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on vous invite à privilégier les fantômes, les médiums et les immunisés psychiques
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 breaking news (pv Simone)

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MessageSujet: breaking news (pv Simone)   Lun 28 Aoû - 13:41

Croatoan, c'était fini... Enfin. Déjà ? J'avais un peu du mal à m'y retrouver. J'étais épuisé, furieux, soulagé et bien plus encore. J'avais été si près du but... Si près. Le démon m'avait échappé et j'avais soudainement l'impression d'être parfaitement con. Un débile mental incapable de savoir qui transforme la ville en monstre assoiffée de sang. Il m'avait privé de l'un de mes atouts les plus précieux et m'avait fait l'enfermé, elle et son réseau, dans une de mes pièces fortes. J'en possédai certaines dans la ville. Une dans chacune de mes affaires, une au manoir et une autre, un peu plus loin dans la forêt. On ne savait jamais ce qu'il pouvait arrivé et Croatoan avait failli réduire à néant les efforts de Simone pour son réseau mais surtout pour rester loin des tueries. Hors de question qu'elle soit transformée en vulgaire pantin à virus, j'avais ordonné à mon assistante de prendre les siens et de s'enfermer dans une des chambres fortes. Des semaines durant, j'avais fait le livreur de sang dans la cache. Des semaines durant, je craignais d'ouvrir ce bunker et de les découvrir tous morts pour une raison ou une autre. Épuisé, les yeux cerclés de noirs et le teint plus blanc que d'habitude, je me prépare à ouvrir le bunker pour accueillir Simone et ceux qu'elle a laissé l'accompagner. J'ai préparé de quoi les restaurer et une pièce plus tranquille pour Simone et moi.  J'ai beaucoup de chose à lui dire et j'ai surtout besoin d'être sûr et certain que tout va bien. En vérité, je sais que l'enfermer était la meilleur chose à faire mais cette idée, de l'avoir su enfermée dans ce foutu bunker coupé du monde, me foutait le morale dans les chaussettes. C'était la chose sensée à faire pour empêcher son groupe d'exploser à cause d'un connard qui avait décidé de tout faire pour détruire cette ville et détruire le reste du monde. Il avait voulu créer un nouvel Enfer, il avait créé un gigantesque nids à vampires et Simone allait avoir du travail autant pour moi que pour son réseau, je n'avais aucun doute là-dessus.

En ouvrant le Bunker et en entendant la pression des portes se relâcher, je me détends un peu, prends le temps de composer un sourire serein. Les premiers vampires sortent et je les invite à profiter du moment pour se nourrir à leur soif avant de partir. Du regard, je cherche Simone et quand je la repère, je m'approche d'elle, lui offre un large sourire qui ne dissimule pas la fatigue et l'épuisement total qui s'empare de moi. Je n'arrive pas à me rappeler combien de temps ils ont passé là-dedans. Ne vous y trompez pas, ça n'est pas de la négligence mais j'ai raté beaucoup trop de nuit pour réellement m'en souvenir. J'ai arrêté de compter pour me concentrer sur l'important : trouver le démon qui avait reveillé un virus dont même Tobias ne voulait pas entendre parler.

-Bonsoir, Simone.

Passant un bras autour de sa taille sans réellement la toucher, je la guide jusqu'à la salle à l'écart. Je connais ses goûts et le sang et le bon vin (français, bien entendu) l'attendent dans de la vaisselle d'exception.

-Navré de ne pas avoir été plus rapide. Cet enfoiré est une vrai anguille.

L'espace d'un instant mes prunelles brillent d'une lueur coléreuse mais assez vite je parviens à me calmer. Je m'assois avec lourdeur, même mon corps de démon commence à montrer des signes de faiblesses.

-Est-ce que tu as besoin de te reposer un peu avant d'attaquer les nouvelles de Blackwater Falls ?

Je lui lance un sourire amusé en haussant les sourcils plusieurs fois. Je lui sers un verre de vin mais également un verre de sang avant de me servir un bon verre de bourbon. Ca aura le mérite de réveiller mes papilles à défaut du reste.

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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Mar 29 Aoû - 15:26

Face au miroir fendu dont le temps avait terni le reflet, Simone tenta maladroitement de replacer une mèche dans son chignon. Sa chevelure épaisse et auburn était bien plus flamboyante lorsqu’elle la laissait dévaler en cascade sur ses épaules mais il aurait été bien vain d’espérer pouvoir ainsi les garder détachés dans ce… trou. Un frisson de dégoût faillit faire tressaillir la vampire tandis que ses narines délicates humaient l’odeur d’humidité persistante malgré tous les efforts d’Asmodée. Elle se garderait d’ailleurs bien de lui avouer que cela l’avait maintenue nauséeuse tout au long de son séjour ici. Pour combien de temps encore ? Allait-elle donc passer l’éternité cloîtrée dans ce bunker, réduite à ne plus voir le soleil, comme ce que le folklore humain avait prédit pour les gens de son espèce ? A l’intérieur, Simone bouillonnait. Pourtant, le visage jumeau que lui renvoyait le miroir était lisse, calme, sans expression. Encore une brève inspiration pour être tout à fait certaine de pouvoir jouer son rôle, encore une mèche calée derrière son oreille, encore sa langue passée sur ses lèvres pour les faire briller. Voilà, elle pouvait retourner rejoindre les autres. Après tout, Asmodée pourrait arriver à tout moment et il était hors de question qu’il la trouve débraillée, déjà que l’enfermement et l’angoisse lui avaient gâché le teint. Non, il ne devrait pas voir l’épreuve qu’elle avait subi car il n’en avait que trop fait pour elle et pour les autres. Lorsqu’il arriverait, elle se devait de l’accueillir avec reconnaissance et humilité. Enfin, s’il arrivait un jour.

Depuis le déclenchement de l’épidémie, tout s’était enchainé avec une rapidité folle, même pour les créatures qu’ils étaient. Et puis soudainement, le temps s’était figé. Simone s’était refusé à compter les jours, profitant pour cette fois de l’absence de fenêtres pour ne pas observer avec mélancolie l’enchainement des couchers de soleil. Rejoignant les autres vampires dans la pièce attenante, Simone les trouva dans la même posture que lorsqu’elle les avait quittés. Totalement apathiques, immobiles, dans l’attente. Décochant son plus beau sourire, elle s’approcha, altière, comme si le monde lui appartenait, soucieuse de leur faire oublier qu’ils étaient enfermés. Le bunker est petit, sans décorum, avec le strict nécessaire. On aurait dit qu’ils tentaient de survivre à la fin du monde. Après tout, on en était pas si loin et le moral des troupes ne cessait de se ternir, la persuasion de plus en plus forte qu’ils allaient finir leurs jours ici s’insinuant avec une aisance empoisonnée. Car il faut bien le dire, même si les vampires aiment parfois se terrer la journée, la plupart sont des chasseurs et ceux dans cette pièce en avaient conservé l’instinct. Tourner en rond comme des lions en cage contrevenaient à leur nature profonde aussi la morosité et le défaitisme avaient-ils gagné les esprits avec bien plus de facilité qu’ailleurs.

Tentant par tous les moyens de donner le change, Simone circulait entre les uns et les autres, chuchotant des paroles de réconfort à qui en avait besoin, rassurant sur leur stock de sang qui avait été ravitaillé quelques jours auparavant. Tout d’un coup, comme un seul homme, les vampires se redressèrent. Malgré l’épaisseur de la chambre forte, tous avaient entendu de leur ouïe fine les pas d’un homme. Tous se levèrent et s’approchèrent de la porte qui émit un chuintement pressurisé. Tous, sauf Simone, qui demeura quelques secondes en retrait pour lisser une dernière fois son blazer et remettre une énième fois cette foute mèche de cheveux derrière son oreille. IL était là. Avenant et chaleureux comme à son habitude, il guida rapidement ses premiers congénères vers la sortie. Puis ce fut son tour. Simone se forgea le masque lui plus doux pour l’accueillir et lui renvoyer une image apaisante car les traits de son Maître révélaient la traque épuisante qu’il avait dû mener.

« Bonsoir Monsieur »

Simone est heureuse, sa voix ne la trahit pas. Pas d’effusion chez elle, pas de malséance. Elle accueillit Asmodée avec toute la dignité dont elle est capable, même si une âme avisée aurait pu déceler le soulagement et l’affection dans son regard. Docilement, elle se laissa guider, non seulement parce qu’elle le veut bien, mais aussi et surtout parce que ces derniers jours l’ont épuisée. Son maître l’amène rapidement dans une pièce attenante avec tout ce qu’elle aurait pu souhaiter pour ce retour à la liberté. La jeune femme fut sur le point d’exprimer sa gratitude lorsqu’Asmodée lui présenta ses excuses. Le naturel revint aussitôt au galop et Simone ne put s’empêcher de froncer les sourcils avec désapprobation.  

« Parce que j’imagine que vous vous êtes lancé à sa poursuite ? »

Elle n’en dirait pas plus, ou tout du moins pour le moment mais dans son ton résonnait toute la force de son admonestation. Voilà qui était bien du genre d’Asmodée et c’est avec toute la force de sa volonté que la vampire parvint à ne pas secouer la tête d’agacement. Enfin de l’agacement, c’est ce qu’elle se plaisait à croire plutôt que de s’avouer les cauchemars diurnes qu’elle pourrait s’infliger en l’imaginant aux trousses d’un individu capable d’une telle horreur que Croatoan. C’est à ce moment qu’elle décela les frissons de rage de son maître et qu’elle décida de jouer profil bas. Il était visiblement éprouvé et furieux contre lui-même, ce n’était donc pas le moment d’attiser ses démons. La jeune femme décida plutôt de faire honneur aux victuailles apportées par les bons soins d’Asmodée. Avec élégance, elle s’installa face aux deux verres et aux deux carafes qui lui font face, se faisant violence pour ne pas se jeter sur celle empli de sang frais dont le parfum envoûtant manqua de l’étourdir. Au lieu de ça, elle versa doucement le breuvage carmin dans son verre et prit le temps de le savourer. Aussitôt sa soif s’apaisa, prodiguant réconfort et satiété. Ne souhaitant pas montrer à son maître que le sang lui avait manqué, elle reposa le premier verre tandis qu’Asmodée lui versait un verre de vin cette fois-ci. Un petit « mmmh » d’approbation s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle dégustait le grand cru. Puis elle répondit :

« D’une catastrophe de quelle ampleur parlons-nous ? »

Son ton était calme, déterminé. Celui d’une femme prête à agir plutôt que de se lamenter. Elle darda sur Asmodée ses prunelles assombries par sa résolution, lui signifiant ainsi qu’elle n’attendait qu’un mot de lui et elle agirait.
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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Mer 30 Aoû - 18:29

« Bonsoir Monsieur »

Ca faisait un bail que je n'avais pas entendu cette voix familière. Elle a beau paraître froide et lisse pour bien des gens, elle me suit depuis suffisamment longtemps pour que j'en connaisse toutes les variations, toutes les subtilités. Je connais ses regards aussi, la façon dont ses yeux brillent lorsqu'elle est soulagée. Je suis ravi de la libérer enfin et même si elle conserve sa superbe, j'imagine parfaitement que le séjour dans le bunker n'a pas été une promenade de santé, bien au contraire. Simone est une force de la nature, elle ne laisse rien paraître. Personne ne pouvait voir la frustration, la fatigue sur son visage. Je la devinais parce qu'un Bunker, ça n'était pas une partie de plaisir, surtout quand on devait gérer ses congénères. En la guidant, je vérifie rapidement que personne n'est encore dans l'abri et nous met à l'écart dans notre petite pièce. Un peu de confort et de quoi avoir un semblant d'intimité. Alors que je m'étale littéralement sur le canapé, Simone s'y pose avec une délicatesse qui m'échappe complètement. Je suis trop épuisé pour comprendre qu'on puisse prendre tant de soin à s'asseoir. Mes jambes me portent à peine, je suis presque médusé de la voir s'asseoir aussi délicatement qu'une danseuse étoile. Sérieusement, c'est dingue un truc pareil. En tout cas, quand je lui présente mes excuses d'avoir tant trainé, Simone retrouve cette petite moue mécontente que je connais si bien et que j'aime parfois provoqué. Oui, je me comporte comme un gamin. J'aime les plaisirs simples. Ses sourcils froncés sont suivis par une phrase, simple mais je connais son ton, elle désapprouve. Je souris un peu, pose la tête dans ma main et la regarde boire tranquillement, mon propre verre dans l'autre main.

