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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
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 And let there be light (PV Simon)

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MessageSujet: And let there be light (PV Simon)   Mar 5 Sep - 20:31

Lire la Bible, c'est une corvée. Excusez moi du peu. La moitié du bouquin est une suite généalogique à mourir d'ennui et l'autre moitié te sort tout et son contraire. Entre les passages que j'avais lu, ceux que Hunter interprétait à sa sauce et ceux qui se contredisaient, ceux qui ne pouvaient pas être moralement appliqué... C'était un foutu bordel. J'avais fini par récupérer un vieil exemplaire de la Bible et le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'il avait triplé de volume tellement j'avais rajouté des post-its et des notes à l'intérieur.
Il faut me comprendre : de base, la religion, c'est pas tout à fait mon délire, voyez, alors quand je lis un bouquin comme ça, je me note des trucs, j'essaie de comprendre et je relis le bousin suffisamment pour être sure que j'ai compris tout ce que je pouvais comprendre avec mes faibles moyens. Cette lecture m'avait pris quasiment un mois et sans déconné, je me sentais un peu libérée. Je redécouvrais les joies de la vie. Ce livre avait été poncé dans tout les sens et maintenant, j'avais besoin de poser des questions. J'aurais pu les poser à Hunter... Sans doute qu'il aurait vu là dedans un genre de salvation, comme ça avait été le cas quand j'avais commencé à poser des questions pendant sa cure mais j'avais besoin d'un autre son de cloche, par quelqu'un agréer par l'église. Un prêtre, un curé, un évêque, je sais pas quoi. Un mec dont c'était le métier d'étudier les écritures.

Bon... Et un mec qui risquait pas de me fondre dessus dès que je posais une question trop osée, ça permettait mieux le dialogue, allez savoir pourquoi. Donc, ce matin, j'allais à la cathédrale, mon bouquin sous le bras et des vêtements multicolores sur le dos. J'aurais voulu faire plus sobre, mais soyons honnête, moins colorés voulait dire beaucoup plus sexy et si j'avais bien compris, fallait être plutôt pas trop sexy pour aller à l’église. Autant ne pas se mettre le prêtre à dos tout de suite, vous voyez. Déjà que j'avais cent cinquante mille questions à lui poser et que j'avais pas l'intention de m'en aller avant d'avoir des réponses concrètes et précises.

***

Une fois devant l'énorme édifice, je dois avouer que je me sens assez petite. C'est énorme, c'est tout gris et ça donne une petite impression que si tu crois pas en Dieu, ça va sans doute te gober. Je regarde l'édifice, le nez levé vers l'édifice, je dois avoir l'air fine, la bouche ouverte à commencer à flipper de rentrer là-dedans. C'est dingue ce que c'est énorme, ce truc... Je finis par regarder derrière moi en me demandant si personne à la même impression que moi et bien entendu, personne ne l'a. Ils passent tous à coté de l'édifice comme si de rien était. Je cligne des yeux et finis par m'avancer vers l'énorme porte et découvre qu'une petite porte s'y découpe. Le genre à taille humaine, que je me vois bien pousser. Ouf. Je pose la main sur le battant et le pousse. Bien entendu, il hurle comme un malade. Difficile de faire discret. Je passe la tête, regarde dans la cathédrale. Gauche et droite. Y a pas grand monde et y a un monsieur tout en noir avec un col blanc... Wikipédia dit que c'est eux les hommes d'église, les films aussi. Je rentre donc, ma bible hérissée de post-it contre moi. Cet endroit est  trop grand, trop imposant pour que je m'y sente vraiment à l'aise. Il y fait trop froid et Jésus sur sa croix, là... brrr... Ca me plait qu'à moitié. Je souris en pensant à ce que Asmodée m'a dit une fois, que ça a été piqué chez les Nordiques le coup des souffrances. Asmo, il a souvent ce coté viking toujours aussi fier de son peuple, de ses croyances. Même aussi longtemps après. Je m'approche du prêtre et chaque bruit que fait mes chaussures me fait jeter des regards aux gens qui prient, j'ai l'impression d'être un dinosaure dans un magasin de porcelaine. Une fois à coté du Prêtre,  je le regarde et souris. Paraitre calme, un peu détendue, même si c'est pas le cas. T'es là pour poser des questions légitimes à un mec qui à légitimement des réponses.

-Bonjour ! Je sais pas si ça se fait de parler comme ça au milieu d'une église mais j'ai lu la bible du début à la fin et... De un c'était très long et un peu chiant et de deux, j'ai des questions. Parce que y a des trucs bizarres, je trouve. Vous pouvez m'aider ?

Je montre ma Bible désormais aussi bariolée que moi. Je regarde autour de moi une nouvelle fois et regarde les croyants en train de prier.

-Ca se fait de dire que la bible c'est un peu chiant dans une église... ? J'ai fait une boulette, non... ?

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MessageSujet: Re: And let there be light (PV Simon)   Mar 24 Oct - 23:33

Simon n'était pas de ces hommes d'Eglise totalement renfermé sur leurs croyances et imperméables à toute nouveauté. Il ne lui serait jamais venu à l'esprit de renier à quelqu'un le statut d'enfant de Dieu simplement à cause de son genre, sa sexualité, sa nationalité, voire même de son espèce – le fameux Dieu en question ayant encore beaucoup d'adeptes parmi ceux et celles qui n'étaient plus humain depuis longtemps, voire plus rarement parmi ceux qui ne l'avaient jamais été. La foi transcendait toutes les barrières imposées par l'esprit humain et le prêtre partait du postulat que tant que ladite foi ne portait préjudice à personne, alors chacun était bienvenu à l'exprimer et la vivre comme il le désirait. Et chacun était libre d'en questionner les fondements et de trouver le meilleur des chemins à suivre. S'il pouvait apporter des réponses, Simon savait très bien qu'il n'était pas omniscient et que son savoir finissait tôt ou tard par devenir trop subjectif pour pouvoir le livrer avec un esprit libre. Mais jamais il n'aurait refusé le dialogue à quelqu'un venu le voir pour débattre et discuter, pas plus qu'il n'aurait fermé les portes de la maison de son Dieu à quelqu'un venu chercher asile. D'autant plus depuis qu'il aidait Asmodée à cacher certains de ses démons. Il avait appris à en connaître quelques uns et, si le dialogue avait souvent été difficile au départ, dans la plupart des cas une trêve avait été convenue et le chasseur commençait à revenir sur certaines de ses convictions. Il restait méfiant par principe, mais il avait réalisé qu'il était plutôt fermé d'esprit sur d'autres points. Points auxquels il s'efforçait de réfléchir depuis que cette curieuse situation avait commencée.

