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n'oubliez pas que les fantômes et les polymorphes ont besoin d'amour, eux aussi.
nous sommes présentement en juin 2017. l'été arrive en ville, sortez la crème solaire

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 river - vingt mille lieues sous les mers.

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paranormal ○ walk the line
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double-compte(s) : seul sur son bateau.
crédits : (c) kinjiki
MessageSujet: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 11:18

river paul wayne
le plus con des dragons.
○ âge › trente-six ans, passés à côté de sa vie. ○ date et lieu de naissance › blackwater falls, le six novembre, pas assez curieux pour s'en aller. ○ profession › aide-soignant dans un centre du trouble du comportement alimentaire, il prend le relais lorsque des mômes transforment la nourriture en un monstre effrayant. lui, il est le dragon, le grand méchant dragon là pour les faire fuir, le gardien de leurs rêves sans en avoir un seul pour lui-même. ○ situation amoureuse › éteint, les lumières de son cœur ont grillé ; il l'a perdu, le sent battre sans pouvoir le localiser. ○ orientation sexuelle › la solitude. ○ situation financière › moyenne, comme tout le reste de sa vie ; un homme moyen avec des revenus moyens un physique moyen un travail moyen une maison moyenne une mélancolie moyenne. ○ fonction et pouvoir/don et niveau  › télépathe, niveau trois fragile. ○ groupe › smoke and mirrors. ○ avatar › raphaël personnaz. ○ crédit › kinjiki.
taciturne, franc, terre à terre, solide, à l'écoute, empathique, réservé, sévère avec lui-même.
○ crois-tu à l'existence du surnaturel ? › il est trop terre à terre, River, il a les sabots bien enfoncés là dans la terre de sa réalité et ne cherche pas à agrandir son esprit, à l'ouvrir. Il ne croit que ce qu'il voit et en dehors de son pouvoir de télépathe, l'homme n'a cherché à savoir si la vie cachait d'autres trésors empoisonnés ou si seulement quelques uns comme lui étaient les élus. Il s'en fiche, quelque part, enfoncé dans sa vie maussade, l'âme fermée à tout ce qui pourrait l'arracher de sa tranquillité fragile. Un garçon lui a un jour parlé des contes de fées comme s'ils existaient vraiment, il s'est fait appeler Dragon durant des mois mais sa croyance s'arrête là. River pense sincèrement que les enfants ont besoin de croire en quelque chose de plus fort que les adultes pour survivre et se sentir heureux mais lui n'a plus besoin de cela. Alors, il reste là, simple mortel à l'esprit un peu trop développé et ne cherche pas à découvrir des secrets que l'on ne voudrait peut-être pas savoir.
un) Son corps est un livre où il y est inscrit les pensées des autres, les sourires des enfants, la colère des mamans qui ne savent plus comment faire pour sauver leur petite créature, tout droit sortie de leur corps et leurs chairs. Il entend parfois la nuit, les questionnements des pères qui voudraient que leur fils soit aussi solide qu'eux, la tête bien vissée sur les épaules et le cœur plus solide que la roche. Il  y a beau avoir des insultes, des hurlements, du désespoir ; entre les lignes, River y trouve toujours de l'amour, un peu cassé, dévoré d'incompréhensions. Tout ça à cause d'un peu de nourriture.deux) Une liste des choses à faire avant de mourir dort tranquillement dans le tiroir de sa table de chevet, elle est signée par un Mathias. River s'est fait la promesse de la compléter pour lui, comme pour décharger sa conscience de toutes ces choses qu'il n'a pas eu le courage de dire ou de faire par le passé. Il prend son temps, tire un trait sur les actions qu'il a faite  à son rythme, sans jamais brûler les étapes. trois) Spasmophilie, le démon qui veille en lui, qui dort de temps en temps et se réveille en pleine crise pour un oui et pour un non. Il prend ses poumons et les serre très fort entre ses mains calleuses pour empêcher River de respirer. Parfois, c'est son cœur qu'il attrape et remue dans tous les sens pour lui faire mal jusqu'au plus profond de l'âme ; c'est à cause de lui si le pauvre dragon s'est retrouvé aux urgences, persuadé de se faire emporter par une crise cardiaque. Depuis, il apprend à gérer les coups de poignards que spasmophilie lui donne dans le ventre, il respire calmement pour l'empêcher de resserrer son étau autour de sa gorge. Dans un groupe de parole, on lui a dit qu'il ne savait juste pas gérer son stress, que tout était question de respiration alors il se concentre uniquement sur ça : il imagine ses poumons s'emplir d'air et se vider de la même façon, c'est la seule chose qui parvient à le calmer quand il est en crise. quatre) Sa mère était une chanteuse d'opéra qui laissait son enfant divaguer au milieu des costumes colorés de ses spectacles. Excentrique, c'est pour la rivière dans laquelle elle avait voulu mourir durant son adolescence qu'elle appela son unique enfant River, comme l'eau douce et glaciale qui vous fige sur place mais qui vous calme l'âme, qui vous donne la certitude d'endormir vos peines. Il est un peu comme cette rivière à suicide, River, il panse la colère des enfants qui en veulent à la vie. cinq) Il se grille des cigarettes au menthol que personne ne veut. Le dragon en fume à toutes les occasions, elles sont la continuité de sa main. six) Petit, il entendait les pensées des autres clairement, comme si un ami imaginaire lui chuchotait à l'oreille ceux que les autres avaient dans la tête. Il l'appelait Max parce que River rêvait d'avoir un chien pour l'appeler comme ça mais sa mère lui avait toujours répondu d'un non catégorique. Avec le temps et un peu de plomb dans la tête, le garçon s'est rendu compte du don qui dépassait les limites de la normalité sans jamais le confier à personne. Sauf une fois, sur internet, à une inconnue qui disait souffrir du même don. Souffrir, c'est le mot qu'il a toujours utilité pour sa télépathie. Véritable fardeau à se taper la tête contre les murs pour faire taire ce film incessant. C'est le pays des enfants malades dans leur tête qui l'a aidé à contrôlé son pouvoir en même temps que ses émotions. Tu peux pas entendre les larmes du monde toute la journée sinon tu finis comme le titanic, tout en fond de l'eau, glacé, noyé. Il y arrive, maintenant, à n'entendre plus que les paroles et laisser de côté les pensées volatiles. Il sait être un homme normal entre les murs de l'établissement, un aide-soignant solide pour pas se laisser plonger avec les mômes parce que la douleur, ça pardonne pas. sept) Les gamins l'appellent Batman à cause de son nom de famille, avant il râlait mais maintenant ça le fait sourire. 