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 Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo

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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Ven 11 Aoû - 5:36


Nobody wants to face their demons alone
   
Asmodée & Hunter


   
Hey, les gars; franchement qui aurait cru que j's'aurais garder un job pour plus de quinze jours, hein? Même moi j'étais étonné ! En vrai, la seule chose que je croyais capable de me tenir concentré sur une si longue période, c'était la chasse. Ouais, 'fin...Clairement au bout de deux mois normalement j'avais fini ma chasse depuis belle lurette, or là on pouvait pas dire que ça soit vraiment le cas...J'étais au point mort et aussi étonnant que cela puisse paraître, j'éprouvais pas le moindre remord à ne pas m'y mettre. Ouais, ouais. T'sais quand tu commence à te poser derrière un bar et que tu sers des séries de shooter, cocktail et toute sorte de spiritueux, bah c'est difficile de garder la tête au taff. Sûr que pour la majorité des clients que je servais, c'était ça mon travail, presque ma vocation vu le regard que je jetais aux verres que je préparais.

J'avais sincèrement pensé que ça allait marcher !

Au départ, ça avait tout l'air d'être un bon moyen de mêler l'utile à l'agréable. Et puis, se confronter aux vices, c'était une épreuve qu'il me fallait passer si j'voulais un jour pouvoir rivaliser contre les démons les plus puissants. Ouais, parce que rien leur présence rendait l'air vicié et si j'étais pas capable de supporter les vices perpétuer par les humains, j'faisais carrément pas le poids face à des créatures dont l'essence même était le péché. Sans parler que j'étais convaincu qu'en raison de mon parcours chaotique j'avais des avantages sur ceux dont le parcours vertueux les avait éloigné de la vérité des turpitudes qui avaient cours dans notre monde. Mais en fin de compte hein, c'était tout le contraire. Bordel, j'me pensais pas si faible...! L'Orgueil précède la chute. Quoi qu'il en soit, j'vais pas me morfondre, au fond n'était-ce pas mieux comme ça ? Sérieux, c'était comme revenir aux meilleurs moments de ma vie, ceux dont je n'ai aucun souvenir. Ouais, l'amnésie éthylique était probablement la meilleure maladie que j'connaissais.

M'enfin, si ça me posais pas de problème de conscience que de me vautrer dans la médiocrité...J'essayais quand même de sauvegarder les apparences et on pouvait déjà dire que c'était une évolution sacrément importante ! Habituellement, j'me serais laissé crevé dans mon lit et m'aurais fait viré. Mais j'crois que mon cerveau d'accroc avait compris la combine. Pourquoi payé de l'alcool ou de la drogue alors qu'on pouvait être payé pour en consommé...Ouais, certes, j'pense pas que c'était les termes du contrat que j'avais signé, mais l'un dans l'autre...J'étais discret, mon patron n'y voyait que du feu. Une gorgée par ci, une ligne par là. S'il m'avait cramé, sûr qu'il n'aurait pas hésité à me virer; il avait été très clair à ce sujet. Un seul écart et c'était la porte. Au point où j'en étais, c'était pas un simple écart mais un canyon ! Par contre, fallait pas se méprendre, j'prenais pas à balle de plaisir de me foutre de la gueule du seul mec qui avait eu un tant soit peu d'estime envers moi. Mais bon, les choses étaient telles qu'elles étaient ! Et puis, un peu de coke ça boostait juste c'qui fallait pour être efficace, parce que mine de rien y avait du passage à l'Eden et pour le coup t'avais pas trop le temps de souffler...Si j'étais entrain d'essayer de me trouver une excuse bidon? Possiblement...

- Et un succubus pour vous, dis-je en apportant un cocktail à une jeune femme dont la couleur de cheveux excentrique la rendait particulièrement remarquable.

En tout cas, le temps que ça avait duré, j'avais réussi à faire des exploits au niveau cocktail et le Succubus était probablement mon préféré. Ouais, j'sais, son nom était déjà un premier pas vers l'Enfer et ses damnations, mais en vrai il marchait du tonnerre. Les profanes n'avaient pas peur de se corrompre...'Fin, pour la fin de soirée, il faudrait compter sur quelqu'un d'autre pour les amener sur les chemins tortueux du péché, parce que perso j'avais fini mon service et même si j'étais gonflé à bloc, ça m'enchantait d'être libéré de mes obligations...Ah-ah.


   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 5:07

En engageant Hunter, je savais parfaitement que j'exposais mon bar à ce qu'il était en train de faire depuis plusieurs semaines. Ca devait faire deux ou trois mois qu'il travaillait pour moi et ça partait en live complet. Heureusement qu'il n'y avait pas de vrais démons à mon cul, je serais probablement mort une douzaine de fois depuis le temps. Je voyais bien que Hunter pensait pouvoir m'aveugler, persuadé qu'il était d'être le plus fort pour cacher les effets de sa coke, l'argent qui apparaissait moins vite que les bouteilles ne se vidaient. Il taxait comme un porc et seul ma sympathie pour le bougre et la certitude qu'il valait mieux que ça m'avait fait le garder comme Barman. Bon. Ca et Elie. Je voyais bien que la petite s'arrangeait systématiquement pour être servie par lui. Il fallait être aveugle pour ne pas le voir et j'aimais bien ma nièce, suffisamment pour ranger mon coté gros patron. Je savais aussi que ce mec n'avait pas un mauvais fond et que les premiers temps où il avait travaillé ici, c'était devenu un excellent élément et même si il avait décliné depuis qu'il touchait à la poudre blanche, il restait bon et faisait peu d'erreur. Oui, mais voilà, il en faisait. J'avais un putain d'oeil de Lynx et je me rendais bien compte que monsieur le chasseur de monstre pensait pouvoir être plus malin que moi dans ma propre maison. Ca me laissait un sentiment mitigé d'amusement, comme quand on regarde un gamin essayer un truc malgré le fait qu'on lui ai dit mille fois que ça marcherait pas , mais d'agacement parce qu'il me prenait pour un con et que je detestais qu'on me prenne pour un con.

Quoiqu'il en soit, cela faisait plusieurs semaines que je le voyais faire son petit manège, vas-y que je prend un p'tit rail pour tenir la soirée et être alerte malgré les 8gr que j'ai dans le sang, vas-y que je calcule plus les gens. J'en veux pour seul preuve qu'au moment où je vous parlais, il était en train de servir un verre à Elie et qu'il ne la calculait même pas alors que c'était bien la troisieme fois de la soirée qu'elle venait faire remplir son verre auprès de lui. C'était arrivé bien des fois avant et ça m'agaçait beaucoup. Le service client, dans un bar, ça passait aussi par le fait de reconnaître les clients qui venaient plusieurs fois que ça soit dans la soirée ou plus généralement. Ca faisait parti des basiques. Il pouvait y avoir des ratés, j'admettais. Mais là, il servait ses cocktails, il oubliait la tête de la personne qui venait de lui commander un verre et quand elle revenait, il était trop défoncé pour se souvenir de qui c'était. Pourquoi ne pas intervenir plus tôt ? Avec Croatoan dans les parages et les ravages de cette foutue plaie dans la ville, j'avais pas mal de choses urgentes à faire avant de pouvoir me poser et le prendre entre quatre yeux pour voir de quoi il en retournait.

Ce soir, c'était le soir où j'allais peut être rangé le costume du mec sympa avec lui, parce que ce qu'il faisait pouvait avoir des conséquences dramatiques pour le bar, pour les filles qui trouvaient un abris ici et de manière générale, mon affaire. Il avait créé des superbes cocktails que les clients s'arrachaient littéralement mais tout ça ne rattrapait pas le trou béant qui laissait dans les bouteilles de la maison pour sa consommation personnelle.

Il était grand temps que j'intervienne, Simone me l'avait rappelé suffisamment de fois pour que je le sache parfaitement. Je le savais déjà mais j'étais trop attaché au mec pour vraiment avoir l'impatience nécéssaire pour prendre le temps de le faire. Cela étant dit, arrivé à l'heure de fin de son shift, je descendis les escaliers de mon bureau et passait dans les vestiaires. Je souris à Hunter, je transpirais un calme serein qui n'avait rien à voir avec mon état d'esprit actuel.

-Salut, Hunter. Comment ça va ? Comme prévu, j'aimerais bien que tu viennes me voir au bureau, pour faire le point. On a deux ou trois trucs à voir avant que tu partes. Tu viens ?


Sans un mot de plus, je lui fis signe de me suivre et retournai dans mon bureau avant de fermer la porte derrière lui. J'allai derrière mon bureau et lui fis signe de s'asseoir d'un signe de tête.

-Assied-toi. Alors dis moi, qu'est-ce que tu penses de ton expérience au Eden's Rest ?


Je croisai mes mains sur le bureau et lui laissai le temps de se mettre à l'aise. Honnêtement, c'était mon coté un peu sadique, j'avoue, de lui faire croire que tout allait bien et que rien n'était un problème. Finalement, je continuai, toujours aussi calme.

-Dis moi, Hunter. Quand j't'ai fait signé ton contrat, j't'avais dit que je savais tout ce qu'il se passait dans mes affaires, non ?

Je lui adressai un sourire détendu avant de me réinstaller dans ma chaise et de dire.

-Apparemment, t'as cru que ça s'appliquait pas trop à ce que tu trafiques depuis un mois et demi dans mon bar, on dirait. Oh et si tu veux la date exacte, y a pas de soucis : t'as pris ton premier rail ici, dans les toilettes, aux alentours de 20h45, le samedi 28 janvier.

Je soupirai un peu et le détaillai tranquillement.

-Tu te doutes bien que j'ai un problème, là.


_________________


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Oh, there ain't no rest for the wicked. Money don't grow on trees. I got bills to pay. I got mouths to feed and ain't nothing in this world for free.
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 6:00


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Quand j'vis le patron débarqué dans le vestiaire, j'fus traversé par une soudaine panique. En fait, depuis que j'taffais à l'Eden, on s'était croisé de temps en temps et à chaque fois j'faisais en sorte de ne rien laisser paraître; genre tenir mes mâchoires pour pas qu'elles claquent devant lui. Ouais, parce que j'avais pas de mal à imaginer qu'il n'avait jamais vu un mec sous coke...En tant que patron d'un établissement de ce genre, forcément tu t'y confrontait. Et puis, y en avait même qui utilisait leurs affaires pour abriter du trafique, alors même si j'pensais pas que le Baltasar ne trempait pas dans ce genre de deal, j'sentais qu'il était pas né de la dernière pluie non plus. Du coup, là j'étais pas bien. Clairement; j'avais beau me concentrer j'entendais mes dents grincé...En même temps, c'était pas forcément une bonne idée de se faire un rail la gueule à moitié caché par la porte du vestiaire, hein. Ca c'était joué à moins d'une minute...Dans d'autres circonstance j'aurais appelé ça un signe, là j'parlais de chance insolente. Ouais, désormais j'allais être un peu moins con et faire gaffe, sa venue n'augurait rien de bon. Quoi ? Si c''tait les prémisse de la parano ? J'sais pas, à l'heure qu'il est, t'façon j'pouvais faire une croix sur mon cerveau.

Malgré son air décontracté, j'sentis sa demande comme autant de suspicions. Ouais, c'était pas du tout bon signe. Le couplet sur la mise au point, ça sentait le drame; clairement. Même si j'commençais à avoir les paupières qui sautaient sous trop de pression, je n'ouvris pas la bouche quand il me demanda de le suivre, au fond j'pense qu'il valait mieux. A part sortir des inepties et surtout grimacé au lieu de sortir un son, franchement j'étais pas capable de beaucoup d'autres choses. Boire une bouteille ou reprendre un rail, ça pourrait être encore jouable ! Si j'étais dans l'abus ? Ouais, mais c'était un peu ma façon de décompresser, t'vois. Bon sang, pourquoi j'me sentais soudainement aussi con qu'un collégien qui se fait piquer entrain de sécher les cours ? D'où, j'donnais autant d'importance à ce job ou même à ce type ? Au fond, me faire virer était peut être l'unique moyen de me remettre sur pied...Nan, j'risquais carrément de me foutre plus sévèrement dans la merde. Bon, pour le moment j'devais garder mon calme, essuyer discrètement la sueur qui perlait sur mon front. Ouais, si j'étais pas aussi familier de la dope, j'suis sûre que j'aurais déjà commencé à bader.

Arrivé dans son bureau, j'me sentis encore plus oppressé. Sa légèreté de ton semblait être sincère, mais j'arrivais pas trop à y croire. En même temps, même si mon mentor m'avait demandé de m'asseoir en cet instant, je l'aurais pris pareil. J'étais mal et j'avais beau essayé de trouver des trucs à dire pour ma défense, j'y arrivais pas. Putain! Alors quand il me posa une question aussi simple, j'dû prendre grave sur moi pour rester aussi mesuré.

