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 Night talk • Asmodée&Alrune

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MessageSujet: Night talk • Asmodée&Alrune   Lun 16 Oct - 14:20


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Asmodée & Alrune




Resserrant ma veste autour de moi, j’accélérai le pas pour traverser plus vite encore le froid qui occupait toujours les nuits du mois d’avril à Blackwater Falls.
Le chemin entre la mairie et les résidences de la haute ville prenait une bonne demi heure mais j’avais l’habitude de parcourir cette distance, si bien qu’à présent elle ne me semblait durer que quelques minutes alors que je cherchais des détails, reconnaissais des habitudes ou m’accrochais aux jeux d’ombres derrières les fenêtres éclairées. J’aimais marcher : après tout, on ne rencontrait personne en s’enfermant dans une voiture... À part peut être en signant un constat. 

Arrivée enfin dans le quartier bourgeonnant de belles résidences trop grandes pour être décentes, je bifurquai sur une ruelle à ma gauche, empruntant un chemin plus étroit à circulation à sens unique. Bientôt, le manoir dans lequel habitait Asmodée se dessina devant moi. Une énorme bâtisse fort vide de monde. J’aurais certainement pu demander à mon ami, lors de mon arrivée à Blackwater Falls de me prêter une de ses chambres, de la louer peut être même à terme... Mais je tenais tout de même à mon indépendance et Asmodée avait de toute façon déjà bien assez fait pour moi. Alors j’avais choisi de m’installer près de chez lui et la providence (et peut être aussi ma force de persuasion) m’avait permis de trouver un appartement à deux pas de son entrée. C’était un logement agréable, une centaine de mètres carrés au troisième étage, un beau parquet massif et de grandes fenêtres qui illuminaient confortablement les pièces à grande hauteur sous plafond. En m’installant il y avait de ça près de 15 ans déjà, j’avais sacrifié une des trois chambres pour en faire une bibliothèque, et une seconde, plus petite, pour un dressing. De toute manière une chambre me suffisait largement, étant donné que je n’hébergeais généralement qu’une personne à la fois et que le lit king size suffisait largement pour deux... 

Sortant les clefs de ma longue poche de manteau, j’ouvris la porte du hall avant de filer vers l’escalier que j’escaladai rapidement. 
Lorsqu’Asmodée m’avait contacté plus tôt dans la journée pour m’inviter à passer, je n’avais à aucun moment imaginé aller directement chez lui sans prendre la peine de creuser un peu dans ma réserve personnelle. La bienséance et l’éducation - même inachevée - que j’avais reçu ne me permettaient pas de me présenter chez quelqu’un les mains vides, encore moins lorsque ce quelqu’un était mon ami le plus cher. Un bonheur partagé en valait deux, voilà une chose à laquelle je croyais.
Passant ma porte d’entrée je fût accueillie par un Roverandom aussi enthousiaste qu’à son habitude. Il n’y avait bien que pour lui que je pouvais accepter de perdre quelques précieuses minutes d’une excellente soirée en prévision. Me mettant à sa hauteur, je gratifiai l’animal de quelques caresses avant de me relever pour prendre la direction de la cuisine. Après avoir vérifié que ma créature a quatre pattes avait bien tout ce dont elle pouvait avoir besoin, je me penchai sur une grande armoire réfrigérée à l’avant vitrée et au travers de laquelle on pouvait voir des dizaines de bouteilles proprement alignées. Il ne me fallut pas longtemps pour attraper un Saint Emilion, le caler précautionneusement dans un grand sac, lancer quelques mots d’amour à mon chien et redescendre les marches de l’appartement. 
L’instant d’après, la rue était traversée et j’appuyais sur l'interphone du château fort d’en face. Quand la sonnerie fini de retentir je lançai un regard faussement condescendant à la caméra : 

‹‹ Je dois vraiment me présenter ?  ››

L’impressionnant portail fini par s’ouvrir sur mon air ravi qui s’intensifia plus encore quand, une fois la première partie du chemin traversée, j’aperçu Asmodée dont la silhouette sur le perron se découpait dans la lumière venant de l’intérieur. 
Le rejoignant enfin, les lèvres irrémédiablement relevées en un sourire, je m’approchai de l’homme pour glisser ma main sur sa nuque, l’attirant à moi avant de poser un baiser sur sa joue, sûrement trop proche des lèvres pour une personne normale. Tout le monde n’était pas démon de la luxure... 

‹‹ Bonsoir, bel homme.  ››

Prononcé avec un air mi amusé alors que ma main quittait sa place. 

‹‹  Tu me fais entrer plus vite si je te dis que j’ai amené une bonne bouteille ? ››

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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Dim 22 Oct - 8:53

Le gros problème quand on donne sa confiance à quelqu'un, quand on est moi, c'est qu'on est tellement persuadés que jamais rien viendra casser cette confiance. Spoiler alert : j'avais pris la plus grosse claque que j'ai jamais prise. Un genre de retour de karma de ce que j'allais probablement faire à Bélial. Ca m'apprendra. En attendant, le départ de Tobias faisait mal. Beaucoup plus mal que ce que j'imaginais. Je passais mon temps à boire, fumer, travailler et faire la fête. J'évitais l'inactivité à tout prix, que ça soit avec des hommes, des femmes ou quoique ce soit d'autre qui me passait entre les mains.
Après des jours et des jours au même rythme, j'étais vidé. Physiquement et mentalement. J'aspirais au repos. Simplement dormir, récupérer, se remettre debout... Passer à autre chose ?

J'en sais rien. En tout cas, aujourd'hui, j'avais annulé tout mes rendez-vous, j'avais dit à Simone que personne ne devait me déranger et ça avait eu l'air de la soulager grandement. J'avais fait exprès de ne pas relever... J'ai honte, vous voyez. J'ai honte de m'être fait couillonné à ce point-là. Honte d'avoir été si con et de ne pas l'avoir vu venir. Sûr qu'il y avait eu des signes avant-coureur, j'connaissais ce mec comme ma poche... Enfin. Je croyais le connaître... Avait-il pu me berner des siècles durant ? Avais-je pu me tromper à ce point là ? Etais-je bien moins intelligent que ce que les gens pensaient ? Et si je l'étais, avais-je mis des vies en danger en les faisant miser sur moi ?

Cette journée libre sans rien à faire était une très mauvaise idée. Je m'en rendais compte. Aussi, j'avais hésité quelques minutes avant de me saisir de mon téléphone pour envoyer un message à mon poison de toujours : Alrune. Je l'avais dans la peau et j'espérais bien que passer une soirée avec elle me ferait oublier Tobias, définitivement. Si c'était con ? Oui, probablement. La présence d'Alrune était toujours autant un cadeau qu'un véritable coup de poignard dans le cœur mais à mon stade, j'avais clairement plus rien à perdre. J'étais déjà à deux doigts de me renvoyer en enfer tout seul, alors pour le reste, hein. Merci bien. En plus, c'était dommage de pas en profiter, elle habitait juste en face de chez moi. En tout cas, elle avait accepté avec moult smileys et beaucoup d'enthousiasme. Est-ce que ça avait fait danser la java à mon palpitant ? Oh putain, ouais. Mais genre, comme une pucelle. C'était le pouvoir d'Alrune, l'influence incontrôlable qu'avait cette femme sur moi. Un truc de malade. J'étais prêt à prendre toute la douleur du monde, à me perdre dans son ignorance, pourvu qu'elle parvienne à me faire oublier Tobias. J'voulais oublier sa présence, son odeur, sa compréhension ou ce que j'avais pris pour de la compréhension. Je voulais remettre en place la statue intouchable de Alrune à l'intérieur de mon crane et faire exploser celle que j'avais commencé à ériger pour Tobias. C'était un affront, une hérésie totale.

Putain, fallait que j'arrive à m'en convaincre.

Le truc, vous voyez... C'est que je sais pour qui le cœur d'Alrune bat. Je le sais parce qu'elle m'en parle. Elle a confiance et elle est aveugle à ce point-là. Difficile de se perdre dans quoique ce soit quand on sait parfaitement que ça n'arrivera probablement pas. Je me battais contre des moulins à vents.

Ca valait quand même le coup d'essayer. J'avais besoin, au moins, d'un peu de compagnie, un peu de légèreté dans tout ça et Alrune générait ça. Du coup, quand vient l'heure à laquelle elle arrive, je suis tellement en attente que je suis dehors. Sur le perron. Ouais. Ca fait un chouïa désespéré mais je suis plus à une insulte à mon coté viking près, ces derniers jours. Elle sonne, l'interphone et la caméra s'allume et se lancent directement sur mon téléphone.

‹‹ Je dois vraiment me présenter ?  ››

Ca déclenche immédiatement un sourire sur mon visage. Je pouffe de rire et lui réponds.

«  Ben chai pas, tu pourrais complètement être un métamorphe, qu'est-ce que j'en sais ? »

Je la fais entrer et j'avoue, j'fais les cent pas le temps qu'elle arrive. Quand elle est en vu, je me calme, je la laisse m'attraper par la nuque. Putain, qu'elle sent bon. J'avais oublié... Elle pose un baiser sur ma joue, très près des lèvres. Bordel, j'ai envie de l'embrasser... C'est fou.