'Où est Batman ?' y a rien qui peut le faire plus sourire. River donnerait tout pour avoir des batpouvoirs qui les soignerait tous sans exception. huit) Il enfile sa blouse blanche comme un gilet pare balle, c'est son costume, son bouclier contre la vie. River l'enfile comme une protection contre le reste du monde. C'est son excuse à lui pour ne pas avoir à vivre une vraie vie, laisser à l'abandon son cœur et tout ce qui pourrait faire de lui un homme heureux. neuf) Deux grands yeux bleus plantés au milieu d'un visage pâle qui pourraient être si beaux s'ils n'avaient pas perdu leurs étincelles (faut-il encore qu'il y ai un jour eu une galaxie dans ses pupilles). Homme fantôme qui pourrait hanter les cœurs et les  têtes s'il avait seulement la force de montrer sa vraie lumière. Il est fade, River, sans la moindre passion ni amour propre. dix) Si tu veux le désarmer, ouvre-lui ton cœur, offre-lui des sentiments plein de tendresse et il se volatilisera dans ses silences interminables. Se retranchera dans les entrailles de sa solitude pour se préserver de tout ce qu'il a toujours fuit.
○ 06/11/1982 › naissance à blackwater falls un mois avant la fin du terme.  
○ 21/06/1985 › divorce de ses parents, sa mère prend alors la garde totale de son enfant.
○ 08/02/1986 › début des convocations incessantes de sa mère à l'école à cause d'un River qui frappe ses camarades pour un rien. Commence à entendre les pensées de ses camarades qui le déstabilisent.  
○ 01/03/1988 › se referme sur lui-même et s'invente des amis imaginaires pour donner une explication à ce qu'il entend.
○ 10/08/1989 › quitte l'école pour des cours à domicile, part en tournée dans un grand bus avec sa mère et son groupe, chanteuse d'opéra.  
○ 1990-1993 › plusieurs mois de vide, n'entend plus la moindre pensée autour de lui, se pense libéré.
○ 1998 › tente de renouer avec son père mais se rend vite compte que celui-ci possède une autre famille et se fiche bien de lui.
○ 04/09/2002 › commence ses études pour devenir aide-soignant.
○ 13/11/2002 › tombe sous le charme d'une fille avec qui il entame une relation fragile qui durera presque trois ans.
○ 26/08/2005 › tente vainement de garder son amour à ses côtés alors qu'il la sent ailleurs, préoccupée. Retrouve ses capacités de télépathe un soir de grosse engueulade. C'est là que River découvre qu'elle ne l'aime plus des mois et qu'elle le trouve ennuyant à mourir. Cesse alors de lui courir après, de la supplier de lui donner de son amour. Se retrouve à nouveau seul face à son don.
○ 14/06/2007 › arrête les études et travaille plusieurs mois dans une usine pour ne plus avoir à faire face aux pensées des autres, se concentre uniquement sur ses gestes répétitifs et mécaniques.  
○ 09/10/2009 › fatigué de son travail, stressé et malheureux, se retrouve aux urgences suite à une crise de spasmophilie qui le persuade de faire une crise cardiaque. Se retrouve alors sous traitement médicamenteux contre le stress qu'il jettera immédiatement à la poubelle. Se reprend en main.
○ 10/03/2010 › premier travail d'aide-soignant dans une maison de retraite, apprend à prendre sur lui, à gérer ses émotions et petit à petit, son pouvoir de télépathe. Parvient à écarter les intervalles entre chaque lecture spirituelle. Fait aussi de nombreuses recherches sur le sujet dans les livres et sur internet.
○ 22/06/2010 › entretient une relation avec un garçon qui se fiche royalement de lui, ne laisse pas son don prendre le dessus pour ne pas avoir à faire face à la vérité et en souffrir. Se fait finalement plaquer par sms dans un message qui laisse encore une fois entendre qu'il est ennuyeux.
○ 05/07/2012 › entame une longue correspondance avec une fille qui lui dit être elle aussi télépathe.  Partage ses doutes et ses certitudes avec elle pour apprendre quelques mois plus tard qu'elle s'est  faite interner dans un établissement psychologique. Ne saura jamais si elle lui mentait, si elle était vraiment comme lui ou si lui aussi ferait mieux d'être interné.
○ 21/04/2014 › premier jour à la maison du petit prince. Rencontre avec Mathias.  
○ 19/06/2014 › apprend que sa mère de soixante ans est atteinte du cancer des poumons. Continue de fumer comme un pompier malgré tout.
○ 06/08/2014 › fugue de Mathias, mort de la mère de River.
○ 02/04/2015 › départ de Mathias de la maison du petit prince.
○ 24/09/2016 › retour de Mathias à la maison du petit prince.
○ 14/11/2016 › jours de congés qu'il passe seul chez lui pour essuyer une nouvelle relation à échec.  
○ 26/11/2016 › mort de Mathias à l'âge de quinze ans, découvre la lettre et ses confidences de télépathe. Est alors persuadé de ne pas être fou.
○ 03/12/2016 › prend à nouveau quelques jours de congés, faible psychologiquement, fatigué, ne contrôle plus son don et entend à nouveau la moindre pensée passant à ses côtés. Songe à en finir avec la vie mais n'en a même pas le courage.
○ 12/01/2017 › se fait la promesse d'honorer la liste des choses à faire avant de mourir du garçon.
○ 14/01/2017 › reprend le travail à la maison du petit prince et tente de reprendre une vie normale, retrouve petit à petit un nouveau contrôle de ses facultés.
○ 18/05/2017 › adopte un chiot pour tenter de combler sa solitude.
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 11:19


