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 neon demons, (simone)

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MessageSujet: neon demons, (simone)   Mer 30 Aoû - 15:53


neon demons
simone et ichabod / Got a touch like a thorn, 'Cause the girl she's hiding horns. She got blood cold as ice And a heart made of stone. She got two little horns And they get me a little bit. – BRYCE FOX.

La soirée touchait à sa fin. Les aiguilles avaient dépassé minuit depuis quelques heures déjà et, pourtant, le nombre de clients n’avait commencé à diminuer drastiquement qu’une demi-heure auparavant. Les verres avaient terminé de se vider, et les sièges les avaient suivis. La porte venait de se refermer derrière le dernier client. Les quelques serveurs achevaient d’essuyer les tables et de ranger les chaises. Prêts à partir, hâtifs de quitter au plus vite les néons du club. Et de l’autre côté du comptoir, Ichabod remettait en place les bouteilles que sa collègue, partie une heure auparavant, avait laissées traîner un peu partout. Un verre attendait à quelques mètres de lui, réclamé par une serveuse épuisée. Foutue soirée, qu’elle lui avait dit. Tu m’sers à boire ? Il ne s’était pas fait prier et s’était exécuté, ajoutant le verre sur une addition qui s’allongeait soir après soir. Ça ne durerait pas, et il le savait. Bientôt, elle se ferait coincer, et devrait payer. En attendant, ce n’était pas son boulot à lui de protester. On lui demandait de servir à boire, et il le faisait. Les choses s’arrêtaient là. Ses patrons étaient suffisamment grands pour savoir s’occuper d’une addition non-réglée. Et si cette fille voulait garder son emploi, il allait lui falloir se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.

Elle revint aussi vite que sa commande n’avait été lancée. À peine un merci, et elle vidait le verre d’un trait. À peine un bonne soirée, et elle tournait les talons en le gratifiant de son habituel sourire léger. Il hocha la tête, la laissant filer sans ciller. Puis il attrapa le verre et le mit à laver. La soirée n’avait pas été aussi désagréable que cette fille semblait le penser. Les clients s’étaient tenus, la playlist avait rattrapé celles des deux nuits précédentes. Les informations avaient circulé de manière ininterrompue à son comptoir sans qu’on ne lui prête la moindre attention. Depuis la fin de l’épidémie, elles avaient néanmoins tendance à se répéter. On parlait de disparus et, pour les plus avisés, de nids de vampires qui avaient émergé un peu partout dans la ville. Son patron en était déjà informé, et il n’y avait donc rien d’extraordinaire et de nouveau à lui apporter. Rien qui ne nécessite une attention immédiate et pressée — rien pour le détourner de ce boulot pour lequel on le payait.

Dans la salle, les serveurs se raréfiaient. Plus personne à servir, et, donc, plus besoin d’être là. Le dernier disparut finalement à l’arrière du bar, lui adressant un rapide signe de main pour lui signaler son départ. Pourtant, la porte ne se referma pas derrière lui. La silhouette de Simone apparut dans l’encadrement, tirant un sourire au barman. Il reporta son attention sur son comptoir, nettoyant consciencieusement les quelques flaques qui y traînaient de manière irrégulière. Lorsqu’elle fut arrivée au niveau du comptoir, il posa le torchon sur son épaule, relevant les yeux vers l’élégante vampire. « Madame de Veyrac. » la salua-t-il. Un petit signe de tête accompagné d’un sourire charmant souligna ses mots, tandis que ses mains se calaient sur les rebords du comptoir face à lui. « Un dernier verre avant la fermeture du bar ? » Techniquement, il était déjà fermé. Et ç’aurait été n’importe qui d’autre, il ne se serait pas privé pour le lui rappeler, avec la politesse qui se devait. Mais Simone, c’était une autre histoire. « Comment s’est passée votre soirée ? » Simone, elle était là tous les soirs. C’était l’assistante personnelle du patron et, même ceci mis à part, il la respectait. Elle possédait sans aucun doute les papilles les plus raffinées de tous les occupants des lieux, soir après soir. Et le plaisir de lui servir un verre était donc, chaque fois, des plus sincères.

