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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel

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MessageSujet: Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel   Mar 26 Déc - 0:14

« It moves, it moves around you. »
Mai 2017 - Appartement - Ezekiel

Fracas assourdissant du bois contre le chambranle verni, abîmé ; pas titubants sur le planché mal ciré, mal entretenu, avec des chaussures mal faites et écorchées. Main tremblante sur la poignée, comme une échappatoire bouchée. Corps malade, dos fébrile, jambes tremblantes ; appui, soutien contre cette porte qui semble si immense, si dominante et dangereuse, prête à écraser comme un insecte celui qui se tient tout contre. Sensation d'étouffer, de mourir encore sans jamais sentir la mort l'embrasser. Depuis toujours c'est la même chevauchée contre les vagues, le même naufrage ; ses pieds le traînent contre ce putain de parquet qui grince. Mélodie désaccordée à ses oreilles qui lui vrillent le cerveau plus que d'habitude, comme si ses sens avaient été retournés, violentés par le déluge et le caprice des vagues. Le monde tournoie autour de lui, il est comme pris dans un siphon, une tornade qui aspirent tout sur leur passage. Passage obstrué par les meubles, meubles dégueulasses, couverts de cendre çà et là. Abîmés, un peu comme lui, qui titube vaguement, qui cherche appui, qui rate sa cible. Vautré par terre, le sol contre sa joue qui s'est jeté contre elle et contre le reste de son corps. Il se sent triangle d'orchestre que l'on fait vibrer d'un coup sur les os ; il résonne en lui-même, sa voix paniquée qui se mêle à son souffle puissant et rauque. Des tremblements, fébrile alors qu'il tente de se redresser sur ses mains, les cheveux noirs contre son visage, plaqués, qui l'aveuglent, lui vont dans les yeux. Plus rien n'a de forme, de toute façon, sa vue est trouble si tant est qu'il voit encore : des nuées d'insectes parasites lui dévorent les globes jusqu'à atteindre son nerf optique. Il le sait, il le sent, et il ne voit rien. Le noir le dévore, l'embarque avec lui dans sa valse macabre qu'il suit tant bien que mal, le cou et le dos tordus sous le poids de la violence.

Des relents de breuvage dans ses narines, suivit d'un profond regret. Un goût de bile, ou peut-être de sang, mais de sang comme celui coagulé d'un porc égorgé dix jours plus tôt et laissé pour mort, pendu par les pieds. Certainement des deux. Il mâche dans le vide, se mord la langue, parvient à sentir le faux cuir du canapé sous la pulpe de ses doigts humides de sueur. Il tremble encore. Comme un soldat la tête dans la guerre il rampe dans la terre meuble, s'enfonçant dans les coussins éventrés qui servent encore à accueillir son corps décharné et paniqué. Il panique. C'est terrible de voir ces images, des images qu'il aimerait oublier et dont il ne pensait même pas se souvenir ; se souvient-il seulement ou serait-ce une invention de son esprit tourmenté ? La terre tourne encore, le siphon est violent, bientôt il l'avalera tout entier et Mircea sera noyé, de la tête aux pieds, il aura de l'eau dans les poumons.
Il sent le liquide de son estomac lui remonter dans la gorge, il ravale. Son cœur ne bat plus, étrangement, pourtant il se sent suer encore. Il a chaud. Trop chaud. Maladroitement, il retire son haut, s'arrache une mèche au passage. Un regard désespéré vers la seule source de lumière ; la fenêtre, pourvu qu'elle soit ouverte. Non, trop loin. S'il essaie de sortir du cyclone, il en mourra. Trop dur à porter, sa carcasse et sa sale gueule jusqu'aux carreaux de verre pour prendre une bouffée d'air frais. Quérir le soulagement. Sa peau colle à l'imitation de cuir noir et il sent la mousse rugueuse lui irriter la peau. Pitié, que plus rien ne bouge. Ni lui, ni la mer déchaînée.
Rien qu'à l'idée d'ingurgiter une gorgée de sang, son estomac se serre. Les relents de fatigue et de regret lui pressent la gorge ; il serre les dents, étouffe ses propres sanglots. Sa main griffe sa peau froide et il tremble encore, pris d'un désespoir sans nom. Misérable, pitoyable, terrible, écœurant, dégoûtant, affreux, monstrueux, répugnant, dégueulasse.

