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 – ain't no rest for the wicked. (bart)

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MessageSujet: – ain't no rest for the wicked. (bart)   Mer 22 Juin - 15:04


BARTIMEUS LUCIUS BAZE
This night ain't for the holy man with the holy plan
○ âge › figé à trente-cinq ans, depuis trois siècles déjà. y a pas à dire, il est bien conservé. ○ date et lieu de naissance › un certain quinze juin mille six cent quatre vingt deux, à londres, en angleterre. ça commence à dater, et le monde a bien changé depuis ce temps. c'est pas pour lui déplaire, cependant. ○ profession › autrefois apothicaire et petit voleur et arnaqueur sans grande envergure, il se considère aujourd'hui comme garde du corps à temps plein. il lui arrive parfois de retrouver d'anciens réflexes professionnels, qu'ils soient du côté de la médecine ou de l'illégalité. mais pour la majorité du temps, garder un oeil sur les âmes égarées dont on l'a affublé comme un poids à la cheville reste sa principale activité. et c'est visiblement pas demain la veille qu'ils apprendront à se débrouiller sans lui. ○ situation amoureuse › insouciant. t'façon, un démon, ça choppe pas de mst, jusqu'à preuve du contraire, et ça n'en donne pas non plus. il se protège juste pour éviter de semer les gamins comme des petits pains ; pour le reste, disons simplement qu'il n'est pas destiné à moisir en enfer pour rien. ○ orientation sexuelle › hétérosexuel. être démon, ça change pas tout ; de son vivant, c'était les fille, et de sa mort aussi. ○ situation financière › fauché, comme toujours. ça en étonne plus d'un ; mais pas lui. lui, il s'en fout. l'argent, il le ramasse dans les poches des passants, ou le récupère en faisant des boulots complètement illégaux. et bien généralement, il le dilapide immédiatement après l'avoir si durement gagné. ne lui prêtez jamais d'argent : pour lui, ça n'a aucune valeur. et s'il y a bien une certitude que vous pouvez avoir, c'est qu'il ne vous le rendra jamais. ○ fonction et pouvoir › à son plus grand désespoir, et malgré ses rêves d'être un destructeur par excellence ou un semeur de mort et de misère, il s'est retrouvé affublé d'un rôle de démon protecteur, à force d'être lié à des êtres humains avec pour ordre de veiller à ce qu'il ne leur arrive rien. cette fonction ne lui procure pas vraiment de pouvoirs supplémentaires, mais booste incroyablement sa faculté de bi-localisation ; il lui est même possible de faire apparaître deux projections de lui-même. par ailleurs, il est capable de marquer les gens qu'il doit protéger, par le biais de tatouages ou cicatrices temporaires. ces différentes marques s'inscrivent dans un large répertoire de techniques spécifiques à son rôle de protecteur ; elles peuvent faire aussi bien office d'alarme — et sont alors reproduites à l'identique sur son propre corps —, que de « talismans » capables d'éloigner la malchance ou certaines créatures surnaturelles, à un certain degré. une fois le contrat de protection terminé, toutes ces marques disparaissent sans laisser de traces. ○ groupe › bad company, démon. ○ avatar › matt ryan. ○ crédit › tumblr.
insouciant, bout-en-train, arrogant, manipulateur, cynique, railleur, immoral, cruel, bavard, irritant, paradoxal, protecteur, bienveillant, dévoué, créatif, surprenant, débrouillard, jaloux, impulsif, violent.

(i want to break free) ❖ né dans une famille plutôt dysfonctionnelle, n'avoir ni frère ni soeur ne lui a pas permis de passer une enfance plus joyeuse pour autant. son père et sa mère ne s'entendaient pas — sans pour autant se taper dessus. les deux buvaient, les deux trimaient toute la journée pour tenter de faire vivre le petit commerce qu'ils tenaient, et qu'ils espéraient le voir reprendre un jour. il n'a jamais fait partie d'un quelconque milieu aisé, et n'a dû ses fréquentations haut placées qu'à son naturel pour se faire remarquer. c'est d'ailleurs ainsi qu'il a rencontré la femme qui a causé sa perte, au début des années 1700. un jour, le prétendant de cette amante a découvert la relation qu'elle et bart entretenaient. fou de rage et de jalousie, il a cependant joué ses cartes avec soin, et a attiré son rival dans un traquenard, où il l'a livré en pâture à une créature surnaturelle des plus cruelles et insatiables. on n'a pas retrouvé grand-chose du corps de la victime, si ce n'est peut-être quelques os rongés, des morceaux de chair éparpillés et quelques flaques de sang. une mort violente et atroce qui a fait revenir le martyr sous forme d'un esprit vengeur bien décidé à prendre sa revanche. il n'a pas mis longtemps avant de tuer son meurtrier, bart, persuadé d'ensuite avoir le droit au repos éternel. c'était sans compter la détermination du type à ne pas le laisser s'en tirer : la malédiction s'est abattue sur le fantôme alors que sa proie était à deux doigts de la mort, mais toujours assez consciente pour la prononcer. et l'esprit est devenu démon avant d'avoir eu le moindre espoir de trouver le repos un jour. peu de temps après, son ancienne maîtresse — entre temps mariée avec son rival — l'a invoqué et l'a attaché à sa famille, lui faisant endosser la casquette de démon protecteur qui ne l'a plus lâché depuis. depuis, il prend les pactes des humains, protégeant ceux qu'on lui ordonne de protéger, récoltant les âmes en échange. cher payé pour un beau geste, comme il dit souvent. il écume la terre depuis trois siècles déjà. une terre qui, depuis le temps, n'est devenue rien d'autre qu'un terrain de jeu géant.