- Ahem, bien. Je suis très heureux de travailler ici.

Je décortiquais mes phrases une par une, histoire de pas me mettre à bégayer ou perdre le fil de ma pensée.  

- C'est vraiment une bonne expérience. Je crois que j'ai jamais été aussi content de travailler. Il y a une sacrée équipe et je pense bien remplir les impératifs liés au taff de barman. Les clients aiment bien mes cocktails et cela me fait plaisir.

A peine j'eus fini de réciter ces phrases comme un automate, il enchaîna sans perdre de temps. Et là, j'compris que tous ces efforts pour paraître normal n'avait pas servit à grand chose. Ouais, quand on commence à vous rappeler les termes du contrat que vous avez signez, en vrai on tend à vous dire que vous chiez bien dans la colle. Par chance, ou peut-être pas, mon état m'empêcha de répondre à cette question qui était sans nul doute une question rhétorique. Et j'étais encore loin de m'imaginer à quel point ce type était un maniaque ! Sérieux ? D'où il savait tout ça ? Il avait foutu des caméras sous la lunette des chiottes aussi ? Fallait lui reconnaître un sacré sens de l'organisation et de l'espionnage, mais ça faisait grave flipper ! En vrai, est-ce qu'il avait vraiment besoin de moi pour voir des ennemis arrivés? Franchement, j'étais pas persuadé. Ce mec là, déconnait pas et perso ça m'arrangeait pas. M'enfin, il me fallait quand même répondre quelque chose, histoire de sauvegarder...Que dalle ! J'étais pété, j'pouvais pas faire genre le mec : non mais n'importe quoi, c'était pas moi, j'suis pas au courant. Assumé ? Ah-ah. Depuis quand ?

Je pris une profonde inspiration afin de calmer mon cerveau.

- Je comprend, mais à ma décharge j'pense que mes qualités surpassent mes défauts. Ouais, après tout on tourne bien avec les cocktails et puis j'crois que j'parviens à être vachement efficace quand j'suis un peu...t'vois. En vrai, si tu veux parler des bouteilles qui se vident, l'évaporation allié à quelque verre offert par les clients, t'sais ça va vite. Mais si tu es septique, tu peux faire un retrait sur mon salaire, comme ça tout le monde est content.

Vraiment ? J'avais vraiment dit ça ? Putain, mais qu'est-ce qui m'était passé par la tête là ? Non mais j'aurais pu lui dire d'aller se faire foutre que ça n'aurait pas été aussi débile ! La coke avait ça de bien qu'en sa compagnie on avait peur de rien, sauf que pour le coup j'préférais quand j'me sentais toute flipette que totalement hors de la réalité...




   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 7:25

J'vois bien qu'il se liquéfie. Il est pas fier mais la coke lui donne la sensation d'être le mec de la situation. Il dit rien, je suis assez persuadé qu'il est trop défoncé pour être réellement efficace. Honnêtement, quand il commence à essayer de parler, j'ai presque de la peine pour lui tellement ça a l'air compliqué. Bordel de merde, il est complètement déchiré.

- Ahem, bien. Je suis très heureux de travailler ici. C'est vraiment une bonne expérience. Je crois que j'ai jamais été aussi content de travailler. Il y a une sacrée équipe et je pense bien remplir les impératifs liés au taff de barman. Les clients aiment bien mes cocktails et cela me fait plaisir.

Je hausse un sourcil et le détaille. Il se rend compte des conneries qu'il débite ou bien ? Je soupire et passe la main sur mon visage. J'écoute malgré tout parce que je suis un mec sympa. Parce que je l'apprécie malgré tout. Par contre, depuis quelques temps, il remplit pas tant que ça les impératifs d'un barman. Pas dans mon établissement et je vois bien qu'il sombre petit à petit. Clairement, mon but est pas de le licencier. Je sais parfaitement que ça signifierait une descente en enfer pour lui et que je le retrouverais à voler à la tire ou j'en sais rien pour se taper sa ligne. J'ai pas envie qu'il finisse comme ça. J'ai des putains d'espoirs sur ce type. C'est un mec bien et j'y crois. J'y crois dur comme fer, bordel de merde. Ça me fait putain de chier de le voir tout gâcher comme ça. Une fois la grande révélation faite : je sais que tu picoles et que tu te cames dans mon club. Je le vois me regarder comme un gamin un peu penaud et je me demande ce qu'il va faire, sérieusement. C'est quoi ses options actuellement ? Peut-être qu'il se fout du job, peut-être que je me suis planté. J'y crois pas vraiment mais pourquoi pas, je suis loin d'être le modèle de la perfection, ça pourrait être le cas, j'en sais rien. J'espère quelque chose d'un peu sincère.

- Je comprend, mais à ma décharge j'pense que mes qualités surpasse mes défauts. Ouais, après tout on tourne bien avec les cocktails et puis j'crois que j'parviens à être vachement efficace quand j'suis un peu...t'vois. En vrai, si tu veux parlé des bouteilles qui se vident, l'évaporation allié à quelque verre offert par les clients, t'sais ça va vite. Mais si tu es septique, tu peux faire un retrait sur mon salaire, comme ça tout le monde est content.


Je plisse les yeux et j'ai autant envie de rire que de lui foutre mon poing dans la gueule. Il est vraiment en train de chercher des excuses, là ? Genre « non mais , quand je suis déchiré, c'est tellement plus mieux ». Je suis officiellement soulé et j'ai bien l'intention de le faire savoir. Il croit vraiment que ces excuses sont pertinentes ? J'en doute et c'est sans doute ça qui finit de m'agacer. Je le détaille, je reste toujours aussi calme, j'iradie  le mécontentement mais rien dans mes gestes ne traduit l'énervement, je suis devenue un putain de virtuose pour planquer tout ce qui s'apparente à la colère, les amis.

-Si c'est pour sortir des conneries pareilles, Hunter. Tu peux aussi bien fermer ta gueule. Sérieusement. Laisse moi t'ouvrir les yeux, trois secondes. Les cocktails qui tournent bien, tes cocktails, tu les as fait au tout début où t'étais là. Depuis que t'as le nez dans la coke, tes cocktails sont médiocres ou passable, au mieux. Tes qualités surpassent pas le fait que tu fais pénétrer de la drogue dans un établissement comme le mien et qu'on est putain de surveiller et que si tu devais te faire controler, ce qui pourrait arriver aujourd'hui, bah tu serais plus que positif et ton casier serait fouillé et le bar fermé ce qui impliquerait que les filles qui bossent ici, tu sais, celles qu'ont pas à trainé dans la rue, elles devront y retourner parce que j'aurais plus de quoi les aider. Tu veux parler de défauts ? Pas de soucis. Mais tu mets en danger plus que toi et putain, tu vaux mieux que ça.

Je m'arrête un moment, considère Hunter. Hors de question que je le laisse à la dérive. J'ai déjà ma petite idée pour l'aider mais on verra ça plus tard, pour le  moment, j'veux qu'il comprenne à quel point il se plante et j'veux qu'il réalise qu'il a vraiment merdé et qu'il s'en sortira pas avec des pirouettes de merde.

-Mais oui, continuons sur les bouteilles. Si tu crois que ton petit deal à deux balles va me faire oublier que tu sens l'alcool plus fort qu'un putain alambic artisanal, tu te plantes. Mais alors, t'imagines pas à quel point. Tu offres des coups aux clients ? C'est marrant ça, parce qu'on a perdu pour plus de $2000 de marchandises. Tu crois que je vais te faire bosser gratis pendant 4 mois ? Tu crois vraiment que ta situation te permets ça ? J'suis pas septique, Hunter. Je sais ce qu'il se passe dans mon bar. Tu te dis peut-être que j'ai eu des doutes pendant longtemps ou je sais pas mais c'est pas le cas. J'ai pas eu le temps de venir te confronter avant. T'es pas meilleur quand t'es défoncé, tu t'rends juste moins compte de ce qui se passe autour de toi.


Je coupe toute protestations en levant la main.

-Tu veux une preuve ? Pas de soucis. Y a une gamine de 24ans, dans ce bar, cheveux bleus. Elle vient souvent, en fait, elle est venu 3 fois cette semaine. Chacun de ses verres, elle les a commandé avec toi. A chaque fois, tu la calcules à peine. Tu crois vraiment que ça t'aide. Merde, Hunter !

Je secoue la tête et soupire une nouvelle fois, je me lève et je regarde par la fenêtre qui donne sur la salle. Je vois ma nièce qui s'éclate avec un groupe qu'elle ne recroisera jamais.

-T'as tellement de potentiel, Hunter. J'veux bien croire que t'aies tes démons et j'ai aucun soucis avec ça. Mais te laisse pas dépasser et tombe pas dans ce genre de travers. Et si t'y a déjà été, t'as déjà prouvé que t'arriver à être meilleur. T'es un type bien, putain, gache pas tout ça. T'as le droit que ça se passe bien dans ta vie, pas besoin de tout faire pour te donner raison. Parce que t'as tort, ok. T'es capable de trucs de fous et t'as besoin que de ton putain de cerveau pour que ça fonctionne. T'as pas besoin d'drogues ou d'alcool.

Je me retourne vers lui et le détaille.

-Mais pour ça, va falloir reconnaître que t'as un problème. J'suis pas là pour te juger , ok ? J'veux t'aider.

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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 8:27


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"Si c'est pour dire des conneries pareilles, tu peux fermer ta gueule"... Pour le coup, j'allais pas mentir en disant qu'il n'y avait aucune raison de me parler comme ça. Ouais, en vrai c'était typiquement le genre de réponse qu'il me fallait même si au fond de moi j'bouillonnais. Je détestais ça ! Non pas que j'avais la sale impression qu'on me prenait pour un gosse dont il fallait s'occuper sérieusement, mais un peu. Genre "si tu arrêtes pas de te conduire mal, je t'envoie en pension " là même. Bon, c'était un peu mérité et sûrement que si j'avais pas repris cette dernière ligne, j'aurais encaisser plus facilement la remarque, bien que j'étais quand même assez content de pas être en descente parce qu'autrement, j'crois que j'me serais cassé ou lui aurait foutu mon poing dans sa gueule. Ouais, j'sais normalement c'était pas moi qui devrais être en colère, mais c'était plus fort que moi. Le pire était qu'en vrai, rien dans ses propos n'étaient fait pour me foutre la rage, mais j'avais la désagréable impression d'être humilié... 'Fin, non pas tout à fait, c'était une étrange sensation; un mixe entre le sentiment d'être misérable et celui d'en avoir rien à foutre. Ouais, clairement c'était paradoxal ! Mais j'sais pas, il m'énervait.

Peut-être parce que je savais qu'il avait raison ? Tss, foutaises !

Et puis c'était quoi son couplet sur mes cocktails dégueulasses ? Mais n'importe quoi, ils étaient bons. Il se dissimulait dans sa tour d'Ivoire et il osait me faire le refrain de mec qui se sentait responsable de tout ce qui se passait dans son bar. Le type avait aucune notion de c'qu'était la vraie vie...Ah-ah. Le gars, il hébergeait des putes "pour leur biens", mais ouais bien sûr ! Il essayait de me faire culpabiliser en disant que j'étais la source de tous les problèmes et qu'à cause de moi des gens "innocents" - et encore fallait le dire vachement vite - se retrouveraient sans abris. En vrai, les spécimens qui traînaient dans le coin ne valaient pas plus que moi et d'ailleurs, n'était-ce pas par leur intermédiaire que j'avais réussi à me procurer de la blanche ? Hein, hein, hein?! Il avait des discours qu'il disaient ne pas être moralisateur, mais au fond, c'tait facile de se prendre pour le sauveur. Limite en fait, c'était ça son délire de maniaque. Prendre les gens en difficultés, les enfermer dans son petit zoo miniature et s'en occuper jusqu'à ce qu'il en ai plus besoin ou qu'il décide qu'en fin de compte c'tait pas le bon cheval. Ouais, ce gars là, c'était un putain de pervers narcissique.

Sans parler qu'il trouvait le moyen de dire que j'étais pas attentif ? Wow, j'étais vla concentré quand j'travaillais et pour seul argument il avait le fait que j'avais pas remarqué une nana ? Désolé d'être si absorbé par mon taff qu'j'fais autre chose que mater de la gonzesse ! D'autres patrons m'auraient même félicité de pas faire du gringue à de la meuf pendant mon service. Puis, qu'est-ce que ça pouvait lui foutre en fait ? C'était pas juste une cliente qui allait couler toute son affaire. C'tait pas de ma faute si j'en avais rien à foutre de la gente féminine, hein? Les autres clients venaient pour s'éclater pas pour un barman; ça s'voit que le gars était pas derrière le zinc parce que bordel comment on s'adressait à nous comme des chiens. Sûrs que la majorité n'avait pas la moindre idée de qui j'étais, trop alcoolisé ou déchirés qu'ils étaient. Et j'comptais bien, le lui rappeler.

