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n'oubliez pas que les fantômes et les polymorphes ont besoin d'amour, eux aussi.
nous sommes présentement en juin 2017. l'été arrive en ville, sortez la crème solaire

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 Sirène de Bibliothèque

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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Sirène de Bibliothèque   Sam 3 Fév - 21:52

Beitris "Soyeuse" Quiry
“Une lecture m'émeut plus qu'un malheur réel.”
○ âge › 26 ans ○ date et lieu de naissance › le 15 mai 1992 à BlackWater Falls ○ profession › Bibliothécaire le jour/ Opératrice de téléphone rose la Nuit ○ situation amoureuse › Célibataire ○ orientation sexuelle › Bouquinsexuelle ○ situation financière › Son maigre salaire de bibliothécaire ne lui suffisait pas à entretenir la maison de ses parents, elle a donc opté pour un travail moins rangé mais plus rémunérateur ○don et niveau  › Manipulation Psychique rang.2○ groupe › Paranormaux ○ avatar › Louise Ebel ○ crédit › Photo de Louise Ebel, resizée par moi
Discrète, Anodine, Rêveuse, Déconnectée, Étourdie, Volontaire, Polie, Obéissante, Créative, Passionnée, Voix de velours pour jeune fille "Bien comme il faut", Bordélique, Théïnomane, Lectrice assidue de roman à l'eau de rose, Ecrit des fanfics à ses heures perdues, Adore les chiens et surtout les siens, Préfère la fiction à la réalité...
○comment vis-tu ton quotidien à blackwater falls ? ›
La clé tourne dans la serrure familière. Ce cliquetis sonore de vieille porte usée ne signifie qu’une chose pour Beitris Quiry : elle est à la maison. Elle essuie ses pieds chaussés de souliers vernis sur le vieux paillasson - figurant des empreintes de chiots dans l’encre fraiche- et pousse la porte laquée rouge. Comme un écho bienveillant, la mélodie des griffes dansant le menuet sur le parquet boisé, s’élève. Sonnette d’un foyer tant aimé. La jeune femme franchit le seuil de l’appartement, elle referme loquets et verrous, puis jette son sac en bandoulière dans un coin de couloir. Il est déformé par les trois livres épais comme des bottins qu’elle a achetés plus tôt dans l’après-midi –enfin, hier ; il est près de sept heure du matin de ce nouveau jour.

- Ouuuh mes toutous ! Mes beaux toutous-choux ! Oui, je suis là ! Oui, oui, oui. oui, oui....

A genoux, elle accueille ses trois chiens adorés, les mains en coupe autour de chaque bouille velue, retenant à peine les léchouilles baveuses et enthousiastes de ceux qui constituent sa seule famille. La fête terminée et l’amour distribué, Beitris se redresse avec un petit soupir de satisfaction. Elle abandonne ses chaussures dans le vestibule et s’étire, le temps de quelques pas. Le parfum de son antre est toujours la même : pelage de canidé, chèvrefeuille et cire de bois. Comme un rituel immuable, elle caresse le papier peint défraichi aux motifs fleuris, orange et crème. Vieillot. Elle s’appesantit sur la guirlande d’ampoules multicolores de la commode, encadrant les urnes où reposent ses parents. C’est son autel à elle. Elle allume ces cierges électriques systématiquement avant de partir en fin d’après-midi, afin que Vanille, Chocolat et Caramel n’aient pas à craindre de la nuit. L’esprit de leurs maîtres les veillent.

- Bonsoir Papa, bonsoir Maman.

La rousse retire son gilet mauve brodé aux manches ainsi que la jupe patineuse d’un brun uni qui ceint sa taille. Elle dépose le tout sur son lit, de manière désinvolte. C’est en socquettes, simple chemise et culotte qu’elle gagne la cuisine, s’attachant les cheveux avec un élastique qui a depuis longtemps perdu de son ressort. La vaisselle trône depuis deux jours. Il faudrait sans doute qu’elle songe à s’en acquitter plus tôt que tard. Comme le fait de sortir les poubelles. Mais pas maintenant. Elle ouvre quelques placards, et, de guerre lasse, dégote une conserve de haricots, qu’elle ouvre et déguste à même la boite, à la grosse cuillère. Ses chiens ont encore leur gamelle pleine et elle se contente de renouveler l’eau fraîche de leur auge. Sans grâce ni fioriture, elle s’écrase dans le canapé et empoigne la télécommande. L’écran du téléviseur grésille sur les programmes matinaux ou les nouvelles de la nuit. Beitris n’en a cure, elle active l’option magnétoscope du boitier. Un générique familier, de harpe et de violons, dérape sur une image vaporeuse comme de la barbe à papa. L’épisode N°88 de « l’Hôpital des Palpitants Fissurés » était diffusé hier soir. Sobrement intitulé « Cardiologie de l’amour », il promet son lot de drames et de trahisons autour des bistouris et des lits de draps blancs.