la maison du petit prince

Premier jour à l'institut de la maison du petit prince. Un joli nom pour une banalité de plus ; les murs sont les mêmes qu'ailleurs, blancs, fades, stériles. Ce qui diffère le plus ici, la cantine et ses multiples tableaux accrochés tout autour des tables, soigneusement dessinés par les résidents, ceux d'avant, ceux de maintenant, ceux qui sont passés de l'autre côté. Et à ceux là, une petite étiquette collée, en bas, à gauche, en minuscule. River s'y penche, fronce les sourcils pour finalement lire 'à nos anges perdus, merci'. Un instant, il imagine leur visage, le poids qu'ils pouvaient bien faire (c'est ce qui importe le plus lorsqu'on travaille dans ces établissements là). Le poids, une façon de savoir si tu vas bien ou mal, si les monstres te prennent encore en otage où s'ils sont partis en vacances, certains disent que les monstres, ça ne part jamais vraiment, ça finit toujours par revenir, comme les poissons qui remontent à contre courant les eaux de montagne pour revenir au même endroit chaque année et ce, même au péril de leur vie. La maison du petit prince se forme en trois étages, tout en haut, au plus prés des étoiles se trouvent les garçons, gentiment rangés dans des chambres de deux. En dessous, les filles -là où River n'ira presque jamais- et en bas, les salles communes ; une sorte de salon, une bibliothèque, des jeux de société, la cantine et une grande véranda avec vue sur le jardin.
La maison du petit prince, un nom pour leur donner la sensation de ne pas être fous, de se dire que ce n'est pas si grave que ça. Un château fort perdu dans la forêt avec de grandes tours et des petites fenêtres pour empêcher les enfants de se faire avoir par la douleur que peut parfois causer l'âge. Un décor tout en finesse et magie pour dissimuler la souffrance de ses résidents en colère contre la vie.

River desserre un petit peu le col de sa chemise, défait ce bouton qui lui donne la sensation de lui serrer la gorge, de l'empêcher de déglutir correctement mais ce geste là n'y change rien. Dans son dos, une vague de chaleur traverse son être alors que le stress monte d'un cran. Il a l'habitude des patients en tout genre, des histoires tragiques et des âmes en peine mais les enfants, première fois qu'il y fait face. Jusqu'ici, il se disait que rien ne pouvait jamais atteindre l'innocence mais à peine avait-il posé un pied sur le plancher de la maison du prince que l'atmosphère lourde des coeurs brisés l'avaient atteint, furieuse et corrosive. On lui a dit, cinq minutes auparavant, on lui a fait le portrait du petit Mathias et ce doit être de là que lui vient cette boule dans la gorge.
Le petit Mathias est de retour, trois fois qu'il revient ici. Anorexie mentale. Caractériel. Propension à l'agressivité. Surdoué, asperger.
Les mots de sa collègue résonnent encore dans sa tête alors que River avance d'un pas lent en direction de sa chambre. Caractériel, comme si c'était un reproche. Il a eu envie de lui dire, de la regarder droit dans les yeux comme il a l'habitude de faire et de répondre d'un ton neutre que tout sur terre a du caractère, que ce soit les chiens, les chats, les hamsters ou même les fleurs. Il y en a des comestibles, des toxiques et celles qui soignent mais n'a finalement rien dit parce qu'il ne dit jamais rien. Fantôme inutile aux yeux fatigués. En entrant dans la chambre numéro trois il y a comme des ombres le long des murs, qui remontent jusqu'au plafond et cachent un peu la minuscule fenêtre donnant vue sur cette interminable forêt qui les entoure. River se dirige vers le lit où un petit garçon ne le regarde pas. L'air renfrogné, il lui donne la sensation de sortir d'un des films de Tim Burton même s'il n'en a jamais vu, River sait à quoi les personnages ressemblent. Sur la tapisserie, des photos et des posters y sont déjà accrochés. River y voit un chien blanc, une photo de famille, certainement Mathias, sa mère, son père et son grand-frère. C'est évident mais l'homme le point tout de même du doigt.
- Il a l'air cool ton grand-frère. Qu'il souffle, d'une voix basse, accompagné d'un sourire timide. Tous les petits-frères du monde aiment qu'on trouve leur grand-frère cool. River n'en a pas mais il en est certain. Pourtant, en échange, ce qu'il reçoit de la crevette ressemble à une grimace. Ça te regarde pas. Surpris, River grimace et se retranche dans son silence. Mis à terre par un môme d'à peine douze ans.

~~

Il en a passé, des semaines entières à sourire, à être doux, à s'énerver parfois, aussi, à se recevoir le rejet d'un Mathias qui ne voulait s'ouvrir à personne. Ils en ont passé, des jours à se regarder dans le blanc des yeux s'en s'offrir un seul mot, à croire que le gamin cherchait à l'analyser, à lui faire passer un test ultime pour lui ouvrir la porte de son âme. Les mômes ne sont pas des imbéciles, ce sont certainement les êtres les plus purs et intelligents que dieu a donné à l'Homme pour ne pas le voir sombrer trop vite dans la folie. Ce doit être pour ça que, jaloux, les adultes cherchent parfois à les détruire, que ce soit à coups de poings ou de mots, de reproches ou de mauvaises habitudes qu'on leur donne. On façonne ces êtres de beauté en des statues fragiles et fissurées pour les empêcher de rendre la lumière éternelle. River s'est souvenu pendant toutes ces semaines là, de la colère noire qu'il ressentait parfois lorsqu'il était enfant, avant qu'il ne devienne trop effacé pour pouvoir entendre le moindre sentiment résonner en lui.
Et il sait pas, River, comment d'aide-soignant il est devenu dragon aux yeux de Mathias. Un jour il était de l'autre côté des murs, en ennemie et le lendemain, il était devenu le plus grande et fort des boucliers pour une âme enfermée dans un corps trop frêle pour subsister aux épreuves du monde. Parfois, River était persuadé que ses os allaient traverser son épiderme tellement qu'ils étaient saillants sous son pyjama vert clair imprimé dinosaures.

