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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Des poignards dans des sourires ☽ Salomon

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vampire ○ kill of the night
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MessageSujet: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Sam 6 Jan - 12:26

« When one has once accepted and absorbed Evil, it no longer demands to be believed. »
Mars 2017 - Mandragore - Salomon

Sourd bruit de chute à l'extérieur, raisonne dans toute la pièce jusque dans son crâne. Ses paupières tressaillent longuement lorsque les tambours hurlent dans son esprit tourmenté. La lumière chaude venue du ciel inonde la petite pièce et le matelas de fortune, vague monceau de plaids et d'oreillers sur des cartons remplis d'autres cartons, et baigne son visage endormi de sa douce chaleur. Grondement sourd, il se recroqueville sur lui-même, comme un enfant, en espérant chasser les démons qui guettent son réveil pour l'arroser avec un seau d'eau glacée que l'on appelle durement "la réalité". Rien n'y fait, il remue encore, masse informe et habillée de la veille et endolorie par la nuit difficile. Il ne sait même plus quel jour il est, ni à quelle heure. Rien pour le lui indiquer ; alors, rampant presque, il monte sur les cartons de marchandises pour jeter un œil par la fenêtre presque aussi petite qu'un soupirail. Barrée, il se sent comme un oiseau en cage l'espace d'un instant, juste le temps pour jeter un œil à la petite sortie couverte par des rideaux de perles. De là, une puissante lumière se dégage : c'est bon, il n'est pas un condamné en prison. Ses yeux bruns et fatigués tissent une toile sur l'extérieur, relient les éléments les uns aux autres. À en juger par les passants dans la rue et l'odeur des plats qui émane de çà et là, il est plus de midi passé. Un profond soupir, sa main encore un peu tremblante chasse ses boucles noires sauvages de devant ses yeux et frotte cette barbe mal taillée à jamais. Il tire sur quelque chose de dur, l'arrache en geignant, avant de se rendre compte qu'il s'agit là de peinture séchée. Les souvenir de la veille lui reviennent : la nuit lui a tenu compagnie pendant qu'il repeignait un mur de la plus grande salle, son nouveau domaine.
Il sort alors, avance jusqu'au miroir posé au fond de la pièce qu'il emmènera avec lui dans son futur logement. Forcé de dormir dans le corps de son magasin, il se rend compte dans son reflet qu'il n'a pas pris le temps de se changer avant de s'écrouler de fatigue hier soir. Rapide vérification : il ne sent pas particulièrement mauvais, mais une douche ne serait pas du luxe. De toute façon, il n'a pas le choix.

La pièce a l'air grande, vide. Il la regarde, l'observe, se sent perdu dans la froideur des murs et la hauteur du plafond. Quelques étagères attendent d'être placées, la pièce en elle-même veut être décorée. Non pas qu'il ait un grand sens de l'esthétique, quelques un de ses cartons sont pourtant bourrés de petites choses qui lui rappellent ses origines. À commencé par les grands voiles qui servent de rideaux sur l'immense fenêtre faisant office de devanture et les quelques médailles brillantes qui y pendent. Sur la vitre s'inscrit un nom calligraphié au pinceau : Mandragore.

La clochette a la porte est déjà installée, et lorsqu'il l'ouvre, elle tinte chaleureusement, souhaitant la bienvenue à ce fantôme apparu subitement. Jetant un œil dehors, Mircea décrète l'occasion parfaite pour faire du ménager et tout installer. Le balais en main, encore mal réveillé, il passe et repasse dans la pièce pour former un petit tas. La lumière filtre doucement à travers la grande vitre et les quelques fenêtres discrètes ; le mur peint la veille est complètement sec. Soulagement lorsqu'il passe la main dessus et se frotte les doigts. Tant mieux, en un sens, il pourra commencer à installer les étagères. La porte reste ouverte pour chasser la poussière de l'intérieur, le balais repose sur le mur à côté de ce qui sera la caisse. Un vieux lecteur CD faisant office de poste radio trône sur le comptoir ; l'électricité est là, il allume la machine et cette dernière lance directement un son tzigane. Son poitrail se soulève en une profonde inspiration tandis que la mélodie bien trop connue à ses oreilles se joue sans la moindre gêne. Il se revoit dans le camp avec sa famille, se revoit danser au coin du feu avec sa Mira.

La pensée de sa jumelle est trop lourde, le fait trébucher alors qu'il regagne les étagères pour les porter là où elles ont leur place. Il se rattrape maladroitement sur l'une d'elle, jure dans sa barbe et gratte un peu de peinture sur sa joue. L'avantage du magasin dans cet état, c'est que personne ne viendra l'ennuyer aujourd'hui.