Des pleurs qui ne s'articulent même pas dans sa mâchoire serrée. Sanglots rejetés comme un chien gangrené. Ravalés, jusqu'au fond de la gorge, comme une glaire visqueuse qui s'agrippe. Que des souffles passent ses lèvres, des soupirs. Il se cache les yeux pour empêcher les parasites de venir les ronger, pour les empêcher de pleurer, pour s'empêcher de voir. S'il perd un sens, peut-être qu'il perdra les autres. Le mal être qui s'installe dans ses veines gelées, il le sent ; et en même temps, il ne sent plus rien. L'alcool a fait son effet, depuis longtemps d'ailleurs, et ses démons en ont profité pour faire la fête. Ils jouent aux cartes sur son cœur gelé, aux fléchettes dans son cerveau. Ça secoue son corps, oiseau stressé empêtré dans ses soubresauts. Violentes secousses, il veut tourner, se mettre sur le côté pour libérer ses poumons ; le monde entier l'en empêche. Comme cloué. Il cherche à se recroqueviller, déchirer les liens de sa crucifixion pour se rabattre sur lui-même. Paupières lourdes sur ses orbites, mains dans les cheveux ; cheveux noirs et bouclés qui vont nulle part, surtout n'importe où, tant qu'ils sont libres. Ces serpents vicieux et agressifs, il se sent Méduse et doit garder les yeux fermés coûte que coûte ; il sent déjà que c'est lui qui se fige en pierre. Froid comme le marbre, ses vaisseaux sanguins bleus serpentent sous sa peau translucide comme un venin permanent. Poison de vie qui le fait mourir tout le temps sans jamais le tuer. Ses phalanges se resserrent contre ses mèches noires alors qu'il se noie de nouveau dans sa propre détresse.

Aveuglante, assourdissante. Assommé, violemment frappé à la tête ; une secousse de son corps, il se recroqueville encore un peu. Un cri de détresse passe les barrières de sa gorge alors qu'il tremble de partout, aveuglé, blessé par la clarté qui semble venir brûler sa peau. S'en vient un sanglot profond, venu avec la surprise de l'attaque. Le danger est partout, il fait craquer le plancher et amène avec lui une odeur de cigarette froide. Il veut hurler, mais la force ne vient pas avec lui. Noyée dans les flots des vagues déferlantes, sa voix titube avec son esprit.

Étei-... Éteins... ! Une supplique alors déchirée par les vagues qu'il ne peut pas maîtriser, qui envoie son corps valser contre les récifs. Les poings contre les yeux, il se tortille comme un petit animal ligoté qu'on aurait jeté sur des braises. Éteins ! Un appel au secours, il a peur maintenant. Sa propre odeur de peur le dégoûte, il déglutit difficilement. S'échappent de sa gorge d'autres secousses, des sanglots mélangés à une toux violentes. Des pleurs qui s'échappent, ils sent enfin les larmes qui coulent.

Et l'impression de se noyer plus violemment encore.

Il voudrait appeler à l'aide. Qu'on vienne le prendre dans les bras, qu'on le serre pour qu'il se tienne à une ancre qui pourrait le sortir de l'eau. Qu'un radeau le repêche, le sorte de là, que la tempête se calme et se taise. Qu'on lui murmure quelque chose de doux, de rassurant.
Mais il sait que le démon a fait entrer les siens avec lui. Des diablotins qui viennent agiter la houle des vagues pour les rendre plus terribles encore, jusqu'à emporter ce corps meurtri et le laisser s'écorcher vif sur les rochers coupants des récifs.
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MessageSujet: Re: Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel   Sam 13 Jan - 3:23

Ordinaire. Plongé dans la banalité, les mots plus hauts que les autres, les paroles qui dépassent les pensées et poussent encore, poussent jusqu’à blesser, poussent jusqu’à ne laisser de l’autre qu’une flaque de défaite, une flaque de larme, une flaque de regrets à mâchouiller seul chez soi. C’était un jeu, avant – depuis, c’était presque une forme de communication. Toujours un peu jouissive, mais pas assez. Plus assez. Les autres manquaient d’attrait. Il faudrait quelqu’un d’unique. Quelqu’un de détruit. Quelqu’un qui n’a rien à perdre. Ca importait, quelques secondes, quand le goût amer d’un manque était venu s’infiltrer dans sa bouche, comme s’il ne pouvait pas être persuadé d’exister sans cet intérêt là, comme si le peu de sens qu’il restait disparaîtrait si ce plaisir n’existait plus. Ironiquement, il s’accroche à son humanité, au dernier pan – le plus digne des démons. Puis l’idée semble lointaine, sans intérêt. Et l’alcool revient, solution miraculeuse.