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MessageSujet: Re: neon demons, (simone)   Dim 10 Sep - 11:08

Accoudée à la balustrade, Simone tenait d’une main son verre de champagne tout en observant de ses prunelles avisées la foule qui se trémoussait en contre-bas. Elle porta distraitement la flûte à ses lèvres sans manquer une miette des échanges qui auraient été difficiles à identifier par un novice. Un groupe de copains largement alcoolisé près du bar, un couple naissant se déhanchant près du poteau, un regard jaloux posé sur eux par une blonde dansant non loin de là. Simone aurait presque pu deviner le contenu des conversations de l’ensemble des fêtards. L’expérience. La routine. Les échanges dans un night-club étaient pour la plupart des plus banals. Pourtant, Simone aimait se poster ainsi sur la coursive près de son bureau et observer les fêtards. Peut-être espérait-elle un jour être surprise parce qu’elle y verrait. Peut-être faisait-elle tout simplement son travail, contrôlant non seulement les clients mais les employés. Ce n’était pas un secret, tous savaient que s’ils levaient un tant soit peu les yeux, par-delà la plate-forme du DJ, ils pourraient voir se dessiner sa silhouette élégante, souvent un verre à la main, ombre immobile et avisée.

Rien de bien exceptionnel ne se passa ce soir-là, malgré les craintes de la vampire. Depuis les récents évènements, Simone devait s’accoutumer de la tension palpable environnante, aussi tangible d’une étoffe voletant au-dessus d’elle, l’effleurant sans cesse. L’humeur de son maître était tout aussi crépitante, l’obligeant à renouveler constamment son arsenal d’astuces pour l’apaiser. Ce n’était pas le moment pour Asmodée d’entrer dans l’une de ses légendaires colères. Elle l’avait déjà vu ainsi et ne tenait pas franchement à ce que cela se reproduise. Tout pouvait dégénérer en une fraction de seconde, pour peu que des nouveau-nés aient la brillante idée d’opérer un carnage. Mais contrairement à ses craintes, la nuit suivait son cours avec une banalité apaisante. Pianotant inconsciemment sur la rambarde selon le rythme musical du moment, Simone scruta l’heure en se saisissant de la minuscule montre gousset qu’elle portait autour du cou. Les aiguilles de l’antique présent de sa grand-mère affichaient un peu plus de deux heures du matin. Elle avait encore le temps de traiter quelques impératifs administratifs avant que le club ne ferme ses portes aussi vida-t-elle d’un trait sa coupe pour rejoindre son bureau.

Elle en ressortit presque deux heures plus tard, alors que la musique s’était tue et que le bruit strident des pieds de chaise qu’on repousse se faisait entendre. Simone verrouilla soigneusement le bureau derrière elle et emprunta l’escalier de service qui menait près des réserves, à l’arrière du bar. Le claquement de ses escarpins sur le carrelage fit aussitôt cesser le babillage des serveurs qui se préparaient à partir, riant des anecdotes de leur service. Simone réserva un sourire discret aux plus zélés d’entre eux, les autres eurent droit à son masque de porcelaine mais elle leur souhaita à tous une bonne soirée, leur recommandant de se montrer prudents sur la route. Puis elle passa la porte donnant sur le bar, sa petite idée en tête. Comme à son habitude, Ichabod était le dernier sur place. Le bar n’était jamais aussi bien tenu que lorsqu’il était de service. Placide et attentif, on ne pouvait lui reprocher grand-chose, à part ses manies pointilleuses qui s’illustraient à cet instant précis tandis qu’il faisait pivoter quelques bouteilles pour bien présenter l’étiquette ou qu’il astiquait le comptoir avec méthodisme. Rien qui ne saurait déplaire à Simone, somme toute. Il était détendu et souriant quand il l’accueillit et elle lui rendit aimablement son sourire.

« Ichabod. »

Elle se percha avec aisance sur l’un des tabourets puis croisa les jambes. Son regard se perdit un bref instant sur la salle désormais vide, puis elle pivota vers le barman, se contentant d’acquiescer d’un léger hochement de tête à sa proposition.

« Je vous laisse le soin de m’étonner. »

Nul défit dans sa demande. Ichabod ne lui avait jamais rien servi qui ne lui ait plu. Tandis qu’il s’affairait pour la servir, elle s’accouda sur le comptoir en plaçant son menton dans le creux de sa main. Pour un peu elle aurait soupiré, de ce mélange d’ennui et d’apaisement qu’elle ressentait depuis qu’elle était sortie du bunker, à chaque fois qu’une journée s’écoulait sans écart.

