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 {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)

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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Ven 2 Fév - 13:22


Monsters who will terrorize normalcy
Ciulin & Thaddeus



Ses paroles m'éclairent sur son passé et je me vois étrangement touché par cette fille avec qui je ne croyais pas partager le moindre atome crochu. Je me voyais surpris, agréablement. Tout un chacun, derrière ses manières de sauvages, se cachait une profonde détresse. Sûr que vivre comme une SDF ou presque n'était pas une vocation pour qui que ce soit et encore moins pour elle. Son ton s'était échiné à demeurer neutre mais au delà de ça, j'avais compris ou su comprendre sa douleur. Bien qu'issus de monde diamétralement opposé, aucun de nous n'avait le droit de montrer le moindre signe de faiblesse, autrement nous étions des cibles privilégiés, des personnages à abattre. Aussi, avions nous dû serrer les dents et subir sans rien dire; tout signe de rébellion étant sitôt considérer comme acte de dissociation d'un cadre de vie qui nous rendait alors renégat. Elle avait été plus courageuse que moi à son âge, traverser l'atlantique pour échapper aux pressions familiales, n'étaient pas une démarche que j'aurais entrepris. De mon statut de mortel ou de vampire, je restais un assisté; je ne pouvais survivre seul. Si nous avions été des animaux sûr que j'aurais été dévoré à l'instant où mon corps aurait touché le sol. Mais la persévérance et l'amour de ma mère m'avait pousser à lutter contre la fatalité. Les ruses pour avilir les autres, ça je l'avais appris par moi même. Restait que sans mon entourage, j'étais faible et terriblement seul. Et si je n'en souffrais pas, c'était simplement parce que pour l'instant j'avais su garder la main. Or, sans quelques petits mensonges ou meurtre, j'aurais été aussi démunis qu'elle, voire pire. De la lignée de chasseur dont je descendais, je n'en connaissais que la théorie. Si je savais me battre à l'épée et toute sorte d'arme blanche, n'importe quel être observateur saurait qu'en un seul geste, il me mettait à terre. Elle par contre, paraissait blindée...une illusion, je savais reconnaître mes propres subterfuges sur les autres; en étaient-ils tous aussi conscients ? J'aimais à croire que non.

Son avis tranché sur l'incidence de nos éducations me laissa songeur. Étais-je devenu un être profondément tyrannique et obsessionnel à cause de ce père et ces frères dont le seul loisir consistait à me rappelait mon infériorité ? Exigeai-je autant de moi pour mieux les faire mentir ? Ils avaient beau être mort depuis des siècles, ils continuaient encore à occuper une place centrale dans mon existence...Comme on ne pouvait pas échapper à la gravité, il fallait encaisser son passé pour mieux construire son avenir. C'était si bateau comme réflexion, pourtant tout ce qui coulait de source me dépassait assez largement. Pour moi, aucune chose dans la vie n'était simple ou évidente. Tout n'était qu'une inlassable lutte pour parvenir à ses objectifs. Avais-je des ambitions qui dépassaient mes propres capacités ? Sans nul doute. Je n'aurais pas dû survivre, ni à la naissance ni le soir de ma transformation. Tous les signes du Destin tendaient à montrer que j'étais une anomalie dans la longue et paisible ligne de l'existence. Si je n'étais pas quelqu'un de tailler pour vivre par lui même, il fallait me reconnaître une certaine force, malgré tout. La peur, était peut-être le plus grand et imposant des moteurs. En tant que nouveau né, je ne saurais juré que l'instinct de conservation avait eu un réel rôle mais pour ma seconde mort, j'étais très largement animé par celui-ci. L'espoir de faire de grandes choses, devenir quelqu'un, au delà de toute considération physique. Juste être. A mesure du temps, mes intérêts avaient déviés, cherchant toujours plus de déférence mais pouvait-on vraiment m'en blâmer ? Si l'on passait sous silence des centaines de milliers de morts que j'avais provoqué directement ou indirectement d'ailleurs, j'avais tendance à croire que non. Comment ne pas reproduire la violence, la froideur qui avait été son pain quotidien ? Beaucoup, penserait probablement que je suis une petite nature dont le caractère revanchard cherchait seulement à justifier des actes ignobles. Je plaide coupable pour tout les mauvaises actions entreprises et n'en impute la responsabilité à personne, j'en avais besoin. La survie et parfois l'envie de faire mal.

