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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Brutum Fulmen ☽ Emrys

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MessageSujet: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Mar 16 Jan - 17:32

« L'éternité est longue quand on marche sans cœur. »
Mai 2017 - Mandragore - Emrys
Son flair est infaillible. Comme un fauve tapis dans l'ombre guette le passage de la proie, le moindre mouvement dans les fourrés. Ses mèches noires servent de costume, de camouflage ; derrière son pupitre, derrière son large livre ouvert, il fait mine de lire. Ses yeux glissent sur les pages comme la rosée sur les pétales d'une fleur le matin. Pourtant, ses sens sont ailleurs ; tout ce qu'il lit, il ne le retient pas, son esprit l'efface d'un revers de main, laisse une trace blanche sur le tableau noir. L'odeur d'encens enveloppe entièrement sa conscience. D'habitude, elle le berce, mais là, elle est endormie, quelque peu effacée. Ses instincts de chasseur reprennent les rênes pour quelques minutes, jusqu'à ce qu'il soit forcé de se ressaisir sans doute. C'est toujours ainsi que les choses se passent, alors il se laisse faire, un peu mollement, attendant le moment où il devra faire preuve de fermeté pour ne pas se laisser envahir. Un frisson le long de sa colonne : il sent, il entend, le sang parcourir les veines des habitants qui déambulent dans la rue, passent devant son magasin. Deux jeunes filles se sont arrêtées, pensent d'abord qu'il s'agit d'une bijouterie en voyant les pierres et les pendules. Dans sa barbe, il peste, mais reste invisible à l’œil humain. Silencieux dans son coin, derrière le comptoir, Mircea attend. Il attend, parce qu'il sait que quelqu'un va venir. Son instinct lui parle, comme une conseillère qui resterait à son chevet, tout le temps, pour tout lui prédire, toujours l'alerter. Quand elle se tait, il panique ; quand elle est là, il est silencieux. Ils sont rares ces moments où il ne sent pas de puissante angoisse lui mordre la gorge.
Sans doute parce que son instinct la cloue avant même qu'elle n'ait le temps de s'agripper aux parois glissantes de sa trachée.

Promené en laisse, son esprit vagabonde, cherche à l'odeur, à l'écoute, ce qu'il se trame dehors, jusqu'à ce qu'une effluve lui parvienne. Une effluve qu'il connaît déjà, parce qu'elle n'est pas nouvelle. D'abord elle est passée devant le magasin, innocemment, sans doute ne se doutait-elle pas de ce qu'il s'y passait. Ensuite elle a observé, pensant ne pas être vue ou reconnue par les démons habitants les lieux. Mais les diablotins gardiens du magasin ont tout vu. Ces deux yeux bruns, ces deux oreilles à l'ouï affûtée, ils savaient avant même que lui ne sache qu'il était l'observateur observé. Mircea n'avait rien dit, l'avait laisser faire. Sans l'épier, sans se manifester : il laissait cet étrange humain l'espionner. Sans doute devait-il se poser des questions quant à la nature du tenancier de ce magasin ; sans doute. L'étrangeté du lieu amène les questions, l'anonymat de l'étrange étranger qui le tient encore plus. Quelques ragots courent, çà et là, qu'il est étrange comme homme. Il se demande qui a bien pu les répandre, puis il se souvient que c'est une traînée de poudre, ces choses-là. Un rien les fait s'envoler, se disperser. Du pollen au printemps qui flotte dans l'air, la poussière d'un tapis que l'on secoue dehors, ou alors l'effluve du sang frais qui porte à ses narines avant même qu'il ne réalise que quelqu'un est entré dans la boutique.

Ça y est, c'est lui.
Aucune réaction, si ce n'est celle de crisper ses doigts sur les pages blanches. Il prend son temps. Ou le temps le prend, l'enveloppe dans un cocon qui l'arrête sans qu'il n'ait rien demandé. Les yeux rivés sur les pages, il doit se les arracher pour pouvoir tourner la tête vers le nouveau venu. Lorsqu'il pose ses prunelles brunes dessus, elles semblent d'abord vide, enfin éveillées quand la voix passe sa gorge.

'jour, il ne parvient même pas à parler, à gerber son mot entièrement. Le début de celui-il est mort dans sa gorge. Ses muscles se tendent, il se ressaisit : son instinct de nouveau silencieux, retourné dans la cage qui le contient d'habitude. Toujours des cages.

Son livre se referme, bruit sourd des pages et de la couverture qui chasse l'air. Il n'a pas marqué la page ; nullement besoin.
Le jeune homme a passé la porte, et il reconnaît son odeur. Tous ses sens tournés vers lui, il chasse ses mèches noires et bouclées de devant son visage, comme pour mieux le regarder. Il ne se lève pas, cependant, hoche simplement la tête.
C'est pour ? Son accent roumain, il ne se donne pas la peine de le dissimuler.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Mer 17 Jan - 10:37

Il ne se sentait pas à l'aise, franchement l'idée même de rentrer là dedans lui paraissait stupide, c'était sans doute du bric à brac sans grande valeur, soit tenus par quelqu'un qui n'était qu'un arnaqueur à vendre n'importe quoi, soit par un pseudo hippie qui croyait au pouvoir de la nature ou une connerie du genre. Emrys espérait presque que ce soit la première option, même s'il se retrouvait à acheter des choses trop chères au moins il n'aurait pas à se coltiner le délire d'un illuminé. Qu'est ce qu'il cherchait d'ailleurs... Il n'en était même pas sûr, quelque chose pour rendre ses séances plus crédibles ? Vu le niveau de crédulité de certaines de ses clientes, une boutique de farce et attrapes aurait largement fait l'affaire. Il essayait pourtant de se convaincre que c'était pour ça et non pour essayer d'y voir plus clair dans sa propre tête. Il avait essayé de s'améliorer, de voir ce qu'il était capable de faire ou non, mais à part des migraines plus que redondantes, il n'avait pas gagné grand chose. S'il retombait sur ce chasseur là, il allait lui en faire voir de toutes les couleurs, pare que con lui avait bêtement mis un peu d'espoir en tête, peut-être que finalement, il n'y arriverait pas ...Emrys grogna entre ses dents et finit par pousser la porte, n'ayant pas envie de tergiverser plus longtemps et de repartir une fois de plus avant d'avoir mis un pied à l'intérieur.