- Eh, mais en vrai j'crois que tu trompe sévère là. C'est pas la came ou la tise, le problème. J'suis absorbé par mon taff, j'compte mieux et j'arrive toujours aussi bien à jongler avec les bouteilles, fis-je fièrement, aussi tu devrais pas taffer au lieu de surveiller une nana du haut de ton bureau?

Comme si cela suffisait pas, il partit dans un délire dans lequel il m'imputait du potentiel. J'sais pas pour qui il se prenait au juste, madame irma ou soleil, mais à force d'être aussi confiant il en devenait passablement irritant. Et gnagnagna, j'suis ton sauveur. Putain! Mais pourquoi il s'acharnait ? Il pouvait pas simplement faire comme les autres et me virer. C'était vachement moins humiliant !

- T'sais que t'as qu'un mot à me dire pour que j'dégage, hein. En vrai, ça faciliterait les choses. J'suis pas trop d'humeur à entendre un type qui me connait ni d'Eve ni d'Adam me faire une tirade vantant mon potentiel intrinsèque. J'crois qu'on à tous les deux des choses plus importantes à faire.

Reconnaître que j'avais un problème. Ouais, c'était possible. Mais ça restait carrément sous contrôle.

- Je n'ai pas de problème. Si c'est l'argent qui te pose un souci, si tu veux que j'te rembourse mes frais de bouche, y a pas de souci! J'te passe ma moto, elle date des années soixante, tu peux la vendre à très bon prix !



   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 13:03

Y a rien de plus agaçant que d'avoir un mec de 48ans qui se comporte comme un ado de 16 balais en pleine rébéllion. Et c'est ce que j'avais devant moi. Je pouvais difficilement caché que j'étais déçu. J'appréciai beaucoup ce garçon. Sans doute trop si j'écoutais Simone ou Tobias. Le fait est qu'il avait eu une vie compliquée et que ça méritait d'être pris en compte. Juste ça. Cela dit, je voyais parfaitement le tableau d'ici : il me prenait pour un Golden Boy qu'avait jamais rien branlé de sa vie et qui connaissait rien à la vrai vie, celle des gens normaux. Le truc, c'est que je peux difficilement lui dire qu'en fait si sans griller ma couverture. Hunter est loin d'être prêt pour Asmodée, très très loin d'être prêt. Je prend sur moi et j'écoute. C'est encore le mieux que j'ai à faire, bien écouter ce qu'il me dit, répondre et voir.

- Eh, mais en vrai j'crois que tu trompe sévère là. C'est pas la came ou la tise, le problème. J'suis absorbé par mon taff, j'compte mieux et j'arrive toujours aussi bien à jongler avec les bouteilles. aussi tu devrais pas taffer au lieu de surveiller une nana du haut de ton bureau?

Je le regarde et hausse un peu les sourcils avant de me poser contre le mur. Je hoche la tête et ne peux empêcher un sourire de s'afficher sur mon visage.

-T'es vraiment en train de me donner des leçons, là ? T'es sérieux. La semaine dernière, t'as pété deux bouteilles. J'continue ou c'est bon ? J'crois que tu comprends pas bien. T'es une épave et t'arrive pas à redresser la barre tout seul. Tout les barman s'inquiètent pour toi. Vincent est venu me voir 3 fois depuis que tu te défonces. Il sait pas ce qui t'arrive mais il a la trouille parce que ton comportement de merde pourrait lui risquer sa place si j'savais pas ce qui se passait avec toi. T'es dans une équipe et si tu flanches toute l'équipe flanche parce qu'ils essayent de rattraper tes conneries.

Je me demande pourquoi il s'énerve comme ça... Qu'est-ce qui se passe dans la tête de ce mec pour réagir aussi violemment au fait qu'on puisse avoir l'envie de l'aider. Peut-être qu'il se sentait humilier comme certains des guerriers de ma tribu quand on leur tendait la main et qu'il vous la tranchait parce que c'était des hommes des vrais et que tout était sous contrôle même si ça l'était pas. Merde. J'avais jamais vraiment compris cette mentalité même si j'avais ce travers parfois, j'étais pas tout blanc dans ce genre de cas. J'étais épuisé par tout ce qu'il se passait en ville et visiblement, j'avais du mal à déléguer pour une raison obscure, je m'épuisais littéralement à la tache. Perdu dans mes pensées, j'écoute Hunter d'une oreille malgré tout relativement attentive. C'est fou comme il est prêt à tout pour pas faire face à la réalité.

- T'sais que t'as qu'un mot à me dire pour que j'dégage, hein. En vrai, ça faciliterait les choses. J'suis pas trop d'humeur à entendre un type qui me connait ni d'Eve ni d'Adam me faire une tirade vantant mon potentiel intrinsèque. J'crois qu'on à tous les deux des choses plus importantes à faire.

-Tu veux dire comme t'envoyer le rail qui t'attends probablement dans ton vestiaire ? J'ai passé trois mois à te former et ça va me coûter le triple de te virer. J'ai pas envie de te virer, quand t'es à ton max, sobre et clean, t'es le meilleur d'entre tout les barmans et t'es encore un novice. Te lâcher dans la nature, ça serait complètement débile. Je sais pas à quoi tu joues à essayer de te faire virer mais sérieux, j'ai pas l'intention de te lâcher.

Je soupire et ferme les yeux. J'suis trop fatigué pour ces conneries. Vraiment, beaucoup trop fatigué pour ces conneries. Je suis même plus en colère, je suis las. J'ai envie qu'il comprenne et j'ai comme l'impression que ça va être un putain de long chemin pour qu'il ouvre les yeux. Et comme pour me donner raison.

- Je n'ai pas de problème. Si c'est l'argent qui te pose un souci, si tu veux que j'te rembourse mes frais de bouche, y a pas de souci! J'te passe ma moto, elle date des années soixante, tu peux la vendre à très bon prix !

Je lève les yeux au ciel et secoue la tête.

-Mais putain, qu'est-ce que tu racontes, Hunter ? T'adores cette foutue bécane ! Tu petes plus de gueules quand quelqu'un la touche que lorsque t'es sur une de tes chasses, qu'est-ce que tu me racontes d'aller la vendre ! Tu crois vraiment que c'est ça mon probleme ? Que l'argent, c'est un problème ? Mon probleme à moi, c'est que j'ai un employé brillant qui s'auto-sabote pour je sais pas quelle raison alors que y a un mois et demi de ça, mon assistante commençait à me suggérer de te faire suivre un stage de management pour passer chef de rang. Voilà où il est mon probleme.

J'avais clairement perdu mon calme et si il était indigné, je le battais à plat de couture. Putain, ce que les humains pouvaient me fatiguer parfois, bordel ! Du coup, je décidais de couper court à tout ça.

-OK. Stop. On va faire simple. Voilà, le deal : je vais sortir deux secondes, pour voir un truc avec Simone qui peut pas attendre. T'as deux solutions : soit tu considères que tu es dans ton bon droit que y a pas de soucis à régler et que tout va bien dans le meilleur des mondes, que je suis le gros connard de patron de l'histoire, vissé sur son trone doré qui sait pas de quoi il parle, auquel cas tu démissionnes, soit tu grandis un peu, tu prends sur toi et tu me dis que t'as un problème et on rediscute de ce qu'on peut faire pour te sortir de la merde dans laquelle tu t'es mise.

Je me lève et me dirige vers le bureau de Simone avant de me retourner et de dire.

-Et sois sympa, te barre pas comme un lâche sans avoir été clair avant, on est plus au bac à sable.

Intérieurement, je prie pour que cet andouille congénital prenne la bonne décision et ne se casse pas. J'ai pas envie d'apprendre qu'il est crevé dans un coin. Ca me ferait grandement chier.

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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 14:17


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S'il pleurait pour deux bouteilles, p'tain le mec était pas rendu avec moi...Et d'ailleurs, c'en était pas deux que j'métais foutue dans le gosier; comme quoi il savait tout. Bien sûr, j'm'abstins de le lui faire remarquer, au fond c'tait un peu ma petite victoire contre...j'sais pas qui ou quoi, mais j'en étais un peu fière quand même, j'crois qu'il fallait pas chercher à comprendre. Et non, j'vais pas me dédouaner en disant qu'c'tait à cause du fait que j'étais fonsdé. J'avais un peu de dignité, éparpiller, ici et là. De subtiles trace d'honneur. Celle-là même qui faisait que j'voulais que cette entrevue se termine. Peu m'importait la manière employée.

En tout cas, une chose était clair désormais: on pouvait faire confiance à personne dans ce bar. Et vas'y qu'on balance les copains, depuis quand? Certes, Steve c'tait pas mon pote mais au lieu d'aller pleurer dans les jupons de son patron, il aurait pu me parler. Si ça aurait changé quelque chose? Nan, mais pour le principe, quoi ! Merde, quand tu veux régler tes compte t'agis en homme, tu parles en face à face, quitte à te recevoir une droite dans l'pif. En même temps, quand t'voyais le gabarit du mec en question, sûr que ça sentait le lâche à plein nez. Le physique de délateur, carrément. Rien que pour ça, j'aurais dû le chasser. Ouais, j'étais en mode délit de sale gueule et j'men prenais à un pauvre mec; mais ils m'énervaient tous là.

- Ok, super. On est sous le troisième reich maintenant, chacun y va de sa petite delation ? C'est quoi cet endroit où on porte pas ses couilles ?

L'avais-je dis ou seulement pensé ? Quoi qu'il en soit, il paru ne pas le relever. Pourtant j'jurais m'avoir entendu le dire. M'enfin.

- Tu veux dire comme t'envoyer le rail qui t'attends probablement dans ton vestiaire ? J'ai passé trois mois à te former et ça va me coûter le triple de te virer.

J'avais raison. Quoi? Si j'écoutais qu'à moitié et qu'il avait peut être dit des choses intéressantes après ? Non. T'façon, c'tait tout vu. Il y avait pas trente-six mille solutions. En vrai, avec l'argent qu'il me restait j'pouvais me mettre bien pendant encore un petit temps. Franchement, si j'me faisais raisonnable y avait moyen de se débrouiller pour retrouver un taff..Y'en avait à balle des bars, et si j'disais que j'venais de l'Eden, sûr qu'on voudrait de moi. Au fond, c'tait un sacré gage de qualité ! Le mieux à faire, serait d'aller chez son concurrent, juste pour être p'tain de mesquin. Si j'étais carrément un gamin ? Si peu. L'idée était séduisante, mais au fond j'crois que j'me sentais plus de taffer. Ouais, toutes ces conneries venaient de me foutre un coup de blues là. Ca faisait toujours chier de s'faire couper dans sa montée comme ça !

- Mais putain, qu'est-ce que tu racontes, Hunter ? T'adores cette foutue bécane ! Tu petes plus de gueules quand quelqu'un la touche que lorsque t'es sur une de tes chasses, qu'est-ce que tu me racontes d'aller la vendre !

Quoi? Mais j'avais jamais parlé de vendre ma moto, si ? Nan, attend, pas ma BSA. Ma mémoire à court terme en prenait toujours un coup quand j'me défonçais et qu'on me prenait la tête sur plein de chose en même temps; mais là quand même. J'lui lançais un regard suspicieux. Ouais, qui me disait qu'il essayait pas de m'embrouiller ? Rien. J'devais faire mon possible pour ne rien laisser échapper, mon énervement m'avait déposséder a ma concentration. Et avant qu'on vienne me dire que c'tait à cause de la coke, fallait savoir que cela n'avait rien à voir !

Alors que j'me battais pour l'écouter et non pas regarder ailleurs à la recherche d'objets pouvant susciter ma distraction. Bordel, un vrai hamster. Quoi ? Non, mais t'sais quand le machin court partout en grignotant j'sais pas quoi. Bah là, pareil. Peut-être qu'en fin de compte j'avais un peu trop forcé pour la soirée. J'savais c'qui m'attendait pour les prochaines heures; c'tait pile ou face.