C'était perdu dans ses pensées que Simon, habillé dans sa tenue d'office, parcourait les longues allées de la cathédrale. A cette heure-ci et en pleine semaine, il y avait peu de gens assis sur les grands bancs de bois ciré ou simplement en visite à contempler les vitraux depuis l'intérieur de l'édifice et à en apprendre un peu plus sur le culte qui y était pratiqué. Le prêtre ne manquait pas de trouver l'endroit particulièrement apaisant. La faute, sans doute, au côté grandiose du lieu et aux paroles à peine murmurées dont l'écho filait sous les croisées d'ogives et le long des bas côtés où les promeneurs isolés venaient rendre leurs hommages, quand ce n'était pas juste des curieux flânant entre les alcôves.
Ce fut justement en passant devant l'une d'entre elles qu'il remarqua la jeune femme à la tenue aussi colorée que sa chevelure qui s'approchait de lui en serrant dans ses bras une Bible qui avait visiblement été beaucoup lue – ou du moins, lue dans le détail à en juger par la quantité de petits papiers multicolores qui dépassait des pages, lui donnant vaguement l'air d'un hérisson bariolé. Il la laissa arriver, notant le malaise qui semblait accompagner chacun de ses pas. Etait-ce l'église en elle-même qui lui faisait rentrer la tête dans les épaules ? Le bruit de ses pas sur le dallage froid ? Un conflit d'intérêts entre ses croyances et le culte qui se tenait entre ces murs ? Il n'en savait rien, et il prit le parti de ne s'en préoccuper que s'il pensait la nouvelle venue trop mal à l'aise. Cela dit, il ne s'était pas spécialement attendu à une déclaration aussi franche. Sourcils haussés sous la surprise, un sourire aussi amusé que bienveillant étira ses lèvres. En effet, ce n'était pas très délicat de déclarer ce genre de choses auprès de croyants qui auraient pu mal le prendre. Il était très conscient du fait que tous les chrétiens n'étaient pas aussi souples que lui, et encore : même lui avait ses limites. Mais pour le moment, elles étaient très loin d'être franchies, et il était curieux de savoir quelles questions la drôle de demoiselle allait lui poser.

- Disons que certains pourraient mal le prendre.

D'un geste, il l'invita à le suivre tandis qu'il terminait son tour de la nef principale. Il tentait de partager équitablement son temps entre son office et la cathédrale à proprement parler : parfois, certains fidèles avaient besoin d'une oreille physique à laquelle s'adresser et s'il pouvait les aider, il le faisait de bon cœur.

- Je vois que vous avez fait bonne lecture, en effet. Enfin, une longue et approfondie lecture tout du moins. Que puis-je faire pour vous aider ? Que voulez-vous savoir ? Je n'ai pas la science infuse mais si je peux vous offrir quelques pistes de réflexion, je ne doute pas que vous saurez les exploiter.
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MessageSujet: Re: And let there be light (PV Simon)   Mar 31 Oct - 16:56

Je ne m'attendais pas à un prêtre aussi joviale. Il a pas l'air d'être vexé, il ne ressemble pas du tout à l'image mentale que je m'en faisais. Comprenez moi bien, ma seule expérience avec quelque chose qui se rapproche d'un homme de fois, c'est Hunter et niveau tolérance, c'est quand même pas tout à fait ça. Du coup, je m'attendais plus ou moins à retrouver ce genre de schéma, vous voyez. Pas un mec classieux dans son vetement d'homme d'église qui s'amuse de ma trop grande franchise. Pfiou, la pression redescend, d'un coup. J'ai moins l'impression que je vais me faire brûler pour hérésie et c'est quand même un chouette sentiment.

- Disons que certains pourraient mal le prendre.

J'écarquille les yeux et souris encore un peu plus, surprise. Putain mais on m'avait caché que les prètres avaient de l'humour... Je cligne des yeux, un peu ébahi et je le suis quand il m'invite à le faire. L'église est moins flippante quand c'est un mec comme ça qui vous fait faire la visite.

« Mais, vous êtes le seul à avoir un peu d'humour ou alors c'est moi qui suis tombée sur une tête de c... Euh.... », dis-je avant de réaliser que jurer dans une église n'était pas très bien vu, le respect et toute ces choses. Je réfléchis donc à une façon de finir ma phrase et me gratte la tête. «  Ouais... Enfin... Je vais pas réussir à m'en sortir sans jurer et j'ai cru lire que c'était pas non plus très cool... Mais vous avez compris l'idée... »

La gêne absolue.  Je regarde autour de moi le décors et frissonne une nouvelle fois. En fait, j'aime pas du tout cet endroit. Je pourrais pas expliquer pourquoi mais ça me donne des sueurs froides, une impression d'obligation, d'autorité suprême auto-proclamée. J'aime pas ça, j'aime pas ça du tout. J'essaie de faire bonne figure. Je marche avec ma petite bible et le prêtre fait absolument tout pour me mettre à l'aise.

- Je vois que vous avez fait bonne lecture, en effet. Enfin, une longue et approfondie lecture tout du moins. Que puis-je faire pour vous aider ? Que voulez-vous savoir ? Je n'ai pas la science infuse mais si je peux vous offrir quelques pistes de réflexion, je ne doute pas que vous saurez les exploiter.


Bon, ok. C'est ma personne préférée du jour. Il est gentil et il est à l'écoute et il m'agresse pas. Ca fait deux mois que la cure de Hunter est terminée et j'ai encore du mal à me remettre des séquelles psychologiques. J'ai rarement fait autant de crises et cette gentillesse de la part d'un total inconnu dont j'ai limite insulté la foi me donne envie de lui faire des calins et de chialer comme une gamine. Je regarde Simon puis ma Bible et je mets un petit moment avant de retrouver le fil, en fait, je mets tellement de temps qu'on est à l'opposé de là où on avait commencé à se parler. Putain, c'est chiant d'avoir ces moments de perte de temporalité. J'ai cru que ça avait duré quelques secondes, tout au plus. Je regarde derrière nous, j'essaie de me visualiser parcourir cette route, pas moyen. Je soupire.

-Ben... Pour tout vous dire, j'ai aidé un ami de mon oncle à se sortir d'une mauvaise passe et il est très croyant. Genre. Très croyant, avec des pancartes à néons et des chants lyriques dès qu'il lève le petit doigt. Et il arrêtait pas de dire tout un tas de trucs sur le fait que les femmes étaient damnées qu'on était plus ou moins des catins, toutes, - ce que je suis littéralement mais c'est pas la question. En gros, pour lui, on est toutes condamnées à passer l'éternité, les fesses vissés sur un barbecue parce que c'est écrit dans la bible. Et j'trouvais ça très radicale. De conversation en conversation, il a fini par me dire que j'pouvais bien me taire parce que très concrètement, j'avais jamais lu la Bible.