(don't stop me now) ❖ dans le fond, bart, c'est un genre de contradiction sur pattes : pris entre sa fonction protectrice et ses envies naturelles de sang, il en devient bien souvent tout un énergumène à gérer.  même si son rôle détonne de ce qu'on pourrait s'attendre de la part d'un démon, le reste de son comportement, lui, est parfaitement adapté à sa nature. d'un naturel violent et cruel, il n'est pas rare de le voir provoquer les bagarres autour de lui pour le simple plaisir de semer la zizanie, et de sentir ses phalanges chauffer sous les coups. heureusement pour sa survie, il lui en faut beaucoup avant de véritablement tomber dans ses pulsions démoniaques et de révéler sa vraie nature. néanmoins, lorsque cela se produit, l'arrêter ou le raisonner devient encore un petit peu plus compliqué. sa cruauté s'étend généralement dans les grandes largeurs, et le plaisir qu'il prend à laisser les corps désarticulés voire démembrés derrière lui est presque malsain. c'est pour cette raison qu'il a appris à se contenir, et qu'il lui faut atteindre un certain stade d'énervement ou de coups encaissés avant de réveiller le démon en lui et de dérailler. lorsque cela se produit, ses yeux deviennent aussi noirs que la nuit. des veines foncées se dessinent également à l'entour de cernes plus rouges que violets, comme autant de fissures sur sa peau. ses traits deviennent généralement plus pâles, mais la différence principale avec son apparence quotidienne reste la variation de couleur de ses yeux. à côté de ça, il est forcé par sa fonction à une certaine patience et à un brin de bienveillance. ça ne figure cependant pas dans ses traits de caractères principaux, et il lui a fallu apprendre à préserver les morceaux de viande qu'on confiait à ses soins, et à les rendre entiers. autant dire qu'il n'est pas rare de l'entendre râler contre tout et n'importe quoi. bart, il passe d'ailleurs sa vie à se plaindre. rien ne semble assez bien pour lui, bien que cette tendance soit davantage un marqueur de son ennui plutôt qu'une véritable insatisfaction permanente. au moins, quand il cause, ça fait paraître le temps un peu moins long. s'il y a bien un truc qu'il passerait sa journée à faire, c'est bouffer. chaque fois qu'un truc peut se goûter, vous pouvez être assurés qu'il sera le premier à pointer le bout de son nez ; même lorsque c'est immonde, même lorsque c'est déplacé. s'inviter aux barbecues du quartier juste pour manger gratis, ou faire semblant de connaître la moitié des invités d'un cocktail pour pouvoir goûter à tous les petits fours fait partie de ses passe-temps préférés. il n'est pas non plus rare de le voir manger dans un supermarché, dos à la caméra, et d'abandonner des paquets à demi-vidés au fond d'une étagère. pour se remplir l'estomac tout est permis, les amis. son comportement socialement incorrect est bien généralement des plus irritants, d'autant qu'il n'hésite que rarement à dire ce qui lui passe par la tête. il semble prendre un plaisir des plus saisissants à titiller les cordes sensibles des gens, et se cache derrière ses remarques incessantes. il n'aime pas laisser voir son caractère occasionnellement soucieux et protecteur, et préfère mille fois afficher ses tares aux yeux du monde, au point qu'on ne soit plus capables de penser qu'il puisse être doté de qualités. menteur et manipulateur, il n'a pas grand scrupule à raconter tout un tas de salades pour embobiner les gens et avoir ce qu'il veut — ce qui lui attire bien souvent des ennuis, en passant. il semble néanmoins que tous ses mensonges s'appuient un fond de vérité, même s'il ne s'agit parfois que d'une ombre ; il fait simplement ce qui est nécessaire pour obtenir ce qu'il désire. son comportement a attiré plusieurs fois l'attention de chasseurs sur lui, et il a déjà été exorcisé à quelques reprises. néanmoins, la fréquence des pactes que les humains souhaitent passer en sa compagnie lui a permis de ne faire que des séjours très brefs dans les enfers. derrière tous ses défauts, il n'a pourtant pas un mauvais fond. du genre à faire une montagne de pas grand-chose, ou pas grand-chose d'une montagne, il n'est guère que les restes abîmés d'un homme, cachant ses blessures et les traces d'une quelconque sensibilité sous un masque épais, que peu pensent à essayer de briser.
○ comment vis-tu ton quotidien à blackwater falls ? › sérieusement : s'il n'était pas obligé de jouer les baby-sitters pour humain, ce serait presque le pied de vivre ici. dans tous les cas, c'est mieux que les enfers, y a pas à chier. et si on le lui demande, il n'a aucune envie de retourner là-bas un jour. foutre le chaos sur terre, c'est bien plus amusant, même si on est contraint à se tenir pour ne pas effrayer les petites gens. et cette ville, c'est décidément l'idéal pour se défouler. ceci étant, il préfèrerait toujours pouvoir vaquer à ses occupations comme bon lui entend.
○ pseudo › blue walrus. ○ et à propos de toi ? › j'vis dans le plus beau pays du monde, avec les caribous les plus gentils du monde, il y fait un peu froid l'hiver mais c'cool. et voilà, à part ça, rien d'neuf sous la neige. ○ comment t'es arrivé ici ? › ...     ○ un dernier mot ? › raton-laveur.  
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MessageSujet: Re: – ain't no rest for the wicked. (bart)   Mer 22 Juin - 15:04

