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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)

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MessageSujet: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Dim 19 Nov - 14:12





When I first met her she was seventeen
Seventeen
Jump like an arsonist to a perfect match
Burned alive
We run 'til no one could find us
Girl, we outrun everyone
+++
If the world exploded behind us
I never noticed if it done
Let nobody dare confine us
I'll bury anyone who does


Le ciel est un gros poisson aux écailles lustrées. C'est cette réflexion qui m'habite alors que je regarde l'orage qui menace de nous tomber sur le coin de la gueule, pif en l'air. L'arrête des toits découpent les nuages aux ciseaux, à croire qu'on peut confiner l'empyrée dans une vulgaire forme géométrique.
Ici, toutes les villes se ressemblent. Il y a ce gigantisme démesuré si typiquement amerloque, cette arrogance qui te fait empiler du verre et du béton pour mieux le baptiser "Gratte-ciel". La pollution règne en impératrice et je ne cause pas des pots d'échappement qui pétaradent façon concours de bites, non, j'évoque la pollution sonore, mentale, la crasse si typiquement humaine qui te colle au derme, qui t'englue. Le chiard qui beugle, le couple qui s’engueule sous la caracole de porcelaines brisées, le clochard qui fusionne avec son carton favori à en crever, la pute qui racole sur des talons aiguilles qui agresse l'asphalte, le foodtruck qui t'enfume de vapeurs de graillon, les bagnoles qui klaxonnent, la marée d'anonymes qui, à force de ne pas vouloir regarder, est devenue parfaitement aveugle. Où que je trimbale ma carcasse de vagabonde, mes pores sont obstrués, ils étouffent saturés de toute cette merde.

Pourquoi devrait-on être sauvé ?
Je me le demande.
Les strigoi régulent le troupeau, nous évitent de déborder et de chier partout dans notre joli enclos. Les chasseurs régulent les prédateurs, pour que l'équilibre soit maintenu. Propre. Au final, tout ça c'est qu'une histoire de bouffe.


J'ai faim.



J'ai pas bouffé depuis ... Je me rappelle plus. Ça me rend vaguement poétique cette avarie d'estomac.
Les cumulus craquent leur slip. La flotte nous tombe dessus à couteaux tirés. Les rats se dispersent dans les rues, à la recherche d'un abri. Je ne suis pas un rongeur. La violence des aiguilles qui transpercent mes oripeaux a vite fait de me tremper. Ça me fouette les sangs, ça me fait du bien. Je retire mes fringues humides qui tombent avec un "floc" massif sur le macadam. Bras ouverts, je laisse l'orage nettoyer mon typhon. Ma nudité importe bien peu. Quand la société considère que tu vaux moins que le décor, tu deviens simplement invisible. Pratique ! Je me laisse allée à ma douche du mois en toute complaisance ! Un rire de gamine s'échappe de ma gorge. Plaisirs simples.

- Hey... Hey ma jolie ?

Et voilà, c'était fugace ce petit gout de tranquillité. Je me retourne, toujours parfaitement à poil. Les animaux le sont bien en permanence, eux. On les fait pas chier avec des frusques.

- Qu'es'tu me veux ?

C'est un passant curieux, un mec "normal", ni jeune, ni vieux. ni rien. La pluie dilue mes perceptions de son visage.

- Je n'avais pas compris que tu étais une fille, au début.
Ça part mal. T'es une SDF, c'est ça ?
- Et ?
- Tu vas attraper froid toute nue. Il s'approche, son visage est  banal, animé de la même lueur qu'ils ont tous quand un téton a le malheur de dépasser.
- File moi ton manteau, alors.
- Je peux te donner bien plus, tu sais. De la chaleur.

J'ai un soupir un peu blasé. L'eau aplatit ma tignasse sur mon visage, fait ressortir le clair de mes yeux.

- Ecoute, mec, t'as un mauvais timing. Un autre jour j'aurais pas dit non si y'avait d'la bouffe à la clé. Mais aujourd'hui, j'ai pas envie d'être baisée pour manger.
- Pourquoi tu te désapes en pleine rue alors, hein, si t'as pas envie de ça ? L'énervement, déjà. Les hommes sont tellement incapable de gérer un refus. Il m'attrape le poignet, le pétillement lubrique s’est mué en violence. Le mouton veut mordre le loup. T'as pas l'choix, d'façon. Qui va t'entendre crier  dans cette ruelle ? Fous toi à genoux et...

La phrase meurt dans sa gorge. Mon genoux vient de lestement écraser ses valseuses. Il se plie en deux de douleur. J'ai l'impression que ses yeux vont s'échapper de ses orbites, c'est presque drôle.

- SALOPE ! Fait-il en se redressant la rage au ventre et la haine en moteur.

Mon front rencontre le sien avec fracas. Il vacille. J'ai un rictus un peu dément, je crois. Il me regarde, sonné, ahuri. Je lui balance mon poing en plein plexus. Reculade, il trébuche et chute à la renverse. Je lui saute dessus avec une sauvagerie instinctive.
Il pleut des cordes sur ma couenne.
Il pleut des coups sur sa tronche.

- Putred oaie! Pupa-ma în cur ! Du-te în pizda matii Mor! Mor!

Le roumain revient toujours aux galops quand je laisse parler mes bas instincts. La pulpe rougeâtre macule mes phalanges comme de la confiture de cerise.





J'ai faim, putain !






Le gars ne bouge plus. Je l'ai peut-être tué. J'm'en cogne. Je fouille ses poches à la recherche de son portefeuille. Raclons un peu de fric sur le dos de la princesse. Cette dépense brutale d’énergie me fait tourner la tête. Je me sens étourdie, vidée.

Sans doute est-ce pour cela que je ne l'ai pas entendu arriver, lui et son foutu parapluie....
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Dim 19 Nov - 17:05


Monsters who will terrorize normalcy
Ciulin & Thaddeus



Lorsque j'avais croqué à pleine dent dans la carotide de ce vampire, je ne m'étais jamais imaginé survivre au delà du premier siècle. Et pourtant, six cent cinquante ans, hein. Bon sang, durant tout ce temps, j'avais réussi à échapper à ce que les êtres immortels redoutent le plus : l'ennui. Sans doute ma nature impulsive et affreusement capricieuse, m'avait préservé de cette apathie que bon nombre de mes congénères subissait à un moment donné de leur existence. Fallait admettre qu'être instable aussi émotionnellement parlant que géographiquement, ça avait du bon. Sans parler que le monde contemporain était pleins de surprises, bonnes ou mauvaises; étonnement plus le temps s'écoulait et plus je sentais que l'ensemble des êtres vivants glissait vers le pire. Et en toute honnêteté, cela me plaisait beaucoup. Ce n'était pas en temps de paix que l'on s'imposait, ni même par la pacification que l'on réunissait les foules. Si je n'avais pas réellement prit part aux différents drames qui avaient entaché l'histoire de l'humanité, j'y avais accordé beaucoup d'attention. Quand cela faisait des siècles que l'on côtoyait les hommes, on ne croyait plus être capable de s'étonner de la perversion qui faisait son identité. Mais non, il y avait toujours plus glauque et détestable. Une vraie source d'émerveillement pour quelqu'un comme moi. Au fond, si j'avais réussi à vivre, c'était parce que j'étais un mortel profondément détestable. Bien sûr, je pourrais me cacher derrières des considérations d'ordres sentimentales. Cela étant, je n'étais pas convaincu que l'ensemble des vampire s'étaient retournés contre leur famille ni même n'avait passé au fil de l'épée leurs plus proches collaborateurs. Tout était possible d'être contextualisé, mais est-ce que ça changeait quelque chose aux gestes ? Les motivations étaient importantes seulement si l'on souhaitait excuser l'acte.

Or, plus l'on demeurait en contact avec quelqu'un et plus les chances pour qu'il vous trahisse augmentait. Un calcul simple; un principe de précaution. Même si j'essayais d'être le vampire le plus puissant du continent, je ne me voilais pas la face; pour beaucoup de mes semblables je n'étais qu'un boiteux dont le pouvoir reposait sur la terreur et si l'on m'infiltrait, j'étais fini. Ma saine paranoïa me forçait à toujours prévoir les coups de mes hypothétiques adversaires, aussi, je traînais souvent à la recherche de nouveaux enfants à recueillir. Ma condition m'empêchait d'entreprendre des chasses longues et périlleuses, de fait, j'étais tributaire d'un groupe de fidèles. Si durant le XVIe siècle, il était facile d'entretenir un culte de sa personne auprès d'âmes perdues, les années 2000 représentaient un tout autre challenge. A l'heure où la foi perdait en intensité et où l'individu primait sur la communauté, il me fallait réfléchir à de nouvelles stratégies si je souhaitais garder un minimum d'avance. Malgré tout, il y avait quelque chose de très pratique dans cette société individualiste; on pouvait faire disparaître des dizaines de personnes et aucun mouvement de foule ne s'en indignerait. Comme quoi, à chaque période ses avantages et ses inconvénients, hein. Si j'aimais traverser le pays par plaisir, je ne faisais guère d'arrêt que dans les villes à taille humaine. Contrairement à beaucoup de vampire, j'aimais qu'on sache que j'étais là. Loin de me cacher, j'avais toujours fais en sorte que l'on me connaisse et me courtise. Mon statut de riche aristocrate attirait les réceptions, les salons: les mondanités ! Et bien que le niveau avait drastiquement baissé depuis l'arrivée de roturiers, des parvenus mal éduqués; j'en restais friand. On n'oublie pas ses racines même après six siècles.

Cela étant, la majorité de mes protégés étaient des rustres et si cela était très pratique pour flairer des proies, je demeurais immanquablement seul lorsque l'on m'invitait aux plus belles réceptions qui se faisait dans le pays. Aussi, je faisais quelques escales dans certaines grandes villes pour dénicher l'être que je saurais façonner à mon image. Dans les quartiers malfamés, il y avait beaucoup de perle qui attendait d'être dénicher de leurs muraille de déchets. Sans parler que ça avait quelque chose de divertissant de déambuler devant la misère et promettre à ces gens le toit du monde alors qu'au fond, j'étais conscient qu'aucun d'eux ne saurait faire l'affaire. Ils finissaient tous par croire que ma bonté était facile à duper. Une insulte à mon intelligence, le genre d'erreur qui méritait l'exécution immédiate. Personne n'entrait sous ma protection sans s'aliéner complètement à moi. Rien n'était gratuit, alors pourquoi devrais-je déroger à cette règle ? Les lois de l'Univers sont immuables...Malheureusement, peu l'entendait de cette oreille et comme tout être croyant pouvoir y échapper, le payait de leur vie. J'étais un peu comme le garant de l'équilibre cosmique. Rien ne passe qui ne repasse. Dans tous les cas, quand j'avais débarqué à New York après plus d'une vingtaine d'années d'absence, je m'étais instinctivement perdu dans ses sordides ruelles. Même après tout ce temps, rien n'avait changé et ça faisait du bien de voir à quel point l’hypocrisie était une valeur sûre.