Je dodelinais la tête en souriant face à sa réaction. A n'en pas douter, elle n'avait pas été aussi réjouit par une nouvelle qu'en cet instant...ça m'aurait presque décroché une larme si j'en avais été capable.

- Vrai; vu ton enthousiasme, je te ferais sans doute cadeau de quelques exemplaires dont la valeur dépasse quasiment le prix de ce manoir, mais promet moi de ne jamais t'en séparer ni les brader. Je vois dans tes yeux que la lecture est quelque chose qui te tiens à cœur mais ce n'est pas cela qui nourrit son homme même si l'esprit s'en satisfait, fis-je avec un ton des plus sérieux, Aussi jamais cette idée absurde te passe par la tête, je le saurais et je viendrais te châtier.

Si sur la fin de ma phrase un sourire amusé s'était dessiné sur mes lèvres, je demeurais très sérieux. Pourquoi lui dire que j'étais prêt à lui offrir ces bouquins si j'avais si peu d'espoir de les voir bien traité ? Une partie de moi, me disait qu'elle saurait en prendre soin et il était de mon rôle de jouer les êtres revêches. Et puis, finalement; si j'avais connu Descartes et Pascal, je ne donnerais pour rien au monde mes exemplaires du Comte de Monte-Cristo, moins important niveau valeur marchande, ils demeuraient pour moi les joyeux de ma collection. Alexandre Dumas...l'idée de le transformer en vampire m'avait traversé l'esprit et puis, je m'étais ravisé car si l'éternité présente l'avantage de traverser les siècles elle occasionne bien des effets néfastes dans des domaines et il méritait de reposer en paix. Dans tous les cas, cette jeune femme était pleines de surprises, cela me changeait tellement de tout ce que je vivais depuis des années. Un vent de liberté aussi corrosif que l'acide mais qui avait le mérite de me faire sourire sans forcer. J'en oubliais presque l'arme que je souhaitais en faire. Loin de moi l'idée de reculer et de renoncer, mais restait que c'était toujours plus simple lorsque l'on envoyait un cobaye dont on ignorait tout sur le champ de bataille. Bien sûr, elle me confiait ce qu'elle avait envie et au fond, cela m'arrangeait. Si j'acceptais les sentiments qui fleurissaient en moi, la plupart du temps du moins, je ne souhaitais pas voir ceux des autres les parasiter...Pourtant, elle n'eut qu'a prononcer quelques mots pour détruire ce mur qui paraissait si infranchissable et incassable. Sa mère, une sainte. J'aurais pu en dire de même et cela me troubla, profondément; à tel point que j'en ratais ma bouche quand j'essayai de tirer une nouvelle bouffée d'opium. Sans doute insultai-je tous mes aïeux en disant qu'elle et moi étions bien plus proche que je ne l'avais jamais été de ma propre famille, même moi j'étais déconcerté mais en fin de compte, un sourire douloureux bien que peu marqué se dessina sur mes lèvres.

- Ce monde mérite peu de considération pour ne pas dire aucune, déclarai-je avant de boire une longue gorgée de spiritueux, à la fin, on saura reconnaître les bons des mauvais et cette réflexion se fait sans pensée religieuse; seulement le karma comme on dit...j'aime l'idée, en tout cas. Ce n'est pas de la naïveté, juste un souhait.

Oui, j'étais parfaitement conscient que je n'avais guère débloqué la voie royale pour le Paradis tout compris.

- Et j'ai tendance à croire que cela ne va pas s'arranger, les saints sauront toujours sacrifier aux profits d’intérêt qui nous dépasse, murmurai-je presque.