≡ 15 juin 1682 – Naissance de Bartimeus Lucius Baze, dans une famille pauvre de la banlieue de Londres. Il grandit au milieu d'un couple plutôt dysfonctionnel, plus concentré sur la boisson et le travail acharné que sur l'éducation de leur propre fils. ≡ octobre 1710 – Alors âgé de vingt-huit ans, il rencontre Lauren Finnegan, une aristocrate anglaise quelques années plus jeune que lui, avec laquelle il se lie rapidement d'amitié. Il tombe assez vite amoureux d'elle, mais leur différence de classe sociale retiennent Lauren de tomber dans les bras du Baze.   ≡ avril 1716 – Les deux se mettent finalement à entretenir une liaison, alors que Lauren est courtisée par un autre homme, lui aussi fou amoureux d'elle, et issu d'une classe sociale que ses parents rêvent de la voir épouser. Les amants continueront tout de même à se fréquenter, dans le dos de l'exemplaire relation souhaitée par l'autre prétendant. ≡ mars 1717 – L'homme découvre finalement que Lauren entretient une relation avec Bart. Bien déterminé à éliminer son rival de la course et à lui faire payer les quelques affronts qui les ont opposés le peu de fois où ils se sont croisés, il use de sa connaissance du surnaturel pour tendre un piège au Baze, et le livrer en pâture à une créature. Celui-ci meurt dans d'atroces souffrances, dévoré vivant par la chose.  ≡ avril 1718 – Bartimeus revient sous forme d'esprit vengeur, assassinant son meurtrier avec autant de cruauté que possible. Avant de mourir, celui-ci aura cependant le temps de le maudire, et de le condamner aux Enfers pour l'éternité.  ≡ novembre 1718 – Après quelques mois à passer en Enfer dans sa nouvelle condition de démon, Bartimeus est rappelé par Lauren, alors au courant de toutes les histoires. Elle passera un pacte avec lui, condamnant le Baze à protéger et servir sa famille jusqu'à la fin de son existence damnée.  ≡ jusqu'en 1994 – À partir de ce moment-là, sa fonction de démon protecteur commencera à s'ancrer, et il sera de plus en plus régulièrement invoqué pour protéger des humains — descendants de Lauren ou non. Contrairement à la plupart des autres démons, il ne passera que très peu de temps en Enfer, sans cesse rappelé sur Terre par les pactes qu'il fait. Il adoptera donc une certaine tendance à faire ce qui lui plaît, sans se soucier des conséquences.  ≡ octobre 1994 – Après de nombreuses années sans nouvelles de la branche familiale à laquelle il était rattaché, un descendant de Lauren, Alistair Twain, l'invoque pour lui demander de retrouver sa fille, Aveline. Il s'exécutera, condamné à ne pouvoir refuser, récoltant l'âme de l'homme lorsque celui-ci mourra, cinq ans plus tard.  ≡ avril 2013 – Le fils d'Alistair et jumeau d'Aveline, Adémar, passe à son tour un pacte avec le Baze, l'enchaînant de manière permanente à sa jeune soeur — définitivement trop poissarde pour son propre bien. Le démon se retrouve alors restreint par la distance, et est obligé de suivre de près la jeune femme. ≡ septembre 2016 – Temps présent. Aveline a emménagé à Blackwater Falls en début d'année, suivie par son frère et le démon. Bart', lui, profite de la folie de cette ville pour s'en faire un terrain de jeu géant des plus distrayants.


    PART ONE – LITTLE LION MAN /
    londres (1717), angleterre.

« Lauren ? » Au rez-de-chaussée, les coups à la porte reprennent. Et à quelques mètres de l'entrée, habilement dissimulé derrière la porte de la chambre, le couple ne peut s'empêcher de rire. Elle s'y reprend à deux mains, la belle, cachant au mieux ses lèvres pour étouffer les secousses nerveuses qui lui tirent les larmes aux yeux. Lui garde la tête échouée sur l'un des deux oreilles, ne cherchant nullement à retenir le rire qui l'agite depuis près de deux minutes déjà. « Arrête... Arrête... On devrait pas rire... » Ses doigts fins se posent sur le visage de l'homme, qui s'empare de son poignet sans pour autant la repousser. « On devrait pas rire. » Avec un effort surhumain, elle tente de se reprendre. Elle se redresse, dégage sa main et passe ses paumes sur son visage pour chasser les larmes d'hilarité qui s'y sont égarées. « Ouais... Mais y a quand même d'quoi s'marrer. » « Arrête ça. » Doucement, sans se départir de son sourire malicieux, l'homme se redresse pour se caler sur un coude, haussant un sourcil. « Bah quoi ? » Elle laisse une tape lui tomber sur le bras, claquant de la langue. « Il va pas t'lâcher, je crois. » Le sourire se fait plus pudique sur les lèvres de Lauren, alors que les coups à l'entrée de la maison redoublent. « Il est gentil... » « Hm. » Elle ne relève pas, tirant sur le drap du lit pour forcer son compagnon à se découvrir. « J'dois aller lui ouvrir. »

