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 we don't choose our family, we live with it.

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MessageSujet: we don't choose our family, we live with it.   Sam 16 Sep - 15:13



   
   
   Mina & Eli.
   we don't choose our family, we live with it..

L
e réveil sonne. Le bruit irritant envahie la chambre toute entière. Mina ne bouge pas. Mina ne veut pas se réveiller et affronter cette journée. Yeux fermés, elle pousse un soupire digne d’une femme portant le monde sur ses épaules. Elle ouvre les yeux Mina. Elles les entend Mina, toutes ses voix, dans sa tête. Comme si elles étaient là, dans sa chambre, tout prêt alors qu’elle sait bien qu’elles peuvent venir de n’importe où. Mina se redresse et prend sa tête entre ses mains après avoir arrêter le réveil sur son téléphone. Elle referme ses yeux et se concentre, calme sa respiration et, petit à petit, comme elle l’a apprit il y a bien longtemps, elle réduit le flot des voix. Chaque matin, c’est le même rituel. Elle se croit de nouveau à l’âge de dix ans, ne maîtrisant rien de son don. Etre télépathe, c’est ne jamais être vraiment seule. Etre télépathe, c’est connaître les moindres pensées des gens. Elle entend tout Mina, et parfois, elle aimerait que cela ne soit pas le cas. Attrapant l’élastique posé hier soir sur sa table de nuit, elle vient s’attacher ses longs cheveux noirs et brillant en une haute queue de cheval. Elle repousse les draps sur le côté vide du lit et se lève, se saisissant de son téléphone au passage. Pied nus, uniquement vêtue d’un short et d’un débardeur, elle quitta sa chambre pour entrer dans une autre. Dans la pièce encore sombre, emmitouflée dans ses draps, dort du repos du juste Sophie. Sa fille cadette. Mina, sans bruit, s’approche du lit et vient doucement caresser les cheveux de la petite fille de neuf ans. « Bonjour mon petit ange … » Souffle Mina alors que fillette bouge dans ses draps et vient entourée son coup de ses bras. Mina sourit avant de venir embrasser le front de sa fille. « On se retrouve en bas pour le petit déjeuner d’accord ? » Encore endormie, la fillette acquiesce et Mina ressort de la pièce. Elle fait quelques pas et entre dans la chambre de son autre fille, Julia, qui a douze ans et ne cesse de la surprendre. Le même rituel commence et Mina réveille son aîné en douceur. Mina a parfois l’impression avec sa carrière d’avocate, de ne pas passer autant de temps avec les filles qu’elle le voudrait et que les filles elles-même le voudraient également. Alors, quand elle le peut, elle aime faire ça, réveiller les filles, prendre le petit déjeuner avec elle et passer une journée à leur être totalement dévouée. Une fois cela fait, elle se dirige vers la cuisine et commence à préparer le petit déjeuner pour elles trois. Aujourd’hui, Eli doit venir rendre visite aux filles. Comme à chaque fois, Mina est ronger par le stress. Elle ne sait même pas ce qui l’angoisse le plus Mina. Revoir Eli ? Le voir avec les filles ? Elle n’en savait rien.
La journée passa dans une certaine euphorie. Les filles étaient heureuses d’avoir leur maman rien que pour elles et Mina quand à elle, chérissait chaque seconde de ses moments-là, seule avec ce qui comptait le plus pour elle, ses filles. Elles étaient entrain de regarder un film toutes les trois quand on sonna à la porte d’entrée de la maison qu’occuper Mina et ses deux filles. Mina eu a peine le temps de mettre le film sur pause que les filles couraient déjà vers la porte d’entrée en criant « papa ! » à tout va. C’était pour cela que Mina était revenue en ville, pour cela qu’elle acceptait qu’Eli passe du temps avec les filles. Par ce que ses filles aimaient leur père et qu’elles avaient besoin de lui comme elles avaient besoin d’elle. Mina se leva, ajusta la jupe qu’elle portait et se dirigea vers la porte d’entrée, ses talons claquant sur le sol de la maison. A chaque visite d’Eli, Mina se devait d’être parfaite. Son ancien amant pouvait pensée que c’était pour lui, mais cette confiance que lui procurer le fait d’être « parfaite », Mina en avait besoin pour l’affronter, affronter cette rencontre. Quand elle arriva, les filles avaient ouvert la porte et leur père les serraient dans ses bras. Mina resta en retrait, ne voulant pas gâcher ce moment. C’était le leur après tout. Les pensées des filles étaient joyeuses, aux anges de voir leur père. Celles d’Eli était plus compliqué à déchiffrer, comme toujours, même pour Mina. Une fois les filles calmées, elle s’approcha et regarda Eli. « Salut. Entres, je t’en pris. » Lui dit-elle. Elle fit quelques pas et referma la porte derrière lui. Elle regarda ensuite ses filles puis à nouveau Eli. « Je crois que tu leur as beaucoup manquer. » Elle esquissa courageusement un sourire et les filles confirmèrent vivement. Les filles coururent dans leur chambre, sûrement à chercher tout ce qu’elles avaient de nouveau et à montrer absolument à leur père. Mina profita de l’accalmie pour conduire Eli au salon. « Comment vas-tu ? Tu as plutôt l’air en forme en tous cas. » Banalité quand tu nous tiens…
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MessageSujet: Re: we don't choose our family, we live with it.   Jeu 5 Oct - 11:42

