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on vous invite à privilégier les fantômes, les médiums et les immunisés psychiques
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 "Fortress" {Earl & Ciulin}

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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Mer 14 Fév - 6:27


Every fortress falls
It is not the end, it ain't if you fall
But how you rise that says who you really are
So get up and go through
If ever your fortress caves, you're always safe in mine




Il fait jour.
Il est temps pour moi de rentrer. Mes pieds me mènent naturellement à "sa" maison. C'est étrange, c’est le seul endroit  où je me sente à l'aise. Shioban m'en voudrait si je lui avouais.

Après notre rencontre, au cimetière, revenir le voir était devenue une routine aléatoire. Aussi paradoxaux que soient ces deux termes, c'était pourtant les seuls qui parvenaient à décrire l'étrange relation qui s'était instaurée entre nous. J'allais et venais, comme bon me semblait. il m’accueillait toujours avec un sourire, ses grand yeux tristes et ses genoux. Il ne posait que peu de questions. Je lui revenais très souvent esquintée et pourtant il s'affairer à me panser sans justification. Nous parlions parfois, souvent à mon initiative, jamais de choses trop graves, ou trop importantes. Cette familiarité acquise détint de son bureau à chez lui. M'invitant comme un matou sauvage, je passais par la fenêtre ou par la porte, selon l'humeur. Plus d'une fois il m'avait retrouvée, étalée dans son lit, par dessus la couette, le pif collé entre ses omoplates comme le ferait un gosse qui a eu une nuit agitée.
Et c'était toujours le cas, en vérité.
Chasseuse noctambule, nous nous croisions parfois à l'aube, pour un café et quelques tranches de bacon grillés. Jamais deux jours d'affilé. Je mettais un point d'honneur à ne jamais être trop régulière. Son chat ne pouvait pas me sentir, mais nous avions fini par trouver un semblant de trêve quand il eut la certitude que rien ne volerait son état de roi du "catclub".
Et, ainsi, je revenais toujours.

Je réalise que ça fait au moins deux semaines que je n'ai pas vu sa trombine de cabot malheureux. Je prends pleinement conscience qu'il me manque. Je ne sais pas définir ce qui m'attache à Earl. C’est à la fois très simple et très touffu à la fois. Ce qui est agréable c'est qu'aucun de nous n'éprouve le besoin d'y mettre des mots. C’est reposant.

Il fait encore frais à cette heure. Le soleil de juin ne nous plombe pas encore. Les fenêtres sont ouverte pour aérer. J'escalade le rebord de l'une d'elle et je l'enjambe. Je dérange "Minet" qui bouffe, la truffe collé dans la gamelle.

- Salut pisoi !

Il me répond d'un feulement désapprobateur.

- Azy ! comment tu fais ta sucrée ! T'es pas content d'me voir après tout ce temps?! dis-je en cabotinant ma peine, tout en choppant du jus d'orange dans le frigo. Je bois à même le goulot. L'est où Earl ?

Je m'aventure hors de la cuisine en quête du proprio.
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Mer 14 Fév - 7:13

Le soleil tape.

Je regarde l'horizon, sourire collé sur ma face d'ange. Il ne faut pas beaucoup pour qu'une main m'attrape la jambe pour me faire tomber du canot où je m'étais posé. Je manque d'équilibre, mais reste ancré sur l'embarcation et regarde qui est la douce sirène blonde qui a tenté de me faire chavirer. Elle me sourit avant de replonger dans l'eau turquoise. Je rigole avant de retirer mes vêtements pour la rejoindre. Et puis… au moment de mettre la tête sous l'eau, le temps s'agite, il fait soudainement noir. Je tente de remonter tant bien que mal, mais mes pieds touche le sol… attendez… le sol ?

Je respire, c'est de l'air… Je suis de nouveau sur la terre ferme et il fait froid. Je me regarde, un instant et je me retrouve habillé comme à mon habitude. Où est donc passé la plage ? La barque ? La sirène ? Je me retourne pour analysé mon environnement angoissant et voit juste deux crocs et des yeux fous qui luisent dans la nuit… Je recule par peur et appréhension. Je reconnais ce visage, ce visage qui s'approche, en colère. Lui… De nouveau lui. Il fonce sur moi, sans préavis et mord mon épaule avec force. Je ne peux que crier sous la surprise et pourtant… je ne m'entends pas… Je ne m'entends pas…


~*~

Tu ouvres les yeux rapidement et te relève de ton fauteuil, faisant tomber ton livre. Ton épaule te fait grimacer sous la douleur et tu retombes en position assise… Tu secoues la tête et regarde où tu es… ton salon… Oh… Encore un cauchemar… Encore ce foutue cauchemar en boucle. Tu soupires et éteins la musique qui t'avais jusqu'à là aidé à trouver le sommeil. Tu tentes de rattraper ton livre jusqu'à ce que tu entendes ton chat fueuler.

-Loki ?

