sa foi avec le destin, ce dernier ne mit pas beaucoup de temps à agir. quelques semaines plus tard, alors qu'elle traversait pensacola, elle entra en collision avec celui qui constituerait le reste de sa vie - littéralement. ≈ elle ne sait pas encore pourquoi à ce jour, mais elle l'a suivi, atterrissant dans un bateau qui les mena tous les deux au mexique. pour la première fois de sa vie, quelqu'un semblait la voir, vraiment la voir, et ce simple fait fit en sorte qu'elle ne le quitta plus, qu'elle ne voulut plus le quitter. ils errèrent pendant quelques temps en ce pays étranger, jusqu'à atterrir dans un cirque ambulant. ils y trouvèrent un sanctuaire, et bien vite, une vraie maison. ≈ mica oublia tout de son ancienne vie dans cette troupe - elle s'épanouit à une vitesse folle, se trouvant parmi cette bande de marginaux. sa vie y était mouvementée, mais c'était une vie qu'elle n'aurait échangé pour rien au monde. elle n'était plus l'enfant qu'on oubliait - elle était sous les feux des projecteurs, fière et droite. elle faisait tourner les têtes sur son passage, et elle le savait et s'en amusait bien. et il y avait jim, bien sûr, tout près d'elle. ≈ elle a toujours su qu'elle l'aimait, jim, mais a refoulé ses sentiments par cette vieille habitude qu'elle a, de se croire invisible et non désirée. mais lorsqu'elle atteint environ vingt ans, et qu'il lui fit une déclaration qu'elle ne pourrait jamais oublier, elle sut que cette période de sa vie était terminée, et qu'elle avait trouvé quelqu'un avec qui partager sa vie - et se partager, elle. ils se marièrent peu de temps par la suite, car pour mica il n'y avait aucun doute qu'elle voulait passer le reste de ses jours avec lui. ≈ ils devinrent parents d'une magnifique petite fille quelques années plus tard. la naissance de catrina fut un point tournant dans la vie de mica, qui trouva en cet enfant une tendresse et un dévouement qu'elle n'avait jamais ressenti pour personne d'autre. catrina était tout pour elle, absolument tout. ils étaient heureux, tous les trois, menant leur vie sur une route à l'orée du reste du monde, invincibles et instoppables. ≈ mais ils ne l'étaient guère, et voilà trois ans, catrina fut la victime d'une horrible chute. voulant imiter sa mère et son père, acrobates depuis toujours, elle tomba sur la tête et se fracassa le crâne. c'est mica qui la trouva, étendue sur le sol. incapable de soutenir son chagrin et sa détresse, elle n'hésita pas à faire appel au premier démon venu pour négocier sa vie contre celle de sa fille. le démon accepta, lui donnant une heure pour faire ses adieux - une heure qu'elle passa avec sa famille, le coeur brisant dans sa poitrine au fil des minutes passantes. elle ne reverrait plus jamais jim et catrina - mais au moins, sa fille était saine et sauve. elle alla rencontrer les chiens de l'enfer, la tête haute, en sachant au moins ça. ≈ elle alla directement en enfer, y passant les trois années humaines qui suivirent. elle ignorait, cependant, que jim avait déjà formé un pacte pour lui sauver la vie, à elle et catrina - et l'accumulation de pacte la concerna la transformation en abomination du mal - un démon, voilà ce qu'elle était devenue. ≈ elle se souvient très peu de son passage dans les enfers - elle se rappelle la douleur, la peur, les flammes, la noirceur. elle se rappelle de la torture et de l'errance. elle était capable d'endurer tout cela en sachant sa famille en sureté - mais lorsqu'on lui appris sur la chais de torture que sa catrina était morte, elle se sentit brisée, inconsolable, la douleur devenant soudainement mille fois pire. ≈ elle fut récemment invoquée sur terre, y retournant pour la première fois depuis sa mort. elle doit apprendre à vivre dans sa nouvelle forme ainsi que gérer la nouvelle que sa fille n'est pas seulement morte - elle est en enfer, emportée par un démon qui possédait l'âme de son mari. furieuse, désespérée, mica compte bien faire payer les concernés et profiter de ses nouveaux pouvoirs pour le faire.