- OK. Stop. On va faire simple. Voilà, le deal : je vais sortir deux secondes, pour voir un truc avec Simone qui peut pas attendre. T'as deux solutions : soit tu considères que tu es dans ton bon droit que y a pas de soucis à régler et que tout va bien dans le meilleur des mondes, que je suis le gros connard de patron de l'histoire, vissé sur son trone doré qui sait pas de quoi il parle, auquel cas tu démissionnes, soit tu grandis un peu, tu prends sur toi et tu me dis que t'as un problème et on rediscute de ce qu'on peut faire pour te sortir de la merde dans laquelle tu t'es mise.

J'avais bien entendu ? C'tait un ultimatum ? Rien qu'il ose l'envisager, m'outra.

- Quoi ? Vraiment ? On est obligé d'en arriver à de pareilles extrémités ? Sérieux ?

Malgré mon apparent outrage, il sortit.

Mettre quelqu'un au pied du mur comme ça, clairement c'tait dégueulasse ! A peine il disparu de la pièce que j'me levais et commençai à faire les cent pas. Quand t'es défoncé, marcher tout comme mâcher, c'tait vital. Est-ce que j'étais un lâche ? Hm, j'pense qu'il y avait un peu de ça. Pourtant, j'arrivais pas à presser cette poignée. Nerveusement, j'me mis à pianoter sur la porte en essayant de trouver des arguments pouvant m'inviter à rester tout comme partir. Y en avait des deux cotés, mais auxquels fallait-il donner de l'importance ? A la base si j'avais eu ce job, c'tait parce que j'devais lui sauver la vie mais maintenant, après tant de mois, il n'avait plus vraiment besoin de moi. Avait-il non seulement eu besoin d'un poivrot et ancien, à l'époque, toxico ? Pas sûr. Alors quoi ? Pure bonté ? J'y croyais pas.

Est-ce que ma décision était prise ?

Je farfouillais dans son bureau, y dégotait un morceau de papier; à la vas vite j'écrivis avec une calligraphie toute dégueulasse, tant mes mains tremblaient et ne souhaitaient plus obéir à mes ordres.

" Je serais là demain à huit heure avec ma lettre de démission. "

Et comme le lâche que j'avais toujours été, je m'éclipsai avec l'espoir secret qu'il bluffait.


   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Sam 12 Aoû - 17:46

En voyant le bureau vide, après avoir raconté tout ce qui s'était passé à Simone, je passe la main sur mon visage et je déprime légèrement. Sérieusement... Faut vraiment être dans le déni pour en arriver à ça. D'un coté, j'ai tout fait pour l'aider et pour lui donner une chance.

J'ai une philosophie avec les gens que j'aide : je leur tend une corde et eux décide de la saisir ou de se pendre avec. Je suis un peu fatigué, du coup, je vais me poser sur mon fauteuil et je vois le tiroir à demi ouvert et une feuille gribouillée. Le mot me blase encore plus et je la froisse pour la lancer dans ma corbeille que je rate magistralement. Je regarde la boule de papier et j'ai un peu la sensation que cet échec-là represente tout les autres et que ma vie est une grosse erreur. L'effet Hunter... Super. Je me sers un verre et me lève pour remettre la boule de papier dans sa corbeille. Aujourd'hui, c'est vraiment une journée de merde. En fait, ça fait un moment que c'est la merde.
Simone passe la tête par la porte et me lance un faible sourire que je lui rends difficilement. Elle referme la porte et quelques minutes plus tard, ma sauveuse revient avec des gateaux qu'elle a dégoté je sais pas où et une bouteille de rhum accompagné de deux verres. C'est pour ça qu'elle est chouette Simone. J'ai pas besoin de dire. Elle sait.
Donc on discute de Hunter, de la vie, de Croatoan, de la dernière saison de GoT et que sais-je encore. Jusqu'au petit matin où elle se retire pour rentrer chez elle avant de griller comme un toast au soleil.

J'ai des doutes sur la conduite à adopter. J'ai pas encore dormi et vu l'heure, Hunter n'arrivera pas avant 3 heures. Ma grosse priorité, c'est d'être un peu reposé. J'ai pas le temps de rentrer chez moi, du coup, je décide de dormir sur place. C'est aussi pour ça qu'il y a des canapés dans mon bureau et une locataire dans mon manoire. Je vire ma veste et mes chaussures, je mets tout ça dans un placard et sort un plaid et un oreiller dudit placard. J'ai un costume de rechange, là-dedans et dans le bureau de Simone, dans une petite pièce, je sais que je trouverais de quoi me doucher. Je me retrouve donc en boxer dans mon bureau que je ferme à clé avant de me coucher pour mettre un reveil. Je m'endors alors comme une masse.

***

Trois heures plus tard, mon réveil sonne et je me réveille en sursaut. Je suis toujours aussi explosé mais après une bonne douche, ça va toujours vachement mieux. Avant ça, je dérouille mes muscles avec quelques pompes et quelques exercices rapides avant de filer sous la douche que je mets la plus brûlante possible. Bordel de merde, ça fait du bien. Vive l'eau courante.
Pendant que je m'ébouillante pendant une quinzaine de minutes, je refléchis à la marche à suivre. Je vais sans doute lui tendre une dernière perche et si il ne la prend pas, je le laisserais partir.



Va vraiment falloir qu'on m'explique pourquoi je m'emmerde autant. J'entends déjà Tobias me regarder et me dire qu'il ne comprendrait jamais pourquoi je m'attachais autant à des humains alors que c'était au mieux des contrats sur pattes et au pire des foutus ennuis. Sauf que j'avais jamais vu ça comme ça. Même quand j'avais été le démon le plus sanguinaire sous le commandement de Bélial, j'avais pas envisagé l'humanité comme moins que rien. C'était plus fort que moi, putain. Bref, une fois habillé, coiffé et paré, j'ouvrais la porte de mon bureau pour trouver un Hunter déjà là.

-Hunter. Entre.

Je reste laconique. Il reste quoi à dire exactement ? J'attends de lire sa lettre. J'attends de pouvoir avoir de la matière pour lui faire accepter mon aide, même un peu. Je vais donc m'asseoir derrière mon bureau et j'attends qu'il fasse ce qu'il a à faire. Je lui fais signe de s'asseoir et j'attends.

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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Dim 13 Aoû - 5:46


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Aussi con que ça puisse paraître, une fois qu'je m'trouvais dehors; j'eus la sensation d'avoir faire une sacrée connerie.

En fait, c'tait pas tant que j'voulais absolument ce job, au fond n'importe quel autre aurait fait l'affaire...J'sais pas, j'étais subitement en proie à l'abattement. Et bordel que je détestais ça ! Normalement, moi j'étais le genre de gars qui prenait ses décisions et s'y tenait parce qu'il savait qu'c'était la bonne. J'tais un mec de certitude, t'vois. Y avait des choses dont j'étais intiment convaincu et qui n'amenaient pas de futiles tergiversations. En fait, la majorité de mes actions avait le sceau de la conviction; c'tait tellement plus simple d'vivre lorsqu'on s'empêchait de douter. Mais là, clairement, j'étais dans le flou le plus total et j'supportais pas ça. En vrai, j'savais pertinemment qu'c'était pas venu tout seul, hein. La coke c'tait à double tranchant, en fait fallait pas en prendre quand on avait des décisions importantes à prendre. La Caro', c'tait une petite garce dans ces moments là mais ça, j'l'avais oublié depuis l'temps. Fourbe, les drogues l'étaient toutes, mais elle savait comment se faire discrète tout en étant à la tête de toutes tes conneries. Pourtant, c'tait difficile de la blâmer.

J'sais qu'un être humain m'aurait fait autant de crasse, j'l'aurais pas accepter. Mais qu'est-ce que vous voulez, la raison parti en vacance; autant en profiter. Bien que vaguement conscient de c'qui s'était passé dans le bureau de Baltasar, j'me disais qu'il valait mieux plus y penser, t'façon d'ici quelques heures j'aurais déjà oublié...Oublié quoi? Bah, t'vois.  

Je m'allumais une clope en titubant, les excès à mon âge ça tapait sévère. Mais j'tenais bon, il y aurait bien un bouge dans l'coin qui voudrait de moi, au fond n'étais-je pas leur client préféré ? Typiquement, le gogo qu'on va balancer après lui avoir facturer la dizaine de verres alors qu'en fait l'gars il s'est endormis sur le comptoir comme une merde. Et nan, jamais ça m'était pas arrivé, j'tournais depuis trop longtemps à ce rythme pour m'laisser avoir, par contre, ouais j'en avais vu des déchets s'faire arnaquer. Quoi? Si j'devais me regarder dans un semblant de miroir avant d'traité avec autant de mépris mes semblables. J'ai aucun respect pour qui que ce soit d'ce monde... Alors pourquoi j'parvenais pas à bouger mes jambes et restait planté devant l'Eden comme un con ? C'tait pas un minimum de respect ? P'être de la reconnaissance. Bwah, y avait rien de plus pitoyable qu'être obligé d'en passer par là; ca signifiait ni plus ni moins qu'on était au plus bas. Or un Thompson n'pouvait l'être, valait mieux crever.


J'écrasai ma clope sous ma godasse, manquant de tomber j'me retins de justesse au mur. Et tandis qu'j'relevais la tête, j'aperçu une enseigne aguicheuse. Ouais, j'me prenais un dernier verre et j'rentrais...Bordel, elle était où ma bécane ? Une petite pause, tranquille, juste un dernier coup de fouet pour se remettre en selle.


***

Gueule encartonnée. Goût métallique dans la bouche et putain de mal de crâne. P'tain, mes yeux allaient finir par sortir de leurs orbites à ce stade, j'crois. La lumière du petit matin m'arrachait la rétine.

Qu'est-ce que j'avais foutu de la nuit ? Dieu seul sait. Tout c'dont j'me souvenais c'tait que j'm'étais embrouillé avec deux trois gus au détour d'une rue. J'crois qu'ça avait à voir avec ma moto...P'tain, elle était passée où encore ? Et moi j'étais où ? La bonne question. Au vu du mal de dos qu'j'me tapais, j'devais avoir stationné longtemps sur c'putain de banc. En vrai, j'me souvenais pas d'avoir fermé l'œil. Pourtant, en me palpant, j'sentis que j'avais perdu mon portefeuille et même mes clopes; quelle bande de rat ! Par chance, j'sentais encore mes clefs et ça p'tain, j'en fus carrément soulagé. P'être qu'on m'avait pas dépouillé, juste j'avais perdu mes affaires dans une bagarre ou un truc comme ça...Ouais, sûr que j'm'étais pris des patates, c'tait pas que Caro qui m'avait défoncé la mâchoire !

J'me relevais avec douleur, tout mon corps était transi. Genre, vraiment. Si on m'avait plié et foutu dans un bagage à main, le résultat aurait été l'même. En un sens, errer dehors par ces temps avec un simple blouson, c'tait pas sérieux, on avait beau être au printemps, la nuit était froide...Ca m'rendait presque nostalgique, si j'm'étais froissé tous les muscles et que mon visage me faisait pas tant souffrir. L'Bordel, sur quoi j'étais tombé pour m'en être prit autant dans la gueule ? J'imaginais que les autres devaient être dans un pire état...Ou tout l'moins pour mon orgueil je l'espérais. Une fois mes yeux réhabilités à la lumière, j'fus agréablement surpris de voir qu'j'étais pas loin de l'Eden. Pourquoi ? Simple, j'devais me débarbouiller et j'avais juste à faire un tour dans le vestiaire, j'pouvais sauver les apparences, encore une fois.

Merde. Flash. C'vrai, j'étais censé être démissionnaire.

Oh l'bordel. Bon, j'allais improviser. Joignant le geste à la pensée, j'bougeais ma carcasse jusqu'à mon ancien job en espérant ne pas croiser Baltasar. Par chance, assez inouïe vu la gueule que j'devais me traîner, j'parvins à entrer et me précipitais vers la douche du personnel et me douchais en coup d'vent. En sortant pour réajuster mon costume, j'croisais mon reflet. J'crois d'ma vie, je m'étais jamais rarement fait aussi peur. J'avais un début de cocard et la mâchoire disproportionné. Nom de Dieu ! A qui j'pouvais faire croire qu'ça allait ? Même moi, j'y croyais plus. Trop tard pour revenir en arrière, fallait assumer..Au fond, c'tait qu'une fois, j'ferais plus gaffe la prochaine fois. Ouais, restons positif.

Perdu pour perdu, j'cherchais un moyen de crocheter les autres casiers pour trouver une feuille et un stylo; ouais depuis quand on s'faisait des lettres de démission à la main? J'sais pas, j'étais en galère de cerveau, là les gars. Après quelques tentatives, j'parvins à mettre la main sur c'que j'cherchais. En deux-deux, j'tentais d'écrire, sans résultat. Bon. J'allais improviser, sévère là. J'fourrais le papier dans ma poche et me dirigeais vers le bureau du boss et attendait comme un con devant. Alors qu'j'croyais avoir vu l'éternité défiler, il finit par ouvrir la porte.      