Etrange. Lui qui est si doux normalement. Au bruit il a du monter sur le frigo. Mais pourquoi ? Un oiseau est passé par la fenêtre ? Un autre chat ? La tête d'un chien ?

- Azy ! comment tu fais ta sucrée ! T'es pas content d'me voir après tout ce temps ?! L'est où Earl ?

Cette voix… C'est bien un autre chat qui est passé, mais pas celui qu'on croit. Tu te relèves un peu, mais non. Ton épaules blessée te relance. Décidément. Le médecin avait dit encore deux semaines… tu doutes un peu. Tu regarde donc la porte de la cuisine sans bouger, écoutant attentivement ce qu'il s'y passe. Elle a du piquer encore un peu de jus d'orange dans le frigo. Un sourire s'affiche sur ton visage.

-Je suis là Ciu…

Tu te masses un peu la nuque avant de pouvoir sortir de ce fauteuil.

-Je venais juste de sortir de ma sieste. Fait comme chez toi, j'arrive.
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Mer 14 Fév - 10:05

Une musique jazzie qui souffle quelques notes douces, une fragrance de thé et de bouquins, pas de doute, on est chez Earl. Je largue mon paquetage dans un coin de couloir. Le disque s'arrête, le timbre si particulier du bel anglais s'élève du salon.

- Je suis là Ciu…

Je parie qu'il s'est encore endormi sur le canap', comme un bon petit papy. Si il a des charentaise, je ris.

- Je venais juste de sortir de ma sieste. Bingo ! Je m'appuie sur l'encadrement de la porte, le bidon de jus de fruit pendu mollement à ma main, sourire goguenard. Fait comme chez toi, j'arrive.
- J't'ai pas attendu, vieux !

Mon regard tombe alors sur son bras en écharpe. Une poigne glacée m'étreint le palpitant. Mon expression se durcit alors que j'abandonne la bouteille sur un meuble quelconque.

- C'est quoi c'bordel ? Tu t'es fait ça où ?

Ou qui lui a fait ça.
Je dois avoir ma gueule patibulaire de chasse et les yeux froids de celle qui va défoncer des trognes. Je perçois vaguement que ça provoque unmalaise.

-  Reste assis, p'tain !  dis-je "un peu" plus douce en le forçant à retourner au canapé. Il a sa sale tête des jours où le sommeil ne veut pas. Où il fait ces cauchemars qui le font chialer et qui l'aspire dans le mutisme. Ok... Plus jamais j'te laisse tout seul plus de deux semaines. T'as un bras cassé et une foutue gueule de déterré.

J'esquisse un sourire de sale gosse.

- Avoue qu'tu peux plus dormir sans moi, en fait. Haussement de sourcils suggestifs. Y'a pas de honte à avoir, t'sais ! Demande, j'm'frais un plaisir de te servir de doudou.

Ricanements, je lui ébouriffe sa tignasse bouclée.

- Bon, c'est moi qui fait le p'tit déj' du coup ! Je prend des airs de maître d'hôtel et j'essaie de singer son accent de roast-beef. Si Mister Tierney veut bien se donner la peine de m'exprimer ses préférences ?

Tentative pour lui grappiller un sourire. Il a de si beaux sourires quand il les laisse s'aventurer sur son visage.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Mer 14 Fév - 16:10

- J't'ai pas attendu, vieux !

Évidemment. Elle n'attend jamais et d'une part cela fait parti intégral de son caractère. Ce serait limite triste de changer tout ça, tu t'y étais habitué. Et puis ce serait tous aussi étrange d'un certain point de vue. Puis ses piques verbales qu'elle envoie, sa façon de bouger, gesticuler, d'être si.. simple et différente de tout ce que tu avais pu connaître. Tu as à peine le temps de lever la tête qu'elle se trouve déjà dans le salon et qu'elle te regarde, les yeux noirs de colère. Hein ? Ah oui, ton bras. Elle n'était pas au courant.

- C'est quoi c'bordel ? Tu t'es fait ça où ?

Tu déglutis un petit peu. Elle est bien plus maligne et plus forte voire plus têtue que Lawrence. Pas sur qu'elle se fasse avoir mais qu'importe. Tu ne veux pas non plus la mêler à ça. Quoi qu'en parler te ferrais peut-être du bien, mais… te croira-t-elle ? Après tout tu n'as pas vu grand-chose non plus, ce ne sont que des brides de mémoires que ton cerveau tente de rassembler comme il peut.

-  Reste assis, p'tain ! Ok... Plus jamais j'te laisse tout seul plus de deux semaines. T'as un bras cassé et une foutue gueule de déterré.

Tu lâches un petit rictus nerveux. Une gueule de déterré pour quelqu'un qui les fout sous terre ou de nouveau sur terre. C'est une blague à mourir de rire. Tu restes donc assis, sans rien dire pour le moment. Le temps qu'elle se calme un peu et tu pourras lui répondre. C'est toujours comme ça.