« Bien sur que j'ai essayé de le retrouver... Il a foutu un sacré boxon. Sans compté ce qu'il aurait provoqué, même Bélial était prêt à l'arrêter. C'est dire si c'était un crétin.. Enfin, c'était... » , dis-je en me tendant, les verres vibrent l'espace d'un instant. Ca me fout en boule, ce truc. J'étais pas loin, pas loin du tout. Je le sais. C'était une histoire d'heures mais ce démon m'avait filé entre les doigts et bien en plus. Juste au bon moment. Je me sentais parfaitement ridicule et stupide ce qui n'améliorait pas mon état. J'étais furieux. Les verres vibrent à nouveau et une chaise, un peu plus loin, se déplace. Je ferme les yeux, passe la main sur mes yeux et inspire profondément le temps de me calmer. « Désolé. Il m'a filé entre les doigts. Il a disparu, je sais pas comment il a su que j'arrivais et ça a tendance à me mettre hors de moi. »

Sa retenue face au sang est impressionnante, une bonne partie de ses congénères se sont jeté sur les poches comme des sauvages et je ne vais certainement pas les blâmer. Ils ont été un peu rationné ces derniers jours, il faut avouer que je n'avais pas pu déposer autant de sang qu'au début. Tobias avait accepté de faire quelques livraisons mais il avait fini par se lasser et j'avais eu besoin de lui pour d'autre chose. En démon de la maladie, il était très bien placé pour m'aider à trouver l'enflure qui s'était amusée à jouer aux apprentis chimistes avec un virus aussi virulent et violent que Croatoan.
Je laisse le silence envahir un peu la pièce, le temps que Simone savoure un peu. Elle ne le demande pas mais je sais que quelque part, elle en a envie. Un moment de flottement. Je lui sers son verre de vin et visiblement, il lui plait. Cette cuvée, je la garde depuis un moment et qu'il serve à un palais de connaisseuse me satisfait bien. Surtout quand la connaisseuse en question m'a fait aveuglément confiance quand je lui ai dit de s'enfermer dans un bunker et de lancer la création d'un nouveau code qu'elle ne pourrait pas connaître. Je lui dois bien ça.

Cela étant dit, je n'ai pas spécialement de temps à perdre non plus, il y a des choses qu'elle doit savoir au plus vite et du boulot à abattre et si elle est trop fatiguée pour s'y atteler, je veux au moins qu'elle ai les premières esquisses. Quand je tente de jouer le coté détendu, ça tombe carrément à l'eau, visiblement. Elle me demande directement de quelle ampleur est la catastrophe et j'éclate d'un rire amusé quoiqu'un peu fatigué aussi.

-Oula... Alors par où je commence ? », je fais mine de refléchir avant de la regarder en faisant tourner le liquide dans mon verre d'un air distrait. « Ah oui, commençons par les « Je vous l'avais dit, monsieur » : Pas dit que notre ami Hunter suive sa cure si bien que ça. En fait, j'en sais rien mais j'ai eu des nouvelles un peu nulles de ce coté-là...  Du coté des bonnes nouvelles, Elie est resté là-bas pour l'aider ce qui veut aussi dire qu'elle n'était pas en ville quand tout est partie en eau de boudin. » Je bois un peu et détaille Simone avant de dire. « Ensuite... Ca va pas te plaire du tout. » Je ménage mon effet, partiellement parce que mon cerveau en manque de sommeil vient de bugger comme un fou et partiellement parce que ça ne me fait pas plaisir du tout de lui annoncer ça. « Y a des nids de vampires partout. Pas le genre classique. Le genre nouveaux nés abandonnés à leur sort, infoutu de trouver des repères. Comme on savait déjà, Croatoan rendait les humains infectés particulièrement délicieux, contaminant les vampires se nourrissant sur eux qui ont contaminé des gens en les mordant... C'est assez gigantesque et je pense que tu vas devoir jouer un rôle majeur et recruter dans tes rangs pour pouvoir limiter les tueurs sanguinaires mais aussi parce que tu es une très bonne guide... Au delà de ça, les gens qui ne savaient rien du surnaturel avant l'attaque sont devenu amnésiques... Je sais pas dans quelle mesure certains vampires se prennent pour des humains qui auraient chopé une petite grippe... Il va falloir enquêter. Un sur le fait qu'ils soient devenu amnésiques, c'est le voile qui fait ça ou bien est-ce que c'est autre chose et si c'est autre chose, qu'est-ce que c'est et pourquoi ? Deux sur la présence ou non du démon qui a créer ça. Est-ce qu'il est encore là ? Est-ce qu'il pourrait revenir ? Dans tout les cas, il va falloir mettre en place des systeme de sécurité dans toute la ville... Je pense qu'il va falloir souffler ça à nos amis chasseurs, d'une manière ou d'une autres... Quoi d'autres.... »

Mon cerveau bugge à nouveau et je reste un long moment silencieux. Je finis par sourire à Simone.

« J'ai vraiment besoin de dormir, je crois... Les chasseurs sont hyper actifs aussi, du coup, vu qu'il y a des nids de vampires partout... Ca va sans doute compliqué notre réseau et il faudrait contacté Simon pour le prévenir et qu'il mette à l'abri nos protégés... Si il peut... » Je vide mon verre et grimace avant de détailler une nouvelle fois mon assistante. « Des questions ? »

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vampire ○ kill of the night
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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Ven 1 Sep - 5:48

Avant même que les verres ne se mettent à tinter, un frisson parcourut la nuque de Simone tandis que l’atmosphère autour d’eux s’électrisait. Depuis qu’elle avait rejoint Asmodée, elle s’était habituée à ce genre de tension qui subitement lui enserrait la cage thoracique quand son maître ne parvenait plus à se contenir. Et encore, il ne s’agissait rien que de prémices. Les accès de colère du démon étaient formidablement plus spectaculaires que le léger vrombissement qui se fait maintenant sentir dans l’air. Le tout désormais consistait en ne pas attiser la fureur qui vrombissait et consumait d’ores et déjà Asmodée. Il faudrait faire preuve de doigtée et de patience, et surtout choisir soigneusement ses mots et son attitude.

« Vous n’avez pas à vous excuser. Je comprends votre frustration. J’aurai moi-même préféré agir que de rester… confinée ici. »

Elle avait faillée employer le mot « enfermée », avant de se raviser. Elle n’avait pas été captive et il aurait été particulièrement injuste de le reprocher à Asmodée. Pour un peu, il aurait été capable de se culpabiliser encore davantage. C’était curieux d’ailleurs cette propension chez lui à se sentir ainsi responsable de tous les gens qui l’entourent, comme s’il portait en lui le devoir d’assurer la sécurité de chacun. Ironique, chez un démon. Mais Simone n’était pas naïve, le démon n’agissait pas non plus tel un chevalier blanc auréolé de lumière. Il avait ses propres motivations.

« Ce n’est cependant pas une raison non plus pour vous flageller. Si ce démon ne craint pas de provoquer Bélial, c’est soit un inconscient, soit une créature particulièrement puissante. »

Un pli barra le front de Simone tandis qu’elle réfléchissait à toutes les implications des récents évènements. Les répercussions seraient sans précédents, même dans la petite ville de Blackwater Falls pourtant habituée au surnaturel. Le nombre de victimes laissées par l’épidémie attirerait forcément l’attention. Simone porta une nouvelle fois le verre de vin à ses lèvres et savoura lentement sa gorgée, pour finalement doucement s’adosser. Même pour une vampire, elle était fourbue et toute la tension emmagasinée dans ses muscles n’avait cessé de s’accroître tandis qu’Asmodée évoquait le responsable de ce désastre. Elle retint un bref soupir d’exaspération, songeant à tout ce qu’elle devrait remettre en place en sortant d’ici, à tous les dégâts qu’elle devrait réparer. Elle ferma brièvement les yeux pour apaiser la maniaque de l’ordre qui hurlait dans sa conscience. S’énerver ne servirait à rien, il allait falloir gérer les priorités. Voilà pourquoi elle se montra particulièrement attentive tandis qu’Asmodée lui faisait un bref résumé de la situation.

Les nouvelles concernant ce drogué de Hunter lui arrachèrent une moue désapprobatrice, tandis qu’elle levait les yeux au ciel en se retenant désespérément de ne pas justement répondre « Je vous l’avais dit, Monsieur » avec sarcasme. Ce junkie ne lui inspirait rien de bon. Non pas qu’elle soit insensible aux affres de la dépendance – elle était au contraire bien placée pour comprendre, en tant qu’assoiffée sanguinaire perpétuelle– mais l’individu en question ne lui paraissait ni digne de confiance, ni soucieux de s’en sortirµ. Bref, elle avait la mauvaise impression qu’il cherchait à profiter d’Asmodée et cela ne lui disait rien qui vaille. Quant à savoir Elie à ses côtés. Simone ne parvint pas à savoir si elle était atterrée ou amusée. Au moins, il est vrai qu’elle avait échappé à Croatoan. Son maître était rassuré, voilà tout ce qui importait.

Puis vînt la consternation. Des nids de vampires nouveau-nés ? Sans leur créateur ? A Blackwatter Falls ? Son masque de porcelaine en prit un coup et l’abasourdissement apparut une fraction de seconde, ternissant son visage délicat. Elle reprit aussitôt contenance mais le tremblement dans sa voix manqua de la trahir :

« Guider des nouveau-nés ? Monsieur, sans vous manquer de respect, ce n’est déjà pas une sinécure de s’occuper que d’une seule progéniture… Mais des dizaines ? Ce n’est pas un guide qu’il va leur falloir, c’est une armée prête à les confiner le temps que la soif s’apaise. »

Ce n’était pas pour rien si en presque trois siècles d’existence, jamais Simone n’avait engendré de progéniture. Combien de fois avait-elle vu des vampires complètement dépassés par leur nouveau-né au point de les abandonner dans la nature ? Il y avait aussi ceux qui engendraient sans vergogne, laissant le soin aux autres de réparer les dégâts. Pour Simone, engendrer devait être le fruit d’une mûre réflexion et l’objet d’un engagement sans faille, un serment qu’il ne fallait jamais rompre. D’ailleurs, bien que Stanislas l’ait bien accompagnée durant ses premiers pas de vampire, elle ne parvenait pas à comprendre comment il avait pu si aisément se détacher d’elle. A ce jour, la jeune femme ne s’était jamais sentit capable d’un tel acte pas plus qu’elle n’avait pu rencontrer une âme susceptible de l’y pousser. Certes, elle accompagnait les vampires soucieux de la vie humaine et en quête d’une nouvelle façon de se nourrir, mais ça s’arrêtait là. Non, Asmodée avait une trop haute opinion d’elle et c’est avec cette certitude à l’esprit qu’elle ne put s’empêcher de secouer doucement la tête.