Je passe la main autour de sa taille et lui rend son baiser, plus chaste, sur la joue.

« Salut, princesse. »

Quand elle me lâche, c'est presque un déchirement. Je la laisse cependant faire et lui souris tout autant. Ça fait du bien. Ça fait du bien de sourire sans avoir à se forcer. Merde... Mais dans quel trou je suis tombé pour en arriver là... Alors que je me perds légèrement dans mes pensées, la voix d'Alrune me fait réagir.

‹‹ Tu me fais entrer plus vite si je te dis que j’ai amené une bonne bouteille ? ››

« Oh, si tu étais venue sans, je t'aurais probablement laissé à la porte. Ou serait passées tes bonnes manières, voyons ? »


Je ris un peu, ouvre la porte et lui fais signe d'entrer. C'est peut-être une surprise pour quelques uns d'entre vous, mais j'ai tout un gentleman quand je veux bien. Une fois Alrune à l'intérieur, je l'accompagne jusqu'au salon. Je la laisse s'asseoir, il y a des petits hors d'oeuvres sur la table, tout ça est moins exceptionnel que ce que je propose d'habitude mais j'ai plus rien dans le frigo et une flemme intense d'aller faire quoique ce soit. Du coup, j'ai pris la décision de contacter le traiteur préféré d'Alrune. Je finis par m'asseoir à coté d'elle et la regarde en souriant.

« Alors, ma belle, comment ça va ? »


Je propose qu'on fasse un truc, on parle que d'elle ce soir. On m'oublie, c'est pas plus mal. Je nous sers un verre d'appéritif, je connais les goûts d'Alrune donc je lui tends un verre de son alcool préféré et me tourne vers elle. J'ai envie de m'enfiler le verre d'une traite mais je me contrôle. But de la soirée : faire en sorte que Alrune ne se rende compte de rien. Oui, je l'ai fait venir parce que c'est pas la fête mais je refuse de vraiment en parler... Paradoxe ou connerie. Je sais pour laquelle je penche personnellement...


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Oh, there ain't no rest for the wicked. Money don't grow on trees. I got bills to pay. I got mouths to feed and ain't nothing in this world for free.
No, I can't slow down. I can't hold back though you know I wish I could. No, there ain't no rest for the wicked until we close our eyes for good.– Cage the elephant.

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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Mar 24 Oct - 15:07


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Il était difficile de décrire le lien qui m’attachait à Asmodée. Peut être parce que même lorsque j’avais encore une famille, jamais je n’avais ressenti une telle proximité. Il n’y avait personne auprès de qui je me sentais aussi en sécurité, aussi libre de dire, de faire, d’être... Il me semblait qu’il pourrait tout accepter de moi et que je pourrais tout accepter de lui. Notre entente était parfaite et au delà du meilleur ami, je l’estimais maintenant comme un frère. Un frère qui avait commencé par être mon sauveur, dans ma première vie et après ma mort, et ça je n'allais pas l'oublier.

« Salut, princesse. »

Me délectant de la présence d'Asmodée et de cette manière si particulière qu'il avait de s'adressaer à moi, je ne savais plus me départir de mon sourire.

« Oh, si tu étais venue sans, je t'aurais probablement laissé à la porte. Ou serait passées tes bonnes manières, voyons ? »

‹‹ Je vais finir par croire que c’est pour mes bonnes manières et le vin qu’elles ramènent chez toi que tu m’invites.  ››

Je lançai d’un air que je voulais indigné mais j’étais certainement trop enthousiaste pour réussir à jouer quoi que ce soit de négatif pour le moment. Et de toute façon, je n’en pensais pas un mot. 

A son signal, passant la porte d’entrée, je me laissai diriger vers le salon, prenant un chemin que j’aurais certainement pu faire les yeux fermés. Il me semblait cependant que nous nous étions moins vus les derniers temps... Peut être parce qu’Asmodée avait quelqu’un. Et moi aussi... En quelque sorte. 
Avant de me laisser glisser sur un grand canapé je tirai la bouteille de mon sac et la tendis au Démon. J’aurais très bien pu chercher moi même les verres et nous servir mais en tant qu’invitée, j’aimais me comporter comme telle, à moins qu’on m’intimait de faire autrement. Pas une question de degré d’intimité, juste de bienséance. Et de toute façon, le liquide devait respirer un peu avant d’être consommé. 
Lançant un regard à la table, il ne me fallut pas longtemps pour repérer la griffe de mon cuisinier attitré. Une entreprise française d’excellence exportée au bout du monde et dont les prix frôlaient l’indécence mais à la qualité équivalente. Peut être les seuls au Canada sachant préparer correctement une blanquette de veau. À force, mon numéro de téléphone devait sûrement être dans leurs favoris et mon adresse pour les livraisons avait fini par être inutile à préciser. Le sourire que je lançai à Asmodée était certainement assez éloquent pour témoigner de toute ma gratitude alors que je me saisis du verre qu’il me tendait.

« Alors, ma belle, comment ça va ? »

‹‹ Mieux maintenant. ››

Je souris en portant mon verre de champagnes à mes lèvres. Il n'y avait pas grand chose que les bulles ne pouvaient soigner chez moi. Les bulles et le temps, mais les bulles étaient plus agréables...
Puis distillant l'information comme si de rien était en laissant ma jambe se coller à celle d'Asmodée assis à côté de moi et en lorgnant les délices culinaires qui s'étalaient devant moi :

‹‹  J'ai vu une fille tourner autour de Belial avant hier.  ››

Je m’étirais paresseusement, allongeant plus encore mes jambes. Et d’un air innocent : 

‹‹ Tu as entendu parler de la nana qu’ils ont retrouvée congelée dans un lac pas loin ? Les gens sont fous de se baigner à cette époque...  ››

Je ne tolérais pas qu’on convoite le seul pour qui mon cœur battait. Chaque personne qui posait ses yeux sur Bélial était un ennemi potentiel, une nouvelle cible à abattre. Le Diable en personne - s’il existait (ce n’était pas parce qu’on était allé en Ecosse qu’on avait vu le monstre du Loch Ness) - savait que je me serais sûrement sacrifiée pour Asmodée, mais que j’aurais assurément sacrifié le reste du monde pour celui que j’aimais. Personne ne pouvait se mettre dans mon passage, j’étais prête à tout et n’importe quoi et ce n’était pas une pâle jeune femme ne sachant pas nager qui serait un obstacle. 
Mon choix se porta enfin sur de petites bouchées. Je me penchai pour en attraper un avant de me laisser retomber dans le fond du canapé.
Me tournant vers Asmodée j'attrapai rapidement le haut que portait mon ami entre mes doigts.

‹‹ C'est nouveau ça ? ››


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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Dim 29 Oct - 9:30


‹‹ Je vais finir par croire que c’est pour mes bonnes manières et le vin qu’elles ramènent chez toi que tu m’invites.  ›

J'hausse un sourcils sur le perron et lui offre un sourire entendu.

«  Bien sur que c'est pour le vin et les bonnes manières. Qu'est-ce que tu crois ? »

Je la suis dans le salon après cette petite pique taquine et nous sers un verre après avoir ouvert le vin pour qu'il respire un peu. Je me pose à coté d'elle et lui demande comment ça va. Oui, c'est une technique parfaite pour qu'on évite de parler de moi. J'assume entièrement et complètement. Enfin, presque. En attendant, ça marche. Elle ne cherche pas à savoir ce que veut dire cette invitation très tardive, pourquoi j'ai été absent si longtemps, pourquoi j'ai pas appelé... C'est parfait. Ne rentrons pas dans ces conversations qui m'obligeraient à crever l’abcès. J'adore quand ça s'infecte.

‹‹ Mieux maintenant. ››

Comment ça mieux maintenant ? Pourquoi ça n'allait pas ? Qui a bien pu la mettre mal ? Tout de suite, les questions se bousculent dans mon crâne au point ou j'ai un peu envie de chercher les dernières nouvelles. Je me rends compte que j'ai raté beaucoup de chose pendant que je faisais absolument n'importe quoi. C'est... agaçant. Je hausse les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Je vois son sourire, sa jambe collée à la mienne m'électrise comme chaque fois qu'Alrune me touche. C'est immédiat. J'ai l'impression que c'est une loi inscrite dans la physique de ce monde, voyez. Alrune touche Asmodée est égal à Asmodée tout choses. Immédiat, je vous dit. Bien évidement, ça ne dure pas parce qu'assez vite je comprends la raison. En fait, elle me la présente clairement.

‹‹  J'ai vu une fille tourner autour de Belial avant hier.  ››

Oh... Mon morale replonge vers les profondeurs insondables de mon âme. Cela dit, je ne sais pas bien ce que j'espérais en faisant venir Alrune ici. C'est le problème quand on est dans cette zone un peu chiante de « tu es un mec bien et j'ai de la chance de t'avoir, t'es comme un frangin » alors que clairement, ça fait des siècles que le bon vieux Asmodée est en chien et attends que Alrune réalise, comme par magie, qu'il l'aime. C'est complètement con et anti productif mais j'arrive pas à me controler. J'ai l'impression d'être un éternel adolescent. Aujourd'hui, c'est comme recevoir un coup de poing dans le ventre. La seule mention du nom de Bélial et de la jalousie maladive de Alrune me donne envie de pleurer. Je perds un peu mon sourire. Elle ne le voit pas ou si elle le voit, elle ne le comprend pas parce qu'elle continue.