Sans compter sur la silhouette qui se dessine déjà à l'entrée.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Dim 14 Jan - 6:07



Les ciseaux chantent, coupant net, sans retenu pour le coeur. "Aurevoir!" pleure silencieusement le bouquet-mère en laissant partir ses filles. Elle n'a pas de bras pour agiter un mouchoir. Sa peine se fait muette et les tiges son biseautées. D'un geste rompu par l'habitude, le fleuriste noue les frêles élues d'un ruban aux couleurs gaies. L'homme sifflote, tout à son ouvrage. Il s'amuse déjà des événements à venir, ou bien, ses pensées s'évaporent, volent aux cotés d'un certain oiseau de malheur.
Salomon sourit pour lui même.
Et peut-être un peu pour ce moustique qui pique sa curiosité.

Ces fleurs, pourtant, ne sont pas pour lui.

Les Alstroemères s'ébrouent, fantasques et oranges, entre ses doigts experts. Les "Lys des Incas", dit-on, s'offre pour célébrer les amitiés toutes neuves. Et c'est une offrande des plus adéquate pour saluer une future proie. Pardon, un nouveau partenaire de jeu. Car il n'y a rien de plus satisfaisant dans une partie que d'introduire des pions inédits.
"La Mandragore", une nouvelle boutique en ville, dédiée à la sorcellerie. Amusé par le choix du nom, Salomon s'était promis d’accueillir le jeune bourgeon. Et c'est cette promesse qu'il honore à présent, tout en chemisette fleurie et en catogan, promenant ses manches courtes à l'air frais et ses jambes dans un pantalon blanc printanier, pieds nus dans ses mocassins en daim pistache.

Pimpant.

La devanture de l'échoppe laisse deviner une décoration pittoresque, soutenue par une musique tzigane que n'aurait pas renié une diseuse de bonne aventure. Le charme désuet d'une vieille roulotte, sans les roues pour prendre la route. Salomon retire ses lunettes de soleil dont il glisse une branche dans le col déboutonné de sa chemise et soulève le voile de l'entrée.

- Bonjour cher collègue ! Lance-t-il à la cantonade. Comment allez-vous ? Et, se faisant, le jardinier délaisse ses encombrantes chaussures sur le seuil pour se mettre en quête d'un vase.

Comme s'il était, en tout point, chez lui.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Ven 19 Jan - 13:51

« When one has once accepted and absorbed Evil, it no longer demands to be believed. »
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Comme s'il était, en tout point, chez lui. Un frisson parcours son dos, sa nuque, araignée ou mille pattes qui galope sur sa peau pour fuir le nouveau venu. Masse colorée qui s'approprie les lieux pas sa présence, comme si de rien n'était. C'est étrange à voir, étrange d'en témoigner. Le tissu du voile de l'entrée frotte contre la peau de la main, pâle, et ses yeux bruns remontent le bras, pâle, jusqu'à s'asseoir sur son visage, pâle. Pourtant coloré. Sa chemise, son pantalon, ses cheveux, son ton enjoué, les fleurs qu'il amène avec lui.

Mircea le dévisage un instant, ébaubi, stupéfait. La première chose qu'il a envie de faire, c'est de prendre l'étagère sous sa main, de la balancer par terre, puis sur le nouveau venu. Lui hurler de dégager. Il n'est pas le bienvenue. Il le dérange. À l'intérieur, ça hurle des injures dans une langue qu'il fait mine d'ignorer. Ses yeux traduisent sa détresse, un instant. Ensuite, ses pensées se mélangent, et il se retrouve spectateur de sa propre forme sombre et couverte de peinture immaculée, sèche sur sa joue, sur ses mains. Pourquoi ? Qui est-ce ? Que fait-il ici ? Que fait-il chez moi ? Chaque pas supplémentaire est une nouvelle agression pour son esprit torturé. Il déglutit, passif. Que peut-il fait pour le chasser d'ici ? Il a à peine posé les yeux sur lui que déjà, il le déteste. Serait-ce son attitude, sa démarche ? Ses couleurs ? Sa forme ? Ses habits, sa jovialité ? Ses fleurs ?
Ah, oui, ce sont les fleurs.

Comme un malade allergique à tout, il a l'impression que l'on rentre la boîte de Pandore dans son espace. Son espace, sa zone. À lui. Il en est le chien de garde, il doit la défendre : on la viole sans merci. Frénétiquement, et comme si de rien était. Si écrasé. Si violenté. Mircea sent son poing qui tremble; mais il n'en fait rien. Les yeux rivés vers la silhouette qui se balade et piétine son sanctuaire, il essaie de comprendre ce qu'elle cherche. Le temps est long avant qu'il ne comprenne qu'on lui a adressé la parole. Les mots sont comme des couteaux qui lui ont lacéré la gorge pour qu'il n'y réponde pas. Une profonde inspiration : l'angoisse monte. Il ne pourra pas la faire taire s'il répond, mais il doit répondre et défendre cet endroit qui est le sien. Le plafond semble se rapprocher et l'écraser sous son poids de béton. Une nouvelle inspiration : comment il va ?