Intérêt ou besoin, l'un dans l'autre dans mon cerveau, cela résonnait pareillement. Tandis que de l'autre tympans, mon esprit parvenait à entendre la souffrance silencieuse mais terriblement profonde de mon interlocutrice. Avec les dons de vampire, elle saurait les faire souffrir, les éliminer comme je l'avais fait. Il était presque criminel de ne pas la transformer ! Elle se devait de prendre sa revanche sur ses bourreaux. Grand pourfendeur des libertés, je ne rechignais jamais à remettre en place ce qui n'entrait pas dans mes considérations...

- J'ai trente-neuf ans, lui confis-je presque sur le ton de la confidence, mon apparence générale me rend sans doute plus vieux que je le suis vraiment.

Un rire insensible se coinça dans ma gorge alors que mon intendant se faufilait jusqu’au petit salon; la table était prête. Tirant une dernière fois, ou peut-être pas, sur ma pipe, j'invitais Ciulin à s'accrocher à mon bras avant de la mener jusqu'à la grande salle où une immense table nous attendait déjà dressée des plus bels pièces de vaisselles. Bien que claudiquant, je la déposais à son siège avant de rejoindre le mien de l'autre coté de la gigantesque table. Les commis au services se succédèrent, apportant chacun un élément différent; tandis qu'un d'eux était prédisposé au seul remplissage de mon verre. Toute cette nourriture de mortel me donnait envie de vomir mais je saurais prendre sur moi. Aussi, je me fis servir une salade alors que les plats aussi variés que délicieux pour être humain s'installaient sur la table. Mon œil s'intéressait surtout aux carafes de vin d'exception que mes prédisposés versaient sans que j'eus à leur demander.

- A quelle époque aurait-tu aimé vivre ?            

J'étais curieux de savoir, quel genre d'illusion s'étaient installés dans son esprit. Oui car il n'était question que de ça, des mensonges.



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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Ven 2 Fév - 18:07

Thaddy, Thaddy, Thaddy... Merde, quoi !

Mon instinct me hurle "Décapite-le" et pourtant je suis là, pépouze dans ton velours, à siroter ta bibine de luxe, à accepter tes cadeaux, à t'écouter bavasser. Je redécouvre que l'éloquence c'est sexy et que la lecture me manque. T'as beau être un putain de monstre, tu es le premier après ma mère et Shioban à t’intéresser à ma gueule. Alors, oui, sans doute que tout cela a un but caché, que ta sincérité n'outrepasse pas certaines limites... Et puis après ? Je me sens comme une plante fanée qu'on arrose à nouveau. C'est pas si mal comme sentiment. J'irais même à dire que c'est réconfortant, si j'étais sentimentale.

-... à la fin, on saura reconnaître les bons des mauvais et cette réflexion se fait sans pensée religieuse; seulement le karma comme on dit... J'aime l'idée, en tout cas. Ce n'est pas de la naïveté, juste un souhait.

- Le "Karma"... que je répète en écho. C'est pas bouddhique cette connerie ? Une aut' religion, non ?

Je ricane avec un regard de biais, par dessus mon verre.

- J'te charrie. Enfin, si on adhère au concept, on pige vite que la roue tourne toujours dans l'même sens, et souvent plus vite pour les plus saints d'entre nous.
- Et j'ai tendance à croire que cela ne va pas s'arranger, les saints sauront toujours sacrifier aux profits d’intérêt qui nous dépasse.
- Ou de nos propres besoins, fais-je en conclusion, ignorant que j'épouse là parfaitement sa pensée.
- J'ai trente-neuf ans, J'en avais oublié ma question. Mon apparence générale me rend sans doute plus vieux que je le suis vraiment.

Je le regarde, malicieuse, alors que nous nous levons.

- C’est la canne, ça ! Ça donne toujours un p'tit coté papy dandy.