La main se pose sur la porte à son tour, cherche la poignée à tâtons, parce qu’il ne pense pas à allumer la lumière du couloir, seulement celle de l’intérieur. Parce que tout ce qui importe, c’est de rentrer chez lui, de ne plus courir le risque de se heurter à l’humanité, de ne pas avoir à supporter une seule voix nasillarde de plus, de ne pas penser à tout ce qui a dû clocher dans l’échelle de l’évolution pour qu’ils en arrivent là. Le silence, le calme. La solitude. Et pourtant, ça le frappe, avant même que la porte ne soit totalement ouverte. Comme une odeur d’ammoniaque, qui le prend à la gorge, s’infiltre dans ses poumons, atteint le cerveau, l’engourdit, l’assomme, le fait entrer en transe. Ses pupilles deviennent noires, quelques secondes, alors que l’alcool diminue ses réflexes, alors que le monde derrière la porte lui hurle de l’engloutir vivant. Alors il ouvre. Et il s’exécute.

Un pas. Puis deux. Puis trois. Le gémissement attaque ses tympans, envoie des frissons le long de son échine, étire un semblant de sourire sur ses lèvres. La peur est si présente qu’elle en est palpable. Tout autour d’eux, vie propre qui danse sur une musique macabre de sanglots étouffés, de tristesse profonde, de mort d’âme, si tant est que l’image soit encore utilisable. Et comme un serpent envoûté par les vibrations du sol, il s’approche, encore et toujours, comme un oiseau de proie sur un animal lâchant ses derniers souffles. La lumière s’éteint, réponse docile de celui qui maîtrise tout. Quelques secondes encore. Quelques secondes à profiter de la chose brute, simple, sans influence extérieure. Avant d’y mettre son grain de sel.

Il se veut silencieux, pour ne pas gâcher le bruit des pleurs, pour se laisser bercer par la mélodie du cœur en morceaux de Mircea. Il passe une main dans les boucles noires, s’accroupissant pour l’admirer, jouant avec les serpents de la chevelure presque tendrement, ses pupilles parcourant la pomme d’Adam qui sursaute comme si elle voulait sortir. Sa voix se fait basse, doucereuse, presque dans un essai d’être rassurante mais sans jamais atteindre son but. « Et ben Mircea, qu’est ce qu’il t’arrive tout à coup ? T’as trop bu ? » Lui aussi, d’ailleurs, le ton de sa voix en est la preuve. La manière dont il se meut aussi, celle qui se veut fluide et qui est saccadée, alors qu’il relève à peine le vampire pour pouvoir s’asseoir là où sa tête était, pour pouvoir garder un bras autour de lui, pour pouvoir rapprocher le dos sursautant de sanglots de son propre corps. Un animal blessé. Rien d’autre que cela. Et la parfaite manière d’arranger la soirée ruinée par le monde extérieur. Là, à l’abri dans leur antre, il se nourrit de la peur, et il oublie l’humain.

« Calme-toi. Calme. Raconte-moi. » Dis-moi à quoi tu penses. Ce qu’il t’arrive. Raconte-moi tout. Je veux tout savoir. Les doigts toujours emprisonnés dans le labyrinthe brun forment des cercles concentriques, comme un remède, comme l’impression d’un remède, alors qu’il hésite. Se repaitre ou jouer. Elles sont longues, les minutes, quand aucune solution ne paraît plus acceptable que l’autre. Ils rendent fou, ces mouvements circulaires. Mais il se délecte, et doucement, il sombre vers l’apaisement des maux pour mieux les remuer. A peine. Juste assez pour le laisser respirer, pour ouvrir une voie. Parce qu’il n’y a pas que de la peur, et que la retirer totalement ferait de lui le perdant. « Alors c’est quoi cette fois ? On se déteste ? » Le ton est enjoué, trop enjoué, sans contexte, pas à sa place. Comme eux. Et pourtant. Pourtant c’est là, sa place, sur ce divan décrépi qui en a trop vu, à réaliser qu’enfin, quelqu’un vaut le coup. Quelqu’un a l’attrait nécessaire. Quelqu’un de suffisamment détruit. Le trop-plein de peur part avec le trop-plein d’ennui.
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MessageSujet: Re: Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel   Ven 19 Jan - 0:07

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Il serpente sur le plancher, surfe sur les sanglots, dompte les vagues comme s'il en était seul maître. Le démon avance accompagné de son orchestre morbide vers la source de ses désirs malsains. Comme un reptile, il semble ramper au sol jusqu'à arriver à la hauteur de sa proie suffocante pour l'étreindre encore plus. Le bras autour de son torse le qui le soulève lui donne cette impression. Peut-être est-ce ses sens trop sensibles bousculés par le moindre petit choc qui lui font cet effet. Ou peut-être est-ce sa surconsommation de boisson qui l'a rendu inapte à réagir, qui gangrène ses perceptions déjà faussées par la vie en général.
Ce qu'il souffre. Il s'en rend compte maintenant, même s'il le sait d'ordinaire : il souffre terriblement. La violence est telle qu'elle ne fait même plus office de piqûre de rappel, mais d'une réalisation.

