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 Aveline || We're lost in barren lands

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MessageSujet: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 13:30


AVELINE LILIANE TWAIN
I GREW TIRED OF ANSWERS FOUND BY FOLLOWING OTHERS
○ âge › 29 ans, bientôt la trentaine et ça l’attriste un peu ○ date et lieu de naissance › Le 28 Juillet à la Nouvelle-Orléans, ville de magie par excellence ○ profession › Libraire dans une petite boutique du centre-ville, un travail tranquille mais qu’elle aime malgré tout ○ situation amoureuse › Célibataire, elle n’a jamais eu spécialement de chance avec ses anciens compagnons ○ orientation sexuelle › Hétérosexuelle, elle a eu ses moments de curiosité mais sans plus ○ situation financière › Plutôt aisée sans pour autant qu’elle ait des milles et des cents sur son compte en banque ○ don et niveau › prémonitions, pour son plus grand bonheur – contrôle au niveau trois ○ groupe › smoke and mirrors ○ avatar › Eva Green, hell yeah ○ crédit › unknown
Solitaire – Curieuse – Désabusée – Loyale – Aimante – Déterminée – Bornée – Maline – Méfiante – Fidèle – Altruiste – Détachée – Résignée

⚔ Aveline a la poisse. A dire vrai, depuis quelques années, il semblerait que toute sa famille soit plus ou moins malchanceuse, mais elle a un don inné pour se retrouver dans les problèmes, au point où elle ne s’inquiète même plus de savoir ce qui va lui arriver puisqu’elle sait que quelque chose lui tombera sur le coin de la figure à un moment ou à un autre.

⚔ Ses parents sont morts il y a une quinzaine d’années dans un incendie qui a ravagé leur maison. Elle soupçonne que ce n’était pas accidentel, mais elle n’a jamais eu les preuves que quelqu’un ou quelque chose était impliqué. Elle y a survécu de justesse, tout comme son frère jumeau.

⚔ Aveline joue du piano. Elle ne dessine pas très bien, elle n’écrit pas malgré son amour pour les livres, mais elle adore la musique et lorsqu’elle a besoin de lâcher un peu de lest, elle s’assoit derrière son instrument et joue, pendant des heures parfois, tant que les notes n’ont pas réussi à lui changer les idées.

⚔ Migraineuse, elle a dans son cabinet à pharmacie suffisamment de cachets pour endormir un troupeau d’éléphants. Entre ses prémonitions et sa vie souvent plus mouvementée qu’elle ne l’aimerait, elle a régulièrement l’impression qu’on tente de lui trouer le crâne à la perceuse. Heureusement pour elle, ses comprimés sont efficaces.

⚔ Avec tout ce qui lui tombe dessus et les situations parfois monstrueuses dans lesquelles elle se trouve embarquée, Aveline a dû apprendre à se battre, ne serait-ce qu’un peu, histoire de pouvoir se défendre un minimum. Elle n’a rien d’une combattante d’élite, mais elle connait quelques points faibles où frapper si le besoin s’en fait sentir. Cela dit, elle préfère encore répliquer avec quantité de sarcasmes cuisants - quitte à avoir de la répartie, autant s’en servir.

⚔ Elle a parfois l’air froide de prime abord, mais c’est essentiellement parce qu’elle ne veut pas prendre le risque de mettre les gens en danger qu’elle n’ose pas vraiment s’attacher ; poissarde comme elle est, elle a peur que sa malchance fasse des dommages collatéraux et elle s’en voudrait affreusement si c’était le cas. Les deux seules personnes dont elle soit encore vraiment proche sont son frère jumeau Anders et le démon qui les protège bon gré mal gré, Bartimeus.

⚔ Aveline est une grande férue de lecture, à tel point qu’elle en a ouvert une librairie pour tenter de convoyer sa passion aux autres. Elle a une culture littéraire incroyable, et elle n’a pas un genre favori par rapport aux autres : si elle trouve un bon roman à l’eau de rose, elle l’aimera tout autant qu’un classique ; à l’inverse, elle ne jugera pas une œuvre à la renommée de son auteur – le travail de James Joyce, par exemple, lui est particulièrement imbuvable.