Qu'est ce qu'il foutait là. A croire que c'était bon, c'était fait, il était enfin devenu dingue, c'est bien il était temps … Il soupira avant de jeter un œil à l'endroit, ouais, vraiment qu'est ce qu'il faisait ici au juste ? En soi, chercher une babiole pour améliorer son petit numéro, ça ne serait pas de trop … Qui sait, il aurait sans doute l'air plus crédible. Comme s'il en avait vraiment envie au fond. La voix le fit sursauter, c'était logique que quelqu'un soit là, mais le temps de débattre s'il avait une bonne raison de rester là ou non lui, il avait fini par un peu oublié qu'il n'était pas seul ici. Emrys fronça les sourcils, c'était frustrant, à croire que tout le monde dans cette ville avait décidé de jouer avec ses nerfs. C'était tellement diffus devant la boutique, qu'il s'était dit que ça venait de lui, ou de quelqu'un qui était passé dans le coin, mais non, ça venait bien d'ici, de ce type très certainement. Comme à son habitude, c'était diffus, présent mais pas vraiment là, il suffisait de tourner la tête pour que ça disparaisse en partie. Emrys se retrouva à poser les yeux sur le propriétaire des lieux, certainement, ou un vendeur, peu importe, et trop obnubilé par ses sensations il oublia qu'il était entrain de fixer quelqu'un, cherchant vaguement des réponses dans l'air.

Ça ne marchait jamais, ça n'était jamais écrit au dessus de leur tête qu'ils étaient possédés ou une connerie du genre, mais il se retrouvait toujours à les fixer, créant parfois des situations plutôt gênantes. Puis encore une fois, c'était différent, il avait déjà ressenti ça plusieurs fois en ville, mais maintenant il arrivait un peu à les différencier. Il pouvait au moins dire que ce n'était pas un chasseur, ce qui laissait une vague de choix plutôt désagréable. La question le sorti un peu de son examen. Pour ? Pourquoi ? Il perdit son air neutre pendant quelques secondes et regarda autour de lui, pas certain de ce qu'il était censé répondre. « rien du tout » pas totalement vrai, mais ça ferait bien l'affaire. « Je jetais juste un œil, pourquoi c'est interdit » répliqua t'il froidement, l'attaque était toujours la meilleure défense avec lui. Enfin le problème, c'est qu'il n'était même pas sûr de ce qu'il voulait. Est-ce qu'il avait raison de se méfier ou d'avoir peur de passer pour un dingue devant un type qui vendait ce genre de camelote ? Non c'était stupide. « Vous avez quoi que ce soit sur la voyante » ajouta t'il tout de même, sur le même ton en croisant les bras, le parfait exemple du client est roi. Le type vendait tout et n'importe quoi, il était certainement bien plus atteint que lui.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Sam 20 Jan - 6:52

« L'éternité est longue quand on marche sans cœur. »
Mai 2017 - Mandragore - Emrys
Sa gorge, ses poumons, tout retiennent un soupir lassé. L'être-humain est à peine entré dans la boutique que déjà les choses se compliquent. Les yeux rivés sur ceux noisettes, Mircea les dévisage sans mot dire, comme un combat de regard involontaire mais inévitable. L'autre a l'air perdu, d'abord, puis de... L'analyser ? Le rom plisse les yeux, subitement féroce. N'y pense même pas. Il se méfie soudainement, se prépare comme à bloquer son esprit à la moindre agression. Il ignore combien de personnes sont capables de lire les pensées ou d'infiltrer l'esprit des gens, à Blackwater Falls, mais le peu qu'il a vu ne lui plaisent pas du tout. Si celui-ci tente quoi que ce soit...

L'angoisse de cette idée monte déjà, mais s'évapore au moment où l'autre réagit enfin à ses mots. Rien du tout, hm ? Le rom se retient de lever les yeux au ciel, s'apprêtant à le laisser déambuler dans la boutique sans mot dire et à lui-même retourner à sa lecture. Sans compter sur le jeune homme qui se sent pousser des ailes à se sentir agressé pour rien. Cette fois, les yeux roulent jusqu'au plafond, et le rom se contente d'hocher la tête.

Faites, faites... La lassitude de sa voix s'échappe avec son agacement sans qu'il ait pu retenir aucun des deux. Ça n'était pas comme si, de toute façon, il cherchait à se faire apprécier, dans cette ville.

Il n'est là que parce qu'il en a besoin. Dés qu'il le doit, il s'en va sans un regret. Jamais il ne pourrait rester indéfiniment, de toute façon. Quelque chose le fera fuir, c'est sûr. Et pour l'instant, certains signes sont de mauvais augure : trop de coïncidences qui s'enchaînent en sa défaveur, trop de gens étranges venus lui coller au dos, trop d'échanges malsains qu'il n'est même pas sûr de détester. Sans dire pourquoi, il se sentirait presque à sa place dans cette ville : elle pourrit de l'intérieur, comme lui.

Le client le sort de ses pensées. De la voyance ? Si les codes sociaux permettaient la misanthropie assumée, il jurerait probablement en toute honnêteté, insultant probablement le jeune homme et ses ancêtres au passage. Proche de lui l'idée, loin de lui l'action ; l'idée même que ce jeune homme puisse s'adonner à des pratiques divinatoires renforce sa crainte plus tôt disparue et le pousse à ne pas vouloir l'aider. Forcé par sa profession, il se maudit intérieurement l'espace d'un instant. Refermant de nouveau son livre qu'il dépose machinalement sur le comptoir, ses talons claquent sur le bois quand il descend de sa chaise. Accompagné de son mutisme, il incite d'un hochement de tête le jeune homme à le suivre.

Quel type de voyance ? Il s'est arrêté devant un rayon, face au gamin. Intuitive, cartomancie, astrologie, numérologie, runes, channeling ?

Sur son visage se lit son irrésistible envie de le laisser se débrouiller et de ne surtout pas l'aider. Il se trouve déjà fort courtois de s'être levé et de l'aider à affiner sa recherche.

Soyez précis sur ce que vous cherchez, s'il vous plaît, demande-t-il avec sa voix rauque et son ton lassé, un peu désabusé. C'est pour vous ? Pour offrir ? Juste des renseignements ?...