- Avoue qu'tu peux plus dormir sans moi, en fait. Y'a pas de honte à avoir, t'sais ! Demande, j'm'frais un plaisir de te servir de doudou.


Tu allais dire quelque chose, mais Loki avait décider de bouger pour se mettre au soleil sur la table du salon. Tu vas pour le caresser et c'est à ce moment là que le chaton vagabond fait de même… sur ta tignasse. Tsss. Cette gamine j'vous jure. Mais tu l'adore comme ça. C''est ton remède. Et tu es le sien. Simplement. Un protecteur et une sorte de fontaine de jouvence. Purement amicale.

- Bon, c'est moi qui fait le p'tit déj' du coup ! Si Mister Tierney veut bien se donner la peine de m'exprimer ses préférences ?

Tu rigoles un peu avec son imitation d'accent tout à fait adorable et parodique. Mais ça fait du bien de sourire un peu.

-Apporte moi juste la boîte à cookie qui traîne sur la table, j'ai déjà pris mon thé. Prend ce que tu désires et vient. Je crois qu'on a des choses à se raconter depuis.

Tu attends qu'elle vienne et qu'elle se pose pour commencer. C'est mieux ainsi. Tu préfères réellement commencer avant qu'elle t'assassine de question sans réponse. Un regard sur ton bras… et...

-Je… officiellement je suis tombé dans mon escalier en ratant une marche. Mais je sais que tu ne me croiras pas quoi que je dise. Et pour ma mine de cadavre… oui je fais quelques cauchemars récurrents depuis mon… accident...
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Jeu 15 Fév - 3:28

-Apporte moi juste la boîte à cookie qui traîne sur la table, j'ai déjà pris mon thé. Prend ce que tu désires et vient. Je crois qu'on a des choses à se raconter depuis.

Je prends le temps de détailler son expression. C'est rare cette gravité. La dernière fois que je le lui ai vu, c'était à notre première rencontre. La seule fois où il m'a causé d'Anna. Il avait pleuré.

- Cookies, sa mère !
Que je lui rétorque. Quand on souffre de blessure on fait gaffe à l'alimentation. T'inquiète, prietenul meu, je gère !

Je retire mes godasses à l'arrache qui s'échouent à l'entrée de la cuisine. Curieux, Loki vient les renifler. Il s'est fait à mon odeur, ce con là, il feule juste pour m'emmerder. Je farfouille dans le placard et le frigo. Earl entend des claquements de porte et des bruits de couteau. La cafetière moud peinarde en fond sonore. J'y vais pas avec tendresse, retrouvant les gestes pratiques de l'athlète.
Je nous reviens avec un plateau garni : Deux coupes de salades de fruits -pomme-kiwi-orange-, un ramequin de noix et de carreaux de chocolats noir mélangés à du yaourt, une tasse de café pour moi, une de thé avec un bâton de cannelle dedans et du jus d'orange pressé à mano.

- T'es en phase réparatrice, mec ! Faut que tu bouffes, sinon tu vas générer du stress qui va ralentir ta guérison. Produits laitiers pour le calcium, fruits frais pour la vitamine C, chocolat noir et cannelle pour le fer. Et tu vas me faire le plaisir de bouffer du poisson gras à la pelle. T'as besoin de collagène.


Je lui pose derechef le bol de muesli maison entre les doigts puis je m'assoie en tailleur sur le fauteuil d'en face et je commence à grailler. D'un encouragement du pif, je l'invite à faire de même.
Il cherche ses mots.

-Je… officiellement je suis tombé dans mon escalier en ratant une marche. Mais je sais que tu ne me croiras pas quoi que je dise. Et pour ma mine de cadavre… oui je fais quelques cauchemars récurrents depuis mon… accident...
- T's'rais étonné de c'que chuis capable de croire.

L'étrange, pour moi, c’est du concret quotidien. De nouvelles portes s'ouvrent tous les jours, agrandissant mes perspectives vers l'infini et toute son horreur.

- J'ai découvert récemment que les pouvoirs psy, c'tait pas des blagues. Je regarde le fond de mon bol de fruits. J'connaissais quelqu'un qui pouvait voir l'avenir. Elle est devenue folle et elle s’est pendue...

Maria, la mère de Shioban, était une ghicitor : "une devineresse". Son écriture torturant le carnet rouge de visions funestes me reviennent avec la force d'une claque. Et le corps nu et alangui de Shioban avec. Je suis le plus mauvais petit ami du monde, putain...
Attends...C'est ça que je suis ?! L'angoisse.
Je m'essuie la bouche du pouce. Mes yeux se plantent dans ceux d'Earl.

- Il va falloir que je te dises pas mal de trucs, moi aussi...

Il mérite la vérité autant qu' "Elle".
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Jeu 15 Fév - 12:52

- Cookies, sa mère ! Quand on souffre de blessure on fait gaffe à l'alimentation. T'inquiète, prietenul meu, je gère !