⚔ La jeune femme n’a pas vraiment de phobie particulière. De manière générale, toutes les peurs qu’elle pourrait avoir peuvent se résumer en une phrase : elle a peur de souffrir. Que ce soit une douleur physique ou morale, elle a peur d’avoir mal, d’une manière ou d’une autre ; si elle s’isole, si elle se fait violence pour ne pas s’enticher de quelqu’un ou quelque chose, c’est, égoïstement, pour s’épargner toute forme de souffrance, et ils sont rares ceux pour lesquels elle est prête à surmonter cette peur.

⚔ Aveline sait parler anglais, français, quelques bribes de japonais et, surtout, elle connait le latin. Elle a vite dû se rendre à l’évidence et réaliser que dans son monde à elle, ce n’était pas tant une langue morte que ça, et qu’il était toujours pratique d’avoir une poignée de formules sous la main en cas de problème.

⚔ Elle est férue d’astronomie et a une quantité d’ouvrages impressionnante sur le sujet ; elle possède également un petit télescope portatif qu’elle emmène souvent avec elle lorsque le ciel est dégagé et que le temps se prête à une petite séance d’observation. Sinon, l’objet reste posé près de sa fenêtre et elle détaille le ciel depuis le confort de son salon.
○ quelle est ta position par rapport au surnaturel ? › Même si elle le voulait, Aveline ne pourrait pas ignorer le surnaturel ni prétendre qu’elle n’en fait pas partie d’une certaine façon. Sa famille descend d’une longue lignée de chasseurs qui se sont rangés il y a trois générations de ça – mais visiblement, certains n’ont pas eu l’information et continuent de venir les tourmenter, pour le meilleur et surtout, surtout pour le pire. Quant à elle, elle est dotée du don de prémonition, et ses visions surviennent généralement au moment où elle s’y attend le moins, annonçant leur venue par une migraine subite qui persiste généralement pour une poignée de minutes. Si elle voit l’avenir, elle ne tente plus de le changer depuis longtemps, ayant subi trop de déceptions et de désillusions pour encore se dire que quoi que ce soit qu’elle puisse faire soit réellement efficace. Enfin, au moins, ça fait rire le démon familial de la voir s’avaler ses aspirines comme des bonbons.
○ pseudo › charonspass ○ et à propos de toi ? › la prochaine fois que quelqu’un me dit « hey, j’ai une super idée », je fuis è_é ○ comment t'es arrivé ici ? › les admins sont de viles tentatrices, mais on le leur rend bien /o/ ○ un dernier mot ? › c’eeeeeeest supercalifragilisticexpialidocious
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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 13:30

ಠ Alistair Twain était un homme de principes. Il n’avait jamais joué avec le feu, jamais touché à quoi que ce soit qui aurait pu lui porter préjudice ou mettre en danger ses proches, jamais tenté de se servir des savoirs interdits qui s’étaient transmis dans sa famille depuis les générations passées – depuis l’époque où les Twain étaient réputés pour leurs talents de chasseurs, et même après qu’ils aient rangé les armes pour mener une vie plus tranquille, trois générations plus tôt. Oui mais voilà : certains des êtres que ses ancêtres avaient si ardemment pourchassés n’avaient visiblement pas eu l’information ; ou alors ils s’en fichaient royalement, ce qui était tout aussi probable. Quoi qu’il en soit, ils étaient une lignée maudite, condamnée à subir les foudres d’un monde surnaturel auquel ils ne voulaient pourtant plus avoir à faire. A croire qu’il n’y avait aucun repos pour eux, aucun salut qui les attendait. Ils n’étaient pas de mauvais gens pourtant, et sans être des citoyens modèles, ils étaient au moins des citoyens décents. En tout cas, Alistair avait tout fait pour élever ses enfants en leur inculquant le plus de principes possible. Ses héritiers, ses jumeaux – Anders et Aveline, la prunelle de ses yeux. Il n’y avait rien qu’il n’aurait fait pour eux, et s’il aimait sa femme avec passion, pour ses enfants, il serait allé jusqu’en Enfer sans hésiter une seule seconde. Quelque part, c’était d’ailleurs ce qu’il s’apprêtait à faire. Sa fille avait été enlevée, et il n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait. Hors de question qu’il lui arrive quelque chose – il ne se le serait jamais pardonné, et son épouse non plus. Et si pour cela il devait sacrifier son repos pour de bon, s’il devait abandonner la moindre chance de rédemption, alors soit : il le ferait sans remord. Il aurait le temps de voir grandir ses petits avant de plonger tête la première dans les fournaises infernales, et il s’assurerait qu’ils soient en sécurité. C’était tout ce qu’il voulait pour eux : qu’ils aient la vie qu’ils méritaient, paisible et loin de tous les problèmes qui avaient émaillé la sienne au cours de ses quarante-trois années d’existence.
En soupirant, le grand homme se redressa et observa le cercle qu’il venait de dessiner sur le sol. Chaque sigle, chaque trait avait été pensé, réfléchi et surtout rien n’avait été laissé au hasard. Il n’aurait plus manqué que ça, qu’il perde sans rien gagner à cause d’un dessin mal fait. Au final, content de son travail, le patriarche Twain ferma les yeux et récita la formule qui lui permettrait d’invoquer le démon qu’il recherchait. Ce démon dont le nom était passé de génération en génération, trop lié qu’il était à leur lignée pour pouvoir un jour penser se débarrasser d’eux pour de bon. Finalement, Alistair arriva au bout de sa litanie et rouvrit les yeux. Il n’était plus seul dans la pièce désormais ; face à lui se tenait un grand personnage dégingandé et à l’air nonchalant qui le fit se tendre presque instantanément. S’il n’avait écouté que ses instincts, il aurait tué la créature, ou alors il serait parti en courant en le laissant piégé là. Mais il n’avait pas le choix, il fallait qu’il aille jusqu’au bout désormais. Pour Aveline.