Au moins, on pouvait reconnaître une certaine authenticité de la part des new-yorkais; et croyez moi, c'était notable...les autres avaient préféré cacher leurs nécessiteux au delà de leurs frontières, chacun sa méthode. C'était pas comme si on ne savait pas ce qu'était les ghettos...ah-ah.

Accompagné de Lorenzo, je claudiquais tout de broderie et tissus précieux vêtu dans les dédale de cette ville poubelle. Oui, il y avait beaucoup de provocation à se trimbaler aussi richement dans un endroit souffrant de la pauvreté. C'était une sorte de test; ceux qui venaient ramper à mes pieds, je les dédaignais. Je ne faisais pas dans la pitié, je voulais des forces brutes, des êtres qui ne faisait pas dans la concession. Et si mon dédain exacerbait leurs violence; d'un coup sec je leur brisai la nuque avant de continuer ma route. Je vous jure qu'après ça, ils étaient peu à se rouler devant moi dans l'espoir d'avoir quelques piécettes. Le monde appartenait aux plus forts et alors que la pluie s'était mit à tomber; je crus voir ce que j'étais venu chercher. A un centaine de mètres, une jeune femme apparemment nue venait de mettre à terre un homme qui faisait quasiment le double de sa masse. C'était si impressionnant que ma mâchoire sembla se décrocher du reste de mon visage. Je forçais l'allure afin d'arriver avant qu'elle ne se décide à déguerpir après avoir salement amoché son assaillant. Tandis que Lorenzo peinait à garder le parapluie au-dessus de ma tête; je fini par arriver à la hauteur de la jeune femme. Un énorme sourire se dessina sur mon visage avant de retenir ma canne entre mes jambes pour applaudir la performance.

- Remarquable, fis-je avec entrain, c'est bien la première fois que je vois autant d’impétuosité dans ce coin là; normalement la drogue assomme et l'on à le droit aux habituels duels de couteaux qui finissent immanquablement de façon lamentable.

Je claquais des doigts et signifiai d'un geste de tête à Lorenzo d'ôter sa veste pour la donner à notre nouvelle recrue, bien que pour le moment elle l'ignorait.

- Est-ce bien du roumain que j'ai cru entendre ? Je suis un peu rouillé, mais il me semble bien que cet accent me dit quelque chose; j'ai eu beaucoup d'amis dans ce coin là du globe.  

Je lui souris.

- J'ignore les raisons pour lesquelles vous êtes nues et même pourquoi vous paraissez vivre dehors, mais je vois en vous un grand potentiel. Je sais que ça peut paraître très étrange. Pourtant, je n'ai ni la dégaine d'un maquereaux, ni même celle d'un pervers; ou au moins l'espère, et de fait, je peux vous paraître encore plus suspect. Mais, croyez-le ou non, je ne suis animé par aucune mauvaise intention.

Constatant que la jeune femme paraissait à bout de force, je précipitai sur l'occasion pour jouer la carte du bon samaritain. Je sortais de ma veste mon portefeuille et tendit quelques billets que je tendis à mon interlocutrice.

- Si je vous donne cet argent pour vous acheter de quoi manger, vous souhaiterez bien m'écouter ?

Avais-je la bonne définition de la bonté, de l'aumône et du bon samaritain ? Pas si sûr.


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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Lun 20 Nov - 4:47

- Remarquable ....

Le reste des palabres flottent comme une musique d’ascenseur, à l'orée de ma cervelle fatiguée. J'attrape des mots à la volée : "’impétuosité", "drogue", "couteaux", "lamentable"... Mon cortex perméable comme une éponge, enregistre malgré tout.
Lorsque le menteau envellope mes épaules, je prends conscience d'à quel point j'ai froid.

- Est-ce bien du roumain que j'ai cru entendre ?

J'ai un semblant de sursaut. Ma concentration fume ce qu'il me reste d'énergie pour mieux me focaliser sur lui. Il a une dégaine burlesque qui contraste avec son facies de croque-mort. Le premier qualificatif qui me vient à l'esprit c’est "Corbac" à cause de ce nez qui pourrait crocheter des serrures à lui seul. Je dois vraiment être épuisée, parce que je trouve ça étrangement repoussant et sexy à la fois.

- Je suis un peu rouillé, mais il me semble bien que cet accent me dit quelque chose; j'ai eu beaucoup d'amis dans ce coin là du globe.  

- Ah ouais ? Nu suntem mulți aici. La faim nourrit mon manque de réparti. Je pourrais pousser plus loin l'investigation, mais j'ai pas la force de faire cet effort pour des infos dont je me care l'oignon.

Son sourire aurait du me mettre la puce à l'oreille. Pourtant, je n'ai pas écouté le frisson caractéristique au bas de mes reins.

- J'ignore les raisons pour lesquelles vous êtes nues
- 'prenais une douche, que je marmonne en pointant le ciel.
- ... Et même pourquoi vous paraissez vivre dehors, mais je vois en vous un grand potentiel. Je sais que ça peut paraître très étrange. Douteux serait le mot juste. Pourtant, je n'ai ni la dégaine d'un maquereaux..... Mec, un peu quand même..... ni même celle d'un pervers; ou au moins l'espère, et de fait, je peux vous paraître encore plus suspect. Tu crois ? Mais, croyez-le ou non, je ne suis animé par aucune mauvaise intention.
- Ué, ils disent tous ça avant d'sortir leur queue ou leur canif de leur futal.

Une liasse de billet danse devant mes yeux. Je louche dessus comme un chat séduit part un bout de ficelle.
- Si je vous donne cet argent pour vous acheter de quoi manger, vous souhaiterez bien m'écouter ?

- Juste écouter ? Genre, sans baise, branlette ou kinks chelous ?


Un richard qui se trimbale avec un majordome qui lui tient le parapluie dans les quartiers pourris de la Grosse Pomme, ça ne signifie qu'une chose : un malade qui se cherche une victime que personne ne réclamera, pour ses pratiques contre nature. Ou pire encore...

- Z'allez pas me piquer un organe en scred ?
fais-je suspicieuse.

Mon ventre grommelle. La famine a raison de ma prudence. J'attrape les billets avant qu'il ait la mauvaise idée de les ranger. Je les froisse dans ma paume humide, contre ma poitrine, en me relevant péniblement. Et sans aide, j'y mets un point d'honneur. Je marche d'un pas incertain, je récupère mes fringues mouillées et mon sac à dos non loin.

- Y'a un vendeur de hot-dog au coin de cette rue.

Notre étrange compagnie se met en marche : moi à poil -mais avec mes godasses- noyée dans un manteau trop large, le Pif-de-Corbac qui clopine d'une démarche chaloupée de pirate avec une jambe de bois et la barrique qui sert de porte-parapluie, mais qui a d'avantage la gueule d'un porte-flingue. Le pauvre gars derrière son étale nous lance des regards inquiets en nous voyant débouler, sous cette pluie battante.

- J'allais ferm...
- Six hot-dog, tout ce que tu peux de frites et un coca. Et de la moutarde, pas cette saloperie de ketchup. S'trop sucré.
- Euh.... ok.


Il s’exécute en suant à grosses gouttes. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir un rictus goguenard devant sa gêne. On se barre sans laisser de pourboire, comme des gros radins. Je bâfre dès qu'on tourne casaque. Lorsque Laurel et Hardy me font pénétrer dans une limo au banquettes qui sentent bon le cuir de prix -et qui vont souffrir de mes mains graisseuses et de mes fesses trempées-  j'ai déjà englouti trois de mes sandwichs.

Reniflement. Gorgée de soda pour faire passer le pain brioché. Le coca dégorge de mes lèvres et coule sur mon menton.

- Ciulin. Que j'amorce, assise en tailleur, les doigts touillant dans mes frittes. Mon matricule. M'enfin j'peux être qui tu veux tant que tu paies. Azy, cause. Chuis toute ouïe.....
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vampire ○ kill of the night
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Lun 20 Nov - 14:14


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Je ne saurais dire ce qui me fascinait dans cette jeune femme, mais elle possédait une aura particulière. Sûr que de prime abord, elle ne paraissait pas moins brutale et ou mal dégrossi que le reste de ces congénères; d'ailleurs, elle devait sans aucun doute être la plus bagarreuse de tout le pâté de maison. Peu de personne, femme ou homme, ne se serait lancé dans un combat au corps à corps alors que rien ne dissimulait son intimité. Je trouvais cela tout à fait prodigieux, je ne savais pas encore en quoi cela pouvait m'être utile, mais je saurais bien trouver une utilité à si peu de pudeur. Dans un sens, je n'avais pas de mal à imaginer que dans un monde aussi dur et masculin que la rue, si l'on souhaitait survivre il fallait  faire des concessions sur à peu près tout. Sans doute que si je n'étais pas né dans une famille noble, aurais-je dû affronter ce genre de désagrément. Quoique, j'aimais à croire que mon intelligence aurait su faire la différence...Oui, parce que même encore maintenant, ce que je cherchais n'était-ce pas une garde loyale ? D'accord, sans quelques pantins à actionner, les choses étaient plus compliquées que je voulais bien l'avouer. Restait que sans cerveau, on ne s'élevait pas aux sommets; jamais personne ne suivait des êtres dénués de finesse d'esprit. A cela plusieurs raisons, mais la première était sans nul doute qu'un décérébré menait des futiles batailles tandis que le stratège amenait la paix pour mieux préparer la guerre. Et sans vouloir me vanter outre mesure, il ne m'avait pas fallu six siècle pour le comprendre; j'étais allé à bonne école. Le quattrocento, les princes italien; tout ça. Autant de sources d'inspiration que de manuel d'erreurs. Malgré tout, ces hommes et femmes, étaient des personnes qui avaient beaucoup compté pour moi et ma façon de mener mes projets. Sans parler qu'eux savaient faire la fête et franchement, si j'avais à choisir la période dans laquelle je souhaitais resté coincée, sûr que je tiendrais tablée avec Lorenzo et Galeazzo...Quoique pas convaincu que les deux purent se supporter. Milan, Florence. Alala...J'en deviendrais presque nostalgique.

Dans tous les cas, depuis le temps que je traînais ma patte trop courte, je n'avais éprouvé qu'une seule fois cette sensation. Et jusqu'à preuve du contraire, je me devais de suivre mes sentiments; pour une fois qu'ils n'étaient pas hargneux ou paranoïaques.

- Da, este adevărat, prietenã.