Ah. Tu lèves le regard et t'as même pas le temps de répliquer. De toute façon, ton chat pense que tes cuisses sont mieux pour lui que la table. Tu n'entends que la cuisine qui s'agite sous les coups calculés de la petite roumaine. Tu fronces les sourcils en essayant de comprendre ce nouveau mot qu'elle te sort. Cela doit pas être bien compliqué, mais bon. Au final elle revient avec un plateau plein et un thé à la cannelle pour toi.

- T'es en phase réparatrice, mec ! Faut que tu bouffes, sinon tu vas générer du stress qui va ralentir ta guérison. Produits laitiers pour le calcium, fruits frais pour la vitamine C, chocolat noir et cannelle pour le fer. Et tu vas me faire le plaisir de bouffer du poisson gras à la pelle. T'as besoin de collagène.

De nouveau un rire avant que tu te lances dans la discussion sérieuse. Elle mange et t’invite à faire de même. Tu ne te fais pas prier pour le moment, et sa salade de fruit est délicieuse.

- T's'rais étonné de c'que chuis capable de croire.

Tu la regardes, un instant. Tu aimerais la croire. Tu manges doucement et attend patiemment. Elle pourrait t'aider ? Qui sait ? Après tout tu n'as jamais vraiment demandé grand-chose sur son passé et elle non plus sur le tien. C'est peut-être le moment de poser carte sur table.

- J'ai découvert récemment que les pouvoirs psy, c'tait pas des blagues. J'connaissais quelqu'un qui pouvait voir l'avenir. Elle est devenue folle et elle s’est pendue…
-Cette femme… avait la clairvoyance… je… Je connais ça..

Tu manques de t'étouffer un instant et pose ta salade de fruit sur la table. Tu peux comprendre ce choix. Si tu n'avais pas eu ta grand-mère et cette professur tu aurais sûrement toi aussi finis dans un asile ou le flingue de ton père dans la bouche qui sait… Tu ne veux même pas y repenser au final. Tu soupires un peu. Pauvre femme. Si elle avait eu un peu d'aide…

- Il va falloir que je te dises pas mal de trucs, moi aussi...

Tu baisses la tête sur ton chat… Lui au moins il s'en fout de tout ça, de tout ce monde qui tourne à l'envers, de toute cette violence… Tu soupires.

-Laisse moi commencer Ciu s'il te plait… Ce sera plus simple après pour moi…

Tu réfléchis un instant. Il faudrait que tu te lèves et… entre ton épaule et le chat… Tu soupires de plus belle.

-Attrape l'album de cuir marron qui traîne à côté d'Henry V… C'est… à mes parents… Mais au moins tu comprendras le début de l'histoire.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Jeu 15 Fév - 14:57

- Cette femme… avait la clairvoyance… je… Je connais ça..

Je marque un temps d' arrêt. Il semble chamboulé.
Ma cervelle relie les points et reforme le puzzle : les cauchemars, l'extrême fatigue, le choix d'un métier isolé et isolant... Merde. MERDE ! Earl est un ghicitor lui aussi ? J'ai du mal à me composer un visage qui ne soit pas choqué de l'épiphanie. Je reste en suspend, n'osant pas demander confirmation.
Et soudain tout sort de ma gueule comme de la bouillie.

- Tu vois des trucs ? Tu les consignes quel'qu'part ? ça t'arrive que quand tu pionces ou.. en pleine journée ? C'est si réel que ça ? Tu fais comment pour savoir qu'c'est...

Dégueulis de questions.
Logorrhée agressive.

- Laisse moi commencer Ciu s'il te plait… Ce sera plus simple après pour moi…
- O.. ok ! S'cuse...
- Attrape l'album de cuir marron qui traîne à côté d'Henry V… C'est… à mes parents… Mais au moins tu comprendras le début de l'histoire.

Je m'exécute, trouvant l'objet sans difficulté. Je lui tends et je m'assoie d'une moitié de fesse sur le bras de son fauteuil, histoire de voir quand il tourne les pages. Je reprends mon bol de bouffe, silencieuse. Après un moment, juste avant qu'il n'entame son récit, je lui fais cette confidence :

- J'te laisserais pas devenir taré, Earl. Promisiune.

"Promesse".

- J'vais te protéger, que je lui dit, en prenant sa joue creusée de fatigue dans ma paume, rugueuse de milles bastons.

De Maria, je me repentirais. Je ne veux pas d'une nouvelle gosse regardant un être cher se balancer au bout d'une corde et en peindre des tableaux.

Surtout si la gosse en question, c'est moi.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Ven 16 Fév - 7:16

- Tu vois des trucs ? Tu les consignes quel'qu'part ? ça t'arrive que quand tu pionces ou.. en pleine journée ? C'est si réel que ça ? Tu fais comment pour savoir qu'c'est…

Déferlement de questions soudaines. Agressive, mais inquiète. C'est pour cela que tu préférais commencer, sinon vous allez pas vous en sortir. Elle comprend. Tu répondras à ses question dans la foulée, petit à petit. Surtout que c'est pas non plus le genre de choses que tu dirais tout haut, tu n'aimes pas t'en vanter en plus.