≈ bien que née aux états-unis, mica provient d'une famille hispanophone et avait donc l'habitude de parler espagnol à la maison. elle la considère comme sa première langue, quoiqu'elle parle également parfaitement anglais. vivre au mexique pendant toutes ces années ne fut donc pas du tout un problème pour elle, même qu'elle s'y est toujours sentie davantage chez eux qu'en sol américain. ≈ depuis qu'elle est toute petite, mica se passionne pour les animaux en tout genre, plus particulièrement les insectes, les amphibiens et les reptiles. elle avait l'habitude de collectionner les insectes étant gamines, les observant et prenant soin d'eux. elle adore les geckos, tout particulièrement, et en possède d'ailleurs un tatouage sur la cuisse droite. elle est fascinée par eux, et adore en apprendre plus à leur sujet. elle aimait d'ailleurs emmener sa fille près de petits cours d'eau pour lui montrer toutes les espèces y vivant. ≈ mica a toujours été très proche de sa foi. elle croyait en dieu, et s'est souvent tournée vers lui dans les moments où elle en avait besoin. pour elle, ce n'est rien d'embarrassant - elle priait tous les soirs avant d'aller se coucher, allait souvent à l'église pour se recueillir et portait un crucifix autour du cou en permanence afin de Le garder près d'elle. c'était une manière pour elle de mieux comprendre les choses, et c'était réconfortant de savoir que quelqu'un, quelque part, veillait sur eux tous. aujourd'hui, bien sûr, tout est bien différent. la vue d'une croix suffit à la mettre en colère, et un crucifix la fera reculer de quelques pas. c'est déboussolant pour elle, tellement habituée à trouver refuge en ces symboles. elle ne sait plus trop quoi faire de sa foi, mais est incapable de la renier complètement. ça fait partie d'elle. ≈ mica adore la musique. pas ce qui joue à la radio, ou ce qu'on entend dans les hauts-parleurs d'un club de nuit - non, elle aime le son des instruments, joué à l'acoustique. des mélodies, tout simplement, improvisées ou pas. elle joue du tambourin elle même, y ayant souvent eu recours au cirque. mais c'est le banjo qu'elle adore, l'instrument fétiche de son mari. ce banjo, ce son, elle l'a toujours adoré. elle se le jouait chaque jour dans sa tête pendant son séjour en enfer pour ne pas perdre pied - ce banjo lui rappelait ce qui était vraiment important, lui rappelait que l'amour existait bien dans le monde. ≈ il ne faut pas se méprendre, mica possède un vilain caractère et est tout sauf une brebis qu'on doit protéger. elle est une lionne, forte et prête à rugir à tout instant. au calme, elle est sociable et charmante - c'est d'ailleurs une flirt incroyable, qui sait faire rougir n'importe quel homme - intéressée et captivante. mais elle possède une conscience du monde et d'elle-même qui lui permet de réagir rapidement aux situations - il est plutôt rare qu'elle perde le contrôle. sans être colérique, elle a le sang bouillant dans les veines et il ne faut pas grand chose pour la provoquer - et une fois que c'est fait, elle n'hésite pas à frapper fort. tout de même, elle est extrêmement loyale et aimante avec les siens, prête à les protéger contre tout, et à n'importe quel prix. mais ce côté tendre et maternel, il n'y a que jim et catrina qui le connaisse vraiment. aux yeux du reste du monde, elle reste un mystère à ne pas sous-estimer. ≈ elle n'est pas particulièrement matérialiste, mais mica aime ses petites breloques. boucles d'oreilles, bracelets, bagues, bandeaux, plumes, perles, elle adore parcourir les petits marchés et découvrir ce que les artisans créent de leurs mains. elle a toujours plein de bijoux sur elle, remplis de couleurs, de motifs et de textures différentes. il lui arrive souvent d'en avoir dans les cheveux aussi. elle fait elle-même des bracelets en tissu quand elle s'ennuie. un seul de ses bijoux ne change jamais - sa bague de mariage, qu'elle a en permanence à son doigt. ≈ elle n'a jamais officiellement appris à conduire. on lui a montré comment faire au cirque - elle a donc appris sur le tas, recevant des leçons de presque tout le monde dans la troupe. ce n'est pas la conductrice la plus sécuritaire au monde - même qu'elle est presque dangereuse sur la route, elle est trop rapide et elle ne connaît pas bien le code de la route. c'est pour ça qu'elle se déplace généralement à pied - ou si la voiture est impliquée, c'est jim qui conduit.
○ quelle est ta position par rapport au surnaturel ?  › ça n'a jamais été une force qu'elle a vraiment connu - elle a toujours cru à son existence, toutefois. sa foi inébranlable a fait en sorte qu'elle a toujours cru en dieu, ses anges, et donc au diable et au mal. elle ne l'avait jamais rencontré, cependant, avant de connaître jim et de savoir son histoire. mais c'est depuis son pacte que le surnaturel fait partie d'elle - elle est devenu l'une de ces créatures à présent.
○ pseudo › hallows/marianne. ○ et à propos de toi ? › j'ai trois yeux et dix-huit bras. ○ comment t'es arrivé ici ? › en impala 67, quoi d'autre ? ○ un dernier mot ? › vive les sushis    
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MessageSujet: Re: ≈ from this valley.   Mer 22 Juin - 14:54