- T’es qui, toi ?

Le grand homme reste droit, impassible, une sévérité presque noble imprimée dans tous ses traits. C’était le jour où il renonçait à tout, pour le bien de ses enfants.

- Alistair Twain. C'est toi, Bartimeus ?


ಠ Recroquevillée dans un coin de la pièce, cachée derrière ses petits bras maigres, Aveline regardait, terrifiée, les grands hommes et les grandes femmes qui l’avaient enlevée. Elle n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui était arrivé : tout à coup, ces gens étaient entré dans sa chambre et l’avaient emmenée, lui scellant la bouche d’un gros morceau de scotch gris qu’ils avaient arraché sans ménagement une fois arrivés là où personne ne l’entendrait crier. Heureusement qu’Anders n’avait pas été là, sinon lui aussi aurait été enlevé. Rien que de penser à son jumeau, sa moitié, son meilleur ami, la petite Twain eut les larmes aux yeux. Elle voulait son frère, elle voulait ses parents, elle voulait qu’on la sauve avant que … elle ne savait pas trop au juste, mais elle savait que ça n’allait pas bien se passer pour elle. Elle savait qu’elle n’avait pas de chance, mais elle n’avait encore jamais connu de problème pareil, et elle avait peur. Peur de ne pas revoir sa famille, peur de ne pas rentrer chez elle, peur d’avoir mal, peur d’avoir peur. Elle était encore jeune, trop jeune pour comprendre ce que se murmuraient ses ravisseurs, trop jeune pour comprendre les regards qu’ils lui lançaient – des regards affamés qui ne présageaient rien de bon. La fillette retint un gémissement inquiet, sachant très bien qu’elle se prendrait une nouvelle claque si le moindre son sortait encore de ses lèvres. Pourtant, ce fut un cri de terreur suraigu qui s’échappa d’entre ses lèvres lorsqu’une nouvelle silhouette apparut et, d’un coup, brisa la nuque de l’un des hommes qui l’avaient enlevée de chez elle. Le reste du groupe se tourna vers le nouvel arrivant, et Aveline profita de la confusion générale pour filer se cacher sous un énorme secrétaire. A plat ventre, tremblant de tout son petit corps, ses grands yeux bleus ne virent que des pieds s’agitant dans tous les sens, et puis des corps s’écroulant au sol les uns après les autres. Des cris, des grognements et des bruits qu’elle ne connaissait pas emplirent la pièce pendant ce qui lui sembla être une éternité, et elle crut bien que ce nouveau monstre finirait par lui faire du mal aussi. Lorsque le calme revint enfin, il n’y avait plus qu’une paire de pieds qu’elle voyait encore debout. Pieds qui s’approchèrent du secrétaire et qui la firent reculer autant que possible. Terrifiée, elle vit un genou se mettre à terre, une main se poser sur le sol, et … une tête se pencher sous le secrétaire et la détailler. Ce visage, Aveline ne le connaissait pas le moins du monde. Elle n’avait jamais vu cet homme et ne savait pas du tout ce qu’il lui voulait.