Il ne fallait pas me demander beaucoup plus; cela faisait des siècles que je n'avais pas vu mes congénères qui avaient décidé de s'expatrier là-bas. J'avais eu beau leur dire qu'il était possible d'échapper aux affres des épidémies et même en profiter; ils avaient tous préférés ignorés mes conseils. Aussi, moi j'étais vivant et constituais progressivement un empire tandis qu'eux avait été exterminés ou se cachaient comme des lépreux. Non pas que cela me fasse véritablement plaisir mais...si, carrément. Toujours écouter les conseils d'un être qui par sa naissance avait été maudit. Quand le physique était la traîne, fallait compenser. Et bon sang, que j'avais été bon à cela; dès que le monde des mortels partait à vau-l'eau, on me retrouvait, toujours prêt à leur apporter mon aide à conditions tendancieuses. Souvent, j'avais été animé par l'idée de les humilier et ainsi leur montrer à quel point leur finitude les rendait risible. J'ignorais si les vampires avaient une place dans l'au-delà, mais clairement, j'étais promis à un sort bien sordide. Ah-ah. Donc, autant pousser le vice jusqu'au bout ! Et pour le coup, ma nouvelle protégée, me paraissait avoir le profil parfait pour m'accompagner dans ma descente dans les abysses. Pourquoi en étais-je aussi convaincu ? Suffisait de voir la nonchalance qui illuminait sa voix et ses gestes. Si habituellement je haïssais profondément la désinvolture, avec elle, c'était différent. Elle n'était pas dirigé vers moi mais vers l'ensemble. Et ça, c'était quelque chose à exploiter. Pour autant, je n'allais pas supporter longtemps sa gouaille...J'avais vécu beaucoup de temps et je regrettais amèrement l'époque où les gens respectait encore la langue. La vulgarité était une chose, mais il fallait savoir en usé à bon escient !

Aussi quand elle me sortit son couplet sur les satyres, m'y comparant du même coup, je fus partagé entre deux sentiment : être outré voire vexé et éclater de rire. Non pas que je souhaitais la froisser, mais même si sa silhouette était plus qu'androgyne, je ne cherchais pas mes compagnons d'une nuit dans la rue. J'aimais le beau, certes, mais instinctivement je n'allais pas le chercher dans les poubelles. Il me fallait de la conversation, des intérêts communs, et puis, les relations sous la contrainte, ça n'avait jamais été mon délire, vraiment pas...Je la fixai donc quelques secondes, serrant le pommeau de ma canne...Je parvins presque à échapper à l'hilarité, lorsqu'elle ajouta qu'elle redoutait le trafic d'organes.

- Ai-je vraiment la tête à l'emploi ? Soyons sérieux. Qui voudrait se procurer des organes d'un boiteux ? C'est pas vendeur, les acheteurs auraient peur de se faire refourguer de la mauvaise came. dis-je en riant, et s'il est vraiment important; sache que je ne suis pas intéressé, aussi androgyne tu sois...et puis, j'aime quand mes partenaires me courtisent. Faut croire que je suis un peu vieux jeu, haha.

Quoi ? Si ce n'était pas le genre de phrase qui rassuraient ? Oh, ça va; elle se frottait depuis suffisamment longtemps au monde de la rue pour ne pas se laisser impressionner par ce genre de plaisanterie.  Bien que...j'avais bien pensé lancé un trafic de sang, mais c'était à l'époque où les vampires avaient encore peur des chasseurs et depuis le début des années 2000 on s'était pas mal occupé d'eux, les divisant par deux.

Sans trop de surprise, elle attrapa la liasse de billet et nous la suivîmes sans broncher jusqu'à son foodtruck. Devais-je parler de ces haut-le-cœurs qui me prenaient à mesure que j'approchais de cette satanée baraque à frites ? Bon sang, même mon nez se mettait à vouloir rétrécir; c'était dire à quel point tout mon être était prit de dégoût. Malgré tout, Lorenzo et moi regardions la jeune femme se commander un déjeuné qui avait l'air plus du dernier repas d'un condamné. S'amouraché d'une SDF-ninja, ça allait me coûtait très chère en nourriture...Je la regardais engloutir sa nourriture, se conduisant comme un animal affamé; je le comprenais mais cela ne voulait pas dire que cela ne me révulsait pas. A l'heure où la nourriture n'avait jamais été aussi peu chère, je ne savais plus trop quoi penser. Dans un sens, je n'étais plus humain depuis bel lurette...mais sérieux, le sang plein de cholestérol, c'était si infect ! Si on devait comparer avec quelque chose d'humain, je dirais que ça ressemblerait à un demi litre d'huile à frire. Sans rire, personne ne souhaitait prendre un repas ou le seul apport nutritif était le gras !    

Tandis que je jetai un regard relativement dégoûté à ce qu'elle mangeait, elle me confia son prénom. Ciulin. Et alors que je comptais me présenter, celle-ci poursuivit de la pire des façons. Se vendre pour de l'argent. Bon sang ! Non, je ne supportais pas entendre ça !

- Tant que je paie, je peux faire ce que je veux ?

Question rhétorique, puisque à peine fini ma phrase que je frappai, d'un coup sec, la main de Ciu à l'aide du pommeau en platine massif de ma canne.

- Ce n'est pas comme ça qu'on mange des frites ! m'écriai-je, des glaçons et une fourchette pour la demoiselle !

Lorenzo s’exécuta. Paternaliste, je bandais la main; contre son gré, de ma future recrue.

- La première chose que tu apprendra de moi, c'est de te respecter !

Je lui adressais un sourire avant de glisser un nouveau billet sous sa barquette de frites. Désormais, elle était vraiment toute ouïe.

- J'imagine bien que tu n'es pas le genre à croire aux contes de fée, et tu as bien raison ! Mais, il n'empêche que je souffre d'une certaine solitude et tu m'as l'air très divertissante. Je suis sûr qu'avec une petite mise à niveau des conventions sociales, tu saurais trouver ta place parmi les plus grands de ce monde.

Une nouvelle fois, un sourire qui se voulant sincère et sans intention cachée, se dessina sur mes lèvres.


- J'ai beaucoup d'égard pour la dignité, je ne te forcerais pas à faire des choses qui dépasse la moralité, lui assurai-je

A peine j'eu fini mon discours, la Rolls s'était avancée.

- Ciulin, je ne suis pas ton ennemi; même loin de là. Je suis sans nul doute ta seule porte de sortie à cette condition qui, tu le sais, finira par te tuer, fis-je simplement en ouvrant la portière arrière, tu peux ne pas me faire confiance et rester sur tes gardes de jour comme de nuit ou accepter l'offre d'un homme désintéressé; même si cela te semble incroyable.

User de l'argumentation c'était mon fort habituellement, mais comme tout capricieux qui se respectait, je devenais tout à fait nul lorsqu'il fallait convertir quelqu'un ou quelque chose à sa cause lorsque le désir de le posséder devenait trop puissant. Si j'avais dû y songer avant de lui assainir le coup de pommeau sur la main ? Quoi ? N'était-ce pas ainsi qu'on dressait les chiots ?  



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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Mar 21 Nov - 5:19

- Tant que je paie, je peux faire ce que je veux ?

Je fronce les sourcils. Ce n'est pas ce que j'ai...

- AÏE ! FUTE PE MATA ! Ça fait mal !

Je me suis retractée sur moi même, à croupis sur la banquette en cuir, tel un animal sauvage feulant sur un impromptu. Mes lèvre se retroussent sur une rangée de dents hargneuses, prêtes à mordre.

- Ce n'est pas comme ça qu'on mange des frites ! Des glaçons et une fourchette pour la demoiselle !

Sa déclaration me prends au dépourvu. Des glaçons... Avec des frittes ? Corbac se penche vers moi et me panse soigneusement la main. J'ai un mouvement de recul, de prime abord, mais un je ne sais quoi de sucré dans ses mots, endort à nouveau ma méfiance. Le paternel hurlerait de me voir dans cette situation. Et pourtant, c'est un peu la première fois que je me sens ... "comme une fille".
Soit caressée dans le sens du poil.

Il parle.
Il parle beaucoup.
Plutôt bien pour qui sait savourer l'éloquence. Je suis hypnotisée par ce nez de piaf qui danse sous mon regard. Il y a quelque chose de pas net chez ce type, d'infiniment fielleux. Et paradoxalement assez franc, presque idéaliste. Je n'arrive pas à me décider sur ce que je pense de lui. Contrairement aux seuls hommes que j'ai connu, il n'est pas d'un seul tenant. Un nouveau billet s'égare dans ma direction, mais j'ignore le geste. Mes prunelles le fusillent de leur bleu.
Lorsqu'il termine de bander ma paume, je lui retiens le poignet.

- "Le respect", "la dignité", "la solitude"... J'pige rien de tout ça. J'm'en fous. C'est des babioles luxueuses pour ceux qui ont trop d'temps pour penser. C’est pas utile à ma survie. Je fais ce que je veux, quand je veux. Mes lèvres frôlent sa paume, j'embrasse langoureusement le charnue de celle-ci. L'argent ne détermine rien. Ma langue remonte le long de son index, pourlèche son majeur. J' fais jamais rien qui me plaise pas. Je suis libre, tu vois... ? Je gobe ses doigts dans ma bouche avec une lubrique provocation.

Avant de mordre férocement la chair pour y laisser mon empreinte.

Je le lorgne récupérer ce qui lui appartient, douloureusement. Je le défie.

- Me frappe plus jamais.

Il n'y aura pas de second rappel. S'il recommence, j'le butte. Je referme la portière d'un coup sec. Je suis toujours dans la bagnole. Je penche la tête sur le coté, avec un sourire canaille.

- Donc tu t'ennuies et t'as besoin que je te distraie. Si j'te suis bien, tu veux jouer à la poupée, m'exhiber à ton bras et m'dresser comme il se doit.
Silence. Tu sais qu'on domestique jamais vraiment une bête sauvage, m'enfin, j'imagine qu'c'est le challenge qui te plais. Je m'esclaffe. Les mecs pleins aux as, c'est fou ce que vous savez pas quoi en foutre de votre fortune.

Je prend une poignée de frites que j'engloutis sans grâce.

- Est-ce que le joueur de Barbies a un nom ? J'aimerais bien savoir à qui j'm'associe.

S'associer, mec.
Pas se vendre.
Que le deal nous soit profitable à tous deux.









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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Mar 21 Nov - 8:37


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Cette petite m'intriguait autant que l'eus fait une licorne dans une décharge. Et même si je lui avais assuré savoir quoi faire d'elle; la réalité n'était pas aussi clair. J'ignorais si je souhaitais la garder dans mon zoo privé ou si je voulais lui apprendre les normes de l'aristocratie pour mieux l'adapté à un monde qui tôt ou tard finirait par reprendre le contrôle...

Sûr que dit comme ça, on pouvait me prendre pour un utopiste, arguant que depuis des siècles familles anciennes avaient laissé leurs place à la démocratie aux quatre coins de globe. Dans l'absolu, ce n'était pas entièrement faux; mais c'était une vision biaisée de la vérité. Je n'étais pas le seul représentant de mon espèce dans cette tranche de la société; autrement comment expliquer notre longévité ? A votre avis, pourquoi tant de nobles s'étaient vu guillotiné durant la révolution française ? Et pourquoi courrait-il encore des rumeurs sur les Romanov ? Les êtres humains pouvaient bien argués qu'ils s'agissait de simple représailles après des siècles d'oppression, mais il ne fallait pas être dupe : les chasseurs de l'époque savaient très bien que la plus grande population de vampire se réfugiait sous les titres de noblesse et ce à travers le continent européen. Nous avions cessé de nous regrouper durant des centaines d'années, paralysés par le trop plein d'enthousiasme d'une race qui se croyait sortie d'affaire. Mais désormais, ils déchantaient tous...Il était grand temps de faire notre come-back. D'autant qu'une passion singulière pour nous venait d'émerger de la culture populaire; c'était donc le moment idéal pour reformer les alliances d'antan. Au souci près que je ne comptais pas jouer la figuration. En même temps, de tous, j'étais sans nul doute le seul à avoir côtoyé les humains sans jamais prendre de pincette ni éveiller de réels soupçons. Oui, cela peut sembler tout à fait étonnant vu ma capacité à parler de moi et mes exploits, mais quoi qu'ils puissent en dire, les roturiers aimait entendre parler de château, de chasse à courre et plein d'autres loisirs qu'ils ne pouvaient se permettre sans être taxé de sympathisant.

