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on vous invite à privilégier les fantômes, les médiums et les immunisés psychiques
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 (fate has a way of playing games), ichablair.

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MessageSujet: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mar 10 Avr - 19:16

Y’a du monde ce soir. Plus de monde qu’il y en a habituellement le mercredi soir. C’est l’humidité de la journée qui attire les clients, désireux de boire une bière fraîche en bonne compagnie. La foule est bruyante, voire cacophonique. Ce ne sont pas les habitués qui sont là ce soir, la plupart des visages sont inconnus. Des gens qui boivent trop, beaucoup trop, qui ne font pas attention. Des regards vitreux, des menaces et des remarques salaces. Blair n’aime pas la foule de ce soir. D’habitude, ça lui fait du bien de venir travailler au bar - ça lui change les idées. Elle passe la soirée à sourire, à discuter avec les habitués. À écouter des histoires et à en raconter. Mais ce soir, alors que l’été ramène les indésirables, le sourire de Blair est forcé. Faux. Les habitués ont fui le pub irlandais, cherchant un endroit plus tranquille. Même Ichabod n’a pas sa sérénité habituelle. Il est tendu - professionnel, mais tendu. Ils sont seuls ce soir, Leora et Reyna ne pouvaient pas se présenter. Eux deux et Ben, qui se débrouille comme il le peut derrière le bar. Blair s’occupe de servir les verres aux tables, Ichabod de préparer les cocktails. Ils travaillent sans relâche, jamais récompensés d’un sourire ou d’un merci. Un soupire passe les lèvres de Blair alors qu’elle a deux secondes de répit. Elle vient prendre une longue gorgée d’eau, se réfugiant un peu aux côtés de la présence rassurante d’Ichabod. Ce dernier lui adresse un sourire, juste à elle. Un sourire qui en dit long, un sourire qui dit, courage petite. C’est presque terminé. Elle lui rend, quand même heureuse de l’avoir à ses côtés. Sachant qu’il n’y a personne de mieux placé qu’Ichabod pour faire le ménage si ça tourne encore plus au vinaigre. Il pose alors les deux pichets de bière sur le plateau, accompagné de trois verres, et Blair est repartie.

Ceux-là, elle ne les aime pas. Encore moins que les autres. Même pas arrivée à table qu’elle sent leurs regards sur sa poitrine, sur son postérieur. Pourtant, elle est habillé le plus simplement du monde - un t-shirt noir et des jeans tout aussi noirs. Les cheveux à moitié rélevés, pas vraiment coiffés. On lui dit, thanks doll. Clins d’oeils et sourires qui se veulent charmeur. Yeux débordant d’alcool, mots baveux. Why don’t you sit down with us ? Elle secoue la tête, leur sourit quand même, du mieux qu’elle le peut. Sorry boys. Got a lot of work to do. Elle se défile avant que ça continue, évite la main d’un d’entre eux. Ses yeux croisent ceux d’Ichabod, il a tout vu, il sait. Elle lui rend un regard appuyé, entendu. Ceux-là cherchent le trouble. Un peu trop. Ils risquent de ne pas aimer ce qu’ils vont troubler. La soirée continue, Blair commence à être fatiguée. Ichabod lui impose une pause, quand elle manque de faire tomber deux cocktails. Elle secoue la tête. There’re too many - Ichabod l’interrompt. We can manage. Finalement, elle acquiesce. Retire son tablier et traverse le bar pour se rendre à la salle de pause, là où elle pourra se faire un café. Et alors qu’elle passe entre les tables, une main agrippe son bras. Elle s’arrête. « Hey, where you goin’, doll ? » Elle fixe l’inconnu, prise au dépourvu. Tire sur sa prise. « It’s my break » qu’elle répond, essaie d’être ferme. Mais elle n’est pas Ichabod, pas Leora. Trop gentille. Essaie un sourire, espérant que ça marche. Au contraire. « Then I’m buying you a drink. » Blair secoue la tête. « No, thank you, I just need to -  » Le gars est saoul. Il insiste. Continue d’insister. Lui parle près, trop près. Serre son bras. Ça fait mal. « Let go of me » qu’elle souffle. Elle ne veut pas causer de scène. Pas maintenant, pas ce soir.

Ok. That’s enough. Blair relève la tête, ses yeux anxieux et fatigués croisent ceux d’Ichabod. Il semble métamorphosé - froid, sérieux, imperturbable. Ça crie et ça se débat, mais il les jette dehors. Un après l’autre. Blair masse son bras. Disparaît dans l’arrière-salle. Elle pourra remercier Ichabod plus tard. Pour l’instant elle veut juste s’assoir et souffler un peu. Elle avale un café, rassemble son courage. Il ne reste plus que deux heures. Bientôt, ça sera fini. Elle réapparaît dans le bar, retrouve Ichabod qui est en train de préparer un plateau. Lui sourit. You ok ? Qu’il lui demande. Elle lui sourie. Sincère. Reconnaissante. Yeah. Thanks. S’empare du plateau et continue le boulot. Ça va un peu mieux. Vers deux heures trente la moitié de la foule est partie. Il ne reste plus qu’à écumer le reste, à lancer le last call et à mettre la clé sous la porte. Quand finalement le silence retombe, Blair laisse échapper un soupir et s’écrase sur une banquette. What a night, qu’elle soupire. Ben et Ichabod s’échangent des sourires fatigués. Ils renvoient Ben chez lui, qu’il aille se reposer, ils vont terminer de nettoyer. Blair et Ichabod qui discutent tranquillement, s’assurant de tout nettoyer, de tout ramasser. Se désespérant de la stupidité des gens et échangeant anecdotes et quelques gorgées de whisky pour se donner du courage. Prudents, cependant, à ne pas répéter les erreurs du passé.

Il est presque quatre heures quand ils sortent finalement à l’extérieur. Blair laisse Ichabod verrouiller, c’est lui qui va conduire ce soir, de toute façon elle était venue à pied de l’hôpital. La nuit est fraîche mais confortable, Blair serre son sac contre elle. Échange une blague avec Ichabod, quand des silhouette les approche. Un mauvais pressentiment lui tord les tripes, et elle agrippe la chemise à Ichabod. Lui murmure. « Ichabod. It’s them, from before. » Elle les reconnaît. Les mêmes yeux vitreux, encore intoxiqués, peut-être encore plus que plus tôt. Clairement, ils sont restés dans le coin en attendant leur sortie. Sachant qu’ils ne gagneraient pas à l’intérieur du bar, mais à l’extérieur y’a peut-être plus de chance. Ichabod lui souligne d’un regard de rester près de lui. « Well well. Look who it is. » Blair toise le gars d’un air mauvais. N’oublie pas la poigne sur son bras. « Finished your shift, doll ? » Elle ne répond pas, veut juste rentrer chez elle. Qu’on les laisse tranquille, pour une fois. Mais quelque chose lui dit que tout va dégénérer très vite s’ils ne sont pas prudents. « I waited for you. » Elle flanche quand il tend la main pour lui caresser la joue. Se range derrière la carrure à Ichabod, gamine apeurée.  « Why you hiding ? » Blair lui jette un regard mauvais. « Leave us alone. » Puis le gars, dans son délire alcoolisé, semble finalement voir Ichabod. Relève le menton, comme pour compenser face à la carrure imposante du Conway. « Who the fuck are you, huh ? You her boyfriend or something ? » Blair a le souffle lourd. Les tripes nouées.