Un instant, il a pensé son vœu exaucé. Il a pensé que vraiment, quelqu'un est venu le serrer dans ses bras, venu caresser ses cheveux pour qu'il s'endorme paisiblement. Que cette voix était rassurante et qu'elle aller le bercer un peu pour calmer ses sanglots. Il se sent stupide, complètement stupide, d'avoir oublié une fraction de seconde que la seule personne qui peut entrer ici, qui peut le toucher comme ça, qui peut violer son esprit par la simple force de sa volonté, c'est le démon qui se joue de lui, qui joue avec lui. Plus que jamais, il se sent pion sur l'échiquier, pantin de chaire et de sang dans la main du marionnettiste, proie que le serpent étouffe en serrant et en persiflant ses mots assassins. Il ne s’aperçoit même pas que cette voix - supposée le bercer mais qui racle ses oreilles - est défaillante pour les mêmes raisons que lui se retient de hurler sa peine.

Son torse se soulève en saccade, sa tête va exploser, son corps ne lui répond plus. Il se tient les cheveux, se recroqueville sur lui-même, autour du bras qu'il enferme entre son torse et ses genoux. La main dans ses mèches noires laisse comme une traînée de braises qui le brûlent à tous les degrés possibles. Même plus agréable, même plus câline ou rassurante : l'illusion est passée, il sait qu'Ezekiel lui veut du mal. Il sait que le démon n'est pas là pour lui mais pour le trahir encore, comme d'habitude. Étrangement, pourtant, son appel a quelque chose d'apaisant. Quand il lui intime de se calmer, Mircea sent comme si l'enclume contre sa poitrine s'était levée, juste légèrement, et il reprend une grande inspiration qui irrigue tout son corps. Se calmer, oui. Il repose son dos contre le corps près du sien, dépose sa tête sur l'épaule qui lui est offerte. Le contact est moins douloureux, il ne comprend pas. L'espoir est enterré, mais le soulagement en ferait presque naître un nouveau. La voix dans ses oreilles le malmène encore, mais ce n'est plus aussi terrible que tout à l'heure. Le ton enjoué ne lui dis rien qui vaille ; il ne fait pas attention plus que ça.

Comme au premier jour, sa mélancolie et sa dépression ont quelque chose de sarcastique. Il s'amuserait presque de ses propres réactions, mais ses sanglots bien présents l'en empêche. Il se dégoûte. Ezekiel le dégoûte. Il veut que le démon le lâche, il veut l'envoyer contre le mur, violemment ; putain, il a envie de gerber.  Mon corps est en ruine, c'est le roumain qui parle pour lui. Il ne sait plus s'il voulait dire "mon corps" ou "mon cœur". Ne me fais pas parler ! Ne me fais pas parler... Une supplique tandis que les secousses reprennent plus violemment. Son coeur est malmené contre les récifs, son cerveau est noyé. Je n'arrive plus à... Penser ! Le dernier mot est sorti comme s'il le gerbait. J'ai envie... De vomir, se plaint-il, sans parvenir à savoir si c'est à cause de l'alcool, de cette odeur d’ammoniaque, de sueur, ou celle d'Ezekiel. Son parfum qu'il connaît trop bien ; il a presque le nez collé à sa peau. Ne me touche pas... Sa main vient agripper la sienne, la griffer presque. Ne me touche pas !

Il essaie, tant bien que mal, de se faire entendre. Sa voix ne résonne pas dans son corps, sa voix a du mal à sortir. Il prend de grandes inspirations presque aussitôt avortées par ses sanglots. Ses dents serrées vont probablement briser sa mâchoire en mille morceaux, mais ça ne sera qu'une partie de plus implosée comme tel. Son corps tremble, de nerfs, de rage, de peur. N'importe quoi ; il donnerait n'importe quoi pour qu'on l'enlace autrement que comme ça. Pour qu'il ne se sente pas prisonnier.

Serre-moi, mais ne me touche pas !...