Il n'a pas envie de parler et se rend lui-même compte à quel point ça doit se sentir. Son attitude reste pourtant droite et un minimum professionnelle ; d'autant plus que le sujet est susceptible de l'intéresser - si seulement son client se montrait un peu coopératif. Parler de divination lui rappelle les pratiques de puri daj. Il se souvient brièvement de son premier chagrin d'amour et à quel point Mira était triste pour lui. Ils avaient supplié puri daj de leur dire si oui ou non les jumeaux s'en remettraient.

C'est du passé.

Ses yeux bruns se concentrent sur ceux noisette, de nouveau. Presque sur la défensive dans sa façon de le regarder, de le dévisager sans bouger.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Sam 20 Jan - 16:49

Il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait au fond. Se cacher derrière son boulot d'appoint, c'était bien mais c'était pas suffisant pour arriver à se convaincre lui même, il ne vivait pas dans le déni à ce point, et puis il avait bien envie de s'améliorer un peu .. mais ça voulait dire en parler à un inconnu, qu'il soit proprio d'occulte, ce qui rendait pas la tache plus facile. Parler à des bonnes femmes qui voulait elles, parler à leurs défunts, c'était pas si grave. Mais parler à un type qui était dans l'occulte, c'était un coup à apprendre qu'il n'avait aucun don ou bien se faire traiter de fou, franchement, il ne savait pas trop ce qui était le mieux. Enfin se faire traiter de fou par ce type là, finalement, il pourrait s'y faire … Emrys savait qu'il n'était pas du genre très agréable ou même à sourire tant que ça, mais celui là, là, ça paraissait être le niveau au dessus. Il aurait été différent, de bonne humeur, rien qu'en le voyant, il aurait vite déchanté. Ce qui l'arrangeait bien mieux que le genre de vendeur tout pimpant à vous coller jusqu'à ce que vous achetiez quelque chose ... Ouais, il préférait largement le genre taciturne, moins chiant à ses yeux.

Par contre, le vendeur le perturba un peu avec sa question et il grimaça. Quel type de voyance ? Bonne question, très bonne question, il n'y avait même pas pensé. La cartomancie, peut-être, il pourrait rajouter des cartes à son numéro, c'était pas une mauvaise idée, de toute manière, il suffisait de dire n'importe quoi en fonction du dessin non ? Il hocha la tête malgré lui, c'était pas mal ça. L'astrologie était à exclure, aucun rapport avec les fantômes et vu qu'il avait monté son truc là dessus, ça n'aurait eu aucun sens. Quant aux restes, Emrys n'était pas sûr de savoir à quoi ça pouvait bien se rapporter. « Oubliez la voyance » Chiant pas du tout . Finalement, ça n'allait pas et même pour son business, il fallait que ça se rapproche plus de son domaine, il n'avait pas besoin de savoir que c'était directement pour lui. Quoi qu'il s'en fichait bien de ce que type pouvait penser. Ou du moins, il aurait bien voulu … ce qui le rendait plus irritable que d'habitude.

« Dites m'en plus sur le contact avec les esprits » rajouta t'il, froidement, pas gêné de le déranger plus longtemps. Il détestait quand les vendeurs venaient l'emmerder, par contre, il n'était pas contre les utiliser à sa guise s'il en avait besoin, ils étaient payés pour ça après tout . Bon là, il devait sans doute être propriétaire de l'endroit, mais ça revenait au même. « ça ne vous regarde toujours pas, et je ne vois pas à qui je vais offrir ça » Il secoua la tête, non vraiment pas … déjà pour commencer, il n'avait plus vraiment de proche à qui faire des cadeaux. Mais c'était pas le moment de penser à ça. Ce qui ne l'empêcha pas de baisser les yeux, essayant de se reconcentrer sa mauvaise humeur sur ce type, c'était plus facile à gérer ça. « Si je vous emmerde, vous pouvez retourner là-bas, vous auriez pu simplement m'indiquer la direction, j'aurais pas eu à supporter votre bonne humeur » Dire que c'était lui qui disait ça, il avait vraiment un don pour l'hypocrisie. « Indiquez moi juste votre rayon sur les esprits et je me débrouille » ajouta t'il en soupirant, pas stressé qu'on le foute à la porte, il avait eu l'habitude de grandir en temps que client roi et n'avait jamais réussi à perdre cette habitude.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Dim 21 Jan - 10:36

« L'éternité est longue quand on marche sans cœur. »
Mai 2017 - Mandragore - Emrys
Dire que Mircea n'a pas envie serait un euphémisme. L'exaspération monte, et bien qu'il n'en dise rien ses yeux le trahissent sans honte. Son ton monotone n'est pas avenant, son attitude lassée et désinvolte ne donne pas envie de lui parler : il n'y a pas à dire, c'est un terrible vendeur. Les affaires marchent étrangement bien malgré son attitude déplorable, ce qui ne l'encourage pas à s'améliorer. Il en est conscient, lucide là-dessus, mais ne cherche pas à changer quoi que ce soit - il a déjà bien assez à faire avec sa propre existence pour se soucier de ce qu'il peut bien renvoyer aux autres. Aussi, lorsque le client fait sa mauvaise tête alors qu'il tente de l'aider, il soupir, regarde ailleurs. Il n'a pas l'habitude de gérer des gens compliqués, lui-même étant déjà une plaie à vivre pour lui. Un instant, il songe au fait qu'il pourrait abandonner tout de suite le navire et laisser le client se débrouiller à la barre tout seul.

Offrir, pour les cartes... Commence-t-il, marmonnant presque, sans pour autant finir sa phrase. Tant pis pour l'autre qui se croit dans son royaume de verre, il ne saura pas que les cartes offertes sont toujours plus efficace et justes que des cartes achetées. Que ça soit une croyance ou non, puri daj lui a toujours appris à faire comme ça ; ainsi, il répand sa vérité à ceux qui veulent l'entendre.

Cependant, le tempérament changeant du jeune homme comme à l'agacer. De la voyance, mais pas de la voyance, alors des fantômes. Il allait soupirer de nouveau avant de répondre, mais le client le devance, le renvoie presque à sa place. Pas bousculé pour un sou, Mircea se contente d'hausser un sourcil, un peu désabusé derrière ses mèches noires. Vraiment, il ne sait pas gérer les gens compliqués. Encore moins ceux qui sont désagréables et capricieux ; ceux-là ont tendance à trop lui renvoyer sa propre image, bien qu'il se garde de faire des caprices. Clignement lent des yeux, respiration profonde, il finit par hocher la tête pour désigner ce qui trône derrière-lui.