« Peut-on se plaindre ? Le club était rempli d’après ce que j’ai vu, et pas un incident à déplorer. Une bonne soirée, somme toute. »

Comme à son habitude, son visage était lisse et neutre. Mais qui la connaissait bien aurait peut-être vu une légère tension dans ses épaules.

« Je ne sais pas si je suis rassurée ou désabusée de voir que tout se passe de façon merveilleusement banale. »

Elle s’usait les nerfs à force d’attendre que les nouveau-nés ne fassent des ravages. D’un côté, elle ne pouvait que se réjouir qu’aucun évènement n’ait alerté l’attention, de l’autre, elle n’en pouvait plus de patienter, certaine que la catastrophe allait se présenter, d’une manière ou d’une autre. La seule façon d’avancer était d’enquêter et donc…. de venir toquer à la bonne porte.  
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MessageSujet: Re: neon demons, (simone)   Sam 28 Oct - 14:20


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Il avait presque terminé de ranger lorsque Simone était arrivée. Cela ne l’avait néanmoins pas réfréné dans sa proposition de lui servir un verre. Il avait cessé d’astiquer le comptoir lorsqu’elle s’était approchée, s’approchant pour poser ses mains face à elle, à une distance plus large que d’épaules l’une de l’autre. Torchon sur l’épaule, il avait maintenu son sourire en place lorsqu’elle lui avait rendu son salut, s’asseyant élégamment sur l’un des tabourets, face à lui. Quand elle lui formula sa demande, il ne put empêcher son sourire de s’étaler encore davantage sur ses traits. Comme d’ordinaire, elle lui faisait confiance. Elle ne s’était jamais plaint de quelque chose qu’il lui avait servi — lui demandant, en revanche, de s’occuper d’elle lorsqu’un barman d’efficacité moindre tentait vainement de trouver quelque chose à lui faire déguster. S’il était là, Ichabod s’occupait de Simone ; c’était la règle non-écrite, l’entente tacite qui circulait entre les barmans. La dame était exigeante, et tous le savaient. Une exigence qu’Ichabod percevait différemment — une exigence qu’il ne ressentait tout simplement pas. Elle savait apprécier les bonnes choses, et lui était payé pour les servir. Tout simplement.

Il la laissa s’accouder sur le comptoir, se décalant de quelques mètres pour attraper une coupe tandis qu’elle commentait paisiblement la soirée. Non ; il n’y avait eu aucun incident. Rien à déplorer, rien à se plaindre. Rien à vraiment commenter, non plus. Aucune véritable mauvaise nouvelle n’avait circulé dans la salle ; Ichabod s’en portait garant. Mais derrière les beaux mots de l’assistante d’Asmodée, il sentait quelque chose d’autre. Un doute léger — une suspicion qu’il n’aurait su expliquer, mais qui semblait tendre les épaules de Simone avec une extrême subtilité. Son dernier commentaire tira un nouveau sourire au barman, tandis qu’il revenait vers elle avec une bouteille d’excellent vin entre les mains. « Rassuré, désabusé… Tant que les choses durent, pourquoi s’en plaindre, en effet. » Il déboucha la bouteille, versant le vin dans la coupe avec une habilité extrême. « Si vous voulez mon avis, je pense qu’elles se compliqueront bien assez vite. » Il suspendit son geste, rebouchant la bouteille et déposant une serviette en papier sur le comptoir. Il se saisit du verre, le posant délicatement sur le carré blanc. « Antinori Toscana Tignanello, cru de 2016. Il est arrivé hier. On dit qu’il n’a pas besoin de vieillir davantage pour être fabuleux. Vous m’en donnerez des nouvelles. » Avec un léger sourire, il s’éloigna à nouveau de la vampire, reportant la bouteille jusqu’au cellier satellite qui avait été installé au bout du bar. Il en profita ensuite pour mettre de l’ordre autour de lui, ordonnant avec méthode les récipients et contenants.