Beitris suçote l’envers de sa cuillère. Elle va probablement s’endormir devant.
Petite chose fluette sur des échasses un peu trop fines, Beitris a des allures d'allumette cassante, toute en finesse adolescente. Elle a cet air de fillette sage, éperdument docile, dans ses petites robes insignifiantes et démodées, noyées en couches sous des lainages informes. Jamais de souliers trop hauts, jamais de vêtements trop moulants. Elle sait porter le tailleur et le col lavallière, mais avec des petites ballerines pour ses pieds menus. Son cou très fin et très blanc, l'ovale régulier et si mignonnet de son visage, les tâches de rousseur clairsemant cette surface de lait comme des miettes de pain de petit Poucet... Beitris n'a rien de sa Voix. Absolument rien. Il y a bien ses lèvres aux rondeurs charnues et régulières qui appellent au baiser et cette chevelure de feu qui attrape le regard. Mais on est vite dérouté par se petit bout de nez poinçonné et ses grand yeux de prairies sauvages, de verts pâturages, d'herbivore effarouché. Ses lunettes sont ses seules protections afin que le monde véritable n'influe jamais sur son imagination.
Discrète jusqu'à la transparence, Beitris affectionne d'avantage les personnages que les personnes. C'est un indécrottable esprit romanesque, farci de fleurs bleues. Sa cervelle vibre de drames terribles qui aboutissent à des fins heureuses. Elle vit dans sa tête et cela lui suffit. La vie réelle est d'une banalité ronronnante. Rien ne ressemble plus à demain qu'hier. Aussi survole-t-elle sa propre existence comme on coche un QCM ou on remplit une grille de mots-croisés. Elle ne dépasse pas de la case allouée mais dans la case elle reste enfermée, sans attirer l'attention. Elle n’est qu'un second rôle, un personnage d'arrière plan dans son propre film. Et croyez-le bien c'est mieux ainsi. Beitris hait les complications, les conflits et les décisions à trancher.

Mais ne dit-on pas qu'à grands pouvoirs, grandes responsabilités ?

Beitris Quiry n'a jamais eu personne a qui parler. Alors depuis toute jeune elle se parle tout haut. Ses livres chéris, elle les a toujours contés. Sa Voix, autrefois fluette et ténue, en a pris le pli, et désormais c'est la tessiture du miel qui coule le long de vos tympans. Son timbre a opté pour la couleur des écrits qu'elle récitait. Sa langue à force de caresser chaque mot, de faire siens des souffles et des gémissements de papier, s'est faite plus tendre. Elle émousse ses coins pour effleurer vos sens, vous faire monter le rouge aux joues. Il fait chaud, même en plein hiver, lorsque Beitris vous parle. Elle n'y peut rien : sa Voix se définit au gré des fantasmes qu'elle profère. Son métier la pousse à des fins érotiques. Et elle pousse celui qui écoute à s'y conformer.

Forte de cette découverte, elle se demande à présent si elle ne peut pas jouer les héroïnes, du moins rien qu'avec le son. Désespérée par le manque d'argent pour conserver le seul lègue familial - une petit bicoque du vieux quartier - elle s’est décidée à être un peu moins sage et à user de ses capacités. Miss Quiry a une voix au timbre velouté, une voix de femme en guêpière rouge qui balance sa croupe devant votre palpitant afin d’en redéfinir le battement, calant les pulsations de vos valves cardiaques -comme de votre entrejambe - à la mesure de sa grâce satinée.
Beitris a une voix de traînée.
Les hommes réagissent tous de la même manière. Leurs fantasmes sont d’un ennui au point qu’elle trouve le bottin plus passionnant à compulser. Leur mécanique est d’une simplicité enfantine, trois boutons , tout au plus, sur lesquels appuyer. Les trilles à composer de sa voix de sirène. Après tout, ils ne diffèrent guère des chiens qu’elle flatte en rentrant chez elle. Soyez conquis, donnez votre monnaie.