Sur les étagères là-bas, il y a des livres qui traitent de ce que vous cherchez. Il y a des ouvrages plus généraux, et d'autres plus ciblés. Commence-t-il. Lui demander "d'orienter" vers un coin et laisser la personne se débrouiller le bloque complètement. Ces choses-là sont trop délicates, trop importantes, pour laisser les gens faire n'importe quoi avec. Il vaut mieux se renseigner sur ce que l'on veut pratiquer avant de faire quoi que ce soit. Pour le channeling, par exemple, il est préférable d'apprendre à se bloquer pour éviter les possessions. Il en parle comme si la personne devant lui était au courant de tout ; une façon pour lui de la désintéresser, la dissuader, ou au contraire lui faire comprendre que les choses ne sont pas si simples. Non-pas qu'il soit le genre de vieux con à se méfier des jeunes cons, mais presque. La jeunesse moderne l'inquiète - si tant est qu'il ait la moindre empathie pour quelconque être vivant. Là-bas, il y a tout ce qui est divination et "connection avec les entités supérieures". Ses mains miment des gestes étranges, presque parodiques, pour appuyer ses propos. En apparence, il donne presque l'impression de ne pas y croire - ce n'est pas tout à fait faux, mais pour les humains il est préférable de jouer le jeu. Ouija, os, encens et autres...

Un instant, il s'arrête, regarde vers l'arrière. Il connaît sa boutique par cœur, ce n'est pas quelque chose qu'il regarde ou vérifie. Cependant, l'attitude négligée du jeune homme ne lui dit rien qui vaille ; son rôle, en tenant ce magasin, n'est pas seulement de vendre mais aussi d'initier les néophytes aux arts ésotériques, et il sait à quel point certaines pratiques peuvent être dangereuses, notamment lorsque l'on touche aux fantômes.
Ainsi, il se tourne de nouveau vers le jeune homme, le regarde sans véritablement d'émotion. Sa voix monotone reprend et elle tient la main à son accent rom.

Ces pratiques peuvent être risquées. Prenez garde.

Sur ces mots, il dépasse le jeune homme pour exécuter son renvoi de plus tôt et regagner son comptoir.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Mar 23 Jan - 8:51

Il était du genre client roi, mais ne supportait pas d'avoir quelqu'un sur son dos en permanence, il avait envie qu'on lui réponde si besoin, mais qu'on le laisse tranquille aussi. Il savait se débrouiller tout seul, merci jusque là, lire, ça lui avait pas posé de problème, donc il pouvait très bien se donner une idée en lisant la tranche, c'était bien suffisant. Surtout qu'Emrys n'avait jamais confiance envers les vendeurs, il allait essayer de lui vendre son ouvrage le plus vieux, le plus cher, alors que c'était sans doute qu'une pale copie d'un ouvrage se trouvant dans un musée ou une connerie du genre. Il ne comptait pas se faire avoir. « Merci » réponditil froidement, plus un automatisme et un moyen de mettre fin à la discussion que de la politesse, mais parfois ça faisait illusion. Emrys en savait toujours pas ce qu'il cherchait vraiment, des idées, des informations ? Cette histoire de cartes, c'était une bonne idée pour son numéro, mais pour les fantômes, il n'y croyait pas trop.

Emrys n'avait pas attendu plus longtemps et s'était dirigé vers les étages en question, mais il se figea un peu. Autant channeling ça ne lui disait rien, autant possession, c'était assez parlant quand même. Et ça ne lui plaisait pas. C'est marrant comme certaines choses semblent flagrantes parfois, qu'on trouve normal d'en entendre parler, mais que pourtant, il faut que ce soit quelqu'un d'autre qui amène le sujet pour qu'il se fasse une place dans son esprit. Possession. Emrys fronça les sourcils, un peu inquiet, c'était bien quelque chose à laquelle il n'avait jamais pensé, pourtant, ça aurait déjà du lui traverser l'esprit, qui disait fantôme, pouvait effectivement dire possession. Il manquait vraiment de connaissance, s'en était une preuve supplémentaire. Finalement, le jeune homme se retourna à nouveau vers le propriétaire et suivi du regard les directions qu'il lui indiquait. Cette histoire de possession le stressait d'un coup, mais au moins, ça lui faisait une bonne piste à suivre, parce qu'il ne comptait pas que ça arrive un jour. « Entités supérieurs ? » il ne put pourtant s'empêcher de répliquer, un peu sarcastique. C'était censé être quoi ça ? Que certains fantômes valaient mieux que d'autre, ou bien qu'il y avait encore autre chose ? Non parce que même si ces histoires de démons commençaient à se faire une place sous son crane, il n'était toujours pas fan de l'idée même.

« Évitez de conseiller l'Ouija, c'est de la publicité mensongère » Emrys secoua la tête, l'air sûr de lui. Non, c'était de la camelote, ça ne marchait pas le moins du monde, il en avait eu la confirmation avec un chasseur et il avait réessayé tout de même, aucun fantôme juste une bonne grosse migraine. « Ok, ok, j'ai saisi, c'est risqué » Il ne pu s'empêcher de ne pas avoir l'air de le croire, ce type se foutait certainement de lui, mais ça ne l'empêchait pas de s'inquiéter Le jeune homme se retourna sur lui en le voyant retrouver sa place, presque content que quelqu'un l'écoute enfin, ça n'arrivait pas souvent ces temps si. « Sinon, c'est quoi exactement cette histoire de possession, vous avez souvent des clients qui rejouent l'exorciste ? » Emrys avait parlé sur un ton un peu brusque, comme pour masquer un peu l'intérêt derrière ses paroles, moqueur à l'extérieur, mais si c'était vrai, il allait falloir qu'il se méfie.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Dim 28 Jan - 10:51

« L'éternité est longue quand on marche sans cœur. »
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Les mots cristallisent la pensée ; chez le jeune homme, ils la déclenchent. Même si celui-ci n'exprime rien, Mircea parvient à lire, au moins un peu, ce que ce jeune homme dégage. Dans l'odeur qu'il a, dans sa respiration imperceptible ; ses sens de créature captent les moindres changements, l'accélération du cœur. Ses yeux bruns voguent d'un organe à l'autre, distraits, jusqu'au visage qui ne laisse rien paraître que des traits défensifs. Il est sur ses gardes et ça se sent. Possession. Voilà une curieuse façon de réagir à ce terme. Dans l'esprit du marchand, les pensées vont bien vite. Il est effectivement relatif au domaine du surnaturel, et même s'il donne l'impression - de l'extérieur - de s'y intéresser par-dessus la jambe, Mircea sent bien que les choses sont différentes à l'intérieur. Il hoche la tête doucement face à sa propre conclusion.
De son côté, l'idée que ce jeune homme puisse être médium ou encore lire les pensées, être clairvoyant ou qu'en sait-il, ne lui plaît pas énormément. C'est là qu'il s’aperçoit qu'il est lui aussi sur la réserve, sur ses gardes, malgré l'attitude lassée voire épuisée qu'il adopte.