- C’toi Aveline ? C’est ton père qui m’envoie te chercher.

La petite cligna des yeux et regarda l’inconnu, un espoir tout enfantin venant supplanter la peur panique qui lui nouait le ventre.

- C’est mon papa qui vous a dit de venir ? C’est vrai ?
- Puisque j’te le dis. Allez viens, ça doit pas être confortable là-dessous.

Aveline le détailla, un peu méfiante, encore effrayée, mais le sourire qu’il lui adressa avait quelque chose de suffisamment amusant pour la détendre. Timidement, elle rampa hors de sa cachette et s’approcha de lui avant de se cacher dans son grand imperméable beige. Comme ça, si d’autres méchants lui voulaient du mal, ils ne la verraient pas, dissimulée derrière la grande silhouette qui disparaissait déjà avec elle, la ramenant à la maison familiale. Ses petites mains accrochées à son pantalon de costume, la gamine finit par dire :

- Merci monsieur, de m’avoir sauvée.


ಠ Les flammes léchaient les murs de la maison, dévoraient les tapis, le papier peint et les meubles, dégoulinaient le long des parois et faisaient se fissurer les vitres. Elle avait beau se tenir loin maintenant, Aveline sentait toujours la chaleur lui lécher le visage, même à distance de ce qui avait été l’endroit où elle avait vécu pendant près de douze ans. Collée à son jumeau, broyant la main d’Anders dans la sienne, elle ne pouvait qu’attendre que les pompiers aient fini leur travail. Les hommes en combinaison courraient dans tous les sens, tentant tant bien que mal d’éteindre l’incendie. Pour le moment, ça semblait peine perdue – à croire que le feu ne s’arrêterait que lorsqu’il aurait réduit sa proie en cendres. Sa proie, et tout ce qui se trouvait à l’intérieur. Cassandra Twain avait juste eu le temps de sortir ses enfants de cet enfer avant d’y retourner chercher son mari. Mais aucun des deux n’était ressorti, et plus les minutes passaient, plus la probabilité qu’ils aient survécu diminuait à une vitesse affolante. A dire vrai, ils étaient déjà morts depuis longtemps, leurs corps calcinés lovés l’un contre l’autre quelque part dans les ruines de leur demeure. Mais ça, leurs descendants ne le savaient pas encore. Ils auraient tout le temps de l’apprendre quelques heures plus tard, lorsque les flammes seraient enfin maîtrisées et qu’il n’y aurait plus rien à sauver. En une soirée, Aveline et Anders avaient perdu leur maison, leurs affaires, leur passé et leurs parents. La fillette repensait à ce grand type qui lui avait sauvé la vie plus d’une fois déjà et qui, au moment où il aurait dû être là, au moment où il aurait fallu qu’il surgisse de nulle part, ne s’était pas montré.
Maintenant, elle était là, avec son reflet, à regarder mourir tout ce qu’elle avait toujours connu, et il n’y avait pas de mot pour décrire la détresse qui lui broyait le cœur. Comme s’il avait senti le chagrin de sa sœur, Anders la serra contre lui, silencieux, faisant le fort alors qu’il était tout aussi désespéré qu’elle. Elle le prit dans ses bras en retour, mêlant ses mèches noires à ses bouclettes tout aussi sombres, tandis que leurs yeux clairs fixaient le spectacle qui s’offrait à eux sans pouvoir s’en détacher. Les secouristes qui s’étaient occupés d’eux avaient l’air désolé en les voyant ainsi, orphelins accrochés l’un à l’autre comme si leur vie en dépendait. S’ils ne finissaient pas en famille d’accueil ou alors séparés pars les aléas administratifs, ils auraient beaucoup de chance. Mais les deux jumeaux auraient parcouru la terre entière à pieds pour se retrouver s’il l’avait fallu, et rien ni personne n’arriverait jamais à casser le tout qu’ils formaient. Pas d’Aveline sans Anders, et pas d’Anders sans Aveline. C’était comme ça, tout simplement, d’autant plus désormais qu’ils n’avaient plus que l’un et l’autre au monde.