Sans un mot, l'homme se redresse, un sourire insolent toujours accroché au coin des lèvres. Il enfile son pantalon, attrape sa chemise. À côté, la jeune femme le regarde, hésitante, attendant une quelconque remarque. Pourtant, rien ne vient ; son compagnon se contente de se rhabiller, sans se départir de sa moue amusée. Au final, elle n'y tient plus : « Tu dis rien ? » Il hausse un sourcil amusé, enfilant à la va-vite son veston. C'est un bon parti. J'ai compris. « J'sors par la fenêtre ? » Pas la moindre déception dans sa voix — pas la moindre jalousie. Et son regard vaut tout l'or du monde, alors qu'il vrille à nouveau ses yeux dans les siens. Elle se mord la lèvre avant d'éclater à nouveau de rire, la jolie brune. « S'il te plaît. » Et ses doigts agrippent sa nuque, tandis qu'elle l'attire à elle pour l'embrasser. « À ce soir. » Et il lâche un petit rire entre ses lèvres, avant de lui servir un clin d'oeil malicieux et de s'écarter.

Le battant de la fenêtre se soulève, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'indésirable amant a quitté la pièce. Une fois sorti, ses yeux scrutent avec attention les alentours de la maison, prenant garde à ne pas se faire repérer par qui que ce soit. Dès que le prétendant est entré, l'homme s'éloigne d'un pas vif vers la route, toutes les pensées envolées vers la belle si convoité. Ses mains s'enfoncent au fond de ses poches, alors qu'il se met à marcher, sourire toujours accroché aux lèvres. Était-il seulement capable de s'en départir un seul instant ? Elle avait déjà pris le pari que non. C'était pour cela qu'elle l'aimait, disait-elle. Et pourtant, si elle continuait ainsi, il allait lui falloir s'en passer. Tous deux le savaient — aucun ne protestait. Peut-être qu'au fond, toute cette histoire n'avait-elle jamais été faite que pour n'être qu'un moment d'égarement.

    PART TWO – IF I HAD A HEART /
    liverpool (1718), angleterre.

« Bon ben, voilà, j'pense qu'on s'est tout dit. » Sans se presser, l'homme se redresse, époussetant son pantalon. À ses pieds, le sang s'écoule paisiblement et régulièrement hors du corps à demi en vie. La victime n'a pas encore sombré dans l'inconscience, et semble user de ses dernières forces pour garder les yeux ouverts et les esprits rassemblés. « T–Tu t'en tireras pas... » Un léger grognement de douleur, alors qu'il se replie sur lui-même, tentant à grand-peine de retenir les organes qui se bousculent contre les muscles presque trop faibles pour les retenir. La plaie béante de son abdomen lui fait souffrir le martyr, et il sait que se lever ferait lâcher la dernière couche musculaire qui empêche le contenu de son ventre de s'éparpiller au sol. Il va mourir là, et il le sait — mais dans le fond, peut-être l'avait-il mérité. Œil pour œil, dent pour dent ; et à se jeter dans des vengeances passionnelles, récolter ce qu'il avait semé n'était qu'une juste compensation pour tout le mal qu'il avait fait. C'était sûrement le point de vue du fantôme dressé à ses côtés, et c'était de toute évidence celui qu'il aurait dû adopter. Pourtant, le cycle vengeur ne semblait pas vouloir prendre fin, et la colère qui animait l'homme au bord de la mort était plus forte que jamais. Alors qu'il avait finalement eu ce qu'il voulait — au détriment d'une vie, mais quelle importance ? —, marié et père de famille, pourquoi avait-il fallu que l'homme qui avait déjà failli tout gâcher par le passé ne revienne pour le tuer ? « Qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive de pire, franchement ? » Le petit rire qui secoue l'esprit est purement et simplement nerveux. Ses mains s'appuient sur ses cuisses, alors que son visage se penche vers l'homme à l'agonie. « J'pense honnêtement que l'pire est passé, hein. D'ailleurs, j'regrette un peu de pas avoir retrouvé ce charmant truc auquel tu m'as offert à dîner... C'était quoi son nom, déjà ? Enfin, peu importe. J'pense qu'il aurait fait du meilleur travail. Mais eh, que veux-tu, on n'a pas tous autant d'imagination que toi. » Un sourire. Sa main tapote la joue du martyr, alors qu'il se redresse finalement. Un pas pour s'éloigner. Un deuxième. « Va au Diable. » Un nouveau rire secoue le fantôme. Il jette un regard par-dessus son épaule, un haussement de sourcils insolent déformant brièvement ses traits. « C'est d'jà fait, mon vieux. C'est d'jà fait. » C'est c'que tu crois. La réplique afflue sur les lèvres de sa victime, mais les mots ne sortent pas. Le peu d'énergie qu'il reste au corps se concentre sur sa main, qui file attraper la petite croix au fond de sa poche. Le sang tache le tissu, rend glissant le crucifix en argent ; mais quelle importance ? Quoi qu'il arrive, tout sera bientôt terminé. N'est venu que le temps d'exécuter une dernière volonté.