Je m'arrête un peu et penche la tête. C'est la version édulcorée, ça. Très, très édulcorée. Mais passons, je reprends.

-Et c'était complètement vrai. Jamais lu. Pas vraiment envie de le lire parce que la religion et moi, ça marche pas. Donc, j'voyais pas bien l'intérêt de le lire. Bref, j'ai fini par le potasser chez lui sauf que quand il m'expliquait des choses... Ben... C'était très... A sa sauce quoi. Et ça finissait souvent par des trucs qui finiraient par rôtir en enfer. Donc je me suis dit que j'allais la lire de mon coté et en parler avec un mec de l'église qui a pas potassé ça dans une famille ultra-chrétienne ou papa battait fiston pour bien faire rentrer la foi. Chai pas pourquoi, ça m'a paru être une bonne idée.

Je hausse les sourcils et réalise que j'aurais pas dû parlé de Hunter comme ça. Je regarde le prêtre et renifle.

-On est d'accord que vous allez rien répéter de ce que je viens de dire, hein ? Non parce que j'veux pas non plus le mettre dans une situation délicate. Il a pas un mauvais fond. Juste... Aigri.

Je tripatouille un peu mes doigts comme une gamine prise en faute et continue à marcher avec le prêtre. Je sais pas bien où je veux en venir mais j'ai l'impression de devoir poser le contexte avant de me lancer, pour qu'il comprenne bien ma démarche. L'idée qu'il s'en bats les reins me traverse l'espace d'un instant mais de toute façon, c'est trop tard. Je regarde ma bible et soupire à nouveau.

-En fait, quand j'ai lu, j'ai pas bien compris comment tout le monde était d'accord sur comment faut être un bon chrétien. Parce que oui, ils disent « tu ne tueras point » mais on est d'accord qu'en vrai, niveau vengeance, la bible, elle se pose là quand même. On s'croirait dans Game of Thrones. Y a du sang toute les trois pages. Et puis Noé qui sauve les animaux et quand ça s'arrête pour remercier dieu, il les sacrifie. C'est quand même un peu à coté non ? Et y a aussi le passage avec les bandits, là. Où y a un couple de voyageurs qui s'arrêtent chez des gens pour la nuit et quand les bandits attaquent, le voyageur donne sa femme pour ensuite la faire lapider parce qu'elle est impure... Et j'comprends pas. J'comprends pas parce que dix pages plus loin on t'explique que c'est un dieu miséricordieux et la moitié des histoires qui créent la mythologie de votre religion, ben c'est comment Dieu a puni telle personne, comment telle prophète ou choisi de Dieu a vaincu ou éradiquer tel peuple pour ses blasphèmes. Ca ressemble pas vraiment à de la miséricorde. Si ?

Je regarde le jesus sur sa croix, il me fait toujours autant d'effet. Mon regard se tourne vers le prêtre.

-J'comprends pas. J'essaie de comprendre mais ça veut pas percuter. Et comment vous êtes sures que c'est les mots d'une puissance supérieur ? Pourquoi tuer au nom de Dieu ça passe ? J'ai raté la petite astérisque qui précise que ça va si c'est pour Dieu. Tuer, c'est tuer, non ? Et je comprend pas pourquoi Dieu punirait qui que ce soit vu qu'il est omniscient, omniprésent et omnipotent ? Je suis peut-être demeurée mais dans ma langue, ça veut dire qu'il sait, voit et peut tout. Alors comment qui que ce soit pourrait aller autrement que sur son chemin ? J'veux dire, soit il est omni-tout ce que vous voulez, soit il l'est pas mais si il l'est ben... Pourquoi il punierait des gens /anges/ toute créatures d'avoir agit comme ils l'ont fait puisque avant même de les avoir créer, il savait. J'veux dire, j'suis neuneu mais ça paraît un peu contreproductif....

Je m'arrête enfin pour reprendre mon souffle. Je pense que la conclusion à tout ça, c'est que je ne serais jamais croyante en fait. Parce que j'veux pas croire en une créature surpuissante qui se fait passer pour quelqu'un de miséricordieux alors qu'il est violent, vengeur et avide de sang comme n'importe quel autre dieu. Les humains sont pas parfaits mais au moins, ils ont jamais prétendus l'être dans leur globalité. Je regarde Simon, l'air désolé.

-...Je... Ca fait beaucoup d'un coup, non... ? Désolée...


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MessageSujet: Re: And let there be light (PV Simon)   Mer 15 Nov - 0:32

Simon n'était pas un prêtre particulièrement susceptible. Tant qu'on n'insultait personne et qu'on n'attentait pas à l'intégrité physique ou morale de quiconque, l'on pouvait bien se vouer au dieu de son choix. Il ne faisait pas partie de cette minorité bruyante de chrétiens persuadés que toutes les autres religions n'étaient qu'hérésies pures et que tous les infidèles étaient condamnés à l'enfer en plus d'être un affront aux yeux du Tout-Puissant. Il n'était pas de ceux qui jugent plutôt qu'éduquent, ni de ceux qui ne questionnent jamais les écrits saints. Au contraire : il prenait toujours un certain plaisir à débattre et chercher les différentes interprétations de la Bible ou des évangiles afin de comprendre où les avis divergeaient ; en plus de lui donner à lui une meilleure compréhension de sa foi, il pouvait donner plus de pistes, plus de détails, plus d'idées à ceux qui venaient le voir en questionnant leurs croyances ou en ne sachant tout simplement pas par où commencer.
Aussi n'était-il absolument pas réfractaire à l'idée d'aider la jeune femme aux cheveux bleus à mieux comprendre un livre qui, pour la plupart des gens, passait pour parfaitement obscur et était tout sauf passionnant à feuilleter.

- Si vous pouviez éviter de le faire trop souvent, ce serait bien. Mais un juron ou deux n'ont jamais tué personne.


