AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Revenir en haut Aller en bas



 
n'oubliez pas que les fantômes et les polymorphes ont besoin d'amour, eux aussi.
nous sommes présentement en juin 2017. l'été arrive en ville, sortez la crème solaire

Partagez | .
 

 longtemps que j'ai paumé le printemps (ichabod)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur
Message
avatar
paranormal ○ walk the line
messages : 20
double-compte(s) : Micaiah le corgi
crédits : (c) lilousivler & blue walrus
MessageSujet: longtemps que j'ai paumé le printemps (ichabod)   Sam 13 Jan - 13:14


– Longtemps que j'ai paumé le printemps  –
AURORA ET ICHABOD / Adieu jolie mélancolie, je veux plus de toi dans ma vie, t'as trop traîné dans mes yeux. Mes yeux, tatoués de nuits blanches se ferment pour toi. Des souvenirs en avalanche et c'est l'effet boule de neige qui me ramène dans tes bras – HOSHI.


C’est la fatigue au bout des doigts, comme un picotement familier, une aiguille peut être – invisible – elle ne sait pas vraiment. Mais c’est familier, la sensation, de toucher quelque chose d’intangible, de différent, mais qui pourtant a une senteur familière. Oui c’est la fatigue, comme une promesse à l’oreille : c’est bientôt l’heure Aurora. C’est bientôt l’heure. Mais l’heure de quoi ? Dans le lit elle tourne, elle tourne, le cœur trop lourd, oppressée, tend les doigts encore, comme pour palper, essayer de comprendre la forme qui insiste. Je ne peux rien pour vous, pour toi, pour la ligne d’énergie qu’elle attrape enfin au creux de sa paume, délire nocturne et l’impression de voir les fils pendre de son plafond – non – du ciel. Mais qui traversent le toit. Invisible pour les autres, les plus communs des mortels, ou juste une putain d’hallucination récurrente.
Elle étouffe.
C’est des images qui l’assaillissent, sans aucune pose, aucune pitié, des flashs de souvenirs qui laissent un goût amer entre ses lèvres, sous sa langue. Elle se redresse, la respiration haletante, chasse une trace de larme sur sa joue, libère la ligne instinctivement et les lumières qui s’effacent. Y a plus qu’elle dans le noir, et les rayons des étoiles et de la lune qui percent à travers ses volets mal fermés. Il lui faut un instant pour émerger complètement de sa transe, l’impression que le monde entier tourne et qu’elle lutte pour ne pas valser. Y a comme un bruit, Mochi qui saute sur le lit et vient se lover contre elle, ronronnement rassurant auquel elle se raccroche pour ne pas paniquer. Doucement elle vient passer ses mains tatouées le long du dos de son chat, inspire, expire, se concentre sur ça. C’est cliché surement, la sorcière et son chat noir, mais Mochi c’est comme une ancre, une certitude qu’elle n’est pas autre part – dans un autre monde – un rêve mauvais dont elle ne connait pas la clé.
Après quelques minutes de respiration, Aurora décide enfin de se lever, le picotement toujours au bout des doigts, comme un rappel à l’ordre. Bientôt Aurora. Bientôt. Mais pas encore, pas tout de suite pas vrai ? Elle a le temps non ? Rapidement elle allume la lumière, enfile un short, un débardeur et ses baskets. Elle a besoin de partir rien qu’un instant, de cette maison qui l’étouffe quand l’horloge tourne, rappel sanglant qui suinte de partout. Avant de sortir, elle glisse dans sa poche arrière son Athamé, comme une sécurité, les nuits sont dangereuses à Blackwater Falls, et si l’immortalité lui appris quelque chose, c’est de toujours rester sur ses gardes. Toujours. Parce que tout peut déraper d’un moment à un autre, il suffit d’un faux pas, d’une pierre placée au mauvais endroit. Le destin est capricieux, surtout dans une ville comme celle-là.

Il fait frais dehors, mais le ciel dégagé laisse présager une journée ensoleillée pour le lendemain. Tant mieux. L’envie de passer l’après midi à dorer sur sa terrasse, rien faire d’autre que de somnoler, verre de citronnade à portée de main et un livre pour couvrir le visage. Mais encore. Pas tout de suite. Y a toujours ce foutu picotement au bout des doigts, même lorsqu’elle commence à courir, d’abord lentement, puis le pas qui s’accélère. Non non non pas encore.
Elle court Aurora, dans les rues silencieuses de la ville, comme si elle pouvait échapper à quelque chose, aux fantômes qui lui collent aux trousses depuis trop d’années. Percer le voile, si elle pouvait, remettre de l’ordre dans ses pensées. C’est un échec. Et la route qui change, les pensées aussi, la respiration qui se fait un peu plus lourde, sifflante. Brulure dans la gorge. C’est des minutes ou des heures ? Peut être que des secondes en fait. Pas de montre à son poignet, elle s’arrête un instant, reprend son souffle. Et là ? Maintenant ? comme une ligne sur le sol, retracer son parcourt, elle ne sait pas. Perdue. Faut suivre le fil d’Arianne pour rentrer sagement, la panique qui monte un peu. Elle n’aurait pas du sortir seule.
Mais depuis quand elle a quelqu’un avec elle ?
Personne. Personne. Jamais personne. Trop de silence dans sa vie, éloigner les autres, ceux aux cœurs trop fragiles, ceux que le temps réclamera quand le sablier se sera écoulé. Seule toujours seule, si seule. Et perdue. Dans un dédale de pensées incohérentes, murmures au creux de ses oreilles, elle voudrait s’échapper, les faire taire un instant. Juste instant. Encore. Alors elle agrippe le fil Aurora, encore, qui brule entre ses doigts. Elle remonte la pente, tire dessus comme pour s’assurer qu’il y a bien quelque chose de l’autre côté. Et l’ascension qui dure, surement qu’elle a couru plus de temps qu’elle ne pensait, la sueur qui coule lentement sur son front. Elle l’efface du revers de sa main, concentrée sur le chemin.
Puis c’est le crash.
Pas une maison. Pas la sienne. Juste un homme. Un homme. Et un cœur qui bat. Un rythme qui lui rappelle quelque chose, comme la sensation d’être déjà passé par là. Un homme au bout de la rue, et tout qui mène à lui. Un homme. Un homme et elle qui s’apprête déjà à tourner les talons, parce qu’elle sent son corps descendre de plusieurs degrés. C’est la peur Aurora. Peur de quoi ? Pourtant elle n’a jamais peur Aurora. Jamais. Mais là y a son palpitant qui s’affole un peu, beaucoup, le regard qui se bloque sur le visage de l’autre. « C’est impossible »  pourtant après toutes ces années elle devrait savoir non ? Que rien n’est impossible. Sinon elle ne serait pas là, encore vivante, l’image même de ses vingt ans, avant l’aube de la trentaine, quand le vrai temps se compte en centaines. « Tu es mort »  oui mort. Voila. Elle s’en souvient maintenant. Enfin elle croit. Des images encore qui se succèdent, le sang, le sang, qu’elle s’attend presque à voir couler sur ses doigts. « Non. Tu es mort. Tu ne devrais pas être là » et elle non plus après tout. Elle non plus.


(c) blue walrus
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

longtemps que j'ai paumé le printemps (ichabod)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Bourgoin-Jailleux] WHI au Printemps du Jeu les 12 et 13 Juin
» Le nettoyage de printemps
» Le Printemps du Jeu, Bourgoin-Jallieu les 12 et 13 juin
» Journal d'un paumé (zazou X)
» Planète paumée de Royal-Ronk

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
≡ RAISE HELL. :: BLACKWATER FALLS :: historic district-