Quelque chose va mal se passer.
Quelque chose va très mal se passer.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mar 10 Avr - 20:19

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C'est une soirée comme ils en voyaient peu. À se demander ce qui avait soudainement attiré tous les touristes au même endroit. Ça avait fait fuir les habitués, et c'était en train de menacer de faire craquer deux des trois employés du soir. Ben s'affairait en cuisine, s'affairait derrière le bar, s'affairait dans la salle. Supportant comme il le pouvait son barman et sa serveuse, essayant de leur rendre la soirée moins pénible. Supportant de moins en moins la pression, pourtant. À mesure que les heures passaient, Ichabod le sentait se renfermer. Le sentait souffrir du bruit, souffrir de l'engouement. Souffrir de l'alcool qui coulait à profusion, et des éternelles discussions qu'on se criait pour couvrir le brouhaha alentour. Ce n'était pas le premier soir qu'il le voyait, et il le savait : un jour ou l'autre, et plus tôt que tard, Ben finirait par leur laisser gérer les clients. Il se retrancherait avec sa paperasse, ne passerait que lorsque la remise des chèques venait. Que pour les saluer. Le temps venait rapidement, et le Conway le respectait. Il serait là pour faire le lien — chose que Ben savait aussi. Mais ce soir, pourtant, le choix n'avait pas existé. L'absence de Leora et de Reyna était un coup cruel, et il leur fallait toutes les mains qu'il pouvait.

Ben, Blair et Ichabod ne pouvaient plus respirer. Ben était parti en cuisine pour se ressourcer, et préparer ce qu'on avait commandé. Blair, elle, souffrait de l'apnée. Le visage rouge, la tension jusque dans ses mains fébriles et fatiguées. Quelques clients avaient commencé à l'embêter, et mots et gestes n'avaient pas échappé au regard vigilant du Conway. Lorsqu'elle manqua de renverser deux cocktails, il la força à prendre sa pause. Et aussitôt, les choses dégénèrent. Il vit la main se refermer sur le petit bras de la rouquine. La poigne se serrer, à mesure qu'elle protestait — et il sortit de derrière son comptoir pour s'interposer. Certains résistèrent, mais les regards lourds des autres clients eurent finalement raison des coups qui menaçaient de pleuvoir. Ce ne fut que des cris, ce ne fut que des épaules qui se dégagent et des insultes crachées. Ichabod referma la porte derrière eux, s'excusa poliment du dérangement, et intima à Blair de se réfugier auprès d'un café. Retournant à ses occupations, le visage fermé et le regard calme. Plus tendu qu'il ne l'avait été depuis longtemps dans le métier.

Le soulagement de fermer, deux heures plus tard, fut grand. Ben s'éclipsa, et ils terminèrent de ranger et de nettoyer avant de faire de même. Quelques sourires échangés, quelques verres de whisky à vider, et la pression de la soirée laissa place à l'impitoyable fatigue qui l'accompagnait. Il était pourtant en état de la ramener, et il ne s'était pas gêné pour le lui proposer. Mains dans les poches de sa veste, lui jetant un petit coup d'oeil et un sourire en commençant à marcher. La porte derrière eux était verrouillée, et cette monstrueuse soirée était officiellement terminée. Enfin. Les épaules d'Ichabod s'étaient détendues, et malgré l'étrange pressentiment qui l'habitait, il se forçait à rester pour Blair le visage rassurant qu'il lui fallait. Jusqu'à ce que, quelques mètres plus loin, quelques silhouettes sortent de l'ombre et ne fassent faner son sourire léger. Blair les reconnaît — et lui aussi. Son visage retrouve une froide impassibilité, alors qu'il les regarde s'approcher. Les regarde les encercler. Il intime à Blair de rester près de lui, d'un coup d'oeil. Pas besoin de les provoquer avec des mots. Ils étaient ivres morts, et menaçaient de s'écrouler au premier coup de vent un peu trop prononcé. Mais l'alcool semblait les rendre insistants. Les railleries recommencent, alors que le Conway tentait de garder son calme. D'analyser la situation, et de conserver la tête froide. Ils étaient quatre. Quatre contre lui. Rien qui ne l'effraie particulièrement, mais le problème n'était pas là. Le problème, il venait de se cacher derrière lui — et le problème s'appelait Blair. Il refusait qu'on lui fasse du mal. Refusait qu'elle ait à voir quelque chose qu'elle ne pourrait oublier. Refusait que la soirée s'envenime plus qu'elle ne l'avait déjà fait.

Et finalement, les yeux de l'insistant semblent le trouver. Ça a pris un bras de tendu de la part du Conway — bras pour assurer la sécurité de Blair, et l'encourager à rester derrière lui. L'autre ne le prend pas. L'autre feule, l'autre crache. « Who the fuck are you, huh ? You her boyfriend or something ? » Il n'a pas le choix de répondre, et il le sait. Les mots ne sont pourtant pas placés plus haut les uns que les autres, et il se refuse à laisser l'irritation l'emporter. « Something like that, yeah. » C'est un mensonge, mais ils n'ont pas à le savoir. Ils ne seraient de toute manière pas capable de dire la différence — et leur intérêt n'était pas là. Leur intérêt était dans Blair, dans ses jolis yeux et ses proportions équilibrées. Ichabod le savait — et Ichabod sentait que les choses n'étaient qu'à un cheveu de dégénérer. Se présenter comme le petit ami était la dernière sécurité qu'il leur restait. Mais son petit doigt lui disait que ça ne freinerait pas l'insistance de l'ivrogne, déjà parti depuis trop longtemps dans son désir de posséder Blair pour le reste de la nuit. « Well not tonight. » Il fronce légèrement les sourcils, secoue lentement la tête. Pas assez pour le provoquer — mais suffisamment pour laisser voir son incompréhension face à l'absurdité de la situation. Le type mime un pas, et le bras d'Ichabod cache encore davantage Blair derrière lui. Ses épaules qui se déploient, sa carrure qui s'impose. Tu passeras pas, gamin. Tu passeras pas. « I said : not tonight. Asshole. » Et soudain, le cliquetis familier d'un couteau à cran d'arrêt retentit. L'ambiance devient glaciale, et l'un des types esquisse un pas en arrière, surpris par l'arrivée nouvelle du couteau dans l'équation. Et merde. « The fuck, man ?! » « Shut up ! » Il crie à l'intention de son ami, et reporte à nouveau son regard sur le Conway, levant la lame d'un air menaçant. « Put this away, kid. » Voix froide. Nullement agressive, mais pourvue d'une autorité nouvelle. Il sent la dissipation agiter les rangs autour de l'agresseur. C'était pas prévu. C'était pas prévu. « Fuck you. »

C'était stupide. Trop stupide. Ce n'était qu'un couteau — et visiblement, il n'aurait plus le moindre soutien de la part de ses amis. Les choses n'avaient pas à dégénérer. Ils pouvaient encore s'en tirer. Il fallait qu'il essaie. Pour Blair, qu'il sentait trembler dans son dos. Pour Blair, dont il devinait les couinements paniqués, retenus dans sa gorge à grand peine. Pour Blair. « Don't do this, kid. Just put the knife away, and– » « Shut the fuck up ! » Dans ses mains, la lame tremble. Soudainement approchée du corps du Conway, dont le corps a reculé sans avoir à se déplacer. « Alright. » Ça ne peut pas arriver. Il faut qu'il l'évite. Il faut qu'il le calme. S'il lui prend le couteau, il ne pourra pas éviter la bagarre. S'il essaie de le bloquer, tout va dégénérer. « Alright. Let's stay calm. What if you keep the knife and I keep talking, huh ? » Il voit l'alcool voiler ses yeux. Il garde les mains levées en un geste d'innocence, et il essaie de négocier. Essaie de gagner du temps, et de réfléchir à une solution pour laisser Blair s'en tirer. Fuck, Conway. Think. And think fast. « I said : Shut. The. Fuck. Up. » « Not if you keep this knife in your hand, sorry. You got your weapon, I got mine. » « Yeah ? » « Yeah. » « You're really a fucking moron, d'you know that ? » « Yeah. » « I said shut up. » « No. » « For fuck's sake, man, just stop this. » « I SAID SHUT THE FUCK UP ! »

Freeze. L'injonction le prend au dépourvu, et le coup de couteau qui s'en accompagne aussi. Il n'a pas vu la lame fuser, ne s'attendait pas à ce que les mots d'un autre fassent dégénérer la situation qu'il tentait de gérer. Il tressaille alors que le canif se plante dans son abdomen. Lèvres entrouvertes, la douleur que trop familière se répandant déjà autour de la lame. Presque avancé contre lui, l'autre le fixe. Surpris de son geste, surpris du silence. Il le fixe et la lame ressort alors qu'Ichabod recule, et que le gamin s'agrippe au manche du petit couteau. Son réflexe est pourtant brusque, et il s'avance à nouveau. La lame se plante une deuxième fois, plus haut. Et Ichabod n'entend qu'à peine le cri de Blair derrière lui. Les injures des autres types sont floues, et il ne regarde même plus son agresseur. Seule la mare de sang qui est en train de se répandre sur son t-shirt attire son oeil. Le choc qui ne passe pas, l'oxygène qui peine à rejoindre ses poumons. The fuck ?