Nous passons à la salle à manger et, j'ai beau avoir graillé deux burgers une heure auparavant, la vue de cette table garnie me fait saliver. Thaddy sait recevoir. Il me tire le siège comme à une dame. C'est rigolo et je joue à me sentir importante en sachant pertinemment que c'est faux. Dans trois secondes, je vais bâfrer comme la dernière des sales.
Lui se pose, guindé, devant son assiette de salade sans vinaigrette. J'ai tellement peine pour lui que je suis prête à lui dire d'arrêter de me jouer la comédie.

- A quelle époque aurait-tu aimé vivre ?

Je noie ma bouche pleine, de pinard, pour mieux avaler. J'ai trop enfourné de cet espèce de feuilleté de poisson en une seule pelleté. Je déglutis.

- Y'a une bonne époque pour les gens comme moi ?

Rire aigre.

- T'sais bien qu'non. Je suis pas de mon temps, et je suis pas de tout temps.

Je renifle en approfondissant ma réflexion.

- En fait, la vraie question c'est pas de savoir "à quelle époque" mais si je sais "vivre". Je le regarde fixement. Et la réponse est non : je sais survivre, mais vivre on m'a jamais appris.

J'engloutis une cuisse de dinde farcie avec une purée de je ne sais quel légume trop fin pour mon palais.

- Tu manges pas ?

Question piège.

- J'ai remarqué dans la limo, qu'la graille et toi z'étiez pas copains. Mais j'pensais que ça se cantonnais à la malbouffe...

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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Ven 9 Mar - 11:58


Monsters who will terrorize normalcy
Ciulin & Thaddeus



Sans doute était-ce plus que paradoxal qu'un être tel que moi puisse vouloir croire au Karma, après tout n'étais-je pas un représentant de tout ce qui était répréhensible, amoral et j'en passe; le genre de personnage qui avait un sacré bagage et dont le retour d’ascenseur serait fatal ? En effet, vouloir croire en quelque chose capable de vous détruire et même le souhaité de tout son cœur, était probablement un concept aussi stupide que celui du riche noble voulant voir ses esclaves s'élever contre lui pour le seul plaisir de voir comment la liberté était en mesure de fédéré et forcer à l'action. Difficile à concevoir un dictateur comme libérateur de peuples, or à mon sens si l'on savait user de cette position, bien des miracles étaient possibles. La domination, je la convoitais pour moi même et les miens, aussi il m'était presque impossible de jouer les sauveurs de l'ensemble des créatures présentes sur Terre, cependant je n'étais pas naïf ni un doux utopiste. Durant des années nous avions soufferts, souvent avions nous rendu coup pour coup, seulement comme toute minorité nous étions voués à disparaître. Les plonger dans la même insécurité paraissait une juste cause et puis, soyons honnête, il n'était pas question de les exterminés, nous avions besoin d'eux quoi que l'on veuille avouer. Clairement, cette interdépendance n'était pas à deux sens...ou au moins, ils n'en avaient pas le sentiment. Pourtant, sans qu'ils parvienne à le voir, il nous était arrivé à plusieurs reprises de nous débarrasser de leurs semblables les plus dérangeants. D'accord, j'admettais que parfois je m'étais amusé de leur psychopathes, ils étaient tellement plus monstrueux que nous en raison du fait que rien ne les y poussait et c'était totalement fascinant. Restait que le plus célèbre de tous, celui dont on ignorait encore le nom, était l'un des miens. Sacré, Jack...et non, il ne s'appelait pas comme ça, hein et n'écoutez pas non plus les paroles de Patricia Cornwell, elle ne sait pas de quoi elle parle, elle cherche juste à se faire de l'argent sur notre dos. Oh, et non ce n'était pas la première et certainement pas la dernière. Dans tous les cas, derrière mes rêves de grandeurs, se dissimulait l'expression du Karma. L'Univers équilibre toujours les scores...