Aussi, les conseils d'un néophyte dans l'utilisation d'une table de Ouija lui passe par dessus. S'il pense que c'est de la merde, le Roumain en déduit qu'il ne l'a jamais utilisée correctement, et ça lui fait une belle jambe ; si bien qu'il s'est dirigé vers son pupitre sans répondre aux interrogations premières du client. Ce n'est pas à lui d'être maître ou professeur ou guide ou autre sornettes du genre - il n'est, de toute façon, pas très pédagogue et n'aime pas l'idée d'avoir quelqu'un qui boit ses paroles avec un recul immature. Cependant, l'inspiration lassée se fait entendre lorsqu'on le rappelle ; la voix juvénile d'un éphèbe qui a à peine muée s'élève, l'envie de le foutre dehors avec elle. Il fait volte-face, pourtant, quoiqu'assez lentement, pour faire face au client à l'autre bout du rayon.

Vous dîtes ça comme si vous n'y croyiez pas, rabroue-t-il légèrement sur un ton qui traduit clairement le message caché de ses mots. Il a compris, pas besoin de jouer les sales gosses. Les entités supérieures sont tout ce qui touche à ce qui dépasse la science humaine et le bon sens commun. Tout ce qui se rapproche de l'esprit, du spectre, du fantôme... De la divinité, ses talons claquent alors qu'il parle en se rapprochant du jeune homme sans pour autant regarder celui-ci ; il a les yeux rivés sur les étagères de livres. Parmi elles, certaines - la plupart, pour être honnête - sont capables de possession. Il extrait un livre de l'étagère, lit le titre en mâchant un peu ses mots, concentré sur deux choses à la fois, puis renvoi le livre d'où il vient. C'est un procédé qui peut être très différent d'une société, d'une culture à l'autre, mais dans de nombreux cas on y retrouve des caractéristiques communes : l'entité surnaturelle qui entre dans un corps et-ou un esprit et qui adopte des comportements sociaux différents de celui de la personne qui vit dans le corps habité, ainsi que des capacités physiques improbables, son explication est si large qu'il se maudit un peu de devoir résumer la possession à ça. Il n'a cependant pas très envie d'entrer dans des explications complexes et longues qui l'obligeraient à côtoyer cet énergumène encore trop longtemps. Il tire un autre livre. Les choses se passent en différentes étapes : rituel ou cérémonie qui ouvrent le corps des pratiquants ou pratiquantes, invocation de l'entité, infiltration - ou transe - de la personne qui est possédée, et la fin du rituel où l'entité est présente sur Terre grâce au corps emprunté.

Enfin, il trouve le livre. En feuilletant quelques pages, il se penche vers le client pour lui désigner du doigts les différentes étapes d'une possession. Le livre a l'air abîmé et d'avoir servi. Sans attendre, il le colle entre les bras du client, hochant la tête vers l'ouvrage.

Ce livre en parle très bien ; surtout les dangers, et comment s'ene protéger. Vous serez surpris à quel point certaines pratiques courantes - comme la purification - peuvent être propices à la possession si l'on est trop faible, il omet volontairement que, parfois, il n'est même pas besoin d'invoquer quoi que ce soit pour être possédé. Entre les démons et les fantômes présents matériellement à Blackwater Falls, le jeune homme aura certainement tôt fait de s'en rendre compte par lui-même. Il est également mention, dans cet ouvrage, des possessions dés la naissance. Il ne parlera pas de ces gens immenses, puissants et colériques à qui il n'arrive jamais rien de bon ; celles-ci sont rarement conscientes de ce qui les habite. Ce sont des choses qui ne sont pas à prendre à la légère lorsque l'on pratique quelconque "arts" occultes.

Il se tait alors, puis réalise que ce gamin l'a un peu trop fait parler. Il sent comme ses lèvres se coudre ; sa respiration ne fait plus le moindre bruit. Il écoute de nouveau le monde autour d'eux, l'oreille tendue vers ce qu'il se passe à l'extérieur ; étrangement, il ne reçoit que le silence.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Mer 31 Jan - 4:12

Il disait ça comme s'il n'y croyait pas ? Et alors ? C'était un problème ? Il avait prévu de crier au monde qu'il croyait aux fantômes, et petit à petit à d'autre chose. C'était son problème si lui était capable de se ridiculiser en ouvrant une boutique occulte, il ne comptait pas en faire autant. Étant donné qu'il essayait de monter une petite affaire de voyance, c'était un peu du foutage de gueule, mais il commençait à devenir un professionnel là dedans. Et puis ok, les esprits tout ça, il voulait bien, les divinités, fallait pas pousser non plus. Non parce qu'Emrys voulait bien croire que les wendigos, les vampires et les démons existaient, mais qu'on aille pas lui faire croire que les dieux aussi, il était pas si crédule non plus. Enfin ce qu'il croyait ou non, n'était pas le sujet, il était plus inquiet de cette histoire de possession. Il était réellement curieux, mais volontairement il pris un air ennuyé, non parce qu'il ne voulait pas un cours d'histoire ou de culture, juste qu'il lui explique comment empêcher que ça arrive simplement. Et puis, il ne fallait pas avoir l'air trop intéressé, c'était un coup à ce qu'il double le prix de ses bouquins ou qu'il essaye de lui vendre de la camelote.