Naturellement, ils ne se doutaient pas le moins du monde que le seul gibier que je courrais était l'homme; étrangement ce genre d'information, je le gardais pour moi.

Dans tous les cas, peu importait le choix qui serait le mien la concernant, il me faudrait un peu sévir; cela n'était jamais un problème pour une personne aussi tyrannique que moi. Devais-je expliqué le malaise qui fut le mien lorsqu'elle s'empara de ma main, la baisa avant d'engloutir mes doigts avec cet air lascif. Que n'avait-elle pas compris dans "respecte-toi" ? Elle m'assurait que la dignité, la solitude et le respect étaient des notions vides de sens, mais quand même ! Ne croyait-elle pas avoir un tant soit peu de jugeote pour se servir d'autre chose que de son corps ou je ne sais quel technique dégradante pour arriver à ses fins ? Ce fut avec beaucoup de difficulté de que je retins un petit vomis. Je n'avais certes peu de déférence envers les êtres humains, mais pas que, cela étant; j'estimais qu'il fallait savoir mettre des barrières aux insultes qu'on se faisait à soi-même. J'étais bien placé pour savoir qu'on pouvait être désarmé...Au moins jusqu'à ce que je décide de me transformé en vampire. Et pourtant, j'étais sûr que n'importe qui ignorant mon rang et ma nature, se fichait bien de moi et il serait fort long de recenser le nombre de malfrats qui avaient tenté, sans succès, de me dépouiller. A mesure du temps, c'était devenu un peu un passe-temps. Voir leurs yeux s’écarquiller lorsqu'une balle venant de se loger dans ma poitrine ne me faisait rien, c'était très divertissant.

Quand elle planta ses petites dents avec la ferme conviction d'être dangereuse ou alors impressionnante. Je laissai éclater un rire sonore. Son regard se voulait menaçant et autoritaire; comme c'était risible. Je ris encore plus fort.

- Tu ne sera jamais libre si tu cèdes à des pulsions aussi primaires, lui dis-je avant de venir essuyer ma main à l'aide de mon mouchoir de soie, ta jeunesse et ta vie dehors, t'ont conditionné à être animal; je le comprend parfaitement. Néanmoins, la clef de la survie n'est pas là.

Je lui adressai un grand sourire avant de lui redonner un petit coup de canne; malgré sa semonce; plus pour le symbole que pour la punition.

- Dans ce monde, tu n'es pas en position de d'exiger quoique ce soit et ça, je pense que tu le sais déjà. Mon but n'est pas de te martyriser, même si c'est seulement comme ça que les animaux sauvages comprennent. Aussi, je vais seulement te dire que si tu te revendique de quelque chose, songe bien aux avantages mais surtout aux inconvénients que cela implique.

Je laissai un court silence avant de reprendre.

- Un animal sauvage se prendra des coups tandis que le docile saura faire le dos rond. Deuxième leçon.

Cela ne faisait même pas une demi-heure que j'étais avec elle que déjà, je m'amusais. Mine de rien, cette morsure qui se voulait dangereuse m'avait conforté dans mon idée. Quoi que je faisais, à chaque fois, mon nez me conduisait vers ce que je recherchais. Le Destin ou un juste retour des choses, peu importait finalement.  

- T'exhiber à mon bras, oui. Mais sans doute, te fais-tu une mauvaise appréciation des réalités; mais pour le moment, je me contenterais de répondre par la positive sans préciser...Au cas où tu ne correspondrais pas aux critères que je cherche.

Je me penchais vers le minibar, servis une coupe de champagne à ma jeune protégée puis m'en fis une.

- Je me nomme Thaddeus, Silas, Knox; comte de Tyrone, Ireland. Aussi, comprendra-tu que je suis certainement plein aux as, mais je n'ai pas la vulgarité des parvenus. Je ne parle jamais d'argent à moins d'y être contraint. Et si je t'ai choisi, ce n'est pas parce que je ne sais que faire de ma fortune.

Je bus une longue gorgée de champagne avant de reprendre.

- Troisième leçon, ne jamais attendre de voir son jour arrivé mais aller le chercher.

La Rolls s'arrêta, signe que nous étions arrivés à destination. Lorenzo se précipita et ouvrit la portière, ma compagne de voyage sortit et alors que j'en faisais de même, mon laquais se pencha vers moi et eut ces quelques mots.

- Loin de moi l'idée de remettre en doute vos désirs, maître; néanmoins êtes-vous sûr que ramener cette fille au manoir est une bonne idée ?

Je le fusillai du regard avant de rediriger mes yeux vers ma nouvelle créature.

- Lorenzo, tu n'es pas sans savoir que je suis descendant d'une famille de chasseur; aussi je sais reconnaître quand on en a reçu l'éducation.

- Que voulez-vous dire ?

Bon sang, je ne savais toujours pas comment j'avais réussi à le garder aussi longtemps, lui.

- Garde tes ennemis proches, moins il se douteront de quoique ce soit.

J'allais rejoindre mon invitée qui jetait un regard perplexe à ma demeure. Sûr qu'elle ne devait pas en avoir vu beaucoup des comme ça.

-Allons visiter ! m'exclamai-je avec enthousiasme, rien ne vaut un beau cadre pour apprendre à se conduire comme une lady.
    


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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Jeu 23 Nov - 16:00

- Tu ne sera jamais libre si tu cèdes à des pulsions aussi primaires. Ta jeunesse et ta vie dehors, t'ont conditionné à être animal; je le comprend parfaitement. Néanmoins, la clef de la survie n'est pas là.

Le second coup de canne m'atteint à peine. J'ai instinctivement esquivé d'une manchette boudeuse. Le regarder se laver sa main poisseuse de salive éclaire quelque chose dans une partie abandonnée de ma cervelle. Le souvenir peine à faire surface. Il prendra tout son sens, plus tard.
Pour l'heure, je tends l'oreille, soudain alléchée par un savoir dont j'ignore tout.

- Dans ce monde, tu n'es pas en position de d'exiger quoique ce soit et ça, je pense que tu le sais déjà. Mon but n'est pas de te martyriser, même si c'est seulement comme ça que les animaux sauvages comprennent. Aussi, je vais seulement te dire que si tu te revendique de quelque chose, songe bien aux avantages mais surtout aux inconvénients que cela implique.... Un animal sauvage se prendra des coups tandis que le docile saura faire le dos rond. Deuxième leçon.

Je lève les yeux au ciel, louche sur une de mes mèches de cheveux gras, souffle.

- T'aime bien t'écouter causer. Simple constatation, sans animosité."Faire le dos rond"... C’est pas s'respecter ça.
- T'exhiber à mon bras, oui. Mais sans doute, te fais-tu une mauvaise appréciation des réalités; mais pour le moment, je me contenterais de répondre par la positive sans préciser...Au cas où tu ne correspondrais pas aux critères que je cherche.
- Parce qu'en plus chuis en période d'essai ?

Je fronce le nez, pas sûre d’apprécier les clauses en petites écritures de bas de contrat.

- Je me nomme Thaddeus, Silas, Knox; comte de Tyrone, Ireland.
- C'est long, ça me barbe déjà. J't'appellerais juste Thad'.
-Aussi, comprendra-tu que je suis certainement plein aux as, mais je n'ai pas la vulgarité des parvenus. Je ne parle jamais d'argent à moins d'y être contraint. Et si je t'ai choisi, ce n'est pas parce que je ne sais que faire de ma fortune.
Il s'offre une gorgée de rôteux. Ça ajoute du cachet à son discours plaqué-or. Troisième leçon, ne jamais attendre de voir son jour arrivé mais aller le chercher.

La limousine s'arrête. La portière s'ouvre. J'attrape mon bagage et m'étire en inspirant l'air frais. En lorgnant sur le faste de la baraque je laisse échapper un sifflement. La perspective d'une vraie douche et de draps frais a quelque chose de jouissif.
Je me retourne pour constater que Parapluie-Guy fait des messes basses avec Thad, en jetant des coups d’œils désapprobateurs dans ma direction. La réponse de Corbac me parvient de loin.

- Allons visiter ! Rien ne vaut un beau cadre pour apprendre à se conduire comme une lady.

Thad' me passe devant, dans son dos je me fends d'un rictus et d'un doigt d'honneur à l'adresse du larbin. "Chuis dans la place gros ! Suce ton manche d'ombrelle et bois de l'eau" hurle le geste obscène.
En trois enjambées je rejoins le Boiteux. Je suis grande. Plus grande que lui. Maigrelette et courbée comme un roseau, noyée dans ce manteau qui m'avale toute nue. Cependant, j'apprends vite et j'assimile les foutues leçons dispensées par sa préciosité le Comte de mes Ovaires. Mon pas se cale sur le sien, je marche légèrement en retrait, afin de ne pas lui faire de l'ombre et de laisser son égo parader.

- Sympa ta garçonnière, Thad' !  C'est quoi la prochaine étape ? J'attrape une pomme dans une coupelle décorative et je jongle avec. Toilettage du chien ? Décoration de la niche ? J'peux aboyer s'tu veux...

Et de croquer dans la chair ferme du fruit.
Fruit défendu pour parodie d'Eden.
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Ven 24 Nov - 18:53


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Etonnement, j'avais eu du mal à voir sa nature profonde de chasseuse quand je m'adressait à elle. Pourtant mes siècles d'existence couplés à ma lignée de chasseur, je savais très bien  qu'aucun doute sur sa nature profonde n'était possible. Bien que transformé en horreur de la création comme aimait à le rappeler le paternel, j'avais bénéficié d'une sorte de septième sens - oui, parce que j'étais beaucoup trop exceptionnel pour n'en posséder que six; peu de vanité et beaucoup de vérité - qui me permettait de percevoir les têtes qu'il fallait faire tomber. Même si souvent ces dernières avaient la mauvaise idée de se placer sur ma route, j'étais capable de faire la part des choses. Présentez moi un loup-garou et j'étais en mesure de le savoir. Ce n'était pas que je voyais des sortes d'auras, comme on pourrait le croire, c'était plus animal que ça. Si l'évolution nous avait permis de marcher sur nos deux jambes, parler et réfléchir, cela n'ôtait pas nos capacités primitives. Malheureusement ou heureusement, les Hommes en avaient été privés tandis que les créatures, vampires, loup-garous et démons, réapprenaient à vivre avec. Il était évident qu'un âge était requis avant d'être capable de flairer la profonde identité d'une personne. Restait toujours cette dose de contingence que personne n'était encore capable de prédire et anéantir. Les Hommes s'en vantaient; être imprévisibles et indomptables...Des conneries. Tous avaient leur point faible, il suffisait de les observer suffisamment longtemps pour s'en apercevoir; et encore, selon l'observé, les conclusions venaient plus rapidement que d'autres.