ಠ Une grimace de douleur vint déformer le visage d’Aveline qui posa les doigts sur ses tempes et ferma les yeux, lâchant le livre qu’elle tenait. Heureusement pour elle, elle était assise, sinon elle se serait probablement écroulée vu la violence avec laquelle la vision s’imposa à elle. Ses yeux devinrent blancs, semblant rouler dans leurs orbites tandis que la jeune femme était le témoin impuissant d’un drame à venir. Heureusement, il ne concernait ni elle ni son frère. Son jumeau qui avait lui aussi hérité d’un joli pouvoir qui lui pourrissait joyeusement la vie. Au moins il n’était pas devenu migraineux comme sa moitié – tant mieux pour lui, c’était particulièrement désagréable à vivre. Lorsque les images refluèrent enfin, la Twain se leva tant bien que mal et tituba jusqu’à sa salle de bain avant d’ouvrir le cabinet où elle conservait tous ses médicaments. Aspirines, codéine, morphine même : elle en avait testé, des mélanges explosifs pour échapper aux maux de tête affreux qui lui vrillaient le crâne dès que son don se manifestait. Elle allait vraiment devoir apprendre à le manier, ou à le contenir du moins, parce qu’à ce rythme, ça allait finir par sérieusement déteindre sur sa santé. Attrapant un pot de comprimés, elle en prit deux et les avala cul sec, grimaçant une nouvelle fois en sentant le goût âcre sur sa langue. En soupirant, elle retourna s’asseoir dans son fauteuil et ferma les yeux, attendant que le temps passe. Elle ne détestait pas son don, mais elle n’arrivait pas à savoir d’où il sortait – et bien entendu, il ne venait pas sans un effet secondaire particulièrement indésirable. Ce n’était pas son genre de pouvoir profiter de la vie sans qu’un retour de flammes prodigieux ne lui revienne en pleine tête. Si sa famille n’avait jamais été très chanceuse, elle remportait haut la main le titre de Twain la plus poissarde que la lignée ait jamais porté. On ne parlait pas malchance de seconde zone – pas de loi de Murphy au quotidien pour elle, pas de tartine beurrée tombant du mauvais côté, pas de talons malencontreusement coincé dans une grille d’aération, pas de clés se cassant dans la serrure, mais seulement la certitude que si un monstre rôdait dans les parages, ce serait à elle qu’il s’en prendrait systématiquement. A croire qu’elle avait attiré les foudres du destin d’une manière ou d’une autre. Laissant échapper un soupir aussi las qu’agacé, Aveline se saisit de son téléphone lorsqu’elle le sentit vibrer dans sa poche. Un fin sourire vint étirer ses lèvres lorsqu’elle vit un message de son frère sur l’écran de l’appareil.

« Je serai chez toi à 19h avec du chinois à emporter et des bières – pas de discussion »

Son jumeau avait le chic pour sentir lorsqu’elle n’allait pas bien, même lorsqu’ils étaient séparés ou loin l’un de l’autre. Cela dit, l’inverse était tout aussi vrai. Comme quoi, cet espèce de lien mystique qu’on prêtait aux gémellités devait réellement exister. Elle lui répondit rapidement, sentant sa migraine refluer tout doucement.

« Je ne dis jamais non à un plat de nouilles réchauffé au microonde, tu le sais »

Posant la tête contre le dossier de son fauteuil, la jeune femme se concentra sur sa respiration plutôt que sur le sang qui battait à ses tempes comme un tambour de guerre. Oui, décidément, il allait falloir qu’elle apprenne à les gérer, ces foutues migraines.