st-augustine, floride ≈ 1994.
Mica referma la porte derrière elle, rajustant son sac sur ses épaules. La maison était bruyante, comme à son habitude, mais personne ne se pointa le bout du nez pour voir qui venait d’entrer. Elle ne signala pas sa présence non plus – à quoi bon, après tout ? Ce n’était pas comme si quelqu’un l’attendait. Elle traversa le salon pour se diriger vers la cuisine – sa mère était au téléphone dans la pièce, accoudée près de la porte menant à la cour arrière. Mica aperçut ses deux frères cadets courir dans tous les sens, criant à tue tête. Alors qu’elle ouvrit le réfrigérateur pour se saisir d’une pomme – juste pour satisfaire son appétit avant le repas – elle tenta d’ignorer la voix de sa mère qui se plaignait à nouveau de la chaleur à son interlocuteur – tante Maria, probablement. Mica croqua à pleine dents dans le fruit, se lança dans les escaliers pour les monter par quelques enjambés, jeta un regard à son frère aîné qui embrassait langoureusement sa nouvelle copine dans sa chambre – elle frissonna à la vue de la scène – et se dirigea vers sa chambre. La porte de cette dernière se ferma derrière elle, et ce ne fut qu’à ce moment que les épaules de Mica se relâchèrent, et qu’elle put laisser sortir un soupir de soulagement à l’idée d’être à la maison. Les murs et la porte n’étaient pas suffisants pour camoufler le son des voix qui résonnaient un peu partout – mais c’était mieux que rien, et de toute manière elle y était plus qu’habituée. Elle s’échoua sur son lit, ce dernier couinant sous la soudaine intrusion, et ouvrit son sac à dos sur ses genoux. C’est une simple feuille de papier qu’elle sortit d’entre les manuels et les cartables – elle fixa l’objet quelques secondes, un petit sourire bête se dessina sur ses lèvres. Car au-dessus du petit quiz était inscrit un « 10/10 » d’un rouge éclatant, ainsi que d’un petit dessin d’un sourire fait par son enseignante. Elle l’avait même félicité en lui remettant, lui disant qu’elle était la seule à avoir obtenu un score parfait. Mica n’était pas particulièrement brillante à l’école – elle réussissait bien, n’étant pas distraite par des amis bruyants ou une imagination trop fertile – alors elle était particulièrement fière de ce succès. Souriant toujours, elle plaça délicatement la feuille de papier dans le deuxième tiroir de sa table de chevet. Ça ne servait à rien de le dire à quoi que ce soit – ses frères se moqueraient d’elle, sa mère l’oublierait aussitôt qu’elle le verrait, son père ne serait pas impressionné. Non, ce serait son secret. Son secret de savoir qu’elle valait mieux que ce qu’ils prétendaient. Qu’elle avait fait quelque chose de bien et qu’elle pouvait en être fière. Ça l’apaisa, et elle dormit sur ses deux oreilles ce soir-là.

quelque part sur l'océan atlantique ≈ 1997.
Le mouvement régulier des vagues la rendait somnolente. Sa tête oscillait sur ses épaules alors que le sommeil tentait de la réclamer – mais son esprit était trop occupé pour considérer un quelconque repos. Au moins, les nausées étaient passées, et elle ne sentait plus comme si sa tête était dans un étau. Il lui avait dit de se concentrer sur le tangage du bateau plutôt que de tenter de l’ignorer, que ça aiderait peut-être son mal de mer. Elle ne l’avait pas cru – ça lui paraissait plutôt stupide, comme conseil, mais après quelques minutes d’obstination, elle avait finalement décidé d’essayer – et ça avait fonctionné. Elle l’avait remercié d’un sourire un peu timide, et il avait répondu avec un petit hochement de tête. Cela faisait maintenant plus d’une heure que la bateau avait quitté le port de Pensacola, et un peu moins de temps que ça depuis qu’ils savaient qu’ils se dirigeaient vers le Mexique, sans possibilité de retourner en arrière. Une fois en sol mexicain, ils seraient déposés en terre ferme, et voilà tout. Mica était d’un côté furieuse de s’être jetée tête première dans cette mésaventure avec ce pur inconnu – mais d’un autre, l’idée d’arriver en sol étranger lui donnait un doux sens d’euphorie. Elle qui avait tellement voulu recommencer à zéro, elle le ferait dans les règles de l’art maintenant. La Floride serait loin derrière elle, et le reste du monde devant. Elle serra son sac contre elle quand une petite secousse fit trembler le bateau – ses yeux glissèrent du sol jusqu’à son compagnon de fortune. Lui fixait l’air devant lui avec une expression mi-décidée, mi-hésitante. Il avait un visage tellement difficile à déchiffrer – malgré tous ses efforts, Mica n’arrivait tout simplement pas à le cerner. Elle commença à jouer avec la croix autour de son cou, plus par habitude que par besoin. Il était environ de son âge, ça elle le voyait bien. En fuite, ça c’était tout aussi évident. Mais que fuyait-il ? D’où venait-il ? Les questions se bousculaient dans son esprit tandis qu’elle détaillait le visage de l’inconnu, sa peau basanée, ses cheveux sombres tombant en fines bouclettes sur ses épaules. Puis, visiblement piqué par les yeux scrutateurs de Mica, l’inconnu se tourna vers elle, surprenant son regard. Mica supporta son regard, et un sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme. « Salut. » Elle ne répondit pas immédiatement, un peu désarçonnée par son attitude. Elle n’était pas habituée qu’on la regarde aussi directement. « Quelque chose qui t’chicote ? » Elle haussa légèrement des épaules à sa question. « J’me disais juste que j’sais toujours pas ton nom. » Un petit claquement s’échappa de ses lèvres, tandis que son sourire s’étira un petit plus. « Eh bien, facile de remédier à cette situation alors. » Elle continuait à le regarder, incapable de détacher ses yeux des siens. Quelque chose se serrait dans sa poitrine – elle ignorait ce que c’était, mais ce n’était pas du au mouvement des vagues, elle en était certaine. « J’m’appelle Jim. » Elle acquiesça. Jim, qui lui avait foncé dessus et avait manqué de l’assommer, Jim, pour qui elle avait menti à des hommes à qui on ne mentait pas, Jim, avec qui elle avait couru sans relâche, Jim, qui l’avait entraîné dans la cave de ce bateau croyant y trouver refuge, Jim, avec qui elle se dirigeait maintenant vers le Mexique, avec rien d’autre qu’un sac à dos et le désir de recommencer à neuf. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Mica, se joignant à celui de son compagnon. « Moi c’est Mica. »  