Le tout était de savoir combien de jours il me faudrait pour cerner celle de Ciulin.

Je n'étais pas à ma première récupération de ce type; à la Renaissance, il y avait tant de miséreux qui occupaient les rues que l'on aurait cru se trouver au milieu d'un champ de foire. Tous se vendaient pour peu et si je n'étais pas de ceux à user de mon pouvoir pour les ramener chez moi pour les cuisiner la seconde d'après, j'avais souvent le droit à des remontrances de la part de mes semblables. La raison ? Ne pas mélanger les sangs. C'était très coquasse si l'on prenait le temps d'y réfléchir. Doublement, lorsque l'on savait pourquoi j'avais une patte trop courte. J'étais l'oeuvre de la consanguinité et je puis vous jurer que jamais plus je ne voudrais revoir ce genre d'acte contre-nature. Oui, j'étais tout à fait au courant qu'en le pensant, je me qualifiais de cette même manière. Sans doute ses problèmes de gênes m'avaient conduit à devenir probablement le personnage le plus détestable et craint de l'histoire de l'humanité. Sûr que présenter de cette façon on aurait du mal à dire que j'équivalais les dictateurs les plus meurtrier et dans une certaine mesure ce n'était pas faux; seulement moi, j'avais l'éternité. Aujourd'hui j'avais cessé de compter les cadavres, mais en six siècles; je ne croyais pas m'avancer en disant que je me plaçait entre Staline et Franco. Si j'en tirais une fierté ? Oui et non; je voulais faire beaucoup plus. Être le premier; toujours et pour l'éternité.

Si je m'éloignais du sujet ? Oui. Même dans mon esprit l'attrait du sang parvenait à orienter ma réflexion.    

Aussi l'une des remarques de mon invitée m'ôta un sourire. Si j'aimais m'écouter parler ? Oui. Dans un sens comment faire autrement, entre la pauvreté de la réflexion actuelle et le fait que les siècles m'avaient rendus encore plus critique sur mes semblables; ce n'était que la suite logique des choses. Naturellement, je me retins de lui faire part de cet aspect de ma vie et me contentais de lui donner une réponse simple.

- J'imagine que tu es souvent confronté à la médiocrité des gens, je laissais un court silence, aussi je sais que tu comprends parfaitement pourquoi je parle; ça rempli mon cerveau d'une dose d’intelligence que je ne saurais trouver ailleurs.

Elle avait beau se conduire comme un animal; j'étais persuadé qu'elle ne l'était pas autant qu'elle voulait le faire croire. Et cette idée fut affirmer lorsqu'elle se trouva fort déconvenue par mon couplet sur les animaux dociles. N'importe qui entendant le résultat d'un dilemme dans l’énoncé d'un problème, s'y pliait. De fait, elle avait beau dire ce qu'elle voulait, ce n'était pas seulement un être perdu sans autre solution que sucer des chibres pour survivre. Elle était parfaitement consciente de sa condition et même si j'avais préféré qu'elle mette ce genre de considération de coté, cela m'en apprenait beaucoup sur elle. Alors même que j'imaginais qu'elle n'y avait pas fait attention. Aussi, lorsqu'elle se donna le droit de m'octroyer un diminutif, je lui servis qu'un simple sourire; sincère. Geste qui ne manqua pas d'énerver Lorenzo. Apparemment, il me faudrait changer de garde...S'il se mettait à grincer des dents, il me fallait le réduire au silence...A peine cinq minutes suffirent pour rendre mon jugement effectif. Deux-trois frottement d'air de la part de Ciulin que je parvins à saisir à quel point il serait difficile de la garder dans mon manoir. Inutile d'avoir des yeux derrières la tête pour comprendre l'humiliation qu'elle infligeait à ce pauvre Lorenzo. Je me mordais les joues jusqu'à arriver au Hall où tout le personnel s'était avancé.

- Ciulin, je te présente mon personnel qui se pliera en quatre pour satisfaire le moindre de tes désirs.

Je lançai un regard dominant à chacun d'entre eux, avant d'ajouter.

- D'ici, tu as accès à la bibliothèque, dis-je en pointant de mon index la salle à ma gauche, à droite la cuisine. L'escalier en fer-à-cheval, donne sur les chambres et autres espaces de détentes; divertissement en tout genre...Salle de cinéma, billard etc. Mais si jamais l'exercice importe, alors il faut continuer plus loin.

D'un geste presque amical, je pris le bras de mon invitée et l'amenait au fond du hall, la conduisant jusqu'à la grande salle de bal qui menait jusqu'à la piscine intérieure.

- Piscine ! m'exclamai-je comme si c'était la première fois que je l'a voyais, Sauna et Hammam. Chauffée naturellement, s'il te plait d'aller jouer les sirènes, tous les jours ou nuits; ne t'en dispense pas.

Une fois encore, je lui adressai un sourire franc. Tandis que Teddy s'avançait, c'était toujours celui que choisissais quand je jouais les hôtes. Totalement asservi, il était parfaitement incapable de jouer les insurgés.

- Teddy, Ciulin; montre-lui ses quartiers et la garde-robe qui va avec.

Je regardais ma montre négligemment.

- D'ici moins d'une heure l'apéritif sera servit alors si tu souhaites te joindre à moi, sois en libre; autrement le dîner est dans une heure et demi.

Quand elle disparue, Lorenzo arriva à mon niveau.

- Maître, j'ignore vos plans mais pensez-vous que Mlle Rielle va être d'accord avec ça ?

Mon sang ne fit qu'un tour. De ma canne je tirais le pommeaux, lequel dissimulait une lame que je vins flanquer dans sa gorge qui déversa des litres de sang.

- Personne, jamais ne me commandera, dis-je pour moi même, débarrassez moi ça, je ne voudrais pas faire mauvaise impression à mon invitée.

Mes laquais s'exécutèrent alors que je rejoignais le petit salon qui donnait sur la bibliothèque. Avec le personnel que j'avais en place dans cette demeure, personne ne saurait passer inaperçu.  
   


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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Mer 13 Déc - 18:27

L'opulence, la profusion, l'ivresse. Ça m'fout un putain de tournis d'un coup. Thad' a pas franchement le profil d'une star et pourtant il se comporte en mécène de droit divin. Et monsieur a les moyens de ses mignons. Teddy a le dos tellement rond que ses lèvres frottent la moquette. Bordel ! C’est faisandé c't'histoire.
C’est d'autant plus excitant !
Je ne suis pas si conne - pas complètement - je patauge simplement dans la tranquillité de mon déni. C'est plus simple. Et j'ai la dalle. Ça rajoute quelque pierres aux cales-portes de ma cervelle que je ne souhaite pas rouvrir.  

Teddy est pas causant.
Teddy a l'air d'un amibe qui aurait copulé avec un automate. Ceci étant, il me conduit à une chambre qui suinte le luxe rococo, entre le velours damasquiné, les meubles de bois précieux, les rideaux de soie sauvage et les tapis persans. Là, encore, je suis prise d'une vague nausée. Comme la nourriture grasse que j'ai ingurgité -trop vite- plus tôt, le décorum a quelque chose d'indigeste. Je m'appuie sur l'un des piliers du lit à baldaquin pour éviter un petit vertige malvenu. Mon guide ne semble pas le remarquer, trop occupé à ouvrir un dressing presque aussi large que la chambre elle-même.
Je déglutis.
Il y a là un nombre incalculable de tenues féminines, de la robe fourreau à strass aux meringues fleuries, en passant par un panel de coupe et de matières si variées qu'elles frôlent l'improbable. Il y a là, également, des chaussures de grand couturier et des accessoires griffés. En me barrant avec ne serait qu'une de ces pièces, je pourrais me faire un fric fou. Mon chaperon ne me laisse pas le loisir de souiller ce pactole de mes doigts de prolo. Après trois ou quatre œillades, il sélectionne pour moi  un pantalon de smoking noir, un bustier ajouré de dentelles assorti et une paire d'escarpins à talons hauts.

- Chais pas marcher avec ces trucs...

Teddy s'en bat le steak. Il a choisi avec le compas dans l’œil (Et bientôt  il y aura l'aiguille de mes talons en sus ! ). Point barre !  Il referme le coffre à trésors pour barbie princesse et me pousse gentiment vers la salle d'eau. Avec des allures de majordome fadasse, il m'explique que le maître n'aime pas les parfums capiteux, que le maître n'aime pas le maquillage criard, que le maître est pointilleux sur l'hygiène capillaire....

- Et épile-toi.
- Hein ?! Tu rigoles, j'ai pas que ça à f...

Teddy pousse un chariot en fer rosé, assorti au cuivre des robinets. Dessus il y a un pot de cire et des spatules.

- Épile-toi.

***

Mon bain moussant vira au cauchemar.
J'avais jamais retiré un poil de mes guibolles en toute une vie, alors ne parlons pas des aisselles. Après quelques tentatives anarchique, douloureuse et dégueulasse, j'appelais Teddy à mon secours. Visiblement, Monsieur avait l'habitude de se tartiner avec de la pâte à bougie. Il finit le travail avec brièveté et efficacité, m'arrachant quelques piaulement honteux. J'avais fini par cesser de renâcler pour le laisser oeuvrer à mon toilettage. J'étais plus vidée qu'après une chasse au strigoi !
Néanmoins, le résultat fut bluffant. En une heure, j'étais prête.

Teddy, lui, avait disparu.

***

Trois pas avec ces souliers de torture et j'ai abandonné l'idée de les mettre. Ils ballottent gaiement, crochetés au bout de ma pogne, alors que je dévale les escaliers sans me presser. Je déambule, en réalité. Chaque pièce est une découverte, un festival pour le regard  (et ma cupidité) et une nouvelle occasion de se perdre.
Pas sure d'arriver à l'heure pour l'apéro à ce train là.
Néanmoins, au détour d'une nouvelle porte, poussée par curiosité, je trouve enfin le petit salon où Thad' glougloute déjà.