- Hunter. Entre.

Pour le coup, on pouvait pas faire plus court. J'm'exécutais en tâchant de garder un air faussement enjoué. En vrai, j'y arrivais pas, j'sentais son regard sur moi et j'pouvais m'empêcher d'avoir les mains qui cherchaient à couvrir mon visage. J'sais pas si c'tait la honte d'être dans cet état ou le fait qu'je me tapais la descente du siècle; probablement les deux. Juste, fallait se dire qu'ça passerait et...Rien. Respirer. Ca allait bien se passer. Je m'asseyais d'une fesse parce que j'pouvais pas trop tenir en place et j'étais tout courbaturer t'façon.

- Comme je l'ai écris hier, commençais-je en faisant une pause entre chaque mot.

Je m'arrêtais brusquement en baissant les yeux.

- Pas besoin de me scruter comme ça, j'sais; j'me suis battu ou fait battre j'sais plus. J'crois que les années font qu'on devient trop confiant. Les choses sont telles qu'elles sont, il semble que l'histoire tourne en boucle. T'sais comme la chute des empires et l'apogées de nouvelles civilisations. Linéaire. On est qui pour aller contre ça ? Hein ? On peut pas échapper à la gravité. La fatalité, toutes ces merdes.

Qu'est-ce que j'racontais ?

- T'crois au Destin ? Au chemin tout tracé ? Est-ce que t'sais c'que le poids qu'ça représente ? Imagine le et multiple le par la vitesse de la lumière. J'suis sûrement un peu paumé dans cette putain d'existence, ouais. Mais c'est la seule chose que j'ai, c'est le néant. L'unique satisfaction arrivera à ma mort, t'vois l'truc ? Tout le reste du temps, j'dois juste...j'sais pas, survivre.

J'passais négligemment ma main dans les cheveux, tout mon corps s'mis à trembler. L'avouer de vive voix ? C'tait trop pour moi.  
 


   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Dim 13 Aoû - 6:32

Visiblement, je suis pas le seul à ne pas avoir dormi. Cela étant dit, j'ai passé une meilleur nuit que Hunter... Ce qui est déjà très surprenant mais lui, il est passé sous un rouleau compresseur, c'est la seule explication logique que je trouve à ce qui s'est passé avec sa gueule et avec sa démarche raide. Toi, mon gars, t'as passé la nuit dehors, sur et certain. En attendant, je le fais entrer, j'vais m'asseoir et je le détaille. En partie parce que je me demande ce qu'il lui est arrivé cette nuit mais aussi parce que j'espère très sincèrement qu'il sortira pas cette foutu lettre de démission, ça serait un putain de gâchis.
J'avais toujours pas envie de parler, j'attendais de voir. La fatigue de la nuit précedente se faisait de plus en plus sentir. Je me rendais compte que cette histoire me foutait le moral à zéro. Il fallait que ça se termine d'une façon ou d'une autre mais j'espérais qu'il reste parce qu c'était un bon élément que j'étais prêt à remettre sur pied pour le garder dans l'entreprise.

- Comme je l'ai écris hier.

Je me tends quand il commence à me parler de sa foutue lettre gribouillée, je vois bien qu'il va mal. Il s'arrête en plein milieu, évite mon regard. Il me fait de la peine, sérieusement. Même pas d'une manière sarcastique, j'ai l'impression de voir une tragédie se dérouler sous mes yeux et ça me touche parce que j'ai beau être un démon depuis des lustres, j'ai gardé toute mon humanité parce que j'emmerde ces foutus connards qui ont décidé qu'être un démon c'était être une machine sanguinaire. Je serais pas aussi con que tout les autres, j'en ai rien à battre. Je vivrais selon mes règles, comme me l'a appris Bélial. Qu'importe les conséquences.


- Pas besoin de me scruter comme ça, j'sais; j'me suis battu ou fait battre j'sais plus. J'crois que les années font qu'on devient trop confiant. Les choses sont telles qu'elles sont, il semble que l'histoire tourne en boucle. T'sais comme la chute des empires et l'apogées de nouvelles civilisations. Linéaire. On est qui pour aller contre ça ? Hein ? On peut pas échapper à la gravité. La fatalité, toutes ces merdes.

Je le détaille et sens parfaitement l'appel au secours qu'il y a dessous. Je me penche un peu en avant et j'écoute. Enfin, il s'ouvre un peu. Il prend sans doute ça pour de la faiblesse mais de mon coté, je considérais qu'il fallait pas mal de force pour admettre qu'on se sentait écraser. Sans un mot, je continue de jouer les oreilles attentives.

- T'crois au Destin ? Au chemin tout tracé ? Est-ce que t'sais c'que le poids qu'ça représente ? Imagine le et multiple le par la vitesse de la lumière. J'suis sûrement un peu paumé dans cette putain d'existence, ouais. Mais c'est la seule chose que j'ai, c'est le néant. L'unique satisfaction arrivera à ma mort, t'vois l'truc ? Tout le reste du temps, j'dois juste...j'sais pas, survivre.

Survivre... Je le vois se mettre à trembler et ça me fout mal au cœur. Sérieusement, c'est vraiment trop triste, ça me donne envie de chialer. Ca risque pas de sortir maintenant, mais je sens que mon cœur est lourd et qu'il s'enfonce dans ma poitrine. Je pousse un long soupir et ferme doucement les yeux.

-Je... Sais pas quoi te dire... Survivre... C'est triste. Y a tellement plus à la vie. J'veux dire... Tu peux aspirer à tellement plus. J'veux pas dire que tu manques de volonté mais t'as le droit à plus. On emmerde la gravité et le destin. Hunter, t'es un connard parfois mais t'es aussi un mec qu'hésite pas à sauver un mec dans une ruelle sans te poser la moindre question... La mort, c'est pas une libération. La mort, c'est juste la mort. Elle t'apportera rien de plus que ça. La mort vient pour tout le monde, c'est juste un moment. Un truc qui arrive et qui part aussi vite. Je connais pas ta vie mais j'ai pas envie de te voir sombrer, t'es un mec qui vaut coup qu'on soit ce type qu'est là au bon moment dans cette foutue ruelle sombre.

Je lui souris un peu, c'est un sourire dure, le sourire d'un autre survivant. Je me lève et j'fais du café, lui et moi on en a bien besoin.

-J'suis passé par ces questions. J'suis né en colère, tu vois. J'avais de la violence en moi, j'avais que ça. J'me suis laissé débordé un très long moment et je me disais que j'avais pas le choix. J'étais comme ça, pas vrai ? Après tout, j'étais qui pour aller contre mon propre caractère, on m'avait voulu comme ça. J'avais qu'à subir et fermer ma gueule et dire à tout le monde que c'était pas vraiment ma faute parce que j'étais comme ça et que j'avais rien demandé à personne...

Je soupire et ferme les yeux avant de revenir avec les cafés, j'en pose un devant Hunter et un autre de mon coté du bureau. Je m'assoies et je le regarde, je dois avoir moins la tête d'un patron que d'un guerrier fatigué ce qui est plus ou moins le cas.

-En vrai, on a que les limites qu'on se donne. C'est bateau, je sais. C'que j'veux te dire, Hunter, c'est qu'on peut survivre avec des chaines ou envisager que ces chaines n'existent que parce qu'on croit dure comme fer qu'elles sont là.

Je bois une gorgée de café brulant, putain, ça fait tellement de bien. Je soupire d'aise en sentant le liquide descendre.

-Ecoute... Oublions hier, okay. J'te repose la question maintenant : est-ce que tu veux partir ou est-ce que tu acceptes qu'on te remette sur pied ?

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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Dim 13 Aoû - 8:10


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J'saurais pas expliquer comment ni pourquoi, mais ça m'avait fait du bien de vider mon sac.

- Je... Sais pas quoi te dire... Survivre... C'est triste. Y a tellement plus à la vie. J'veux dire... Tu peux aspirer à tellement plus. J'veux pas dire que tu manques de volonté mais t'as le droit à plus. On emmerde la gravité et le destin. Hunter, t'es un connard parfois mais t'es aussi un mec qu'hésite pas à sauver un mec dans une ruelle sans te poser la moindre question...

Sans doute que si la réaction de Baltasar avait été toute autre, j'm'serais senti plus lamenable que j'l'étais déjà. J'veux dire pour la première fois que j'le connaissais, j'le sentais profondément sincère avec moi. C'pas tant qu'pensais qu'il me cachait des trucs, sûrement et au fond j'men foutais parce qu'on avait tous nos petits secrets. Nan là, j'avais la vraie sensation qu'il me parlait à cœur ouvert. Par contre j'étais bien en peine de comprendre pourquoi il le faisait. J'sentais bien que j'lui faisais de la peine et dans d'autre circonstance, j'l'aurais envoyé se faire foutre. Vous savez quand les gens vous prennent en pitié, y a rien d'plus dégradant. Et là, même si c'tait l'cas, y avait du respect c'que la pitié condescendante n'avait pas. Malgré tout, j'conservais des restes de coke et j'me montrais assez rétif. J'étais mort de fatigue, mort tout court depuis trop longtemps maintenant et si j'avais réussi à garder la face sur une si longue distance, j'crois qu'c'était aussi un peu pour l'impressionner. Me donner plus d'importance qu'j'en avais ? J'sais pas. Dans d'autres circonstances, j'aurais été vachement intrigué par le fait qu'il semblait comprendre c'que c'était la survie alors que tout paraissait lui réussir. Parce que ça se sentait, il disait pas ça juste pour reprendre mes mots, y avait quelque chose de plus profond; mais mon esprit exacerbait mon egoisme et m'empêchait de conjecturer sur ma petite personne.

Ouais : connais-toi, toi même.

Au plus profond de moi, j'savais bien que j'servais à quelque chose; mais j'crois que j'savais pas trop bien m'y prendre ou peut-être que j'étais aussi faible qu'on me l'avait rabâcher. Ouais...Sujet à l'apitoiement, l'illustration parfaite de la médiocrité que mon paternel haïssait tant. A force de trop vouloir en faire, je m'étais vautré dans le caniveau. En un sens, normalement j'aurais pas dû vivre au delà de mes trente ans. Quel genre de chasseur parvenait à vivre aussi longtemps ? Fallait mourir au combat, dans un ultime geste guerrier. Certes,j'devais déjà me féliciter d'avoir échappé aux transformations et aux diverses épidémies qui trainaient... Si c'était une bien maigre consolation ? Ouais et non; j'crois qu'au niveau de la dignité ça jouait beaucoup. J'n'osais pas imaginer l'ignominie que représentait la transformation en créature pour un chasseur. C'tait, tout simplement ignoble...Rien que l'imaginer, j'en tremblais de dégoût... Ca ou était-ce la descente carabinée qui se manifestait ? L'un dans l'autre, j'me sentais mal.

- La mort, c'est pas une libération. La mort, c'est juste la mort. Elle t'apportera rien de plus que ça. La mort vient pour tout le monde, c'est juste un moment. Un truc qui arrive et qui part aussi vite. Je connais pas ta vie mais j'ai pas envie de te voir sombrer, t'es un mec qui vaut coup qu'on soit ce type qu'est là au bon moment dans cette foutue ruelle sombre.

J'levai les yeux, un peu confus.

- J'suis terriblement las, fatigué. P'être bien qu'la mort c'est juste un état court, mais intense; mais ça m'débarasserait d'un sacré poids, fis-je en ricanant faussement, j'pensais que ma mission était la seule chose qui comptait, mais à part m'fabriquer un cercueil, j'vois pas les effets. Moi, j'voulais y croire au Destin...En fin d'compte j'suis juste un gars comme les autres. Peut être même son portrait le plus pathétique.

Bordel, j'avais vraiment dit ça ? J'hésitais à casser en courant. Sûr qu'on viendrait me châtier pour m'être montrer aussi vulnérable. Je baissais à nouveau la tête, serrant mes doigts endoloris dans le creux de ma paume avec violence. On m'aurait donné une clope, j'l'aurais écrasé sur mon visage.

- J'suis passé par ces questions. J'suis né en colère, tu vois. J'avais de la violence en moi, j'avais que ça. J'me suis laissé débordé un très long moment et je me disais que j'avais pas le choix. J'étais comme ça, pas vrai ? Après tout, j'étais qui pour aller contre mon propre caractère, on m'avait voulu comme ça. J'avais qu'à subir et fermer ma gueule et dire à tout le monde que c'était pas vraiment ma faute parce que j'étais comme ça et que j'avais rien demandé à personne...