Tant qu'elle ne ponctuait pas ses phrases de grossièretés tous les trois mots, elle pouvait bien se laisser avoir par son langage une fois de temps en temps, il ne lui en tiendrait pas rigueur. Lui-même avait du mal à conserver sa politesse lorsqu'il était énervé, chose qui arrivait suffisamment peu souvent pour être un bon indicateur des limites de sa patience.
Invitant la demoiselle à poser ses questions, il continua de marcher en sa compagnie derrière les imposantes colonnades des allées de pierre grise, saluant d'un signe de tête et d'un sourire un fidèle qui quittait les lieux. A cette heure-ci, l'endroit était calme : la plupart de ceux fréquentant la cathédrale était au travail ou pris par d'autres occupations. Il pourrait consacrer une bonne partie de son temps à la jeune femme sans avoir l'impression de faillir à ses devoirs envers les autres paroissiens.
Après quelques minutes de silence, elle prit enfin la parole. Silencieux, il se contenta de l'écouter, essayant de retenir tout ce qu'elle lui disait. Visiblement, elle ne devait pas avoir grand' monde avec qui discuter : même les gens les plus bavards ne parlent pas autant en livrant autant leurs pensées. Ou bien peut-être qu'elle ne possédait pas assez de filtres pour contrôler le flot de phrases qui s'échappait de sa bouche. Pas que cela dérange Simon, bien loin de là ; seulement, il n'avait plus vraiment l'habitude d'aussi longues tirades. Mais il écouta malgré tout, sans se forcer, attentif à ce qu'elle disait pour lui apporter les meilleures réponses. Cependant, il ne put s'empêcher de froncer les sourcils lorsqu'elle évoqua cet ami dont la foi lui avait été inculquée dans la douleur. Il reprit un regard plus doux pour lui répondre.

- Je n'en dirai pas un mot à quiconque.

Et il tiendrait parole. De toute façon, et à son plus grand désarroi, trop de parents forçaient leurs croyances dans l'esprit de leurs enfants à grands coups de semonces et de poings. Il ne comprenait pas et ne comprendrait jamais qu'on puisse s'en prendre à un enfant, et qu'on puisse s'en prendre à sa propre chair. Comment on pouvait décemment lever la main sur un être encore trop petit pour comprendre la distinction entre le bien et le mal, pour comprendre les subtilités d'un monde complexe et par trop de fois cruel.
Chassant ces pensées plutôt parasites, il se concentra et reprit le fil de la conversation – qui, pour le moment, n'en était pas vraiment une. Elle ne tarderait pas à le devenir.
Quand la jeune femme finit par conclure, le vieux chasseur ne put s'empêcher de rire un peu.

- C'était … plus que ce à quoi je m'attendais. Mais ne vous excusez pas d'avoir posé ces questions.

Il désigna un banc vide, l'invitant à s'asseoir, et prit place à côté d'elle. A l'arrière de la cathédrale, plus proches des portes que de l'autel, Plus en retrait, aussi, des quelques fidèles qui auraient pu les entendre. Il n'y avait pas besoin que des oreilles un peu baladeuse se mêlent d'une discussion qui ne les regardait pas.

- Tout d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il n'y a pas qu'une interprétation de la Bible et des écritures saintes : les langues dans lesquelles elles ont été rédigées ont donné lieu à des traductions parfois suffisamment différentes pour que certains versets soient viscéralement dissemblables de leurs équivalents. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a autant de paroisses différentes, et autant de façons d'appliquer sa foi.

Il pencha légèrement la tête sur le côté, tentant de donner le plus d'informations et de faits possibles, mettant son opinion de côté pour le moment.

- Beaucoup de traducteurs apprêtés par le Vatican et les plus hautes autorités de notre religion étudient les textes anciens, comparent leurs interprétations et les confrontent afin de trouver celle qui pourra être considérée comme la plus fidèle possible en comparaison du message qui a été transmis. Peut-être ne serons-nous jamais tous d'accord, peut-être le serons-nous un jour. En attendant, chacun est libre de choisir la version qu'il préfère. Personne n'est d'accord sur la façon d'être un bon chrétien. Les avis divergent énormément à ce sujet : certains pensent qu'on l'est en suivant scrupuleusement les écrits, les autres en honorant le Seigneur par des messes et des prières, d'autres en agissant dans le respect des valeurs véhiculées par la foi. Tu as lu les dix commandements, inutile de te les rappeler, mais nous pourrions les résumer par « ne fais pas de mal à autrui, sois bon avec les autres et Dieu te le rendra ».

C'était grossièrement résumé, mais ça donnait le ton : les commandements donné par Dieu à Moïse devaient guider les croyants vers une ère de respect mutuel et de dévotion bienheureuse. Les choses n'avaient malheureusement pas pris une tournure aussi sereine.

- Quant à Noé sacrifiant les animaux, l'épisode des voyageurs, la femme de Loth changée en statue de sel, le sacrifice d'Isaac … Cela reste des histoires écrites il y a presque deux mille ans, à une époque où très peu étaient lettrés et où les anecdotes de ce genre faisaient passer un message en impressionnant la foule des fidèles en étant particulièrement graphiques. Beaucoup de croyants aujourd'hui ne voient plus en elles qu'une mythologie permettant de transmettre des préceptes : ne pas défier Dieu, l'honorer, respecter ses invités … J'admets que les femmes n'ont malheureusement pas toujours le meilleur rôle. Je ne me ferai certainement pas l'avocat de ceux qui se servent de la Bible pour les réduire au silence et les considérer comme de moindre importance par rapport à eux : les sociétés ont évolué, ce sont des actes d'un autre temps.

Simon regardait devant lui, détaillant l'architecture de la cathédrale, les ogives, l'autel, le Christ sur sa croix veillant sur ceux et celles venus prier, se recueillir ou juste visiter par curiosité.

- Dieu ne punit pas par hasard. Il n'est pas sensé le faire, bien que certains versets puissent donner l'impression du contraire. S'il frappe, ce sont les adversaires des Hommes – qui sont plus souvent des Hommes eux-mêmes que n'importe quel démon envoyé par Lucifer pour tester la volonté et la droiture de la race humaine.

Légèrement penché en avant, il avait les avant-bras posés sur le dossier du banc devant eux et les doigts croisés. Il manquait un peu de place pour étendre ses jambes et sa grande taille n'était pas étrangère à ce léger désagrément. Mais il était plus agréable de discuter assis dans un endroit calme plutôt que debout à faire résonner le moindre pas entre les gigantesques murs de la cathédrale.

- Les gens ne suivent pas toujours le chemin choisi par Dieu. C'est bien pour cela que nous sommes dotés du libre arbitre : pour pouvoir choisir notre voie. Ce n'est pas le sentier que l'on emprunte qui est le plus important, c'est la destination. Vis la vie que tu souhaites tant que c'est une bonne vie et que tu as fait le bien ou, à défaut, que tu n'as pas fait le mal.

Il haussa légèrement les épaules.

- Et si les pécheurs sont punis, les repentant peuvent être pardonnés. Tout le monde a droit au Salut pour peu qu'il s'en donne les moyens. Il ne suffit pas de réciter quelques prières et de faire des ablutions pour se laver de ses maux. Mais œuvrer pour le bien en ayant la conviction sincère de vouloir réparer ses erreurs et racheter ses fautes est un bon moyen de se rapprocher du paradis. Je ne dis pas que tous les crimes sont excusables : je dis que les âmes qui ne sont pas noires peuvent toujours prétendre à l'absolution.