- Yo ! fais-je sans la moindre pitié pour l'étiquette.
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Jeu 14 Déc - 8:09


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Confortablement installé dans mon fauteuil Louis XV avec un verre de whisky de vingt-cinq ans d'âge, je regardais la cheminée qu'Octave peinait à allumer. Habituellement, je me serais irrité de son incompétence, lui aurait sans doute adressé une remarque désobligeante avant de le chasser à coup de canne. Présenté ainsi, j’apparaissais comme un être tyrannique mais au fond, je n'aimais pas être témoin de la médiocrité et celle-ci s'insinuait dans tout, à croire qu'elle me narguait, attendant le moment où fatigué, je lui céderais. Il en était hors de question, ni moi ni ma suite ne s'y vautrait; pourtant, en le voyant œuvrer comme un beau diable pour une tâche si simple, je l'acceptais sans broncher. Bien sûr, j'aurais pu arguer que cela était fort divertissant d'observer une scène aussi lamentable car au fond, je n'y étais jamais confronté. Mais non, je n'étais pas amusé et si je n'agissais pas contre ce pauvre Octave, c'était parce que Lorenzo m'avait profondément énervé. Mon esprit était capable de gérer des centaines de choses en même temps, trouvant des solutions aux problèmes les plus ardus sans que je n'en ai véritablement conscience. Cependant, cette fois, l'énonciation du cas Mlle Rielle m'avait échauffé. Non pas que ce nom était tabou, mais j'étais le seul qui avait le droit de le prononcer et les occasions étaient plus que rare, ce n'était jamais pour de bonnes choses que son nom passait la barrière de mes lèvres. Depuis le temps, je croyais vraiment que Lorenzo l'avait compris, apparemment je m'étais trompé sur sa capacité de réflexion. Au fond, il valait sans doute mieux le faire taire avant un autre dérapage du genre...Face à cette bravade, j'en venais presque à le soupçonner d'avoir changé de camp. J'aurais aimé dire qu'il s'agissait de mon habituelle paranoïa, cela étant, après autant de temps à mon service, Lorenzo avait appris beaucoup aussi bien dans la manière de se comporter que sur mes plans futurs. Nous avions partagé quasiment cinq siècles et voilà comment il me remerciait d'avoir toujours veillé sur lui. De bouseux il était devenu l'un des hommes les plus importants de mon organisation, je l'avais sorti de sa condition misérable pour en fin de compte le voir se retourner contre moi.

Si j'étais rapide en besogne ? Je n'avais pas besoin de preuve. A l'époque de notre rencontre, je l'avais cerné en moins d'une demi journée. Pas difficile lorsque l'on était un homme aussi peu complexe, mais justement, c'était le profil parfait pour être remodelé juste suffisamment pour lui conserver des faiblesses qui permettait de voir venir ses intentions. Il fallait croire que ces cinq cent ans m'avait rendu moins attentif et cette idée, me mettait en rogne. Je n'étais le genre d'être à se faire duper...Depuis combien de temps cela durait ? J'avais beau triturer mon cerveau afin d'obtenir la réponse, aucun geste ne m'avait paru suspect pour le simple fait qu'il était devenu semblable à un meuble. Je le voyais, il était là mais je n'y faisais plus du tout attention. Il fallait dire que ces derniers temps, j'étais occupé à bien des choses; toutes avaient un lien avec mes ambitions politiques et si j'agissais seul pour la mise en pratique, la phase de conception ne bénéficiait rarement de cet aspect confidentiel. Ma manie à réfléchir à haute voix quand les enjeux étaient importants allait-elle finir par me trahir ? Je fonctionnais ainsi depuis trop longtemps pour réussir à changer maintenant; il me faudrait agir sur mon environnement. Une plus grande solitude, des pièces insonorisées et portes blindées. Oui, ces dispositions venaient de passer en tête de la très longue liste des choses qu'il me restait à faire. Et puis, cela aurait au moins le mérite de dissuader mon invitée de laisser ses petites oreilles de fouine un peu partout. Oui, l'accueillir aussi précipitamment m'était apparu comme une excellente idée mais avec le tournant que prenait cette journée, je me voyais dans l'obligation d'être encore plus confiant dans mon choix. Elle était mon arme secrète et je l'avais trop longuement chercher pour laisser un traître m'ôter cette satisfaction. D'accord, je ne me faisais guère d'illusion, elle serait difficile à manœuvrer et c'était d'autant plus important; je ne souhaitais pas en faire un pantin car Lorenzo venait de me le prouver, les marionnette trouvent toujours des marionnettistes. Elle devait être à mon image, indépendante mais animée par un but mais avant de mettre le doigt dessus, il me faudrait déjà l'observer dans son nouvel environnement.

- Vas donc me chercher mon opium, dis-je en direction d'Octave, et ne reviens pas; le spectacle que tu viens de m'offrir est des plus navrants, je ne pourrais souffrir un second acte.

Le jeune homme opina du chef et sortis de la pièce sans piper un mot.
Bien sûr, on pourrait me dire que c'était en traitant mon personnel avec aussi peu de soin que l'on finissait par me trahir. Peut-être, néanmoins, j'étais plutôt d'avis que ce n'était qu'à travers la peur que l'on obtenait la loyauté. Jusqu'à présent, cela avait toujours parfaitement marché ! Dans un sens, l'arrivée de Mlle Rielle était toute récente et l'attrait de la nouveauté faisait faire des choses stupides...Et surtout, cela remettait en cause toute mon autorité. En moins de temps qu'il en fallait pour le dire, elle s'était hissée au rang des puissants alors même que personne n'avait jamais entendu parler d'elle. Des petites recherches sur son cas, m'avait appris que cette jeune femme était issue d'une famille relativement insignifiante de la noblesse française, et je restais tout à fait courtois. Des nobles de cette nationalité, je n'avais connu quasiment que ça. Aussi, si nos routes ne s'étaient pas croisés en amont, je pouvais sans être médisant affirmer qu'elle n'était qu'une parvenue usant de son nom comme seul appuis pour sa légitimité. Là encore, il fallait le dire très vite, je la suspectais d'usurpation même si toute son histoire paraissait coller. Mon sixième sens, celui du menteur, m'avait averti dès notre première rencontre et depuis, je n'arrivais pas à en démordre. Et c'était là que Ciulin entrait en scène. Par chance mes soupçons avaient toujours été silencieux, on ne savait rien de mon aversion pour elle; en public nous faisions valoir l'étiquette. D'où l'importance d'avoir un envoyé à sa solde, et si pour le moment j'ignorais encore comment ma nouvelle protégée allait se débrouiller mais moi, je savais qu'en arrivant avec une chasseuse encore en sommeil; j'allais nécessairement gagner quelques points. Et puis, en toute honnêteté, cela allait être tout à fait rafraîchissant, les bousculer dans leurs petites habitudes...Qui sait, peut-être même que je laisserais l'idée flotter que certains d'entre-eux étaient des vampires ? Ils n'allaient pas tarder à rejoindre mes rangs, ployant le genoux et embrassant ma chevalière. J'en deviendrais presque impatient !

Octave était revenu avec ma pipe et mon opium avant de disparaître. Tandis que je m'apprêtais à l'allumer, j'entendis la voix de Ciulin résonner. Je fis volte face et manquai de faire tomber ma pipe en la voyant.

- Oh, regardes-toi; tu es somptueuse ! m'exclamai-je avec enthousiasme

Je lui fis signe de faire un tour sur elle même; je tenais la fameuse perle. Cela étant, en voyant qu'elle n'était pas en mesure de porter des talons plus de cinq minutes, je me sentis tout à coup très déçu. Oui, je portais une grande attention au détail. Néanmoins, pour une première métamorphose, c'était tout à fait impressionnant. D'un geste, je l'invitai à s'asseoir sur le second fauteuil.

- Alors que penses-tu de tes quartiers ? Teddy est vraiment un fin connaisseur, n'est-ce pas ? Cette tenue te va à ravir, cela serait d'autant plus parfait si tu ne rechignais pas à porter ses sublimes chaussures. Mais soit, toi qu'en penses-tu ? Que ressens-tu quand le reflet du miroir t'offre une pareille représentation de ta personne ?

Un sourire malicieux s'érigea sur mes lèvres, j'étais curieux de voir jusqu'à quel point était sensible aux apparences. Je me levai, pris la direction du petit bar, en sortais quelques bouteilles et un verre que je vins déposer sur le guéridon où ma pipe m'attendait, avant de reprendre.

- Je sais qu'il n'est pas forcément facile de parler de soi à un parfait inconnu, mais j'aimerais te connaître. Aussi, si tu le veux bien, je voudrais te poser quelques questions; en retour, je m'engage à répondre aux tiennes. Qu'en dis-tu ?

Il s'agissait avant tout d'une question rhétorique, de fait, je commençais sans même prendre le temps d'attendre sa réponse.

- Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis ? C'est très loin de ta Roumanie natale.     

Ce n'était sans doute pas l'information la plus importante à mes yeux, mais il fallait bien commencer quelque part.  


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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Sam 16 Déc - 10:03

- Oh, regardes-toi; tu es somptueuse !

Voilà un compliment qu'on ne m'associe guère. Je sens une drôle de sève monter en moi : celle de l'envie de plaire. Jusqu'alors j'étais vierge de cet onguent poisseux qui colle à la peau des filles de mon âge. Mon corps n'était pas joli mais fonctionnel. Il fallait l'habiller par necessité d'en préserver la mécanique et son bon fonctionnement. C'était à peu près tout.
Je me surprends à remettre mes talons hauts, pur produit de torture, pour effectuer mon tour de piste. C'est peu gracieux mais c'est perché.
Je les retire aussi vite qu'un siège m’est gracieusement offert. Je m'y vautre en ramenant mes jambe en tailleurs sous moi. Pas classe, la Molie, mais confort. Toujours.

- Alors que penses-tu de tes quartiers ? Teddy est vraiment un fin connaisseur, n'est-ce pas ?
- Il arrache les poils comme personne, ouais...
- Cette tenue te va à ravir, cela serait d'autant plus parfait si tu ne rechignais pas à porter ses sublimes chaussures. Mais soit, toi qu'en penses-tu ?
- Des chaussures ? C'est l'angoisse galoper avec ces machins.
Mais ce n'est pas ce qu'il veut dire.
- Que ressens-tu quand le reflet du miroir t'offre une pareille représentation de ta personne ?

J'hausse les épaules. Une vague de gêne me fait détourner le regard. Je me gratte la joue de la pointe de mon index, fraîchement manucuré.

- Ciudat...
Fais-je dans ma langue natale. C'est comme si j'portais la peau d'une autre gonze, qu'on aurait arrachée à même son derche. On dirait pas "moi". Mais faut que je m'habitue, comme les escarpins, j'imagine... En tout cas la piaule est sensass. T’étale ton pez sur à peu près chaque recoin d'espace libre.

Je ricane. Ça me donne un peu de contenance, mine de rien. Je peux le regarder à nouveau dans les yeux.

- Je sais qu'il n'est pas forcément facile de parler de soi à un parfait inconnu, mais j'aimerais te connaître. Aussi, si tu le veux bien, je voudrais te poser quelques questions; en retour, je m'engage à répondre aux tiennes. Qu'en dis-tu ?
- Hummm.. Oké. Qui commence ?
- Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis ? C'est très loin de ta Roumanie natale. dégaine-t-il aussitôt.
- Parce que y'a justement un océan entier entre les US et la Roumanie. J'ai un sourire chafouin. A moi...

J'ai une envie brûlante de lui poser LA question, frontalement. Cependant, j'éprouve l'étrange désir de jouer encore un peu à cache-cache avec lui.