‹‹ Tu as entendu parler de la nana qu’ils ont retrouvée congelée dans un lac pas loin ? Les gens sont fous de se baigner à cette époque...  ›

La surprise aidant, j'oublie complètement que j'ai mal et je darde mes yeux clair sur la démone assise à coté de moi. Je la dévisage. Elle a encore tué une innocente qui s'était approchée de Bélial ? Elle est au courant que Bélial est au moins aussi queutard que moi.. ? Ma bouche s'ouvre pendant qu'elle prend une bouchée et soudain je réalise quelque chose. Oh merde.... Est-ce que cette fille avait les cheveux bleus ? Ca fait combien de temps que j'ai pas eu de nouvelles de ma nièce, moi ? Un vent de panique s'abats sur moi tandis que Alrune me demande si mon haut est neuf. Il ne l'est pas, elle le sait parfaitement la félonne mais sa tête d'ange me fait sourire, comme d'habitude. Je pose la main sur la sienne et l'écarte gentiment. Je prends un sourire amusé et légèrement moqueur, gentiment en fait.

-Je l'ai depuis 6 ans et tu le sais. Est-ce qu'on peut parler de ça un moment, histoire que je sache si je fais une crise cardiaque ou pas... Non parce que des jeunes femmes tournant autour de Bélial, y en a un certain nombre et certaines lui tournent autour pour autre chose que parce qu'elles veulent te le piquer. T'es au courant, pas vrai ?

Je lui mets une gentille pichenette sur le nez et lui embrasse délicatement la main.

-Notamment... Depuis peu de temps, une curieuse jeune femme à cheveux bleus. Et j'aimerais bien que tu ne la tues pas. C'est sa fille et, par extension, ma nièce et j'y tiens particulièrement.


Je prends une gorgée de mon verre et contrôle le débit histoire de ne pas montrer que je descend mes verres d'alcool comme on boit un verre de flotte. Je la regarde et continue.

«  Accessoirement, princesse, en ce moment, il faut être discret, les chasseurs sont particulièrement aux aguets et j'aimerais ne pas apprendre ton exorcisme dans les prochaines semaines. Ca ferait beaucoup de choses d'un coup. »

Bon. Ben voilà, ça voulait être discret... Cela dit, avec Alrune, pas dit qu'elle réalise. En vrai, j'espère qu'elle ne réalisera pas du tout. J'espère qu'elle passera à coté et qu'elle s'enflammera sur le fait que Bélial a une fille. Ca me ferait une belle jambe. En tout cas, force est de constater que je reprends mon rôle d'amoureux secret plutôt facilement. J'en oublie presque ce cher Tobias... Presque.

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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Sam 4 Nov - 19:17


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Ne pas parler de Bélial était impossible. Ne pas penser à lui était impossible. Un vrai poison qui courrait dans mes veines, meurtrissait mon cœur à chaque battement. Chaque inspiration oxygénait mon cerveau qui travaillait de plus belle pour que jamais il ne quitte mes songes. Et pourtant je me délectais de toutes ces souffrances. Une brûlure délicieuse, un couteau que je retournais moi même dans ma plaie chérie. 
Mais je ne pouvais pas non plus m’étaler dans mes travers. Pas encore, pas ce soir, par cette nuit de retrouvailles alors qu’il y avait de si bonnes choses à boire et à manger. Cependant ma tentative de changement de sujet - pourtant fantastique et apparemment imparable - fut repoussée admirablement d’un geste de la main. 

« Non parce que des jeunes femmes tournant autour de Bélial, y en a un certain nombre et certaines lui tournent autour pour autre chose que parce qu'elles veulent te le piquer. T'es au courant, pas vrai ? »

Asmodée relançait le sujet de plus belle. Et il ne fallait pas me jeter dans les bras de mes thèmes préférés. J’aimais sasser et ressasser les choses comme si parler et parler encore aidait à régler les problèmes. Oui, la communication était la solution aux soucis du monde, j’en étais persuadée. Mais pas si on ne s’adressait pas de la bonne manière et aux mauvaises personnes. Quoi qu’il en soit voilà que mon bel ami assurait que toutes les filles gravitant autour de Bélial n’étaient pas forcément des ennemies. Au claquement de doigts que je me pris sur le nez je faillis sortir les griffes, mais le baise main qui suivit rapidement me rasséréna un petit peu. Je lançai tout de même au blond un regard de mise en garde. 

‹‹ Hum. Je préfère ne pas prendre de risque.   ››

J’avançai paresseusement en prenant une nouvelle gorgée de champagne et en quittant de nouveau mon compagnon des yeux. 

« Notamment... Depuis peu de temps, une curieuse jeune femme à cheveux bleus. Et j'aimerais bien que tu ne la tues pas. C'est sa fille et, par extension, ma nièce et j'y tiens particulièrement.  »

Ma tête se tourna avec un intérêt soudain vers Asmodée. J’oubliais tout le temps ce lien qui les unissait, Bélial et lui. Ils étaient si différents. Catégoriquement opposés. Mais plus important encore : l’information se frayait un chemin dans mon esprit. Sa fille. Sa fille. Soudain ma respiration se fit plus douloureuse alors que la réalité heurtait enfin les bon neurones. Bélial avait une fille. Cette seule pensée était déchirante. Mon verre se vida d’une traite sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Mes yeux un instant plus tôt perdus dans le vide se tournèrent vers mon ami, mes traits s’étaient fait plus sérieux.  

‹‹ Je n’ai tué personne avec des cheveux bleus les derniers temps.   ››

Mais ce n’était pas l’envie qui m’en manquait maintenant. J'avais eu la force de rassurer mon ami parce que cela m'avait semblé nécessaire, mais me sauver de la noyade obscure faite de songes ténébreux dans laquelle il venait de me jeter en revanche, ne paraissait absolument pas comme une priorité.

«  Accessoirement, princesse, en ce moment, il faut être discret, les chasseurs sont particulièrement aux aguets et j'aimerais ne pas apprendre ton exorcisme dans les prochaines semaines.  »

‹‹  Oui oui...  ››

Je me servis moi même cette fois. Un nouveau verre qui ne fit pas long feu. Mon esprit était ailleurs. Loin ailleurs. Il était perdu et je ne voulais pas le récupérer. Ça réveillerait des tonnes de choses que pour l’instant je me contentais d'enterrer sous des litres petites bulles fines. Mais c'était inévitable, la douleur allait finir par me tirer de mon errance et à ce moment là, sûrement Asmodée devrait-il envisager de se racheter une nouvelle vaisselle, une nouvelle table basse et enfin une nouvelle chemise.
Puis soudain une phrase s’accrocha à moi. Pas comme une bouée de sauvetage ou une lumière au bout du tunnel, car elle éveilla une nouvelle inquiétude. 
‹‹ Ça ferait beaucoup de choses d'un coup. » il avait dit. 
Je me rendis compte que j’avais à nouveau tourné mon corps vers la table et que mes doigts étaient beaucoup trop serrés autour du pieds de mon verre. Me mouvant cette fois ci totalement vers mon ami comme une représentation de mon attention qu'il venait d'obtenir, je glissai une jambe sous l'autre pour mieux lui faire face.

‹‹ Beaucoup de choses...  ››

Je répétai.

‹‹ Quelles choses ?  ››


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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Dim 12 Nov - 10:02

‹‹ Hum. Je préfère ne pas prendre de risque.   ›

Qu'elle me lance avec son petit regard menaçant. Ha. L'audace de la jeunesse, j'vous jure. Cette petite discussion me divertie et si je sais que je finirais par me morfondre sur le fait qu'on a encore parlé que de Bélial, ça me permet d'oublier mon plus gros problème et de redécouvrir Alrune, un peu. C'est dingue quand même, j'avais oublié ces petites moues boudeuses, ces petites mimiques que j'affectionne tant... J'ai oublié comme elle était charmante et séduisante en toute occasion. C'est à mourir, cette histoire. Je pouffe de rire et secoue la tête.

-Aaaaah, Alrune, Alrune. J'suis assez certain que t'as pas spécialement de risque à prendre mais t'es pas obligée de buter chaque humaine un peu trop jolie à ton goût qui s'approche de lui. T'es déjà plus belle qu'elles toutes quoiqu'il arrive. Alors à quoi bon perdre ton temps, hmm ?

Je trinque avec elle et  finis mon verre d'une lampée avant de m'en servir un autre et de choper à manger au passage. Maintenant, pendant qu'on y est, j'aimerais bien être sure que ma nièce n'est pas la victime parce que dans le genre mignonne, séductrice et hautement sexualisée, elle se pose là. D'ici qu'Alrune la prenne pour une futur conquête de Bélial, y a pas loin, vous voyez. Brr... Rien que l'idée, ça me fout la gerbe, j'vous jure. J'suis un démon mais l'inceste tout ça, c'est caca. Le soleil de mes jours se rembrunit quand je lui annonce que Bélial a une fille et elle me détaille, me scrute et attend des informations complémentaires.