Seize heures. Mina avait dit seize heures.

Seize heures, c’était l’heure du goûter. L’heure de s’asseoir à table et de s’empifrer en oubliant qu’il fallait garder de la place pour le souper. Seize heures, c’était l’heure du goûter, et Eli ne l’avait jamais oublié. Ça faisait des années qu’il était passé aux repas liquides et alcoolisés — mais il n’avait jamais pu oublier le fait que ses filles, elles, devaient avaler une ou deux sucreries quand venait l’heure tant attendue. Et il n’avait pas non plus oublié qu’il ne les connaissait plus. Qu’il n’avait aucune idée de ce qu’elles pouvaient manger au goûter. La pensée l’avait frappé alors qu’il attendait dans la petite boulangerie que l’on vienne le servir. Il avait voulu apporter quelque chose à manger pour le goûter, mais n’avait pas su pour quoi opter. Il était resté immobile, quelques instants. N’avait pas entendu la vendeuse s’adresser à lui. Et lui avait souri, finalement, avant d’opter pour deux pains au chocolat et un croissant. Juste au cas où — mieux valait en avoir trop que trop peu.

L’anxiété ne l’avait pourtant pas quitté, même une fois son choix fait. Tandis qu’il prenait la direction de la maison de Mina, la peur n’avait fait que grandir. Elle avait emménagé en ville depuis peu, et l’idée d’avoir les filles à proximité le rendait aussi anxieux qu’heureux. Mina lui donnait une chance. Une toute petite chance. Après toutes ces années à rester fermée à l’idée qu’il les approche, le vent avait enfin commencé à tourner. Il avait peur que les choses ne reviennent bien rapidement là où elles avaient si longtemps été, pourtant. Et cette anxiété était, peut-être, la plus poignante, à ce moment. Il s’était fait à la pensée de vivre éloigné de ses filles, bien malgré l’amour qu’il avait pour elles. Mais maintenant que la chance se présentait de rattraper le temps perdu, il espérait de tout cœur ne pas la gâcher. Et pour cela, il ferait ce qu’il fallait.

Il n’avait pas bu depuis la veille. Fut une époque où les jours où il était encore sobre à seize heures étaient rares, mais cette tendance était en train de s’atténuer avec le temps. Le retour de Lenny dans sa vie avait contribué à lui faire réviser quelque peu la manière dont il vivait, bien qu’il continuât de boire bien plus souvent que la majorité des gens. Chaque chose en son temps, qu’il se disait. Et l’important, pour le moment, c’était d’être sobre et exemplaire pour revoir ces trésors qu’il chérissait tant.

Il avait dit à Lenny qu’il serait de retour pour le souper. Il se doutait que la visite chez Mina ne durerait pas éternellement, et que la belle brune voudrait probablement reprendre les choses lentement. Le convier à l’heure du goûter était une chose ; le garder à souper le soir en était une autre. Et si d’aventure tout se passait mieux qu’il ne l’avait espéré, et qu’elle lui formulait la proposition de rester, alors il aviserait. Un coup de téléphone à Lenny serait vite passé. Elle comprendrait, après tout. Elle avait toujours compris.