- T'es une sorte de mafieux ?
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Sam 16 Déc - 17:36


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Si j'avais bien senti une petite pointe de provocation dans sa manière de s'asseoir sur mon si beau mobilier, elle ne pouvait nier que cette métamorphose l'avait quelque peu...chamboulée. Dans un sens, il fallait admettre que le changement était radical et j'étais d'ailleurs assez étonné qu'elle n'eut pas exploité son physique avec plus d'assiduité. Non pas que je lui aurais préconiser de jouer les filles apprêtée pour attirer des hommes riches et les utiliser, mais en tout cas, si elle l'avait voulu, sûr qu'elle n'aurait pas eu de mal à trouver quelques proies de choix. En même temps, il n'était pas difficile de voir que jusqu'à présent, l'idée de plaire à qui que ce soit lui était totalement étranger et je trouvais ça fort désolant puisqu'elle ne le faisait même pas pour elle. S'il y avait bien une chose dont j'étais convaincu à ce sujet, c'était qu'il était primordial d'avoir une haute estime de soi et agir de tel façon que cette déférence touche les autres. Pour se faire, il fallait savoir se comporter à la hauteur de ses ambitions. Il ne suffisait pas d'être noble pour l'être effectivement; il était nécessaire de se comporter comme tel ! Les lois de l'apparence n'avaient pas cessées d'exister à la chute des régimes nobiliaires; cela perdurait et tendait même à se renforcer. Autant dire que je la préparais au futur et même si elle ne me remercierais jamais, je ne faisais guère d'illusion sur sa nature relativement ingrate, je savais que quelque part en elle cela résonnerait...Bien sûr, j'aimerais me tromper en disant que lorsque je l'aurais embrigadé dans ma suite, celle-ci saurait me remercier. Pour autant, j'avais suffisamment vu la transformation d'être humain en vampire pour savoir que les penchants naturels visibles en tant que mortel avaient tendance à s'exacerber.

Oui, depuis ma naissance j'avais eu pour seule ambition la conquête du monde.

Je souris lorsqu'elle me fit remarquer le professionnalisme de Teddy; des images amusantes me vinrent en tête et je fis mon possible pour ne pas pouffer de rire...D'autant que j'imaginais que ce dernier n'avait pas été très heureux d'être ravalé au rang de valet d'une petite crasseuse. Naturellement, il n'avait rien laissé paraître mais je le connaissais depuis suffisamment longtemps pour le savoir. Il n'existait aucun traitement de faveur quand on décidait de prendre une place dans mon organisation, ainsi personne ne prenait des grands airs inutilement. D'ailleurs, il me faudrait trouver un nouveau porte parapluie...Un simple tirage au sort était beaucoup trop conventionnel. Une petite lutte à mort ? Difficile de rendre ça possible maintenant qu'une intruse allait errer dans les couloirs du manoir. Pourtant, l'idée me plaisait beaucoup ! Une chasse peut-être ? Celui qui m'apporterait le plus beau spécimen saurait gagner l'honneur d'être un larbin à peine plus respecté qu'avant. Encore que vu les nouvelles dispositions que je comptais mettre en place, le rôle perdait en valeur mais ça pour le moment il ne s'en doutait pas. Dans tous les cas, un peu de compétition n'allait pas leur faire de mal, cela faisait trop longtemps que les rôles avaient été établis et même s'ils faisaient toujours preuve de zèle, j'avais envie de les secouer un peu. On se perd souvent lorsque la facilité est omniprésente. J'étais sans nul doute un homme d'ordre et je détestais remettre en cause les règles que j'avais érigé, mais en même temps, parfois il fallait savoir le faire !  

Et j'espérais bien que cette nouvelle résolution saurait toucher Ciulin tout autant que moi.

D'après ce qu'elle avait l'air de dire, l'idée faisait son petit bonhomme de chemin. Si elle ne parvenait pas pour l'heure à s'identifier à son propre reflet, elle ne le remettait pas en question et ça, c'était très bon signe. Malgré tout, nous n'étions qu'au début du chemin, mais c'était très encourageant ! Pourquoi l'était-il ? Plusieurs raisons, la première était assez simple; l'appréciation d'un nouveau soi. Au physique venait nécessairement s'associer une évolution dans l'attitude et même si les gens s'en défendaient, un corps mis en valeur était un pas vers une personnalité différente. Je ne disais pas qu'il s'agissait obligatoirement d'un changement radical, mais juste assez prégnant pour être souligné. La deuxième, se faisait de façon un peu plus inconsciente tout en étant concomitante : être redevable. Exposé à quelqu'un ses qualités, qui depuis des lustres étaient cachés, amenait un sentiment de reconnaissance. Et enfin, avec son incursion dans les mondanités qui viendrait parfaire toutes les autres étapes. Son ego exalté par un parcours visant à lui donner plus de poids dans ses décisions, finira par lui intimer que c'était dans ce genre de milieu qu'elle souhaitait évoluer. En petit bonus, je dirais qu'en sus elle trouverait le moyen de bien s'amuser à tous les humilier, les mettant mal à l'aise en sa présence...Je mentirais si je disais que c'était sans doute ça qui me donnait vraiment envie de pousser l'expérience jusqu'au bout.

La Mlle Rielle n'avait qu'à bien se tenir !

- Je ne me fais guère de souci sur ta capacité à t'acclimater à ta nouvelle apparence, lui dis-je avec bienveillance, de toute façon je ne te demande pas de changer seulement pour convenir à mes critères, je veux vraiment que tu te sentes bien en portant ces vêtements et s'il te faut du temps, alors nous prendrons le temps.

A sa seconde remarque à propos de sa chambre et l'ensemble du manoir, je riais de bon cœur. Elle avait toujours ce sens de la formule...parfaitement vulgaire que je n'aurais pas su supporter venant d'une autre bouche.

- Si tu as déjà cette impression, heureusement que tu n'as pas vu les tableaux de maîtres qui trônent dans mes appartements. J'aime le beau, je suis un esthète. Ce n'est pas ma richesse que j'affiche, c'est simplement ce que j'apprécie. Vois, cette pipe par exemple; elle date des grands fumoirs que l'on trouvait en Asie au XIXe siècle. Faite en bambou laqué et seulement surmontée d'un réservoir en fer gravé, elle ne vaut pas grand chose mais je l'a trouve magnifique...et très utile. Les choses belles ne sont pas forcément celle qui coûte cher, ajoutai-je après avoir remis de l'opium, leur utilité est toujours à prendre en compte.

Alors que la fumée de la drogue flottait dans l'air, je descendis d'un seul trait la fin de mon verre et m'en rempli un autre; interrogeais du regard mon invitée pour savoir ce qu'elle désirait.

En répondant à ma question, je perçu une certaine gêne; pas identique à celle qui l'avait traversé lorsqu'elle avait avoué s'être bien apprécié en femme coquette. Non, c'était plus viscéral, elle avait passé sous silence quelque chose qui n'était pas anodin tout en faisant croire le contraire. Cela éveillait ma curiosité...Fallait avouer que peu de chose la concernant n'attisais pas ma soif d'en savoir plus. Et franchement, ce n'était pas donner à tout le monde ! Mais il valait sans doute mieux qu'elle ne s'en doute pas, aussi j'allais me garder l'interroger plus à ce sujet...Pour le moment en tout cas. Et tandis que je m'attendais à devoir répondre à des questions relativement précises sur les raisons m'ayant poussées à l'invité chez moi, celle-ci me demanda si j'étais un mafieux. Une nouvelle fois, je me fendis d'un rire. Décidément, elle était sûre que je trempais dans des affaires pas nettes et elle n'avait pas foncièrement tord...Oui, dans une certaine mesure j'étais à la tête d'une mafia. Ceci étant dit, je ne me voyais pas le lui avouer. Un peu tôt dans la saison pour faire ce genre confidence !

- J'ignore ce qui te pousse à me croire criminel; je suis désolé de te décevoir mais je ne fais pas parti de la mafia ou ne patauge dans des histoires louches. Je n'ai nullement besoin d'appartenir à ce genre de milieu pour être important. Ma seule ascendance me donne une place à part dans notre société...et ma capacité à ne pas la salir, m'octroi une aura plus importante encore.

Un sourire plein d'une suffisance poussé à l'extrême s'afficha sur mon visage.

- As-tu fais des études avant de te retrouver à la rue ?

Si j'avais plus ou moins ma réponse, je souhaitais voir si elle chercherait à étoffer sa réponse, histoire de voir si elle voulait vraiment se prêter au jeu.
 



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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Ven 29 Déc - 11:38

Sa bienveillance ne semble pas feinte. Son intérêt pour moi non plus. Chelou ! Qu'est-ce que j'peux avoir de si particulier par rapport à une pipe ancienne, des tableaux de maîtres et de la thune à ne plus en pouvoir. Mon père a toujours estimé que j'étais de la mauvaise graine, du chiendent. Ciulin en roumain, ça veut dire "Chardon", la fleur moche et dégueulasse qui a plus d'épines que de pétales, qui s'accroche au bord des chemins de terre, qui survivent aux terrains arides. Je suis habituée aux coups, de poing et du sort.
Plus il m'abreuve de ses conneries -parce que faut pas me la faire à l'envers, il me bonimente tranquillou bilou ! - j'ai quand même soif.

Je suis assoiffée, Thaddy.

- Les choses belles ne sont pas forcément celle qui coûte cher. Leur utilité est toujours à prendre en compte.

Chuis quoi, pour toi, Thaddy ?
Est-ce que chuis belle ?
Est-ce que chuis utile ?
Pas chère, ça c’est une véritable certitude.

Moi aussi j'ai envie d'un wisky et d'une taffe de sa turgescente pipe à crack. Pas sur qu'il me laisse mélanger ma bave à la sienne sur le bec de son engin.

- ...Ma seule ascendance me donne une place à part dans notre société...et ma capacité à ne pas la salir, m'octroie une aura plus importante encore.

- T'es un nabab vrai de vrai, cent pour cent pur jus, alors ! J'arbore une grimace qui exprime tout ce que ça m'évoque de respect. Ben mon Thaddy, y'en a qu'on tiré les bonnes cartes du jeu dans la grande pioche de la Vie.
- As-tu fais des études avant de te retrouver à la rue ?
- Jusqu’au lycée. M'suis barrée en cour de cursus. J'étais pas très scolaire de toute façon. J'ai suivi mon père qui m'a formée à un travail de terrain, manuel quoi.... Il voulait que je reprenne le business familial. J'étais plutôt douée. Ma mère a tenté tant bien que mal de me faire l'école à la maison, de m'faire lire quelques bouquins. Elle a fait ce qu'elle a pu. C'est sans doute parce que j'ai un peu trop lu Marx, Rousseau ou Descartes au gout d'mon paternel qu'on a fini par entrer en conflit. J'ai revendiqué mon libre-arbitre. Il m'a tabassée, m'suis tirée.

Je renifle.

- L'histoire la plus banale du monde.

Je m'accoude sur le bras de fauteuil, toujours en tailleur, toujours dans l'attente qu'on remplisse ou re-remplisse mon verre.

- Et toi, t'as d'la famille ? Une épouse ?.... Tu préfères pt'êt les mecs, remarque.