ಠ Bien évidemment, un malheur était arrivé à Aveline. Cette fois, Anders avait réussi à la sortir de justesse d’un très mauvais pas, mais c’était parce qu’il était aussi chanceux qu’elle était malchanceuse. S’il était arrivé quelques secondes plus tard, s’il n’avait pas compris les indices qui avaient été laissés par les ravisseurs de sa sœur, s’il n’avait pas été équipé à ce moment-là … il ne voulait pas penser à ce qui serait arrivé à sa jumelle. Il ne voulait pas envisager un monde où elle n’existerait plus, et s’il devait faire une énorme bêtise pour la protéger d’elle-même et du reste du monde, alors soit. Après tout, sa vie n’avait pas plus d’importance qu’une autre, alors pourquoi chipoter ? Certes, le salut de son âme en serait totalement perverti, et il savait très bien qu’il se condamnait à une après-vie terrible et douloureuse, mais pour Aveline, il aurait fait n’importe quoi, et il savait très bien que la réciproque était vraie. Le jeune homme avait fouillé dans les quelques affaires qui lui restait de leurs parents et il avait trouvé, dans l’un des carnets de son père, un nom et une invocation bien particulière. Curieux, il avait lu ce qui était marqué sur ces pages jaunies par le temps et noircies par les flammes, jusqu’à en apprendre plus sur ce fameux Bartimeus qui avait sauvé Aveline bien des années plus tôt, lorsqu’ils n’étaient encore que des enfants tous les deux. Il se demanda dans quelle mesure l’incendie de leur maison n’avait pas été provoqué par le démon venu récolter son dû. Dans quelle mesure Alistair Twain ne s’était pas sacrifié pour le bien de ses enfants. Anders n’avait pas encore revu le démon qu’il le détestait déjà de toute son âme. Si c’était bien de sa faute si ses parents étaient morts, si c’était bien à lui qu’il s’apprêtait à se vendre, alors … alors …
Alors il se maudirait tout seul jusqu’à la fin des temps, mais tant pis. Il ne pourrait pas toujours être là pour sa sœur, et il préférait encore brûler en Enfer pour l’éternité que de la retrouver morte un jour où il ne serait pas arrivé à temps. Ses yeux perçants étudièrent avec attention le cercle qu’il avait tracé sur le sol, identique à celui que son père avait dessiné il y avait bien longtemps de ça. Pas un trait, pas un symbole ne devait être laissé au hasard, et Anders avait longtemps étudié les notes de son paternel pour que tout soit parfait. Et lorsqu’il fut certain que tout était en ordre, lorsqu’il ne restait plus qu’à passer à l’action, il s’excusa silencieusement auprès de sa sœur avant de réciter son incantation. Lorsque le démon apparut finalement au centre de son piège, le jeune Twain le détailla avec une certaine circonspection et une méfiance certaine. Il était moins impressionnant que dans ses flous souvenirs, mais il dégageait quelque chose de si mauvais qu’il sentit ses muscles se tendre sous le stress, mus par des instincts qui lui hurlaient de fuir cet ennemi mortel.

- Tu ressembles à ton père, c’est fou.

Une lueur de défi et de fierté s’alluma dans le regard du jeune homme au visage encadré par ses cheveux noirs bouclés. Oui, il ressemblait à son père, pour le meilleur comme pour le pire, et il allait le montrer à ce satané démon, même s’il savait qu’il allait y laisser son âme pour la même raison que son père avant lui : pour Aveline.