Ses mots me traversèrent comme de milliards de poignards. Quoi? Mais comment cela était possible ? Il avait l'air si calme, posé en toute circonstance, même quand j'faisais le connard, il trouvait le moyen d'être aussi immobile qu'une statut. Il ne laissait jamais rien transparaître. Si j'avais dû donné un synonyme de sérénité, sûre que ça aurait été son prénom qui s'rait sortit. Bon sang! Qui était-il vraiment ? D'un coup, j'avais l'impression qu'c'était quelqu'un d'autre qui me faisait face. J'tais conscient du fait qu'on possédait tous ses mauvais coté, mais lui savait si bien les dissimuler ou les apprivoiser...Attendez, le mec avait des bar qui marchaient du tonnerre, une classe assez folle et j'imaginais bien qu'ce n'était pas en pétant des gueules qu'on arrivait jusque là. Alors quoi ?

- Mais comment as-tu fais pour parvenir là où tu en es aujourd'hui ? me hasardais-je, comment as-tu réussi à surmonter c'qui te bouffait de l'intérieur ? C'te feu démoniaque qui consume lentement chaque parcelle de ton âme, comment l'éteindre ou le dompter ?

Je soupirais lourdement en regardant la tasse de café qu'il m'avait servit, puis repris.

- J'sais pas si j'suis prêt, si j'y arriverais. J'voudrais me remettre sur pied, mais j'sais pas si j'en suis encore capable. J'ai déjà par le passé dépassé les limites qu'les addictions peuvent entraîner, mais aujourd'hui c'plus pareil...


   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Dim 13 Aoû - 13:29

- J'suis terriblement las, fatigué. P'être bien qu'la mort c'est juste un état court, mais intense; mais ça m'débarasserait d'un sacré poids. j'pensais que ma mission était la seule chose qui comptait, mais à part m'fabriquer un cercueil, j'vois pas les effets. Moi, j'voulais y croire au Destin...En fin d'compte j'suis juste un gars comme les autres. Peut être même son portrait le plus pathétique.

Son rire me fend l'âme, littéralement. J'ai l'impression de me voir quand je parle de mes problèmes à Simone, après une bonne journée bien pourrie, après avoir perdu un de mes protégés ou tout simplement après avoir vu trop longtemps Alrune. Ce genre de rire, ça fait mal parce que c'est ce qu'il y a de mieux pour pleurer. Il fait partie de ces mecs à qui on a appris à pas pleurer, parce que pleurer c'est pour les faibles et les femmes... Ca me sert le cœur à un point que personne n'imagine. Ces rires de detresse sont la pire chose qui existent et c'est loin d'être la première fois que je les entends... Je l'écoute me parler de la mort comme d'un truc si chouette que ça le rendra tout léger. La mort ne rend pas tout léger, c'est des conneries. On aime y croire parce qu'on nous le vent partout dans les films : les morts glorieuses, les morts libératrices. C'est de la merde, toutes ces conneries. Ca vaut rien, la mort, c'est froid, insensible et la plupart du temps douloureux et quand on s'appelle Hunter et qu'on est pas si clean que ça, c'est un coup à se retrouver à rotir en Enfer, le cul sur un barbecue démoniaque et je souhaite ça à personne. Je secoue la tête et soupire.

-J'imagine que t'es épuisé. Mais donne pas raison à tout les connards qui te prennent pour une buse. La vie veut te prouver que tu vaux rien, défonce là et prouve lui le contraire. Ta route, elle tient qu'à toi, hunter et si j'comprends bien, t'as sauvé pas mal de gens dans ta vie et tu risques pas de t'arrêter tout de suite. Si c'est pas être un mec différent des autres... Combien de clampins tourneraient le dos à toute cette merde, sachant que ça apporte rien d'autre qu'une mort potentiellement douloureuse... ? T'es mal en point, j'te l'accorde mais c'est rien d'irrémédiable, j't'assure.

Je lui offre un petit sourire, pas méchant, pas moqueur, juste quelque chose d'un peu chaleureux. Je lui parle de moi, j'essaie de créer du lien et visiblement vu sa tête, j'ai tapé dans le mille. Je sais pas si c'est bien ou pas. Pour lui, il est plus vieux et ça doit lui foutre un sacré coup alors que dans la réalité, c'est un gamin pour moi. Il a même pas une moitié de siècle et il galère comme tout les humains de son ages, simplement, il a évolué dans le pire milieu qu'on puisse imaginer. J'vois bien qu'il est pas bien en m'entendant mais d'une bonne manière.


- Mais comment as-tu fais pour parvenir là où tu en es aujourd'hui ? comment as-tu réussi à surmonter c'qui te bouffait de l'intérieur ? C'te feu démoniaque qui consume lentement chaque parcelle de ton âme, comment l'éteindre ou le dompter ?

Ca, ça me fait faire un sacré retrospection. Comment j'ai réussi à me calmer... Est-ce que je me suis calmé, déjà... ? Je sais pas trop quoi répondre. Je laisse le silence s'installer et je refléchis. C'est difficile sans vendre la mèche sur ma condition de démon. Difficile, vraiment. Mais je sens que si je modifie la réalité il faut que ça reste vrai dans le fond, on parle à cœur ouvert, sans se mentir, sans juger non plus. Je vois bien que ça fait pas de mal à Hunter, je me demande depuis quand il accumule tout ça dans son crâne en se disant qu'il devrait simplement être plus fort et encaisser.

-Il s'éteint jamais vraiment... J'suis calme la plupart du temps parce que j'ai appris à m'en foutre. Parce que j'ai appris à remettre les choses à leur place. Y a quelques années, ce qu'il s'est passé dans le bureau hier t'aurait valu le plus grand cassage de gueule de ta vie. J'me serais pas arrêter avant que tu sois inconscient ou mort. C'était à ce point, tu vois. Là, clairement, ça m'a agacé parce que j't'aime bien et que tu m'as sauvé le cul et que t'es un sacré barman mais c'est pas mon combat, tu vois. Faut apprendre à remettre les choses dans leur contexte. J'ai réussi parce que j'ai eu la chance de tomber sur un mec que je considère comme mon frangin et que sans lui, je serais sans doute une des petites frappes dans la rue qui fait sa loi à coup de poing. Sauf qu'on a cru en moi à un moment donné... Et putain, j'aime autant te dire que j'ai fait de sa vie un putain d'enfer.

Je souris en repensant à tout ça et inspire doucement avant de boire mon café à nouveau. J'appuie dans mon siège et je regarde Hunter.

-J'pense sincèrement que le combattre, c'est juste se faire mal. C'est juste que pour l'instant, il est sauvage, violent et il en veut à la terre entière. Je sais pas ce qu'il s'est passé dans ta vie pour que t'en arrive là mais j'suis assez sure que t'as des bonnes raisons d'être furieux. Le truc, c'est que la fureur, c'est juste du chaos. Du chaos pur et simple et ça ne détruit que toi. Faut simplement réaliser deux choses : on a pas toujours l'aide qu'on demande sous la forme qu'on aimerait et la colère contre quelques chose te montre simplement un truc qu'il faut changer dans ta vie.

Je hausse les épaules une nouvelle fois et secoue la tête.

-Sérieux, j'dois sonner comme un vieux bouquin de philo tout pourri. Y a pas de recette miracle. De mon point de vue, on est pas si différents, toi et moi, dans le fond. On a juste pas eu la même chance et ça va te paraître con mais j'ai envie de t'aider parce que t'es loin d'être con et que t'es un putain de survivant et tu mérites un peu de repos.

- J'sais pas si j'suis prêt, si j'y arriverais. J'voudrais me remettre sur pied, mais j'sais pas si j'en suis encore capable. J'ai déjà par le passé dépassé les limites qu'les addictions peuvent entraîner, mais aujourd'hui c'plus pareil...

Je l'écoute une nouvelle fois. Là, mon sourire s'éclaire, j'entends enfin ce que j'espérais entendre et c'est sincère. Je suis soulagé, sincèrement. Je remets mes cheveux humides en place et me penche en avant pour capter son regard.

-Alors on va te remettre sur pied, ok ? J'vais t'aider et p't'être bien que tu vas me detester par moment, mais on va te remettre sur pied. Tu vas te prouver que t'en es capable et j'serais là pour t'aider. Deal ?

Je souris et je lui tends la main. J'ai déjà une bonne idée de comment faire, ça fait depuis hier que j'y cogite sérieusement. Elie et sa résilience vont m'être d'un grand secours. Je risque d'exploiter son coté trop gentille mais, au final, ça sera bénéfique pour les deux. Enfin j'espère...

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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Lun 14 Aoû - 7:56


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- J'imagine que t'es épuisé. Mais donne pas raison à tout les connards qui te prennent pour une buse. La vie veut te prouver que tu vaux rien, défonce là et prouve lui le contraire. Ta route, elle tient qu'à toi, Hunter et si j'comprends bien, t'as sauvé pas mal de gens dans ta vie et tu risques pas de t'arrêter tout de suite.

J'm'étais jamais considéré autrement qu'un pion sur l'échiquier du Divin, j'tais que ça et maintenant on m'disait qu'j'pouvais aller contre toutes les convictions qu'on m'avait mit dans le crâne à coup de ceinture et diverses tortures; j'arrivais pas à m'dire qu'c'était possible, ça remettait tout en question...J'devais me racheter, toujours pécheur peu importait les bonnes actions qu'j'pouvais faire au fond, par ma simple naissance j'étais condamné à finir ainsi. Prouver le contraire à qui ? Et dans quel but ? T'façon, j'pouvais bien disparaître qu'on s'en rendrait pas compte, personne ne serait là pour pleurer un mec qui vivait aussi furtivement qu'une ombre, un type qui passait son temps à boire et à sillonner les routes sur sa bécane en espérant secrètement s'planter, rater un virage; comme il l'avait fait avec sa vie. J'avais beau avoir sauver des gens, j'me sentais pas mieux et j'pense que jamais j'parviendrais à perdre cette p'tain de répugnance d'moi autant qu'celle de mes semblables. Pourquoi m'acharnais-je encore et encore alors ? Parce qu'on m'avait dit qu'p'être j'pourrais laver mon âme, mais au fond c'tait des conneries...Je les haïssaient parce qu'ils me ressemblaient trop. C'tait tellement plus facile de les prendre de haut, s'dire supérieur pour pas s'regarder en face et admettre.

A quoi bon chercher la rédemption quand on savait qu'façon, c'tait déjà jugé ? Quand l'sang qui coule en toi est aussi démoniaque qu'une dose létale d'héroïne.

- Si c'est pas être un mec différent des autres... Combien de clampins tourneraient le dos à toute cette merde, sachant que ça apporte rien d'autre qu'une mort potentiellement douloureuse... ? T'es mal en point, j'te l'accorde mais c'est rien d'irrémédiable, j't'assure.

J'me fendis d'un sourire qui s'voulait pas trop douloureux.

- J'aimerais t'croire, mais j'n'ai plus la force pour m'en convaincre. Si j'dois aller contre le Destin qu'on m'a révélé alors j'ai juste a rester immobile et voir le monde s'écrouler; t'façon j'suis quoi dans l'Univers ? Un p'tain de grain d'sable, marmonnai-je presque plus pour moi qu'autre chose.

J'l'écoute et le regarde me sourire, pourtant j'me sens pas mieux, pas bien. Et pourtant, ça n'a rien à voir avec le fait qu'j'me fais réconforter par un jeunot. D'là où était mon daron, j'suis sûr qu'il devait avoir la rage. D'où son petit soldat se laissait amadouer par des paroles d'un inconnu ? Ne l'avait-il pas forgé pour qu'il se relève tout seul ? "Si tu n'es pas capable de t'en sortir tout seul, tu ferais mieux de te passer une corde au cou." Au fond, c'vrai que durant des années j'm'en suis sorti par mes propres moyens. Personne n'était là quand j'devais survivre dans la neige des montagne avec juste un couteau pour unique instrument. J'en étais ressorti grandi. Les épreuves sont indispensables, même si elles peuvent t'marquer à vie et t'rendre un peu déséquilibré...Mais en un sens, comparer à c'qui m'attendait en Bas, j'avais vécu les meilleurs moment d'mon existence. J'étais tellement pas prêt à c'qui allait arrivé même si j'disais m'en foutre, j'savais qu'on ferait qu'une bouchée de moi. T'avais même pas besoin d'm'envoyer en Enfer pour me le faire connaître. P'tain de connard de faible.