Il n'avait pas non plus envie qu'il lui explique ce que voulait dire possession, c'était assez compréhensible, et il n'avait surtout aucune envie que ça lui arrive. Comment est-ce que ça ne lui avait pas du tout traverser l'esprit ? Ça expliquait peut-être l'aura de certains ? Quoi qu'avec toutes les créatures du coin, rien n'était moins sûr. Toutes l'histoire de rituel le rassura un peu, étant donné qu'il jouait le tout, aucune chance que ça arrive pendant ses fausses séances et le plus proche d'un rituel, c'était quand il avait fait mumuse avec la planche d'ouija, et vu le résultat, il l'aurait su s'il avait été possédé. Emrys se retrouva finalement avec un livre dans les mains, oh, il n'avait pas dit qu'il voulait acheter quelque chose, il se renseignait juste, c'était quoi ce côté commercial là ? Tous les vendeurs du coin étaient bizarre franchement, entre lui et le fleuriste là, fallait commencer à agir normalement un peu, parce que les clients devaient pas venir en masse.

Quoi que le thème du bouquin l'intéressait pas mal, évidemment qu'il n'allait pas lui révéler ça oralement hein, ça aurait été trop facile alors que c'était justement ce qu'il voulait. « La purification ? Vraiment ? » répliqua t'il avec sarcasme. Ce n'était pas son truc de un, et de deux, comment un truc qui était censé purifier pouvait amener à la possession ? Ça n'avait pas de sens, Emrys recommença à se demander s'il ne lui disait pas n'importe quoi, dire qu'il l'avait écouté sans vraiment sourciller, sans douter de ce qu'il était en train de dire alors qu'il avait l'air conseiller le Ouija et que maintenant la possession pouvait arriver pendant une purification, ouais, non, c'était un arnaqueur forcément. Par contre son rôle de vendeur renfermé, mystérieux là, il le tenait bien. Mais son aura là, elle le gênait encore, c'était différent de ce qu'il avait vu avant, il aurait été curieux d'en savoir plus, mais ce n'est pas comme s'il pouvait lui demander de but en blanc. « Je le saurais si j'étais possédé depuis la naissance, mais merci bien pour cette information » Bah oui, parce qu'encore une fois, il pouvait pas simplement lui dire comment l'éviter la possession là ?! « Donc vous êtes un fan de possession, ou vous connaissez juste tout vos livres par cœur ? » Ou bien vous inventez au fur et à mesure selon la tête du client ? Qu'est ce qui pouvait bien pousser un type à ouvrir une boutique occulte ? Emrys en venait à se demander si c'était à cause de ça que son aura était si étrange, à force d'être entouré de trucs bizarres, ou si c'était l'inverse . « Ou mieux c'est parce que vous avait été possédé vous même peut-etre ? » Il eut un sourire forcé, peut-être que c'était ça tout simplement.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Sam 24 Fév - 10:21

« L'éternité est longue quand on marche sans cœur. »
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Un instant éthéré, comme une projection hors du corps, où il prend du recul sur lui-même. Le silence accompagne l'aiguille qui coud ses lèvres ; dehors, plus rien. Comme si le monde s'était arrêté au moment où le sujet de la possession était venu sur le tapis, pour l'écouter peut-être, ou pour le surveiller, le garder d'en dire plus. C'est un domaine qui ne regarde que ceux que ça concerne, pas les mortels trop curieux. Au fond, si quelqu'un s'aventure ici, c'est bien qu'elle a un pied dans le surnaturel, non ? Mircea fronce les sourcils à sa propre pensée. Pourquoi a-t-il ouvert ce magasin, déjà ? Et surtout, quand est-ce qu'il s'est fait porte parole de toutes ces choses surnaturelles qui ne sont pas supposées exister ? À voir le client et ses réactions, il sait que celui-ci n'est pas dupe. Qu'il a beau faire mine de ne croire en rien de ce qui se raconte ici, il sait que quelque chose se trame devant ses yeux sans être capable de dire quoi. Un soupir, inaudible, lorsque le roumain porte ses yeux sur l'ouvrage dans les bras du jeune homme. Trop curieux, celui-là, ça va lui jouer des tours. Les esprits et les chasseurs n'aiment pas que l'on s'intéresse à eux comme ça.

L'espace d'un instant, il se dit qu'il ferait mieux de le prévenir ; puis comme une claque derrière la tête, quelque chose lui rappelle que ce gamin n'en a rien à faire et qu'il préfère faire les choses comme il l'entend. Il n'y a qu'à le voir et l'entendre parler pour s'en rendre compte.

... Il allait répliquer quelque chose, mais opte pour le silence. Ses cheveux de Méduse lui tombent devant le nez, cachent un peu son visage. Petit à petit, il se renferme. La question à l'égard de ses connaissances ne l'aide en rien, et s'il a parlé jusqu'à présent, il se promet que c'est terminé pour aujourd'hui. Haussant les épaules, il se contente de marmonner un simple "je m'y connais". À force d'entendre des histoires, de voir des choses et d'en faire, l'expérience forge la connaissance. Ce gamin le saurait s'il avait ne serait-ce qu'une once de maturité et de clairvoyance par rapport au sujet auquel il s'intéresse.

Tout de même, quelque chose le tracasse.
Dehors, tout est silencieux. Encore. La voix du client parvient à ses oreilles mais pas à son cerveau. Ses propres pensées lui bouchent la route. C'est trop curieux, c'est trop étrange, ce silence dans la rue alors qu'ils sont au beau milieu de l'après-midi. Mircea s'approche d'une des fenêtres carrelées de la pièce, jette un œil dehors. Un épais brouillard s'est levé ; ils sont en mai.

Il y avait du brouillard lorsque vous êtes entré ? Questionne-t-il de sa voix grave. Quelque chose dans son ton trahi sa soudaine inquiétude ; il sort son téléphone médiocre de sa poche, jette un œil à l'heure. Le beau milieu de l'après-midi. Hmr. En se redressant, il range l'appareil et sa main dans son pantalon - ou ce qui s'en rapproche, amas de tissu sombre et vaguement taillé - se masse l'arrière de la nuque. Le premier rayon de soleil fend la brume, dehors, puis petit à petit elle se dissipe. Reportant son regard sur le client, Mircea dodeline de la tête. Rien...

Il a murmuré pour lui-même, comme pour chasser de ses pensées cet étrange sentiment. Ses sens de vampires s'en sont retrouvés comme engourdis, subitement, et il semble pris d'une immense fatigue. Un soupir plus puissant passe ses lèvres et il rejoint le client dans l'allée du rayon. Un rapide coup d’œil à celui-ci : encore et toujours son attitude désinvolte et son manque d'intérêt faux. La question lui revient, comme s'il avait été percuté par un camion au croisement d'une route. Ses paupières papillonnent, il prend le temps de bien réfléchir. S'il est possédé ? Un nouveau soupir.