Son corps abandonne le combat, de nouveau retrouve sa position fœtale faible et fragile d'enfant capricieux qui ne sait pas ce qu'il veut. Secoué encore par ses sanglots, par les larmes sur ses joues qu'il n'arrive pas à arrêter, par sa propre voix déformée, en détresse. Il voudrait supplier. Il voudrait oublier, s'oublier entièrement, se concentrer sur une seule chose. Il voudrait la tendresse et la douceur, il voudrait la férocité et la passion, il voudrait se sentir comblé, au moins un peu moins vide à cause de ce trou béant dans sa poitrine. Il voudrait respirer ou qu'on l'étrangle pour de bon, qu'on mette fin à tout ça ou qu'on le soigne.

Surtout, il songe qu'il ne devrait plus boire autant.

J'ai peur d'être seul, mais je sais que je le suis. Ne me laisse pas, encore... Il demande, à voix basse, son visage caché derrière le rideau sombre de ses cheveux de Méduse.
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MessageSujet: Re: Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel   Lun 29 Jan - 19:02

Le désespoir frappe contre les murs de la pièce qui en a déjà trop vu, une fois de plus, alors que le corps du martyr se soulève et s’écroule en boucle. Comme au premier jour, il dit. Mais qui mérite de naître en se détestant ? Qui a décidé que Mircea ne serait jamais rien de plus qu’une âme brisée ? Peu importe, après tout. Les faits sont là. Peut être bien qu’il n’y a rien à aimer, aussi. Dans cette carcasse désarticulée, il ne lui semble plus rien apercevoir que de la peur, du dégoût, de la tristesse. Plus rien qu’un petit bout de mort qui n’arrive pas à venir complètement. Et pourtant. Pourtant Mircea, c’est censé être bien plus que ça, et rien en même temps. Mircea, c’est censé être la compagnie qu’on ne sait pas qu’on recherche, la personne qui ne cherche plus à nous comprendre, celle qui sait se taire quand il le faut, qui peut remplir la solitude sans jamais envahir le besoin d’être seul, qui se montre surprenante du jour au lendemain et prévisible quand c’est nécessaire, qui émane quelque chose qui est à la fois affreusement triste et terriblement reposant. Mais pas là. Pas cette fois. Parce que ce n’est pas de ce Mircea là dont il a besoin, mais de l’enfant perdu qui a peur de la vie.

Quelque part, il sait que son jeu ne marchera jamais aussi bien qu’avec un humain ignare. Au fond, c’est profondément logique. Parce qu’ils se connaissent, maintenant. Pas entièrement, jamais. Personne ne les connaît totalement, maintenant. Probablement même pas eux-mêmes. Mais ils savent de quoi l’autre est capable, de quoi l’autre est incapable, et ça brise la confiance en la rendant plus tangible. Le roumain s’élève, sonnant à ses oreilles comme une mélodie qui manque de sens, et il rit un peu, légèrement, à l’idée que l’autre soit perdu dans les méandres au point de revenir à sa langue. La compassion serait surfaite, et ils le savent tous les deux. Quelques secondes, il se demande comment aurait réagi le vampire si les situations avaient été inversées, avant de prendre conscience de l’impossibilité d’un tel scénario. Lui n’est pas un amas de folie, après tout.

« Alors ne pense plus. » Sa main se libère de l’entrave des boucles pour se poser lentement sur les paupières de la biche égarée, comme une barrière au monde visible, alors que quelque part en lui s’agite un désir animal d’avaler toute la peur, de la gober comme s’il n’avait pas mangé depuis des siècles, de s’en repaître comme d’une âme innocente. Alors il lutte, doucement, pour simplement n’en prendre qu’une partie de plus, pour ne la baisser que d’un autre cran alors que le flot de paroles de haine de soi continue, alors que la mélodie atteint une nouvelle octave, alors que l’ambiance même de la pièce lui hurle qu’il est exactement à sa place. Mais les longs doigts nerveux viennent s’accrocher à sa main, geste désespéré du condamné à mort, et le semblant de sourire vient retrouver sa place au coin de ses lèvres closes alors qu’il relâche son emprise sur le cadavre ambulant. Il est presque attendrissant, dans cet état. Comme un animal blessé qui hurle pour qu’on l’achève.