« Je ne pense pas être en mesure de les contrôler… »

Il n’était pas dans ses habitudes de se montrer aussi défaitiste, ni d’afficher ainsi ses faiblesses. Mais d’une part elle se sentait suffisamment en confiance avec Asmodée, d’autre part il était primordial qu’il ne s’imagine pas qu’elle puisse assumer seule des dizaines de nouveau-nés.

« Si nous parvenons à les rassembler… je pourrai peut-être organiser la distribution de poches mais… je n’ai aucune idée à l’instant où nous parlons de l’état de mon réseau ! »

Tous les rouages s’imbriquaient et tournaient dans sa tête, la poussant à se relever. Un autre verre de sang fut nécessaire pour la calmer, bien que sa démarche soit toujours aussi posée et assurée qu’à son habitude, tandis qu’elle déambulait dans la petite pièce. Dès sa sortie, il lui faudrait prendre contact avec ses fournisseurs et les convaincre de lui fournir une bien plus grande quantité que d’ordinaire. Pour ne pas mettre en péril la pérennité de son réseau, la discrétion serait plus que jamais de rigueur, et qui disait discrétion dans ce genre de trafic, disait argent. Les fonds ne poseraient pas de difficulté, au contraire du traçage du règlement. Son esprit passait à toute vitesse d’un point pratique à un autre, répondant à son instinct pragmatique. C’est ainsi que Simone gérait les difficultés, en raisonnant étape par étape.

C’est ce qui l’apaisa en entendant Asmodée évoquer les différents niveaux de son plan d’action. Chacun avait du sens et un objectif précis, exigeant une mise en œuvre coordonnée. De l’ordre et de l’organisation, deux moyens efficaces pour vous mettre Simone dans la poche, si jamais vous seriez tentés.

« Pour ce qui est de l’enquête, je vais mettre nos indics sur le coup. Pourquoi pas Ichabod, il ne nous a jamais déçu pour le moment… »

Simone porta son regard sur son maître en quête d’assentiment quand elle fut heurtée par l’image épuisée qu’il renvoyait. On sentait qu’il était vraiment à bout et, sans arrogance aucune, la vampire se félicita d’être d’ordinaire toujours à ses côtés pour l’épauler et le soulager. Elle reprit donc le rôle qui était le sien, droite face à Asmodée :

« Une seule question : convenons-nous que vous allez vous reposer avant d’enchainer sur tout ce programme ? Il s’agit pour nous d’être efficace. »

Une pointe de provocation pour l’amuser.
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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Dim 3 Sep - 11:47

Ah, Simone... Elle sait se maîtriser. Ça, on ne pourrait sans doute jamais lui enlever. Sa compréhension et sa mesure me faisait toujours sourire. J'ai du mal à me rappeler si j'ai déjà vue cette vampire sortir complètement de ses gonds... Elle gardait toujours la face avec dignité et élégance. Elle était littéralement aux antipodes de moi à ce niveau-là. Oui, j'avais de la maîtrise mais absolument rien à voir avec les miracles de patience et de retenue dont elle était capable et quand on savait à quel point elle estimait ces qualités chez autrui, c'était difficile de se dire qu'elle pouvait être mon plus grand soutien. Pourtant, Simone me suivait depuis des siècles et elle avait fait un travail prodigieux et était devenue l'une de mes amis les plus proches. Les contraires s'attirent. Sa réflexion sur Bélial me pousse à réfléchir un peu plus à travers les brumes du sommeil. Je plisse un peu les yeux et penche la tête avant de dire.

-Hmm... Ca pourrait être vrai si les nouveaux démons n'étaient pas des abrutis congénitaux... En plus, je suis pas persuadé qu'un démon très haut placé soit vraiment pour Croatoan, ne serait-ce qu'à cause de la création massive de vampires que ça entraîne. Si le but, c'est de faire des âmes facilement, Croatoan est pas forcément très efficace vu le nombre de vampires que ça crée. C'est trop compliqué à mettre en place pour trop peu de résultat. Sinon ça n'aurait pas disparu des siècles, on s'en servirait tout le temps. » dis-je en inspirant doucement et en regardant la table, « Y a une bonne raison pour qu'on s'en serve pas. C'est incontrôlable et ça sert pas vraiment que l'Enfer. »

Je m'arrête un instant et pense à Bélial et à ce qu'il ne voit pas alors qu'il devrait, à mon réseau et au fait que je profite clairement de son manque de clairvoyance pour me permettre de mettre des gens en sécurité loin des flammes de l'Enfer. Je souris et regarde Simone, nostalgique et un peu triste. Mon but n'a jamais été de le trahir mais lui et moi n'avons pas encore la même vision de ses enseignements et j'espère un jour pouvoir le faire changer d'avis. Cette chance, c'est Elie et j'espère qu'avant qu'elle ne descende elle arrive à se faire aimer par lui. Si une personne est capable de transformer cette haine viscérale en amour, c'est bien cette fille. Je coince ma tête entre les doigts et me masse les tempes en reprenant la parole.

-Et puis, tu sais... Bélial, si j'arrive à lui cacher un truc pareil, qui sait combien d'autre se paient sa gueule sans qu'il s'en rende compte. Sans compté qu'il est beaucoup plus occupé par ces fameux « démons renégats » qui ne veulent pas se battre que par quoique ce soit d'autre. Quand il a une mission, c'est pire qu'un pit-bull, il lâche pas.


Je soupire vaguement et continue de raconter les petites nouvelles à Simone et je vois bien qu'elle l'atteigne.Quand je lui parle de Hunter, elle s'agace. Heureusement qu'elle n'était pas là quand j'ai dû prendre le temps de lui rappeler qu'il avait décidé de faire cette cure, j'en aurais pris pour mon grade.

Arrive alors le moment où j'évoque les vampires et Croatoan, sa réaction en dit long, son masque se brise et plus le temps passe et plus elle tente de se recomposer. Elle est outrée : je sais parfaitement ce que représente l'enfantement chez elle, une longue réflexion, des responsabilités. Des nouveaux nés en ville par paquets de dix, ça doit bien être dans le top cinq de ses pires cauchemars. En attendant, il va falloir les gérer et gérer les dégats qu'ils font. J'écoute ses objections mais je les balaies d'un revers de la main.

-Simone, si c'est pas nous qui nous nous occupons, alors qui ? Si rien n'est tenté, les nouveaux-nés vont détruire la ville. Tu es suffisamment charismatique pour en enroler certains. Ton réseau est resté alimenter, j'ai pris la liberté de m'en assurer, ne serait-ce que parce que je n'étais pas persuadé que tes amis seraient tenables en sortant du bunker... Donc les stocks n'ont pas trop souffert. Il va en falloir plus et je pense que les villes voisines sont une bonne option. Il est temps pour ton réseau de s'étendre, si tu veux mon avis. Il est prêt pour ça. Dans la même optique, je pense que tu devrais voir avec tes plus proches alliés dans ton réseau, s'il n'est pas possible pour eux de prendre un nouveau-né sous leur ailes. Pour les autres, il va falloir les contenir. Il faut créer un genre de police de vampires pour limiter la casse et empêcher d'autre vampires plus âgés de les galvaniser pour créer des tueries. Que tu t'en sentes capable ou pas, il va falloir le faire sinon ni toi, ni aucun vampires ne pourra rester ici, pas sans que ça soit très compliqué. Les chasseurs sont déjà aux abois, il va falloir limiter la casse coûte que coûte.


Ça ne va pas vraiment plaire à Simone mais pour le moment nous n'avons pas le luxe de la retenue, il va falloir prendre sur soi pour empêcher un désastre.

-Le voile est encore plus fin depuis Croatoan, Simone et je doute que des meurtres de masses commis par des vampires inconscients de ce qui leur arrivent soit de bonnes augures.

J'insiste parce que je veux qu'elle comprenne toute les implications. Elle ne rechignera pas à la tache, c'est loin d'être dans son caractère mais je veux qu'elle ai en sa possession toutes les cartes afin qu'elle puisse manipuler ces informations à ses congénères. En plus de ça, je mets toujours un point d'honneur à ce qu'elle est les mêmes informations que moi. C'est important qu'on fonctionne en parfaite harmonie et qu'elle ne soit jamais surprise de quoique ce soit face à qui que ce soit d'autre que moi. Il en va de notre crédibilité à tout les deux.
Je continue donc mon petit tour d'horizon avec ce qu'il va falloir mettre en place concernant la fin de Croatoan. Surveillance de la ville, compréhension de cette amnésie étrange... De manière générale, il me faut un détail précis de la situation en ville et j'ai besoin de réponse à un certain nombre de questions. Comme toujours, Simone rebondit à juste propos et je souris. Ca m'avait manqué d'avoir quelqu'un capable de me suivre à ce point-là et qui était force de propositions. Je hoche la tête à la mention d'Ichabod.

-Bonne idée pour Ichabod. Après, j'aimerais bien savoir qui de notre réseau a survécu... Vu l'aspect chaotique des choses, j'ai vu les plus efficaces et les plus anciens mais les autres... Pas de nouvelles. Mets Ichabod sur le coup de l'amnésie et des vampires. Il devrait être efficace. Vois avec nos petits amis du Port si ils ont vu quelque chose d'inhabituel, j'ai perdu notre anguille dans ce coin-là. De manière général, j'aimerais que tous nos indics en alertes. Ah et mets Grégor sur le coup aussi, reste vagues, je veux juste savoir si des gens de son entourage se sentent mal ou pas.

Seulement, après ça, je calcule ce que Simone venait de me dire. J'étais épuisé et elle le voyait et me demandait d'aller me reposer. Je pouffe de rire et m'arrête aussi sec, épuisé, même pour rire et la détaille. Elle me provoque gentiment et tente de me faire réagir, ça marche un peu. Loin d'être vexé, elle parvient à me faire un peu sourire, fait rare ces derniers temps.

-Vous vous êtes passé le mot, toi et Tobias, pour ça ? On dirait que c'est devenu une religion de me faire dormir.

Je lui souris un peu et finis par soupirer et m'étirer en grimaçant un peu. Quand j'y pense, j'ai vraiment sommeil et j'ai mal partout. Pas de doute, j'ai trop tiré sur la corde. Je regarde Simone un moment avant de dire.

-J'irais dormir avant tout ça mais il faut vraiment régler tout ça avant que je ne sombre dans un coma de plusieurs jours. » Je lui souris et secoue la tête, «  Ne me regarde pas comme ça. Bien sur que j'ai trop tiré sur la corde. Je fais ça à chaque fois et même quand tu es là pour me tirer les oreilles – bon moins, c'est vrai – mais bon... Il faut qu'on soit calés sur la marche à suivre vis-à-vis des nouveaux-nés et sur la surveillance de Blackwater Falls avant toutes choses. Si on veut être efficace, il faut qu'on soit raccords surtout et demain, ça sera trop tard.

Est-ce que j'avais éludé Tobias... ? Peut-être un peu... J'y reviens donc un peu avec une tête un peu amusée.

-Au fait... On pourra compter sur l'aide de Tobias. Souvent. Il risque de venir souvent aussi au club ou ailleurs.

Je finis mon verre et regarde Simone avec un sourire entendu. Oui, lui et moi, en couple, tout ça. Lui, le plus grand troll que Simone ai croisé ces dernières années. J'attends sa réaction avec impatience.

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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Mar 12 Sep - 15:22

Concentrée, Simone écoutait son maître écarter la possibilité d’un démon responsable de tout ce désastre. Restait à savoir si la créature, la chose, le monstre responsable de Croatoan était muni d’une cervelle particulièrement élaborée ou bien au contraire d’une impulsivité médiocre.