- O.. ok ! S'cuse…

Tu lui demande de prendre ton vieil album. Elle revient et se pose sur l'accoudoir, comme une enfant qui attend qu'on lui raconte une histoire. Tu souris et ouvre délicatement le ''petit'' trésor accumulé de tes parents. Ton dernier souvenir d'eux, un sorte d'artefacts que tu garde précieusement entre deux pièces de ton dramaturge préféré.

- J'te laisserais pas devenir taré, Earl. Promisiune. J'vais te protéger.

Tu gardes ton sourire et la regarde. Il en faut peu pour que tu poses ta tête contre elle. Douce chaleur qui te calme, odeur perdue de la rue, de la nuit. Cela ne te dérange même pas.

-Tu es gentille, mais ne t'en fais pas. J'ai passé le cap et j'ai pris l'habitude de vivre avec… dans les bons et mauvais jour…

Tu commences, de ta main valide, à ouvrir le livre et tombe directement sur une des première affiche du cabaret. Tu devais avoir quoi… quinze ans sur cette photo ? Tu tend l'affiche au chaton sauvage. Te reconnaîtra-t-elle ?

-Quand mes … dons se sont manifestés, mes parents ont vu l'opportunité de la célébrité qui me tendait les bras… Je n'ai jamais vraiment aimé m'en servir pour plumer les plus crédule, mais je n'avais pas le choix. Je n'avais pas vingt ans quand j'ai commencé à être le clou d'un spectacle truqué…

Tu tournes de nouveaux les pages, tombant sur une photos de tes parents, tenant fièrement leur fils et son diplôme dans leur bras. Tu soupires. Tu ne sais pas s'il faut te remémorer les bon ou les mauvais souvenirs, tout se mélange dans ta tête. Tu te revois, dans les couloirs de l'école, à entendre les gens…

-J'ai du faire école à la maison à cause de certains problème… J'en ai créé aussi pas mal… sans le vouloir… Puis entre les rêves et entendre presque tout le temps des choses que les gens ne disaient pas… J'ai cru tomber dans la folie, mais…

Elle… La photo est encore là, sous quelques affiches et morceau de journal de l'époque, elle est là. Avec toi sur les bords du fameux lac.

-Il y a eu elle… mon Ange...
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Ven 16 Fév - 9:30

Earl est un être singulier, trop précieux pour notre époque, pour cette ville de merde et le monde entier. Son grand regard clair, un peu cocker, déborde de cœur. Si la bonté doit être illustrée dans le dico, j'y collerais sa photo. Je le sers contre moi, un peu de tendresse volée entre deux carcasses qui ont froid. Des petits riens qui remplissent l'âme et donnent chaud.

Earl est mon refuge précieux.

- Tu es gentille, mais ne t'en fais pas. J'ai passé le cap et j'ai pris l'habitude de vivre avec… dans les bons et mauvais jour…

Curieux, comme il a pris le pli de me parler au féminin, comme le font tout ceux qui me connaissent depuis toujours : Cristian, Shioban, Maman...Je lui colle un bécot maladroit et brusque sur le front. Un pacte muet. " T'es pas seul, frate, pour le bon comme pour le mauvais."
Commence, alors, l'histoire et je me tais. Ça débute comme un conte de gosse avec des strass, des paillettes, des sourires-dentifrices figés. Je prends l'affiche entre mes doigts.
Gloussements rigolards.

- C'est toi, ça ? Mais t'étais ageamiu ! Et c'te tignasse bouclée ! C’est moi, où t'étais vachement roux ?
- Quand mes … dons se sont manifestés, mes parents ont vu l'opportunité de la célébrité qui me tendait les bras… Je n'ai jamais vraiment aimé m'en servir pour plumer les plus crédule, mais je n'avais pas le choix. Je n'avais pas vingt ans quand j'ai commencé à être le clou d'un spectacle truqué…

Le poids des traditions familiales, j'en connais un rayon.
Je me revois, rougie de torgnoles, mon père m’exhortant à me remettre debout. Un Taur ne reste jamais à genoux ou il crève. A douze ans je tranchais la tête de mon premier Strigoï. A 15 ans j'étais une véritable machine à tuer, faite d'instincts purs, de réflexes assassins, modelée pour la chasse. J'ai obéi à mon père jusqu’à en avoir la nausée.

- J'ai du faire école à la maison à cause de certains problème…J'en ai créé aussi pas mal… Echo des parcours d'enfants à problème... sans le vouloir… Plus ou moins...Puis entre les rêves et entendre presque tout le temps des choses que les gens ne disaient pas… J'ai cru tomber dans la folie, mais…
- Si je te suis, tu es devin et télépathe ? Tu cumules deux dons ?

Je n'en reviens pas. Il y a donc d'autres capacités paranormales existantes. En a-t-il fait usage sur moi ? J’espère que non, pour sa santé mentale.