Alors il observe, attentif, comme un scientifique face à un rat de laboratoire. Chaque mouvement, chaque cri étouffé, chaque tremblement, chaque sursaut, chaque larme, tout devient sujet à ses annotations, ses critiques, ses constatations. Le regard est froid, méthodique. Dissection des sentiments, faute de prendre la peine de les ressentir. « Il va falloir te décider, Cha. » La voix est monotone, comme une réponse automatique, le surnom bien trop affectueux pour la situation. Relation à la fois malsaine et absurde. Ses sourcils se froncent, et pendant quelques secondes, l’alcool l’empêche de faire quelque chose de plus censé que d’essayer de serrer le corps meurtri contre lui sans utiliser ses mains, sans avoir à lui imposer le contact de sa peau. Pendant quelques secondes, il essaie simplement de s’exécuter en oubliant son jeu original, mimétisme d’une réaction humaine gravée désormais en lui. Puis l’odeur du buveur de sang frappe ses narines, et il se souvient où il est, ce qu’il fait, et ce qui se dit. « Enfin Mircea, je te laisserai jamais. Absolument jamais. » Toujours là, comme une ombre. Son cerveau murmure que c’est faux, que c’est déjà arrivé, qu’une trahison est toujours suivie d’une autre, que jamais le brun ne le croira, mais sa bouche reste close. Parce qu’il n’est plus si sûr de vouloir se passer un jour de celui qui sort de la masse d’ennui, cette fois. Parce qu’il est conscient qu’un jour, les rôles risquent de s’inverser, et que ce jour là, leur dépendance malsaine l’un à l’autre explosera en plein jour.

« Pourquoi t’as si peur d’être seul ? On crève seul, t’es bien placé pour le savoir, non ? » Il libère un de ses propres bras de l’embrassade pour glisser ses doigts dans une poche de sa veste et les serrer autour de ses cigarettes, en sortant une du paquet pour la glisser entre les lèvres tremblantes et humides. « Respire. » Le mot est devenu un sarcasme en soi, à force. On étouffe toujours quand on ne peut plus vraiment étouffer, probablement. La flamme du briquet vient rendre le tabac incandescent, alors que le démon se meut enfin, libérant totalement son compagnon d’infortune de la prison de ses bras pour atteindre le tourne-disque. Quelques secondes plus tard, la musique de Mircea danse dans la pièce doucement, calmement, étouffant à peine les bruits de sanglot, et il retrouve sa place sans prendre la peine de l’enfermer de nouveau. « Tu peux toujours imaginer que t’es au coin du feu, même si t’y retourneras jamais vraiment. Il paraît que ça aide. » Moqueur. Les souvenirs sont nocifs pour n’importe qui, l’attaque est facile. Et pourtant, l’intention était neutre. « Tu veux pas chanter pour moi ? » Chanter la peur et la maladie, le désespoir et la mort. Un léger rire s’échappe de nouveau de sa gorge alors que ses pupilles se laissent aller à reprendre leur noir originel. Jusqu’où peut-on pousser quelqu’un pour qu’il ne fasse l’irréparable ? Quelle est la limite entre la désillusion et la colère ? L’expérience est inédite, savoureuse, amusante, distrayante.
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MessageSujet: Re: Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel   Ven 23 Fév - 21:35

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Alors ne pense plus. Si l'envie de lui gerber sur les pompes a été forte il y a quelques secondes, la sensation du sang au bord des lèvres le démange honteusement ; s'il n'y avait qu'à ne plus penser pour aller mieux, ça ferait longtemps que Mircea n'aurait été plus qu'un zombie. Ironiquement, ça fait longtemps qu'il en est uSon don, pourtant il pense toujours. Que faut-il faire pour arrêter la machine infernale ? On dirait une cathédrale sur rails qui s'apprête à lui foncer dessus. La question le brûle de l'intérieur et il songe à la poser au démon ; celui-ci n'aurait la réponse à rien du tout, de toute façon. La brûlure de sa main sur sa peau glacée est comme celle d'un tison chauffé à blanc sur le flanc d'une bête de bétail. Peut-être c'est ce qu'il essaie de faire, marquer sa peau.

Ses larmes trempent sa tête de l'intérieur. Comme une cascade de nuages qui remonte dans son corps : sa vue est trouble et troublante, son air manque. Ce n'est pas la main qui l'enlace qui arrange les choses, loin de là. Comme une ceinture de sécurité contre sa cage thoracique, trop serrée. On dirait un lien qui le maintient ligoté, pour ne pas qu'il s'échappe sans doute. D'habitude les choses sont similaires, avec lui. Avec Ezekiel. S'il avait encore été mortel, le démon lui aurait probablement fait horriblement peur. Maintenant qu'il vit avec, il sait que celui-ci ne peut que provoquer sa peur, pas en être la source.