‹‹ Je n’ai tué personne avec des cheveux bleus les derniers temps.   ››

Je hausse les sourcils et la détaille un long moment avant de la rapprocher de moi et de l'embrasser sur le crâne. Dingue de voir comme c'est naturel, punaise. Dommage que ça ne soit pas réel. Que ce que je projette dans ce baiser ne soit que du domaine du rêve. Quelque part, j'ai pas tort, cette douleur est bénéfique. J'oublie la plus grosse pour me rabattre sur une confortable, que je connais par cœur et par conséquent, que je maitrise. Je la garde contre moi.

-Le prend pas comme ça, princesse. J'ai été un peu indélicat, pas la meilleur façon de t'apprendre ça, je reconnais. Mais j'ai un peu paniqué. Pour ce qui est d'Elie. La fille de Bélial, c'est son nom. La mère est morte – si ça peut te mettre du baume au cœur – et la petite te plairait. Déterminée, tête de mule, pas peur de ses convictions. Elle se bagarre toujours avec Bélial mais ça commence à devenir plus sain. Tu sais bien comment est Bélial, ma belle, il s'est servi d'une humaine, y a eu des complications qu'il ne connaissait pas jusqu'à ce que je la retrouve, tout ça.

La libérant de mon emprise, j'en profite pour boire un peu dans mon verre et refléchir à toute cette situation. Est-ce qu'Alrune irait jusqu'à la tuer parce qu'elle est la fille de Bélial... ? Pas la moindre idée.

-Ne la tue pas. Deteste-la si tu veux mais ni moi ni Bélial ne tolérerions que qui que ce soit y touche.

Je lui souris gentiment, je viens de réaliser que je suis devenu beaucoup trop sérieux. Il n'y a eu aucune pression démoniaque, ça n'est pas comme si j'avais voulu affirmer mon rang, nettement supérieur à celui d'Alrune. Ça ne me traverse pas l'esprit. C'est Alrune, c'est ma déesse. Personne n'essaie de contrôler sa déesse, ça serait un paradoxe abscons et particulièrement nauséabond. Je remets mes cheveux en place et la met en garde contre les hunters et finalement laisse une informations passer. Comme prévu, elle répond sans calculer alors je vide un p'tit verre en scred et la voit faire pareil. Elle digère mal cette histoire de fille, je le vois bien mais je préfère qu'elle sache et qu'elle ne la tue pas mégarde, elle s'attirerait les foudres de tout ses amis. Je ne lui souhaite pas alors je la mets en garde. Sa main crispée sur son verre en dit long sur son état d'esprit. Ca déprime sec sous ce joli visage et ça ne me plait pas. Je m'apprête à relancer sur un sujet plus léger quand elle se retourne complètement vers moi.

‹‹ Beaucoup de choses...  Quelles choses ? ››


Ah... Ben elle avait entendu finalement. Ca aura mis quelques secondes mais elle y a fait attention. Je cligne des yeux surpris et m'étouffe un peu en buvant mon verre, je ne m'y attendais pas vraiment. Elle passe plus de temps à rater mes petits sous entendus qu'à les prendre en compte alors forcément, ça m'étonne. Ce qui est encore mieux, c'est que je suis pas du tout contradictoir parce que ça me fait chier qu'elle l'ai noté. Sérieusement, Asmo, tu fais n'importe quoi. Je soupire un peu et pose mon verre pour choper un petit four que je prends le soin de manger avant de répondre. tourner 5 fois la langue dans sa bouche. Je regarde partout sauf vers Alrune puis finalement daigne la regarder.

-Disons que ça a été des mois pas très calme. Entre Croatoan et tout le reste. J'en ai un peu raz le cul des catastrophes. Et d'avoir à les gérer moi-même.

Euphémisme. Bon, faut dire aussi que je raconte pas tout mais j'espère qu'elle va s'en contenter. Dans la réalité, il en faut plus qu'un petit virus démoniaque pour me foutre à terre et il n'y a pas eu que le virus démoniaque... Y a eu tout le reste. Y a eu Tobias. Y a eu Hunter et l'état d'Elie depuis qu'elle est rentrée de chez Hunter. Bref, c'est du soucis tout ça et j'suis un peu au bout du rouleau. Sans Simone, je serais sans doute en train de buter des gens à tour de bras.

-Mais ça va. J'aimerais juste ne pas ajouter « tuer des chasseurs » qui pourraient être utiles plus tard et « faire invoquer Alrune pour qu'elle ne passe pas trop de temps en Enfer » dans mes plans du week-end.

Je lui souris gentiment, la simple idée que ça puisse arriver me donne des sueurs froides et une légère envie de chialer. Je la regarde, lui caresse gentiment le bras.

-T'as l'air ailleurs princesse... Qu'est-ce qu'il se passe ? Parle moi.

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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Dim 19 Nov - 8:31


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Les compliments d'Asmodée sur ma supériorité par rapport à mes ennemies m'aurait fait sourire si je n'étais pas en plein processus de noyage sous le champagne, le verre accroché à mes lèvres et mes doigts cramponné au pied trop fin comme à ma dernière chance. Je n'avais plus faim, la mignardise la plus belle du plateau ravivait la douleur que me prodiguait l'impression d'avoir un nœud dans la gorge. Pourtant il semblait que l'alcool, lui, passait par un tout autre chemin, une voie toute dédiée à l'évasion et à l'oubli. Le baiser que mon ami appuya sur mon front n'améliora en aucun cas la situation. C'était agréable, c'était réconfortant, mais ça ne changeait rien. Pas plus que si on avait posé un sparadrap sur une hémorragie interne. C'était rassurant, mais inutile.

‹‹ Le prend pas comme ça, princesse. J'ai été un peu indélicat, pas la meilleur façon de t'apprendre ça, je reconnais. Mais j'ai un peu paniqué. Pour ce qui est d'Elie. La fille de Bélial, c'est son nom. La mère est morte – si ça peut te mettre du baume au cœur – et la petite te plairait. Déterminée, tête de mule, pas peur de ses convictions. Elle se bagarre toujours avec Bélial mais ça commence à devenir plus sain. Tu sais bien comment est Bélial, ma belle, il s'est servi d'une humaine, y a eu des complications qu'il ne connaissait pas jusqu'à ce que je la retrouve, tout ça. ››

Mes yeux quittèrent ma boisson. Voilà au moins une information qui me plaisait : la mère était morte. Très bien. Un problème en moins, surtout si elle n'avait eu aucune importance pour Bélial. Quant à mon appréciation de sa fille... Maintenant que la question de la génitrice était éloignée, oui, peut-être pourrait-elle me plaire. Mais ça, je n'avais pas envie d'en parler maintenant.

‹‹ C'est toi qui l'a retrouvée ? ››

Mes yeux sondèrent un instant les iris clairs de mon compagnon. Je ne me sentais pas vraiment trahie, je n'en avais pas encore les raisons. Mais je voulais savoir : était-ce intentionnel ou avait-ce été un pur hasard ?

‹‹ Et on est sûrs qu'il n'y aura pas d'autres surprises dans le genre ? ››

Question stupide. Bien sûr qu'il y avait des risques. Il y avait peut-être même des chances pour qu'Asmodée ait une flopée d'enfants dans le monde entier. L'idée ne me plaisait pas beaucoup.

‹‹ Ne la tue pas. Deteste-la si tu veux mais ni moi ni Bélial ne tolérerions que qui que ce soit y touche. ››

Mon regard se fit celui d'une enfant vexée, pour me répondre à la hauteur paternaliste avec laquelle il m'avait parlé.

‹‹ Je serais sage, promis. ››

Pourtant j'étais sincère. Je ne prenais pas le sujet à la légère bien que je me forçai à éviter d'entrer dans certains détails. Il me faudrait savoir encore quelques choses et ensuite cette discussion serait close... Pour le moment en tout cas. Il me fallait du temps pour digérer tout ça, mettre les choses au clair avec moi-même.
Mais je n'étais plus le centre des discussions à présent, je ne voulais plus l'être car il semblait que mon ami avait quelque chose à raconter, tout son comportement l'indiquait et mon verre s'éloigna plus encore de mes lèvres quand je le vis manquer de s'étouffer sous le coup de mon soudain intérêt. Le blond était agité, trop agité. Lui qui était souvent si sûr de lui, lui qui maniait le pouvoir et les gens comme personne fuyait maintenant même mon regard.

‹‹ Disons que ça a été des mois pas très calme. Entre Croatoan et tout le reste. J'en ai un peu raz le cul des catastrophes. Et d'avoir à les gérer moi-même. ››

''Et tout le reste''... Normalement j'aurais laissé passer tout ça, et renquiller sur une phrase ou une question, mais à présent toute ma concentration était tournée vers mon ami, j'investissais l'équivalent de l'énergie et de l'attention que je mettais dans un interrogatoire pour obtenir le maximum d'informations. Je m'étais entrainée à ça, pour Asmodée. Pour pouvoir l'informer au mieux.
Et il continuait à parler, à parler encore, puis à retourner le sujet sur moi. Le démon se rendait-il compte qu'il m'avait apprit un paquet de ces techniques ? Et qu'honnêtement, il avait déjà été plus convainquant dans leur application...