les dragons du monde des rêves


Il a encore jamais triché avec lui, jamais ouvert son esprit pour essayer d'aller dans le sien, entendre ses plaintes et ses douleurs, les comprendre et les dérober comme un chapardeur malheureux qui n'aurait rien d'autre à faire de sa vie. Planté devant la porte de ses toilettes juste après le repas, Mathias donne un coup de poing dans le mur, ça fait un bruit terrible. C'est à se demander comment un garçon si petit et fragile peut avoir autant de forces. River sursaute, fronce les sourcils.
- Dégage de là ! J'ai pas besoin qu'on me regarde pisser. Toujours cette voix, ornée d'une pointe d'agressivité  mais surtout pleine d'un appel à l'aide.
- Ce sont les règles. Et River, sa voix de robot, ses gestes de robot, son esprit de robot. Une véritable machine depuis qu'il est né. Il a jamais rien fait de fou, il s'en rend compte maintenant, alors que le petit claque violemment la porte qui les sépare pour aller pisser seul.
- Et si on te disait de sauter d'un pont ? Tu le ferais ? T'as l'esprit coincé dans un bocal, t'es qu'un poisson mais tu sais, les rivières et les océans, ça existe. Je vais pas me faire vomir, je le ferais pas ici en sachant qu'on me regarde sous toutes les coutures. River ne dit rien mais il sent une tension naître dans sa nuque alors que le petit ne dit plus rien pendant quelques minutes avant de quitter les toilettes, faire renaître le soulagement dans les entrailles d'un dragon qui ne sait pas réagir comme les autres. Il faudrait qu'il s'impose, qu'il montre à ce gamin là qui commande mais il se surprend à douter, à se demander si des deux, ce n'est pas Mathias qui pourrait apprendre plus de choses à l'autre. Lui, il a pas d'histoires à raconter, son esprit est neutre comme les murs de la chambre.
- Viens, qu'il lui ordonne et River qui s'exécute, s'assoit sur le rebord de son lit pour attraper la photo que le gamin lui tend. Cette même photo qu'il avait vu le premier jour de son job à la maison du petit prince. C'est mon frère. Il s'appelle Indiana et t'avais raison, il est cool. Même plus que ça. River qui se tait, qui laisse les mots du gamin s'infuser dans sa tête et l'apaiser. Et toi, t'as un frère ? -Non. Une soeur ? - Non. Des cousins ? - Je sais pas. Des amis ? -Non. Et comment tu fais dans la vie ? Le silence, lourd d'une vérité qui blesse le coeur, qui te fait te rendre compte que t'es peut-être que spectateur de ta propre vie. Je suis ici. Qu'il souffle, River, le regard perdu sur les photos alors que Mathias continue dans sa lancée. Lui, c'est mon chien, il a quatorze ans ce qui veut dire qu'il est plus vieux que moi. C'est mon meilleur ami. River qui rit, idiot, enfermé dans ses idées trop arrêtées. - Comment un chien peut être ton meilleur ami ? Ça parle pas. Mathias lui arrache brusquement les photos des mains pour répondre à cet affront soudain. - Parce qu'il faut parler pour être aimé ? Toi, tu me dis pas tout et pourtant t'es là ! T'es là ! à m'écouter et devenir mon ami. Sa gorge se noue alors qu'un voile se pose sur son visage, sombre avec l'étrange impression d'être mis à nu par un gosse de douze ans.