Soyeuse vous écoute.
Soyeuse vous parle.


Et personne ne sait qui c'est...


○ 15 mai 1992 › Naissance de Beitris Zélia Louison Quiry. Ses parents, des petites gens ordinaires et bien pensants, ont habité Blackwater Falls toute leur vie et n'ont jamais éprouvé l'envie d'aller voir ailleurs. D’ ailleurs, la gestation de leur progéniture leur ayant coûté trop d’efforts, ils ne tenteront pas l’expérience de la parentalité une seconde fois. Beitris restera fille unique.○ septembre 2010 › Scolarité exemplaire, gamine studieuse sans être réellement brillante. Elle entre en Lettres Modernes à l'université d'Alberta. Elle peine à faire valoir sa présence sur les bancs de l’amphithéâtre. Elle ressemble à une petite souris, au pelage tacheté, pas assez mignonne pour être regardée, pas assez intelligente pour être gratifiée. Oubliable. Alors, la jeune femme et sa petite banalité préfèrent la compagnie des livres. Lorsque la Bibliothèque et ses grandes sagas romanesques pleines de héros au grand coeur et d’histoires d’amours indéfectibles, ne lui suffisent plus, elle jette son dévolu sur la télévision, accédant au Graal des feuilletons à l’eau de rose. ○ Juin 2013 › Pour fêter son diplôme ses parents lui offre un corgi qu'elle prénomme avec une folle originalité : "Caramel". Il agrandit le cercle canin déjà composé de Vanille (golden retriever) et de Chocolat (rottweiler).  ○ Aout 2013 › Beitris est embauchée à la bibliothèque de Blackwater Falls ○ 24 janvier 2015 › Ses deux parents meurent, bêtement, dans un accident de voiture. Ils laissent à leur fille, leur maison  -qui nécessite d'être rénovée- du quartier historique, leurs chiens et une certaine angoisse de prendre l'automobile. ○ Novembre 2015  › Beitris n'arrive pas à joindre les deux bouts avec son maigre salaire de bibliothécaire. Elle découvre son don lors d'une agression , un soir en rentrant chez elle  ○ 1 janvier 2016 › Après quelques mois de tergiversations et d'essais, elle parvient à mieux comprendre son pouvoir et décide d'en user à des fins lucratives. Elle décide de mettre à profit ses permanences solitaires à la Bibliothèque pour lancer son activité de "téléphone rose" via internet et... Le projet fonctionne. ○ De nos jours ›Miss Quiry mène sa double vie le plus discrètement du monde. Elle n'ose pas pousser les investigations sur ses capacités plus loin et se cantonne à faire fantasmer ses clients. Jusqu'à quand cela pourra-t-il durer ?
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Sam 3 Fév - 21:52


[Disclaimer : à ne pas lire si vous ne vous sentez pas à l'aise avec le sujet. Il s'agit d'une agression à caractère sexuelle (évoquée à demi-mot, mais tout de même). ]


Miss Quiry a un dilemme. Un très gros dilemme.

Aujourd'hui, c'est lundi, jour de librairie. Ce midi, elle a fait l’acquisition de deux livres qui pèsent leur poids dans son sac en peau de daim, légèrement tanné aux entournures. Elle devra choisir d'ici la fin de son service lequel de ces deux chef-d’œuvres elle ouvrira en premier, de ses menottes empressées.
Le tome n°15 " du "Lac des Demoiselles" - intitulé avec un sens cruel de la mise-en-bouche : "Sois mon fourreau."- était un favori tout désigné dans cette compétition littéraire d'une âpreté sans nom. Le volume précédent s'était terminé sur une note insoutenable, juste au pied de l'autel devant réunir pour l'éternité Gwendy et Arthur sous les yeux d'un Lance au comble de l'apoplexie.
Pourtant, c'était sans compter le premier tome aguicheur de "Passion Fantôme" dont le résumé lui avait mis l'imagination en ébullition : deux frères fusionnels, chasseurs de spectres, maudits par le destin -et une autrice sournoise- à ne jamais vivre une relation hétérosexuelle jusqu’au bout.
Beitris, le coeur en émois, avait survolé sa journée de travail sans rendre compte de ce qui se jouait autours d'elle. Et c'est avec le même minois concentré, qu'elle sort à 23h, dans sa robe pastel à pois blancs, un gilet retroussé au manches discret, et une paire de tennis toilées du même bleu tendre.