« Il faut donc qu’on détermine le but poursuivi par celui ou celle qui est derrière tout ça. A quoi cela peut-il servir d’attirer ainsi l’attention sur Blackwater Falls ? Soit les répercussions sont négligeables par rapport à l’objectif, ou alors l’objectif lui-même est de créer le chaos. »

Voilà les deux seuls scénarii qui se présentaient à son esprit tandis qu’elle tentait tant bien que mal de cerner tous les tenants et aboutissants. Elle était d’ores et déjà épuisée, mais la nouvelle concernant les nouveau-nés l’avait véritablement mise à bout de nerfs. Seules les paroles directives, et réconfortantes de façon sous-jacente, d’Asmodée parvinrent à la maintenir à flot. De l’ordre et de la méthode. Ainsi susurrait-elle doucement à sa conscience pour maintenir son sang-froid. Oui, si elle faisait intervenir les vampires de son réseau, elle pourrait diminuer sa charge de travail. Nombreux étaient ceux qui lui devaient bien des services, elle n’aurait sans doute pas tellement de difficultés pour les solliciter.

« Je vais voir parmi mes clients. Mais un tri devra être opéré : trouver les plus matures et responsables parce que mettre un nouveau-né dans les pattes d’un jeune ou d’un abstinent récent, c’est l’échec assuré. Je vais me rapprocher de mes contacts des hôpitaux limitrophes, voir si une fausse campagne de don de sang peut être lancée pour que je puisse augmenter nos stocks et les aider à contenir ces jeunes vampires. Quant à moi, j’essaierai de gérer ceux qui resteront… »

Un soupir s’échappa de ses lèvres d’ordinaire carmin, mais désormais pâles comme son teint. Simone se resservit un verre de vin et en profita pour resservir également son maître. Si elle-même avait besoin d’alcool, elle n’osait imaginer ce qu’il en était de son côté. Elle, s’occuper d’une progéniture. Elle en avait des frissons. Cependant, rien ne servait de s’inquiéter outre mesure puisque pour le moment, ils n’avaient pas la moindre idée d’où se trouvaient les nouveaux nids. Or, il était indispensable qu’ils parviennent à les trouver rapidement. Si les chasseurs prenaient de l’avance, elle ne donnait pas cher de leur peau. En songeant à cela, Simone ne put s’empêcher de penser qu’il s’agirait d’un sort enviable pour beaucoup car ce genre de nouveau-nés, créés parce qu’étant de simples victimes d’une épidémie, la vie de vampire n’avait rien d’un rêve ou d’une destinée. Abandonnés et n’ayant aucune idée de ce qui les attendaient, beaucoup risquaient de sombrer dans une folie meurtrière bien loin de ce qui était leur naturel en tant qu’humains. Raison de plus pour se mettre au plus vite à leur recherche… Un sourire fataliste adoucit les traits de la vampire alors qu’elle tendait le verre à nouveau rempli à son maître :

« Nous allons avoir du travail. Beaucoup de travail. Je vous ferai un rapport des résultats aussi rapidement que possible. »

Puis elle trinqua avec lui comme pour lui signifier son assentiment, lui montrer qu’elle adhérerait à tout ce qu’il voudrait bien lui demander ou encore lui confier. Simone avait confiance. Elle suivrait ses recommandations et activerait l’ensemble de leurs contacts, tels qu’Ichabod mais également ses propres indics. S’il le fallait, elle irait elle-même chercher dans la ville et les alentours. Elle ferait en sorte d’alléger autant que faire se peut le fardeau de son maître qui, même pour un démon supérieur, paraissait complètement au bout du rouleau. Il eut d’ailleurs la décence de le reconnaître et de ne pas chercher à trouver d’excuses. La référence à Tobias lui fit légèrement hausser les sourcils. Pour donner le change, Simone tourna brièvement le dos à Asmodée et fit mine de boire une nouvelle gorgée de son breuvage qui, il fallait bien l’admettre, était absolument divin.

Le ton de son maître quand il parlait de Tobia avait toujours légèrement tendance à changer. Si Simone l’avait remarqué, elle s’était bien gardée de poser ne serait-ce qu’une question à son maître. Tant qu’il ne voudrait pas aborder le sujet, il aurait été particulièrement malséant de l’y forcer. Mais voilà plusieurs fois qu’il en parlait devant elle avec liberté aussi c’est en souriant avec malice que Simone fit de nouveau face à son maître. Et ce sourire commença à s’élargir tandis qu’Asmodée éludait le sujet d’un revers de phrase, comme on écarte une mouche agaçante. Pourtant, c’est lui-même qui y avait fait référence. Guettait-il en réalité sa réaction ? Recherchait-il un certain assentiment ?

« Souvent ? Parce qu’il ne vient pas déjà assez régulièrement à votre goût ? »

Elle avait volontairement glissé une petite pointe d’exaspération dans sa question, comme si elle se désolait par avance de devoir encore fréquenter davantage Tobias. Elle osa même un léger haussement de sourcil.

« Enfin… s’il le faut. Il est vrai que nous aurons besoin de toute l’aide disponible pour avancer au milieu de ce marasme. »

Non, elle ne lui faciliterait pas la tâche en avouant qu’elle avait parfaitement compris ce qui se tramait. Pour une fois, elle avait envie de laisser Asmodée ramer un petit peu. Et puis, il n’y a rien qu’elle chérissait tant que les moments où le démon se confiait à elle, alors pourquoi l’écourter ?
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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Jeu 14 Sep - 14:23


« Il faut donc qu’on détermine le but poursuivi par celui ou celle qui est derrière tout ça. A quoi cela peut-il servir d’attirer ainsi l’attention sur Blackwater Falls ? Soit les répercussions sont négligeables par rapport à l’objectif, ou alors l’objectif lui-même est de créer le chaos. »


Je hoche la tête distraitement. Elle sait comme moi ce qu'il faut chercher, c'est bien pour ça que c'est mon assistante et qu'elle me suit depuis si longtemps. Elle refléchit vite et elle est pragmatique. C'est tout ce dont j'ai besoin en ce moment. Quand on en vient aux vampires nouveaux-nés, je vois bien que le stress monte d'un cran pour Simone. Elle n'aime pas l'idée mais elle sait aussi qu'on a pas le choix. Je la rassure et la remets sur un chemin qu'elle connait : ordre et méthode. Ca la remet d'aplomb et c'est tant mieux. Elle a toujours eu une capacité d'adaptation incroyable et elle le prouve encore aujourd'hui. Pendant que je sirote tranquillement mon verre, elle continue de rebondir sur ce que je dis.

« Je vais voir parmi mes clients. Mais un tri devra être opéré : trouver les plus matures et responsables parce que mettre un nouveau-né dans les pattes d’un jeune ou d’un abstinent récent, c’est l’échec assuré. Je vais me rapprocher de mes contacts des hôpitaux limitrophes, voir si une fausse campagne de don de sang peut être lancée pour que je puisse augmenter nos stocks et les aider à contenir ces jeunes vampires. Quant à moi, j’essaierai de gérer ceux qui resteront… »


Je souris et hoche la tête. Bien entendu qu'il faut opérer un tri, il faut que ça soit des anciens. Je lisse un pli imaginaire de mon costume et j'ai des souvenirs qui me reviennent quand, toute réservée, Simone m'avait finalement parlé de son réseau, de son projet. Qui avait cru que ce réseau serait d'une importance capitale... Tant mieux. On a besoin de toute les cartes qu'on peut jouer. L'objectif est trop important.

-Oui, il va falloir garder ceux dont tu es sûre qu'ils ne craqueront pas. Ca ne fait pas énormément de recrues pour le baby sitting mais ça sera déjà ça de pris. Il va falloir qu'on soit capable de monitorer qui est le parrain de qui. Ca sera important si tout part en vrille.

Je reste silencieux un moment avant de préciser une petite chose.

- Si ça part en vrille, si certains nids sont incontrôlables, il faudra mettre nos amis chasseurs sur les coups ou les éliminer nous même. On ne pourra pas faire dans le détail, cette fois. Ca sera marche ou crève.

Ca pouvait paraître cruel et c'était sans doute en ça que je faisais honneur à ma nature de démon mais il n'y avait pas de place pour l'erreur et si ces nouveaux-nés ne marchaient pas au pas, il faudrait les éliminer et rapidement. C'était une question de pragmatisme pure. Une population de nouveaux-nés pareille n'allait être maitrisable en groupe que par la peur et si il fallait que je remplisse ce rôle, alors soit. J'étais assez persuadé que Simone n'aurait pas besoin de moi pour faire respecter tout ça mais je ne comptais pas non plus la laisser seule. D'un autre coté, c'était les siens, sa race... Et j'avais tendances à comprendre qu'elle veuille s'en occuper entre vampires. J'allais intervenir et prévenir Simon pour qu'il se prépare à devoir accueillir des vampires... Ca allait arriver, c'était une certitude.

« Nous allons avoir du travail. Beaucoup de travail. Je vous ferai un rapport des résultats aussi rapidement que possible. »

Je hoche la tête et change de sujet en trinquant avec elle. En lui parlant de Tobias, la bougresse se retourne et je la suspecte de vouloir me cacher qu'elle est surprise... Elle boit et je plisse les yeux. Ca fait partie de ces moments où les rapports s'inversent un peu. C'est moi qui essaie de la lire et de comprendre ce qui lui passe par la tête et surtout c'est moi qui essaie d'avoir son assentiment. Oui, Simone était quelqu'un d'important dans ma vie et quand elle avait des réserves sur quelqu'un, j'écoutais. J'écoutais mais je ne suivais pas forcément son instinct. Fallait pas abusé, non plus. J'étais attentif mais certainement pas sage. Du coup, je lui parle de Tobias et du fait qu'il va être là plus souvent parce que... eh bien parce que lui et moi sommes désormais un nous et que ça change deux ou trois petites choses.

« Souvent ? Parce qu’il ne vient pas déjà assez régulièrement à votre goût ? »

Elle se retourne vers moi avec un sourire joueur et je vois bien qu'elle sait que je sais qu'elle sait. Je plisse les yeux et souris un peu.

-Oui. très souvent. J'aime bien l'avoir près de moi. Il est relaxant.

Et c'était particulièrement vrai. Sa petite pointe d'exaspération faisait partie du jeu. Tobias et elle se chicanaient tout le temps et je les soupçonnai d'adorer ça tout les deux. Moi, j'embêtais Simone comme un enfant, juste pour le plaisir de la faire fulminer sur des détails insignifiants. C'était ma façon à moi de lui dire combien je l'appréciais et il en allait de même pour Tobias. Si il avait voulu s'en débarasser, elle serait déjà morte et je l'aurais probablement tué lui. Avant de tomber amoureux de cet espèce d'autiste.

« Enfin… s’il le faut. Il est vrai que nous aurons besoin de toute l’aide disponible pour avancer au milieu de ce marasme. »

Je pouffe de rire en buvant, autant dire que je m'étouffe un peu mais je la regarde en fermant un œil. Je tousse un peu et la regarde.

-Ooooooh ! Bon ok ! J'te raconte tout. T'en crève d'envie et ça se voit teeeeeellement. Mais oui, il va pouvoir nous aider aussi. A coté de ça, j'veux dire.

Je tapote à coté de moi pour l'inviter à s'asseoir et prend mon verre que Simone a rempli. Je la regarde avec des yeux qui louchent tellement je suis impatient de raconter ça à ma meilleure amie depuis des siècles.