Elle grimpe lentement comme un scarabée, d'ailleurs. Une blate, plutôt, qui remonte le long de sa gorge.
Je te laisserai jamais. Absolument jamais.
Des mots rasoirs sur le fil de son esprit qui dansent en l'absence d'un chat noir. Une paire de grands ciseaux droits qui valse sur sa peau pour y graver l'essence même de ce pourquoi elle existe.

Mincinos.

Mais ça ne sert à rien de le lui dire, ils le savent tous les deux.
Le tabac fait trembler ses lèvres fébriles, puis toute sa mâchoire ensuite.

Oui, le murmure accompagne son souffle pour porter la fumée au loin. Il tremble, et c'est terrible. Il ne respire pas, suffoque. Un vague air frais irrigue son corps et sa tête quand la brûlure autour de son torse disparaît avec le démon. Essayer. C'est déjà beaucoup même si ce n'est pas assez. Aucune indulgence envers l'échec, simplement la fatalité qui se fait lame de guillotine. Son dos se tend et se courbe vers l'avant quand les premières notes du violon crissent dans la pièce.

Le démon le fait exprès, prétend vouloir bien faire. Ils savent pourtant tous les deux que c'est perdu d'avance, comme jeu, mais ce gamin continue de jouer, de mimer. C'est qu'il doit s'ennuyer, pauvrette.
Non, j'ai pas envie de chanter pour toi.
Ses lèvres scellent ses mots pour les empêcher de passer, et ça l'étouffe. La fumée ne sort pas, même pas par le nez, et une espèce de nausée encore plus violente que la première l'assomme d'un coup derrière le crâne. En extirpant le tabac industriel de ses lèvres, il s'étend sur le divan, s'étale même, cherche à disparaître dans le faux cuir qui brûle sous les braises. Le dos tourné à l'habitant des lieux. Mine de l'ignorer. Quitte à jouer au mime, autant ignorer, autant jouer à deux, même si le cœur n'est pas à ça.

Le cœur n'est jamais vraiment à grand-chose, de toute façon.

Toi, chantes. Comme un grondement dans son sanglot. Il ne veut pas de sa fausse bonté, il ne veut pas entrer dans son jeu. Le regarder serait déjà trop.

Le monde tangue autour d'eux, encore. L'effet de l'alcool diminue tandis que la tempête approche au large. Ses cheveux de Méduse lui disent, lui affirment : les vagues seront terribles.

The ship, it swayed, heave ho, heave ho
On the dark and stormy blue.


La musique bat des tambours de guerre dans sa tête et dans son corps. S'il n'était pas mort, il jurerait entendre son coeur battre dans ses tempes. Malheureusement, c'est le battement qu'il entend, la pulsation de la mort dans ses veines. Son esprit le malmène dans l'écume des vagues, il lui semble être sous l'eau. Des tonneaux et des tonneaux, peut-être s'est-il pris la cale du bateau en chutant. Sur le dos, il tente de reprendre de l'air. Les yeux fermés c'est pire. C'est un matelot qui coule et qui s'en prend encore dans la gueule ; les vagues ont un goût d'alcool fort, de bile et de sang.
Le bruit des vagues est assourdissant.

But I don't want to go to sleep; in all my dreams, I drown.

Il n'a jamais eu le pied marin.
Ezekiel, je vais ger-

Son corps en sueur aurait du le prévenir ; en l'espace d'une seconde une substance visqueuse, rouge et noire, étalée sur le parquet. La violence du geste le fait tousser, le fait suffoquer encore plus. Il ne sait pas si c'est la peur, l'angoisse, le mal de mer qui lui fait ça. Son corps tremble au moindre mouvement, et il se recroqueville sur lui-même comme une araignée pathétique. Un cloporte, pire. Ses cheveux de Méduse devant les yeux, il croit mourir une seconde fois.
Désespéré. Sa main tremblante, ses longs doigts osseux et fragiles, se tend vers ce qui semble être - malgré sa propre volonté - son seul salut. Ses yeux bruns, vitreux et humides, tristes et pleins de larmes, appellent un au secours qui ne viendra jamais.

Ne me laisse pas, il supplie enfin. Ne me laisse pas m'endormir...