Alors en attendant qu'il vienne pour moi, je faisais ce que je savais faire de mieux, comploter et j'agissais avec de très bonnes intentions. Mes précédentes tentatives n'étaient pas aussi peu pourvu d'ambition personnelle, de fait j'imaginais que c'était pour cela qu'elles avaient toutes échouée...ça ou les beaux yeux de jeunes hommes fort appétissants. Ceci étant, même un vampire de plus six siècles finissait par grandir et mûrir. Oui, j'admettais sans honte qu'il m'avait fallut beaucoup de temps pour en prendre conscience. Certes, la métamorphose n'était pas complète vu que je me prenais à apprécier mes petites bassesses qui étaient mon seul passe temps quelques deux cents plutôt. Nul besoin de me brusquer, moi ou les événements. Si cela n'en avait pas l'air, vu la nature de la jeune femme qui se trouvait en face moi ? En effet, la précipitation avait été totale mais au delà des manigances que j'avais en tête, elle me divertissait; elle avait ce petit coté que ce petit Elio avait. Étonnement, j'en étais venu apprécié davantage la compagnie de la plèbe que ceux de mon rang. Peut-être qu'ils agissaient sur moi comme les fous pour les rois. Nuls calembours ou jonglerie, juste une présence rocambolesque voire grotesque. Suffisait d'observer la façon qu'elle avait d'engloutir les plus fins des mets qui se cuisinait dans le coin. Quelques centaines d'années plus tôt, j'aurais sans aucun doute été insulté et en même temps, je ne pense pas qu'elle aurait eut sa place à ma table non plus. Seulement désormais, j'avais compris qu'il fallait échangé avec toute sorte de personne pour mieux cerner le monde et donc comment réussir à le soumettre. La peur maladive gangrenait l'ensemble des êtres vivants -ou morts, comme moi- mais à des degrés différent et il était très intéressant de les classifier selon les catégories sociales. Oui, j'aimais placer les gens dans des petites boites, bien hermétiques car au fond, c'était ainsi. Personne n'était foncièrement unique, hormis moi peut-être mais c'était plus un malédiction qu'autre chose, croyez-le bien.    

Et malgré tout le mal qu'elle se donnait, Ciu mourrait de peur et ses diverses interventions, ne faisaient que le souligner.

- Comme j'aimerais que les gens sachent que la sagesse peut venir de n'importe quelle bouche, fis-je en me servant un verre de vin, nulle flatterie visant à t'amadouer, rassures-toi. Seulement, mes seules fréquentations sont depuis longtemps devenus des êtres desséchés, au cerveau ramollis par des discours qu'ils dispensent depuis des siècles, à les entendre. Facile à comprendre et à utiliser, mais si peu exaltant.

Je pris une longue gorgée de Château Thierry avant de reprendre.

- La spontanéité, voilà ce qui leur manque et tu es exactement ce vent de fraîcheur qu'il redoute tant. La peur du changement, une sclérose qui se manifeste de différentes manières et ceux dans toutes les couches de la société; cela à causé la chute d'empire si puissants, promis à l'éternité, tu te rend compte...on a détruit notre Histoire parce que les êtres à la tête des royaumes n'étaient rien d'autres que des enfants terrorisés. Il est temps de mettre un coup de pied dans la fourmilière !

Était-ce vraiment raisonnable de lui dire ça de but en blanc ? De toute façon, c'était un peu pour cela que je l'avais recueillie alors bon, tôt ou tard, il m'aurait fallut lui dire. Cependant, je ne comptais pas entrer dans les détails tout de suite; non je lui laisserais le temps de digérer son repas et sa gueule de bois. En attendant, je l'entendais déblatérer des paroles qui me firent lever à plusieurs reprises les sourcils. Aucune époque pour des gens comme elle. Comme elle. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi cherchait-elle à se fondre dans une case qui ne lui allait évidemment pas. D'accord, ses manières étaient à revoir mais elle n'était pas ignorante à l'instar des pauvres qui se contente de survivre parce qu'ils n'ont que ça. Elle, elle n'avait pas eu que ça. Et même si elle préférait se ranger dans cette catégorie pour fuir son passé, c'était assez lâche de sa part. Quoi ? Si j'allais moins faire le malin quand cessant de renier son existence, elle se mettait à vouloir me faire la peau ? Possiblement, mais très honnêtement, je n'avais guère peur pour ma vie. Cela étant, sa dernière phrase fit tilt dans ma tête. Personne ne lui avait jamais appris à vivre...un sourire se dessina sur mes lèvres.