puerto valarca, mexique ≈ 2000.
« Mica ? » « Qué ? » « Tu peux descendre, s’il-te-plaît ? » « Uno segundo ! » Tournant son avant-bras, la jeune femme saisit l’épais ruban et se laissa doucement descendre jusqu’au sol. Une fois les pieds reposés sur terre, elle expira doucement, ralentissant sa respiration qui avait accélérée avec l’effort. Elle étira son bras par dessus son épaule, se dirigea vers Mr Loyal qui lui souriait doucement. À sa gauche se tenait un inconnu – un jeune homme dans la vingtaine, aux cheveux sombres et au sourire charmeur – clairement il aimait ce qu’il voyait, et Mica se sentait déjà lassée de lui alors qu’il n’avait même pas encore ouvert la bouche. « Je peux vous aider ? » dit-elle en s’arrêtant devant eux, attachant sa longue chevelure en couette haute. « J’aimerais te présenter quelqu’un. Voici Leon, il va se joindre à nous pour remplacer Javier comme jongleur. » Mica acquiesça, adressant son plus charmant sourire au nouvel arrivant. « Bienvenue chez nous » dit-elle. Le dénommé Leon hocha de la tête, ses yeux pétillants rivés sur elle. « J’aimerais que tu lui montre les alentours, si ça ne te dérange pas. Rosa aura sa place dans la roulotte prête d’ici une heure… » « Avec plaisir, Mr Loyal. » « Bien. » Mica détourna son regard du nouvel arrivant le temps de sourire gentiment à l’homme avant. « Encore bienvenue, jeune homme » termina Mr Loyal avant de serrer la main de Leon. « Merci, m’sieur. » Mica observa l’homme s’éloigner, un petit sourire aux lèvres en remarquant l’accent accentué du jeune homme – chilien, si son oreille était bonne. « Laisse-moi attraper mes chaussures et on peut y aller. » Leon acquiesça et Mica s’empressa d’enfiler ses chaussures et de glisser un pull par-dessus ses vêtements d’entraînement avant de le guider vers l’extérieur de la tente. « C’est très aimable à toi de me montrer les environs. » « C’n’est rien. On a tous déjà été nouveau ici. » « Cela fait combien de temps que tu es là ? » « Quelques années » répondit Mica vaguement. Elle n’aimait pas parler de son passé à de purs inconnus. « Commençons par la cantine. » Mica passa l’heure suivante à faire visiter le reste du site à Leon, le présentant au plus de gens possible, tentant de lui donner les meilleurs conseils pour mener sa vie rondement dans un environnement qui pouvait, au départ, être déconcertant. Elle savait qu’elle l’avait été à son arrivée, bien que ce sentiment avait rapidement disparu. Mais bon, ce n’est pas comme si elle avait été seule. Mica voyait bien que Leon n’écoutait pas vraiment ce qu’elle disait – il préférait largement tenter de lui poser des questions sur elle, ou de lui passer quelques commentaires sous-entendus. La jeune femme, qui était bien habituée à ce genre de comportement de la part des nouveaux, évitait soigneusement de jouer le jeu. Enfin, presque.

Ils étaient de nouveau dans la cantine – Léon lui racontait comment il avait un jour eu un emploi comme cuisinier et avait presque brûlé la cuisine entière quand une silhouette familière attira le regard de Mica comme un aimant. Jim. Il sembla sentir son regard sur lui, comme il le faisait toujours, et leurs yeux se croisèrent. Elle lui envoya la main, lui indiquant d’approcher. Il bifurqua donc en sa direction, ses cheveux dansant doucement au vent chaud d’été. « Hey » dit-il en arrivant à sa hauteur. « T’as faim ? » demanda Mica, désignant son plat qu’elle avait à peine mangé. Jim la fixa quelques secondes, incertain, avant de s’asseoir à ses côtés. Mica lui tendit l’assiette et désigna ensuite Léon qui observait la scène. « Voici Léon. Il est nouveau. » Jim acquiesça, regardant à peine le nouvel arrivant – il était occupé à dévorer les restes de Mica. « Ah ! Notre nouveau Javier, si je ne m’abuse ? » « Exact. Léon, voici Jim. Il est… » Elle hésita un instant, l’observant dévorer les haricots et le maïs. « Jim » termina-t’elle finalement, faute de trouver meilleur qualificatif. « Enchanté » dit Léon, tendant une main à Jim – ce dernier ne la vit pas, ayant le regard rivé sur l’assiette. Il fallut que Mica lui donne un coup de coude dans les côtes pour qu’il réagisse. « Oh. Ouais. Bienvenue, et tout ça. »  Mica leva les yeux au ciel, et se tourna vers Léon pour continuer leur conversation. Maintenant que Jim était là, juste à côté, elle commença à réagir de façon plus expressive, riant un peu plus fort, souriant de manière un peu plus charmante. Léon était bien heureux d’apprendre qu’elle parlait parfaitement espagnol – et la conversation changea de langue à un certain point. Les rires de Mica se multiplièrent alors qu’elle sentait le regard de Jim rivé sur elle, flirtant ouvertement avec Léon qui s’en donnait également à coeur joie, paraissant plus que ravi au fait que Mica répondait à ses avances. Plus le regard de Jim se faisait insistant, et plus elle réagissait – une sorte de défi silencieux, qu’elle lui lançait à chaque occasion donné. Allez, lui disait-elle. Ose faire quelque chose. Mais il ne bougeait pas, et il ne disait rien. Alors Mica continuait d’attendre, se contentant de la sensation de son coeur dansant dans sa poitrine à chaque fois que Jim posait les yeux sur elle. Si elle devait s’en contenter, elle le ferait pour le reste de ses jours, tant qu’il restait là, tout près.