-Bon. Quand on a dû te mettre dans le bunker, j'avoue, c'était un peu la déprime. Avec toi partie et Elie loin, y avait plus grand monde à qui parler. Bref ! J'ai été voir Tobias, j'étais épuisé et un peu déprimé. En tout cas, il m'a remonté le morale et il se pouuuuurrait que j'ai un peu glissé et décidé de lui rouler le patin du siècle.

Je laisse l'information faire le tour du cerveau de Simone un moment.

-Il a buggé très très fort après ça et j'crois qu'il réalise pas vraiment mais c'est lui qui vient tout seul maintenant. Donc c'est chouette.

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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Mar 17 Oct - 16:11

« Oui, il va falloir garder ceux dont tu es sûre qu'ils ne craqueront pas. Ça ne fait pas énormément de recrues pour le baby-sitting mais ça sera déjà ça de pris. Il va falloir qu'on soit capable de monitorer qui est le parrain de qui. Ça sera important si tout part en vrille. »

Intérieurement Simone enregistrait les instructions implicites de son maître. Il lui faudrait donc tenir un registre des volontaires – parmi ceux qu’elle aurait sélectionné – et s’assurer d’une forme de suivi. Rien qui ne soit pas parfaitement maîtrisé par la vampire ultra méthodique et organisée qu’elle était. Au contraire, une telle liste la rassurait déjà. Pendant quelques secondes, Simone songea qu’Asmodée avait probablement délibérément mené le débat sur cet aspect, afin de contenir les craintes de sa protégée. Entre deux masques impassible un léger sourire adoucit alors ses traits de porcelaine.

« Si ça part en vrille, si certains nids sont incontrôlables, il faudra mettre nos amis chasseurs sur les coups ou les éliminer nous-même. On ne pourra pas faire dans le détail, cette fois. Ça sera marche ou crève. »

Dardant des prunelles incandescentes sur le démon, Simone acquiesça d’un air grave et sombre, lui signifiant qu’elle comprenait et qu’elle suivrait ses ordres, quoi que cela lui coûte. Car cela lui coûterait, peu importe ce que les rares personnes qui la connaissait un tant soit peu puisse en penser. Une vie était une vie et quoique Simone ait appris que toutes ne se valaient pas, elle n’appréciait guère le rôle de bourreau. Cependant, Asmodée ne pouvait davantage être dans le vrai. Rien que la volonté de vouloir essayer de gérer toute cette nouvelle population de nouveau-nés constituait un risque énorme pour lui, pour elle, pour toute la population surnaturelle. Simone avait conscience qu’en prenant cette décision, son maître faisait une nouvelle fois preuve de toute la grandeur d’âme que sa nature démoniaque pouvait lui permettre. Alors, il ne serait pas question d’augmenter ce risque en ne sachant pas faire preuve de fermeté quand il faudrait, quitte à prendre des mesures radicales. Résolue, Simone trempa une nouvelle fois ses lèvres dans le nectar divin dont le puissant arôme parvint à apaiser ses nerfs. C’est à ce moment-là qu’il décide de lui parler de Tobias.

« Oui. très souvent. J'aime bien l'avoir près de moi. Il est relaxant. »

Faisant la moue, Simone recula légèrement, son sourcil s’arquant davantage tandis qu’elle prenait un air particulièrement circonspect, à la limite de l’incrédulité.

« Si c’est de la relaxation qu’il vous faut, je connais un excellent institut de massage… »

Puis la vampire soupira en faisant mine d’abandonner la partie. Après tout, elle aurait largement le temps d’enquiquiner davantage Asmodée si Tobias devait se joindre aussi souvent à eux. Elle se réjouissait intérieurement rien qu’en pensait à toutes les piques qu’elle pourrait asséner à ce malheureux Tobias. Après tout, qui s’y frotte s’y pique, et personne ne pouvait ignorer le regard possessif que Simone portait sur son maître. Tout ce qui empiétait sur son territoire avait le plus grand intérêt à se montrer à la hauteur de son caractère et de ses exigences d’excellence. Somme toute, dans ce genre de cas, les rôles s’inversaient, et Simone devenait la mère jalouse et fière de son fils aîné, nullement prête à le céder à quiconque qui ne saurait atteindre la perfection. C’était cependant sans compter la décontraction totale avec laquelle Asmodée considérait son attitude… De quoi rendre Simone chèvre.

Toutefois, elle devait bien l’admettre, elle adorait voir son maître dans cet état d’excitation, excellent signe après les marques persistantes de tension. Si Tobias parvenait ainsi à le détendre, pourquoi donc combattre ? C’est donc docilement que Simone vint à nouveau s’installer aux côtés du démon pour l’écouter avec avidité évoquer les débuts de sa romance.

« Bon. Quand on a dû te mettre dans le bunker, j'avoue, c'était un peu la déprime. Avec toi partie et Elie loin, y avait plus grand monde à qui parler. Bref ! J'ai été voir Tobias, j'étais épuisé et un peu déprimé. En tout cas, il m'a remonté le morale et il se pouuuuurrait que j'ai un peu glissé et décidé de lui rouler le patin du siècle. »

Cette fois, Simone ne put se retenir de pouffer. Elle se figurait la scène sans la moindre difficulté et imaginer ainsi le pauvre Tobias prit au dépourvu par l’impulsif et passionné Asmodée…

« J’aurai payé cher pour voir ça ! »

L’image la faisait rire, sans aucun doute mais cela lui permit également de dissimuler son émotion. Il avait déprimé en son absence. Chaque fois qu’Asmodée lui exprimait aussi sincèrement son attachement, Simone devait user de tous les subterfuges pour ne pas perdre sa superbe et sourire d’un air béat. Elle n’aimait pas se donner en spectacle et se refusait tout bonnement à faire la démonstration de sa sensibilité. Comme il était bon pourtant d’entendre aussi clairement ce qu’elle savait avec certitude au fond d’elle-même. Ce n’est pas du tout ce qu’elle ressentait autrefois auprès de son père-en-ténèbres, alors pourtant que le lien qui les unissait aurait dû être le plus solide qui soit.

« Il a buggé très très fort après ça et j'crois qu'il réalise pas vraiment mais c'est lui qui vient tout seul maintenant. Donc c'est chouette »

Un sourire tendre accueillit cette dernière annonce avant que Simone ne reprenne son rôle de mère poule insatisfaite. Elle détourna brièvement les yeux tout en inspirant bruyamment et en se raclant la gorge. C’est à nouveau sur un ton sarcastique qu’elle lui répondit, tout en lissant un pli imaginaire de son tailleur.

« J’espère que vous le faites ramer… Il ne faudrait pas qu’il s’imagine vous avoir à sa portée ! » Elle but une nouvelle gorgée avec élégance, vidant cette fois son verre. Un bref silence s’installa et malgré ses efforts considérables, Simone ne put réprimer un baîllement, qu’elle réussit toutefois habilement à amoindrir en maintenant ses lèvres closes et une main délicate devant sa bouche. Elle était littéralement épuisée. La vampire était sur le point de demander congé quand une brève sonnerie rententit…


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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Dim 29 Oct - 8:31

Une seule sonnerie. Des fois, c'est tout ce qu'il faut pour que tout soit catapulté dans les ténèbres. Une sonnerie, un texto, un message sur le répondeur. Quelques caractères sur un écran lumineux et tout part en vrille.
Je reconnais que sur ce coup-là, j'ai été faible. Je me suis laissé prendre à un jeu que je sais dangereux. C'est pourtant mon truc, la séduction. Les dangers, prendre et puis jeter, sans attaches. Je sais ce que c'est, j'ai répété ce schéma mille fois et j'ai joué de ça autant que faire ce peut. Certains diront que ça n'est que justice. Je récoltai ce que j'avais semé. Des petites miettes de tristesses dans l'univers, de sentiments d'abandon. Trop heureux d'avoir pu raconté mon amourette à Simone, je regarde le téléphone sonné. Un texto, envoyé par l'un de mes informateur, apparaît sur mon écran. Le message, tronqué, me permet de voir un seul mot, un nom : Tobias. Simone me parle de le faire ramer mais quand je tombe pour quelqu'un, réellement, je ne fais ramer personne. Je perds ce réflexe pourtant si naturel chez moi. Je redeviens beaucoup trop sincère, beaucoup trop naïf. J'ai toute les raisons du monde de ne pas y croire et de savoir qu'il faut que je me méfie de tout, tout le temps, j'ai envie d'y croire. Éternellement optimiste ou éternellement con, vous choisissez. Simone baille et je sens bien qu'elle a envie de partir, je prend cependant le temps d'aller lire le message. Mon sourire se décompose, petit à petit, morceau par morceau. Tobias est parti. Il s'est barré sans prévenir.

J'accuse le coup. J'inspire et expire doucement, je ferme les yeux. C'est pas la colère qui vient en premier, c'est quelque chose de pire. Le vide. L'angoisse. La remise en question complète et totale. Je connais Tobias depuis des années, des siècles. J'avais confiance. Parfaitement et complètement confiance en lui. Il est parti sans prévenir, au beau milieu de la nuit alors qu'il savait que je serais bloqué ici. Il savait que je ne pourrais pas bouger. Théoriquement, je pourrais aller le confronter mais je n'en ai pas envie. Pas envie de lui courir après, pas envie de comprendre. Je suis simplement épuisé. Je laisse glisser le téléphone sur la table et m'écarte de Simone en me levant, je me masse les temps d'une main dans une tentative désespérée de contenir la tempête qui ravage mon crâne. L'écran est resté allumé, je n'ai aucun doute que Simone a jeté un coup d'oeil. Elle sait que je ne me mets pas dans ces états-là très facilement. Plusieurs verres éclatent, la carafe de sang et de vin y passent sans que je n'arrive à juguler quoique ce soit.

-Oublie c'que je t'ai dit... On... » dis-je avant de me couper, tentant de contenir la colère grondante qui m'envahit doucement. Je sens mon physique humain disparaître au profit de mes traits de démons, mes yeux noir de jets, ces étranges griffures sur ma peau couleur cendre. Il faut que je trouve un moyen de me contenir. « Simone, tu devrais rentrer. Maintenant. »

J'espère qu'elle n'en fera rien. J'espère sincèrement qu'elle n'en fera rien parce que j'ai envie de faire un massacre et je ne sais pas jusqu'à quel point je me contenterais d'aller tuer des créatures méritantes. J'ai envie de faire mal, j'ai envie de détruire. J'ai envie de rendre ce qu'on vient de me donner. L'information tourne en boucle dans mon cerveau : Tobias est parti. Suivi d'une question tout aussi douloureuse : jusqu'à quel point ton jugement sur les gens est faux pour te planter à ce point ? Et ça... Ca, ça remet tout en question, vous voyez. Absolument tout. Est-ce que je me suis trompé sur les démons que j'ai aidé et sur les autres créatures ? Est-ce que je suis secrètement connu pour être particulièrement aveugle ? Je grimace, grogne et tout les meubles de la pièce bougent, les murs s'illuminent de symboles étranges, scellant la pièce. Toute cette partie des caves est un bunker. Pas pour les vampires, pas pour les autres créatures mais pour moi. Spécialement pour moi quand finalement la pression est trop forte et que la colère manque de me dévorer à nouveau et je peux vous assurer qu'on en est pas loin du tout. C'est douloureux à ce point, vous voyez, c'est comme un milliers de petits vers dévorant mes chairs à vif jusqu'à la surface, essayant désespérément de sortir.