- Il y a eu elle… mon Ange...

La photo montre un couple d'amoureux au bord d'un lac. Un tableau printanier et idyllique. Je découvre le Earl rayonnant et épanoui, le Earl amoureux. Il est incroyablement beau : le bonheur prisonnier du glacis. L'Ange a une chevelure d'or comme il se doit, charmant, carrément baisable pour peu qu'on kiffe les blondies.

- Anna... Ta Shioban à toi.

Earl a son astre estival des beaux jours, j'ai ma luciole des nuits sans lune. Nous poursuivons tous les deux une lumière au loin.
Et si j'avais attrapé la mienne pour l'écraser entre mes doigts. J'éprouve un frisson.

- Que s'est-il passé, ensuite ?

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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Lun 19 Fév - 10:44

Elle t'écoute patiemment, donnant quelques commentaires entre deux récits. Cela anime la maison doucement et tu en rigoles aussi. C'est limite beaucoup plus simple de lui en parler après tout ce temps. C'est même beaucoup plus plaisant de l'entendre, mettre son grain de sel dans ton histoire. Pourquoi elle ? Tu ne sauras jamais, il n'y a pas de mots à mettre dessus. Elle rigole en voyant les premières affiches. Rigole de ta tignasse à moitié rebelle. Un vrai mouton à l'époque, mais cela ne te fait pas rougir.

- C'est toi, ça ? Mais t'étais ageamiu ! Et c'te tignasse bouclée ! C’est moi, où t'étais vachement roux ?

Heu… a y regarder de plus prés on va dire blond vénitien. Non en fait tu ne sais pas, tu ne sais plus. Tu virais peut-être au roux, mais qu'importe. Tu continues avec l'histoire de l'école. Elle comprend. Dans le regard, elle ne te juge pas, sait de quoi il est question. Peut-être qu'elle même a eu ce genre de soucis, mais ce n'est pas le moment.

- Si je te suis, tu es devin et télépathe ? Tu cumules deux dons ?

Tu ne fais qu'un hochement de tête en guise de simple réponse. C'est déjà assez difficile à vivre, alors ne parler. Elle semble plus que surprise. Évidemment, sans le lire en elle, Ciu doit déjà se demander si tu avais user de tes capacités sur elle. Mais non. Jamais… tu lui fais comprendre, sans rien dire. C'est ta façon de faire. Ta façon d'être. Puis on dirige le récit sur...

- Anna... Ta Shioban à toi.

On va dire ça oui. Shioban… l'Ange de Ciu. Vous avez tous les deux cet être perdu au loin qui ne demande qu'à revenir dans vos bras. Au moins, le chaton sauvage sait où la trouver. Toi…

- Que s'est-il passé, ensuite ?

Il te faut une grande inspiration et une gorgée de thé pour continuer, atteindre la partie noire de ton histoire, la partie immergée de ta souffrance. Tu ranges sa photo et tourne de nouveau les page de l'album familiale.

-Anna… a disparue… du jour au lendemain. J'ai eu… une phase intense de dépression… Après quelques années, j'ai réussi à reprendre ma vie en main et je me suis rendu compte qu'il ne me restait que la scène. J'ai fait de mon mieux pour paraître, devenir la star du cabaret… sans réellement le vouloir…

De nouvelles affiches, plus pimpante, plus colorées… le grand retour… Tu soupires de plus belle…

-Mais avec deux dons aussi imprévisible.. tu dois t'attendre à tomber sur des personnes malveillante… et un soir… j'ai vu… j'ai lu les pensées d'un homme… aussi dangereux que pervers… un… tueur…
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Ven 23 Fév - 4:19

A ce stade, je ne peux qu'observer le silence. Le conteur dispense son récit à son rythme et je me dois de respecter sa cadence. Earl prend son temps, esquinte ma patience, mais c'est son droit légitime. C'est lui qui lutte avec son passé.

-Anna… a disparue… du jour au lendemain. J'ai eu… une phase intense de dépression… Après quelques années, j'ai réussi à reprendre ma vie en main et je me suis rendu compte qu'il ne me restait que la scène.


Les affiches bariolées, reliquat d'années de strass, marquent un contrepoint radicalement opposé au ton d'Earl pour évoquer cette période. J'étais plus petite quand Shioban m'a été enlevée. J'étais plus petite quand mes frères sont morts. J'ai pleuré jusqu’à ce que mes yeux s'assèchent et que mon cœur se vide. Je me suis blindée au point que plus rien ne filtre. Mon bunker a des parois si lisses que plus rien ne s'y accroche, ni n'y pénètre.
J'étais jeune et ma résilience de gosse m'a permis de rebondir assez vite. Mais faut dire ce qui est : j'ai rebâti sur du déglingué. C'est figé dans le béton des fondations et je ne pense pas pouvoir changer.