veracruz, mexique ≈ 2004.
Elle ouvrit lentement les yeux. C’était difficile, tellement ils étaient remplis de sommeil – et elle du s’y prendre à quelques fois avant de pouvoir les ouvrir pour de bon. La lumière dorée du soleil emplissait la roulotte, étouffée par les rideaux tirés. Mica se tourna mollement sur le dos, tirant sur le drap pour se garder couverte, ses yeux se dirigeant sur le corps étendu auprès d’elle. Il dormait toujours profondément – elle pouvait voir sa poitrine se soulever et se détendre de manière régulière. Elle observa le mouvement pendant plusieurs secondes, avant de glisser son bras sur la peau familière, se blotissant contre lui. Il respirait si paisiblement – elle en écouta la mélodie de longues minutes, encore alourdie par le sommeil, et n’ayant aucune envie de quitter le confort du lit – le matelas était trop confortable, les draps trop doux, la compagnie trop bonne. Les doigts de Mica s’amusèrent à dessiner les contours des tatouages de Jim, comme elle aimait tant le faire – jusqu’à tomber sur ce fameux symbole sur son avant-bras dont ils avaient tant parlé. Un symbole anti-possession, qu’il avait appelé ça. Mica avait rigolé, au départ, croyant à une autre histoire farfelue de Jim – il y en avait tellement, après tout. Mais il était sérieux, et avait passé la nuit à tout lui raconter. Son père, notamment. Qui il était. Mica était encore soufflée de ce qu’il lui avait dit, et ça faisait pourtant déjà plusieurs semaines que la conversation avait eue lieu. Son index traça le pentacle tatoué sur la peau. Son Jim. Comme elle l’aimait. Il était exaspérant et éreintant et il la rendait complètement folle – mais il était aussi dévoué, sincère et attentionné. Elle repensa au cadeau qu’il lui avait remis juste la veille – un bouquin sur les amphibiens qu’il avait vu dans une petite boutique de livres bon marché. C’était tellement simple, et pourtant tellement parfait. Un mouvement contre elle la fit sursauter – elle leva les yeux pour voir que ceux de Jim étaient également ouverts. Un sourire paresseux apparut sur ses lèvres, tandis que sa main droite alla se réfugier dans ses cheveux. « T’es belle. » Mica répondit à son sourire, lui caressant doucement la joue. « Et t’es affreux. » Une exclamation vexée s’échappa de la bouche de Jim, son visage encore tiré par le sommeil prenant un air théâtral. Mica éclata de rire devant ce spectacle, son corps vibrant contre celui de Jim. « Tu m’as fait mal, là. » Elle secoua la tête, le sourire toujours immense sur son visage. « Oh, je suis désolée. » « J’espère bien. Tu vas m’le payer, miss Cortez. » « Vraiment, te le payer ? Et comment est–ce que - » Les bras de Jim s’agitèrent, se glissant autour d’elle pour l’emprisonner dans une étreinte serrée. Mica poussa un petit cri de protestation, tentant de se défaire de l’emprise de Jim, sans succès. Mais elle riait, fort et sans être capable de s’arrêter. « Jim, arrête, il faut que… » « Qu’est-ce que je t’entends ? Maintenant tu peux plus partir, fallait y penser avant, babe. » dit-il à son oreille, et elle recommença à rire à plein poumons, le son emplissant la roulotte. « J’te déteste. » « Pas moi. » Son emprise sur elle se relâcha juste assez pour qu’il puisse glisser son visage à la hauteur de celui de Mica, et il l’embrassa tendrement. Elle se laissa emporter dans le baiser, souriant toujours contre ses lèvres, les dernières secousses de ses rires secouant toujours légèrement son corps. Non, elle non plus ne le détestait pas. Pas du tout.