~~

- Mathias a fait une fugue.
On l'a cherché partout, dans les couloirs, dans les toilettes, à l'étage des filles, dans la cantine, sous la table du salon, dans la salle des instruments, sous son lit, dans le jardin. Mais plus de Mathias, envolé, volatilisé. River qui commence une heure plus tard que d'habitude, qui se prend dans la foulée la tornade de stress de la maison du petit prince. Instinctivement, l'aide-soignant remonte les escaliers sans attendre l'ascenseur -ses pieds sont plus rapides-. Le cœur qui s'emballe alors que les ombres sur le mur de sa chambre semblent plus épaisses, plus dures, plus étouffantes. Le dragon prend une longue inspiration et ses lèvres tremblantes sont les témoins de son attachement démesuré à un môme laissé à l'abandon au milieu de sa misère. Spasmophilie lui tord les poumons mais River se fait courageux et l'enferme dans une boîte. Il se met à réfléchir.
Et si j'étais un petit garçon qui refuserait de manger, où est-ce que j'irai ? Si j'étais abandonné de ma propre famille, à quoi ressemblerait mon paradis ?
Son corps lui fait atrocement mal lorsqu'il arrive à destination, dans la petite serre où les enfants plantent des graines pour voir des fleurs devenir des légumes durant le printemps et tenter de les faire renouer avec eux. On aime toujours ce que l'on fait naître. C'est comme ça que tous les parents du monde devraient aimer leurs enfants alors, pourquoi les parents de Mathias ne viennent jamais lui rendre visite ? Pourquoi personne ne prend de ses nouvelles ? Pourquoi personne ne se soucie de lui sous prétexte qu'on ne sait plus comment le rendre normal ? Et puis, c'est quoi, être normal ? C'est se lever le matin et avoir envie de dévorer son petit déjeuner ? C'est partir travailler et se sentir heureux de ça ? La main de River tremble lorsqu'elle se pose sur l'épaule squelettique du garçon qui se retourne, les fesses vissées sur un sac de terreau.
- Mathias ! tout le monde te cherche. River s'assoit à côté de lui, à même le sol, tant pis pour les tâches sur sa blouse blanche.
- Tu crois que je vais rester ici toute ma vie ? Tu penses que je suis là pour faire des allers-retours entre chez moi et ici ? Le dragon fronce les sourcils, tousse un bon coup et finit par lui répondre, étonné, exténué. Mais non ! Pourquoi tu dis ça ? Il a mal à la gorge, elle lui brûle, comme s'il venait de cracher des flammes et brûler tous les arbres alors qu'il s'est seulement retenu de pleurer, de pas craquer et risquer le licenciement. A la maison du petit prince, on se doit d'être tendre et à l'écoute mais il est interdit de s'attacher, tout est simulé mais les paradoxes n'ont jamais fait bon ménage avec River. Il en est là, maintenant, à se sentir concerné du monde d'un garçon que personne ne comprendra certainement jamais, même pas lui-même.
- J'ai pas envie de rester dans mon lit, de me battre avec mes assiettes, de défier mes brocolis, de vomir mes spaghettis (il écoute la chanson d'eminem cent fois par jour). J'ai envie de partir, de voir des baleines en chair et en os mais pas dans des zoos et des grands bassins bidons. J'ai envie de voir le monde, de savoir ce que ça fait d'être libre. T'as pas envie de savoir, toi ? ce qu'il y a de l'autre côté des barreaux de nos chambres ? La maison du petit prince, tu parles d'une maison, c'est une prison ! Et toi tu participes à tout ça, tu m'enfermes en me faisant croire que t'es là pour moi mais c'est faux ! D'un geste brusque, Mathias repousse brusquement la main de River, lui donne un coup de poing dans le torse pour lui montrer qu'il est triste et malade. Tout ça c'est que du faux, un cauchemar ! Je vais forcément finir par me réveiller ! On va me rendre les bateaux qui flottent sur la mer, les chiens qui te donnent des bisous, les oiseaux qui chantent et qui partent vers d'autres pays pour avoir de la chaleur toute l'année. Je veux qu'on me dise si mon frère est vivant ou mort, s'il m'aime encore ou s'il s'en fiche de moi comme tout le reste de la famille. On va m'enlever ces chaînes là, on va arrêter de me prendre pour un idiot. Son corps, aussi minuscule et rachitique soit-il semble prendre toute la place soudainement. Ses mains se baladent de table en table, font tomber rageusement les plantations par terre, il les piétine, les casse, leur enlève la vie alors que Mathias avait été le premier à les chérir. Les plans de tomate, paf, par terre. Si River le laisse faire c'est parce qu'il sait que cela lui fait du bien. Ce n'est qu'une fois son pyjama dinosaure tout sale que le dragon se relève, déployant ses ailes pour encercler le corps de Mathias de ses grands bras courageux. Hey ... Calme-toi. Je suis là ... on est peut-être dans une prison mais je suis ton ami. Ce sont pas des mensonges. Tout est vrai, dans sa tête, dans son corps. Tout est authentique. Il peut sentir la respiration de Mathias se calmer alors qu'il s'accroche au cou de River pour se laisser porter. Il se rend compte alors, le dragon, que le prince pèse un poids plume. Il a la sensation de porter un coussin, rien de plus. Même un chat pèserait plus lourd. Et alors qu'ils se dirigent à deux vers la grande entrée de la maison des enfants malades, une question subsiste.
Qu'est-ce que tu as fait de tes rêves, River ? Tu les as laissé couler le long de la rivière qu'est ton âme ? Tu penses qu'ils ont atteint la mer maintenant ? Qu'ils flottent au milieu des vagues ou qu'ils ont coulé au milieu de trésors ancestraux ?

~~

10 kg de plus pour Mathias, la balance l'affiche, le médecin sourit, le psychologue est fier, les infirmières le prennent dans leurs bras pour le féliciter mais River sent un vide. Alors qu'il le voit traîner sa valise presque plus lourde que lui, le dragon se passe en boucle leurs multiples conversations, il cherche, entre les lignes, les faiblesses qui pourraient l'empêcher de partir ou les détails qui pourraient le rassurer, le convaincre que tout se passera bien pour ce gamin là. Du haut de ses treize ans, derrière sa tignasse brune, le prince lâche ses affaires, jette un regard vers ses parents avant de faire demi-tour. Son corps s'accroche à celui de River, s'y agrippe d'un amour tendre et nostalgique ; plein de confiance et de remerciements au nom de ces moments de partages.
- J'espère que tu continueras à prendre soin des autres. Surtout de Louis. Il sait que t'es le meilleur dragon du centre lui aussi. Le sourire du gamin lui fait chaud au coeur et ses lèvres s'étirent légèrement. - Allez, va retrouver tes parents Qu'il murmure doucement sans lui offrir de grands discours parce qu'il ne sait pas faire ça, River, qu'il est planté dans sa réserve, embourbé dans son silence, écrasé sous des mots trop lourds qui pourraient pourtant le soulager s'il savait les délivrer. Le gamin lui tourne le dos et c'est là qu'il laisse la télépathie reprendre le dessus, instinctivement, comme pour être certain, de ne rien laisser au hasard. Et ce qu'il y trouve est le murmure d'une douce chanson. Plongé dans l'esprit apaisé du gamin, les yeux de River se ferment pour se déconnecter, se laisser le temps d'accuser le coup, de le laisser partir malgré le pincement au cœur qu'il ressent, la douleur de l'absence qui risque de le faire souffrir pendant de longues semaines.
S'il part, c'est pour devenir un vrai petit garçon, pas un fantôme, pas ce fantôme que tu chéris nuit et jour dans une chambre qui ne laisse plus place aux rêves. Ces rêves là qu'il emporte dans sa valise, qu'il te reprend après tous ces mois à laisser son dragon les protéger. Ils ne t'appartiennent plus maintenant, River, tu es libéré à ton tour. Ne te reste plus qu'à en trouver d'autres, qu'à obtenir la confiance d'un nouveau prince jusqu'à ce qu'il guérisse de sa tête malade.
10 kilos, c'est dont ça le poids de la liberté à la maison du petit prince.