Lentement, la litanie latine commence à s'échapper d'entre les lèvres couvertes d'hémoglobines. Et alors que l'esprit avait repris son chemin pour s'éloigner, il se fige dans sa lancée. Un réflexe nerveux secoue son crâne, tandis qu'il fait volte-face. « Non. » Les yeux du martyr ne le quittent pas, et les mots continuent de filer. La douleur se répand dans les membres de l'homme déjà mort, inexplicable. « Non non non. » En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il avale la distance qui le sépare de sa proie. Mais le crucifix est brandi, et impossible de s'approcher davantage. Bientôt, la négation est remplacée par un long hurlement de douleur, tandis que les flammes s'emparent du corps translucide. La voix s'élève, à l'agonie, usant de ses dernières forces pour achever sa malédiction. Et après quelques interminables secondes de combustion, le brasier disparaît. Le corps ensanglanté, lui, retombe sans vie. Tout est fini.


« Debout. » Et il grogne, le démon, alors que de légères volutes de fumées s'échappent des endroits où l'eau bénite a touché son corps. Debout, la femme le regarde sans ciller. Il est loin, le couple heureux et rieur qui se cachait d'un prétendant gauche et envahissant. Ils sont loin, les sourires complices et les baisers avides de retrouvailles. Il finit par se redresser, s'appuyant sur le sol où le piège à démon a été soigneusement tracé. « You gotta be kidding me. » « Shut up. » Et il ne peut empêcher le rire nerveux de résonner dans la pièce, alors qu'il termine de se redresser. Sa posture pue l'arrogance, mais il n'en a pour le moins rien à cirer. Elle le toise, et il lui rend la pareille sans sourciller, l'impudent — après tout, il n'est finalement rien qui puisse lui arriver de pire, désormais. « T'as l'air en forme. » « Tu l'as tué. » Il se mord rapidement la langue, baisse les yeux. Une moue amusée, alors qu'il hausse finalement les épaules. « Quoi, tu m'as invoqué pour m'faire m'excuser ? » Un silence. Le rictus devient subitement outré, alors qu'il secoue rapidement la tête. « No way. C'est lui qui a commencé. Il l'a cherché. Me fait pas croire que t'es pas au courant. » Et une fois encore, elle ne répond pas. « Donc, tu le sais. Tu l'as appris quand, au juste ? » « Après que tu l'as tué. » « Et est-ce qu'on t'a mis au fait des détails croustillants ? Non parce que, paraît que moi j'l'étais vraiment, croustillant. » Elle secoue la tête, peu convaincue d'avoir envie de jouer sur les mots en cet instant. « Tu l'as quand même tué. » « On s'en fout. Il l'avait amplement mérité. » « Et maintenant, ses enfants grandissent sans père. » « Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? » Et alors que les mots fusent, il voit le regard de la belle changer. L'expression au fond de ses prunelles se fige et se durcit, alors que ses mâchoires se serrent. Et il sent jusque dans le fond de ses tripes que tout ne va pas bien se passer — il sent qu'après tout ce qui est arrivé, peut-être que les choses peuvent finalement encore empirer.

« Tu vas te rattraper. » « Certainement pas. » « Penses-tu vraiment avoir le choix ? » Et l'arrogance reste figée dans sa gorge, tandis que les deux paires d'yeux tombent sur le piège à démon subtilement tracé. Un long soupir, un rire léger. En effet : les choses pouvaient toujours empirer. « Tu vas veiller à ce qu'il n'arrive rien à mes enfants. » « Pas question. » « Ou je te renvoie en Enfer. » « J'y suis déjà. » Elle prend une longue inspiration, serre la flasque d'eau bénite dans son poing. Ne pas en gaspiller. « Tu vas veiller sur mes enfants, répète-t-elle, et si n'importe lequel de leurs descendants a un jour besoin d'aide, tu veilleras sur lui aussi. » Cette fois, pas de répartie. Les yeux du démon scrutent la mère déterminée, prête à tout pour protéger sa progéniture. Un silence passe, avant qu'il ne renifle doucement. « Tu sais qu'il y a un prix. » Et ses mots à elle restent en suspens, à leur tour. Elle déglutit, regarde un instant autour d'elle. Peut-être espérait-elle y échapper — mais en vain. « Tu ne comptes pas sérieusement donner ta vie pour une cause aussi pourrie ? » L'eau bénite s'écrase sur le visage du démon. Violemment, celui-ci se recroqueville, poussant un grognement du fond des âges. Lorsqu'il se redresse, ses pupilles ont viré au noir, et fixent la belle avec une rage sans nom. Au bout de quelques secondes, ses muscles se détendent et ses yeux retrouvent leur couleur naturelle, tandis qu'un sourire mauvais se dessine sur ses lèvres. « Je vois. » Elle ne baisse pas le menton, fière et assurée. « On a un accord ? » Il soupire, et laisse une ou deux interminables secondes s'écouler avant de finalement lever la main vers elle. Hésitante, elle fait un premier pas à l'intérieur du piège ; l'espace d'un instant, elle sent l'anxiété d'une supercherie pour la tuer lui effleurer l'esprit. Pourtant, rien ne se passe. Sa main trouve naturellement celle du démon, qui pose délicatement ses lèvres sur ses phalanges. Et elle sent un frisson lui tomber le long de l'échine, la mère aimante. Face à elle, la créature relève le nez, un rictus mauvais suspendu à la commissure de ses lèvres.