Le vieux chasseur se tourna vers la jeune femme en souriant.

- Et je crois que j'ai encore plus parlé que vous. Avez-vous d'autres questions ? Ai-je réussi à répondre à celles que vous m'avez posées ? Voulez-vous que je revienne sur un point précis ?

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MessageSujet: Re: And let there be light (PV Simon)   Jeu 30 Nov - 17:54

J'aime bien ce prêtre. Si un sentiment doit rester de toute cette conversation, ça sera probablement ça. Ce prêtre est sympathique. L'image qu'il dégage est à l'antipode de ce que  je m'était imaginé en écoutant parler Hunter. C'était assez fou de voir qu'on pouvait trouver quelqu'un de particulièrement modéré dans l'église. Du coup, malgré le stress de cet endroit qui me rappelait beaucoup trop de mauvais souvenirs, il arrivait à me mettre suffisamment à l'aise pour que je ne perde pas trop le fil de mes pensées. Mon léger blackout était passé inaperçue et j'en était plutôt contente. J'avais pas spécialement envie que cet homme me prenne pour une folle incapable de bon sens. Je voulais comprendre, je voulais discuter.  Après avoir parler pendant ce qui me semblait être une éternité, Simon m'assure qu'il ne dira rien à propos de Hunter. Je sais pas si ça me rassure des masses, de toute façon, dès qu'il s'agit de ce mec, j'ai l'impression de marcher sur des œufs. Ou des mines. Ma longue diatribe le fait bien rire et il est assez communicatif.

- C'était … plus que ce à quoi je m'attendais. Mais ne vous excusez pas d'avoir posé ces questions. Qu'il me dit en me désignant les bancs. Je suis pas mécontente qu'on s’assoit, j'ai sincèrement beaucoup de mal à ne pas me concentrer sur le bruit que font mes pas quand on marche. A croire que cette fichue cathédrale se donne un malin plaisir à tout amplifier à l'infini... Ça serait ouf pour un concert... Quelqu'un à déjà eu l'idée ? J'apprécie silencieusement le fait qu'on soit loin de ce qui me fout le plus la trouille dans toute cette Cathédrale : l'autel et sa monumentale croix. Sérieux, j'crois que je m'y ferais absolument jamais, c'est trop me demander... C'est quand même un mec punaisé à deux bouts de bois... C'est glauque, vous trouvez pas ? Brr...

En l'écoutant parler, plusieurs choses cliquent dans mon cerveau. La première et sans doute la plus importante : si ce sont des hommes qui traduisent et interprètent tout ça, ça signifie que la bible telle qu'on la connaît est la main de l'homme et pas celle d'un dieu. Et du coup, mon vrai problème : c'est un moyen d'asservir, c'est un moyen de contrôler ce que pense et ce que font les gens. D'humains à humains. Il est là le fond du problème pour moi. En réalité, c'est de ça qu'il s'agit. J'me fiche pas mal qu'on croit qu'un mec tout puissant, gigantesque vive dans l'espace mais qu'on se serve de ça pour contrôler des gens... Ça. Ça me pose un problème. La religion n'est pas faite pour moi, en tout cas, pas telle qu'elle est conçue. J'ai des croyances mais elle ne regarde que moi et je ne me vois pas les imposer aux gens sous prétexte que j'y crois, sous prétexte que j'irais pas en enfer. L'enfer, ça arrive aussi à des gens bien. Pour les histoires que je ai montrés, le prêtre m'assure qu'elles ne sont que ça. Et si je suis assez d'accord, force est de constater que y a des gens comme Hunter qui considèrent ses histoires carrément vrai ou si ça n'est vrai, ils les considèrent porteuses d'un sens qui n'est pas « sois bon avec autrui » mais plus « les femmes sont moins que les hommes ». De fait, elles ne sont pas que des histoires, elles sont des problèmes. J'apprécie le fait que le prêtre est modéré, qu'il est conscient que tout n'est pas rose mais plus il parle et plus je comprends mon point de  vue sur la religion en général et sur la religion chrétienne en particulier. Je comprends également le siens mais je comprends surtout pourquoi, moi, je n'y comprends rien. Cependant, une phrase me fait le regarder immédiatement, sans même réaliser la vivacité de mon mouvement. Je me tourne instantanément vers lui et le fixe. Selon lui, Dieu ne punit pas par hasard. Je fronce un peu les sourcils et me mordille la lèvre pour ne pas l'interrompre. Il m'a écouté jusqu'au bout et je n'ai aucune envie de me montrer impolie alors qu'il prend de son temps pour me répondre. J'écoute mais cette phrase me fait mal. Elle me fait mal parce que j'ai des centaines d'exemples où Dieu a frappé sans aucune raison. Des maladies sur des enfants, des créatures se repaissant de la chair – et on parle pas de créatures surnaturelles – si il ne frappait pas au hasard, pourquoi laissait-il ça arriver ? J'ai du mal à voir ce qu'une gamine de 4 ans atteinte de leucémie avait bien pu pouvoir faire pour mériter un truc pareil. Ca dépasse ma compréhension, ça dépasse ce que je peux supporter. Finalement, si je ne crois pas en Dieu, c'est surtout parce que je serais continuellement en pétard contre lui. Je serais un monstre de colère et de haine pour ce Dieu. Voilà pourquoi je ne comprends pas la religion...

Quand il se tourne vers moi en souriant, je lui rends même si je suis toujours en train de réfléchir à tout ce qu'il vient de me dire.

- Et je crois que j'ai encore plus parlé que vous. Avez-vous d'autres questions ? Ai-je réussi à répondre à celles que vous m'avez posées ? Voulez-vous que je revienne sur un point précis ?

Je secoue la tête et regarde ma bible puis les lieux.

-C'est rien, vraiment. Ca m'a permis de comprendre des choses. Donc, merci...

Je me tais un moment et je réfléchis. J'ai envie de dire ce que je pense mais j'ai pas envie de le dire d'une manière insultante. Il est gentil, il a accepté de m'écouter et de me répondre. Est-ce que j'ai d'autres questions. Je finis par sourire et me gratte la tête.