Debout sur le pas de la porte, il prit une grande inspiration avant de finalement sonner. L’anxiété lui dévorait les tripes, à égale mesure avec l’empressement de revoir enfin les filles, et l’appréhension de se retrouver face à Mina après tout ce temps. Contre toute attente, cependant, ce ne fut pas la jeune femme qui lui ouvrit, mais bien les deux petites têtes que leur union avait engendrées. Rapidement, les bras de Sophie se refermèrent autour de ses jambes, tandis que Julia restait à côté, sautillant presque d’excitation. « Heyyyy, salut vous. » Il se baissa, posant le sac de la boulangerie au sol avant de soulever Sophie pour la prendre dans ses bras. Une fois redressé, il tendit le bras vers Julia qui vint bien rapidement se blottir dans l’étreinte qu’il lui proposait. « Mon dieu, que vous êtes grandes. » Sa voix retenait l’émotion qui l’étreignait, tandis que les rires des deux fillettes couvraient ses mots. Il soupesa quelques instants Sophie, toujours perchée dans ses bras. « Je ne vais bientôt être plus capable de te porter, va falloir rester à terre avec ta soeur. » Le rire de l’enfant se mêla au sien, plus doux. Apercevant Mina, qui était finalement arrivée dans le hall d’entrée, il reposa Sophie au sol, et laissa Julia se décoller. « Tenez, je vous ai amené le goûter. » Il ramassa le sac de la boulangerie et le tendit à Julia, tandis que Mina s’approchait. Les filles reculèrent d’un pas ou deux, inspectant avec empressement les pâtisseries que leur père leur avait amenées, tandis que leur mère le saluait. « Salut. » Il lui servit un petit sourire poli et calme, avant d’entrer comme elle le lui offrait. Il ôta rapidement ses chaussures, tandis qu’elle refermait derrière lui. « Elles m’ont manqué aussi, tu sais. » C’était un fait. Pas un jour ne passait sans qu’il ne pense à elles. Pas un jour ne s’écoulait sans qu’il ne regrette que sa vie ne soit pas plus adaptée à s’occuper de ses enfants. « Je leur ai amené de quoi grignoter pour le goûter. Je savais pas trop quoi leur prendre, j’espère ne pas m’être trompé. » Son ton resta simple, dépourvu de la moindre accusation. Il savait les circonstances dans lesquelles il vivait, et savait que Mina avait, d’un côté, probablement eu raison de les éloigner pour quelques temps. Cette pensée ne diminuait pourtant en rien la douleur qu’il s’efforçait de cacher — douleur qui, en présence des filles, avait finalement tendance à s’estomper.

Il releva les yeux vers elle, son sourire s’élargissant quelque peu. Il doutait avoir réellement l’air en forme, mais la politesse lui convenait. Pour le moment, à tout le moins. « Toujours moins en forme que toi, je pense. » Il enfonça machinalement ses mains dans sa veste, jetant un rapide coup d’œil aux filles. « Mais ça va. » Maintenant, en tout cas. Son regard se reposa sur Mina. « Et toi ? Comment se passe ton installation en ville ? » Il savait qu’elle était arrivée depuis peu. Et il savait également, pour y vivre depuis quelque temps, que cette ville avait parfois une étrange manière d’accueillir ses habitants. Il espérait néanmoins qu’aucune contrariété ne se soit placée sur son chemin — ou, si c’était le cas, il espérait alors pouvoir l’aider au mieux de ses capacités.

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MessageSujet: Re: we don't choose our family, we live with it.   Jeu 19 Oct - 12:14



   
   