- Il s'éteint jamais vraiment... J'suis calme la plupart du temps parce que j'ai appris à m'en foutre. Parce que j'ai appris à remettre les choses à leur place. Y a quelques années, ce qu'il s'est passé dans le bureau hier t'aurait valu le plus grand cassage de gueule de ta vie. J'me serais pas arrêter avant que tu sois inconscient ou mort. C'était à ce point, tu vois.

En vrai, il m'aurait tellement fait une fleur en me battant à mort. J'avais appris à ne plus sentir la douleur, c'tait dans sa tête. Bon, clairement, c'matin j'pouvais difficilement dire qu'jme retrouvais bien endoloris mais comparativement à c"que j'me prenais quand j'avais huit piges. Une blague.

- Là, clairement, ça m'a agacé parce que j't'aime bien et que tu m'as sauvé le cul et que t'es un sacré barman mais c'est pas mon combat, tu vois. Faut apprendre à remettre les choses dans leur contexte. J'ai réussi parce que j'ai eu la chance de tomber sur un mec que je considère comme mon frangin et que sans lui, je serais sans doute une des petites frappes dans la rue qui fait sa loi à coup de poing. Sauf qu'on a cru en moi à un moment donné... Et putain, j'aime autant te dire que j'ai fait de sa vie un putain d'enfer.

J'hochais la tête.

J'repensais à c'celui qui la première fois m'avait ramener vers la Lumière; il m'avait prit sous son aile. Grâce à lui j'avais compris qu'rien était perdu. J'étais jeune à l'époque, vingt-deux ans, j'crois. Il m'avait remis sur pied parce que j'avais vu en lui le signe que des années durant j'avais attendu. C'celui qui avait fait péter les plombs au daron, celui-là qui m'affirmait qu'tout c'que j'avais vécu n'avait pas été en vain. C'tait seulement de la maltraitance, juste un entraînement pour quelque chose de plus grand. Désormais, j'crois que mes œillères étaient plus opaque qu'à l'époque. Rien ici ne m'éblouissait. J'avais beau fixer Baltasar, j'sentais pas cette force purificatrice. J'lui foutais pas sur l'dos mon aveuglement, j'disais seulement qu'on avait choisi quelqu'un d'autre pour poursuivre mon Destin. On m'laissait sans rien.

- J'ai connu ça, j'étais jeune et on m'a sauvé; une fois. T'vois à quel point j'peux me montrer ingrat ? Pendant dix longues années on a veillé à c'que j'me concentre sur la chasse et oublie le reste et ouais à l'époque c'tait juste un leitmotiv mais avec moi, c'est parti en couille parce que j'connais pas les limites du raisonnable. Faut toujours qu'à parte en vrille et qu'j'exagère, dis-je en levant les yeux au ciel en soupirant faussement hilare.

J'approchai ma main de la tasse de café, impossible d'pas trembler et ouais, inutile trop pour moi pour l'instant, j'replacais ma main sur mes cuisses comme une petite écolière éconduite; pour autant j'restai à l'écouter d'un oreille.

- Alors on va te remettre sur pied, ok ? J'vais t'aider et p't'être bien que tu vas me détester par moment, mais on va te remettre sur pied. Tu vas te prouver que t'en es capable et j'serais là pour t'aider. Deal ?

En vrai j'sais pas si j'voulais vraiment l'entendre me le proposer. J'sentais la régression me frapper en plein cœur. Ses motivations m'étaient encore trop obscurs, mais si j'rejetais cette main, c'tait être sûr d'atterrir en Enfer sans passé par le Purgatoire. Si ça changeait quelque chose ? Nan...Au fond, il avait raison; j'étais pas prêt à crever, pas encore. C'tait juste une idée qui planait depuis si longtemps dans mon esprit que si j'avais eu l'envie et le courage nécessaire, j'serais plus là pour en parler. J'étais typiquement le genre mec lamentable, pleurant et jurant vouloir en finir, mais qui en fin d'compte approchait les cinquante pige. Ah-ah. Ridicule; alors quitte à être une connard cherchant l'attention, autant accepter, hein.

- Deal, mais j'ai quelques exigences, m'empressai-je d'annoncer, j'veux qu'on m'laisse un peu tranquille. Pas de connasse d'infirmière ni de prise de sang. J'sais qu'c'est un peu paradoxal, mais j'veux qu'on me fasse confiance. J'sais là, j'ai la gueule du mec à qui il faut pas donner le bon Dieu sans confession, mais autrement j'vais péter un câble.



   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Lun 14 Aoû - 10:37

Plus j'écoute parler Hunter, plus je sens l'ombre de quelqu'un d'autre. Quelqu'un a pris ce gamin et l'a forgé à son image, loin de ce qu'il était réellement. Loin de ce qu'il serait naturellement devenu. J'avais pas trop de mal à imaginer au mieux un père casse couille au pire un père complètement abusif qui avait fait rentré de force ce que c'était d'être un mec et un chasseur dans le crâne d'un môme à grand renforts de ceintures ou de tout autre objets lui passant sous la main. Des tragédies comme ça, j'en avais plein mes rangs, des gamins tabassés qu'avaient mal tournés à force de pas réussir à rentrer dans le moule préconçu que leur avait donné. Hunter semblait être un de ces gamins. Il avait cinquante balais et il était perdu parce que le cadre qu'on lui avait donné lui avait été imposé et qu'il ne connaissait que la vision d'une personne. Il n'avait jamais eu la chance de découvrir qui il était vraiment, ce qu'il voulait faire. Résultat des cours, sa mission lui paraissait vide et il tentait de combler en multipliant les excès et les chasses. Si j'tenais les parents qui imposaient ça à leur gosses, bordel de merde... J'les enverrais dans les fosses et je les laisserais rôtir là-dedans des siècles durant. Ça me foutait en rage.

J'aimerais t'croire, mais j'n'ai plus la force pour m'en convaincre. Si j'dois aller contre le Destin qu'on m'a révélé alors j'ai juste a rester immobile et voir le monde s'écrouler; t'façon j'suis quoi dans l'Univers ? Un p'tain de grain d'sable.

Je secoue la tête et fais tourner le reste de café dans le fond de ma tasse.

-On est tous de la merde à l'échelle de l'Univers, Hunter. Le truc, c'est qu'on a pas à considérer l'échelle de l'Univers, ça sert à rien. L'Univers tournera qu'on le considère ou non. J'vais t'avouer, plus je t'entends parler et plus je me demande qui t'as foutu ce destin dans le crâne. J'veux dire, ok. Partons du principe que c'est tout tracé. Que ton histoire est écrite à l'avance : t'es en train de suivre le fil de ton histoire. Il te mene juste pas là où on t'as dit. Et alors ? Est-ce que c'est si grave ? Y a mille chemin possibles, pourquoi tu devrais te contenter d'un seul ? Parce qu'on te l'a dit ? Fuck that.

Je m'étais peut-être un peu emporté mais c'était trop tard pour changer ma phrase. Avec un peu de chance, ça ferait pas partir les choses en live. Bref, je lui fais ma grande diatribe sur la colère et il me répond. C'est fou comme il se chie dessus en continue. Il a toujours le petit mot sympa pour lui-même. Il me fait penser à Elie quand elle déprime. Elle aussi, elle était infoutu de voir qu'elle était mieux que ça. Enfin... Si on veut être honnête, faudrait voir à se regarder dans le miroir. Je suis pas le dernier pour toute ses conneries mais je le cache derrière un complexe de supériorité. Ca donne le change. On y croit ? Non ? Personne ? Merde.

- J'ai connu ça, j'étais jeune et on m'a sauvé; une fois. T'vois à quel point j'peux me montrer ingrat ? Pendant dix longues années on a veillé à c'que j'me concentre sur la chasse et oublie le reste et ouais à l'époque c'tait juste un leitmotiv mais avec moi, c'est parti en couille parce que j'connais pas les limites du raisonnable. Faut toujours qu'à parte en vrille et qu'j'exagère.


Quand il me parle, j'vois tout de suite le probleme. Personne l'a jamais aidé à se concentrer sur lui. C'est cool la chasse mais c'est pas la vie entière. Y a des choses autrement plus importante pour pas imploser en plein vol. Je l'entends rire, mon cœur se serre une nouvelle fois. Il est vraiment mal et j'ai aucun moyen de le sortir de là, ça m'exaspère. Je le détaille un moment avant de dire.

-Peut-être parce que le problème, c'est que tu te concentres trop sur la chasse.. ?, je lance avec une légère hésitation avant d'enchainer, Non pas que je vois ça comme un truc pas important. J'm'explique : depuis tout à l'heure, tu me parles de mission, de chasses, de Destin et sans déconné, t'es où, toi dans tout ça ? C'est génial de sauver des vies mais en attendant si c'est pour sombrer parce que t'as pas le temps de faire la paix avec toi-même... C'est pas que ça vaut pas le coup, mais ça mériterait de se centrer un peu plus sur savoir pourquoi Hunter Thompson finit toujours par dérailler alors qu'il fait tout ce qu'on lui a appris. C'est peut-être juste que t'as besoin de t'emanciper de tout ça, tu vois... De trouver ta façon à toi d'appréhender tout ça. Enfin, j'sais pas.

En tout cas, au final, je lui propose mon deal et je vois bien qu'il est pas super à l'aise. Je pense qu'il se dit que c'est mille pas en arrière alors qu'en fait c'est un pas en avant mais ça il le voit pas. Je le laisse réfléchir et quand il me serre la main je sais que le chemin va être long mais j'ai un atout de choix dans ma manche et je le sais.

- Deal, mais j'ai quelques exigences. J'veux qu'on m'laisse un peu tranquille. Pas de connasse d'infirmière ni de prise de sang. J'sais qu'c'est un peu paradoxal, mais j'veux qu'on me fasse confiance. J'sais là, j'ai la gueule du mec à qui il faut pas donner le bon Dieu sans confession, mais autrement j'vais péter un câble.

Bien entendu qu'il a des conditions. J'ai envie de dire : qui n'en a pas. Toujours est-il que je veux bien lui faire confiance mais si je sais un truc sur les toxicos c'est que tout ne se fait pas comme ça et que vu le déni dans lequel il est capable de se projeter... D'ici deux jours il s'est persuadé que jamais cette conversation ne s'est bien passé et que je suis un sale con égoiste qui a décidé de l'humilier. Je penche la tête et renifle un peu.

-Ecoute, je vais pas t'envoyer dans un hopital, j'vais pas te faire passer de prise de sang. Tu sais très bien ce que tu prends et j'te fais confiance mais un moment donné, Hunter, tu te rends bien compte que tu m'as baisé dans les grandes largeurs et que j'ai besoin de garanties. Voilà le programme : j'te laisse deux jours pour vider tes stocks de cocaïne et tout ce qui s'en suit de ta baraque. Deux jours, seul chez toi, pour faire ça. Dans deux jours, ma nièce viendra habiter chez toi pour t'aider à gérer la situation et pour s'assurer que tu clamses pas dans l'opération. Elle partira que quand tu seras stable et que je serais sur que tu retourneras pas dans tes travers. C'est pas une infirmière mais elle saura se rendre utile et anticiper ta descente et la detox'. Je te laisserais pas tout seul traverser ça. Je suis peut-être jeune et con, mais j'ai déjà vu des descentes et des detox' catastrophiques. Bref. Pour ce qui est du boulot, t'es en arrêt jusqu'à nouvelle ordre, j'te paierais la moitié de tes honoraires habituelles et comme je paie pas gratis, faut pas abuser non plus, j'te ferais bosser à moitié prix le mois de ton retour, histoire de remettre tout ça à niveau. Ca te semble honnête ?

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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Mar 15 Aoû - 13:30


Nobody wants to face their demons alone
   
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-On est tous de la merde à l'échelle de l'Univers, Hunter. Le truc, c'est qu'on a pas à considérer l'échelle de l'Univers, ça sert à rien. L'Univers tournera qu'on le considère ou non. J'vais t'avouer, plus je t'entends parler et plus je me demande qui t'as foutu ce destin dans le crâne. J'veux dire, ok. Partons du principe que c'est tout tracé. Que ton histoire est écrite à l'avance : t'es en train de suivre le fil de ton histoire. Il te mène juste pas là où on t'as dit. Et alors ? Est-ce que c'est si grave ? Y a mille chemin possibles, pourquoi tu devrais te contenter d'un seul ? Parce qu'on te l'a dit ? Fuck that.