-aaaah.... C'est pas facile parce que j'ai des trucs à dire mais j'ai peur que ça soit insultant... Ou je sais pas... En tout cas... J'crois que la religion, c'est pas fait pour moi.  Croire en des choses, c'est bien... Etre spirituel aussi... Mais la religion... c'est... pour moi, c'est un problème. Sans vouloir vous offenser. Vous l'avez dit vous-même... La parole de Dieu, la Bible, tout ça, c'est interprété, traduit, manipulé par des hommes... Des humains. Et on peut tomber sur quelqu'un comme vous, qu'est sympa, compréhensif et qui comprend que la religion, c'est un guide de vie plutôt que la vérité absolue  sauf qu'on peut aussi tomber sur l'inverse ou sur des gens qui vont... utilisé tout ça pour apposé un statut, une puissance et de là où je suis, ça ressemble à de la domination et j'aime pas ça. A partir du moment où y a quelques personnes avec le pouvoir de déformer des choses sans que personne s'en rendent compte, c'est dangereux. C'est trop de pouvoir sur le mental des autres, sur la façon dont ils se construisent... Et qu'on soit d'accord, j'parle de la bible mais ça s'applique à tout plein d'autres trucs. Ma mère, par exemple, c'était l'anti-chrétienne par excellence. Toujours à prier des foutus démons, toujours à croire que c'était tous ses amis. C'est ce qu'elle m'a appris et sans déconné, ça doit être la plus belle connerie qu'on m'ai jamais inculqué. Enfin...

Je renifle un peu et le regarde un peu inquiète. En vrai, je sais pas si c'était insultant et je me gratte la tête.

-... En fait, j'pense que si je croyais en Dieu, je serais tout le temps en colère. Parce que j'suis pas d'accord avec vous : si y a un Dieu, j'suis pas persuadée qu'il punisse pas par hasard. J'suis pas persuadée de ça parce que y a pas mal de gens qui n'avaient rien fait et qui se retrouvent dans des situations horribles pour des raisons inconnues. J'ai vu des gamines d'à-peine 15ans se faire prostituer par des macs. Qu'est-ce qu'elles avaient bien pu faire ? Sans parler d'autre personne : j'me demande bien ce que j'ai fait à qui que ce soit pour avoir à vendre mon âme dans le simple but de pouvoir arrêter des hallucinations induites par des drogues données par des médecins qu'ont jamais été foutus de m'écouter trois secondes. Je sais pas. Sincèrement, je pense que ça me dépasse.



Je ris un peu et grimace. En fait, j'ai l'impression de lui avoir fait perdre son temps et ça m'embête un peu.

-En fait, j'crois que j'ai juste pas la foi et que c'est pas spécialement prêt de venir. Mais j'suis assez... admirative... Des gens qui sont capables de croire à ce point-là à quoique ce soit... Ca m'prend déjà un boulot monstre de croire en mes congénères. Du coup, j'sui au moins aussi obtue que Hunter... Je sais pas trop si c'est rassurant ou pas... Ca explique qu'on finisse toujours par se crier dessus, cela étant dit... Mais je comprends ce que vous me dites, vraiment... Simplement, j'arrive pas à le voir de votre point de vue ou je sais pas... J'vous ai un peu fait perdre votre temps, désolée. Mais c'est sympa de discuter avec vous. Vous êtes sans doute le chrétien le plus sympa que j'ai rencontré jusque là. Bon après, j'en connais... Deux. Bon peut être trois... Non. Deux. Enfin, tout ça pour dire que merci.

Je me tais un moment en espérant que je ne l'ai pas vexé. C'est sincèrement pas mon but et j'apprécie de discuter avec lui. Je finis par réaliser que je ne sais absolument pas comment il s'appelle.

-Oh... Au fait, comment vous vous appelez ? Moi, c'est Elie. Et avant que vous demandiez et pour vous donnez de quoi rire, parce que y a de quoi : c'est le diminutif d'Elehiel... Qui vient d'Elemiah... Oui. Le Seraphin. Et oui... Ma mère était fan des démons. Haha.

Je lui offre un grand sourire, absolument pas gênée si il se met à rire. J'essaie désespérément de détendre l'atmosphère. J'espère sincèrement qu'il rebondira sur ce que j'ai dit, j'ai envie de discuter et de comprendre et c'est toujours intéressant de parler avec des gens qui sont différents de vous. C'est important de s'y confronter et de savoir que ces points de vue, que ces autres visions existent.

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MessageSujet: Re: And let there be light (PV Simon)   Mar 19 Déc - 19:57

Simon avait beaucoup parlé, de même que la jeune femme dont il n’avait toujours pas demandé le nom d’ailleurs. Cela dit, ce n’était pas plus important que le reste de leur conversation. Il savait très bien que face à lui se trouvait une incroyante et il ne lui tenait absolument pas rigueur de ce manque de foi : elle avait fait des efforts pour lui poser des questions en faisant attention de ne pas être insultante, aussi prit-il garde à ne pas la froisser avec ses réponses. Il avait essayé de donner ses explications du mieux qu’il pouvait et il attendait désormais qu’elle lui réponde à son tour.
Chose qui ne tarda pas à arriver. Il la laissa parler une nouvelle fois et son idée selon laquelle elle n’avait jamais vraiment dû se confier à quelqu’un sembla se confirmer à chaque fois qu’une nouvelle phrase venait rallonger ses diatribes. Elles n’étaient pas désagréables cela dit, bien au contraire : elles donnaient au prêtre une autre vision du monde et cela en un discours bien moins agressif que celui de certains athéistes qu’il avait pu rencontrer dans sa vie. Il l’écouta donc et compris son point de vue tout en n’étant pas d’accord avec elle. Il la laissa finir avant de répondre.

- Tout ce qui existe, utilisé à mauvais escient, devient un outil de contrôle et de domination, qu’il s’agisse de religion, de politique, d’économie … Les réseaux de prostitution forcée et le consumérisme grinçant d’une bonne partie du monde constituent les fondements de beaucoup d’éducations tout aussi biaisée que si elles avaient été marquées par l’apprentissage d’une croyance fondamentaliste et intolérante.

Il savait l’Homme faillible et prompt à succomber à ses vices et ses faiblesses, et les plus envieux et avides de pouvoir ne reculaient devant rien pour arriver à leurs fins, dussent-ils manipuler et enchainer leurs pairs à des idéaux et des vies qui finissaient par les desservir. Toute bonne chose pouvait être détournée pour devenir une arme redoutable de manipulation et de destruction, qu’il s’agisse d’une croyance en un être supérieur, d’une couleur, d’un mot, bref : tout était susceptible de tomber entre les mains de personnes particulièrement mal intentionnées qui n’hésitaient pas une seconde à souiller une pensée qui était originellement pure et pleine de bonnes intentions. Ne dit-on pas d’ailleurs que l’Enfer en est pavé ?
Là où il ne manqua pas de froncer les sourcils, en revanche, ce fut lorsqu’elle avoua avoir vendu son âme. Ceux et celles qui en arrivaient à une telle extrémité se divisaient en deux catégories : les envieux et les désespérés. La jeune femme aux cheveux bleus entrait dans la deuxième case, si tant est que l’on puisse appeler cela une case. A quel point avait-elle dû souffrir de ce qui lui était arrivé pour vendre son âme et faire arrêter ce cauchemar ? A quel point sa mère l’avait-elle induite en erreur vis-à-vis des démons ? Qu’avait-elle bien pu traverser pour être aussi furieuse contre une bonne partie de l’humanité et de tous les autres ? Ces questions-là, il les garderait pour lui : hors de question, malgré sa curiosité et son envie de comprendre, de forcer la demoiselle à se remémorer des souvenirs visiblement douloureux. Il ferait peut-être quelques recherches, ceci dit ; peut-être même demanderait-il à Asmodée, la prochaine fois qu’il viendrait le voir pour cacher ses protégés, s’il pouvait retrouver le démon à qui elle avait vendu son âme.
Le prêtre sourit doucement à la jeune femme quand elle s’excusa de lui avoir fait perdre son temps – ce qui n’était absolument pas le cas.