Et soudain, le couteau n'a plus de prise. On l'a lâché, et les yeux d'Ichabod se relèvent suffisamment pour voir le type reculer, bouche ouverte comme un poisson frétillant sur le quai. Il réalise la quantité de sang qui pulse hors du corps. La quantité de sang sur ses mains, la quantité de sang sur le manche du couteau, sur les doigts d'Ichabod. Il réalise que sa victime est en train de flancher, et qu'elle ne tient debout que par un miracle qui dépasse l'entendement. Il réalise ce qu'il vient de faire, réalise les conséquences de ses actes. Réalise qu'il y a une témoin, mais qu'il n'aura pas le courage de recommencer. Et il prend ses jambes à son cou sans rien dire, la terreur imprimée à jamais sur le voile alcoolisé de ses yeux. Il rejoint ses copains dans les ombres, et le son de ses pas disparaît bientôt. Suivi de près par le bruit sourd d'un genou qui se pose au sol. Fuck.

L'air ne revient pas. Il s'efforce d'aller le chercher, s'efforce d'empêcher son coeur de s'emballer. Mais le sang s'échappe trop rapidement, et son corps ne comprend pas plus qu'à chaque fois pourquoi. Le coeur pompe dans le vide, et la main d'Ichabod s'est posée sur le manche du couteau pour le tenir. Il ne veut pas le retirer. Il sent que s'il le fait, le flux de sang n'en sera que plus important. Et ses pensées s'emmêlent. Il y a Blair, Blair qui a tout vu, Blair qui est encore là, Blair qui ne sait pas. Blair qu'il lui faut protéger, à tout prix. Trouver un moyen de la rassurer. Trouver un moyen d'éviter l'hôpital, aussi. Mais l'un n'ira pas sans l'autre, et il le sait. Il le sait.

Et maintenant, Ichabod. Qu'est-ce qu'on fait ?

(c) blue walrus

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Insane, inside the danger gets me high. Can't help myself, got secrets I can't tell. I love the smell of gasoline. I light the match to taste the heat. I've always liked to play with fire.
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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mar 10 Avr - 21:19

Un bras tendu, un geste de trop. Le geste de trop, qui fait définitivement chavirer l’insistant. Cette fois c’est vers Ichabod qu’il crache son venin, et Blair a du mal à rester calme. Sa poitrine s’écrase, la panique s’installe. Elle déteste ce mauvais pressentiment qui l’empêche de penser correctement, la fatigue qui lui alourdit les os. Elle veut juste rentrer, se glisser sous les draps, et dormir jusqu’au lendemain midi. Savoir qu’Ichabod est en sûreté chez lui, savoir que tout les salauds sont loins. Mais c’est trop demandé et elle le sait, quelque chose gronde dans l’air, ce gars est dangereux. Imprévisible, pas du tout en contrôle - il a envie d’elle et il ne laissera personne l’arrêter, même pas Ichabod. Blair a le vertige, a envie de vomir. Elle a envie de dire à Ichabod, laisse tomber, lui réponds pas, rentrons chez nous. Mais ce ne peut pas être aussi simple, ce n’est jamais aussi simple. « Something like that, yeah. » Ichabod endosse le rôle du petit ami, et Blair lui en est reconnaissant. Peut-être que ça calmera le jeu, que les ivrognes auront suffisamment de bon sens pour tourner les talons et les laisser tranquille. Peut-être qu’elle s’inquiète pour rien, peut-être que tout ira bien. Mais non. Rien n’est aussi simple. L’insistance continue. Des mots crachés vers Ichabod, Blair qui se recule derrière lui. Le Conway qui devient soudainement bouclier humain, prêt à recevoir les coups.

Blair baisse les yeux lorsqu’elle entend le son. Son regard se fixe sur le couteau, déployé devant Ichabod. Tremblant, mais menaçant. Dangereux. Trop dangereux. L’ivrogne est instable, et les lames sont sournoises. Blair sent sa gorge s’assécher, son pouls accélérer. Il ne fait que menacer. Il ne fera rien. Ces gars-là n’ont pas de couilles. Il ne va pas utiliser le couteau - il essaie juste de faire peur à Ichabod. N’est-ce pas ? Et pourtant la joute verbale continue. Ichabod se défend bien, trop bien pour l’insistant qui sombre dans la colère. Blair a presque disparue de l’équation, Ichabod a pris sa place dans le rôle de la cible, de la proie. Et pourtant il reste droit, stoïque, continue d’articuler les mots qu’il faut pour tenir l’ivrogne à distance. Le coeur de Blair bats à vive allure. Surveille la lame. Plus personne ne la surveille, tout le monde semble retenir son souffle. Peut-être pourrait-elle tendre le bras et attraper le couteau, empêcher un quelconque drame de se produire. Ça continue, les voix fuses, Blair se met à paniquer. Il faut calmer le jeu, et vite, sinon il sera trop tard et -

Un cri s’échappe de ses lèvres alors que le couteau s’enfonce dans l’abdomen d’Ichabod. Un cri de surprise, un cri d’horreur, qui se répète quand Ichabod recule et que le couteau se retire. Le sang se mets déjà à couler, il a frappé à la bonne place, sans comprendre ce qu’il fait. Blair fixe la scène, paralysée, terrorisée, horrifiée. « What - » Le mot lui échappe en un étranglement, et elle va pour se ruer sur Ichabod quand l’insistant frappe à nouveau. Cette fois, son cri est déchirant, se mélange aux sanglots qui viennent la secouer. Le sang. Le sang, trop de sang, beaucoup trop de sang. Blair se rue vers Ichabod, hurle à mort. Elle regarde le couteau, toujours planté là, à quelques centimètres du coeur. L’horreur l’empêche de bouger normalement, de réfléchir. « WHAT DID YOU DO ! » Ses mains, tremblantes, tentent de tenir Ichabod debout, alors que les larmes et les sanglots viennent se mélanger à son souffle paniqué. Non. Non. Pas comme ça. Pas Ichabod. Il s’écroule sur un genou, elle n’est pas capable de le retenir. « Ichabod… ?! »Elle se tourne pour demander de l’aide, pour trouver quelque chose, n’importe quoi, ça ne peut pas être vrai, ça ne peut pas arriver pour de vrai, mais les lâches sont déjà partis. Elle les voit disparaître au coin de la rue, et elle se retrouve seule. Seule, avec Ichabod gravement blessé, le couteau toujours planté en plein abdomen.