- J'ai fait de mon mieux pour paraître, devenir la star du cabaret… sans réellement le vouloir…

Mes mains agissent d'elles même. Je percute que mes doigts se sont aventurés dans ses boucles et que je lui gratte l'arrière du crâne comme on fait pour rasséréner un gros chien. Earl produit ce genre de réactions spontanées chez moi. C'est foutrement bizarre.
Maintenant que j'en ai conscience, je me replie maladroitement. Pas l'habitude. Ma langue prend le relais pour tromper ma gêne.

- 'Connais ça. J'ai essayé d'êt' quelqu'un par moi même, j'ai vraiment essayé. Mais chuis quand même revenue au "business familial". Chais rien faire d'autre, en vrai.
- ...Mais avec deux dons aussi imprévisible.. tu dois t'attendre à tomber sur des personnes malveillante… et un soir… j'ai vu… j'ai lu les pensées d'un homme… aussi dangereux que pervers… un… tueur…

Je déglutis, mal à l'aise. Je prie pour qu'il ne vienne jamais à farfouiller dans ma caboche. putain, Earl, j'ai pas envie que tu découvres que la chasse, c’est la mince justification que je me suis trouvée pour pouvoir faire ce pourquoi j’excelle : tuer. Tuer de milles façons. Je me fous de la vie en général. J'pourrais sacrifier le premier "innocent" venu du moment que sa préserve ma couenne. La Morale c'est juste un joli mot dans le dico.
Je ne sais pas si je dois te dire qui je suis, finalement.
Je ne veux pas que tu me détestes.

- T'as fait quoi ?

T'as fait ce qui était juste, je suis sure. Toi, t'es un homme bien.

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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Ven 23 Fév - 8:15

Étrange proximité, tendresse mal équilibrée. Des doigts dans tes cheveux qui te bercent et t'apaisent doucement au fil de l'autobiographie que tu t’efforces de conter. Tu souris un peu, mais elle se retire, peut-être que son geste n'était pas voulu. Qu'importe, tu ne lui en veux pas. Pourquoi tu pourrais lui en vouloir ? Enfin bon.

- 'Connais ça. J'ai essayé d'êt' quelqu'un par moi même, j'ai vraiment essayé. Mais chuis quand même revenue au "business familial". Chais rien faire d'autre, en vrai.

Vous aviez essayé. Chacun dans votre propre famille de trouver un chemin différent, mais vos pas égarés et maladroit vous ont permis de revenir pour faire ce dont les gens attendaient de vous. Elle déglutis, soudainement. Cache-t-elle donc quelque chose au fond de son esprit que tu ne veux pas lire ? Quelque chose de plus terrible encore ? Qui sait ? Tu ne fouilleras pas sans son accord cependant.

- T'as fait quoi ?

Tu la regarde. Pensif. C'est douloureux, mais tu comprends. Et puis, c'est bien la première fois que tu en parles sans vraiment te plonger dans le mutisme le plus totale. Tu soupires et tente de trouver tes mots… les plus justes… les plus crédible et les plus… tu ne sais plus quoi penser de plus. Tu prends juste une grande inspiration, voulant prendre ton thé… Tu poses ton livre d'image sur la table.

-J'ai… appelé la police, en anonyme pour dénoncer cet homme… Quelques jours après il s'est fait arrêter pour le meurtre de sa femme. J'ai…

Tu grimaces et te mord un peu la main, au niveau du pouce. Pas assez pour laisser une marques, mais assez pour te permettre de te recentrer sur ton récit. Ce n'est pas simple, mais tu y arrives, un peu.

-J'ai tenté de raisonner mes parents… d’arrêter tout ça. Je voulais partir, prendre un autre tournant dans ma vie, mais non. La police n'est pas revenue pour mes aveux ou mon témoignage.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Lun 26 Fév - 10:03

Normal.
T'es un mec trop bien pour ce monde de merde. Tu vis avec le poids d'un truc dont tu n'es même pas responsable. Parce que t'es le seul à t'en foutre. Le commun des mortels s'en bat la race d'un mec qui tabasse sa femme et qui la bute. C'est le quotidien. Le banal quotidien.

- Et t'es parti, j'en déduis à haute voix. Parce que tu voulais pas revivre ça. C'était pas ta faute, Earl. C'était pas ta responsabilité non plus.

J'ai mal au creux de mes os, dans le tendre de la viande.
J'ai mal pour lui.
J'ai furieusement envie d'une clope, tout d'un coup. Je m'abstiens, pourtant, de fumer ici. on souille pas l'odeur du maître des lieux.

- Y' t'ont pas compris. Les parents pigent jamais ce qu'est bien pour leur gosse. En vrai, y s'en carrent l'oignon de qui tu es, de ce que tu veux, de ce que tu ressens. T'es juste une extension d'eux même, un morceau d'pâte à modeler qu'ils ont pris de leurs chairs. C'est dégueulasse, hein, mais c'est vrai. J'aurais jamais d'gosses. J'veux pas qu'on hérite de la crasse dont chuis constituée.