- Je n’ai pas perdu une seule seconde en vous parlant. Après tout, vous ne veniez pas pour que je vous convertisse ou que je vous convainque des bienfaits que pourrait vous apporter ma religion – ou une autre d’ailleurs. Et c’est déjà louable à vous de croire en l’espèce humaine ; c’est une foi rare par les temps qui courent. Vous verrez : la plupart des croyants vivent leur vie sans essayer d’imposer leurs idées et leurs croyances à leurs voisins. Mais il suffit d’une petite majorité bruyante pour jeter le discrédit sur des gens bien.

Vint enfin le moment des présentations, un peu tard dans leur conversation mais ça ne dérangeait pas Simon plus que ça. Il lui rendit son sourire.

- Elehiel … C’est un joli nom. Vous le portez bien.

Il ne savait pas si elle le prendrait comme le compliment qu’il voulait lui faire. Il trouvait sincèrement que son nom lui allait à ravir : elle avait un petit quelque chose d’enjoué et, malgré son apparente désillusion, il avait l’impression qu’il restait en elle une étincelle d’espoir suffisamment brillante pour la guider même dans ses plus noirs moments. Mais il pouvait aussi se tromper : ce n’était que l’impression qu’il avait d’elle.

- Je suis le père Cavalier. Mais vous pouvez m’appeler Simon.

Après ce qu’elle venait de lui dire, il se doutait que l’idée de l’appeler « mon père » ou « père Cavalier » ne l’enchanterait pas vraiment. Il ne ferait pas grand cas de s’entendre appelé par son prénom.

- L’ami dont vous me parliez, je suppose qu’il n’est pas paroissien de la cathédrale ou d’une église de Blackwater Falls, hm ? Vous avez l’air d’avoir des avis plutôt divergents sur un certain nombre de sujets. Comment en êtes-vous venu à être amis justement ?

Il hésita un instant, puis finit par demander :

- Puis-je me permettre de demander pourquoi votre mère vous a appris que l’on peut faire confiance aux démons ?

Finalement, il laissait sa curiosité s’exprimer. Mais juste un peu.


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MessageSujet: Re: And let there be light (PV Simon)   Ven 29 Déc - 18:06

Il était sympa ce prêtre. C'était assez étonnant et pourtant, je me posais pas plus de questions que ça à ce sujet. On peut pas être poissarde à ce point à chaque fois. Au moins, sur ce coup-là, j'étais tombé sur quelqu'un de sympathique et d'aimable et ça changeait beaucoup de chose. Il m'avait écouté jusqu'au bout, ce qui était assez surprenant quand on savait que j'avais parlé sans interruption pendant plusieurs minutes et la chose qui me fait le plus plaisir, c'est qu'il ne me le renvoie pas dans la gueule. Pas comme Hunter a pu le faire. Pas systématiquement, dès que je prends le risque de développer une opinion. Il m'écoute et je suis assez sûre qu'on est pas d'accord sur beaucoup de choses mais il m'écoute, il ne me coupe pas, il ne m'agresse pas. En fait, il répond même aimablement malgré ce que j'ai dit et je suis un peu émerveillée que ça se passe comme ça. On est d'accord que tout peut être utilisé de manière néfaste. Mais je pense qu'il n'est pas d'accord avec moi sur ce que je dis de la religion, c'est pas étonnant.
Quand il fronce les sourcils, je réalise que j'ai trop parlé. Est-ce qu'on est sensé dire à un prêtre qu'on a vendu son âme... ? Pas sûre que ça se fasse mais bon... C'était un peu tard pour y penser, maintenant. Avec tout ça, j'suis pas persuadée de pas avoir fait perdre du temps au prêtre et je m'en excuse mais une fois de plus, il me surprend et je me retrouve à le détailler avec surprise et à ouvrir la bouche comme une gamine devant Rudolph parce qu'il me sourit avec une douceur absolue et me répondit toujours aussi calmement.

- Je n’ai pas perdu une seule seconde en vous parlant. Après tout, vous ne veniez pas pour que je vous convertisse ou que je vous convainque des bienfaits que pourrait vous apporter ma religion – ou une autre d’ailleurs. Et c’est déjà louable à vous de croire en l’espèce humaine ; c’est une foi rare par les temps qui courent. Vous verrez : la plupart des croyants vivent leur vie sans essayer d’imposer leurs idées et leurs croyances à leurs voisins. Mais il suffit d’une petite majorité bruyante pour jeter le discrédit sur des gens bien.

Inconsciemment, je lui tapote le bras. Je suis quelqu'un de tactile, c'est comme ça. C'est pas spécialement près de changer. Pas un seul instant, je me dis que ça devrait pas se faire. Ok, c'est un prêtre, mais il est pas en sucre et ça reste un humain. Non ? Bah, j'sais pas. En tout cas, l'un des badauds de l'église me dévisage comme si j'étais une horrible chose et je lui offre un grand sourire. Reflexe, voyez. Je reporte mon attention sur Simon et penche la tête.

-Vous avez sans doute raison... J'comprends. Après, pour être honnête, j'pars avec un sacré bagage, entre ma mère et les démons et mon oncle et les dieux nordiques, j'crois que j'suis un peu loin de la chrétienté sous toutes ses formes. Mais ouais, je devrais pas généraliser. Y a des gens très bien partout et des gens horribles partout aussi.