- Je serais ravis de me faire tuteur, déclarai-je, promis je n'userais plus de coup de canne pour ces leçons là. Nous pouvons déjà dire que ton retour à la lecture est un chapitre important dans l'art de vivre.

Finissant mon verre, j'en repris un nouveau.

- Ne plus craindre la peur du lendemain, est probablement le point le plus important dans l'apprentissage. Juste savourer ce qui est à notre porté pour après chercher mieux ou simplement élaborer des défis pour conserver son esprit aiguisé, dis-je avec un sourire, il te faudra avant ça, trouver ce qui t'anime.

Les passions, des choses profondément hideuses car trop puissantes mais si enivrantes aussi. Le pouvoir rendait imprudent, l'amour aveugle, la richesse dispendieux...l'art malheureux. Le tout était de savoir de quelle couleur souhaitons coloré notre existence. Vivace à s'en griller la rétine ou morne à en crever d'ennuis. Nul camaïeu, ce n'était pas envisageable; tous les philosophes le mettait en valeur et à l'honneur, preuve que c'était un but inatteignable. J'avais hérité de la chance d'avoir autant de vie que je le souhaitais, aussi; je brûlais ma vie par les deux bouts tous les deux cents ans et m'enfonçait dans un ascétisme des plus complets le reste du temps. En ce moment, je me faisais ascète et au fond, il n'y avait que durant ces phases que j'étais le meilleur de moi même. Malheureusement pour mon invitée, elle n'avait pas cette chance...au moins jusqu'à maintenant, or si elle se comportait de façon satisfaisante, alors elle pourrait avoir le choix; le vrai, le seul qui compte vraiment. Mais pour le moment, je me contentais de fixer ma salade après sa question. Bien sûr, j'étais capable de manger des plats normaux, mais ce n'était guère une partie de plaisir, tout au plus c'était fade et dans le pire des cas, totalement ignoble. Vous ne me ferez plus jamais mangé de la viande, jamais. Oui, cela pouvait paraître très ironique mais si vous saviez le goût qu'avait leur sang...Non, vraiment même de mon vivant je n'avais pas réussi à éprouver autant dégoût pour quelque chose à ce point là...à part pour le corps des femmes...haha.  

- Malgré le train de vie que je parais mené, je suis un homme très raisonnable voire à la limite de l'ascète; cependant contrairement à ceux affiliés à des religions, je ne suis pas dans la recherche de la rédemption, c'est juste un art de vivre...mon art de vivre. 

Je plantais ma fourchette dans une feuille de salade que j'enfournais sans éprouver aucun sentiment; c'était comme manger un morceau de journal, l'acidité de l'encre en moins.

- Cependant, j'estime que le vin est un petit plaisir qu'il faut s'offrir, repris-je en remplissant à nouveau mon ballon, pourquoi as-tu accepté de me suivre ? J'imagine que ce n'est pas pour mon coté papy dandy.

Je ricanai avant de reprendre une gorgée de spiritueux. Quel cru ce Château Thierry !


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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   Dim 27 Mai - 5:55



Was a day when I did believe
The things you say are what you mean
Dear sweet, innocent me
How much you took from me to finally see

Bone dry
You drank all the blood
My heart is bone dry
Can't give you more 'cause you took all of it


Thaddy m'arrose, de son vin et de son miel. " Spontanéité", "vent de fraîcheur", "Coup de pied dans la fourmilière ". Des mots doux, des mots d'amour, presque. Mon vieux, t'es laid comme un cul de vieille, mais t'as le charme et la grandeur des gens d'intelligence. J'en suis dépourvue. T'es vraiment certain de vouloir dealer avec moi ?