« Bienvenue en Enfer. »

    PART THREE – JUST DROPPED IN /
    la nouvelle-orléans (1994), usa.

« T'es qui, toi ? » Le regard blasé du démon s'est arrêté sur le type stratégiquement placé à l'extérieur du piège. Sourcil haussé, il le détaille, essayant de se souvenir s'il ne l'aurait pas déjà croisé, ou s'il ne s'agirait pas d'un des proches qu'il a été tenu de protéger, au prix d'une vie qu'on lui aurait offert. Depuis plus de deux siècles désormais à faire ce boulot complètement ingrat — mais néanmoins fort distrayant —, il n'était plus sûr de comprendre comment son nom sautait aussi facilement d'une bouche à une oreille. Ce qui était certain, c'était que la connaissance de ses capacités se répandait comme une traînée de poudre, et qu'engager un démon comme garde du corps privé semblait devenir une tendance en vogue.

Ce type-là ne lui disait rien. Pourtant, son instinct lui soufflait qu'il n'était pas le premier nobody venu, et qu'une invocation n'avait pas été pour lui un moyen désespéré de mettre sa croyance du surnaturel à l'épreuve. Ce type lui était parfaitement inconnu, mais il avait le regard de l'homme qui savait ce qu'il voulait, et qui ne laisserait rien ni personne le distraire de ses objectifs. Les yeux de celui qui savait à quoi il s'exposait en invoquant une telle créature, et qui était tout à fait résigné à payer le prix qu'il faudrait. Et le petit doigt du démon lui soufflait qu'il n'aurait pas besoin d'entourloupes ou de supercheries pour lui voler sa vie, à celui-ci. « Alistair Twain. C'est toi, Bartimeus ? » « En chair et en os. Enfin, c'qu'il en reste. » Et derrière ses airs d'innocence, les calculs sont vite fait. Il a compris qui était ce type — compris de qui il descendait. Et il sait que même avec toute la mauvaise volonté du monde, il n'est pas autorisé à lui refuser quoi que ce soit. « Aide-moi à retrouver ma fille. » Le regard las qui répond à la demande ne fait pas réagir l'homme. Néanmoins, derrière sa façade calme, ses mâchoires se sont quelque peu crispées. Vite. Y a pas d'temps à perdre. « On s'calme, Lucky Luke. Y a quelques modalités à régler avant ça. J'espère que tu sais que ton super nom ne t'immunise pas contre la partie chiante du pacte ? » « Je le sais. » « Super. J'aime quand les choses se présentent simplement. » Mentir, c'est amusant. Mais parfois, c'est aussi sympa quand tout se fait honnêtement. « T'as une bonne tête, alors j'vais être généreux. J'te laisse dix ans. On scelle ça dans l'sang ? » Un moment d'hésitation. Un léger rire agite la carcasse du démon. Ça marche à chaque fois, cette connerie-là. « J'déconne. Une poignée d'main virile suffira. » Joignant le geste à la parole, il leva la sienne vers le Twain. Celui-ci laissa passer un court instant, avant de finalement empoigner la paume que l'autre lui présentait.

Fallait croire que s'il y avait bien une chose qui ne changerait jamais avec le temps, c'était la nature humaine. Tout homme semblait être prêt à payer le prix cher pour une vie à protéger ; et chaque fois que le démon laissait ses pensées s'attarder à cette constatation, il la trouvait plus absurde encore que l'instant précédent. Mais pour lui, tout cela n'avait désormais plus la moindre importance : le prix cher, il l'avait payé depuis longtemps. À ce qu'il avait fait, il n'y avait pas de retour en arrière. Et avec les années passées sur Terre à se payer la tête du monde, il en venait à se demander s'il le regrettait vraiment.

    la nouvelle-orléans (2013), usa.