ಠ Papiers de propriété en main, Aveline sortit de chez le notaire et se mit à remonter les rues de Blackwater Falls, sourire aux lèvres. Pour une fois, les choses s’étaient bien passées, et pour le moment aucune mauvaise nouvelle, aucune calamité ne s’était abattue sur sa tête. Depuis qu’ils avaient quitté les Etats Unis pour venir s’installer dans cette petite bourgade du Canada, elle avait l’impression que sa vie et celle d’Anders s’était considérablement améliorée. A croire que littéralement laisser le passé derrière soi avait du bon, en fin de compte. Leurs visas étaient en règle, ils pourraient s’installer tranquillement sans risquer que l’immigration ne vienne un jour frapper à leur porte pour leur sommer de retourner dans leur pays de malheur, et elle venait juste de signer le contrat affirmant qu’elle était propriétaire de son propre local en centre-ville. Elle allait enfin pouvoir la monter, sa librairie, et elle ne doutait pas qu’elle aurait plus de succès ici qu’à la Nouvelle-Orléans. Elle ne savait pas ce qu’avait prévu son frère ; tout ce dont elle était sûre, c’était que lui aussi avait du travail et qu’il s’était trouvé un appartement sympathique non loin du sien. Là aussi ils avaient eu de la chance, et ça l’aurait presque inquiété tant elle était habituée à tout le contraire. Elle se demandait quand le vent finirait par tourner et balayer cette nouvelle vie qu’ils avaient commencé avec plaisir.
Avant de rentrer chez elle, Aveline fit un crochet par l’une des supérettes non loin de son immeuble. Elle n’avait pas encore eu le temps de faire des courses dignes de ce nom depuis son emménagement, mais maintenant que la plupart des grandes démarches administratives avaient été faites, elle allait pouvoir prendre un peu de temps pour s’installer convenablement et faire une pendaison de crémaillère pour elle et son jumeau – et Bart qui serait forcément de la partie. La jeune femme ne savait pas vraiment pourquoi il était là. « Pour ta protection » lui avait-il dit lorsqu’il était revenu d’entre les morts, des années après leur première rencontre. Pourtant, elle ne se souvenait pas lui avoir demandé quoi que ce soit, et il avait toujours été très élusif sur la question. Elle était de plus en plus persuadée qu’elle n’aurait jamais de réponse, et quelque part ça ne la dérangeait pas tant que ça. Elle avait fini par s’habituer à sa présence, et le démon lui était même devenu sympathique à force, malgré ses défauts bien souvent exécrables et son tempérament à l’opposé du sien ; comme quoi, on s’adaptait vraiment à tout.
Ses emplettes terminées, Aveline remonta la rue jusqu’à son immeuble et gravi les quelques étages qui la séparaient de son appartement. La clé tourna dans la serrure, la porte s’ouvrit … et la jeune Twain fut accueillie par la vision de Bart avachi dans son canapé qui lui adressa l’un de ses fameux sourires qui lui donnaient toujours autant envie de lui en coller une.

- Hey girl, y a plus de bière dans ton frigo.
- Je me demande bien où elles ont pu passer, tien.

Levant les yeux au ciel, elle se dirigea vers sa cuisine pour ranger ses courses, glissant dans son réfrigérateur un paquet de bouteilles de bières. Elle n’en consommait pas régulièrement, mais elle savait que ses réserves seraient pillées de toute façon, alors autant prévoir à l’avance. Et puis, si ça pouvait faire plaisir à son squatteur de protecteur, pourquoi pas.
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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 13:36

Z'êtes sexy aussi vous vous savez
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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 13:57

la belle aveline
j'laime déjà tellement, nous faudra des liens mam'zelle et j'ai très hâte de vous voir à l'oeuvre, toi et bart
BIENVENUE SUR RH I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you
si tu as des questions n'hésite surtout pas

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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 13:59

Of course qu'il nous faudra des liens Ca ne peut se faire autrement
Merci madame, j'viendrai te poker si jamais y a un souci
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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 14:30

veux-tu bien remettre des bières dans le frigo, s'il te plait.

... coucou toé. je t'aime, ta fiche est parfaite, et j'ai hâte qu'on joue notre lien de fifou. du coup, je te valide. tu oublieras juste pas de changer l'intitulé du don, comme on a dit (et d'éditer vite fait la question et le passage de ton histoire où t'en parles, du coup).

on s'retrouve en rp, petit chat.

congratulations !
Oh yeah, ça y est, te voilà validé ! Maintenant que t'as ta couleur et ton groupe, les choses sérieuses peuvent enfin commencer.

Pour commencer, on te suggère fortement d'aller jeter un oeil au registre des avatars, pour être bien sûr qu'on n'aurait pas oublié de le recenser en même temps que de te valider. Après ça, n'hésite pas à visiter toutes les rubriques à gauche, histoire de te familiariser avec le forum, et d'intégrer ton personnage au jeu. Et enfin, si tu as besoin de quoi que ce soit, n'oublie surtout pas que Riley et Tadhgán te sont entièrement dévouées (ou presque), et que leurs boîtes MP sont grandes ouvertes ! I love you

Sur ce, on te souhaite un excellent jeu sur RAISE HELL.
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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   Ven 24 Juin - 16:28

Je change ça au plus vite, promis madame
Merci beaucoup pour la validation, et oui, rendez-vous en RP incessamment sous peu
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MessageSujet: Re: Aveline || We're lost in barren lands   

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Aveline || We're lost in barren lands

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