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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Sam 30 Déc - 13:32


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Remarquant qu'elle zyeutait le whisky avec insistance, je compris qu'elle avait déjà saisi les premières règles; presque inconsciemment, finalement. Serait-elle en fin de compte beaucoup plus facile à apprivoiser que je l'avais d'abord imaginé ? En toute sincérité, je préférais ne pas trop m'avancer car avec ce genre de petit animal sauvage, il ne fallait pas faire de conclusion hâtive. Ceci étant dit, sa retenue me fit plaisir. Mon but principal n'était pas de la rendre lisse et policé comme je l'étais, éliminer quelques aspérités trop visibles et incontrôlables mais pas une transformation totale. Plusieurs raisons à cela, je n'avais guère le temps de lui faire renier toutes ces petites manies et justement, certaines d'entre elles étaient des atouts. Pour le moment, je me contentais de lui faire croire que je voulais la voir se métamorphoser, radicalement et définitivement. Sûr qu'elle allait se battre contre ça, utilisant sans doute les pires moments pour envoyer tout en l'air...et c'était tout ce que j'attendais. Mon esprit avait déjà toutes les images de ses scènes d'esclandres qu'elle nous offrirait une fois introduite dans le monde si laqué des salons. Je me délectais par avance de la peur et de l'outrage qui se liraient sur leurs visages. Si j'étais très à cheval sur la bienséance, je savais qu'il était parfois plus judicieux de s'en éloigner; ceci étant, j'avais un rang à conserver et n'aurais peut-être pas assez de crédibilité dans ce rôle...rien que l'idée de m'abaisser à cela, me donnait la nausée. Je préférais largement être le maître, celui qui tient en laisse cette bête qui les terrorise. Et encore, ce n'était qu'une partie de la manœuvre; une jeune femme incontrôlable, oui mais mieux, une chasseuse dans la bergerie.

Je n'avais qu'un mot à dire avant de la lâcher sur mes ennemies. Je m'impatientais presque...Beaucoup diraient que j'étais assez inconscient en la prenant son mon aile avec pour projet d'anéantir tous les vampires qui me posait problème. D'autant plus imprudent que même si j'avais vu ses prouesses en combat de rues, elle n'aurait pas nécessairement le dessus sur les plus anciens et ceux-là, en bon représentant de leur race, seraient capables de lui révéler ma vraie nature. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'avais confiance en ses capacités de chasseuse au point de ne pas avoir songé à un plan de secours, le cas échéant. Et quel était-il ? la transformation forcée. Ce n'était pas la première fois que je m'essayais à cet exercice. Naturellement, de mon point de vue c'était une bénédiction d'être choisi pour devenir vampire, étonnamment beaucoup de mes enfants ne l'avaient pas vu ainsi. Aussi, j'avais dû m'en débarrasser soit de façon temporaire en les abandonnant à leur sort ou m'étais vu contraint à les éliminer lorsqu'ils posaient vraiment trop de problème...En vérité, je n'appréciais guère devoir en passer par-là; tuer des êtres de son sang, ce n'était jamais une partie de plaisir. Il y avait toujours cette idée que l'on avait échoué quelque part et je n'aimais pas le fait que mon cerveau puisse formuler ce genre de concept. Et pourtant, je m'y exposais très certainement en faisant de Ciulin un vampire. Cependant, le calcul était simple; ma vie ou la sienne; autant dire que la question ne se posait pas véritablement. Prendre le risque de laisser vivre quelqu'un connaissant mon identité. Pourquoi ne pas la tuer directement ? Je percevais beaucoup trop de potentiel pour le gâcher sans avoir rien tenté.

Mais pour le moment, nous n'en étions pas là et fis donc le plaisir de remplir son verre en souriant. Nabab, dès que j'entendais ce mot j'avais toujours l'image d'Edmond Dantes ou plutôt le Comte de Monte-Cristo qui me revenait en tête. Ce personnage était sans nul doute mon préféré de toute la littérature; sa vengeance si parfaite et sa clairvoyance inégalable avait de quoi vivifier un esprit tel que le mien. Et puis, Alexandre Dumas était un sacré bonhomme...Un peu plus et je me sentirais nostalgique.

- Malgré tout, j'ai travaillé pour en arriver là, lui avouais-je après une longue gorgée de spiritueux, nous ne sommes plus depuis longtemps dans un monde où les privilèges héréditaires sont encore d'actualité. Aussi, j'ai fais des études et gérer mon patrimoine pour le réinvestir dans de nombreuses affaires, légales. J'ai un club, plusieurs maisons d'éditions ainsi qu'une galerie d'art. Sans doute, ai-je joué de chance en étant le dernier descendant de ma lignée, héritant de fait d'une somme importante d'argent; mais avant cela, je n'ai jamais attendu quoi que ce soit de ma famille.

Mon oreille se fait profondément attentive lorsqu'elle répond à ma question, j'en posais même ma pipe afin d'être parfaitement concentré...et en toute honnêteté, je ne savais pas trop quoi en penser. Peut-être parce que je retrouvais un peu de ma propre vie dans la sienne, elle aurait été très surprise de l'apprendre mais jamais cette pensée ne sera formulée à haute voix. Dans tous les cas, une fois de plus, je percevais à quel point les familles de chasseurs n'étaient pas celles dont il fallait faire parti. Les patriarches violents ou illuminés, on n'en voyait partout mais la majorité se trouvaient chez ces gens-là. Si j'étais relativement mal placé pour parler des relations abusives qui pouvaient exister chez les hommes alors que j'étais le premier à faire souffrir mes nouveaux-nés ? Certes, même si j'estimais qu'il y avait quelques différences entre moi et eux. Ma violence n'était pas gratuite, toujours motivé par mon instinct de conservation. Si cela me permettait d'avoir bonne conscience ? Je l'ignore vu que je ne prenais jamais trop le temps d'y songer. Dans tous les cas, je fus très étonné d'apprendre que la jeune femme aimait les livres et cela m'arracha un sourire satisfait...bon, j'avais une plus grande affection pour Descartes que pour Marx, mais c'était de l'ordre du détail. Bien que je n'avais pas cru obtenir d'informations importantes de ces premières questions, je m'apercevais que j'avais mal jugé leurs pertinence à moins que cela soit elle.   

- Je suis sincèrement peiné par ce qu'il t'es arrivé; aussi pour faire grincer des dents ton paternel, je te ferais porter tous mes exemplaires des penseurs de ton choix; je suis un très grand admirateur de Descartes, Spinoza et tout plein d'autres...Mieux, tu n'auras qu'a faire ta propre collection, ici ce ne sont pas les livres qui manque ! m'exclamai-je avec enthousiasme.

Coinçant à nouveau ma pipe entre mes lèvres, je hochais doucement la tête en entendant sa question. Ma famille. Une épouse...les hommes.

- J'ai été marié, l'étiquette oblige, et même eu une fille qui n'a vécu le temps d'une nuit...puis quelques mois plus tard, j'enterrais ma femme. Ni descendant, ni ascendant; je suis tout seul. Beaucoup de vies gâchées par souci du paraître, du rang; les mœurs chez nous n'évolue pas, sont figées dans un temps où aimer les hommes n'est pas tolérable. Est-ce triste ? Aurais-je dû refuser et m'enfuir ? Non, les choses sont telles qu'elles sont; on en sort forcément grandi.

Je finis mon verre avant de le remplir ainsi que celui de mon invitée.

- As-tu des croyances ? Une religion peut-être ?




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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Dim 14 Jan - 17:26

-Malgré tout, j'ai travaillé pour en arriver là. Tu m'en diras tant... Nous ne sommes plus depuis longtemps dans un monde où les privilèges héréditaires sont encore d'actualité. Aussi, j'ai fais des études et géré mon patrimoine pour le réinvestir dans de nombreuses affaires, légales. J'ai un club, plusieurs maisons d'éditions ainsi qu'une galerie d'art. Sans doute, ai-je joué de chance en étant le dernier descendant de ma lignée, héritant de fait d'une somme importante d'argent; mais avant cela, je n'ai jamais attendu quoi que ce soit de ma famille.

Ah.
On était donc issu d'parcours similaire : des "héritiers"

- On a beau pas vouloir être comme eux, on en reste pas moins l'produit qu'ils ont modelé. C’est ça l'héritage. Je regarde le fond de mon verre en fronçant les sourcils. On l'choisit pas. Faut s'démerder avec.
- Je suis sincèrement peiné par ce qu'il t'es arrivé; aussi pour faire grincer des dents ton paternel, je te ferais porter tous mes exemplaires des penseurs de ton choix; je suis un très grand admirateur de Descartes, Spinoza et tout plein d'autres...Mieux, tu n'auras qu'a faire ta propre collection, ici ce ne sont pas les livres qui manque !
- Vrai ?! que je lâche ravie.

Spontanément.
Je suis trop jeune pour mentir, trop impulsive pour maquiller mes émotions. (Et, je peux l'avouer aujourd'hui, je n'ai pas su corriger le tir avec l'expérience). La perspective de lire me fout en joie. Je suis sans doute rouillée, peut-être même que je ne sais plus comment on fait. M'enfin ça doit être comme le vélo, ça, ça s'oublie pas !
Super joisse, je me lève pour attraper la carafe de gnôle et me servir pleine rasade : pas plus haut que le bord ! Santé à tatic qui a toujours pensé que la lecture était une maladie !

J'apprend que pépère a été marié, papa et veuf dans la foulée. Tout ça fuse en un éclair, comme si il s'agissait d'une poignée de secondes dans sa vie, des points de détail de son histoire. Peut-être qu'il est trop pudique pour s'étendre sur le sujet.
Ou peut-être qu'il s'en fout.
J'ai jamais bien su pour mon propre père. On a plus jamais causé de mes frangins, même à la Toussaint. Maman a toujours respecté ce mutisme. Et moi ça me rendait barge. Juste barge. "L'histoire est écrite par les vainqueurs". Quand on sait que cette tirade a été balancé par un collabo que l'histoire a presque effacé. C'est ironique, un peu...

Je lis entre les lignes ampoulées, qu'il swingue sur les deux tableaux. Sans l'évoquer franchement, c'est largement suggéré. Je suis renvoyée brutalement à ma propre sexualité qui , necessité fait loi, s'est diversifiée. Faut bouffer. Mon corps étant la seule monnaie dont je ne sois pas à cours, il a souvent changé de main. Contrairement à pas mal de meufs, j'étais pas attachée à ma première fois, ni à ma deuxième. Au bout de la dixième, j'en avais plus rien à secouer. Je sais remuer ma moule pour obtenir de quoi vivre. Je me force jamais si j'en ai pas envie. J'alterne sans broncher entre taper et me taper des gens, sans faire de sentiments.
Trop luxueux.

- As-tu des croyances ? Une religion peut-être ?
- J'crois en moi. J'ai ni dieu, ni maître. Et ma mère est une sainte comme ce monde merdique ne le mérite pas.

Bref silence.

- Le reste de mes croyances sont martelées dans ma chair. J'y crois par la force des choses et je ne peux pas les oublier. C'est là, gravé dans les os, dans mon adn.


Gorgée d'alcool.
Reniflement.

- L'héritage.

Je me recueille sur cette dernière affirmation. Quand je relève la tête mon regard se fait revolver.

- T'as quel âge ?

Et dans ma tête, ma question se ponctue d'un simple "Strigoi".
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   

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{Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)

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