mérida, mexique ≈ 2008.
« On dirait un ange. » La réflexion lui échappe, mais elle ne peut pas s’en empêcher. C’est tellement vrai, après tout – emmitouflée dans une couverture blanche, avec ses cheveux sombres éparpillés autour de sa tête, la petite Catrina avait vraiment l’apparence d’un petit ange. Mica souriait, ses yeux rivés sur elle, incapable de s’en détacher. Elle ne connaissait ce visage que depuis quelques mois mais elle l’avait tellement regardé qu’elle le connaissait par coeur à présent. Les bouclettes, héritées sans nulle doute de son père. Les yeux noisettes, les siens. Le nez retroussé, le sien. Et le décompte continuait. Mais au fond, tout ça n’avait pas d’importance – l’essentiel c’était qu’ils étaient là tous les trois, ensembles, en santé, en sécurité. Mica avait été terrifiée de l’accouchement – quoique avide de terminer une grossesse haute en couleurs, elle avait entendu trop d’histoires et elle avait terrifiée à l’idée de perdre cet enfant avant même d’avoir pu la tenir dans ses bras. Mais tout s’était bien passé, et Catrina était maintenant à la maison, saine et sauve. La roulotte débordait de cadeaux – des choses utiles parfois ou de la nourriture, mais également beaucoup de breloques diverses typiques des gens du cirque. Mais Jim et Mica gardaient tout – ils étaient les leurs, après tout. Elle sentit les bras de son mari se glisser autour de sa taille, sa tête se déposer sur son épaule. Elle sourit doucement, les yeux toujours posés sur l’enfant dans le berceau. Mica avait souvent entendu parler de l’amour maternel – on lui avait souvent dit qu’il n’existait pas amour plus fort que celui d’une mère pour son enfant. Mais ce qu’elle ressentait à ce moment-là n’égalait même pas ça – c’était encore plus fort, encore plus absolu. Cette petite fille, elle l’aimait tellement que ça lui faisait mal – comme si son coeur tirait dans sa poitrine, tentant de s’en échapper afin d’être plus près de Catrina, encore plus près, toujours plus près. Comme si leurs deux corps étaient maintenant liés, incapable de survivre l’un sans l’autre – dépendants, en quelque sorte. Ça en était écrasant, à quel point elle aimait cette petite – mais elle n’aurait troqué ça pour rien au monde. Absolument rien.

Catrina s’agita doucement dans son berceau, laissant échapper un couinement qui se transforma rapidement en gémissement, qui se transforma en petit cri indiquant que quelque chose n’allait pas. Le son était strident et résonna dans toute la roulotte. « On sait de qui elle retient ça, en tout cas… » Mica leva les yeux au ciel, claquant sa main contre le bras qui l’entourait. Le petit rire de Jim lui vint aux oreilles, et elle se tourna vers lui, sourcil arqué. « Va donc te rendre utile, va chercher le biberon. » « Oui, madame. » Elle secoua la tête, visiblement exaspérée malgré le sourire qui étirait ses lèvres. Elle tendit les bras à l’intérieur du berceau et saisit Catrina, l’attirant contre elle. Elle fit doucement tanguer le bébé, attendant que Jim ne revienne avec le biberon. « Shhh. Tout ira bien. » Elle caressa tendrement les cheveux de Catrina avec la main qui lui tenait la tête. « Je suis là. Je serai toujours là pour toi. Ma petite Catrina. »

cancun, mexique ≈ 2013.
C’était une belle journée. Magnifique, même. Le genre de journée où on croit que rien de mal ne pourrait arriver, le genre de journée où on se sent invincible, le genre de journée où la terre entière semble nous appartenir. Le soleil était haut dans le ciel, répandant ses rayons sur tout ce qu’ils pouvaient bien trouver. Tout était paisible, presque immobile. Mais le monde de Mica venait de voler en éclats. Elle se tenait debout devant la scène, paralysée, sentant son coeur se faire arracher de sa poitrine. Ses doigts lachèrent le jus de fruit qu’elle était allé chercher – le verre se fracassa contre le sol, mais elle ne l’entendit même pas. Son corps ne fonctionnait plus, son esprit non plus. Non. Pas sa Catrina. C’était impossible, des choses comme ça n’arrivait pas vraiment – et pourtant la petite était là, étendue sur le sol, les yeux clos. On aurait dit qu’elle dormait. Si seulement elle pouvait être en train de dormir. Mais la flaque de sang près de sa tête était trop importante et impossible à ignorer – Catrina était tombée, et maintenant elle était morte.

Mica se précipita vers la petite, le sanglot au bord des lèvres, incapable de respirer. « Cat » souffla-t’elle, s’agenouillant auprès de sa fille. « Cat… Oh, Seigneur… » Ses mains n’osaient pas la toucher – elles s’agitaient au-dessus du corps de sa fille, incapable d’assimiler ce qu’elle voyait. Finalement, elles s’arrêtèrent sur son visage, balayant quelques mèches de cheveux pour libérer ses traits. Ses yeux étaient clos, sa bouche entre ouverte. Vraiment, on aurait dit qu’elle dormait. Mais sa poitrine ne bougeait pas – aucun souffle ne s’échappait de ses lèvres – et il y a avait toujours cette flaque de sang, opaque et sombre, qui empêchait un quelconque déni. Un profond sanglot s’échappa de la gorge de Mica, sa vision se brouillant. « Non… » souffla-t’elle.« Pas ça, s’il-vous-plaît, pas ça, surtout pas ça. » Elle voulait serrer sa fille contre elle mais elle en était incapable. Son corps ne lui répondait plus, se secouant comme une feuille. Elle parvint à s’emparer de la petite main de Catrina, la serrant contre la sienne, l’embrassant tendrement, tandis que les sanglots se multipliaient et que les larmes coulaient. « Pas ça, pas ma Catrina, je vous en supplie… »