- Vous n'avez rien à faire ici, son romani natal s'installe dans sa voix monotone et rauque. C'est la première fois en deux jours qu'il prononce le moindre mot ; sa gorge est enrouée par la fatigue et les nerfs. Secouant la tête, il se reprend. Plus un jeu d'acteur qu'une réelle façon de se ressaisir, il rend cependant compte avoir réagit trop tard. Hmr, pardon. Je disais, hm... Sa main crasseuse de peinture frotte sa joue, puis sa nuque, alors que son regard fuyant cherche une échappatoire. Il s'est excusé par principe et code social ; il cherche quoi répondre. Je viens de m'installer...

L'angoisse monte, il n'en dit rien, n'en fait rien. Il regarde, impuissant, cet être abominable chercher quelque chose pour y déposer ses fleurs. Mircea a l'impression que l'on va l'enterrer ; ce ne sont pourtant pas des chrysanthèmes.
Il veut le questionner et qu'on lui réponde. Il veut savoir ce qu'il se trame, il veut comprendre. Que fait cet homme chez lui, pourquoi ces fleurs. Il cherche à habiller l'endroit, le dénaturer, changer les choses. Ses choses. L'idée qu'un élément du décor ne soit pas le sien le pétrifie. Ce n'est pas à lui, c'est à toi, garde tes choses pour chez toi, par pour chez lui. Il sent un nouveau frisson, celui de l'angoisse qui tire le fil de sa colonne pour le forcer à se tenir droit, bloquer sa respiration.

Une autre inspiration, profonde.
Cet être n'est pas humain.

- ... Que venez-vous faire ? Son accent rom est présent, impossible à effacer. Il ne veut pas l'effacer. Si on peut le prendre pour un étranger et le fuir, il aimerait. Dés que cet être a passé la porte, les fleurs dégagent et il retrouve la sérénité de l'endroit.

Il angoisse.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Dim 28 Jan - 15:31

- Nu ai nimic de făcut aici.

Salomon hausse un sourcil. La structure de cette langue lui apparaît comme étant latine, et pourtant dévoyée par une musicalité grotesque et des sonorités abâtardies. Il attrape quelques mots à la volée, qui lui rappelle l'expression : "Nihil faciunt hic."

"Il n'y a rien à faire ici."

Le ton semble sans appel : ce n'est guère une invitation à boire le thé.
La créature qui lui fait face -car son instinct démoniaque ne se trompe jamais sur la véritable nature d'autrui- est un "Maringouin". Un autre Culicidé. Son air hagard et sa bougonnerie aurait leur place dans le dictionnaire pour illustrer l'expression familière de "Gueule-de-Bois"

- Hmr, pardon. Je disais, hm... Je viens de m'installer...... Que venez-vous faire ?

Un sourire doux l'illumine alors le visage de Buer.

- Et veniet in pace, et salutabitis, répond-t-il en latin. " Je viens en paix, vous saluer."

Le hasard porte son regard sur un bocal évidé qui gît sur un rayonnage. Il s'en empare. A foulées souples, il cherche de quoi remplir le récipient d'eau fraîche. Sa présence lumineuse irradie la pièce. Sa quête infructueuse le porte au devant du propriétaire. Il lui glisse le bocal entre les doigts, le guidant presque, et y dépose le bouquet d'alstroemères. Il fait "bouffer" les fleur comme on arrangerait les plis d'une robe de bal.

- Salomon Grass, enchanté. Je suis fleuriste de mon état. Votre choix de nom sur la devanture de votre boutique a interpellé mon imagination. Voyez-vous, je suis également herboriste et fournisseurs de simples, tisanier plus qu'à mes heures. Et je cultive moi-même des mandragores.

Il lui retire le pot de fleurs des pattes pour mieux tendre une main franche qui attend d'être empoignée.

- Je me suis dit qu'en tant que probables collègues, je me devais de vous accueillir à Blackwater Falls comme le ferait tout bon voisin.

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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Lun 19 Fév - 6:11

« When one has once accepted and absorbed Evil, it no longer demands to be believed. »
Mars 2017 - Mandragore - Salomon

Le voir zoner entre les étagères lui fait l'effet d'une satire à son encontre.
Quelque chose dans sa peau blanche et lisse lui rappelle la douceur du grain des pétales d'une fleur nouvelle - ou peut-être est-ce le bouquet qui sautille entre ses mains qui forme te tels raccourcis. La haine du roumain monte d'un cran lorsqu'il se voit offrir un sourire directement adressé à lui ; une telle attitude le dégoûte. Un instant, il songe que ce n'est pas le comportement qu'il abhorre - quoique -, mais l'être qui l'adopte. La réponse en latin est presque de trop, et il se dit qu'il ne pourra jamais supporter que cette bête n'ouvre encore une fois la gueule. Il pourrait presque voir du pollen s'échapper des lèvres bien trop rouges pour être honnêtes.
Ils sont en tant de points différents que Mircea songe, un instant, que l'on est venu simplement se moquer de lui.