Un bras la happe, la sortant de ses débats tout intérieurs, la forçant à contempler une réalité brute.

Elle s’est toujours efforcée de ne jamais la regarder en face, celle là, comme une dame un peu trop courte vêtue pour sa pudeur. C'est moins la peur qui la fait réagir, dans un premier temps, que l'irritation guindée. Elle a des livres à lire, une intrigue à compulser ! Un dilemme, Nom de J.K. Rowling ! C'est IM-POR-TANT !
"Que veux-tu Réalité ?" a-t-elle envie de s'agacer face à son envoyé : un homme titubant, au regard louche.

- C'est toi...

Miss Quiry hausse un sourcil.

- Vous faites erreur, Monsieur, répond-t-elle très poliment en battant de ses longs cils roux derrières ses verres de correction.
- Tu t'en souviens pas, hein ? Tu te souviens pas de moi... Il lui caresse la joue. Ta peau est douce, Beitris.
- Vous me trouvez douce? questionne-t-elle avec un étonnement sincère.
- On était à la fac ensemble...

Il ne sent pas très bon, quelque chose entre l'urine un peu rance, l'alcool non dilué et la sueur de slip mouillé. Beitris en fait abstraction pour mieux l'observer. Il a l'air fatigué, cabossé. Une vieille voiture qui a vu trop de chocs, connu bien des mauvais conducteurs, juste assez d'autostoppeurs pour chauffer le cuir de la place du mort, personne daignant rester pour réparer ce moteur qui fuit et ces pneus qui n'adhèrent plus. Il pue la misère affective à plein nez. Inconsciemment, elle commence à lui broder une histoire, tragique, d'homme riche en déchéance, d'amoureux transi et refoulé par sa belle. D'âme en perdition dans son chaos de drames. Des belles résidences au caniveau il n'y a finalement qu'un pas pour les princes.
Et puis, il a dit qu'elle avait la peau douce.
C'est gentil.

- T'étais si effacée Beitris. J'aurais jamais pensé que t'étais aussi chaude...
- Il parait que c'est de famille. Papa n'avait jamais froid. Une vraie bouillotte ! Un ange passe. Ce n'est pas ce que vous vouliez dire... qu'elle réalise sur le tard.

Elle a une expression soucieuse qui flirte avec la pitié.

- J'aimerais bien dire que je vous reconnais, mais sincèrement rien ne me rev... Oh !...Gni !

Elle sursaute, quand il se colle contre elle. Elle recule un peu, effarouchée. D'aussi près son odeur est âcre et un peu suffocante. Il gémit tout en se frottant à elle, on dirait un chiot qui fait ses premières chaleurs. C'est très désagréable, un peu moite dans son cou, un peu sale sur sa robe. Cependant, Beitris sait reconnaitre la souffrance d'un protagoniste de soap-opéra quand elle en a un devant les yeux. Un camarade perdu de vue qui la retrouve après tout ce temps, c'est forcément là un artifice de scénario fort bien ficelé. N'en déplaise au bon sens qui voudrait qu'elle écoute son angoisse et se mette à hurler, elle préfère porter secours au malheureux, qu'appeler à l'aide. Beitris Quiry ne saurait passer à coté d'une bonne histoire.
Et c'est un très bon début d'histoire.

- Oh Beitris, sois une gentille fille....

Le bonhomme se fait insistant. Les bras menus de Beitris se rabattent, maladroitement sur les épaules de l'homme en impair. L'esquive prend l’agresseur au dépourvu. Beitris se sent calme, très calme, soudain. Elle sait ce qu'elle doit faire, d'instinct.