Quand je prends enfin la peine de me présenter. Il était temps, pas vrai ? Il reste calme et poli, comme d'habitude. J'aime bien cet homme, il est apaisant. Je lui dis mon nom et je m'attends à ce qu'il rigole au moins un peu mais en fait, pas du tout. Il me sourit, il hoche légèrement la tête avant de dire que j'ai un joli nom et que je le porte bien. Je hausse les sourcils et je me sens piquer un fard. C'est bien la première fois que je pique un fard comme ça... Enfin, la première... Peut-être pas non plus mais au moins, la première fois que je suis touchée par le fait qu'on trouve mon prénom jolie. De base, je peux pas voir mon patronyme complet en peinture mais Simon, puisque c'est comme ça qu'il s'appelle, a l'air de vraiment penser ce qu'il me dit. Ca me fait plaisir. Réellement, je lui rends un sourire un peu plus genée et me gratouille la tête.

-Je.. Euh. Merci, Simon. C'est. Vous m'faites rougir, c'est malin, ça.


Je rigole un peu et le pousse gentiment. Je suis plus à l'aise avec Simon qu'avec « Père Cavalier », forcément. Non pas que l'idée me soit complètement insoutenable de l'appeler comme ça mais je trouve que ça mets un truc entre lui et moi qui n'a pas vraiment lieu d'être. J'ai pas besoin d'un titre pour le respecter. En réalité, je le respecte déjà énormément même si on ne se connait pas depuis longtemps. Il a l'air d'être droit dans ses bottes, compréhensif et raisonnable. Quand on y pense, c'est tout l'inverse de Hunter. C'est rigolo, j'aurais cru que la religion avait un fond de culture normative mais on dirait pas. A moins que Hunter soit un genre de cas à part. Cela étant dit, avec ce que me dit Simon sur la petite majorité bruyante, j'imagine qu'en fait, c'est un peu plus compliqué que ça.

- L’ami dont vous me parliez, je suppose qu’il n’est pas paroissien de la cathédrale ou d’une église de Blackwater Falls, hm ? Vous avez l’air d’avoir des avis plutôt divergents sur un certain nombre de sujets. Comment en êtes-vous venu à être amis justement ?

Je redresse la tête et cligne des yeux, j'étais encore partie dans mes pensées et la voix de Simon, quoique douce, me fait l'effet d'un electrochoc. Je me retourne vers lui et considère un peu ce qu'il vient de me dire. Je lève les yeux au ciel pour refléchir avant de renifler.

-En vrai, j'en sais rien. Mais je vois comment il est et j'pense pas qu'il soit paroissien. De manière général, en fait. J'suis même pas persuadée que la religion soit vraiment quelque chose qu'il apprécie. De ce que j'ai pu en voir, c'est surtout un poid et un truc qui le conditionne à suivre une route qu'il veut pas suivre... Du coup, il fait n'importe quoi.

Je soupire et les hallucinations de Hunter me reviennent en tête. Mon regard se perd un peu dans le vague et quand je m'en rend compte, je prend ma bible et fais mine de la feuilleter.

-Et ouais, on a des avis très divergents mais c'est rigolo parce que la plupart du temps, on part presque du même constat. Bon peut être pas exactement pareil mais suffisamment pour que je trouve nos divergences... Surprenantes ? J'sais pas. On s'est rencontré parce qu'il bosse au club de mon oncle. Et que mon oncle l'apprécie beaucoup. En gros, Balty a découvert qu'il était tombé.. Enfin, retombé dans la drogue et il lui a proposé de dégager ou d'arrêter la drogue et de reprendre le travail. Et Balty a pris tout les frais en charge, vous voyez... Et vu que Hunter voulait pas aller à l'hosto, il m'a envoyé moi pour le baby-sitter. Ca peut paraître étrange mais j'connais bien les crises de manque et j'ai dû y faire face un certain nombre de fois. Pas avec de la drogue, drogue mais avec des médicaments. Pour faire court, les médocs étaient composé à peu près pareil. Bref, j'l'ai baby-sitté et c'était pas le meilleur truc qui lui soit arrivé. En vrai, il était en petard et j'ai bien cru que j'allais pas réussir à l'aider. Hunter, il a pas trente six mille façon de réagir et il comprend pas grand chose de plus que la violence -merci papa- du coup, c'était plutôt musclé... Mais en vrai, c'est pas quelqu'un de vraiment méchant. C'est juste quelqu'un qui a mal et qu'est perdu et à qui on a appris que ça faisait de lui un faible de demander de l'aide. Je pense pas qu'il me considère comme une amie. J'pense qu'il me voit comme un problème maintenant. Quelqu'un d'emmerdant qui l'a vu faible. Donc... Je suppose que le mot ami est pas spécialement bien choisi mais moi, j'l'aime beaucoup Hunter. Quand il baisse sa garde, c'est quelqu'un de chouette. Et puis on aime la même musique.


J'ai un petit rire assez abattu. En réalité, je pense pas que Hunter en ai quoique ce soit à foutre de moi. Pas maintenant que tout est fini. La seule chose qu'il va vouloir, désormais, c'est son bout de papier. Le truc que je lui ai promis mais c'est pas moi qu'il demandera à voir. Il en aura rien à secouer et... ca fait mal. Parce que je me suis attachée à cette tête de nœud. Simon me pose une nouvelle question et ça me replonge dans des trucs pas forcément agréable. Je le regarde et hausse les épaules en souriant.

-Si seulement je savais... Je pense que maman était un peu folle. Aussi loin que je m'en souvienne, elle a toujours entretenue une relation passionnée et à sens unique avec les démons... Elle faisait des trucs pour eux, elle les laissait la baiser -littéralement ou non. Elle s'était construite une image des démons assez... bizarres. Comme si c'était... des victimes et qu'ils ne demandaient que notre aide. Ce qui est très con... Mais au final, je pense qu'elle s'imaginait faire partie des privilégiés qui avaient leur confiance et elle voulait que je sois capable d'être aussi docile que possible avec eux et capable de leur faire complètement et aveuglément confiance... J'sais pas. J'me pose cette question depuis longtemps et j'pense que j'aurais jamais de réponse. Et c'est pas bien grave, c'est pas mon plus gros soucis dans la vie.

Je me laisse tomber contre le dossier du banc et regarde la voûte au dessus de moi. Ce bâtiment est vraiment gigantesque, c'est incroyable et très stressant aussi. Je ris un peu et finis par me tourner vers Simon.

-En fait, j'pense que sans vouloir insulter votre dieu ou votre foi mais pour maman, c'était un peu comme vous. Pourquoi est-ce que vous avez appris à avoir confiance en Dieu ? C'est une histoire de  croyance. Ça explique deux trois choses sur mon imperméabilité complètement à la religion, si on y pense.

Ca ne se voulait pas insultant. Je pense simplement qu'il y a des similarités dans la façon de recevoir les deux choses et de la concevoir. Du coup, je lui souris et finalement, pousse ma curiosité un peu plus loin.

-Dites-moi, Simon, vous avez toujours voulu être prêtre ? Comment vous l'êtes devenu ?

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And let there be light (PV Simon)

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