Quelque chose ne va pas, mais il ne parvient à n'identifier que quelques éléments de sa gêne. Plus qu'une gêne, à vrai dire, un véritable dérangement ; un bourdon dans la ruche. Il fait plus de bruit que le monde dehors, prend plus de place que la Reine. C'est une menace, et Mircea sent ses instincts agressés face à cette créature qui prétend venir en ami. Un arracheur de dent, comme un autre ; cette idée le mets sur la voie - et lorsque s'approche enfin l'indésirable, le vampire a un mouvement de recul. Trop proche, trop puissant, trop présent. Son odeur est celle de fleurs, sûrement parce qu'il baigne dedans tous les jours et à toutes les heures, mais semble-t-elle masquer quelque chose d'autre. Une fragrance que Mircea se passerait bien de reconnaître mais dont son instinct ne l'épargne pas. Celui-ci a été gerbé du ventre de la Terre ; il a une odeur de fièvre. Ce qu'il pensait être le parfum de la chaleur d'un jour ensoleillé s'avère être celui d'une trop forte température, celui d'un corps malade. Mélangé au parfum des fleurs.

Avec le bouquet entre les mains, Mircea a l'impression d'être enterré vivant.

Un instant, il comprend que c'est de là que vient son angoisse. Rien de ce qui est beau chez cette personne ne l'est véritablement. La clarté de ses cheveux n'est qu'un trompe-l’œil pour passer pour un ange, le bleu de ses yeux qu'un hublot sur les abysses marins ; sa mâchoire carrée et ses joues creusées ne sont pas celles d'un beau jeune homme, mais d'un cadavre de maladie en sursis, de même que ses doigts qui ne sont rien d'autre que les pattes crochues et agiles d'une araignée.
S'en être rendu compte fait monter d'un cran l'angoisse du roumain qui peine désormais à respirer sans bruit. Il se sent comme un pantin emprisonné dans les toiles de ce marionnettiste qui veut jouer avec lui, à lui offrir un bouquet, à faire pouffer des tâches de couleur sur les murs blancs. Mircea déglutit, difficilement, muet et les yeux rivés sur son interlocuteur. Il cherche à tout prix à s'en débarrasser ; aussi, quand on lui prend le bocal des mains, il ne résiste pas, le pousse même vers l'abjecte créature.

- Arrêtez de vous approcher de moi, il renâcle comme un animal, ou plutôt est-ce sa part vampirique qui laisse échapper un grondement, un avertissement. Son poing droit est serré, il cherche à retenir quelque chose - si tant est qu'il sache quoi. D'un pas presque fébrile, il recule. Je n'aime pas le contact. C'est à la fois vrai et faux ; tant pis pour la crédibilité. L'intention est chaleureuse, mais pas la bienvenue. Il fait froid, ici, et vos fleurs mourront vite.

À y regarder de plus près, on dirait presque une menace ; pourtant, la voix quelque peu frémissante et la tension palpable de son propre corps disent l'inverse. Mircea lui-même ne sait plus quel hémisphère de son cerveau croire et peine à garder les pieds sur terre. Il suffirait de le pousser pour qu'il chancelle pour de bon.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Dim 25 Fév - 16:28

- Arrêtez de vous approcher de moi.
- Pourquoi ? s'enquiert posément Salomon, sans baisser le bras. Son sourire fixe a quelque chose de perturbant.
- Je n'aime pas le contact.

Le fleuriste penche la tête de coté, comme si l'information éponge mieux l'information dans cette position. On dirait une chouette blonde. Il rétracte sa serre avec un air dubitatif.

- Vraiment ?

Qu'il ose employer la forme interrogative dénote d'une envie insidieuse d'inquisition.

- “Quand tu as adopté et éprouvé un ami, accroche-le à ton âme avec un crampon d’acier ; mais ne durcis pas ta main au contact du premier camarade frais éclos que tu dénicheras.”
Plissement de paupières amusé. Shakespeare, se sent-il obligé d'expliquer.

D'une main leste il fleurit posément le comptoir, fredonne presque.

- L'intention est chaleureuse, mais pas la bienvenue. Il fait froid, ici, et vos fleurs mourront vite.

- Alors je reviendrais, avec un nouveau bouquet. Son sourire s'élargit pour devenir franchement inquiétant, l'espace d'un très bref instant. J'espère que cette fois là, vous aurez du chauffage.

Il optera pour des coquelicots, cette fois, afin de frôler sadiquement la patience du sujet. Salomon a un soupir léger, printanier diraient certains, il pose un regard circulaire sur les lieux.

- Votre ton revêche et votre décoration délabrée, sont-ce des choix délibérés pour cultiver le mystère de l'ambiance ? C'est une pratique marketing à double tranchant. L'on pourrait croire que vous êtes réellement antipathique.