les princes meurent aussi


- Mathias est de retour.
- Quoi ? Son corps qui enclenche un mécanisme de protection, un gros bouclier invisible et épais qu'on appelle le déni qui ne dure jamais bien longtemps. Il est revenu ce matin avec pas loin de 30 kilos en moins. Combien de mois qu'il n'était plus là ? 18, River avait compté, pour se soulager l'âme, pour s'émerveiller à imaginer ce petit garçon devenir plus beau que jamais dans sa nouvelle vie. Je ne suis pas certaine que- la voix de la directrice se coupe alors que le dragon s'est déjà volatilisé à travers les étages. Il fait vite, rate une marche, se casse la figure et pam, le menton claque contre l'une d'entre elle et sa grosse mâchoire lui mord la langue. Spasmophilie en profite pour revenir fasse à tout ce bruit et lui coupe la respiration en faisant accélérer les battements de con coeur au passage. River s'était habitué à une chambre trois restée vide pendant tout ce temps. A croire que tout le monde ici savait qu'il finirait par revenir parce que le quotidien de Mathias se résume à ça : défier la nourriture, défier son propre poids, se laisser mourir, reprendre un peu et mourir à nouveau. River se force à prendre sur lui et et entre d'un pas lent dans la pièce. Son regard sérieux s'accroche au visage squelettique du gamin qui ne peut même plus marcher seul. Une perfusion l'aide à tenir bon. Le dragon sent les larmes lui monter aux yeux mais courageux, impétueux, les renvoie au plus profond de son être. Il prend place, sur ce fichu lit, pose sa grosse main sur le torse du gamin qui lui adresse un sourire.
- Je t'ai manqué ? Qu'il lui demande, de sa voix d'enfant qui ne demande qu'à trouver l'amour dans un adulte alors que ses parents n'y arrivent plus. Non, qu'il répond, d'une voix grave, comme s'il était déçu lui. En temps normal, River n'aurait pas répondu de cette façon mais maintenant qu'il a cassé les barrières de l'attachement, c'est son cœur qui parle, son cœur tout entier, jusqu'ici tombé dans l'oubli, qui s'éveille au simple prénom d'un Mathias qui lui en fait voir de toutes les couleurs. Sans compter les questions qui s'éveillent sous son crâne, le genre de questions qu'un aide-soignant doit garder pour lui, laisser au psy. Alors, sa gorge se noue tandis qu'il remonte sa large main dans les cheveux bruns du petit pour les caresser.
- On va te remettre sur pieds. Mathias grimace, cette fois, River ne voit plus cette trace d'espoir dans ses yeux, ça l'effraie mais il n'en dit rien. Arrête de te mentir à toi-même. Qu'il murmure sans plus d'explications tandis que sa main plus fragile que le verre attrape la sienne pour la serrer délicatement. C'est à peine si River ressent ce contact tellement qu'il peut voir le môme disparaître sous ses yeux. Il est translucide Mathias et si son âme pouvait avoir une couleur elle serait dorée, légèrement pailletée, des papillons tout aussi dorés voleraient dans son corps et se battraient pour se dégager de là, monter au ciel, trouver les dieux et autres merveilles qu'on lui a promis. La liberté.
- Je dois retourner travailler, hésite pas à sonner si tu as besoin de quelque chose. Le petit resserre un peu plus sa prise sur l'aide-soignant. Non, attends, j'ai quelque chose pour toi. Mathias sort de sous son oreiller une petite enveloppe et lui tend. Tu la liras uniquement à ma mort. River fronce les sourcils, ouvre le tiroir de la table de chevet et y flanque la lettre d'un geste énervé, saccadé, presque tremblant. Raconte pas de bêtises, tu vas pas mourir, personne va mourir ici. Et pourtant, à cet instant, dans son esprit, les tableaux de la cantine et leur petit mot accroché en bas à gauche lui reviennent en tête. Les dessins des morts, unique souvenir de leur existence affiché aux murs de la maison du petit prince.
- Je veux que mon âme finisse dans les aurores boréales, t'en as déjà vu en vrai ? River s'énerve, se redresse, lui balance un regard froid, méchant, ce même regard qu'il regrettera dans quelques heures. Non, quelques minutes. J'en ai rien à faire des aurores boréales et tu sais quoi ? Toi aussi tu devrais rien en avoir à faire, tu devrais oublier tes rêves bidons si c'est pour être lâche et rester toute ta vie ici. Tu mens à tout le monde avec tes superbes paroles et ta poésie mais t'es aussi vide et robotique que tous les autres. On peut pas rêver quand on cherche qu'à disparaître ! C'est son amour blessé qui gronde contre cet enfant. River s'en veut de se retrouver si faible face à  lui, face à un gamin même pas fichu de vivre correctement. Le fond de sa blouse se redresse, donne la sensation de le suivre comme une cape tellement qu'il fait vite pour quitter la chambre et claquer la porte derrière lui.
Il était pas prêt River, à tout reprendre à zéro, à l'aider à marcher, manger, se laver, lire, revivre. Il était pas prêt mais il le fera parce qu'il ne peut pas s'empêcher de le faire et qu'il est là pour ça.