Elle s’agenouille, tente de redresser le visage d’Ichabod. Il a la peau cireuse, les yeux vitreux. Des perles de sang au coin des lèvres. « No, no… Ichabod...  » Son souffle paniqué, elle n’est pas capable de respirer. Faut te calmer, Blair. Réfléchis. Tu peux encore lui sauver la vie. « Oh God... » Les sanglots font trembler son corps tout entier, elle a envie de continuer à hurler son horreur. Mais plus rien ne sort, elle doit penser, elle doit réfléchir.

Réfléchisréfléchisréfléchis.

Faut s’assurer que le couteau ne se retire pas. Il peut avoir perforé une veine, et l’enlever ne ferait qu’empirer les choses. Ne ferait que faire couler plus de sang, et il y en a déjà assez qui coule, qui tache ses mains, qui se vide d’Ichabod. Elle enlève son pull d’un grand geste, et l’enroule autour du couteau, appliquant une pression. Sortant les deux manches, elle les enroula autour de la taille d’Ichabod et les noua ensemble afin d’attacher le bandage de fortune. Ça devrait suffir à tenir le couteau en place jusqu’à arriver à l’hôpital - enfin, elle espère. « Ok. Ok. I'm sorry. Oh God... » Elle renifle. Inspire. Ok. « Ichabod ? Stay with me. » Sa voix tremble, ses mains tremblent, elle continue de pleurer. Mais elle doit rester lucide, ne doit pas perdre la carte. La vie d’Ichabod est entre ses mains et elle sait. Heureusement, l’hôpital n’est pas loin - elle sait que ça serait plus long d’attendre les secours que se rendre d’elle-même, surtout à cette heure, alors elle prend la décision. « Ichabod… I need you to help me. Can you stand up ? We need to get to the car. » Il y a trop de sang, juste du sang - ça ne lui fait pas peur, à Blair, mais elle s’inquiète. A peur. Terriblement peur.

Lentement, ils marchent. Se rendent à la voiture, garée pas loin. Chaque pas est une épreuve, la respiration d’Ichabod lui siffle dans les yeux. Elle le maintient comme elle peut, s’assurant que ses mouvements ne fasse pas bouger le couteau logé dans son torse. Les larmes qui sèchent sur ses joues, le sang qui fait pareil sur ses mains, sur son visage. Rester calme. Rester lucide. Il faut que tu lui sauves la vie. « Ok. » Elle le laisse se retenir contre la voiture, et prend les clés dans ses poches. Les mains tremblantes, elle manque de les échapper, mais se reprends à la dernière minute. « Fuck !  » Le juron siffle entre ses dents, et elle déverouille les portières en appuyant sur le bouton. « Ok. Ok. Here. » Elle lui ouvre la portière, l’aide à se glisser sur le siège, prenant bien soin de ne pas empirer son état. Le regarde, l’installe. Attrape un morceau de vêtement qui traîne et l’applique sur son autre plaie - prends la main d’Ichabod et la pose sur le tout. « Keep pressure on that. » Lève les yeux vers le visage du Conway. Les grands yeux remplis de larmes, la voix qui tremble comme une feuille. « You’re still with me, huh ? You better. Don’t close your eyes. Don't fall asleep. » If you do, you might not wake up again. Avertissement voilé, elle referme la portière et accoure de l’autre côté pour monter au siège conducteur. Elle démarre la voiture, mais son pied touche à peine les pédales - elle avance le banc avec un sanglot, prenant une seconde pour fermer les yeux et inspirer. Respire, Blair, Respire. « Ok. Let’s do this. Don’t you dare die on me. Don’t you dare. » Murmures paniqués, alors qu’elle démarre en trombe.

L’hôpital est juste là, Ichabod.
Juste là.
Ils vont te soigner.
Ils vont te sauver.
Et tu seras encore là un autre jour pour me sourire à nouveau.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mar 10 Avr - 22:02

Il essaie de se rassembler, essaie de penser. Ses mains qui se sont posées sur ses plaies — une sur l'abdomen, l'autre autour du manche du couteau. Et le sang ruisselle. Sur ses doigts, sur ses paumes, sur son t-shirt, sur sa peau. C'est chaud, poisseux. C'est annonciateur d'une mauvaise fin de soirée, le genre qu'il n'aurait jamais voulu à voir à vivre en compagnie de Blair. Et c'est elle qui occupe toutes ses pensées. Elle et ses cris, qui résonnent encore au fond de son esprit. Elle et sa panique, elle et ses larmes. Son inquiétude dévorante qui l'enveloppe, l'étouffe. Il voudrait lui dire, t'en fais pas. Voudrait lui murmurer, ça va aller. Rentre chez toi, et laisse-moi là. J'vais m'en tirer. Mais il sait que ça n'arrivera pas. Les mots ne trouvent pas ses lèvres, et seul le sang arrive à les colorer. Il sait qu'il ne sera pas capable de la faire s'en aller, et qu'il ne sert même à rien d'essayer. Et les solutions pour la préserver disparaissent rapidement, à mesure que s'égrènent les secondes. La nuit n'est pas encore terminée, mais elle ne se finira pas sur une note agréable — ni pour elle ni pour lui. La lune emportera avec elle l'innocence de Blair, et il le sait : à partir de là, tout va devenir plus compliqué.

Il la voit s'affairer autour d'elle, l'entendu lui parler. Il n'arrive pas à réagir, encore sous le choc de la lame plantée trop près de son coeur. Il sait que la blessure est grave, rien qu'à la faiblesse qui l'envahit ostensiblement. Bien trop vite, bien trop franche. Le couteau a touché quelque chose. Il a scellé un destin funeste à ajouter à la liste, et il n'y a plus grand-chose à faire pour l'éviter. Mais Blair, elle, s'obstine à tenter. Elle veut le sauver. Elle veut qu'il reste avec lui, veut tout faire pour le voir s'en tirer. Elle ne comprend pas que la mort ne sera qu'un passage, comme un instant de sommeil plus profond que les autres. Elle ne peut pas concevoir que la plaie ne soit pas grave, pas alors qu'il est sur le point de mourir et qu'elle le sait. Et c'est impossible de lui expliquer. Pas avec le peu de forces qu'il lui reste, pas avec le choc qui l'empêche encore de respirer. L'idéal serait de mourir là, sur le pavé. De la laisser pleurer, et de revenir rapidement pour la consoler. Mais elle en a décidé autrement, et il sait qu'il ne pourra rien faire pour l'en empêcher.

Il se retrouve bien vite avec un bandage de fortune, maintenant le couteau en place pour empêcher les dégâts de s'aggraver. Un instant, il est tenté de l'arrêter. De retirer la lame, et d'accélérer le processus. Mais il la voit pleurer, l'entend paniquer, et il n'a pas le coeur de la briser davantage. Il se lève lorsqu'elle passe son bras autour de son épaule pour l'aider. Se lève et se met à marcher, pantin docile et ensanglanté. J'suis désolé, Blair. Désolé que tu te battes dans le vide. Désolé que t'aies à assister à ça. J'suis tellement désolé. Mais les mots ne franchissent pas ses lèvres. Les bulles de sang continue de se former, et il est obligé de cracher sur le chemin. Posant un pied après l'autre sur le pavé, se dirigeant vers la voiture sans protester. Il s'appuie lourdement contre la carrosserie alors qu'elle déverrouille les portières, et sa tête bascule vers le ciel. Un coup d'oeil pour la nuit. Pour les étoiles qui subsistent, et la lune qui les veille. La peur n'a pas sa place dans son coeur. Pas plus que toutes les fois où il a perdu la vie, ces dernières années. Mais cette fois, il ne peut empêcher la douleur d'y passer. La douleur de savoir Blair livrée à ce spectacle affreux. La douleur de la savoir vivre ses ultimes instants d'innocence, dans un monde dont elle n'était pas prête à découvrir les mauvais côtés.