Je relève mon visage couvert de stigmates vers Simone, mes yeux noirs de jet posés sur les siens. J'ai envie de hurler, de rire comme un fou. J'ai mal. Ma nature démoniaque, celle que je maitrise la plupart du temps, refait surface avec violence et je n'aime pas ça, pas du tout. Je ne me suis pas battu jusque là pour être vaincu par une peine de cœur. Mon humanité a survécu à Alrune, elle survivra à Tobias... Pitié, faites qu'elle survive.

-... Tu sais quoi faire si... Ca dure...

M'exorciser. Si ça continue, il faut m'exorciser mais je compte grandement sur la capacité infinie de Simone à réussir à me calmer. Je n'arrive pas à retrouver mon chemin jusqu'à la tristesse, jusqu'à un sentiment violent mais moins dangereux pour moi que la colère. J'ai besoin d'aide et je sais parfaitement que plus le temps va passer et moins j'en voudrais. En l'espace de quelques minutes, la pièce ressemble à un champ de ruine tant j'envoie valser tout ce qui tient debout sur les symboles lumineux pour les altérer et pouvoir sortir. Ca finira par arriver, c'est sure.

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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Jeu 2 Nov - 17:47

Une vibration dans l’air, un frisson à la naissance de sa nuque, la racine de ses épais cheveux qui tressaille… En une fraction de seconde, tous les sens de Simone furent en alerte. Humains et vampiriques. Son instinct l’avait compris bien plus vite que sa raison et avant même de ne poser son regard sur son maître, la jeune femme craignit de le regarder. Asmodée fut plus rapide qu’elle et se leva avant qu’elle n’ait pu faire le moindre geste. Une rapidité inhumaine, qu’il n’aimait pas utiliser. Un goût amer se faufila alors dans la bouche de la vampire, tandis qu’elle baissait le regard sur l’écran encore illuminé que son maître venait d’abandonner. Une phrase. Une phrase ou à peine plus. Quelques mots qui allaient sérieusement compliquer la tâche de Simone. Les nerfs tendus à tout rompre, la jeune femme prit la plus longue inspiration qu’elle ait pu depuis son entrée dans le bunker. L’odeur de la moisissure lui apparut soudainement bien plus supportable. Ou en tous cas, un bien moindre mal à supporter. Doucement, elle se leva mais n’esquissa pas le moindre geste. L’air vibrait de cette tension si reconnaissable et déjà, les verres explosaient. Pas de quoi faire sursauter Simone. Non, ce n’était rien en comparaison avec ce qui se préparait.

« Oublie c'que je t'ai dit... On... Simone, tu devrais rentrer. Maintenant. »

Elle aurait dû écouter. N’importe quelle personne douée de bon sens aurait fui à toutes jambes tandis que le visage de son maître se transformait et que ses traits humains disparaissaient pour ne rien laisser d’autre que la figure démoniaque la plus terrible qui soit. Simone était-elle alors privée de toute raison ? N’avait-elle donc pas peur ? Au contraire, elle était terrifiée. Elle était une des seules qui savaient ce dont son maître était capable quand il se trouvait dans cet état… elle était une des seules à y avoir survécu. Celui qui n’avait pas peur de son maître en cet instant était tout simplement stupide. D’ailleurs, l’instinct de survie de la vampire lui hurlait de fuir, tout comme son maître venait de le lui demander. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne devait pas. Elle ne voulait pas. D’abord, parce que cela revenait à le laisser affronter sa rage seul ce à quoi elle ne pouvait se résoudre alors qu’elle lui devait tout. Ensuite, parce que c’était prendre le risque de laisser s’échapper une véritable furie qui détruirait tout sur son passage. Voilà pourquoi Simone se tenait debout, immobile et que son visage prit le reflet le plus doux qu’on lui connaisse.

« Non Maître. Je suis très bien ici. Je ne bouge pas. »

Si elle n’avait aucun doute sur le déferlement de colère qui était sur le point d’advenir, elle n’avait cependant pas de recette miracle pour apaiser le démon. Chaque fois qu’une telle « crise » s’était présentée, la voie de l’apaisement avait été différente. La seule chose dont elle était certaine, c’est qu’elle allait devoir faire preuve de patience. Et de ténacité. Ses prunelles azur détaillaient la créature qui ressemblait de moins en moins à son maître et qui pourtant faisait partie intégrante de lui. Une nature sombre qu’elle aussi devait combattre perpétuellement.

« Nous savons très bien tous les deux ce qu’il peut se passer si je m’en vais. »

L’humour… Hmmm, pas forcément le bouton sur lequel il fallait appuyer. Heureusement qu’elle avait parlé sur un ton des plus neutres, car elle ne se voyait pas esquiver une attaque démoniaque dans la petite pièce, ce qu’elle craignit pendant un instant alors que les meubles se mettaient à bouger. D’un autre côté, elle n’avait fait qu’énoncer une simple vérité, ce dont Asmodée avait parfaitement conscience puisqu’apparurent des symboles lumineux sur les murs. Cette fois, Simone eut un léger mouvement de recul. *Il scelle déjà la pièce* Un nœud puissant se mit à lui tordre les entrailles et son masque de porcelaine se fissura tandis qu’elle observait, déchirée, la souffrance littéralement physique de son maître. La douleur, terrible, se lisait sur ses traits, sur sa posture, dans le ton de sa voix. C’est cette douleur qui guida Simone et qui lui permit de s’approcher avec témérité du démon en furie, la plus grande tendresse se dégageant de tout son être.

« ... Tu sais quoi faire si... Ça dure... »
« Hors de question ! »


Son ton péremptoire n’appelait pas la moindre réplique. Angoissée mais déterminée, elle poursuivit sans la moindre hésitation :

« Je ne ferai pas ça. Ne me le demandez pas. Il va vous falloir trouver une autre solution. »

Simone était tout à fait sérieuse et l’angoisse pointait dans son intonation aiguë. Ce n’était pas l’exorcisme en lui-même qui l’effrayait. Son maître avait pris grand de lui apprendre et de bien vérifier qu’elle maîtrisait toutes les étapes. Mais si Simone avait appris par cœur ce rituel, elle n’avait rien d’une invocatrice. Or, pour rappeler Asmodée dans ce monde, il faudrait une invocation particulièrement puissante, ce qui lui demanderait d’abord de longues recherches pour trouver quelqu’un de compétent, puis de longues négociations. La perspective de demeurer seule sur cette Terre ranimait en la jeune femme une peur sourde qu’elle n’avait jamais avoué et sa tension n’était pas feinte quand elle poursuivit, presqu’inaudiblement, en baissant les yeux :

« Je vous interdis de me laisser seule ici… »

Son maître demeura sourd à sa prière et en un instant, tous les objets de mirent à voler dans la pièce. Simone leva les bras par réflexe pour se protéger le visage mais un tesson de la bouteille de vin lui heurta tout de même le crâne. L’ouragan s’était déclenché et si elle ne faisait rien très vite, il allait s’abattre sur Blackwater Falls telle une catastrophe naturelle.

« Maître, calmez-vous, cela ne mène à rien ! »

Autant hurler au vent d’arrêter de souffler. Cet accès de colère était particulièrement puissant et rapide. Simone comprit qu’il s’agissait en réalité d’une protection pour le démon. Elle aussi était en colère, haineuse à l’encontre de Tobias. Elle lui en voulait terriblement d’avoir fait du mal à l’homme qui était tout pour elle, d’avoir réussi à heurter celui qui était son roc. Depuis toujours elle s’appuyait sur lui alors que tous pensaient qu’il se reposait sur elle en lui déléguant tout son travail. Ils avaient tort évidemment et seuls ceux qui connaissaient la loyauté indéfectible de Simone envers son maître pouvaient discerner l’attachement et la confiance qu’elle éprouvait pour lui. Elle pouvait toujours compter sur lui. Et voici que se présentait une des rares fois où c’était à elle de le soutenir. Simone s’avança donc et, avec audace, posa sa main sur l’avant-bras du démon.

« Asmodée, regardes-moi. »

Elle demeura immobile de longues secondes attendant qu’il ne plonge son regard dans le sien. Jamais elle ne l’avait tutoyé. Jamais elle ne l’avait appelé directement par son nom. Tout pouvait se terminer maintenant. S’il ne parvenait pas à se contrôler, elle pouvait aussi bien finir comme une poupée de chiffon contre le mur…


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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Dim 12 Nov - 8:45

« Non Maître. Je suis très bien ici. Je ne bouge pas. »

Une part de moi est tout de suite excedée par cette décision et un grondement profond s'échappe de ma gorge. Pourquoi je suis excédé ? Parce que je suis actuellement en train de prendre goût à cette colère et cette colère me contrôle et n'a aucune putain d'envie de voir cette petite gigue s'arrêter. Si quelqu'un, dans le monde, est capable de l'arrêter, c'est Simone. Le fait qu'elle reste, qu'elle accepte de subir cette pression pour venir à mon aide, à l'aide de mon humanité, me rassure autant qu'il me donne envie de l'abattre sur le champs. J'en suis là. Prêt à assassiner ma meilleur amie parce qu'elle fait ce que j'espérais qu'elle fasse. Une part de moi l'espère encore mais doucement, assaut de haine après assaut de haine, cette part s'endort, sombre et se noie. Simone est clairement ma bouée et sans doute plus littéralement que quiconque voudrait bien le croire.


« Nous savons très bien tous les deux ce qu’il peut se passer si je m’en vais. »

Oh oui, on sait tout les deux et j'attends que ça. Qu'elle se barre. Même avec les protections de la pièce, je finirais par sortir et je rendrais à tout ces connards la monnaie de leur pièce. Quant à Tobias... J'le garderais pour la fin. J'lui ferais comprendre qu'on se barre pas impunément, j'lui ferais cracher ses excuses en même temps que des gerbes de sang. Personne ne se mettra en travers de mon chemin, je me vengerais. Je ferais taire cette douleur immonde dans une marée de sang. Je me redresse et je la toise, mon regard est chargée de menace, de colère et d'une bonne dose de haine. La première à m'en empêcher, c'est elle. Si elle m'en empêche, elle est contre moi. Elle est avec lui, avec ce foutu Tobias. Avec ce connard infâme qui a décidé de se barrer sans prévenir alors qu'il savait parfaitement que je serais coincé dans ce trou sans pouvoir le voir. Un objet quelconque file vers Simone et je le dévie au dernier moment. Flash de lucidité. Merde, mais qu'est-ce que tu fais Asmodée ? J'vais pas tuer Simone . C'est pas possible. J'en suis déjà là ? Alors on va peut-être pas avoir beaucoup d'options. Peut-être même une. L'exorcisme. La pièce s'illumine d'une lumière jaune orangée tandis que les symboles m’empêchant de sortir de la pièce s'activent. Les prochaines heures sont décisives et je le sais. Simone, elle, fidèle à sa nature, s'approche de moi, tendre, pleine de calme. Je la regarde faire de mes yeux noirs de jais et j'ai de nouveau envie de lui faire mal. Mon attention était canalisé sur les marques luminescentes au mur. Alors que j'assenais les premiers coups de mobilier aux symboles, je suggérais à Simone d'agir et d'utiliser l'exorcisme. Au rythme avec lequel je perdais le contrôle, ça allait devenir la seule option viable très rapidement. Un très péremptoire :

« Hors de question ! »

Accueillis ma petite demande et un rire malsain s'échappa de mes lèvres tandis que je glissais un œil torve vers elle.

-Serions-nous devenus stupide, Madame de Veyrac ? Hmm... ? A-t-on soudainement une envie de mourir... ?

« Je ne ferai pas ça. Ne me le demandez pas. Il va vous falloir trouver une autre solution. »

-Oooh, je crains qu'il n'y en ai pas, ma belle. Je crains même que tu sois une gêne. Toujours dans mes pattes à me garder si ennuyeusement humain.