Ne tenant aucunement compte de la mise en garde du jeune homme, Salomon fait une nouvelle fois éclater la bulle personnelle de ce dernier en lui attrapant le menton et en lui grattant la joue d'un œil critique, agacé sans doute par cette tâche incongrue qui écaille à même la pilosité faciale de monsieur.

- Vous avez l'air parfaitement dépassé par votre aménagement.
Il vainc l’horripilante couche de laque d'un coup d'ongle. Son sourire poli revient égayer sa face blême. Intense satisfaction. Je vais vous aider.

Le ton est sans équivoque. Il ne lui laisse pas le choix. Et de fait, il s'aventure déjà en direction de la zone réservée au personnel.

- Où sont les pinceaux que je vous montre mes talents de peintre ? demande-t-il d'une voix enjouée

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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Mer 28 Fév - 8:39

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Mars 2017 - Mandragore - Salomon

Comme s'il n'avait rien dit. Comme si ses mots s'étaient perdus, avalés entre l'étranger et lui par une espèce de gouffre qui ne les rendrait pas. Salomon, puisque c'est comme ça qu'il s'est présenté, ne les entendra certainement jamais, ne les recevra pas. Lorsqu’il parle, des frissons montent le long de la colonne vertébrale de Mircea ; ainsi, il sent toutes ses vertèbres, une par une. Il se sent chandelier macabre sur lequel on a planté une bougie, et la cire dégouline le long de son front. On dit pourtant que cette sensation n’est autre que quelqu’un qui marche sur notre tombe. Et là, Mircea se sent véritablement enterré vivant.

Peut-être que l’étranger aurait mieux fait de ramener des chrysanthèmes.

Tétanisé, il ne peut même pas réagir à la citation ; il sait d’où ça vient, ce que ça veut dire. Le monstre confirme ses craintes presque tout de suite après : il reviendra. Un autre frisson remonte de ses pieds jusqu’aux racines de ses cheveux. De partout dans son corps, il se sent meurtri, et il y a comme un voile devant ses yeux qui l’empêche de voir tout ce qu’il devrait voir. Se détache de tout que ce sourire, sourire odieux et pervers qui lui noue l’estomac et lui serre la gorge. Il se sent agressé, de partout, tout le temps : les couleurs, les odeurs, l’aura, les mots. Trop de choses se passent autour de lui, tant de choses qu’il en tremble de nouveau. Son ventre a froid, subitement, alors qu’il ne devrait jamais avoir froid. C’est ce bloc de glace qui vient de tomber sur ses entrailles, sans doute. Ses yeux trop sollicités n’ont pas eu le temps de voir l’immense silhouette longiligne approcher, et la main qui a touché sa joue est chaude, brûlante. Il a un mouvement de recul : son souffle se coupe brutalement dans un hoquet de surprise et de peur. L’angoisse lui plombe soudainement le crâne avec un calibre plus gros que sa tête, il sent ses sens exploser pour être annihilés. Exploser. Quelque chose tambourine les restes de son cerveau, dégoulinants sur son front et sur le mur, quelque chose hurle des mots qu’il ne comprend pas. Pas tout de suite, du moins.

C’est certainement son anxiété qui frappe à la porte.

Son air ahuri reste fixé sur son visage. Il a détourné la tête, détourné les yeux : la sensation de la peinture que l’on arrache à sa barbe le brûle encore. Il n’est pas supposé avoir mal comme ça. Ca aurait du rester sur sa joue pendant des jours, cette écaille blanche n’aurait jamais du partir. C’était comme sa carapace l’espace d’un instant : il sent qu’on lui aurait comme arraché sauvagement. Il sent ses organes de tortue nus, à vif, et que les vautours peuvent y piocher ce qu’ils veulent sans qu’il ne puisse rien faire. Ligoté, impuissant, son dos le brûle, ses poumons le brûlent vivement. Plus qu’enterré, il a la sensation d’être dans un crématorium, d’être brûlé vivant alors que, putain, il était vivant. Enterré, brûlé par erreur, son fantôme s’échappe de son enveloppe charnelle pour voler dans la pièce et se cogner aux murs.
Il manque d’air. Il n’a pas bougé de sa place, regarde dans le vide sans rien dire. Il est dépassé, mais pas par son emménagement. Il est dépassé tout ce qu’il se passe autour de lui. Les choses vont trop vite. Le roseau qui danse devant lui, il s’est violemment planté sur son épine. Il se sent feuille d’origami froissé qui aurait pris la pluie ; ses épaules son contractées, son dos, sa nuque. Ses poings.

Il n’a toujours pas repris d’air.