‹‹ T'as l'air ailleurs princesse... Qu'est-ce qu'il se passe ? Parle moi. ››

Posant ma main sur celle de mon ami, j'arrêtai son mouvement de caresse sur mon bras.

‹‹ Il se passe que ça fait longtemps que je n'ai pas vraiment vu mon meilleur ami. Et j'ai l'impression d'avoir manqué des choses. ››

Refusant de couper le contact, comme pour lui montrer que je ne lâchais pas l'affaire, je glissai ma main dans cette d'Asmodée, sans le quitter des yeux.

‹‹ J'ai tort ? ››

J'étais là pour lui, là s'il voulait parler ou si tout du moins il avait à parler... Mais je ne pouvais pas non plus l'y forcer. Enfin si, j'aurais pu mais je ne le ferais pas. Pas pour l'instant tout du moins.


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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Sam 9 Déc - 14:26


‹‹ C'est toi qui l'a retrouvée ? ››

C'est étrange comme une simple question peut être perçu comme une accusation. Cette situation était indélicate et j'ai été très indélicat, il faut le reconnaître mais c'est aussi dans ces moments-là qu'on se rappelle que la perfection n'est pas de ce monde. Cela étant dit, si Alrune avait dû se retrouver confronter à la petite sans avoir été informée et préparée il y avait fort à parier que j'aurais eu des nouvelles peu satisfaisantes le lendemain. Même si ça ne lui plaisait pas, elle faisait partie du plan que je devrais mettre en œuvre pour sortir Elie de l'enfer une fois qu'elle y serait. Tout ça pour ça et aussi parce qu'il n'y a pas de raisons qu'elle l'apprenne de manière impromptue. Alrune a beau savoir manier le fouet et le meurtre avec élégance, elle n'en reste pas moins fragile, surtout lorsque mon frère est impliqué. Pauvre moi, pas vrai ? Toujours dans l'ombre à rendre tout le monde heureux. Aaaaah... Un jour, je devrais aller en thérapie pour en connaître les raisons mais ça impliquerait dire beaucoup de choses à un thérapeute et probablement de devoir le tuer par la suite. Trop de problèmes. Enquête de police, blablabla, interrogatoire, blablabla... Ennuyeux à mourir. Mais elle méritait d'avoir toute l'histoire. Je souris et renifle avant de boire mon verre. Alrune a une sacrée descente, elle aussi et ma petite révélation y est forcément pour quelque chose. Je soupire m'adosse un peu mieux et la détaille tranquillement. C'est blessant d'être aussi belle, je vous jure. Belle et inaccessible. Parfaitement mon genre de fille et parfaitement la fille qui ne veut pas de moi. Comme quoi, on a beau être moi et pouvoir séduire la moitié de la population de cette ville, on a jamais exactement ce qu'on veut. Je fais tourner mon verre et finis par parler.

-C'est moi qui l'ai retrouvée. Oui. C'est moi également qui est dévoilé son existence à Bélial et -comme tu peux t'en douter- ça n'a pas été la meilleur soirée de ma vie. A vrai dire, j'ai retrouvé Elie à la Nouvelle-Orléans. Initialement pour m'en débarasser, je dois t'avouer. La petite se prostituait dans le vieux carré. Escort girl, je crois que les autres appellent ça mais pas Elie. Etonnant, n'est-ce pas ? Assez fascinant en fait. Bref, j'ai décidé de savoir si elle avait un don, une réminescence de quoique ce soit de la part des gènes de Bélial. A vrai dire, pas vraiment. Une chose interessante, cependant, vois-tu.... Pendant qu'elle parlait, elle a évoqué des rêves, elle était consciente que ça n'était pas elle mais ne parvenait pas à l'expliquer, des rêves où cette personne quel qu'elle soit subissait des tortures et des tourments inouïes. » je souris et bois un peu, je ménage mon effet. « Elle a finit de me raconter ça dans un araméen parfait, Alrune. Pas une faute. Elle ne s'en est pas rendue compte un seul instant et est retournée à l'anglais comme si de rien était.

Je croise les bras un moment et souris à Alrune.

-Du coup, je lui ai proposé de venir avec moi à Blackwater Falls et depuis j'essaie de l'aider comme je peux. Etrange comme situation. Mais cette petite est sympathique et elle sera l'une des autres dans quelques mois, autant commencer dès maintenant à lui parler et à la former, qu'en penses-tu ?

Je l'embrasse sur la joue et mange un truc. Toute cette histoire m'ouvre l'appetit. J'évite d'expliquer à Alrune pourquoi j'ai pris la fille de Bélial sous mon aile et fais passer ça sous le coup de l'envie pure et simple de le faire mais c'est souvent plus compliqué. Et là, ça l'est mais j'ai déjà assez de choses qui me rendent mal en ce moment, sans rajouter Leifur là-dedans. Leifur est mon petit secret.

‹‹ Et on est sûrs qu'il n'y aura pas d'autres surprises dans le genre ? ››

-Sûr à 90%, princesse. J'ai fait mes devoirs.

Je lui réponds avec le sourire mais au fond de moi la simple pensée de Leifur me travaille mais je la remets dans une boite. Pas loin de Tobias à vrai dire. A qui je ne pense plus.
Peut-être que j'y pense finalement parce que je deviens assez froid avec Alrune. Assez pour quasiment lui donner un ordre. Je pourrais. Je suis plus vieux et plus puissant qu'elle et je pourrais la faire danser si ça me chantait mais je n'ai jamais franchi cette ligne. Je n'en vois pas l'intérêt. Elle n'est pas l'un de mes démons, elle ne travaille pas pour moi mais avec moi et je tiens beaucoup à cette nuance. Bref, son petit air d'enfant vexé me donne envie de rire, elle est adorable quand elle fait ça. La promesse me rassure pourtant.

A moins que... Comme Tobias, elle me mente ? L'espace d'un instant, je deviens extrêmement suspicieux... Mais ça se dissipe très vite quand je lui parle des derniers jours parce qu'enfin elle remarque que quelques chose ne va pas. Ca n'arrive jamais et ça me ravit autant que ça m'agace. Elle pose sa main et je frémis. Je le cache sous un sourire et un petit mouvement de tête. Elle arrête mon mouvement, vous voyez.

‹‹ Il se passe que ça fait longtemps que je n'ai pas vraiment vu mon meilleur ami. Et j'ai l'impression d'avoir manqué des choses. ››

Elle me fixe et j'essaie de garder la façade. L'espace d'un instant, le sourire disparaît, ça ne dure que quelques secondes, une ou deux tout au plus mais c'est assez pour me destabiliser.

‹‹ J'ai tort ? ››

Je ris un peu et me lève. Je me dégage de son emprise et coupe cet échange de regard de manière un peu brutale quand on connait ma délicatesse avec Alrune. Je lui fais dos et me serre un nouveau verre.

-Oh, ça. Tu en as manqué. Mais qui ne les a pas manqués, je te le demande ? En attendant, le monde continue de tourner, princesse. Il le faut bien, tu ne crois pas ?

Je vide mon verre. Cul sec. Le masque se fendille et je n'aime pas ça. Cette soirée n'était peut-être pas une si bonne idée après tout. Pourtant, une partie de moi est persuadée que c'était la bonne chose à faire. J'ai besoin de me confier à quelqu'un... Simone sait mais ça ne suffit visiblement pas. Je fais n'importe quoi depuis des jours.

-Marrant, n'est-ce pas ? La manière dont les gens peuvent vous trahir. Particulièrement agaçant, si tu veux mon avis, princesse. Encore plus quand on les laisse approcher si près.

Je me retourne vers elle et ris, très bon palliatif au reste.

-Est-ce que tu as manqué quelque chose ?


J'ai à peine fini cette phrase que mes yeux sont noirs de jais. C'est sous contrôle. Parfaitement sous contrôle mais bordel que ça fait du bien.

-Oh, où est-ce que je commence... hmm ?


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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Ven 15 Déc - 16:26


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Asmodée ne l’avait pas prononcé clairement, mais ça me paraissait maintenant évident que dès le départ, la recherche de la fille de Bélial avait été intentionnelle. Et en plus de ça il y avait toute une histoire derrière ! À quel moment dans mes batifolages avais je pu en rater autant sur les deux personnes les plus importantes de mon existence ? Si le comment me semblait dur à justifier, il me semblait que le pourquoi, était tout trouvé. Si j’osais poser la question on justifierait sûrement qu’on voulait me protéger, éviter que je tue moi même la jeune femme ou simplement que ce n’étaient pas mes affaires de familles... Puisque je connaissais les réponses, je n'allais donc pas poser la question.
Je finis d’écouter le récit d’Asmodée dans un malaise presque palpable, enregistrant les informations tout en essayant de ne pas trop les traiter pour m’éviter une douleur pire encore. De toute manière, si je pouvais me l’éviter, je comptais bien ne pas me mêler du tout de cette affaire. Et peut être ne jamais rencontrer cette jeune fille dans le meilleur des cas. 

‹‹ ...Mais cette petite est sympathique et elle sera l'une des autres dans quelques mois, autant commencer dès maintenant à lui parler et à la former, qu'en penses-tu ? ››

Rien. Je n’en pensais rien. Je ne voulais rien en penser surtout, pas tout de suite. 