- Là, Là...Tout va bien,
dit-elle en essayant d'ignorer l'huile de cette tignasse emmêlée qui lui colle aux paumes. Elle lui frotte le dos, rassurante. Sa Voix de velours, sa Voix d'amour, murmure : Je me souviens de toi, tu te destinais à reprendre l'entreprise de ton père, fier et vaillant petit héritier. Tu étais beau et clinquant, narre-t-elle, Tes boucles blondes reflétaient le soleil de nos jours sereins, telles des blés bien murs.
- Hein ?

Son agresseur s'agite mollement. Indifférente à son incompréhension, elle continue sa petite histoire.

- Tu devais aimer le criquet, ou bien le base-ball. Tu as toujours été très distingué. L'uniforme nimbait tes épaules carrées avec allure. Tu vivais de rêves, d'ambitions et d'espoirs. Tu faisais vibrer les autres autour de toi. Un vrai roi...

Les frottement libidineux ont cessé. L'homme écoute, le nez enfoui dans le cou de la conteuse, tel un enfant apeuré par l'orage.

- Il y avait bien cette jeune fille, discrète, que tu aimais regarder à la dérobé. Une enfant ni de ton rang, ni de ta renommée, pâle et délicate fleur indienne, à la peau bien plus douce que la mienne...

Quelque chose est en train de moudre, en lui, grain par grain. Alchimie fluide du verbe et de l'infinitésimal, Beitris parle. Et lorsqu'elle parle, les étoiles se taisent. Tous lui apparaît plus clair, tout est infiniment petit. Il suffit de chanter dans le sens de la rivière, ces quelques palabres pleines de magie. Elle sent sous la modulation de chaque syllabe, qu'elle pétrit un peu de cette âme perdue. Elle éprouve, presque, le granuleux minuscule - microscopique - qui compose cet être de matières et d'humeurs irrégulières. Ça roule sur le duveteux de sa langue. Chaque mot lui semble porter ses fruits, et mures, ils tombent et dégorgent leur pulpe de sérotonine loin des neurones de l'égaré.

- Qu'est-il arrivé à cet adolescent fougueux, à ce petit prince glorieux ? L'Amour t'a-t-il aveuglé ? Ou bien ton père t'a-t-il obligé à épouser cette femme que tu n'as jamais aimé et à commettre ces enfants dans ce con dépourvu de passion, cette matrice choisi contre ta volonté, aussi froide qu'une aciérie, pour forger le futur de ta lignée. Ton coeur est vide, si vide. Pauvre de toi...

Quelque chose suinte sur sa peau pâle, mais ce n'est pas de la salive. Juste des larmes. Beitris relève la tête de l'homme en impair entre ses mains fuselées. Les trapèzes du mâle tremblent sous le tissus. Le chagrin agite son visage dévasté. Beitris dégage quelques boucles grasses.

- Co.. Comment... ? Que dois-je faire ?
essaie d'articuler le dépressif, entre deux bouffées de sanglots.
- Shhhht... Fait Beitris en posant son index sur sa bouche. Reprends-toi en main, tu peux encore devenir le champion de criquet que tu as toujours voulu. Écoute ton coeur. Par en quête de ta princesse, dès à présent.Tu es un prince, tu entends ?
- Je suis un prince, répète l'homme, un peu hébété.

Beitris s'écarte de lui, farfouille dans son sac et trouve un mouchoir. Avec douceur, elle le dépose dans la paume du malheureux, non s'en s'être essuyée préalablement.

- Au revoir, prends bien soin de toi, cher prince.

Elle s'en va, trottine de quelques petits pas légers. Il lui semblait avoir eu peur, il lui semblait avoir voulu crier. La jeune femme regarde ses mains en fronçant les sourcils. Elle aurait du se faire violer. Elle ne saisit pas bien ce qui a pu se passer. C'est si vulgaire un viol, si facile comme ressort. L'histoire lui parait bien meilleure de cette façon. Ce n’est pas si grave si le scénario laisse un certain flou sur les détails. C'est là le sel des meilleurs développement ! Elle hausse les épaules en atteignant le coin de la rue, évacuant l'incident qu'une bonne douche achèvera de classer dans l'oubli.
Soudain son sourire s’affaisse.