La première inspiration lui fait l’effet d’une bourrasque insufflée directement dans les poumons. Elle libère tout ce qu’il a pu contenir l’espace d’un instant. L’angoisse est trop grande, trop profonde, trop brutale : il se noie dans l’air. Aussi, son dos heurte violemment le mur derrière lui, ses jambes ne le tiennent plus, tant et si bien qu’il doit se cramponner à l’étagère en inox qui menace de lui couper les doigts. Le monstre fait encore sa vie, il bouge trop, parle trop. Son parfum lui est resté dans les narines, l’odeur est abjecte et lui donne envie de vomir. Mais ce qui remonte dans sa bouche n’est qu’un goût de bile amère qu’il doit ravaler prestement. L’étagère tombe lorsqu’il la lance par terre, violemment. Il panique, ça y est. Piétiné par un troupeau d’il-ne-sait-quoi. Tout le lance, son dos, ses poumons ; pourtant il n’arrive pas à respirer. Le fracas du métal par terre résonne dans sa tête comme une affreuse mélodie. Tout son corps tremble, ses mains tremblent, se collent à son visage paniqué.

La seconde inspiration est peut-être la plus violente. Tempête de sable chaud qui lui pique les yeux et lui brûle les poumons : il a envie de hurler, mais ne peut que se taire.
La douleur sur sa joue s’intensifie brutalement, ses rétines sont douloureuses et ses yeux veulent sortir de sa tête. Son odorat est inexistant, pourtant il sent encore ce goût de bile et de fer dans sa gueule. L’horreur est à la porte de sa tête, tête qui a explosé plus tôt : il ne comprend pas quand est-ce qu’elle a repoussé. Serait-il devenu une fleur, lui aussi ?

Ses cheveux de Méduse collent à son visage transpirant, et il peine à trouver de l’air dans la tornade. La crise est violente, tant et si bien qu’il est forcé de s’asseoir au sol, le dos collé au mur. Ses doigts crispés sur ses mèches noires et bouclées tremblent avec férocité. Ses ongles se plantent dans sa paume, et ses pieds se rapprochent de lui pour que ses genoux lui servent de carapace.

- Sors d’ici ! Le romani est la seule langue qu’il trouve dans la ruine de son esprit, la seule capable de résister à l’acide de la bile. Sors d’ici, dégage, tires-toi ! Un instant, il se demande à qui il s’adresse. Lui-même ou le monstre qui le met dans cet état ? Ses tremblement ne cessent pas, il se sent souris piégée par un chat. Sors d’ici ! C’est l’anglais qu’il retrouve tant bien que mal dans sa voix chevrotante. Ses lèvres humides sanglotent avec ses yeux écarquillés qu’il cache derrière ses mains. L’air manque, il peine véritablement à retrouver une poussière de calme pour nettoyer son corps et sa tête.

Le premier outil qui tombe sous sa main est un pinceau. Ses yeux se sont posés une fois de trop sur le comptoir où trônent les fleurs, s’en est trop. Sa tétanie ralenti son mouvement, mais il sent comme une force de titan pour l’aider dans sa tâche : violemment, le plus qu’il peut, il lance l’objet à travers la pièce pour qu’il aille heurter le vase. Celui-ci vacille, tombe au sol, se brise, répand ses petits morceaux de verre sur les pétales des fleurs colorées. S’il avait la force, Mircea irait les piétiner.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Sam 3 Mar - 17:20

Dos offert en pâture, Salomon soulève le rideau de perles d'un mouvement délicat. Le mobilier chute. Fracas tragique. Le Jardinier suspend son geste. Avec une lenteur végétale, le démon pivote sur lui même pour mieux observer le moustique à l'agonie. Sa tête ploie sur le coté, tel un oiseau curieux devant ce singulier spectacle. Aucun émoi, aucune commisération dans son regard clair. Il se contente de rester droit, en intraitable observateur. Il décortique l'épilepsie soudaine du Culicidé avec la précision clinique d'un scalpel.

Sueur, bave et larmes mêlent leur eaux. La bête devient liquide. Tempête de moelle et d'os, le tout, dans un verre à vodka, à peine plus grand qu'une phalange. Le vampire suce ses genoux et mange ses mains. Ses globes oculaires cherchent à s'échapper de leurs orbites.
Souffle erratique.
Sifflant.
Mourant.

- Vous êtes déjà mort, susurre odieusement le Cornu. Bon sens qui ne fraie pas son chemin dans la jungle hystérique qui étouffe son interlocuteur.

Imprécations en deux langues.
Double impolitesse.
Le pinceau vole -maladroitement, il faut bien le dire- et termine sa course en explosion de pétales et de tessons pour le moins dramatique. Gâchis. Salomon s'approche, pieds nus, impavide et se penche pour ramasser une alstroemère épargnée dans sa flaque déraisonnable de verres. Jouant avec la tige entre son pouce et son indexe, il finit pas s'accroupir à hauteur de vampire.
Au ras du sol.

- Vous aggravez votre hyperventilation. Redressez-vous, commande-t-il sans toute fois le toucher, et expirer lentement, tout l'air qu'il vous reste dans les poumons... Expirez, n'en laissez pas une goutte....Un, deux, trois... Inspirez... Quatre, cinq, six... Expirez et comptez... Sept, huit, neuf... Inspirez... le plus lentement et le plus calmement possible.... Continuez..... Comptez dans votre tête.....