‹‹ Tu as sûrement raison.  ››

Je finis par lâcher dans un vague soupire, comme si j’avais réfléchis à la question alors qu’il s’agissait plus d’un automatisme que d’une réelle conviction. Mais le sujet m’avais épuisé, il avait transformé les vagues de joie que remontaient normalement les bulles de champagne à mon esprit en vagues de peine. 
Viendrait un moment - j’en étais sure - où je me mettrais réellement à traiter ce bazar, à cet instant là (sûrement en plein milieu de la nuit pour m’empêcher de fermer l’œil) viendrait une tonne de questions sous forme d’interrogatoire sur : quelles étaient réellement les capacités de cette fille et d’où Asmodée tirait l’intérêt de s’impliquer à ce point dans cette affaire... Pour l’instant je préférais faire le vide, même si cela impliquait également une absence totale d’émotions positives. 

L’assurance de mon ami concernant l’absence de surprises à venir me rassura légèrement... Mais pas beaucoup plus que s’il avait mit de la pommade sur le sparadrap de mon hémorragie interne...
Et je restai perdue un moment ainsi, à ne pas savoir si mes yeux devaient retrouver un point précis et si je devais me saouler à mort ou si un simple mouvement me raccrocherait si violemment à la réalité qu’il me ferait éclater en larme de crocodile pour quelque chose qui n’aurait pas dû en valoir la peine. Cette détestable importance disproportionnée que prenaient les choses lorsqu’on aimait... 
Je réussis à sortir de ma léthargie lorsque le sujet se tourna vers Asmodée, me plongeant dans une inquiétude moins égoïste, moins malsaine.

Mon ami se leva comme prit d’un empressement de se servir un verre sur ses deux pieds. Il avait l’air inquiet, agité. Ou bien étaient ce des tremblements que m’avaient procurés l’alcool qui me donnaient cette impression de déséquilibre ? 

‹‹ Oh, ça. Tu en as manqué. Mais qui ne les a pas manqués, je te le demande ? En attendant, le monde continue de tourner, princesse. Il le faut bien, tu ne crois pas ?Marrant, n'est-ce pas ? La manière dont les gens peuvent vous trahir. Particulièrement agaçant, si tu veux mon avis, princesse. Encore plus quand on les laisse approcher si près. ››

J’écoutais ses phrases vides de toute information en restant silencieuse, fixant inquiète son dos à défaut de mieux. 
Comment pouvait on poser autant de questions qui n’attendaient pas de réponse en si peu de temps ? Mon inquiétude se changeait en réel trouble au fil de ses paroles. Je ne m’embarrassait généralement pas des états d’âme des autres. Cela ne m’intéressait pas lorsque j’avais déjà ma propre personne à gérer. Mais Asmodée était un cas à part. Une personne que je pouvais et que j’avais déjà écouté des nuits durant. Il savait tout de moi et je savais tout de lui... enfin pas tout apparemment. Et lui qui était d’habitude parfait maître de lui même et de ses paroles ne me laissait plus le reconnaître par ces attributs. Une trahison ? Laquelle ? Parlait il de son propre frère ? De Simone ? Je sentis un instant mon cœur se faire plus douloureux dans sa cage de chaire en imaginant égoïstement la douleur que me procurerait le fait de devoir choisir entre Bélial et Asmodée. 
Lorsque ce dernier ce retourna vers moi avec des yeux noirs charbon, mes pensées individualistes disparurent une nouvelle fois, pour tenter d'accrocher mon regard au sien.
Je n’avais pas peur pour moi. Je m’inquiétais plutôt de ce que mon ami pourrait se faire s’il laissait se déchaîner sa colère, surtout en sachant que c’était son domaine de prédilection démoniaque. L’idée de le savoir renvoyé en Enfer, torturé de mille façons jusqu’à ce que je trouve le moyen de l'en faire revenir me semblait détestable, à la limite du soutenable.

‹‹ Oh, où est-ce que je commence... hmm ? ››

Je voulais tendre la main vers lui et attraper la sienne une nouvelle fois, mais à mi-chemin mon mouvement retomba, de crainte que ma tentative de l’apaiser ne l'énerve plus encore.

‹‹ Commences par te rasseoir, là dans l’immédiat je crains pour le mobilier. Je préfère que nous jugions ensemble si cette belle table basse mérite ta colère. ››

Dit d’une voix douce mais pas désintéressée. C’était une nouvelle tentative pour apaiser cette rage que je croyais déjà voir brûler dans ses yeux, un trait d’humour pour qu’il puisse me raconter toute l’histoire dont je devais connaître le moindre détail à présent. Je ne connaissais pas encore assez de bribes pour savoir comment me comporter avec mon compagnon, mais j'étais déjà impatiente que ce soit le cas pour l'exorciser de mon mieux de cet horrible état et au mieux tuer moi même le responsable.

‹‹ Ensuite parles moi de cette trahison. ››

Cette fois mes mots s’étaient fait plus graves. Parce que quiconque était l’ennemi d’Asmo était le mien aussi. Jamais je n’hésiterais à prendre une vie pour lui.

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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Jeu 21 Déc - 17:02

Mes petites révélations ne lui font ni chaud ni froid. J'imagine qu'apprendre et avoir une preuve tangible de la frivolité de Bélial lui fait mal. Là dessus, au moins, nous sommes différents. Je me fous pas mal avec qui Alrune joue, je me moque qu'elle se fasse trois mecs par soir, des filles quand ça lui chante et parfois tout ça en même temps. Je m'en fiche tant que ça n'est pas Bélial. Si c'est lui, je le prend forcément mal. Très très mal. Ca me fout en petard directement parce que je me sens tout de suite exclu. Parce que les deux personnes les plus importantes de ma vie sont mutuellement leur personnes les plus importantes et ça, ça m'est complètement et indubitablement insupportable. Y a une raison pour laquelle je suis capable de fascination, j'aime être magnétique, j'aime être important même si je suis absolument persuadé de pas l'être. J'en crève d'envie.
Enfin, tout ça, c'est bien gentil mais ça m'emmerde quand même un peu de la mettre dans un état pareil. Ca me plait pas de mettre Alrune dans la même situation que moi, même si une part de moi est un peu satisfaite parce que faut pas abuser non plus, je suis un punching ball mais que jusqu'à un certain degrés. Cela étant, ça n'ira pas plus loin qu'une légère satisfaction passagère. Et des remords. Beaucoup, beaucoup de remords après ça pour avoir altérer la bonne humeur de ma déesse. Ah lala.... On s'marre bien au département amoureux d'Asmodée&cie. J'vous jure. L'alcool coule à flot. Haha. Ha. Ouais. Bon.

Malgré ses problèmes Alrune finit par relever mon état et assez vite je sors de mes gonds, je me sens même obligé de m'écarter, mes yeux virent au noir l'ambiance est electrique. Ca va bientôt pété. En vrai, j'suis furieux, j'ai mal, je me sens trahi comme rarement je me suis senti trahi et je ne sais pas quoi faire de ce sentiment qui refuse d'être controlé. Ce qui explique l'excès d'alcool, de drogue, de sexe, de travail et d'a peu près tout ce qui peut permettre de ne pas refléchir à ce qui va mal dans ma vie en ce moment. Sérieusement... Je fuis. Je fuis tout ce que je peux avec tout ce que j'ai et dès que – comme là – on me refiche le nez dedans, je pars en accès de rage. Je me fais l'effet d'un bébé colérique qui aurait la crotte au cul mais qui refuserait de la voir. C'est déplaisant et humiliant. Du coup, je décide d'en parler mais soyons honnête, je le fais avec des gants, des protections, un mur, des chiens et probablement ma CIA personnelle. J'pose des questions rhétoriques, j'tourne autour du pot et j'tortille du cul plus fort qu'une Pussycat Dolls pendant un concert. A croire que l'Enfer sur terre est finalement arrivé mais qu'il se limite à ma personne. Je ne suis pas mélodramatique, je vous emmerde, surtout. Voilà. Vous voyez ce que je veux dire par « accès de rage » ?... Ouais. Ben figurez vous que ça va pas se calmer comme ça. Du coup, quand je suis retourné vers Alrune, le fait qu'elle prenne immédiatement des pincettes me fout  littéralement hors de moi. Elle s'empêche d'être elle-même et ça m'agace plus fort que Hunter en train de se caler des rails dans son casier, dans mon bar. Du coup, l'espace d'un instant, le salon flotte avant que sa voix ne me calme presque aussi vite que son attitude m'a énervé.

‹‹ Commences par te rasseoir, là dans l’immédiat je crains pour le mobilier. Je préfère que nous jugions ensemble si cette belle table basse mérite ta colère. ››


Je la regarde et pouffe de rire, tout le salon se repousse dans un bruit mat. Je lance un coup d'oeil à la table puis vient me poser à coté d'Alrune, tout ça tourne à plus de deux mille à l'heure dans mon cerveau. J'me sens faible d'avoir été trahi comme ça, j'me sens dépossédé de ce qui fait mon essence et ça me troue le cul. J'drague des filles et des mecs faciles parce que j'ai pas envie de me prendre la tête, j'sors pas de mon petit train plan plan... J'me transforme en vieux. Putain. J'me transforme en Bélial... L'idée me fait frissonné alors que je tapote gentiment la main d'Alrune pour lui signifier qu'elle peut me toucher sans que ça ne m'irrite. Son regard me scrute avec beaucoup d'insistance et je vois bien qu'il va falloir que je parle et que je ne m'en sortirais pas avec une vague explication de derrière les fagots. La confirmation arrive quand elle me sort très calmement.