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Q
uand Eli entra, la boule de stress se fit remarquer. J'avais encore parfois du mal à comprendre comment nous en étions arriver là. A ce que les papillons qu'il faisait naitre dans mon ventre qui m'avait donner les deux plus merveilleuses petites filles du monde était maintenant remplacer par une boule de stress, d'incertitude, de non-dit, de regrets et de rancœur. Je restais d'abord en retrait, le regardant interagir avec nos filles, visiblement très heureuse qu'il soit là. Si j'étais sur d'une chose concernant Eli, c'est qu'il aimait nos filles autant que les aimaient. Elles nous reliés pour toujours. En arrivant, je ne pu que voir l'émotion dans son regard et le bonheur de mes filles. Même après tout ce temps et sans mon don, j'arrivais toujours à lire en lui. Il envoya les filles prendre leur goûter avec les viennoiseries qu'il avait apporter et nous restâmes seuls. Je le saluais poliment, un peu mal à l'aise. « Salut. » Me répondit-il avec un sourire avant d'entrer pleinement dans la maison. C'était une vison plutôt étrange que de le voir, ici, dans ma maison. Je souris en le voyant enlever ses chaussures. Il n'avait pas oublier ... Ne sachant trop que dire, je restais sur le seule sujet que je savais positif : les filles. Je soulignais leur bonheur et combien il leur avaient manquer. C'était d'ailleurs l'une des raisons de mon retour, les rapprochées de leur père. Mon ancienne vie me convenait mais je sentais que mes filles avaient besoin de leur père alors, j'avais fais les sacrifices nécessaires. Pour elles. « Elles m’ont manqué aussi, tu sais. » Je refermais la porte et le regardais quelques secondes sans parler. Je hochais finalement la tête, grave. " Je sais. " Je ne doute pas de combien cela à du être dur pour lui de ne pas faire partie de leur vie. Je crèverais surement d'un seul jour passer sans elles. J'avais été dur j'en étais consciente. Peut-être trop ? Je n'en savais plus rien. A l'époque, partir et protéger mes filles m'avait sembler la meilleure solution. « Je leur ai amené de quoi grignoter pour le goûter. Je savais pas trop quoi leur prendre, j’espère ne pas m’être trompé. » Je glissais une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. " Nos filles ne sont pas difficiles et je suis sur qu'elles trouveront leur bonheur. Ne t'en fais pas. " Lui assurais-je, souriant poliment.
Je le conduisis ensuite au salon alors que les filles étaient dans la cuisine. Je complimentais son apparence. Il semblait aller bien mieux que les dernières fois où je l'avais vu et j'en été finalement très contente pour lui. Bien sur que j'avais des griefs contre lui mais j'étais loin de détester Eli, pas quand cet homme m'a offert le plus beau des cadeaux. « Toujours moins en forme que toi, je pense. » Dit-il en enfonçant ses mains dans sa veste, probablement aussi nerveux que moi. Je souris à son compliment. « Mais ça va. » Je le regardais. " Tant mieux. Je suis contente pour toi." Lui dis-je, sincère. Il porta alors son regard sur moi. « Et toi ? Comment se passe ton installation en ville ? » Me demanda t-il. Je m'assis alors sur le canapé, croisant les jambes et en tournant mon regard vers lui. " Moi ? Eh bien écoutes pour le moment ça va ! Enfin les dernières semaines ont été un peu folles. Il y avait beaucoup à faire mais cela semble s'être calmer maintenant que nous sommes installées. " Commençais-je par lui raconter. " Les filles s'acclimatent plutôt bien ! Julia fait du patins à glace. Je ne sais pas si tu le sais. Elle s'y est fait rapidement des amies. Pour Sophie, c'est un peu plus compliqué, elle est plus ... timide et effacée mais je suis sûr  et certaine que ce n'est qu'une question de temps avant que tout rentre dans l'ordre. " Lui assurais-je, souriante en attendant les filles se chamaillaient gentiment dans la cuisine. " Installe-toi ou tu veux. Ne restes pas debout. " Lui dis-je. " Est ce que je peux t'offrir quelque chose ? A boire ? A manger ? " Lui demandais-je en bonne hôtesse que j'étais.

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MessageSujet: Re: we don't choose our family, we live with it.   Jeu 2 Nov - 14:15

Depuis le début, ils avaient tout fait dans le désordre. Mina était tombée enceinte trop vite, et ils n’avaient pas réfléchi plus longtemps avant de s’installer ensemble. Ils ne s’étaient pourtant pas mariés, et lorsque les choses s’étaient compliqués, ils avaient fait l’erreur de penser qu’une deuxième petite poupée pourrait tout arranger. Eli savait, alors, qu’il y avait peu d’espoir que les choses ne changent. Mais il avait pourtant voulu Sophie, et n’avait jamais regretté ce qu’ils avaient décidé. À les voir évoluer ainsi, près de lui, si près de lui, il n’y avait aucun regret possible. Le seul qui lui venait était son unique responsabilité. Et même Mina, qui n’avait pourtant en rien aidé, n’était à blâmer pour les choix qu’il avait fait.