Les paroles de Simone lui restaient néanmoins en tête, et ce fut d’une voix aussi nonchalante que posée qu’il ajouta quelques mots. « Vous savez… Si j’étais vous, j’en profiterai. » Terminant d’aligner une bouteille avec ses comparses, il revint près de l’endroit où elle était assise. Il reposa une main sur le comptoir, doucement, ses yeux venant trouver les siens. « S’il y a bien une chose que cette ville m’a appris depuis que je suis arrivé, c’est que, dans les environs, la banalité ne dure jamais. » Un léger haussement d’épaules souligna son propos, tandis qu’il retrouvait le sourire. « Tant que l’illusion veut bien tenir, pourquoi essayer de la conjurer ? » Facile à dire, pour lui qui ne craignait de mourir. Facile à dire, pour l’homme qui savait que demain serait un nouveau jour, quoi qu’il puisse survenir dans la nuit. Et ç’aurait dû être facile à dire pour elle aussi — la femme qui avait déjà connu le trépas, l’élégante qui contrôlait bien plus de choses que la plupart des hommes en ce bas-monde. Pourtant, il ne pouvait nier ce sentiment qui le travaillait, lui aussi. Cette légère anxiété, présage que quelque chose de mauvais était sur le point d’arriver. Présage que quelque chose allait déraper, dans les jours, les heures, les minutes à venir. Un présage qu’il s’efforçait pour le moment d’ignorer, finissant de fermer son bar, et appréciant la compagnie d’une dame qui savait toujours honorer ce qu’on lui servait. Les verres comme les mots.

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MessageSujet: Re: neon demons, (simone)   Lun 13 Nov - 10:15

« Rassuré, désabusé… Tant que les choses durent, pourquoi s’en plaindre, en effet. »

Le léger « pop » de la bouteille de vin ponctua la réponse d’Ichabod. La vampire haussa légèrement les épaules, le coin de sa bouche relevé dans une moue fataliste. Il est vrai qu’elle aurait dû être habituée à voir le temps défiler sans heurts. Tout comme elle était habituée à voir les catastrophes les plus terribles bouleverser son quotidien. Au final, l’alternance entre chaos et banalité constituait une forme de routine… même si les évènements récents constituaient tout de même un sacré soubresaut dans la continuité régulière de sa vie.

« Si vous voulez mon avis, je pense qu’elles se compliqueront bien assez vite. »

« Vous prêchez une convaincue. L’existence n’est qu’un éternel recommencement. Le calme ne fait toujours qu’annoncer la tempête. »

Et contrairement à d’autre, ce n’était pas le cyclone qui se profilait qui tendait les nerfs de Simone à tout rompre mais bien cette attente interminable couple à la certitude que les choses allaient dégénérer d’une façon ou d’une autre, d’un moment à un autre. Mais lorsqu’Ichabod lui enjoignit de profiter de ce répit, Simone ne put qu’hocher subrepticement la tête, on ne peut plus consciente de la fugacité de ce calme apparent. La vampire leva alors son verre en direction du barman comme pour trinquer, avant de faire tourner brièvement pour humer son parfum en fermant les yeux. De son vivant déjà, Simone avait été familiarisée avec les grandes cuvées et son père avait particulièrement soigné son éducation œnologique. Depuis son trépas, la jeune femme était devenue de plus en plus exigeante, le développement accru de ses sens mettant en lumière le moindre défaut. Ce qui pouvait échapper au palais d’un consommateur régulier explosait dans son palais pour venir gâter un breuvage qui, somme toute, aurait été tout à fait acceptable dans son ancienne vie. Heureusement pour elle, son train de vie et son métier lui permettaient de ne se satisfaire que du meilleur. D’ailleurs, il n’y avait rien à craindre de ce côté-là, lorsque Monsieur Conway était aux commandes. La robe était belle, velouté, le bouquet puissant mais fin et lorsqu’elle fit rouler le liquide sur ses papilles, Simone put enfin retrouver un peu de sérénité. Un simple regard d’approbation vers Ichabod vint ponctuer cette première gorgée. Il comprendrait.

Tout comme il comprenait parfaitement l’humeur actuelle de sa patronne, qui à cet instant précis n’était rien de plus qu’une autre consommatrice. Et tandis qu’elle lui faisait part implicitement de ses mauvais pressentiments, lui l’enjoignait avec empathie à prendre les évènements tels qu’ils viendraient. Ichabod faisait donc la démonstration du meilleur de ses talents : savoir écouter et converser avec les clients. Encore une fois, Asmodée avait le meilleur des instincts pour choisir ses alliés : l’homme discret mais courtois en face d’elle avait su la mettre à l’aise à l’instant même où elle était venue se percher sur son tabouret et elle aurait tout aussi bien pu se laisser aller à quelques confidences si elle-même n’avait pas quelque chose en tête.