Miss Quiry a un dilemme. Un très gros dilemme.
Elle a deux livres dans son sac, et elle n'a toujours pas choisi.
fiche (c) blue walrus
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Sam 3 Fév - 22:12

JE SUIS LA PREM's a poster ici! Re-re-bienvenuuue ma loutre!
*lui balance une pile de livre* Aaaah Beitris, Beitris... Ce personnage tellement fabuleux! Vivement ta validation, j'adore férocement ce personnage
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Dim 4 Fév - 8:31

J'aime beaucoup ce que j'ai lu ici bienvenue à nouveau dans le coin :D
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Dim 4 Fév - 11:41

Citation :

Il ne sent pas très bon, quelque chose entre l'urine un peu rance, l'alcool non dilué et la sueur de slip mouillé. Beitris en fait abstraction pour mieux l'observer. Il a l'air fatigué, cabossé. Une vieille voiture qui a vu trop de chocs, connu bien des mauvais conducteurs, juste assez d'autostoppeurs pour chauffer le cuir de la place du mort, personne daignant rester pour réparer ce moteur qui fuit et ces pneus qui n'adhèrent plus. Il pue la misère affective à plein nez. Inconsciemment, elle commence à lui broder une histoire, tragique, d'homme riche en déchéance, d'amoureux transi et refoulé par sa belle. D'âme en perdition dans son chaos de drames. Des belles résidences au caniveau il n'y a finalement qu'un pas pour les princes.
Et puis, il a dit qu'elle avait la peau douce.
C'est gentil.


quelle claque, ce personnage !
et quelle écriture, mamamia je vais aller lire tes 2 autres personnages et je reviendrai te poker pour des liens, compte sur moi.
(re)bienvenue, du coup
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Dim 4 Fév - 14:45

la voilà j'ai bien hâte de découvrir tout ça
rebienvenue chez toi
bon courage pour cette nouvelle fiche I love you I love you

_________________
i have waited, i have waited. takes it's toll, my foolish pride, how long before I see the light? i have waited, i have waited for you to lay me down.
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human ○ drink the water
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crédits : avatar (c) hallows – signature (c) lp, tumblr.
MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Dim 4 Fév - 19:20

geeeeeeeeeeenre, j'ai même pas eu le temps de venir te dire rerebienvenue quoi. non mais, ce personnage de fou, et puis ta plume, genre, je meurs. I love you I love you I love you c'est parfait, j'adore beitris, elle est tellement cool sérieux. je te valide de ce pas, du coup, tout est bon.
(à paaaaaart que tu dis à la fin de ton histoire qu'elle reprend le métro, mais y a pas de métro à BF, je tiens juste à préciser aha )

congratulations !
Oh yeah, ça y est, te voilà validé ! Maintenant que t'as ta couleur et ton groupe, les choses sérieuses peuvent enfin commencer.

Pour commencer, on te suggère fortement d'aller jeter un oeil au registre des avatars, pour être bien sûr qu'on n'aurait pas oublié de le recenser en même temps que de te valider. Après ça, n'hésite pas à visiter toutes les rubriques ci-dessous, histoire de te familiariser avec le forum, et d'intégrer ton personnage au jeu. N'hésite pas non plus à investir le flood ! Et si tu as besoin de quoi que ce soit, n'oublie surtout pas que Riley et Eli te sont entièrement dévouées (ou presque), et que leurs boîtes MP sont grandes ouvertes ! I love you

Sur ce, on te souhaite un excellent jeu sur RAISE HELL.
(c) blue walrus

_________________

i will ask you for mercy, i will come to you blind. what you’ll see is the worst me, not the last of my kind. in the muddy water we’re falling, so hold me now.
▲▼▲

keur keur :
 

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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   Dim 4 Fév - 19:49

Olalalala ça a été hyper vite ! !

Merci tout plein ! Merci pour vos messages super gentils et votre enthousiasme !
Shio, toi même tu sais   ! Merci ma douce  
Sara, on RP quand tu veux avec le plus grand plaisir !
Lenny et Icha', merci pour votre gentillesse Je corrige pour le métro, immédiatement !

J’espère que ma petite Beitris aura une belle vie parmi vous !
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MessageSujet: Re: Sirène de Bibliothèque   

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Sirène de Bibliothèque

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