Les voir là, toutes les trois, lui rappelait ce qu’il manquait chaque jour depuis plusieurs années. Cette vie de famille pour laquelle il était fait, au fond de lui — il le savait. Cette vie aussi paisible que mouvementée qu’il n’avait pourtant pas été capable de construire avec la belle brune. Peut-être les choses changeraient-elles, maintenant que Lenny était là. Peut-être. Rien n’était pourtant sûr — et pour l’heure, Eli essayait d’éviter d’y penser. Pour l’heure, tout ce qui importait, c’était Mina et le temps perdu — les filles, et le temps à rattraper.

Politesse et courtoisie subsistaient entre eux. Ce n’était pas dans leurs habitudes d’ouvrir les hostilités alors que les filles étaient à côté — et après aussi longtemps à ne pas s’être vus, il espérait que les hostilités s’abstiendraient simplement de démarrer. Il n’avait aucune envie d’avoir à régler des comptes maintenant. Tout ce qu’il souhaitait, c’était que les choses s’améliorent entre eux. Qu’il ait à nouveau le droit de voir Julia et Sophie — avec elle, tout d’abord, puis, petit à petit, seul. Il aurait voulu pouvoir les emmener se promener, leur montrer son appartement. Leur présenter Lenny, lorsque le temps viendrait. Passer une soirée sur le canapé, devant un bon film, avec une bonne assiette. Il aurait été capable de s’occuper d’elles. Responsable, bienveillant. Mais il savait que c’était impossible, pour le moment. Il savait que Mina serait réticente à le lui accorder, et savait que son alcoolisme était quelque chose qui l’empêcherait de les avoir pour lui, encore quelque temps. Il lui fallait simplement être patient. Respirer, et accepter l’idée que chaque chose se ferait en son temps.

Mina avait pris place dans le canapé. Eli, lui, se tenait toujours debout, absorbé par les mots qu’elle lui servait. Il aurait pu s’asseoir, il le savait ; pourtant, il restait planté là à la regarder. À l’écouter parler de son emménagement, et de la vitesse à laquelle Julia s’était liée d’amitié avec ses camarades de patin à glace. Il avait secoué doucement la tête, lorsqu’elle l’avait informé du sport que leur fille avait commencé ; non, il l’ignorait. Il n’avait pas eu assez de nouvelles, ces derniers temps, pour en être informé. S’il acceptait l’idée, la pensée de ne savoir qu’aussi peu de choses sur ses deux princesses le peinait. Il espérait avoir le temps de se rattraper — espérait que Mina lui en laisserait l’opportunité. « Il faut lui laisser le temps. Elle va s’habituer à son nouvel environnement. » Il ponctua ses mots d’un petit sourire, calme. Il ne faisait aucun doute que leur cadette se ferait à sa nouvelle ville. Avec les parents qu’elle avait, l’adaptation était comme une seconde nature. Et si Julia n’avait pas mis longtemps à le prouver, il n’avait aucun doute dans le fait que Sophie le comprendrait bientôt, elle aussi.

Dans la cuisine, les filles se chamaillaient tranquillement. Il eut un petit sourire lorsque Mina lui proposa de s’asseoir, et s’exécuta, les mains toujours dans les poches. Il s’installa sur le fauteuil à côté du canapé, fronçant les sourcils en réfléchissant à quoi lui demander. « Juste un verre d’eau, ce sera parfait. » Chez n’importe qui d’autre, sûrement aurait-il commandé de l’alcool fort. Un petit verre, en fin d’après-midi, pour amorcer la soirée. Mais il était chez Mina. Il y avait Sophie et Julia, dans la pièce d’à côté. Et il chérissait trop la chance qu’on lui donnait, à cet instant précis, pour faire quoi que ce soit qui la compromettrait. « Merci. » Merci d’être polie, merci d’avoir proposé.