Elle retourne à lui, et il se laisse guider jusqu'au siège passager. Il pose sa main sur le t-shirt roulé en boule qu'elle a attrapé sur la banquette arrière, et qu'elle a appliqué sur sa plaie. Elle lui dit de garder la pression là-dessus, et il ne proteste pas. Pas encore assez fort pour ça. La vision de la lune a commencé à dissiper son état de choc, mais il n'arrive pas encore à réaligner ses pensées. La sensation trop familière de la mort est en train de le bercer, et il ne fait rien pour l'en empêcher. Trop habitué pour lutter.

« Don’t you dare die on me. Don’t you dare. » Il cligne finalement des paupières, et tourne la tête vers elle lorsque le moteur démarre. Elle sort rapidement de la place de parking, s'engouffre dans les rues laissées désertes par la nuit avancée. Et seulement alors, il arrive à secouer la tête et à parler. Premiers mots depuis que le couteau s'est planté. Premiers mots pour tenter de la rassurer. « Blair... Please... » Le sang s'amasse dans sa bouche, l'écoeure. Il se force à l'avaler, ignorant son organisme qui tente sans répit de le faire recracher. « Listen to me... » C'est pénible. Pénible d'être en train de mourir, pénible de le savoir, pénible de ne pas pouvoir l'empêcher. Et c'est pénible de la regarder s'inquiéter, de la regarder souffrir, et d'imaginer la terreur qui doit l'habiter. Oh, Blair. Si seulement tu savais. « Don't take me to the hospital. » Il déglutit lentement. Tousse. Du sang au bord de ses lèvres. Il relâche la pression sur son abdomen, conserve celle sur sa poitrine. Et il essuie l'hémoglobine qui coule le long de son menton. Incapable d'abandonner ses objections. « Please. Don't take me there. I'll be ok. I swear. » Mais il sait que c'est inutile. Sait qu'elle ne l'écoute pas. Sait qu'elle doit penser aux derniers mots d'un mourant, aussi absurdes qu'insensés. Et il n'a pas la force de protester davantage. Pas la force de bouger pour intervenir. Il ne veut pas provoquer d'accident, ne veut pas qu'elle soit blessée à cause de lui. Aucune issue. « Blair. Sweetheart. Please. » Mais la faiblesse de sa voix lui arrache toute fermeté, et sa respiration laborieuse ne fait qu'empirer sa crédibilité. Son absence de forces l'empêche de poursuivre, et il sait l'hôpital se rapprocher. Bien vite. Trop vite. Non.

Et quand la voiture s'arrête finalement, il laisse sa tête retomber contre le dossier. Ferme les yeux et secoue le menton. Il ne peut pas lui expliquer. Il ne veut pas. Mais le manque de sang commence à se faire ressentir, et il n'y a plus de solutions qui lui viennent. Tout juste quelques mots, alors qu'il la sait garée à l'entrée des urgences. « I can't go in there. Please. Don't make me. » Voix brisée, et la peur atroce de devoir rassembler ses dernières forces pour s'y opposer physiquement. Il voudrait qu'elle comprenne, voudrait qu'elle l'écoute. Voudrait lui dire, do you trust me ? Mais les mots meurent entre ses lèvres rougies par le sang et l'épuisement.

Les mots meurent, et le froid l'envahit petit à petit. Bientôt, ce sera trop tard. Mais cette pensée ne l'effraie pas. Ne l'effraie plus depuis des années. Il n'y a que sa dernière volonté de cette vie pour l'étrangler. L'animer. Le faire tenir encore, le temps de la persuader. J'peux pas être ici, Blair. Écoute-moi, entends-moi, crois-moi. Éloigne-moi de cet endroit.

Crois-moi.
Entends-moi.

Pourquoi tu ne m'écoutes pas ?

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mar 10 Avr - 22:43

Conduire. Appuyer sur l’accélérateur, et ne pas relever le pied. Ne pas faire attention aux lumières rouges, juste avancer. Elle s’en fiche de prendre un ticket de vitesse, ne s’arrêtera même pas pour des sirènes de police. Elle doit emmener Ichabod à l’hôpital et c’est tout. Les rues sont désertes. Blair, qui reste prudente tout de même. Il ne faudrait pas avoir d’accident, et empirer les choses. Il faut juste rester concentrée, et franchir la distance qui les sépare de l’hôpital le plus rapidement possible. Elle essaie de respirer, de regarder la route au travers de ses larmes. Ses mains glissent sur le volant, couvertes de sang. Il faudra laver la voiture, il faudra tout nettoyer. Peu importe. « Blair… Please... » Elle sursaute à ses mots, tourne le visage pour avoir le temps de le voir. Échoué sur le siège passager, couvert de sang, la peau pâle et cireuse. Il est en train de mourir et Blair le sait. C’est le désavantage d’étudier en médecine, de connaître le corps humain, de reconnaître les limites. Autant de sang, on ne peut pas survivre à ça. Sa rationalité tente de se frayer un chemin au travers de sa frayeur, et elle repousse les conclusions logiques qui s’imposent à elle. Non. Elle va arriver à l’hôpital, et ils le sauvront là-bas. Il est encore temps. Si quelqu’un peut survivre à ça, c’est bien Ichabod. « Don’t talk » l’avertit-elle, mais sa voix manque de conviction, ça ne peut que le faire souffrir davantage et pourtant ça lui fait du bien d’entendre la voix d’Ichabod. Ichabod qui prononce ce qui peuvent être ses derniers mots, et elle comme seul témoin. La détresse lui remonte à la gorge, elle en a la nausée. Non.

« Listen to me... » Elle devrait répéter son avertissement, mais aucun mot ne s’échappe de ses lèvres, alors qu’elle ralentit à une lumière rouge. Jette un coup d’oeil aux alentours, et constant qu’il n’y a personne, enfonce son pied sur l’accélérateur pour continuer leur route. « Don’t take me to the hospital. » « What ?! » Elle tourne vivement la tête vers Ichabod, les yeux paniqués, se demandant s’il n’est pas devenu fou. Ne pas l’emmener à l’hôpital ? Si elle fait ça, il va mourir. Si elle fait ça, elle scelle son destin. T’es complètement fou, Ichabod. Il tousse, et elle le regarde, incrédule, avant de reporter son regard sur la route. Pas le temps d’avoir un accident. Reste concentrée, Blair. « Please. Don’t take me there. I’ll be ok. I swear. » C’est la perte de sang qui le fait délirer, y’a aucune autre explication. Elle a déjà vu ça auparavant, on lui a déjà raconté des histoires plus improbables que ça. La perte de sang qui fait perdre les sens, qui fait perdre la tête. « You’re crazy. I’m taking you to the hospital, there’s no question. » Elle essaie de garder sa voix calme et stable, pour qu’il trouve en elle un peu de sens. Mais il continue, ne relâche pas l’affaire. « Blair. Sweetheart. Please. » Le surnom finit de lui arracher le coeur, et les yeux de Blair se remplissent à nouveau de larmes. Oh, Ichabod. Pendant un instant elle a envie de flancher, envie de lui donner ce qu’il veut, de lui faire cet honneur. Mais elle secoue la tête aussitôt, non, certainement pas. « I’m sorry, Ichabod. I’m taking you. If I don’t, you’ll die. » Seuls les médecins pourront le sauver. Pourront soigner sa plaie, et retirer le couteau de manière à ne pas le tuer. La solution c’est l’hôpital - pour Blair, c’est d’une telle évidence qu’elle ne veut pas remettre en question. Les mots d’Ichabod résonnent dans son esprit. Elle essuie ses larmes tant bien que mal, essaie d’ignorer l’odeur du sang qui empoisonne l’habitacle de la voiture.