« Tant que l’illusion veut bien tenir, pourquoi essayer de la conjurer ? »

Tout en faisant légèrement pivoter son tabouret à droite et gauche de la pointe du pied, Simone prit une nouvelle gorgée du nectar apaisant. Elle posa le verre sur le petit napperon carré de papier puis plongea son regard dans celui du barman en se penchant légèrement en avant :

« Je n’ai aucunement l’envie de rompre le charme … mais je détesterai être prise au dépourvue lorsque la magie aura cessé de faire effet. »

Elle ponctua sa phrase d’un léger silence en se redressant avant de poursuivre, nonchalante :

« Vous avez tout à fait raison : Ce vin est absolument fabuleux. Pourquoi ne pas en profiter vous-même ? »

D’un geste de la main, elle pointa la bouteille pour l’inviter à se servir également un verre tout en tendant le sien pour qu’il le complète. Elle allait le faire rester un peu plus longtemps ce soir et c’était sa manière à elle de se montrer reconnaissante. Pour le soin qu’il apportait toujours quand il s’occupait d’elle et pour la rigueur avec laquelle il collaborait avec Asmodée.

« Vous savez comme moi qu’il n’y a pas de meilleure façon de se préparer que d’envisager tous les scénarii possibles. Et pour cela, j’ai besoin d’en savoir plus. D’en savoir plus sur les récents événements… et leurs répercussions. »

Simone replaça distraitement une de ses mèches de cheveux derrière son oreille puis but une nouvelle gorgée.

« Alors dites-moi… Vos clients se sont-ils montrés loquaces ces derniers jours ? »
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MessageSujet: Re: neon demons, (simone)   Sam 23 Déc - 15:56


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Le vin était bon. Le coup d’œil que Simone lui avait jeté, et qui avait suivi la première gorgée, l’avait réconforté sur le sujet. Non qu’il doutât un seul instant de ses talents de sommelier — mais une bouteille qui n’était pas ouverte prenait toujours le triste risque que quelque chose d’encore inconnu ait pu l’altérer. Il n’en était cependant rien, et Ichabod s’en trouvait rassurer. Sa patronne pouvait profiter du breuvage à souhait, et il pourrait se coucher avec l’habituel honneur d’avoir reçu son approbation.

Il ignorait si la conversation se poursuivrait. Il sentait que Simone n’était, elle, pas prête de quitter les environs. Et si sa présence à son comptoir lui murmurait qu’elle avait peut-être quelque chose à tirer de lui, il ne pouvait s’empêcher de se remémorer toutes les fois où elle était simplement venue savourer un verre avant de s’en aller, sans rien lui demander en retour. Cette fois-là ne serait peut-être pas différente des autres. Peut-être pas. Il ne manifesta pourtant aucune intention de filer sans demander son reste. Calme et posé, il prit le temps d’entretenir la conversation, rôdé de cette habitude qu’un barman de son statut se devait de posséder. C’était à croire que son instinct pressentait que la soirée n’était pas terminée.

Il hocha la tête, lentement, lorsqu’elle avoua détester l’idée d’être prise au dépourvu au moment où les choses dégénèreraient. Il comprenait le sentiment, bien que sa malédiction ait quelque peu changé la donne ces dernières années. Il avait appris à apprécier chaque jour comme il était, et à ne faire que pester quand, finalement, le revers de la tranquillité venait. Les choses n’en étaient pas plus agréables pour autant. Chaque retournement de situation provoquait chez lui une profonde irritation. Irritation qui passait pourtant bien vite, lorsque les choses étaient maîtrisées. C’était un cycle basé sur l’instantané, et sur les sentiments qu’un événement donné lui faisait ressentir. Il s’efforçait de ne pas trop se projeter dans l’avenir, s’efforçait de ne faire qu’envisager les possibilités. Récolter les informations autour de lui, et sauvegarder chacun des avertissements, pour le ressortir et atténuer la frustration quand le mal se produisait. En dépit de cela, pourtant, il comprenait. Comprenait le sentiment de Simone. Comprenait son besoin de s’informer.