« Thanks the Devil. Tu m'sauves la vie, mon vieux, j'espère au moins qu'tu le sais. » Ses yeux toisent l'homme qui se tient hors du piège à démon. Et il a un rire nerveux, le Bart', les mains sur les cuisses, toujours vêtu de la combinaison orange que les gardes de la prison l'ont forcé à passer. Il a bien cru qu'il ne réussirait jamais à sortir de ce trou à rat. C'était pas faute d'avoir essayé — mais cette fois, même les plans infaillibles de Kamila n'y avaient rien fait. Il avait fallu qu'il se retrouve enfermé avec un abruti de chasseur qui, dans sa folie, s'était mis à dessiner frénétiquement des pièges à démon sur les murs. Et comme si cela ne suffisait pas, quiconque s'approchait de l'un d'eux se retrouvait immédiatement menacé. Les cellules d'isolement étaient pleines ; impossible, donc, de le forcer à y migrer. Tant qu'il ne blessait personne, de toute manière, quelle importance ? Quel mal pouvait bien faire un pauvre fou, à dessiner de drôles de symboles au mur ? Oh, si seulement Bart', lui, avait pu s'en échapper. Si seulement il avait pu lui tordre le cou, à ce vulgaire morceau de chair pantelant et halluciné. Si seulement il avait pu l'éliminer, et rayer férocement tous ces foutus pièges qui le contenaient avec une force qu'il n'avait encore jamais ressentie. Mais rien n'y avait fait. Il avait senti à plusieurs reprises qu'on tentait de l'appeler ; mais une fois encore, impossible de partir. Il avait fallu attendre cette invocation miraculeuse. Car cette fois, c'était différent. Cette fois, l'appel émanait de quelqu'un à qui il n'avait pas le droit de refuser quoi que ce soit. C'était inscrit dans sa nature, inscrit dans la malédiction qui faisait de lui une créature des plus mauvaises qu'il soit. Et son essence même s'était extirpée des pièges à démon pour se présenter à son devoir, bien que péniblement et douloureusement.

« Tu ressembles à ton père, c'est fou. » Il s'est redressé, a jeté un coup d'oeil au jeune homme. Et il se demande ce qui peut bien pousser ce type à l'appeler, et à penser à un pacte qu'on lui a sûrement fortement recommandé de ne jamais passer. « Bon, j'suppose que tu m'as pas appelé pour qu'on boive une tasse de thé. On parle affaires maintenant ou tu veux qu'on s'regarde dans l'blanc des yeux toute la soirée ? » L'autre ne répond pas. Il le toise, l'air de se demander au plus profond de lui ce qu'un abruti du genre pourrait bien faire pour l'aider. Pourtant, lorsqu'il formule sa demande, celle-ci est claire et ciblée — infaillible. « Je veux que tu protèges ma soeur. » « Ah, la famille. » Il retrousse les manches de sa tunique orange, un léger ricanement s'échappant d'entre ses lèvres. « Vous avez vraiment un truc avec ça, dans ta branche. Enfin. Elle a fait quoi, ta frangine ? Elle s'est encore fait kidnapper ? On lui a brisé le coeur ? Elle est tombée dans les escaliers ? » « Elle va bien. » Un instant de flottement. Les sourcils froncés du démon surplombent son regard d'incompréhension totale. « J'te suis pas. » « J'veux juste que tu la lâches pas. Comme t'as fait avec les premiers enfants sur lesquels tu as dû veiller, si je ne m'abuse. » Les mâchoires qui se contractent brièvement, le long soupir équivoque qui s'échappe. « Ça va être cher payé, même pour un beau geste. » « Ça m'est égal. » Lentement, le démon étire ses muscles. Son menton se redresse, ses yeux détaillent le visage déterminé de l'homme qui lui fait face. Il sait qu'il n'a pas le choix d'accepter. Il devine aisément au regard de son vis à vis que rien de ce qu'il ne pourra lui dire ne le fera changer d'avis. Finalement, après toutes ces années à courir le monde et à n'en faire qu'à sa tête, prenant les pactes à tour de bras pour s'amuser et tuer en toute légalité, dans le cadre de sa fonction, voici qu'il allait retourner à la case départ. Lié à une vie qu'il n'avait pas envie de protéger, mais sur laquelle il lui faudrait inlassablement veiller. Fais chier. Et les droits de liberté fondamentale des Hommes à disposer d'eux-mêmes, dans tout ça ?

Un soupir. Un sourire en coin et un hochement de tête. La main se lève, presque à contrecoeur, attendant sa poignée avec résignation. De toute manière, ce n'est pas comme s'il avait jamais eu le choix, dans tout ça.

    PART THREE – BOTTOM OF THE RIVER /
    blackwater falls (2016), canada.

Ça tangue, autour de lui. Il a peut-être bu un verre ou deux de trop, et il le sait. Il chantonne en pleine nuit, un vieil air d'AC/DC. Les mains dans les poches, les pieds qui traînent sur le pavé et qui alignent les pas de travers. Il a réussi à passer une soirée sans être dérangé. Pas de marque qui lui brûle la peau, pas de jouvencelle en détresse à secourir. Il avait pu vider ses verres les uns après les autres, voler de l'argent à un ou deux abrutis pendant une partie de poker, et prendre le chemin du retour avec le coeur aussi léger que lorsqu'il était arrivé. Et y avait rien pour l'inquiéter, le démon, alors que ses pieds le raccompagnaient chez lui plus sûrement que le reste de son esprit. De toute manière, qu'est-ce qui aurait pu lui arriver ? Un chasseur ? La bonne blague. À peine exorcisé, il aurait été rappelé sur Terre par une maladresse d'Aveline. Y avait pas à dire : cette fille présentait plus d'avantages qu'on l'aurait cru au premier abord. La réputation de poissarde qu'elle se traînait n'était plus à refaire, et il était le mieux placé pour la confirmer. Il avait arrêté de compter depuis longtemps le nombre de fois où il avait empêché quelque malheur de lui arriver — un véritable job à plein temps, celle-là. Il lui arrivait de comprendre le réflexe que son frère avait eu de vouloir la protéger, malgré sa toujours aussi piètre estime du fonctionnement des humains. Il avait oublié ce que c'était d'en être un, et ce depuis bien longtemps. Les flammes de l'Enfer étaient son nouvel habitat, et appeler une quelconque bonté en lui était une entreprise perdue d'avance. Contrairement à ses congénères, les années passées sur Terre ne l'avaient pas fait se sentir plus proche des humains, et essuyer leur merde derrière eux n'avait certainement pas contribué à l'attendrir. Cette planète était devenu un terrain de jeu géant, et s'il était contraint par les pactes qu'on lui faisait passer à tour de bras, il n'en perdait pas le goût de s'amuser pour autant. Bien loin de là, d'ailleurs.