Pourquoi autant de cruauté ? Qu’avait-elle donc fait, pour que s’abatte sur elle une telle atrocité ? Elle n’avait fait qu’aimer cette petite fille, de tout son coeur, depuis la première seconde. Pourquoi le mal s’était-il abattu sur une chose aussi innocente, aussi pure, que l’était Catrina ? Pourquoi pas elle ? Dieu savait qu’elle le méritait bien davantage. Mica secouait la tête, la main inerte et froide de sa fille contre la sienne, son esprit incapable d’accepter ce qui était en train de se passer. Elle était tellement petite… Elle ne méritait que la vie, que la tendresse. Elle méritait d’avoir des rêves et de les poursuivre, elle méritait d’aimer et d’être aimée en retour, elle méritait de se découvrir et de se trouver dans ce vaste monde. Elle méritait absolument tout, sauf ça. Non. Mica ne l’accepterait pas. Elle ne laisserait pas sa fille mourir comme ça. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour rassembler ce dont elle avait besoin – elle connaissait le rituel. Ses larmes séchèrent sur ses joues, son corps avait cessé de trembler – elle savait ce qu’elle devait faire, et elle était prête à tout. Elle s’assura que personne ne pourrait entrer, et débuta, la mâchoire serrée, l’esprit déterminé. Elle prononça les mots avec ferveur, malgré sa voix brisée. Pendant un instant, elle se demanda si tout avait fonctionné – après tout, elle n’avait jamais fait ce genre de chose auparavant – mais lorsque l’homme apparut devant elle, elle se releva, la tête haute, les poings serrés, et mit ses cartes sur table. Sauve ma fille, et tu peux m’avoir.

*

Mica caressait tendrement les cheveux de Catrina, assise à son chevet. Elle observait son visage – un visage à présent paisible, plongé dans un profond sommeil. Elle regardait sa poitrine se lever et se baisser, à un rythme parfaitement régulier. Elle dormait. Elle allait bien. Elle avait peut-être une cicatrice, mais elle allait bien. Elle respirait. Elle vivait. Et c’était là l’essentiel. La porte de la roulotte s’ouvrit en fracas alors que Jim déboula à l’intérieur, les yeux immenses, le visage tordu par l’inquiétude. Mica ne bougea pas – elle lui offrit simplement un petit sourire, essuyant les larmes qui avaient coulés sur ses joues. « Elle va bien » dit-elle doucement, la voix rouillée par ses pleurs. Les épaules de Jim s’affaissèrent, ses traits se relaxèrent. Il s’approcha du petit lit, s’agenouillant auprès de Catrina. « Miguel m’a dit qu’elle était tombée » dit Jim en observant le bandage enroulé autour de la tête de la petite. Mica acquiesça. « Oui. Elle s’est cognée un peu mais ça ira. Elle a juste besoin de repos. » Jim acquiesça – puis ses yeux se levèrent vers Mica. « Toi, ça va ? » Cette dernière sentit sa poitrine se comprimer. Ce regard. Ces yeux. Elle avait vécu toute sa vie avec ces yeux-là. Elle acquiesça lentement. « Ça va. » Mais Jim la connaissait mieux que ça – il la prit doucement dans ses bras, la serrant fort. Mica se blottit contre lui, tentant d’arrêter le tremblement de ses mains. Comme s’il laissait dans ses pensées, il les saisit. Il toucha le bandage entourant sa main droite, mais Mica haussa des épaules, prétendant une simple coupure accidentelle.

Il lui avait donné une heure. Une petite heure. Ça n’avait pas été difficile de négocier avec le démon – elle était plus intelligente que lui, et avait obtenu exactement ce qu’elle voulait. Une heure. Une heure avec Catrina et Jim, avant de devoir les quitter à jamais. Ça avait été la bonne chose à faire. Mica en était convaincue. Catrina était en vie, elle allait bien, et elle serait avec son père. Jim s’occuperait bien d’elle, elle en était certaine. Elle savait ce que ça lui ferait, de la voir partir – mais c’était un sacrifice nécessaire, afin que leur fille puisse vivre. Elle espérait qu’il comprenne au moins ça. S’il-te-plaît, Jim. Comprends que je l’ai fait pour elle, lui dit-elle silencieusement en le tenant contre elle, ses larmes continuant de couler sur ses joues. Elle était incapable de les arrêter. Un coup d’oeil à l’horloge – les minutes passaient vite, trop vite. Et alors qu’elles défilaient devant ses yeux, le coeur de Mica se serrait de plus en plus. Ils étaient silencieux, autour du lit, étant juste les uns avec les autres – et le regard de Mica naviguait de l’un à l’autre, observant leurs visages, les détaillant dans sa tête. Elle ne savait pas où elle s’en allait, mais elle se disait qu’au moins, elle pourrait les garder avec elle comme ça. Leurs visages, leurs rires. Catrina qui plongeait à deux pieds dans une flaque d’eau, Jim jouant du banjo. Oui, elle aurait au moins ça. Et eux, vivraient. Eux, pourraient être heureux. Et pour ça Mica était prête à tout, même à brûler le monde entier.