- Je serais ravis de me faire tuteur, promis je n'userais plus de coup de canne pour ces leçons là. Nous pouvons déjà dire que ton retour à la lecture est un chapitre important dans l'art de vivre.
- L'art de vivre... que je répète à mi-voix.

De toutes sa pisse verbale -Et la Nuit m'est témoin qu'il a la vessie pleine- c'est la seule chose qui hameçonne mon palpitant.

- Ne plus craindre la peur du lendemain, est probablement le point le plus important dans l'apprentissage. Juste savourer ce qui est à notre porté pour après chercher mieux ou simplement élaborer des défis pour conserver son esprit aiguisé. Il te faudra avant ça, trouver ce qui t'anime.

- Ce qui m'anime...

La question ouvre une brèche abyssale sous mes pieds. J'y tombe en précipice, l'Enfer prêt à m'avaler. Mon coeur accélère la cadence. La panique se diffuse dans mes veines. Irrigation brutale en pleine sécheresse. Douloureuse.
Je ne sais rien faire à part chasser. On s’est évertué à me vider de tout mon suc pour me remplir de cet héritage à chier. Je ne suis rien d'autre.

- Ch.. Chais pas comment tu vas te démerder... moi chais même pas où chercher...

Mes yeux chutent vers l'assiette et ses reliefs de bombance. J'ai plus faim.

-  Malgré le train de vie que je parais mené, je suis un homme très raisonnable voire à la limite de l'ascète; cependant contrairement à ceux affiliés à des religions, je ne suis pas dans la recherche de la rédemption, c'est juste un art de vivre...mon art de vivre. Cependant, j'estime que le vin est un petit plaisir qu'il faut s'offrir.

Il mâchouille et déglutit sa salade avec autant de plaisir qu'une coloscopie.

- Pourquoi as-tu accepté de me suivre ? J'imagine que ce n'est pas pour mon coté papy dandy.

J'éclate de rire. Mon hilarité chasse mon trouble. Mon regard se pose sans détour dans le sien, s'y arrime à coup de crochet. Inspiration. Soupir.

- J'ai été élevée pour tuer les gens de ta race. Haussement d'épaules. On peut arrêter c'te comédie : je suppose que tu m'as reniflée à des kilomètres et moi j'ai su ce que t'était quasi d'instinct. Chuis pas très bonne pour mentir sur la durée.

J'ai un sourire sincère.

- La première fois que j'ai rencontré un strigoï, mon père m'avait jetée dans une fosse avec une simple machette. J'avais douze ballets et mes premières règles. J'ai pas réfléchi, c'était lui ou moi. Court silence. La réflexion est venue après...

Je plisse les yeux. La colère est toujours là, au fond de mes tripes. Elle allume un feu au napalm.

- Mon père, ma famille... J'ai été instrumentalisée depuis ma naissance : déscolarisée, coupée de tout ce qui fait le quotidien d'une ado, obligée de suivre le commandement paternel comme un cabot. J'me suis échappée.... L'manichéisme c'est pas ma came : les gentils, les méchants, les innocents... c'est d'la connerie. Y'a la violence et les désirs. S'tout. Disons... Disons que j'ai juste envie de voir l'envers du décors. Par curiosité.

Ricanement.

- J'me fais pas d’illusions. Tu vas aussi m'utiliser pour ton propre biz'. L'altruisme c'est un joli mouchoir pour cacher la merde qu'il enrobe. Mais ok... On a jamais rien sans contrepartie. Fais ce que tu veux, Thaddy. Tu peux m'buter maintenant, ou plus tard....

Claquement de langue provoquant.

- ... Quand on aura dézingué ta fourmilière. Toi choix, frate.
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MessageSujet: Re: {Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)   

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{Automne 2009/US} "Monsters who will terrorize Normalcy" (Thaddeus)

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