Excusez-moi, mais je n'ai pas le temps pour des idioties. Si vous avez besoin de renseignements, je suis là, mais si c'est pour mener une enquête pour le journal du lycée ça ne sert à rien de me solliciter. En retournant à son comptoir, les mains dans les poches, il marmonne entre ses dents. Vous me faîtes perdre mon temps.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Mar 27 Fév - 16:40

Il s'y connaissait ? C'était tout ce à quoi il allait avoir le droit ? Évidemment qu'il s'y connaissait, c'était son foutu magasin ! Quoi que ça voulait rien dire, certaines personnes ne connaissaient pas forcément leur boulot, il en avait déjà eu l'occasion plus d'une fois... Donc peut-être que ce type là, n'y connaissait rien, mais se donner un genre, ce silence, cette tête vaguement sombre... c'était pas fini depuis plusieurs années la période émo ? S'il avait été ado pendant ce temps là, il aurait certainement adopté ce style. Non, parce que ce rôle de vendeur sombre et grognon, c'était parfait, ça collait mieux à l'idée de ce genre de boutique qu'un hippie trop à fond sur les cailloux magiques et les attrapes-rêves … mais à ses yeux ce n'était qu'un personnage. Même si cette aura le perturbait pas mal. Emrys jeta un nouveau coup d'œil aux rayonnages avant de jeter un œil en direction de la porte.

Comment ça du brouillard ? Il n'avait pas spécialement fait attention à la météo, mais ça lui disait rien du tout. Oh et puis quelle importance, ça n'avait rien de surprenant vu la ville, le sale temps c'était courant ici, aussi se remit il à passer en revue le titre des ouvrages. Rien ne le tentait. Emrys se retourna vers lui lorsqu'il l'entendit soupirer . Il pouvait se débrouiller tout seul et se passer d'une aide donnée avec tant d'envie. « Une enquête pour le lycée ? Vous m'avez pris pour un journaliste de seconde zone ? » répliqua t'il, avec mépris. Déjà, il n'était plus lycéen, mais en plus, il détestait tout ce qui touchait au journalisme, rien qu'une bande de vautour de plus. Un peu comme les vendeurs de camelote en soit. « Un client vous fait perdre votre temps ? Pas étonnant que l'endroit soit vide, mais il va le rester si vous gardait votre si bonne humeur » Hypocrisie bonjour. Il n'était pas du genre à être plus sympathique, mais son excuse c'est qu'il n'avait rien à vendre lui et il arrivait très bien à paraître plus sympathique avec ses clientes, jouer les jeunes hommes sages c'était étonnamment dans ses cordes et ça marchait plutôt bien.

« Enfin ça me gênerait de déranger le reste de la clientèle, donc je vais suivre votre conseil » C'est à dire le laisser tranquille et se casser, parce qu'il n'avait déjà aucune envie d'être là, mais si en plus sa présence n'était pas requise autant s'en aller. Ce n'est pas comme s'il comptait réellement acheter quelqu'un en premier lieu. Il faillit lui dire d'aller se faire voir ou de passer une merveille journée sur un ton plus qu'ironique, mais finalement choisit le silence et pris la direction de la porte. Porte qui décida à son tour de vouloir lui taper sur les nerfs … Il était du genre agressif dans ses paroles, mais rarement dans son comportement mais à force de tourner la poignée dans le vide, Emrys finit par s'en prendre à elle avec un peu trop de détermination, heureusement qu'il n'avait pas beaucoup de force, parce qu'il aurait eu l'air malin s'il était parti avec la poignée. Mais c'était même pas le problème là. « Vous l'avez fermé à clé votre putain de porte ? » lâcha t'il, suffisamment fort pour qu'il l'entende, et assez énervé pour que ça se ressente à travers sa voix.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Sam 3 Mar - 9:29

« L'éternité est longue quand on marche sans cœur. »
Mai 2017 - Mandragore - Emrys
Les yeux se lèvent au ciel lorsque les fréquences du mépris frappent son dos. Mircea regagne sans rien ajouter de plus son comptoir, glisse déjà derrière - un peu pour se cacher, puis jette une oeillade à son maudit client derrière ses mèches noires. Il est bien trop difficile de faire la conversation à celui-là : le jeune homme ne sait pas ce qu’il veut, ou du moins, ne veut pas de ce qu’on lui propose ici, cherche autre chose. Des clients sceptiques, le roumain en a eu. Peut-être des tas ; les gens ont la fâcheuse mauvaise habitude de se rendre quelque part où ils n’ont rien à y faire pour importuner ceux qui travaillent, y vivent, ou du moins y croient. Personne, pourtant, ne va jamais faire ce genre de choses à un prêtre dans une église. Personne ne va jamais remettre en question la foi et la véracité que ce que prêche un homme de religion directement sur son lieu de travail : ils n’y vont simplement pas. S’il n’y croient pas, ils ne viennent pas. Mircea trouve ça injuste, au fond, qu’il soit forcé de se récolter tous les pince-sans-rire de Blackwater Falls sous prétexte que sa boutique vend des choses auxquelles une majeure partie de la population ne croit pas.

Cependant, le mépris de celui-ci, de sceptique, ne l’agace pas de la même manière que celui d’un autre. Le jeune homme est plein sève, et d’une certaine manière, le renvoi un peu à ce qu’il a pu être quand les choses étaient plus simples. Une forme de mépris échangé, quelque chose d’un peu vache mais pas foncièrement méchant. Pas de son côté, du moins ; le sarcasme du jeune lui fait tirer une grimace qu’il cache directement en enfouissant son nez dans le livre qu’il lisait avant d’être importuné. La sympathie va dans les deux sens, et Mircea n’a pas d’énergie à épuiser pour celui-là qui ne se donne même pas la peine d’être faussement agréable en plus de se cacher derrière des excuses pour prétendre que ça ne l’intéresse pas. Au fond, c’est peut-être ça qui calme le mépris viscéral que pourrait avoir Mircea pour lui : le fait que, simplement, il se cherche des raisons pour s’intéresser à quelque chose qui doit l’angoisser profondément, ou du moins l’intriguer énormément. La curiosité morbide. Sans faire dans la compassion - ça serait trop donné à un type comme celui-là.