À un moment elle commença à entendre les grognements. Les souffles lourds. Les griffes contre la roulotte. Elle savait ce qu’ils étaient. C’était ceux qui étaient venu la chercher. Elle ne voulait pas que ça se produise devant Jim et Catrina – elle voulait leur épargner ça à tout prix. Alors quand l’heure fut venue, Mica se redressa, le corps tremblant. « Je vais aller chercher un peu d’eau » dit-elle, tentant de garder sa voix le plus calme possible. Jim acquiesça – il regardait Catrina. Mica dut se mordre la lèvre jusqu’au sang pour ne pas recommencer à pleurer. Son Jim. Sa Catrina. « Jim ? » Elle voulait qu’il la regarde. Une dernière fois. Il le fit, et Mica lui sourit – elle savait qu’il devait lire en elle, et voir tout son désespoir et sa tristesse dans ce sourire, mais au moins c’était comme ça qu’il pourrait se souvenir d’elle, elle espérait. En lui souriant. « Garde bien les yeux sur elle. Ne la lâche pas. » Il acquiesça, incertain. Puis Mica se détourna, et sortit de la roulotte, se dirigeant vers la cuisine. Ils étaient là. Elle était prête.

blackwater falls, canada ≈ 2016.
Mica s’arrêta sur le trottoir, ses yeux se levant vers le vaste bâtiment. À cette heure, les rues étaient désertes, et les portes de l’église étaient closes. La nuit était calme – même la fine pluie qui tombait sembler ne pas vouloir troubler ce calme, glissant doucement sur la peau de Mica. Elle n’avait pas froid, et la pluie ne la dérangeait pas – bien au contraire. C’était la première fois qu’il pleuvait depuis son retour sur terre – ça faisait bien un éternité qu’elle n’avait pas vécu le phénomène. Trois ans humains, pour être plus exact… Mais pour Mica, ça avait vraiment paru être une éternité. Elle s’avança vers l’église, observant son architecture et ses vitraux, et l’immense croix posée à son sommet. Le malaise était bien présent dans son corps mais elle l’ignora. Toute sa vie elle avait pu se retourner vers sa foi quand il n’y avait rien eu d’autre. Elle en avait cruellement besoin. Et même ça, ça lui était maintenant refusé. Mica tourna sur ses talons et s’éloigna de l’église, les poings serrés. Elle savait qu’elle devait se faire à l’habitude de ce qu’elle était devenue – et de ce qu’était devenu le monde en son absence. Mais elle était incapable de faire taire la colère qui brûlait dans ses veines depuis qu’elle avait appris pour Catrina. Elle avait tout donné pour que sa fille soit en sécurité – sa vie, son âme. Et maintenant il était trop tard pour qu’elle puisse la sauver à nouveau. Mica continua son chemin sous la pluie et se dirigea vers le seul commerce toujours ouvert – un pub. Elle en poussa la porte et se réfugia à l’intérieur, pour directement se diriger vers le bar. Elle commanda un scotch, qu’elle engloutit d’un seul coup. Son coeur se serra dans sa poitrine – même l’alcool ne lui offrait aucun réconfort. Elle était seule. En colère. Sa nouvelle nature l’agaçait – elle ne savait pas comment la contrôler, comment s’y faire. De toute sa vie, elle ne s’était jamais sentie aussi aliénée du reste du monde – et ça l’énervait. « Salut. » Elle leva les yeux, observant la personne qui venait de s’asseoir à ses côtés. Un homme un peu plus âgé qu’elle, avec une bière entre les mains. Mica lui jeta un regard noir, espérant qu’il comprenne qu’elle n’avait pas très envie de compagnie. Mais il ne cilla pas, lui souriant. « Ça fait pas longtemps que t’es r’venu, hein ? » Mica se tourna vers l’homme, stupéfaite. Elle l’observa de yeux ronds, son verre à moitié levé vers ses lèvres. « J’comprends. C’est pas facile la première fois. Mais tu t’habitueras, tu vas voir. Un jour, tu vas même célébrer. Comme moi. » Il leva sa bière en sa direction. Mica hésita, avant de l’imiter. Elle termina son scotch, et se tourna vers l’inconnu. « J’sais pas trop c’que j’suis censé faire. » Un petit rire s’échappa des lèvres de l’homme. « Oh, darling, ça c’est le plus facile. T’as qu’à vivre. Y’a rien pour t’arrêter maintenant. » Il déposa sa bière vide sur le comptoir et se dirigea vers la sortie. Mica le regarda sortir du pub et disparaître sous la pluie.  

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MessageSujet: Re: ≈ from this valley.   Mer 22 Juin - 20:35

moi aussi je sors Jim pour toi, plus belle femme d'amour.
ton histoire me brise le coeur, voilà, j'sais franchement pas pourquoi on s'fait ça, mais j'nous aime quand même. on s'voit en rp pour faire plein d'bébés I love you

congratulations !
Oh yeah, ça y est, te voilà validé ! Maintenant que t'as ta couleur et ton groupe, les choses sérieuses peuvent enfin commencer.

Pour commencer, on te suggère fortement d'aller jeter un oeil au registre des avatars, pour être bien sûr qu'on n'aurait pas oublié de le recenser en même temps que de te valider. Après ça, n'hésite pas à visiter toutes les rubriques à gauche, histoire de te familiariser avec le forum, et d'intégrer ton personnage au jeu. Et enfin, si tu as besoin de quoi que ce soit, n'oublie surtout pas que Riley et Tadhgán te sont entièrement dévouées (ou presque), et que leurs boîtes MP sont grandes ouvertes ! I love you

Sur ce, on te souhaite un excellent jeu sur RAISE HELL.
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