Aussi ne fut-il nullement surpris lorsqu’elle lui proposa de profiter, lui aussi, du vin qu’il lui avait servi. Elle désigna la bouteille, et il ne put que sourire face à la nonchalance dont elle faisait preuve dans une telle invitation. Le désir de boire en sa compagnie ne manquait pas, mais ce n’était pas la saveur du vin rouge qui lui faisait de l’œil à cette heure tardive. Il attrapa néanmoins la bouteille, hochant la tête aux mots de la vampire. « Hm. Je vous remercie de l’invitation. Je pense que je vais vous laisser l’honneur de le déguster, et me tourner vers cet excellent whisky dont on m’a vanté les merveilles toute la soirée. » Ce-disant, il avait terminé de la resservir, et s’était tourné vers ladite bouteille, soigneusement posée sur l’étagère. Il attrapa un verre d’un geste ample et rapide, le posant habilement sur le napperon de papier sorti au préalable. Puis il se servit, modestement — n’abusant jamais des quantités qu’il prenait à ses patrons, malgré leur tolérance face à sa propre consommation.

Alors qu’il se servait, il écouta attentivement les mots que Simone lui confiait. À mesure qu’elle lui parlait, il sentait qu’il avait bien fait de ne pas manifester l’envie de s’en aller. La vampire avait ses raisons pour être venue s’asseoir à son comptoir. Et il le respectait — tout autant que la conversation, dans une certaine mesure, le ravissait. Il n’était pas particulièrement fatigué de la soirée, ni particulièrement pressé à l’idée de rentrer. Le confort du club le satisfaisait grandement, et prolonger sa présence sur les lieux ne le dérangeait nullement. Lorsqu’elle formula finalement son désir de récolter les informations qu’il avait pu grappiller ses derniers jours, il ne put réprimer un sourire. Ce genre de sourire poli et intéressé. Ce genre de sourire qu’il ne servait qu’à ceux qui savaient reconnaître ses capacités, et qui, surtout, savaient en profiter.

« Pas particulièrement, non. » Il reboucha la bouteille de whisky, et se retourna pour la reposer sur l’étagère. Son ton laissait envisager que sa réponse ne s’arrêtait pas là — et d’ailleurs poursuivit -il rapidement. « Néanmoins… » Le mot en suspens, il s’assura que la bouteille était alignée avec les autres, avant de retourner faire face à Simone. Ses doigts se refermèrent autour de son verre, alors qu’il haussait les sourcils, un regard léger couplé au sourire malicieux qu’il affichait. « Pour ceux qui, comme vous et moi, sont adeptes de la chasse aux scénarii, il y a toujours quelque chose à se mettre sous la dent. » C’était un fait. Il le savait — elle aussi. Coup d’œil entendu, alors qu’il portait le verre de whisky à ses lèvres. « Il a fallu commencer à écouter entre les mots, pour percer le silence sous lequel essaie de se cacher la ville. » Il repose le verre sur le napperon. Le sourire s’est quelque peu atténué, alors qu’il plante ses yeux dans ceux de Simone. « Les gens ont peur. La recrudescence de vos jeunes semblables les inquiète, et tous ceux qui se souviennent du virus ont peur que les choses ne continuent dans cette lancée. Et que la prochaine fois, ce ne soit pas aussi facile de s’en tirer. » Il se redresse un peu, prend une inspiration. « J’ai cru comprendre que vous tentiez de développer des mesures pour encadrer les jeunes vampires qui sont nés des suites de l’épidémie. C’est une excellente initiative. Mais ça n’empêche pas la peur de se répandre. » Il ne critique pas, ne juge pas. Il rapporte ce qu’il a entendu et ressenti, interprète les auras terrifiées qu’il côtoie à longueur de soirées. « Il y a toujours autant d’attaques, malgré les efforts des chasseurs, et malgré les vôtres. Et les avis sont… Partagés. » Il hausse les épaules. Simplement. Reprend son verre en main. « Certains pensent que ça ne va faire qu’empirer. D’autres sont persuadés que la nature rétablira l’ordre des choses tôt ou tard. » Il boit, repose le verre, soupire doucement. S’accoude sur le comptoir, et se penche vers son interlocutrice. Les sourcils froncés. « Et si c’est le cas, si la nature décide de redresser la barre, j’ai l’impression que ce ne sera pas sans un autre genre de bain de sang. Ce qui n’est pas sans inquiéter, là encore. » Il secoue la tête. Soupire. « J’ai juste l’impression que tout le monde se rend compte que la ville est arrivée à un point tournant. Et que personne ne s’attend à ce que ça s’arrange avant longtemps. »

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neon demons, (simone)

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