‹‹ Ensuite parles moi de cette trahison. ››

Je lui souris et l'attire contre moi pour l'embrasser sur le front. Cette démone est une sainte. C'est tout. Point final. En attendant, j'ai besoin d'un peu de courage liquide, du coup, je remplis nos verres respectifs, trinque avec elle et le vide d'une traite. Je ne cille pas, ça fait bien longtemps que ça picote même plus.

-Très bien, princesse. Je ne te ferais pas l'affront de te mentir. Enfin, pas encore en tout cas.


Je lui lance un petit sourire vaguement joueur mais je soupçonne beaucoup de tension dedans. Je m'étire dans le canapé et remets mes cheveux en place d'un mouvement nerveux de la main.

-Tu te souviens de Tobias ? Un... Ami... De longue date. Oui ? Bien. Figures-toi qu'il était à Blackwater Falls, jusqu'à très récemment. Pendant Croatoan, nous nous sommes... Bon on s'est mis en couple, ne tournons pas autour du pot, on est pas des Cheerleaders... Bref, il m'aide, je l'aide, on s'aide, on baise, on s'découvre, tout ça. J'l'aime sincèrement, il a l'air de m'aimer sincèrement. Bref, c'est la grosse roucoulade au pays des glandus. Sauf que quand j'ai libérer Simone de mon Bunker, une fois cette merde passée, figure toi qu'il disparaît dans la nature. Il s'est cassé sans dire au revoir et étonnamment son départ coincide avec l'arrêt de Croatoan. Ah oui, post scriptum : c'est un démon de la maladie. Donc, j't'avoue que je le vis pas super bien. Je me suis fait bien humilié dans la bataille et j'ai une peine de cœur. Sauf que c'est moi qui inflige ça, d'habitude.


Je pousse un gros soupir et me ressert  un verre que je vide dans la foulée. Je regarde dans le vide et cligne des yeux avant de continuer d'un air absent.

-Combien de personnes jouent avec moi comme ça, hmm... J'finis par me demander. Parce que je me suis fait avoir comme un bleu. Et si il a réussi ce tour de force, y en a d'autre qui sont peut-être en train de me la faire à l'envers. Si ça se trouve, j'maitrise rien du tout depuis le début. T'imagine ça, princesse. Si ça se trouve j'suis con comme un balais et personne ne veut me le dire. Genre, Brave Asmodée, on va le laisser croire ça, le pauvre chéri. Putain, ça m'f'rait mal...


A cette mention, nos verres éclatent. Je suis à peine surpris. Je soupire une nouvelle fois et regarde Alrune.

-Désolé, princesse. Ca arrête pas d'arriver. Je fais vivre les métiers du verre à moi tout seul.

Je la débarasse des éclats avant d'aller balancer tout ça et de ramener deux autres verres. Ils ont survécus, eux. Pour combien de temps ? Personne ne sait. Je nous reverse un verre et la regarde.

-Du coup, le monde entier mérite un peu ma colère, actuellement, j'sais pas ce que t'en dis.


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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Sam 30 Déc - 15:23


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Asmodée & Alrune




Un démon, voilà ce que j'étais. J'abusais de la luxure, j'abusais de la bonté des autres et de l'égoïsme dès que j'avais envie de m'en donner l'occasion.  Je ne mettais aucune limite à la satisfaction de mes propres désirs, je ne plaçais aucune borne à ma détermination. Si les choses n'étaient pas juste toutes blanches ou toutes noires, je m'estimais tout de même grise foncé. J'avais peut-être été mortellement à mon apogée à mes débuts (une famille, ça ne se tue qu'une fois – malheureusement) mais ma spécialité n'était pas le meurtre. J'étais une briseuse de couples, une créatrice de fantasme, une déesse de la chaire et une reine de la modestie. Mais si mes capacités meurtrières étaient demandées par mes quelques rares amis proches, j'étais bien heureuse de mettre mes services à disposition. Nous n'en étions pas encore là, mais ce début de conversation me mettait parfaitement en alerte. Ou était-ce le salon en apesanteur qui me mettait la puce à l'oreille ?
Les meubles retombèrent en même temps que le rire d'Asmodée éclatait, faisant rapidement suite à mes paroles. Moi, j'était toujours assise au fond du canapé, mes jambes maintenant en tailleur. Mon ami avait effectivement l'air de s'être calmé quelque peu, mais je le connaissais : il pouvait bien exploser sa maison tout entière dans la seconde qui suivait s'il en avait envie. Son tapotement sur ma main me fit sourire. Comprenait-il seulement que ce n'était pas pour moi que je m'inquiétais ?

‹‹ Très bien, princesse. Je ne te ferais pas l'affront de te mentir. Enfin, pas encore en tout cas. ››

Profitant de la proximité que lui-même avait réinstauré, je me rapprochai sur le canapé pour glisser tout naturellement mes jambes contre les siennes, pour continuer sur la voie de nos habitudes. Portant le verre à nouveau plein à mes lèvres, je laissa ma main libre reposer sur le dossier du canapé. Il n'était plus temps de parler à présent, il me fallait écouter. Alors quand Asmo me demanda si je connaissais Tobias, je ne répondis que d'un mouvement de tête par l'affirmative. Un charmant brun, bien sûr que je m'en souvenais !... bien que je n'avais pas eu la chance de le voir passer dans mon lit...
Avant la fin de son histoire, un nouveau verre était vide. J'attrapai la bouteille des mains d'Asmodée après qu'il se soit resservit, sans réellement savoir s'il s'en rendit compte. De mon côté, il me semblait que l'alcool commençait à me monter à la tête en même temps que la colère. On avait abusé de mon ami, on avait joué avec lui, avec ses sentiments, on lui avait menti, ce n'était pas comme si on m'avait atteint directement, mais on n'en était pas loin. Mes doigts glissèrent sur le tissus pour venir se poser le long de la nuque du démon dans un mouvement doux. Encore une fois, pas vraiment pour l'apaiser, juste pour le soutenir, pour lui rappeler que j'étais là, de son côté, toujours.

‹‹ Combien de personnes jouent avec moi comme ça, hmm... J'finis par me demander. Parce que je me suis fait avoir comme un bleu. Et si il a réussi ce tour de force, y en a d'autre qui sont peut-être en train de me la faire à l'envers. Si ça se trouve, j'maitrise rien du tout depuis le début. T'imagine ça, princesse. Si ça se trouve j'suis con comme un balais et personne ne veut me le dire. ››

Je n'avais que très rarement vu mon ami dans un état d'agitation et de remise en question pareil. Il devait vraiment aimer Tobias pour être dans une telle animation. Je connaissais la situation, je ne la connaissais que trop bien... Mais il n'y avait aucune pitié dans mon regard, qu'une colère sourde qui ne demandait qu'à sortir et se rependre dans une trainée de dégâts mortels.

‹‹ Genre, Brave Asmodée, on va le laisser croire ça, le pauvre chéri. Putain, ça m'f'rait mal... ››

Entre nos mains, les flutes éclatèrent soudain. Un moment, je cru que j'avais moi même cassé la mienne sur le coup de la colère, mais vu l'expression du visage de mon ami et les paroles qui suivirent, je n'y étais pour rien. Sa réflexion me fit sourire mais je n'avais toujours pas lâché un mot, digérant quelque peu mon aigreur pour mieux la traiter.
Bientôt, les bris de verres avaient disparus pour être remplacés par deux nouveaux contenants intacts et pleins.

‹‹ Du coup, le monde entier mérite un peu ma colère, actuellement, j'sais pas ce que t'en dis. ››

J'avais saisi la nouvelle coupe de champagne mais sans y toucher, je la reposai sur la table basse. Me redressant pour me mettre à la hauteur du démon, je m'avançai vers lui, passant doucement mes mains derrière sa nuque je collais mon corps au sien, le temps d'une étreinte. J'avais souvent l'impression de pouvoir mieux parler avec les gestes qu'avec les paroles. Les mots auraient semblé faux si j'avais dit à Asmodée que je partageais sa rage, mais j'osai croire que cela se voyait dans mon regard assombrit par la fureur. Me reculant un peu pour voir son visage, je laissai courir mes doigts le long de sa mâchoire.

‹‹ Je dis que personne n'a le droit de jouer avec toi. C'est toi qui joue avec les gens. Et tu es le meilleur que je connaisse à ce jeu là. ››

Mes yeux se perdirent un instant dans les siens, pour voir ce que je pourrais y lire avant de prendre mes distances à nouveau. Me penchant vers la table, je saisis à nouveau mon alcool pour réhydrater mes cellules de sa douce potion enivrante. Les folles idées que je pouvais avoir quand j'étais sobres... alors qu'en était-il quand j'avais bu ?

‹‹ Qu'est-ce que tu dirais si je te proposais qu'on le retrouve, ce Tobias ? ››

Un sourire qui n'indiquait rien de bon se dessina sur mes lèvres.