Elle tourne le volant pour s’engager dans l’allée réservée aux urgences, et freine brusquement à la première place qu’elle voit. Tire sur le frein à main et étend le moteur. « I can’t go in there. Please. Don’t make me. » Elle secoue la tête, refuse de l’écouter. Ça lui arrache le coeur, lui tire les entrailles. « I’m sorry. I’m sorry » répète-t’elle en murmrant. J’ai pas le choix, Ichabod. Je dois te sauver la vie. J’te laisserai pas mourir. Pas comme ça. Elle enlève sa ceinture, son corps entier tremblant comme une feuille. Ils y sont, tout est bon. Elle sort de la voiture, laissant la portière ouverte, et va ouvrir celle d’Ichabod. « Ok. We’re here. » Elle ne sait pas pourquoi personne ne vient les chercher, pourquoi il n’y pas déjà une équipe qui arrive avec une civière, c’est comme si tout le reste de la ville a disparu, il n’y a que le silence, et pourtant elle voit du monde à l’intérieur. « C’mon » qu’elle lui murmure, empoignant son bras pour le tirer vers elle. Il ne veut pas bouger, et il est plus lourd que tout à l’heure, alourdit et engourdit par la perte de sang et la mort qui cogne à la porte. « C’mon, Ichabod ! » Petite Blair qui tire de toutes ses forces, qui peine à seulement le redresser. Mais elle ne lâche pas, n’abandonne pas. C’est ta vie, Ichabod. Et je vais me battre pour elle. « Please, help me. You have to get up. » Un sanglot passe ses lèvres, elle est fatiguée, elle a mal partout, au coeur surtout. Envie de vomir, envie de s’évanouir, de ne plus rien ressentir. Mais elle ne peut pas. Pas maintenant.

Finalement, elle parvient à le mettre sur ses pieds. Elle ne sait pas si c’est l’adrénaline, ne prend pas le temps de se le demander, mais elle parvient à mettre Ichabod. Un pas. Deux pas. Il est lourd, terriblement lourd, elle ne pourra pas le retenir bien longtemps. « Somebody help me ! » Elle n’a plus de force dans la voix, son cri n’est qu’un couinement, alors qu’elle peine à le garder debout. « Please » pleure-t’elle, tentant de continuer d’avancer. Un pas devant l’autre. Allez. Allez. Mais personne ne vient. Ça doit être une mauvaise blague. On lui joue un tour, encore un mauvais tour, cette foutue ville. Blair est à bout de forces, et elle finit par déposer Ichabod contre un mur. « Hold on. I’m going to get someone. » Et elle va pour tourner les talons, aller chercher de l’aide elle-même, pas question qu’elle abandonne. Mais alors qu’elle avance, une main attrape son poignet, une main détrempée de sang, d’un poigne assez forte pour la faire se retourner. Le regard de Blair qui croise celui d’Ichabod, et qui y lit quelque chose qu’elle ne comprend pas.

Pourquoi tu m’arrêtes, Ichabod ?
Pourquoi tu veux pas que je te sauve la vie ?

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mar 10 Avr - 23:37

Elle veut le sauver. C'est le plus primaire des instincts, et il se sent cruel de lui demander d'arrêter. D'essayer de l'en empêcher, et de la supplier de ne pas l'emmener à l'hôpital — un dernier espoir qui, pourtant, ne serait pas suffisant à le sauver. Il se sent cruel, et les propos de Blair le secouent autant que ses mots à lui ne semblent le faire avec elle. Il comprend qu'elle puisse s'obstiner. Sait que, dans sa position, il ferait sûrement la même chose. Mais là, il ne peut pas se le permettre. Il a peur des hôpitaux comme de la peste, depuis qu'il a compris comment sa malédiction fonctionnait. Mais il ne peut pas lui expliquer. N'a pas de raisons rationnelles de s'opposer à l'élan héroïque de Blair. Il en cherche, mais l'engourdissement de son esprit l'empêche d'en trouver. Le monde devient plus flou à chaque seconde, et il a peur de le voir s'éteindre ici. Peur d'être vulnérable, peur de se faire embarquer par les médecins et de voir les électrodes appliquées contre son torse. Pas besoin de ça pour revenir. Pas besoin de ça pour continuer.

Il a peur, mais il ne peut rien y faire. Son dernier moyen de protester reste son immobilité, et son refus de coopérer. Pourtant, chaque seconde de résistance qu'il oppose à Blair lui brise le coeur plus que la précédente. Il voudrait pouvoir lui expliquer. Voudrait avoir la force de dégueuler la vérité, et d'être suffisamment convainquant pour qu'elle accepte de le laisser en place et de s'en aller. Mais rien n'y fait. Il n'arrive plus à parler, empêché par les bulles de sang dans sa gorge et par l'évanouissement qui le guette. Le pull de Blair dégoutte de sang, et sa plaie à l'abdomen a vu son suintement s'amenuiser face au manque d'apport de sang dans le reste de son corps. Toute l'hémoglobine semble affluer vers sa blessure fatale, essayant dans le vide de la reboucher. Oubliant d'en alimenter son cerveau, ses doigts, sa langue. Bon sang, Ichabod. Reste pas là.

Et elle se débat, Blair. Se débat avec son immobilité, crie face à son impassibilité. Elle veut qu'il l'aide, et ses supplications déchirent le peu qu'il lui reste de conscience. Elle le tire. Sanglote, l'implore. Et il sent la vie lui filer entre les doigts. Mais la volonté, elle, ne bouge pas. J'peux pas aller là, Blair. J'peux pas. J'suis déjà trop près. Beaucoup trop près. Pourquoi tu ne m'emmènes pas loin de là ? Pourquoi tu ne m'écoutes pas ? Mais au fond il le sait. Sait que la volonté de le sauver dépasse les supplications d'un mourant qu'on pourrait facilement croire délirant. Et alors qu'elle réussit finalement à le bouger, il est incapable de savoir s'il l'a aidée ou si elle a dû développer toutes ses maigres forces pour y arriver. Tout ce qu'il sent, c'est son corps se décoller du siège passager, et être tiré sans ménagement vers la porte des urgences. Non, non, non. Non. Il résiste, son poids mort sur l'épaule de la gamine. Et alors, elle n'en peut plus. Le laisse tomber contre le mur, à bout de forces. Je suis désolé, Blair. Je suis tellement désolé.

« Hold on. I’m going to get someone. » Il peine à garder les yeux ouverts. La souffrance de ses blessures disparaît progressivement, à mesure que l'engourdissement envahit son corps entier. Mais alors qu'il la voit se retourner pour s'éloigner, un ultime élan réussit à lui faire lever son bras. Et ses doigts se referment autour du poignet de la jeune femme, l'empêchant de le quitter. Ses prunelles qui se plantent dans les siennes, tout voile momentanément levé. Et les mots ont beau être murmurés, leur fermeté est bien réelle. « No. Don't. I– » Il s'arrête, prend une inspiration. Lutte contre l'inconscience, qui menace de le happer à tout instant. Tu perds trop de sang. « I know it's hard, but you have to listen to me. You have to trust me. I can't stay here. I– » Cette fois, la coupure n'est pas volontaire. Cette fois, ses yeux s'écarquillent. Ses doigts ensanglantés glissent du poignet de Blair et se fracassent sur le sol, s'y appuyant comme si ses ongles voulaient retourner le béton. Non. Non.

Non non non non non.


Il ferme les yeux, sert les dents. Un spasme, un deuxième. Ce n'est jamais aussi violent, jamais aussi voyant, même si les réactions avaient tendance à s'amplifier avec le temps. Mais il faut croire que, ce soir, la mort a décidé de lui faire payer tous ses récents affronts. Sa respiration se bloque, tous ses muscles se tendent. Et c'est une vie que sa malédiction vient de voler — une vie qu'il risque de gaspiller dans les prochaines minutes. Fais chier. « Blair... Blair... » Il a réussi à rouvrir les yeux. Sa poitrine se soulève rapidement, et le sang continue de pulser entre ses doigts. « Take me away. I fucking beg you. Don't let it happen again. » Il sait qu'elle ne va rien comprendre, mais il sait aussi que la réaction de son corps n'avait rien à voir avec les blessures qu'il présentait. Et qu'au fond d'elle, elle le saurait. Blair, s'il te plait.