Pour appuyer mes propos, tandis que la douleur me ravage de l'intérieur, je la soulève du sol et la regarde d'un air beaucoup trop satisfait. Mon humanité hurle de la reposer mais c'est elle qui m'a conduit à ce degrés de souffrance, à ce degrés de déception. Visiblement, il faut être cruel pour se faire respecter. Parfait , j'ai eu le meilleur des mentors. Je regarde les symboles et je n'entends pas sa supplique, ou plutôt, j'entends qu'elle parle mais j'en ai rien à faire. Ça pourrait pas me laisser plus indifférent. Sérieusement, qui se soucie encore d'un être si facilement tuable... Quoique... Une idée surgit dans mon cerveau et me fait sourire. Un petit sourire mesquin.

-Dis-moi, Simone. Je me demande si du sang pourrait altérer ces symboles... T'en penses quoi ? » demandé-je avec un air faussement innocent en la rapprochant de moi. Oh, allez, une assistante tapissée sur les murs, ça devrait faire le job, non ? Haha. Le job. Hilarant.

Et soudain, la culpabilité. Violente, tellement violente que je me retrouve à genoux, le souffle coupé. J'vais pas tuer Simone, quand même ? Là, j'ai officiellement la trouille. J'ai officiellement l'impression que je suis pas récupérable et les exhortations de Simone ne semblent pas fonctionner. Elle est où d'ailleurs. Reprenant difficilement mon souffle, je relève ma tête couleur cendre et la vois, non loin de moi. Elle a l'air plus éffrayée que blessée. Tant mieux. La tempête se déchaine toujours et je n'arrive pas à reprendre pied. Je suis en roues libres, le mobilier est en miettes et les rares morceaux encore intactes sont propulsés contre les symboles à répétitions. J'ai qu'une seule idée en tête : sortir.

« Maître, calmez-vous, cela ne mène à rien ! »

Oh, si, ça mène à quelque chose. Et ça mène à quelque chose de grave, un truc énorme, ça pourrait être l'une des pires catastrophes de Blackwater Falls. Je ne suis pas le seul démon de Blackwater Falls mais je dois être avec Bélial, l'un des plus anciens et donc, l'un des plus létal, un des plus instable aussi. Il avait bon dos, mon contrôle maintenant qu'il se fissurait comme de la porcelaine. En voyant, Simone s'approcher je baisse la tête et lève la main.

-Arrête ! Casse-toi avant que je te tue ! Simone, fais pas la conne !, exhortai-je Simone. On pouvait y entendre de la peur, de la terreur même. Aucune envie de me réveiller après cette crise sans Simone. Je voulais qu'elle s'en aille autant que la colère en moi voulait qu'elle reste pour pouvoir l'utiliser comme bélier pour défoncer ces foutus symboles et pouvoir enfin sortir. Je rebaisse la tête et combats autant que je peux ce qui se déchaine au fond de mes entrailles et a déjà fait surface deux fois sans mon autorisation, presque sans que je m'en rende compte.

Une main se pose sur mon bras, fragile, délicate. Simone. Trois  mots suivent.

« Asmodée, regardes-moi. »

Instinctivement, je redresse la tête et la regarde, la scrute. Jamais Simone ne m'appelle par mon prénom. Jamais Simone ne me tutoie. C'est pas faute d'avoir essayer de l'y mettre. Elle a toujours méthodiquement refusé. Forcément, ça me désarçonne et je la scrute avec avidité, je cherche à savoir, je cherche une réponse. Le plus important, c'est que ça fait remonter des souvenirs, tout les stratagèmes que j'ai pu mettre en place pour l'amener à me parler comme deux humains normales se parleraient. Comme deux amis se parleraient. Toujours cette défection, toujours ce respect. Ce respect que je ne comprends pas. J'arrive pas à comprendre qu'on puisse éprouver ça à mon égard. Pourtant, je tiens tout mon réseau et toute mes affaires en utilisant ce respect mais jamais je le comprends. Pourquoi cette femme, élégante, délicate et incroyablement intelligente s'abaisse à admirer  un pauvre  viking comme moi. C'est délirant. Je suis même pas capable de retenir mes émotions quand je me fais plaquer.

Putain. Je me suis fait plaquer. Tobias m'a plaqué.

-Simone...

Je grimace un peu et ferme les yeux. Je glisse ma main dans sa nuque et l'approche. Je suis encore partagé entre lui briser le cou et être simplement normal. Je virevolte entre les deux sans réussir à me poser et c'est terrifiant. Je sais qu'elle a confiance en moi autant que je sais que cette confiance fera qu'elle ne réagira que lorsqu'il sera trop tard si je décidais de l'attraper à pleine gorge. J'y vais doucement, par étapes, tout doucement. Après de très longues secondes, je pose mon front contre le sien. Mes yeux sont toujours clos. Autour de nous, le mobilier ne s'explose plus contre les murs mais il semble flotter, en attente. Comme moi, il ne sait plus quoi faire, il attend de voir qui prend le  contrôle. Moi ou la colère.

-J'ai pas envie de te tuer... Mais j'ai jamais été aussi près de le faire. Renvoie-moi en bas. J'veux pas t'anéantir. Ca dure qu'un temps la colère, ça dure qu'un temps et ça va être nul de se reveiller sans que tu sois là. S'il te plait. Renvoie-moi. Renvoie-moi et va voir Bélial pour qu'il me ramène après. Il pourra...

Je me coupe parce que d'un coup la pression remonte et l'espace de quelques longues secondes, je me crispe sur la nuque de Simone et je lutte. J'ouvre les yeux et la regarde.

-Il est plus vieux. Il pourra me contenir. S'il te plait, te laisse pas tuer par moi. S'il te plait.


Dans un mouvement plus que douloureux, je redresse la tête et l'embrasse sur le front aussi doucement que mes tremblements le permettent. Lentement, le mobilier se met à tournoyer et, de plus en plus vite, se transforme en un tourbillon de bois, de métal et de verre. Tout dépend d'elle, tout dépend toujours de ce que Simone fait ou dit dans ces cas-là et plus le temps passe plus une part de mon être espère qu'elle se plante.

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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Jeu 18 Jan - 16:31

Malgré tout le recul dont elle est capable, Simone déglutit avec peine en lisant la haine dans le regard de son maître. Elle avait beau savoir que ce regard était l’œuvre de sa nature démoniaque, la vampire n’en fut pas moins profondément blessée de ne pas retrouver les yeux rieurs d’Asmodée. L’aversion qui transparait lorsqu’il la regarde lui déchira littéralement la poitrine. L’espace de quelques secondes, elle oublia qu’il n’était plus lui-même et toutes ses belles paroles lui parurent vides de sens. Si elle l’exécrait à ce point, pourquoi donc se battre pour lui ? C’est alors qu’il dévia lui-même un des objets qu’il avait, dans sa rage, fait voler vers elle. Et dans un bref éclat, si fugace soit-il, Simone retrouva son maître, ce qui fit renaître le calme en elle. Ce fut cette infime lueur qui lui permet de s’approcher avec autant d’assurance et d’oser le toucher.

« Serions-nous devenus stupide, Madame de Veyrac ? Hmm... ? A-t-on soudainement une envie de mourir... ? »

Tout ce cynisme. Rien à voir avec l’arrogante ironie dont son maître faisait d’ordinaire usage. Il y avait quelque chose d’extrêmement perturbant à songer que leur nature obscure pouvait ainsi les changer et les faire devenir tout autre. Pourtant, être démon faisait partie de lui, tout comme être vampire faisait partie d’elle et il n’aurait pas dû être surprenant de découvrir sous le masque d’Asmodée Hallsonar, cet être mu par sa seule haine. Pour autant, aucune créature n’aurait pu être plus diamétralement opposée à son maître que celle qui lui faisait maintenant face. Comme les deux faces d’une même pièce. Simone devrait donc sauver le tout pour sauver Asmodée.

« Je ne ferai pas ça. Ne me le demandez pas. Il va vous falloir trouver une autre solution. »

« Oooh, je crains qu'il n'y en ai pas, ma belle. Je crains même que tu sois une gêne. Toujours dans mes pattes à me garder si ennuyeusement humain. »


Et comme pour lui apporter la preuve de son ressentiment et de son dégoût, le voilà qui la soulève dans les airs. Suffocante, Simone ne put que murmurer son implorante demande. Mais ses paroles demeurèrent vaines, se heurtant sans fracas à son mur de fureur. Son maître était aveugle, halluciné par sa rancœur. Il aurait pu la briser comme un fétu de paille, cela elle n’en avait aucun doute. Ses os vibrent déjà de douleur tandis que le démon la maltraite. Ce n’est cependant pas la douleur qui lui fait craindre le pire. Non, ce qui l’effrayait par-dessus tout, c’est la possibilité qu’Asmodée disparaisse définitivement, vaincu par sa colère.

« Dis-moi, Simone. Je me demande si du sang pourrait altérer ces symboles... T'en penses quoi ? »

Elle aurait dû être terrorisée, craindre pour sa vie. A bout de ressources, Simone se permit pourtant d’esquisser un sourire, loin de s’en faire pour son intégrité. Asmodée pouvait l’envoyer valser contre les murs, il ne ferait rien qu’elle n’ait jamais vécu. Un corps endolori qui mettrait du temps à guérir, mais rien d’irréparable. Si seulement cela pouvait lui permettre d’évacuer toute cette rage. Elle eut envie de lui hurler qu’il pouvait faire d’elle ce que bon lui semblait mais la pression se resserra autour de sa gorge et sa réplique mourut avant d’être entendue.

Est-ce que ce fut son expression amusée ou bien sa grimace de douleur qui le ramenèrent une nouvelle fois à l’orée de la raison ? Simone n’eut pas le temps de chercher la réponse car la force qui la maintenait en l’air disparut, la laissant pantelante. A peine le temps de reprendre se souffle, elle s’enhardit et s’approcha une nouvelle fois de son maître, provoquant son rejet.

« Arrête ! Casse-toi avant que je te tue ! Simone, fais pas la conne ! »

Tout se joua sur cet instant : cet instant précis où, pour une fois, elle n’eut pas la moindre hésitation en lui désobéissant. La peur avait dicté son ordre, l’angoisse à l’idée de lui faire du mal. C’était maintenant ou jamais : elle devait surmonter sa propre frayeur pour poser sa main sur son bras. Elle était tellement terrifiée à l’idée de ne pas se montrer à la hauteur, à l’idée de ne pas réussir à le ramener à elle. Peut-être aurait-elle dû fuir et partir trouver Alrune ? Elle qui le menait par le bout des sentiments, elle était certainement mieux placée pour le ramener à la raison. Car après tout, qui était-elle pour lui après toutes ces années ? Son assistante ? Sa disciple ? Sa servante ? … Son amie ? Représentait-elle pour lui ce que lui signifiait pour elle ? Elle devait le croire, se convaincre elle-même et avoir une foi aveugle en son attachement car sinon, tout serait perdu. Mais au moment où ses doigts frôlèrent sa peau, l’évidence fit jour. Simone était sereine : elle sut ce qu’elle devait faire.

Quand Asmodée leva ses yeux exorbités par la surprise, son expression désarçonnée manqua de la faire éclater de rire. Pour un peu, elle en aurait oublié le dramatisme de la situation. Il était là, il était toujours là, complètement abasourdi de l’entendre le tutoyer. Alors elle raffermit sa prise sur son bras et un sourire doux naquit sur ses lèvres. Elle s’agenouilla complètement face à lui et posa son autre main sur son épaule. Une manière de lui communiquer une forme d’apaisement. Elle aurait voulu pouvoir le prendre dans ses bras mais l’espoir était encore trop ténu. Le calme était revenu dans la pièce, les explosions avaient cessé. La vampire s’autorisa un léger soupir alors que son maître passait sa paume dans son cou. Lorsqu’il posa son front contre le sien, elle eut beau chercher, elle ne se souvint pas d’avoir un jour été aussi proche physiquement de lui. La pudeur sans doute.