« Pose ça, tu vas t'faire mal. » Il s'est arrêté. Le monde chaloupe toujours autour de lui, et le sourire accroché à ses lèvres est plus encore plus arrogant après quelques whisky habilement envoyés dans le gosier. Il fixe le couteau que le type en face de lui tient en main. Pas besoin d'un coup d'oeil pour voir que l'autre a amené un ami, qui a l'air tout aussi réceptif que lui. « Tu vas m'rendre mon argent. » « Quel argent ? » « Celui qu'tu m'as volé en trichant au poker. » « Ah, celui-là. » Il fronce les sourcils un instant. Qu'est-ce qu'il en a fait, déjà ? « ... Mais j'l'ai plus. J'l'ai bu. Et j'l'ai mis dans la petite culotte de... C'est quoi son nom déjà... Betty, Betsy, quelque chose comme ça, j'crois. » « Enfoiré. » Pas le temps de bouger, pas le temps de s'en aller. Le corps de l'homme se rapproche ostensiblement de lui, et la lame s'enfonce entre ses côtes sans crier gare. Le démon a le souffle coupé, l'espace d'un instant. Mais bien rapidement, sa main empoigne la gorge de l'homme. Et il serre, le monstre, soulevant le type de terre comme s'il n'avait rien pesé, lui écrasant la trachée de la simple force de sa paume. Du coin de l'oeil, il sait l'autre reculer de quelques pas, inquiété. Les doigts cruels s'enfoncent dans la gorge, tandis qu'il vient sortir le couteau d'entre ses côtes, de sa deuxième main. « Je t'ai dit de pas jouer avec ça. Tu vas te faire mal. » Un rictus mauvais. Ses yeux sont devenus noirs, l'espace d'un bref éclair, avant de retrouver leur couleur naturel pour fixer le futur cadavre avec une rage sans nom. « Ouvre grand. » Et il n'a pas besoin de le lui dire deux fois — les lèvres du type s'écartent pour chercher l'air qui lui manque, frénétiquement, fébrilement. Sans la moindre pitié, le démon enfonce la lame dans le palais de sa victime. L'autre gargouille, gigote encore quelques instants, toujours suspendu au-dessus du sol. La poigne autour de la gorge se relâche, et le corps s'empale sur le couteau et le bras qui le tient. Le sang barbouille le bras du prédateur, qui finit par dégager sa prise et l'arme. Ses yeux filent vers le type qui n'en a pas attendu plus pour prendre ses jambes à son cou, et qui s'enfuit en hurlant au secours. Une fraction de secondes — la créature se mord la langue, concentrée, avant d'effectuer un lancé d'une précision remarquable. Et lorsque la lame se plante dans le crâne du type et que celui-ci s'effondre au sol, il lève les deux bras en l'air, prêt à être acclamé des foules invisibles. « Strike ! J'adore cette ville. » Un ricanement, léger. Ses mains retombent, ses pieds font demi-tour sans plus attendre. Pas besoin d'être là quand d'éventuels témoins vont arriver. La police n'est pas pour l'inquiéter, mais s'il n'est pas rentré avant le petit matin, Aveline va finir par s'inquiéter. Et prendre une douche avant d'aller piller le réfrigérateur de la Twain ne serait pas du luxe, qui plus est. Mieux valait donc ne pas s'attarder — il aurait, après tout, encore des centaines d'occasions de s'amuser.
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MessageSujet: Re: – ain't no rest for the wicked. (bart)   Mer 22 Juin - 16:15

mon dieu je l'aime bart

congratulations !
Oh yeah, ça y est, te voilà validé ! Maintenant que t'as ta couleur et ton groupe, les choses sérieuses peuvent enfin commencer.

Pour commencer, on te suggère fortement d'aller jeter un oeil au registre des avatars, pour être bien sûr qu'on n'aurait pas oublié de le recenser en même temps que de te valider. Après ça, n'hésite pas à visiter toutes les rubriques à gauche, histoire de te familiariser avec le forum, et d'intégrer ton personnage au jeu. Et enfin, si tu as besoin de quoi que ce soit, n'oublie surtout pas que Riley et Tadhgán te sont entièrement dévouées (ou presque), et que leurs boîtes MP sont grandes ouvertes !

Sur ce, on te souhaite un excellent jeu sur RAISE HELL.
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MessageSujet: Re: – ain't no rest for the wicked. (bart)   Mer 22 Juin - 18:48



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