‹‹ A nous deux on peut obtenir n'importe quelle information et je suis persuadée qu'on peut retrouver n'importe qui, n'importe où. ››

Lui, le roi de l'information et moi sa fidèle alliée qui n'avait jamais reculé devant rien ni personne pour obtenir ce qu'elle voulait, même lorsqu'il s'était agit de vendre mon âme à de magnifiques diables...  En tout cas, l'idée de me lancer dans une course à la justice personnelle me séduisait parfaitement.

‹‹ Et quand ce sera fait, tu n'auras plus qu'à remettre les pendules à l'heure de façon définitive. Le message sera passé que personne ne se joue d'Asmodée Hallsonar et le monde tournera de nouveau rond. ››

Mon regard s'était fait plus enjoué, presque défiant et en vidant ma coupe je lançai un petit haussement d'épaules.

‹‹ De toute manière, si tu ne veux pas régler son compte à ce type c'est moi qui le ferait. Même si ça me briserait le cœur de te priver de ce privilège... ››

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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Ven 19 Jan - 11:42

Pendant que je raconte ma petite histoire, Alrune glisse ses doigts le long de ma nuque, j'ai du mal à savoir ce qu'elle veut faire avec ça mais ça m'electrise. Ca me calme aussi. En fait, j'en oublie presque Tobias mais l'humiliation subie et la colère sont trop profondément ancrées pour qu'elles disparaissent complètement. Je la laisse faire et continue de déblatérer alors que graduellement, la colère monte, on se croirait dans un four. Petit à petit, je la sens bouillir en moi et le souvenir du Bunker et de Simone sont pour le moment le meilleur de mes gardes-fous. Non, c'est l'heure de la colère froide et calculée. Celle qu'on digère et qu'on processe jusqu'à ce qu'elle ne fasse plus sens. Alors j'attends tranquillement, j'en bave et je ferme ma gueule, je choisis mes mots et je partage mes inquiétudes comme un gamin de 15ans. Je me lève même et je fais les cents pas, inlassablement. Je fais éclater des verres malgré moi. Putain, mais ça tourne pas rond chez moi. C'est dingue. Ça fait des semaines que ma vie est un bordel sans nom de drogues, d'alcool et de baise.

Et puis un miracle.

Alrune se lève, elle pose sa coupe de champagne sur la table, se lève plus gracieuse que tout les anges du paradis et terriblement attirante. Elle m'enlace, se colle à moi et je me prends à espérer qu'elle m'embrasse. Putain, cette démone me rend dingue. Tobias, c'est autre chose mais Alrune... Alrune je l'ai dans la peau. Ses yeux fulminent. Elle est en colère et ça me fait un bien fou. Quelqu'un trouve que c'est également une situation merdique et cette personne est peut-être la plus importante de toutes. Ses doigts parcourent ma mâchoire et ses yeux sont rivés sur les miens. Les mots qui suivent claquent comme l'orage. Ils roulent, craquent et transpercent mes neurones tourmentés.

‹‹ Je dis que personne n'a le droit de jouer avec toi. C'est toi qui joue avec les gens. Et tu es le meilleur que je connaisse à ce jeu là. ››

Je dévisage Alrune comme un couillon et dans ma tête une phrase très simple s'impose : « ah bah oui, c'est vrai ». Faut être con pour oublier un truc pareil. Pourtant quand elle le dit, ça me frappe. C'est moi qui joue avec les gens, c'est ce que je fais de mieux depuis des siècles. Je la regarde un moment, interdit, je l'écoute me proposer de retrouver Tobias et plus elle parle plus j'imagine un plan. Plus elle me dit qu'elle veut m'accompagner et plus le plan se transforme, évolue pour atteindre la hauteur de l'offense. Il m'a trahi, il a roulé mon nom et mon cœur dans la boue au point que j'oublie qui j'étais et que je perde ma superbe ? Aucun soucis. Il va payer pour chaque minute passée dans ce cloaque interne à ruminer à me penser bête à manger du foin. Je vais le faire payer à un point qu'il n'imagine même pas.

Un fin sourire fend mon visage. Un sourire qu'on ne m'a pas vu depuis longtemps. La malice, l'envie d'aller faire tout ça maintenant. Je prend mon verre de champagne et le vide avant d'aller prendre les mains d'Alrune et de les porter à ma bouche. Je les embrasse avant de l'attirer à moi et de l'embrasser à pleine bouche. Loin de moi l'idée de lui déclarer un quelconque amour, c'est beaucoup plus impulsif que ça.

Asmodée is back, bitches.

Je m'écarte et lui souris, un grand sourire plein de malice, de charme et d'idées saugrenues.

-J'en dis que, comme toujours, princesse, tu as raison. Retrouvons Tobias. Personne, et certainement pas ce démon, ne se joue de moi sans en payer le prix, ma belle.

Il nous resserre et fait tourner le verre entre mes doigts.

-Remettons le monde en bon ordre de marche et envoyons un petit message à ceux qui me pensait faible en faisant disparaître Tobias de la surface de la terre, veux-tu ?

Je la regarde, presque gourmand à l'idée d'avoir un plan aussi machiavélique. Ca fait du BIEN, putain. Tellement de bien. Elle est là, ma santé mentale. Pile entre le connard de démon et l'humain bien sous tout rapport.

-Oh princesse, rien ne peut se cacher de moi. On le retrouve et je t'emmène en voyage. Toi et moi, on va chasser le démon des maladies.

_________________


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MessageSujet: Re: Night talk • Asmodée&Alrune   Mer 24 Jan - 16:02


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Asmodée était un modèle. En tout cas il l’était rapidement devenu pour moi, une fois que j’étais sortie de l’enfer (grâce à lui) et que j’avais accepté que ma vie ne serait plus jamais la même. C’était un exemple d’intelligence, un exemple de manipulation, un divertisseur né. Il avait un charisme et une imagination incroyables et il ne m’avait pas fallut longtemps pour comprendre qu’être de son côté serait toujours être du bon côté, autant pour ma survie que pour mon bien être. Alors dans ce cas, personne ne voulait voir l’être admiré mis à mal. Comme une enfant naïve, j’aimais à croire qu’Asmodée pourrait mettre le monde entier à ses pieds en un claquement de doigts, tout comme les petits aimaient à croire que leur père pourrait toujours les protéger de tout et de tout le monde...
Après tout c’était lui qui, comme un parent, m’avait guidé dans mes premiers pas de démon. C’était lui qui m’en avait appris les bénéfices et les dangers avant de me laisser partir pour voyager le monde.
Si devais dire que j’avais une famille aujourd’hui, Bélial et lui étaient ce qui s’en rapprochaient le plus. Bien entendu pas le genre de famille qui se retrouvaient pour manger de la dinde à Thanksgiving et regarder le superbowl tous ensemble avec popcorns sur le même canapé... c’était plutôt le genre avec de rares réunions qui finissaient aléatoirement au lit, ivre, dans les cris ou par un meurtre. Personnellement, je n’y voyais rien de trop désagréable.
Tout ça pour dire que je ne supportais pas de voir Asmodée affaiblit, je ne supportais pas de le voir souffrir, lui qui portait si bien sa fierté, j'étais prête à tout pour lui redonner son sublime orgueil. Et il me sembla d'ailleurs que mon plan fonctionnait tout doucement puisque son air plein de colère sembla changer pour une expression plus déterminée, alors que l'instant d'après, ses lèvres venaient voler les miennes, le temps d'un battement d'ailes.
Lorsque mon ami se recula, il me laissa avec un grand sourire aux lèvres devant son expression sombrement enjouée, celle que je lui connaissait si bien. Dire qu'un court instant j'aurais pu croire que j'avais perdu mon meilleur ami. Mais personne ne pouvait me voler Asmodée, je m'en assurerais toujours.

‹‹ J'en dis que, comme toujours, princesse, tu as raison. Retrouvons Tobias. Personne, et certainement pas ce démon, ne se joue de moi sans en payer le prix, ma belle. ››

Acquiesçant seulement, je me laissai emporter par l'enthousiasme tout nouveau du charmant blond, alors qu'un nouveau verre rempli ornait ma main.

‹‹ Remettons le monde en bon ordre de marche et envoyons un petit message à ceux qui me pensait faible en faisant disparaître Tobias de la surface de la terre, veux-tu ? ››

‹‹ Avec grand plaisir ! ››

Inutile de dire que c'était vrai. Rien ne m'enthousiasmait plus à l'instant que de partir pour une nouvelle mission destructrice avec le meilleur de mes alliés.

‹‹ Oh princesse, rien ne peut se cacher de moi. On le retrouve et je t'emmène en voyage. Toi et moi, on va chasser le démon des maladies. ››

Sans plus pouvoir me départir de mon sourire radieux, je levai mon verre dans la direction du Démon.

‹‹ A ta vengeance ! ››

Ensuite, il me sembla que nous avons trinqué et vidé quelques bouteilles de plus... Mais à mon réveil de cette soirée arrosée, il n'y avait plus beaucoup de la deuxième partie des festivités dont je me souvenais. De notre meurtrière aventure à venir en revanche, je comptais bien ne pas perdre une miette.

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Night talk • Asmodée&Alrune

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