~~

Il enfile sa blouse d'aide-soignant, accroche soigneusement son badge côté coeur, termine d'une traite son café pour reprendre le travail après quinze jours de congés passés à  ne rien faire que de rester chez lui. Comme à chaque fois, River est un peu à l'avance. Dehors, il fait toujours nuit et les veilleurs sont encore dans les étages tandis que lui se dirige vers la cantine pour préparer quelques plateaux, descendre les chaises des tables et tout mettre en place pour que les enfants puissent affronter leur premier repas de la journée. Le dragon ne sait pas ce qui le guide vers ces murs de dessins mais il le fait, laissant ses yeux vagabonder sur les nouveaux tableaux accrochés, sur les anciens et sur celui de Mathias, une grande tour avec un petit garçon tout en haut dont les pierres sont si sombres qu'elles ressemblent à du charbon. En second plan, un grand dragon, presque aussi gros que la tour et le regard menaçant. River se perd dans les détails jusqu'à ce que son coeur rate un battement. Il cligne des yeux, recule d'un pas, comme pour rendre le choc moins violent mais c'est déjà trop tard. Il a lu, et la phrase résonne dans sa tête.
'à nos anges perdus, merci'
une fois, ça ne suffit pas.
'à nos anges perdus, merci'
encore.
'à nos anges perdus, merci'
juste pour être certain.
'à nos anges perdus, merci'
'à nos anges perdus, merci'
'à nos anges perdus, merci'
Le souffle coupé, River monte les étages, survole les marches, ouvre violemment la porte où il retrouve une chambre vide. Numéro trois et ses ombres, elles ne sont même plus là elles aussi. Il ne reste que les photos, posters et un lit vide. Pourtant, il s'approche, soulève les couvertures épaisses pour être certain. Mathias était si petit et invisible qu'il aurait pu disparaître totalement pendant ses congés et que personne ne s'en rende compte. Son dos glisse contre l'un des murs de la chambre alors qu'il s'y laisse tomber comme si son corps n'était plus qu'un poids mort. Là, River entend autour de lui les pensées des enfants des chambres à côté se mélanger les unes aux autres, il entend ce petit, terrifié à l'idée d'affronter le petit déjeuner, cet autre, qui cherche encore comment essayer d'avoir un troisième gâteau à l'abris des regards et celui là, qui prépare déjà sa valise parce qu'il a la chance de rentrer chez lui, de retrouver ses parents et son chat Merlin. Il y a aussi les pas d'un aide-soignant dans le couloir qui se précipite dans le couloir direction chambre numéro trois. Un merde s'échappe de ses pensées tandis qu'il s'arrête dans l'encadrement de la porte. Les yeux rouges de River se tournent vers Jack.
- Quand est-ce que c'est arrivé ? L'homme avance d'un pas, un air désolé attaché au visage. On ne dit rien au personnel lorsqu'un enfant meurt et qu'ils sont en congés parce qu'on ne veut pas les voir dépérir seul chez eux. Ce sont aussi les règles de la maison du petit prince. River les déteste, Mathias avait raison. - Avant-hier, dans la soirée. Il était très faible tu sais. Il avait encore perdu quelques kilos. Jack qui lui balance ça comme s'il tentait de rassurer River qui n'avait cessé d'y croire jusqu'à la fin. Qui parvient encore difficilement à se faire à cette idée là. Il lui avait fait la promesse de le remettre sur pieds et maintenant, tout ce à quoi il fait face, c'est un lit vide. Pourquoi personne ne m'a rien dit ? River le sait mais il demande quand même, ça l'aide à se sentir moins seul dans cette épreuve. - La directrice voulait s'en charger elle-même. On sait que tu tenais à lui. Jack se rapproche, pose une main sur l'épaule de River qui baisse les yeux. Ça va aller ? Tu devrais aller dans son bureau quand elle arrivera tu sais pour tout ce qui est enterrement ... tout ça. River inspire. Enterrement devrait jamais être utilisé pour un enfant, c'est tout ce qu'il pense à cet instant alors qu'il se redresse, qu'il se dirige d'un pas lent vers la table de chevet pour attraper la lettre.
Tu la liras uniquement à ma mort.
Ce n'est pas la maison du petit prince qui est une prison mais la vie entière. Sinon, comment laisserait-elle un petit garçon plein de rêves et d'espoirs dépérir sans essayer de le sauver ? Comment autoriserait-elle un homme comme River, lassé de tout, à vivre sans le moindre soucis de santé ? Il sent son âme se briser en mille morceaux dans cette chambre numéro trois lourde de souvenirs et la quitte, d'un pas lent. Ce n'est qu'une fois la porte fermée derrière lui que ses jambes s'évanouissent sous son corps. Jack le rattrape, passe ses bras sous ses aisselles pour l'empêcher de se faire mal. Il pleure pas River à ce moment et c'est certainement ça le problème, quand t'exorcises rien, tu finis par t'écrouler.
Il s'en veut d'être aussi fantomatique et encore vivant alors que la plus belle des lumières s'est éteinte sans que personne ne s'en soucie.
Est-ce que son petit prince a son dragon aux pays des morts ? Est-ce que quelqu'un le protège ? Dîtes-lui que oui, s'il vous plaît.

l'envol


lettre de mathias
Je sais que tu m'as caché des choses des milliers de fois pendant nos échanges. Je sais que tu as menti pour essayer de me protéger mais j'entendais tout, à chaque fois que nos yeux se rencontraient. Je sais pourquoi le 6 Août tu avais la tête ailleurs, tu étais inquiet pour ta mère -ça m'aurait fait plaisir de parler d'elle avec toi de vive voix, tu sais-. Je sais aussi qu'elle est morte et que tu ne m'as rien dit, c'est pour ça que ce jour-là je t'ai offert du baume au cœur en terminant mon assiette sans trop t'en faire baver. Je n'ai peut-être pas été le plus honnête avec toi mais entendre tes pensées m'ont été d'un réconfort le plus grand. Ton esprit était le lit le plus douillé où se lover.
Je t'ai entendu, me poser des centaines de fois ces questions : pourquoi est-ce que tu fais ça ? Pourquoi tu te laisses mourir alors que tu veux découvrir le monde ?
Tu sais, je pense que je suis juste pas né avec les bonnes armes, qu'il y a des enfants qui naissent pour mourir et dont le seul but sur terre était de faire ouvrir les yeux à d'autres personnes. Je crois que ma destinée c'était toi. J'ai été là pour te montrer qu'il y avait autre chose dans la vie que le travail et la fatigue. J'ai vu dans tes yeux une étincelle que personne d'autre n'a vu lorsque tu parcourais tous mes livres sur les pays. Je t'ai montré ce qu'était la lumière, la bonheur et la passion. Je t'ai aidé, Dragon grincheux, à voir plus grand, plus loin. J'espère seulement qu'après ma mort, tu accepteras d'autres personnes de t'atteindre, de te faire découvrir de nouvelles choses, ressentir de belles choses, aussi. J'espère, que tu te ne te laisseras pas entraîner par le désespoir et la solitude parce que je sais, Docteur Wayne, que tu mérites bien plus que ça. Je te remercie du fond du coeur pour tout l'amour que tu m'as donné. Tu as été mon unique famille, mon unique phare, mon unique pilier dans cette vie courte mais essentielle.
Je t'ai laissé ma liste des choses que je voulais faire avant de mourir, je n'ai pas eu le temps de la terminer mais j'espère que tu prendras le relais comme tu l'as toujours fait depuis que nous nous connaissons.
A dans très longtemps.
Mathias

PS : je suis désolé pour les plans de tomates et je sais que t'ai manqué pendant ces longs 18 mois.