Sa voix est douce, entrelacs de tons graves et apaisants. Il tend la fleur, corole en avant.

- Regardez cette fleur, concentrez-vous sur elle.... Attrapez-là, serrez là le plus fort possible dans votre poing... Elle est une ancre, une clé vers un monde stable, tangible, avec sol et plafond... Serrez là, vous verrez... plus rien ne bouge.... Tout est à sa place. Vous êtes à votre place. Tout est pour le mieux. Respirez... lentement... Prenez conscience de vos poumons qui enflent. Vous êtes en vie. Vous serrez les pétales, je tiens la tige, nous sommes les parties d'un même tout, d'un système qui s'équilibre...Parfaitement harmonieux....

Et il ajoute, presque dans un murmure.

- Je ne suis pas votre ennemi.





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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Mar 1 Mai - 17:57

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Plus bas que terre et la tête dans les nuages : le temps est à la tempête. Le cataclysme de ses sentiments se déchaîne sur lui-même, une meute de chiens des enfers qu'on aurait lâché sur un contractant dont l'heure est venue. Il y a bien longtemps que son heure, à lui, est venue le chercher ; elle l'a tristement oublié en chemin lorsqu'il est tombé du carrosse de la mort. Vous êtes déjà mort et ses cheveux de Méduse repoussent cette pensée abjecte trop difficile à retenir. Les serpents se font gardiens de sa tête, le temps que les choses empirent et se calment ensuite - si tant est qu'elles soient capables de se calmer. Cerbères noirs en meute sur son crâne étourdi par la déferlante de pensées.

Cette voix qui perce ses tympans lui fait l'effet d'un hurlement soudain, vingt milles hertz trop fort. Il a des acouphènes et l'impression qu'un bouquet d'alstroemères pousse dans chacune de ses oreilles. Une mauvaise herbe qui vient parasiter tout son système auditif trop sensible. Son propre souffle saccadé, irrégulier, lui fait l'effet de vagues déferlantes sur lui-même. Comme pris dans ses propres voiles trop larges, trop opaques, et surtout trop bien entourés autour de lui. Sa chrysalide est fanée, il ne peut plus se protéger de rien.

Quelle tristesse.

Alors il se serre lui-même dans ses bras, la tête, les genoux. Recroquevillé sur lui-même, misérable cloporte ridicule et apeuré. Il est pitoyable, et il sent sa salive amère lui brûler les lèvres pour le lui rappeler. Comme si les choses n'étaient pas suffisamment compliquées à gérer.

Le contact des pétales contre ses phalanges crispées lui semblent subitement plus doux. Fermé à tout, fermé au monstre, fermé aux fleurs, mais pas à la douceur. En se frayant un chemin dans son épiderme, la sensation libère un léger passage pour la voix qui lui parvient enfin. Ce ne sont pas des hurlements, mais bien des mots. Ce ne sont pas des hurlements, mais bien une voix douce. Grave, peu rassurante pour l'instant : au moins présente. Son pauvre reptilien l'a sûrement associée à l'une des pires violences qu'il a pu subir jusqu'à présent. Sa panique le noie, alors il tend la main à la surface, sanglotant, toussant l'eau salée qu'il a avalé. Sa poigne trouve simplement les pétales de la fleur, semblant si doux. Il tire dessus, s'y agrippe. De toute façon, il n'a plus rien à perdre.

Il est déjà mort.

L'ordre des choses revient, progressivement. Non pas doux, mais au moins progressivement. Les récifs s'éloignent, alors il n'est plus porter par les vagues qui s'y cognent. Les fleurs fanent, alors il n'a plus ces acouphènes atroces. La voix se tait dans un murmure, alors il n'entend plus les hurlements. Plus rien d'autre que le silence, que sa respiration tremblante qu'il est parvenu à réguler.
Lentement. Encore tendu. La panique n'est qu'un souvenir désormais. Souvenir douloureux dont son corps se souvient. Il n'ose lever les yeux de peur d'avoir à faire au démon en face de lui : comme s'il n'en avait pas assez à gérer en son fort intérieur, des démons, il a fallu qu'il y en ait un à son niveau.

Elles semblent si simples les choses une fois que tout est calme. Elles semblent si faciles à traiter, alors que, dans la panique, le moindre hoquet pouvait être un séisme.
Si son cœur battait encore, le monde pourrait l'entendre. Seulement, il n'y a là que ses inspirations, ses larmes et l'écume de ses lèvres. Ses poumons lui font mal, son ventre lui fait mal. Sa tête, ses bras, ses jambes. Même ses doigts qui se desserrent, qui laissent tomber les pétales écrasés au sol. Comme une revanche qu'il aurait enfin prise sur ces fleurs qui l'ont violées, il relève enfin les yeux.