Il déglutit péniblement, peine à bouger. Jette un coup d'oeil à la voiture, puis laisse ses yeux retomber sur le visage familier. Ok, Ichabod. Ok. Tant qu'à avoir été secoué, autant profiter de l'énergie que ça t'a laissée. « Sweetheart. Look at me. » Arrête de pleurer. Arrête de paniquer. Regarde-moi. Putain, Blair, regarde-moi. « I know what I'm doing. » Respiration périlleuse. Les phrases longues lui sont impossibles, et sa poitrine se soulève toujours rapidement. « Don't make me threaten you. » Il ferme les yeux. Secoue la tête. Sa main qui a rejoint le pull dont les noeuds glisse autour de lui. Enlever le couteau serait facile. Trop facile. « I know you–... » Ça devient dur, de trouver le souffle nécessaire à continuer. Mais il y arrive. Il le doit. Pour elle. Pour lui. « I know you don't understand, and I know you're scared. But you have to trust me. » Ses yeux qui se rouvrent. Qui viennent trouver les siens. Implorants. « You have to trust me. » Une seconde de battement. Rassembler les forces qu'il lui reste, et lui lancer l'ultime appel. L'ultime requête. Sors-moi de là. « I'm gonna make it. But first I have to take off this knife. » First, I have to die. « Trust me, sweetheart. Trust me, and get me out of here. That's... That's all... That's all I'm asking for... » Les forces qui l'abandonnent, et son besoin de concentrer son maigre souffle sur ses poumons plutôt que sur ses mots. Ses yeux papillonnent, mais ne la lâchent pas. Il est sérieux. Plus sérieux que jamais. Et il a besoin qu'elle obtempère. Besoin qu'elle le croie. Besoin qu'elle le laisse aller.

Blair, s'il te plait.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mer 11 Avr - 0:23

C’est un cauchemar. Personne aux alentours, personne pour venir l’aider. Seule, encore seule, avec un Ichabod qui semble déterminer à vouloir mourir. Blair qui ne veut pas, qui ne va pas, elle refuse. Pas question de le laisser là, pas question de lui laisser avoir ce qu’il veut désespérément. Dans l’esprit de Blair, il n’y a pas d’autres options possibles. Il faut emmener Ichabod à l’intérieur, et laisser les médecins s’occuper de lui. Peut-être que c’est déjà trop tard, peut-être qu’il va mourir - mais au moins elle aura tout essayé. Au moins, elle se sera battue jusqu’au bout, pour lui, pour sa vie, une vie qu’elle veut pas voir disparaître. Le monde sans Ichabod sera trop gris, trop terne pour qu’elle ne puisse le supporter. Pas question de laisser quelqu’un d’autre la quitter, pas question de ne pas se battre alors que cette fois, elle en a l’occasion. Ichabod n’est pas disparu dans la montagne - il est là, à portée de main, et Blair ne le laissera pas tomber. Sa détermination est de fer, sa volonté rugit à l’intérieur d’elle. Faire fi de la panique, de la terreur, et continuer d’avancer, balancer les mots d’Ichabod en l’air pour rester concentrée. Tout ça malgré les larmes, tout ça malgré la détresse dans la gorge. Il lui résiste, elle s’en fiche. Il peut lui résister autant qu’il veut, pas question qu’elle abandonne, pas question qu’elle le laisse crever.

Jamais elle ne se le pardonnerait.

Et pourtant, quand il attrape son poignet, elle s’arrête. Quelque chose dans le regard du Conway la fait trembler, la fait s’arrêter. L’agrippe, l’attrape au vol. Immobilise son corps qu’elle refuse d’arrêter, de peur de tomber pour ne plus se relever. « No. Don’t. I -  » Il a les yeux qui roulent, les yeux qui sont déjà partis loins, la mort est à ses trousses, lâche moi, Ichabod, que je te sauve la vie. Mais il reste là, ne bouge pas. « I know it’s hard, but you have to listen to me. You have to trust me. » Elle secoue la tête. Non. Non. Je peux pas. Les larmes redoublent dans les yeux de Blair. Certaines roulent sur ses joues sans qu’elle ne les arrête. Têtue, pas question, pas question, elle ne se laissera pas avoir, n’acceptera pas de ne pas avoir tout tenté jusqu’à son dernier souffle. « I can’t stay here. I - » Ichabod s’interrompt. Coupé court par quelque chose - quelque chose que Blair ne voit pas, ne comprend pas. Elle ne sait pas ce qui s’est passé. On dirait que quelque chose s’est emparé d’Ichabod, dont le corps entier est secoué d’un violent spasme. « Ichabod ? » Le mot est faible, étranglé par l’incompréhension et la peur. Ça, ce n’est pas normal - pas avec le genre de blessure qu’il a. Et Blair ne saurait l’expliquer - comme si quelque chose était passé dans l’air, entre eux, bruissement dans ses cheveux, mouvement dans l’air. La manière qu’Ichabod s’est soudainement crispé, et qu’il semble être pris d’une énergie nouvelle. Blair le fixe, yeux écarquillés. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas normal. Toute explication échappe à son esprit scientifique. Ce n’est pas normal.

« Blair… Blair... » Il est en mauvais état, il la supplie, son nom n’est qu’un murmure étouffé. Blair le toise, paralysée. « Take me away. I fucking beg you. Don’t let it happen again. » It ? La question reste au bord de ses lèvres, elle est incapable de la prononcer. Elle ne comprend pas ce qui vient de se passer, ce qui anime soudainement le regard d’Ichabod, ce qui lui donne soudainement la force de bouger. « Sweetheart. Look at me. » Son regard glisse instictivement vers celui d’Ichabod. Il la happe, lui agrippe le coeur, le tient entre ses mains. « I know what I’m doing. Don’t make me threaten you. » Elle garde son regard sur lui, mais sa tête se met à bouger. Va de droite à gauche, refusant les mots qu’elle ne comprend pas, détestant l’ombre qui vient de se poser dans sa poitrine, le froid glacial qui se glisse dans ses veines. « I know you - I know you don’t understand, and I know you’re scared. But you have to trust me. » Elle secoue encore la tête, serrant les lèvres pour retenir un sanglot. Je peux pas, Ichabod. Je peux pas te laisser mourir. « You have to trust me. » Cette fois il la regarde, et dans ses yeux elle trouve quelque chose, quelque chose qu’elle ne sait s’expliquer mais qui fait taire ses larmes, fait taire la voix de logique qui lui hurle de bouger et de ne pas écouter le mourant. « I’m gonna make it. But first I have to take off this knife. Trust me, sweetheart. Trust me, and get me out of here. That’s… That’s all… That’s all I’m asking for... » Elle a envie de lui hurler, non, tu comprend pas. Tu comprend pas, Ichabod, que t’es en train de mourir, que je suis en train de te tuer, que tu vas crever sur les marches de l’hôpital et que ce sera de ma faute. Tu comprend pas. Mais aucun mot ne franchit ses lèvres, alors que son esprit tourne sur lui-même. Elle n’a pas envie de l’écouter. Ne devrait pas l’écouter. Arrêter de se laisser attraper par ses paroles, dernier délire du Conway.