Une fine pellicule de sueur sur sa peau nue rafraîchit ses organes intolérants. Une glacière ambulante ; il sentirait pourtant qu'il a de la fièvre s'il était simplement capable de ressentir la moindre sensation.
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MessageSujet: Re: Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel   Dim 11 Mar - 19:58

Le mot roumain flotte entre eux une nouvelle fois, habitué à vivre dans cette pièce. Un troisième colocataire. Une façon de vivre. Mentir au monde et se mentir à soi-même. Ils sont certainement diplômés de la meilleure école. Les tremblements sous ses mains semblent lui appartenir, pendant quelques secondes, comme s’il en était la cause, comme s’il les avait gagnées de droit, comme s’ils n’existaient que pour son propre plaisir. Il pense les empirer, reste dans son jeu malsain, s’abreuve du désespoir, de l’envie d’en finir, de la fin du monde qui se déroule une énième fois dans le crâne de celui qu’il ose appeler son ami la plupart du temps. Le corps réagit puisque l’âme ne peut plus, et il observe, encore et toujours, enregistre chaque réaction pour l’inscrire dans la liste des choses découvertes sur l’âme en peine, l’inscrire en caractères noirs sur un vieux carnet qui a vu tant d’observations qu’il n’a plus vraiment d’utilité. Parce qu’au final il se souvient. Il se souvient de chaque frisson, chaque larme, chaque contraction du visage, chaque mot. Comme une mélodie. Sa mélodie, au dessus des violons et des tambours.

Il hésite quelques secondes à toucher le dos qui lui fait désormais face, à sentir la peau glacée sous sa main entachée, à franchir la limite physique qu’ils s’imposent continuellement par manque d’envie, par manque de besoin, mais abandonne très vite. Ca n’aurait aucun intérêt. Blesser par le toucher est futile, et inintéressant. L’apathie revient doucement, et alors que le corps voisin s’éveille, le sien s’éteint, ne laissant que ses pupilles se mouvoir pour continuer une observation qui perd en sens. Il a déjà vu ça. Le moment avant la tempête. Un minuscule sourire amusé vient flotter sur ses lèvres, face à l’absurdité de la situation, face au vampire qui n’apprend pas, face au désespoir qui semble avoir élu domicile permanent entre ses côtes et dont il ne réussira jamais à se débarrasser. On ne peut pas vraiment être le bourreau de quelqu’un que même la mort a pris en grippe, n’est ce pas ?

Son corps reste immobile alors que le liquide rougeâtre envahit le sol, et une pensée futile sur le moment de nettoyage traverse son cerveau, occurrence de préoccupation humaine avant le retour à leur monde, avant qu’il ne se décale à peine pour faire face à la victime des soubresauts. « Je te félicite pas. » La voix sadique d’il y a quelques secondes est devenue monotone, et ses pupilles louchent sur les mains tremblantes. Quelques secondes de flottement. Une minuscule marque rougeâtre flotte sur le blanc laiteux de la peau, comme une marque de vie sur un cadavre ambulant, comme un signal de beauté dans la neige glacée. Alors il tend la main à son tour, mais c’est le poignet de l’autre qu’il prend en grippe avant de se rapprocher, avant de regarder la tâche de plus près, comme hypnotisé par le manque de logique de cette couleur sur de la glace. L’index de sa main libre se pose dessus pour tracer avec une ligne le long de la main qui lui est offerte, comme une nuée d’étoiles dans la nuit. « T’es beau. » Quelques secondes encore avant que ses pupilles noires ne retrouvent le visage de son ami cadavérique, et une petite moue déçue vient remplacer l’hypnose sur ses lèvres.

La poigne prend fin, et le dos de sa main vient se poser sur le front laiteux. « Qui aurait cru que les morts pouvaient souffrir ? » Les mots résonnent entre eux, pleins d’ironies, attaquant chaque cellule de leurs corps meurtris, et il finit par venir éloigner les mèches de Méduse des iris du vampire pour libérer sa vision, entrouvrant à peine sa bouche comme si c’était nécessaire pour avaler la peur qui lui fait face, autant que possible, autant qu’il le juge nécessaire, mais pas tout, jamais tout, parce que si tout part, il ne reste que le vide. « T’as besoin d’une douche. Tant pis pour mon jeu. T’as tout gâché. » La beauté a détruit le vice, absurdement. Torturer quelqu’un qui est déjà en train de se torturer seul, c’est perdre la moitié de la gloire. On ne peut s’accorder tout son malheur. Pas ce soir, en tout cas. « Je suppose que faut t’aider à te lever ? » Le ton est condescendant. Il n’est pas inquiet. Il ne part même pas dans l’optique de prendre soin de lui. Mais il ne peut pas rater une seule de ses réactions, même si ce n’est pas lui qui les provoque. Et quelque part, quand ce n’est pas lui le bourreau, les choses paraissent plus tristes. Manière tordue d’appeler quelqu’un un ami.
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Sickle the cells of our pains ☽ Ezekiel

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