« Simone… J'ai pas envie de te tuer... Mais j'ai jamais été aussi près de le faire. Renvoie-moi en bas. J'veux pas t'anéantir. Ca dure qu'un temps la colère, ça dure qu'un temps et ça va être nul de se ré J'ai pas envie de te tuer... Mais j'ai jamais été aussi près de le faire. Renvoie-moi en bas. J'veux pas t'anéantir. Ca dure qu'un temps la colère, ça dure qu'un temps et ça va être nul de se réveiller sans que tu sois là. S'il te plait. Renvoie-moi. Renvoie-moi et va voir Bélial pour qu'il me ramène après. Il pourra...veiller sans que tu sois là. S'il te plait. Renvoie-moi. Renvoie-moi et va voir Bélial pour qu'il me ramène après. Il pourra... Il est plus vieux. Il pourra me contenir. S'il te plait, te laisses pas tuer par moi. S'il te plait. »

Simone tressaillit. Ce chaste baiser fit naître une boule énorme qui se figea dans sa trachée et sans qu’elle ne puisse rien y faire, ses yeux se remplirent de larmes. Ce ne furent d’abord qu’une brume puis rapidement sa vision se brouilla complètement et ses joues ruisselèrent. Son masque s’était totalement brisé. Il s’était apaisé pour ne pas la blesser. Il était allé tellement loin dans sa colère qu’il avait voulu la tuer. Il ne voulait pas la tuer. Il ne pensait pas pouvoir se contenir. Il voulait qu’elle l’exorcise. Il voulait la laisser là. C’était trop d’informations pour qu’elle parvienne à les assimiler pleinement. Tout se mélangeait : sa phobie de se retrouver seule, abandonnée, le soulagement de voir qu’elle pouvait le faire résister à son côté démoniaque, la crainte que l’exorcisme soit la seule solution. Malgré son âge, c’en était bien trop pour elle, elle qui se montrait d’ordinaire si forte. Et ce fut clair : ses épaules étaient trop frêles pour un tel poids.

« Non. »

La dureté de ce simple mot la choqua elle-même.

« Non, je te l’interdis. Tu n’as pas le droit de me demander d’être plus forte que toi. C’est toi le maître, c’est toi qui doit me guider, c’est toi qui doit être présent pour moi. »

Simone se redressa et dans regard brûlait le défi et la souffrance entremêlées.

« Il est trop simple que tu me fasses endurer ça pour oublier ta peine. Et la mienne quand tu seras parti ? J’ai 294 ans et je n’ai pas vécu un seul jour sans toi depuis que tu m’as trouvé ! Tu y a songé? Et je devrais t’exorciser ? Te pousser volontairement hors de notre monde pour ensuite aller supplier Bélial pour qu’il daigne accéder à ma demande ? Et s’il refusait ? As-tu pensé à cela ? »

La vampire se releva complètement au milieu du cyclone. Son teint était ravagé, sa voix tremblante, ses poings crispés.

« Relèves-toi, regardes-moi et dis-moi que tu ne m’obligeras pas à faire ça. »
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MessageSujet: Re: breaking news (pv Simone)   Mar 23 Jan - 11:41

La situation me semble désespérée. Je suis désespéré et pourtant je me suis déjà retrouvé dans des situations merdiques. Seulement, là... C'est différent. Là, c'est Simone que je mets en danger et si une partie de moi jubile, l'autre est au supplice. Si je continue comme ça, je vais la tuer. Je m'entends parler et je me fais horreur. Je lui dis des choses affreuses et je n'arrive pas à m'arrêter : c'est trop bon. C'est tellement bon de sentir sa colère se relâcher que j'ai envie de rire comme un fou et j'ai envie de la laisser s'exprimer. Je suis vraiment très près de le faire. A deux doigts.

Il ne manque qu'un petit rien pour me faire complètement sombré dans la folie meurtrière que me dicte une colère sans nom que je contiens chaque jour. Elle me bouffe toujours plus. J'ai envie de sortir de là, de la laisser dévorer le monde plutôt que moi. J'ai rien fait pour mériter un truc pareil, rien du tout. J'en veux à la terre entière, à ce dieu que je ne reconnais pas et à ses adeptes maudissant des guerriers qui n'accomplissent rien d'autre que la volonté de leur Jarl. Je les hais tous. J'ai envie de les faire souffrir, de leur faire comprendre à quel point ils ont eu tort, à quel point ils auraient du me laisser humain parce que plus rien, désormais, ne peut m'arrêter. Je suis tout puissant dans ma colère et je suis prêt à tous les faire payer. J'ai envie de me délecter de leur terreur mais même ça on me le refuse parce qu'ils sont tous morts. Ils sont morts et enterrés, il y a tellement longtemps qu'ils ne sont désormais plus que poussières dans le vent. On ne se bats pas contre le vent, on le subit et je déteste subir. Je ne subis pas. Je refuse de subir.

Vous vous rendez compte de ce que je deviens... ? J'ai envie de chialer tellement j'ai pas envie de faire ça et Simone qui s'échine à me faire revenir et moi, j'y arrive pas. A quel point faut-il que je sois faible pour la réduire à ça. A quel point je suis tombé bas... Ce qui m'arrive me file la nausée. Je ne sais plus si c'est de la terreur ou du dégoût mais dans tout les cas, cette chose pleine de haine... Ça peut pas être moi. Je refuse que ça soit moi... Mais c'est séduisant, quand même.

Et puis le tutoiement me percute et j'essaie de la convaincre. Je pourrais utiliser mon pouvoir mais j'y pense même pas. Ça me traverse même pas l'esprit tellement je suis tétanisé par l'idée de la tuer. Sa nuque est si frêle dans ma main, c'est rien de plus qu'une allumette pour un démon comme moi. Si facile à craquer, si vite fait. C'est plus aguicheur qu'une escort girl. J'ai très envie de le faire mais je me contrôle, je prends sur moi et je suis à deux doigts de la supplier d'arrêter, de partir, de lui expliquer que ça vaut pas le coup de se battre pour moi, je suis qu'un loser de plus, un connard de poseur qui va se faire dévorer par ce qu'il avait juré de combattre.

Elle se met à pleurer et ça se passe au ralenti. D'abord, son visage se décompose comme si d'un coup, tous les muscles de son visage avaient décidé de partir en grève, ses yeux se mettent à luire. c'est bon, ça putain... puis les larmes s'accumulent, sa bouche d'ordinaire si strict se tord et finalement les larmes s'écoulent en un flot continue.
Je devrais trouver ça horrible mais y a une part de moi qu'est fière. Fière d'avoir provoqué une détresse pareil chez elle, fière de la briser à ce point. ça fait mal, pas vrai... D'un autre, chaque sanglot de mon assistante, de ma meilleur amie, de ma fille, de ma protégée me fout le cœur en pièce. J'ai envie qu'elle s'en aille, d'arrêter de la faire souffrir mais elle persiste et alimente ma colère autant que mon désespoir.  Elle était brisée, apeurée et c'était ma faute. c'était grace à moi

Le non de Simone cingle l'air comme une claque. Il me stoppe net et je la regarde se lever, me faire face, me toiser et si une partie de moi se sent insulter dans son élan de colère, l'autre l'écoute et se sent tout petit.

« Non, je te l’interdis. Tu n’as pas le droit de me demander d’être plus forte que toi. C’est toi le maître, c’est toi qui doit me guider, c’est toi qui doit être présent pour moi. »

Elle me dévisage avec défi mais ce que je perçois surtout c'est la douleur. Elle qui craint l'abandon, je lui refais le coup. Ca doit être intolérable mais les choses deviennent complètement incontrolables... Je ne veux pas tuer toute la ville. Je ne veux pas donner raison aux connards d'en bas.

« Il est trop simple que tu me fasses endurer ça pour oublier ta peine. Et la mienne quand tu seras parti ? J’ai 294 ans et je n’ai pas vécu un seul jour sans toi depuis que tu m’as trouvé ! Tu y a songé? Et je devrais t’exorciser ? Te pousser volontairement hors de notre monde pour ensuite aller supplier Bélial pour qu’il daigne accéder à ma demande ? Et s’il refusait ? As-tu pensé à cela ? »

Un rire mauvais s'échappe de mes lèvres tandis qu'elle se dresse, fière amazone au milieu de mon torrent de colère et de haine. Je n'arrive pas à l'empêcher. Ma main se tend et je la dévie au dernier moment pour exploser une table qui se réduit en un tas de copeaux de bois pas plus grand qu'un coton-tige. Simone est méconnaissable... Elle est à la fois superbe et ravagée, brisée mais forte.

« Relèves-toi, regardes-moi et dis-moi que tu ne m’obligeras pas à faire ça. »

Elle me donne des ordres maintenant... C'est nouveau. Je la regarde un moment et fais tourner ces phrases dans ma tête. J'ai une responsabilité envers elle. J'ai un devoir auquel je n'ai pas le droit de me soustraire. Elle n'est pas l'objet de ma colère. Elle ne l'a jamais été. Simplement la victime. Elle a raison. Elle a raison et je suis un lâche. Je ferme les yeux et redirige ma colère. Doucement, avec une lenteur absurde, je la redirige vers ceux que je hais plus que tout au monde. Ceux qui restent en bas, ceux qui nous forgent à coups de martyrs, de douleurs, de souffrances, de peur et de délires, ceux qui tournent les envieux et les désespérés en monstres de cauchemars, dénaturant l'âme pour une simple guerre de pouvoir sans queue ni tête. Ces enfoirés qui sont tellement persuadés de pouvoir me foutre à genoux. Moi ! Asmodée Hallsonar, fière islandais, et apprenti de Grimnir, shamane, guerrier... MOI ! Ils se trompent et je compte bien leur prouver. Les meubles continuent à tournoyer mais plus aucun ne cherchent à percuter Simone. Je ne le permets plus. Je ne m'abaisse plus à ça. Alors, comme elle l'a ordonnée, je me relève, plantant un pied dans le sol avec force et je me redresse. Je lui fais face, je m'approche avec raideur et pose la main sur sa joue. Je la détaille, mon regard brule de colère mais elle n'est plus dirigée vers elle, au contraire.

-Je ne t'obligerais pas. Jamais. Plus jamais.

Je l'attire contre moi et la serre dans mes bras, la cache et la réconforte.

-Je te laisserais pas seule. Tu te débarasseras pas de moi comme ça, ma belle.

Je ris un peu même si il est court et que j'ai bien du mal à retrouver un air jovial. Je l'enveloppe dans ma veste et la garde contre moi.

-Désolée, Simone. Tu mérites mieux. Tu mérites mieux de ton vieux maître. Mais parfois, je suis un peu gateux. L'âge, sans doute...

Je reste silencieux. Je me sens coupable, la colère est toujours là mais pas autant que la cupabilité et le sentiment de vide. Je remets en place quelque mêches de ses cheveux et dépose un nouveau baiser sur son front.

-Ca ira, maintenant. J'te promet. Ca ira.


La colère brule en moi comme un torrent de flammes mais je connais cette douleur et bientôt, dans quelques semaines ou mois, elle ne sera plus qu'un bruit de fond, rien d'autre qu'une petite nuisance dans un coin de mon être.

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breaking news (pv Simone)

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