Un regard de détresse, mais surtout de colère, de défis. Il croise les iris clairs du démon ; les siens sont voilés, humides.

- Alors qui êtes-vous ?
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Sam 12 Mai - 7:47



Le Culicidé revient doucement à lui, à présent qu'il a un phare pour éclairer sa nuit. Buër, le laisse, nager jusqu’à la rive, sagement, posément. Il se montre étrangement plus patient qu'avec d'autres.

- Alors qui êtes-vous ?

Le regard brûlant de défi qui lui est porté excite, malgré lui, sa fibre démoniaque. L'envie de titiller les symptômes de cet être torturé s’alimente alors qu'il remarque son regard embué de larmes. Il refrène son ardeur malsaine en sortant un mouchoir brodé d'un "S.G" qu'il tamponne délicatement sous ses globes oculaires. Il veille à ce que leurs peaux n'entre pas en contact grâce au tissus.

- Un ami, ne vous l'ai-je pas dit ?  Un simple fleuriste et un herboriste de qualité. Je me suis dit que nous pourrions nous entendre sur un partenariat commercial et plus amplement. Il me semble que cela se fait de nos jours. Ma boutique fournit déjà le "Blackwolf's magic shop" de la réserve de Tall Oak Cree. En voyant votre échoppe ouvrir dans le quartier historique, je me suis dit que cela serait un arrangement plus que profitable pour nous deux.

Il s'est assis en tailleurs devant lui, à même le sol, avec une familiarité acquise -selon lui- de haute lutte. Le mouchoir est resté entre les doigts du suffoquant.

- Reprenons convenablement et apprivoisons-nous, voulez-vous ? Je suis Salomon Grass, fleuriste et herboriste de "l'Herbe Folle", située en haute-ville. Et vous, qui êtes-vous, hormis votre phobie manifeste des contacts "humains" ?


"Humains", quelle vaste blague. Cependant, l'on peut être un monstre tout en étant urbain. L'un n'empêche pas l'autre.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   Mer 8 Aoû - 6:11

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A-t-il à peine repris possession de quelques de ses moyens que déjà l'horripilante sensation d'un contact sur ses pommettes le fait tressaillir, hoqueter légèrement. De nouveau, une sensation d'inconfort ; son malheur est proche, et la torture loin d'être achevée. Tout deux le sentent. Dans l'odeur de soufre, Mircea perçoit l'effluve de l'adrénaline, celle qui affole la fourmilière dans le ventre de la personne qui l'éprouve. Le démon n'en a pas fini avec lui, et s'ils sont voisins, Mircea va regretter d'être venu s'installer ici.

Son regard embué suit la silhouette longiligne ; la manière qu'elle a de s'asseoir devant lui, ses pieds et chevilles nus, ses membres longs et fins, sa chevelure blonde bien attachée. Bien propre, bien coiffé, coloré ; le roumain se sent déglutir à cette idée. S'il fuit les gens comme ceux-là, c'est probablement parce qu'il ne peut plus être de leur monde. Parce que les couleurs, c'est terminé pour lui. Il ne revêtira pas le déguisement de clown triste. Dans ses doigts, glissé le tissu doux qu'il ne peut s'empêcher de caresser. Probablement sera-t-il oublié dans une poubelle ou malencontreusement perdu au fond d'un caniveau d'ici quelques heures, alors autant en profiter.
Que le démon prenne la parole lui écorche les oreilles, mais le sifflement de la panique couvre un peu le ton de sa voix. "Apprivoisons-nous", dit-il. Le roumain se courbe un peu plus sur lui-même, enlace ses propres genoux comme un enfant contrarié. Il n'a ni l'envie, ni l'intention d'apprivoiser un démon.

Son torse est encore soulevé de quelques hoquets d'anxiété, parfois. Résidus encore frais de sa crise précédente ; au moins, elle est passée. Plus vite que d'habitude, semble-t-il : le doit-il vraiment à cet être abominable qui minaude depuis tout à l'heure ? Sa fierté, de ce qu'il en reste, lui hurle que non. Mais au fond, quelle importance réelle.

- ... Vous donner mon nom ne mènera à rien. Il articule, et sa voix cassée s'élève en même temps qu'un souffle un peu rauque, un peu sifflant. Je n'ai pas envie de faire affaire avec vous. Il détourne le regard. Maintenant, arrêtez avec vos manières familières et laissez-moi en paix. Ramassez vos fleurs, sortez d'ici. Sa voix se bris malgré lui à la fin de sa phrase. Je vous le demande, finit-il par ajouter, ne sachant plus trop où se mettre.

Le scénario idéal serait que le démon s'en aille effectivement sans demander son reste. Cependant, Mircea a l'étrange sensation qu'il ne s'en débarrassera pas si facilement.
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MessageSujet: Re: Des poignards dans des sourires ☽ Salomon   

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Des poignards dans des sourires ☽ Salomon

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