LISTE DES CHOSES A FAIRE AVANT DE MOURIR :

- faire une longue balade avec Loustic qui commence à se faire vieux.
- dessiner une tour à dragon et l'afficher à la cantine.
- avoir une discussion avec Indiana.
- être convoqué dans le bureau de la directrice.
- aimer quelqu'un.
- perdre plus de 15 kilos en 6 mois. revenir à la maison du petit prince
- voir les aurores boréales.
- mourir avant Loustic.
- faire le tour du jardin avec River à la tombée de la nuit, observer les étoiles.
- offrir ce bracelet qu'il aime tant à Louis.
- boire un chocolat chaud avec des marshmallow sans le vomir.
- adopter un chiot dans un refuge.
- entamer une discussion avec un inconnu dans la rue.
- se battre sans raison valable.
- rencontrer d'autres télépathes, s'il en existe.


Au revoir petit prince.
fiche (c) blue walrus
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vampire ○ kill of the night
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double-compte(s) : Rhys, Seth ,Emrys & Raziel
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 13:51

Han ce choix d'avatar
bienvenue batman
bonne chance pour ta fiche
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werewolf ○ bad moon rising
messages : 172
double-compte(s) : bb cory
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 13:53

Bienvenue sur le fofo ! Bonne chance pour ta fiche
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human ○ drink the water
— administratrice —
messages : 424
double-compte(s) : riley, lenny, slade et rain.
crédits : blue walrus (avatar).
MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 14:05

hannn j'adore le pseudo + le métier + un télépathe
ce personnage promets déjà, trop hâte de lire la suite
bienvenue sur RH, merci pour tes beaux mots
bon courage pour ta fiche, si tu as des questions n'hésite surtout pas

_________________
and I'd move farther than I thought I could, but I missed you more than I thought I would. +
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demon ○ breaking bad
messages : 233
double-compte(s) : Ciulin Mari/Beitris Quiry
crédits : Miss pie pour l'Aesthetic <3
MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 14:08

Bienvenue ami médecin. Si tu as besoin d'un herboriste fais moi signe !
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paranormal ○ walk the line
messages : 435
double-compte(s) : Oren & Asher
crédits : Ilyria
MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 14:17

Bienvenue et bon courage pour ta fiche
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vampire ○ kill of the night
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 14:42

    Quelle douceur ce personnage J'hallucine, il a l'air d'une sweetness incroyable. Si soyeux ; je l'aime déjà. Et cette plume, mes aïeuls I love you
    Bienvenue sur le forum !
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 16:25

Rodin, tu changes une lettre et ça fait Robin, coïncidence ? je ne pense pas. merci I love you
Gavin, merci beaucoup
Blair, oh, la magnifique madeleine I love you merci de ton accueil, en espérant être à la hauteur pour le reste
Salomon, il ne faut pas me le dire deux fois, compte sur moi pour venir t'embêter
Haven, merci
Mircea, wooow merci, c'est vrai que j'ai décidé de partir sur un personnage plein d'humanité (pour contraster avec toutes les bêtes du coin ), contente que ça se ressente I love you puis louis garrel en vampire et gérant d'un magasin ésotérique, tu risques malheureusement de m'avoir dans les pattes
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shapeshifter ○ leave my body
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 16:41

tu veux pas me décevoir un peu, non ?
y en a marre de m'extasier devant chaque merveille que tu nous ponds làààààà
( puis je suis pas moins pressée, je laisse juste passer les autres devant moi par politesse ok )
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 18:02

je crois que c'est la première fois sur l'histoire du rpg que tu postes dans ma fiche /note la date tout de suite
j'essaie d'être à ta hauteur même si ça marche jamais au moins ça me pousse à me dépasser (t'es pas bien difficile quand même )
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hunter ○ ultraviolence
messages : 2399
double-compte(s) : Aucun
crédits : (c) Melly / (c) Miss Pie
MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mar 16 Jan - 20:04

Bienvenue à toi aussi!
J'ai hâte de te voir validé également, bon courage pour le reste de ta fiche en tout cas!
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paranormal ○ walk the line
messages : 44
double-compte(s) : seul sur son bateau.
crédits : (c) kinjiki
MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mer 17 Jan - 1:38

oh, merci beaucoup à toi I love you
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vampire ○ kill of the night
messages : 159
double-compte(s) : ///
crédits : Ours™
MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mer 17 Jan - 10:30

    River Wayne a écrit:

    Mircea, wooow merci, c'est vrai que j'ai décidé de partir sur un personnage plein d'humanité (pour contraster avec toutes les bêtes du coin ), contente que ça se ressente I love you puis louis garrel en vampire et gérant d'un magasin ésotérique, tu risques malheureusement de m'avoir dans les pattes

    Oh oui, viens dans mes pattes s'il te plaît
    J'ai lu ton histoire d'une traite sans m'arrêter, et je confirme : quelle plume ! Puis River est tellement adorable, tellement décalé... :gaa : Ça va risque d'être drôle à voir avec Mircea !
    Allez vite, file finir ta fiche et être validé que je puisse venir t'embêter pour un lien
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paranormal ○ walk the line
messages : 44
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   Mer 17 Jan - 15:11

quelqu'un qui a eu le courage de lire mon pavé mes condoléances non, ça me fait vraiment plaisir, contente que tu aimes
j'ai terminé hâte de venir trouver un lien avec Mircea
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MessageSujet: Re: river - vingt mille lieues sous les mers.   

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