Je pivote la tête vers lui.

- S'cuse... J'divague. On se ressemble vraiment toi et moi, en fait. Au moins sur la route empruntée. 'font très parallèles....
Je ricane. Ça explique pt'êt ce drôle de feeling. C’est toujours confort d'être près de toi.

Je lui assène un drôle de sourire.

- Moi, j't'aurais cru.

Ça vaut ce que ça vaut.
Je me laisse glisser au bas du fauteuil, juste entre ses jambes. Ma tête rencontre un de ces genoux. Je soupire.

- Et maintenant... ?


L'histoire n'est pas finie, je le sens bien, et la mienne me pèse déjà dans l'estomac.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Mar 27 Fév - 6:14

- Et t'es parti. Parce que tu voulais pas revivre ça. C'était pas ta faute, Earl. C'était pas ta responsabilité non plus.

Oui… d'une certaine manière… Mais si cela n'était pas toi, qui aurait pu l'arrêter ? Personne n'aurait su, il serait sûrement au bord d'une piscine de rêve avec un cocktail hors de prix à se la couler douce. Tu t'es senti obligé d'avertir ceux qui pourrait le stopper… Mais...

- Y' t'ont pas compris. Les parents pigent jamais ce qu'est bien pour leur gosse. En vrai, y s'en carrent l'oignon de qui tu es, de ce que tu veux, de ce que tu ressens. T'es juste une extension d'eux même, un morceau d'pâte à modeler qu'ils ont pris de leurs chairs. C'est dégueulasse, hein, mais c'est vrai. J'aurais jamais d'gosses. J'veux pas qu'on hérite de la crasse dont chuis constituée.

Tu souris un peu. Elle n'a pas tort et peut-être que c'était déjà le cas pour eux. Ils voulaient ce qu'ils pensaient être juste pour toi. La célébrité, tout ça… Vraiment pas ton truc. Tu le sais maintenant. Peut-être aussi pour ça que toi non plus tu n'a spas cherché plus loin après Anna… Juste une ou deux rencontres trop courtes qui n'aboutissaient à rien. Et tu n'as pas eu d'enfant non plus..

- S'cuse... J'divague. On se ressemble vraiment toi et moi, en fait. Au moins sur la route empruntée. 'font très parallèles.... Ça explique pt'êt ce drôle de feeling. C’est toujours confort d'être près de toi. Moi, j't'aurais cru.

Elle sourit à son tour, rigole un peu et tu suis.

- Et maintenant... ?

Tu grattes un peu ton épaule et la regarde. Tu essayes de garder ton sourire.

-J'ai vu… la mort de mes parents. J'ai essayé de les avertir.. Tu parles… ils sont morts quelques jours. Quand la police a toqué à la porte j'ai compris… de suite… J'ai.. vendu le cabaret juste après et fait en sorte de n'avoir mon nom qu'en tant que propriétaire. Rien de plus, pas de papier, rien… Et je suis venu ici… Tu sais tout maintenant.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   Mar 27 Fév - 16:52

En tailleurs à même le sol, adossée à ses jambes, je médite la finalité de son récit.

- "Il vécut seul et eu beaucoup de petits chats..." Je conclue, à peine goguenarde.

Je redresse le menton, je le discerne à l'envers.

- Tu m'as toujours pas dit comment tu t'es pété le bras.

Silence gênant. Mes pensée s'évadent vers Shioban. Je ne l'ai pas vu depuis quelques jours. Je me recroqueville, menton sur les genoux. Earl ne voit que ma nuque et le tatouage de colombe en plein vol qui la picore.

- J'ai retrouvé Shioban.

Contraction de mâchoire.

- 'M'étais fait un tas de film sur nos retrouvailles. J'ai fait fait plusieurs scénars dans ma tête : celui où elle me reconnaissait pas, celui où je la découvrait rangée et heureuse et que je me présentais même pas... Et même la version un peu mélo où on se retrouve on se chiale dans les bras. J'ai un rire au vinaigre. P'tain, c’est tellement con quand j'y repense. Dis à voix haute ça me fait vraiment passer pour un tâcheron fleur bleue...

Je déglutis. Ma langue passe sur mes dents avec un bruit de succion dépité.

- On s’est retrouvé. Elle est aussi cassée et paumée que moi. Elle... On s'est engueulées, on s’est tapées dessus, on a baisé. J'ai fui et j'y suis pas r'tournée depuis.

J'ai un rire horrible. Dissonant. Je m'esquinte les oreilles.

- C'est naze, hein ? Chuis la dernière des connasses. C'est ça que je suis, frate. Tu sais c'est quoi mon taf ?

Ça grince un peu plus dans ma gorge. Je le regarde avec une expression grave.

- Tu veux regarder dans ma tête, Earl ?

Que je nique le dernier havre de paix qui me reste.
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MessageSujet: Re: "Fortress" {Earl & Ciulin}   

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"Fortress" {Earl & Ciulin}

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