Le bruit, en revanche, de la porte qui résiste, du bois qui grince, de la clochette qui se fait violenter, attire instantanément son attention. Jetant un oeil par dessus son comptoir, il fronce les sourcils à l’entente de la remarque : non, il n’a rien fait. Un soupir, il repose son livre à sa place et va rejoindre le jeune clampin incapable d’ouvrir une porte.

C’est une blague ? Il marmonne pour lui-même, bien qu’à l’intention de son client aussi. Il se méfie l’espace d’un instant que ça soit un tour malicieux et qu’il ne tombe dans le panneau la tête la première. De bonne foi, cependant, il invite l’humain à s’écarter un peu. Laissez-moi faire.

Sans doute n’a-t-il pas de force. D’une main sèche, il saisit la poignée et la tourne comme à son habitude. Lorsqu’il tire, rien ne vient ; même son fléau ne peut rien pour lui. Sa force vampirique ne vient pas à bout du bois qui se tord à peine lorsqu’il tire dessus. Prenant une profonde inspiration, il se tourne alors vers le jeune homme, suffisamment agacé pour que tout son être le laisse transparaître.

D’accord, très drôle. Qu’avez-vous fait ? Il questionne alors, supposant que c’est effectivement une mauvaise blague de la part du jeune homme. En se retournant vers la porte, il commence à l’inspecter. Rien de différent que d’habitude, il soupçonne alors vraiment le jeune homme d’avoir des capacités qu’il ne voulait pas mentionner. Ses questions de tout à l’heure font désormais plus de sens dans l’esprit du roumain. Qu’est-ce que c’est, un sort pour sceller une porte ? L’espace d’un instant, il relève son regard vers le jeune homme. Celui-ci n’est pas un démon, non ? Il n’y a qu’eux pour faire de telles choses. Eux, ou des esprits. Et clairement, celui-ci n’a rien d’un esprit.

Comme intrusif pour la première fois, il approche son visage de lui ; du moins, son nez. En prenant une profonde inspiration silencieuse, il atteste qu’aucune odeur de soufre lui parvient. Cette situation est bien trop curieuse, il plisse les yeux et fronce les sourcils lorsqu’il réfléchit. Qu’est-ce qui a bien pu sceller cette porte ? A l’intérieur, aucun sceau, aucune trace de quelconque pierre.

À l’extérieur, en revanche…

Mircea s’avance jusqu’à l’immense baie vitrée dans l’alcôve du magasin. Un rapide regard à l’extérieur, la rue a l’air parfaitement normale. Par terre, rien ; et sur la porte… Rien non plus.

Un soupir exaspéré passe ses lèvres. En se redressant, il hoche la tête vers le jeune homme.

Bon.Vous vous souvenez de ce dont je vous parlais plus tôt ? Entités supérieures et compagnie ? Il croise les bras. Je crois que nous avons à faire à un fantôme.
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MessageSujet: Re: Brutum Fulmen ☽ Emrys   Dim 4 Mar - 10:57

Évidemment que non. Comme s'il avait le moins intérêt à faire une blague de ce genre, lui, tout ce qu'il demandait, c'était se casser, parce qu'il ne savait finalement pas trop ce qu'il était venu foutre ici et que vu la sympathie du vendeur, autant dire qu'il n'avait aucune envie de rester plus longtemps. Donc non, ce n'était pas une blague. « Évidemment, et vraiment très drôle » répliqua t'il en levant les yeux au ciel, sur un ton sarcastique. Emrys de décala, l'air un peu agacé, il savait ouvrir une porte hein merci, mais même si ça l'aurait un peu vexé que lui y arrive alors qu'il avait galéré contre la porte, il aurait tout de même préféré sortir vexé, mais sortir tout court. Mais apparemment, la porte n'avait pas plus envie d'obéir à son propriétaire qu'à lui... Pourquoi est-ce que ça lui arrivait à lui?! Non pas qu'il soit attendu ailleurs, mais quand même, il avait mieux à faire que de rester enfermer dans une boutique occulte avec encore un type bizarre, même si bien moins perché que le fleuriste ... auquel il n'avait d'ailleurs même pas envie de penser.

« Qu'est-ce que j'ai fait ? » Il cligna des yeux, surpris, pardon ?! Qu'est-ce que lui avait fait. « Vous moquez pas de moi, c'est votre magasin, c'est pas comme si j'avais la clé ou quelque chose du genre » Il secoua la tête, énervé. « Et pourquoi j'aurais voulu m'enfermer avec vous » Emrys grimaça, non il n'avait rien fait et n'avait aucune envie de rester ici de toute manière, donc s'il pouvait arrêter de l'agresser alors qu'il était innocent, il n'aurait pas été contre. « Ok, donc maintenant je suis une sorcière c'est ça ? » ajouta t'il, durement, vu ce qu'il avait expérimenté récemment, la sorcellerie n'était vraiment pas quelque chose dont il voulait parler. Mais croire un seul instant qu'il était responsable d'une porte bloquée, fallait pas pousser non plus. Le jeune homme le regarde soudain surpris et il finit par reculer d'un pas. « Vous faites quoi là ? » Pourquoi tous les gens de cette ville étaient si bizarres ? Si peu rassurant aussi. Il était peut-être temps qu'il envisage de déménager...

Mais son air méfiant finit par disparaître, rapidement remplacé par de la surprise. « Pardon ? » Non pas qu'il ne le croit pas, mais c'est difficile de discerner autre chose avec l'aura de ce type, elle est bien plus violente, donc il avait du mal à ressentir autre chose. « C'est un moyen de me vendre une amulette de protection ou une connerie du genre ? C'est vraiment nulle comme technique » grogna t'il, entre ses dents, préférant largement que ce soit vraie, parce qu'il n'était pas venu là pour voir des fantômes, d'autant qu'il n'aimait pas l'idée que l'esprit en question décide de fermer la porte. Pourquoi ? Ça n'avait rien de rassurant et quand bien même jusque là, il n'avait eu aucun problème de fantôme agressif, il y avait bien une première fois à tout ... « Et vous ne pouvez rien y faire ? C'est vous le professionnel de l'occulte là .Vous pourriez quand même arriver à ouvrir une porte non ?» ajouta t'il, avec mépris. Il commençait un peu à être nerveux et sa manière de le montrer c'était souvent d'être plus désagréable encore. C'était un peu sa manière de garder un tant soit peu son sang froid.
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Brutum Fulmen ☽ Emrys

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