Qui m'avais foutu ce Destin dans l'crâne ? Mon paternel, mais pas que...J'l'avais pas fumé cette Lumière, hein. 'Fin, p'être que j'étais encore pas mal déphasé quand mon mentor m'avait retrouvé à moitié mort dans un squat; esseulé parmi des pipes à moitié cassées. C'jour là, j'avais compris pourquoi toutes ces années mon paternel m'avait fait endurer les pires supplices. Durant trop d'années, j'l'avais seulement pris pour une punition d'ma condition d'enfant d'succube; mais non il m'avait préparer à c'que j'devais devenir mais que j'comprenais pas. C'tait difficile pour moi d'voir qu'le négatif dans mon enfance maltraité, le cours d'l'histoire avait eu tendance à lui donner raison, alors bon au fond c'tait pas pour rien. Certes, j'me retrouvais un peu dérangé dans ma caboche et j'parvenais pas toujours à être respectueux envers lui quand j'repensais au silice ou aux coups d'martinet, cependant il m'avait formé pour endosser l'rôle qu'il m'incombait et que j'avais trop longtemps ignoré. Mon Destin, c'tait d'me racheter mais c'pour se faire fallait que j'dérouille; Dieu m'avait donné une seconde chance en m'envoyant un mentor aux techniques d'enseignements différentes mais équivalentes dans l'principe. J'pouvais pas repousser les signes sous-prétextes qu'ça augurait une vie d'misérable.

- Personne me l'a dit, 'fin...Si, on m'a présenté mon Destin dès mon plus jeune âge, il a su un peu évolué avec l'temps et mes efforts pour l'rendre flamboyant. Pour autant, au début j'étais comme toi, assez perplexe. J'me disais, c'quoi ces conneries; pourquoi moi ? Et puis, au plus bas à l'article de la mort, j'lai vu se réaliser. La Lumière m'est apparue et d'puis, j'dois consacrer ma vie à la rendre productive et répandre Les Révelations, quitte à y verser mon sang et y perdre tout c'que j'ai. La dévotion, dans mon cas, s'explique simplement; sans j'serais mort.

Je haussais un sourcil en me mordillant la lèvre inférieur.

- Certes; là j'ai plutôt l'air de dire que j'aurais préféré crever à c'moment là. Mais dans mes bons jours, j'bénis les faveurs qu'on m'a faites. Dieu éprouve ses fidèles, c'tait pour mon bien, mon bon fonctionnement; subir les pires outrages et devenir totalement intouchable, imperméable à toute chose, fis-je attrapant la tasse de café.

En vrai, j'commençais à me remettre d'ma nuit et petit à petit me disais qu'cette entrevue avait p'être plus trop d'raison d'être. Parler d'ma mission et d'mon sauvetage, me rappelait comme l'disait Baltasar, à quel point j'étais insignifiant et que mon cas n'était pas important. Si j'me contredisais sans vouloir l'admettre ? Pas du tout. Les nerfs à vifs, c'tait un truc qui faisait dire des trucs qui dépassait souvent ta penser. J'venais gratter à la porte d'un inconnu comme un chien errant et c'tait assez déplaisant. On m'avait appris à savoir gérer mes émotions, être dépourvu d'affecte ou tout au pire haïr et m'en nourrir pour être plus fort.

- Peut-être parce que le problème, c'est que tu te concentres trop sur la chasse.. ?, je lance avec une légère hésitation avant d'enchainer, Non pas que je vois ça comme un truc pas important. J'm'explique : depuis tout à l'heure, tu me parles de mission, de chasses, de Destin et sans déconné, t'es où, toi dans tout ça ? C'est génial de sauver des vies mais en attendant si c'est pour sombrer parce que t'as pas le temps de faire la paix avec toi-même... C'est pas que ça vaut pas le coup, mais ça mériterait de se centrer un peu plus sur savoir pourquoi Hunter Thompson finit toujours par dérailler alors qu'il fait tout ce qu'on lui a appris. C'est peut-être juste que t'as besoin de t'émanciper de tout ça, tu vois... De trouver ta façon à toi d'appréhender tout ça. Enfin, j'sais pas.

En quelques phrases, il venait de court-circuiter c'que j'venais de dire ou en tout cas, il soulignait des aspects problématique d'cette histoire que j'cherchais à taire, par souci de...loyauté envers ces hommes qui m'avaient élevé. Il remettait doute l'honnêteté de leur agissements et ça, c'tait pas l'genre de réflexion dans laquelle j'aimais m'perdre. J'voulais admettre avoir été un pantin, d'être toujours un mec qui demeurait figé dans une condition d'suiveur plus que d'leader. Mais, j'pouvais pas m'dire qu'on m'avait pris sous son aile avec l'seul désire d'me briser juste pour l'plaisir. Non, j'me défendais d'oser formuler d'pareilles hypothèses sur leurs intentions..J'étais influençable et docile parce que c'tait comme ça qu'on survivait, ils me l'avait appris. Et moi dans tout ça ? J'me situais pas trop bien, même mon concept m'était quasiment étranger. Si on m'enlevait la chasse, j'étais une carcasse vide...Un mec qui avait jamais fait d'étude et qui pouvait seulement s'vanter d'connaître toutes les langues mortes. Ca m'faisait une belle jambe !

- Si j'me détourne de la chasse, t'crois qu'il me reste quoi ? répliquai-je avant d'boire une gorgée de café, mais j'mattends pas à c'que tu comprennes ma situation. J'ai pas d'étude et une aversion pour l'genre humain; autant t'dire qu'j'suis pas typiquement l'mec fait pour vivre sans un but qui l'dépasse...T'vas m'dire pourquoi j'continue à sauver des gens qui à mes yeux mérite pas tout c'que j'fais pour eux ? Bonne question. D'ailleurs, j'devrais pas t'en parler comme ça, j'suis censé être un mec droit qui met ses états d'âmes dans une boîte, cadenasser à triple tours.

Lorsqu'il me détailla son plan pour ma cure, j'fus boffement emballée. En vrai, j'étais content qu'il me foute pas à l'hopital, l'odeur d'mort qui s'en dégageait me rebutais. Par contre, le fait qu'il voulait bien m'laisser deux jours pour faire le ménage m'enchantait; on allait s'faire une dernière p'tite fête, pour marquer l'coup. Après, pourquoi il voulait absolument me refourguer sa nièce...Ca, j'parvenais pas à me l'expliquer, j'devais bien avouer. Pour autant, j'voulais bien marcher...Si j'savais pas dans quoi j'mettais les pieds ? Ouais, sûrement. Si j'allais l'regretter ? Sans aucun doute, mais si j'voulais rentrer dans les bonnes grâces du seigneur, fallait s'remettre sur pied.

- Ca m'semble honnête, ouais. Par contre, j'pense que tu ferais bien d'annoncer la couleur à ta nièce, hein. J'sais pas c'est quoi ses motivations, mais ça risque d'être folklo. Non pas que j'm'inquiète d'lui faire réellement du mal, mais faut qu'elle sache dans quoi elle s'embarque...Juste pour qu'entre nous deux on soit clair et n'ayons pas d'mauvais rapport par la suite.  



   
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MessageSujet: Re: Nobody wants to face their demons alone, ft. Asmo   Ven 18 Aoû - 6:53

Plus j'écoutais Hunter, plus je me rendais compte que ce garçon était complètement à coté de ses godasses. Non mais sérieusement... Il s'imaginait intouchable? Les épreuves et les outrages étaient tellement bénéfiques qu'il l'avait transformé en cinquantenaire dépressif, destructeur et en toxico. Y a que moi qui voyait ça ou bien, il était un peu perché dans son cerveau? Ce mec avait été complètement endoctriné à coup de violence, de douleurs et de versets de la bible. Tu m'étonnes qu'il avait vu la lumière... Y a un mec qui a du lui dire un truc gentil alors qu'il allait clamsé et il s'est figuré qu'il avait vu le messie. Vous voulez savoir le truc marrant? C'est à peu près comme ça que ça fonctionnait en Enfer. On ne descendait pas mauvais et près à ravager l'humanité toute entière à coup de pelles et de martinet. On nous modelait à coup de souffrance indicible jusqu'à ce qu'on soit prêt à tout pour que ça s'arrête et jusqu'à ce qu'on ai envie de faire payer toute la création pour nous avoir envoyer là. Ca n'excusait pas les meurtres mais c'était une entreprise bien huilées. Expier les péchés, mon cul. Bref, me reservant une tasse à café, j'écoutais ce que Hunter avait à me dire à propos de sa vie, de Dieu et de tout le reste. J'écoutais, je ne parlais pas. Je ne voyais pas quoi rajouter sans le froisser et perdre cette bonne volonté que j'avais réussi à faire émerger de lui. Il n'était pas prêt à s'entendre dire qu'il ne devait rien à personne, que la lumière c'était bien mais ne pas mourir d'une overdose, c'était mieux.
En attendant, Hunter, il était pas spécialement près à être tout seul avec lui-même. Visiblement, il se sous-estimait beaucoup.

- Si j'me détourne de la chasse, t'crois qu'il me reste quoi ? mais j'mattends pas à c'que tu comprennes ma situation. J'ai pas d'étude et une aversion pour l'genre humain; autant t'dire qu'j'suis pas typiquement l'mec fait pour vivre sans un but qui l'dépasse...T'vas m'dire pourquoi j'continue à sauver des gens qui à mes yeux mérite pas tout c'que j'fais pour eux ? Bonne question. D'ailleurs, j'devrais pas t'en parler comme ça, j'suis censé être un mec droit qui met ses états d'âmes dans une boîte, cadenasser à triple tours.

Je haussai les épaules à tout ça. Sans déconné, j'étais un démon, je venais du putain d'age de pierre et j'avais jamais posé mon cul sur les bancs d'une école, ça m'empechait pas de faire des trucs.

-Si tu te détournes de la chasse, il te reste ta vie et tout ce que t'as envie de faire. Vincent m'a dit que t'étais un putain de mécano. J'suis sure que vu ton taf, tu dois pas être mauvais en dialecte disparus, t'es probablement pas non plus mauvais pour te battre, tu pourrais être garde du corps. Des avenirs, y en a mille, Hunter. T'as une aversion pour le genre humain, ok. Mais tu vis pas pour les autres. Au final, on crève tous seuls, les autres seront pas là pour ta mort alors autant suivre un peu ses envies... Si ça n'implique pas de tuer des gens sauvagement ou de violer des enfants... Enfin tu vois. t'as l'droit de dire ça. Que tu dises ça invalide pas le fait que tu sauves des gens. t'as l'droit d'être en colère, dégouté, indifférent aux gens qui t'entourrent. J't'en voudrais jamais d'être honnête, ok. Dans ce bureau, tu peux dire les choses honnêtements, j'vais pas te juger.

J'espère qu'il prendra cette invitation et je me dis une nouvelle fois que Elie devrait pouvoir régler une ou deux choses à ce sujet. C'est la personne la plus empathique que je connaisse, à un tel point que s'en était dangereux pour elle. Avec un peu de chance, les deux réussiront à s'équilibrer. Je pense qu'ils vont se taper dessus au début, c'est une certitude. Ils ont des sales caractères tout les deux et une grande gueule.

En expliquant mon plan pour sa cure, je vois bien que Hunter a autant envie de s'y mettre que de se pendre mais bon.. Il accepte, c'est déjà ça. Je vois bien que ces deux jours de liberté le mettent en joie mais je ne suis pas persuadé que ça soit pour les bonnes raisons. Personnellement, j'aurais fait disparaitre les preuves en sniffant tout ça sur deux jours avant la diète forcée... Mais bon... Il serait peut être raisonnable.

- Ca m'semble honnête, ouais. Par contre, j'pense que tu ferais bien d'annoncer la couleur à ta nièce, hein. J'sais pas c'est quoi ses motivations, mais ça risque d'être folklo. Non pas que j'm'inquiète d'lui faire réellement du mal, mais faut qu'elle sache dans quoi elle s'embarque...Juste pour qu'entre nous deux on soit clair et n'ayons pas d'mauvais rapport par la suite.  

Je souris et penche la tête en buvant mon café.

-Oh t'en fais pas pour elle... C'est un p'tit tank. Je t'enverrais pas une princesse pour ta detox. A mon avis, tu vas pas être la personne la plus agréable de la terre et elle saura encaisser. En plus de ça, elle sera aussi bien capable de te botter le cul sans que j'ai à m'en mêler. C'la étant dit, j'dois te prévenir. Elle pratique ce qu'elle appelle l'honnêteté radicale : en gros, elle ment jamais et dit ce qu'elle a dans la tête. Ca peut faire bizarre, au début. Après on s'y fait.

Je finis mon café et renifle un peu, je suis explosé, j'ai besoin de dormir et une putain de longue journée qui m'attends. Je m'étire un peu et dis à Hunter.

-En tout cas, s'il te plait, remets toi vite. Y a des trucs pas nets en ce moment, en ville et j'pense qu'on aura besoin de bras et de gens comme toi. ok?

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