Finalement, les filles ressortirent de la cuisine, chacune une assiette en main. Les viennoiseries semblaient avoir trouvé des dents pour les grignoter, à la grande satisfaction du Murphy. Alors qu’elles s’approchaient pour poser leurs petites assiettes sur la table, il leur sourit, les laissant s’installer sur le canapé. « Alors, il paraît que tu as commencé le patin à glace ? » Julia hocha la tête, léchant le côté de sa main pour y enlever la petite traînée de chocolat qu’elle venait d’y faire. « Oui. J’ai deux cours par semaine. » « Et ça te plait ? » « Hu-uh. Tu sais patiner ? » Il eut un léger rire, se reculant dans son fauteuil. « J’ai su. Un peu. Je pense que j’ai oublié comme on fait, depuis le temps. » Julia échappa un petit rire, alors que son regard à lui se posait sur Sophie. Sophie, qui grignotait son propre pain au chocolat sans un mot — appliquée. Sophie, qui avait l’air hésitante sur la manière dont elle se comporter. « Et toi, princesse, tu aimes ça patiner ? » Elle haussa les épaules et hocha un peu la tête, sans vraiment relever les yeux. Et la vérité le frappa alors : il ne les connaissait pas. Elles étaient son sang, elles étaient sa chair, mais il n’avait aucune idée de leur personnalité, ou de leurs habitudes de vie. Il avait loupé trop d’années pour pouvoir réellement les rattraper, et devrait désormais vivre avec les conséquences. Il devrait accepter l’idée que, lorsqu’il les regardait, il avait manqué plus de la moitié de leur vie. Elles avaient été contentes de le voir arriver, contente de le saluer — parce que c’était vrai, il leur avait manqué. Mais maintenant qu’elles l’avaient embrassé, la maladresse de la réalité resurgissait. Il ne les connaissait pas — pas plus qu’elles ne le connaissaient. Et peut-être la présence de Mina entre eux n’était-elle pas une mauvaise chose, au final. Quelqu’un qui les connaissait — quelqu’un qui le connaissait. Et qui pourrait les aider, avec un peu de chance, à resserrer ce nœud qui s’était desserré, pour se défaire progressivement avec les années.

hors rp:
 

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MessageSujet: Re: we don't choose our family, we live with it.   Dim 12 Nov - 9:01



   
   
   Mina & Eli.
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N
ous voir évoluer tous les quatre était vraiment étrange, comme un retour dans le passé ou une image de ce que notre vie de famille aurait pu être si il n’y avait pas eu toutes ses difficultés. Je m’y laisserais presque prendre mais je sais que les chose ne pourront jamais redevenir comme elles avaient pu l’être. Trop d’année ont passées. J’avais appris à vivre sans lui, à élever mes filles seuls tout en poursuivant ma carrière. Ce n’était pas facile. J’aurais parfois aimé avoir quelqu’un dans ma vie pour m’épauler. J’aurais voulu compter sur Eli pour m’aider. Mais voilà, j’avais du faire sans lui et j’avais fini par m’en sortir plutôt bien si vous voulez mon avis. Je m’installais sur le canapé pour discuter alors qu’Eli resta debout pendant que les filles prenait leur goûter dans la cuisine. Je lui parler alors de notre emménagement et de comment l’installation se passer pour toutes les trois, en insistant sur le ressenti des filles, sachant très bien que c’était au fond ce qu’il voulait savoir. Julia, fidèle à elle même, n’avait eu aucun soucis à s’adapter alors que c’était plus difficile pour notre benjamine. « Il faut lui laisser le temps. Elle va s’habituer à son nouvel environnement. » Il me sourit et je lui souris en retour également. Je hochais la tête. « Je n’en doute pas. Je crois qu’on peut dire que l’adaptation est dans ses gènes … Mais c’est notre bébé, je ne peux pas m’empêcher de m’en faire pour elle même si j’essaye de ne pas le lui montrer. » Confessais-je en haussant les épaules. C’était le lot de tous les parents et plus encore des mères que de s’inquiéter constamment pour leur enfants, jusqu’à leur dernier souffle.

Le voyant toujours debout, je lui proposais alors de s’asseoir. Cela serait plus confortable pour lui et pour moi. Le voir debout me gênée. Cela accentuer le malaise qui s’étiolait néanmoins petit à petit. Il vint s’asseoir sur l’un des fauteuils. Je prenais une profonde inspiration, m’adaptant à sentir à nouveau sa présence à mes côtés, même pour quelques heures. Je lui proposais alors à boire. « Juste un verre d’eau, ce sera parfait. »  Je me levais  en le regardant. « Je t’apporte ça tout de suite. » Dis-je en allant dans la cuisine. Je sortis un verre et le remplis d’eau fraîche avant de revenir au salon, lui tendant le verre pleins. « Merci. » J’esquissais un sourire. « Je t’en pris. Ce n’est qu’un verre d’eau. » Lui dis-je alors que je croyais déceler dans son merci beaucoup plus qu’il n’y paraissait. Les filles ne tardèrent pas à nous rejoindre. En les observant approcher, je ne pu qu’être remplis de fierté. Elles s’installèrent sur le canapé, près de nous. Eli commença alors à discuter avec elles. Je restais en retrait, les observant simplement. Evidement, Eli et Julia parlèrent du patin à glace. Julia demanda alors à son père si il savait patiner. Je pouffais de rire à la réponse d’Eli. Je sentais dans la question de Julia tout l’espoir qu’elle avait, de peut-être pouvoir partager ça avec son père. Je souris. « Peut-être que ton père pourrait venir à ton prochain entraînement si tu es d’accord et si il est disponible ? » Lui demandais-je en lui souriant. Son visage s’illumina et pour ça, les sacrifices que je devais faire me sembler facile. « Oh oui ! Ca serait super papa ! " Lâcha Julia, pleine d'espoir. Je me tournais alors vers Eli. « C’est le mardi et le vendredi, de 16h à 18h. Tu penses que tu pourras venir ? Tu verras combien elle est douée. » Lui dis-je en attendant sa réponse. J’étais revenir en ville pour me rapprocher de lui, pour que les filles passent du temps avec lui, même si c’était encore difficile pour moi de lui faire totalement confiance mais il fallait bien commencer quelque part et je savais que cela rendrait ma fille heureuse que de voir son père venir la voir évoluer sur la glace. Je ne pouvais pas lui enlever ça. Il se tourna alors vers Sophie, effacée, mangeant son pain au chocolat en silence. Connaissant ma fille, je savais qu’elle avait encore du mal à savoir quel comportement avoir envers Eli, envers ce père qu’elle connaissait finalement peu, ce qui était autant de ma faute que celle d’Eli puisque j’étais partis, les emmenant avec moi. Mon cœur se serra mais je savais que c’était aussi à moi de faire en sorte qu’ils s’apprivoisent l’un l’autre. « Et toi, princesse, tu aimes ça patiner ? » Lui demanda Eli. Elle hocha simplement les épaules, timides. Je glissais une main dans mes cheveux en croisant mes jambes. " Je crois que c'est plus une artiste qu'une sportive notre Sophie. " Je souris en regardant ma fille dont les joues rosirent d'être le centre de l'attention.

Après avoir pris leur goûters, les filles allèrent s’amuser ensemble dans l’une ou l’autre de leur chambre. Je me tournais alors vers Eli. Mon don m’avait permis de savoir qu’il regrettait ses années passaient loin d’elles. A cause de lui, à cause de moi aussi. Ils ne se connaissaient pas. Il ignorait beaucoup de chose sur nos filles. Des petites chose que le quotidien nous apprend. Les filles non plus ne le connaissait pas. Julia avait plus de souvenirs mais pour Sophie, son père était presque comme un étranger. Je glissais une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, cherchant les mots. Je ne regrettais pas les décisions difficiles que j’avais prise aux fils du temps. Mais maintenant, avec le recul, j’avais peut-être agit malgré moi plus égoïstement que je ne l’avais pensée au départ. «  Je … » Je le regardais en riant tristement. « Elles sont parfaites. Vraiment. C’est le plus beaux des cadeaux que tu ai pu me faire Eli … Tu comptera toujours pour moi à cause de ça. » Soufflais-je. « Tu sais je … Je vois étrangement beaucoup de toi dans chacune d’elles. Tu es leur père, elles t’aiment, c’est indéniable. » Commençais-je en le regardant toujours, me faisant violence pour lui dire toutes ses choses que je pensais mais que la rancœur et les regrets avaient du mal à faire sortir. « Si je suis revenue … Si j’ai fais en sorte de les rapprochées de toi, c’est par ce que je pense que c’est le bon moment. Pour elles mais aussi pour toi Eli … Elles ont beaucoup de chose à apprendre sur toi et tu as à apprendre sur elles. » Continuais-je en détournant mon regard de lui, trouvant cela plus facile pour lui parler que de voir ses yeux me regardaient et me jugeaient. « Cela prendra du temps … Je sais que tu en ai conscient … Mais elles ont besoin de leur père. Sois ce père que je sais que tu peux être pour elles. Cela en vaut la peine. » Dis-je, ma voix s’éraillant légèrement à la fin. Je venais me racler la gorge et ramassais les assiettes des filles pour aller les mettre dans le lave-vaisselle, espérant canaliser le flot d’émotion qui avait perfidement pris possession  de moi.
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