« Ok. »

Le mot la surprend alors qu’il quitte ses lèvres. Elle ne sait pas ce qu’elle fait. Ne sait pas pourquoi elle le fait. Mais quelque chose dans le regard d’Ichabod et dans la manière qu’il s’adresse à elle lui fait accepter sa demande. Ok, Ichabod. Je te fais confiance. Les larmes l’empêchent de voir correctement. Elle cligne des yeux pour les chasser, elles vont rejoindre celles qui ont déjà séché sur ses joues. Regarde Ichabod. Très bien. Je vais faire ce que tu me demandes. Les mains de Blair se dirige vers le couteau, prêt à être retiré. « I’m sorry. » C’est une erreur, une horrible erreur, tout son esprit le lui hurle, mais elle est incapable d’empêcher ses doigts de s’enrouler autour du manche et de tirer. Le sang gicle, mais le jet est faible - déjà trop de sang de perdu, plus assez pour faire le dégat que ça aurait du. Des sanglots déchirés s’échappent de la gorge de Blair, alors qu’elle essaie de faire taire la voix dans sa tête, qui lui hurle, tu viens de le tuer, tu viens de le tuer. N’essaie même pas d’essuyer le sang, n’essaie même pas de l’empêcher de couler. Tu viens de le tuer.

Sans un mot, elle se relève, emmène Ichabod à sa suite. On dirait qu’il est léger comme une plume cette fois, et elle le traîne jusqu’à la voiture à nouveau. Derrière eux, une traînée de sang qui passe inaperçue. Le coeur de Blair se brise un peu plus à chaque pas, ses lèvres tremblent. Elle a envie de vomir, la honte et la culpabilité la piétinent. Elle le laisse retomber sur le siège passager, ferme la portière. Se traîne de l’autre côté, s’installe au volant. Renifle, et démarre le moteur. Épuisée, vidée. Appuie sur l’accélérateur. Le volant est glissant, elle distingue le sang même dans la noirceur. Pas un mot, pas un son ne sort de sa bouche. Ichabod est juste à côté, à se vider de son sang. La voiture s’engage sur la route, s’éloigne de l’hôpital. Qu’est-ce que tu viens de faire, Blair ? Tu réalises ce que tu viens de faire ? Elle ne sait même pas où elle va. Conduit juste.

Tu viens de le tuer.

Blair ferme les yeux.

Je te fais confiance.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mer 11 Avr - 11:00

Pendant un instant, il se demande si elle va finalement laisser aller. Ses yeux ont du mal à la trouver, et il sait que ses supplications ne pourront devenir plus fermes qu'elles ne viennent de l'être. Il le sait, et il sait aussi qu'elle est son dernier espoir de ne pas empirer son cas. Il ne peut pas mourir là — pas alors qu'il ignore combien de temps la mort le gardera. Pas alors qu'il sait que d'autres vies pourraient s'envoler durant ce laps de temps — s'envoler pour le percuter. Il lui avait fallu essayer. Tenter le tout pour le tout, et la raisonner. Il savait pour son esprit scientifique, cartésien. Savait que ce qu'il lui demandait dépassait l'entendement, et que la culpabilité l'écraserait très certainement si elle s'exécutait finalement. Mais il tient bon. Il tient bon et il essaie de la regarder. De la supplier des yeux, quand sa langue n'a plus assez de forces pour parler.

« Ok. » Et alors que le mot s'échappe, il sent le soulagement l'envahir. Il ferme les yeux, hoche la tête. Thank you, Blair. Il rouvre les yeux lorsqu'il sent le mouvement du corps de Blair — rouvre les yeux pour la trouver agenouillée à ses côtés. Elle a les mains qui s'approchent du couteau, et il voudrait pouvoir l'aider. Voudrait lever la main et le faire. Ne plus avoir à y penser. Mais elle a le courage de l'attraper. Le courage de faire ce qu'il lui avait demandé. « I'm sorry. » Il voit le doute dans ses yeux, voit la peur. Il la comprend, et sa main se soulève pour se poser sur sa jambe. Un murmure faible, alors qu'il se laisse aller contre le mur où elle l'a posé. « Do it. » Et elle le fait. Elle tire. La lame se dégage, et il semble alors au Conway que toute la chaleur de son corps est partie avec elle. Il prend une inspiration tremblante, et sa main quitte la jambe de Blair pour se caler sur sa poitrine. Faut pas mourir ici. Faut pas mourir maintenant. Lentement, sa deuxième main retire le couteau des doigts de Blair. D'un geste presque trop habitué, il le referme et le glisse dans sa poche. Refusant d'oublier l'arme du crime ici. Let's go, now.

Elle ne lui parle pas. Ne lui parle plus. Il peut sentir qu'elle lui obéit uniquement parce qu'il l'a suppliée, et de tout son petit être émane une atroce culpabilité. Il voudrait pouvoir lui parler, voudrait être capable de la rassurer. De lui dire que tout va bien se passer, une fois de plus. Lui expliquer pourquoi, et lui dire de se concentrer sur le miracle scientifique auquel elle va assister. Mais il sait que ça ne servirait à rien — et il n'en a de toute manière pas la force. Il concentre les derniers restes de son énergie à l'aider, lorsqu'elle va pour le relever. Deux pas traînants, et il se laisse retomber sur le siège passager déjà barbouillé de sang. Presque sorti de là. Il cale sa tête contre le dossier, ferme les yeux. Sa main exerce toujours une légère pression sur la plaie de sa poitrine, même s'il sait que ça ne sert plus à rien. Les secondes deviennent de plus en plus noires, et il sent la main froide si familière de la mort se refermer sur lui. C'est l'heure, Ichabod.

Blair a redémarré. Plus un mot ne franchit ses lèvres tremblantes. Il a tourné la tête et rouvert les yeux. L'observe. Tellement désolé. Les forces qui le quittent, la souffrance avec. Mais alors que la voiture s'éloigne finalement de l'hôpital, il réussit à prendre l'inspiration nécessaire à un dernier murmure, plus doux que tous les précédents. « I'm sorry sweetheart. You weren't supposed to see that. Ever. » C'est douloureux, et il sait qu'il ferait mieux de se taire. Ça accélère la fin de sa vie, et ça remplit sa bouche d'un sang qu'il ne peut plus cracher. Un sang qu'il voudrait vomir, mais qu'il n'a la force que de laisser couler le long de son menton. « I know you– ... I know you don't believe in miracles, but... You did the good thing. » Bulle de sang dans sa gorge. Il tousse. Ça devient difficile de rester conscient, mais il lutte. Lutte comme jamais. Lutte pour Blair. « Drive home... And... Don't worry about me. I'll be ok. » Son regard qui s'éloigne de Blair, pour passer par la fenêtre. La nuit laissera bientôt place au petit jour, mais il ne le verra pas. Pas dans cette vie-là.

Elle pleure toujours, et il le sait. Il n'a pas la force de lui dire qu'il va revenir. N'a plus la force de rien. Sa main a relâché sa poitrine, et le sang coule de moins en moins abondamment. C'est presque terminé. La respiration qui s'amenuise, et l'espoir que Blair l'écoutera. Prendra la route de chez elle, sous la protection des étoiles restantes. Et qu'elle y arrivera en sécurité. Accroche-toi, Blair. Tout va bien se passer. « I'll be ok. »

Le murmure est d'outre-tombe, et sa tête retombe finalement sur son épaule. Le froid finit de chasser la douleur, et le monde s'éteint bientôt. Je suis désolé, Blair.

Si seulement tu savais comme je suis désolé.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mer 11 Avr - 13:48

Tes parents.
Ta soeur.
Ton oncle.

Tous disparus. Tous morts.
Arrachés à toi. Toi, impuissante.
Pas cette fois.

Cette fois c’est toi qui l’a tué.


La voiture avance, son pied appuie sur l’accélérateur. La nuit est noire, tranquille, paisible. Pendant quelques instants, elle n’entend plus que le bruit du moteur, plus que le son des roues contre l’asphalte. Blair et les larmes qui coulent sur ses joues, Blair et son coeur en pièces. Ichabod qui meure à côté. Qui prends ses derniers souffles, qui se vide de son sang dans la voiture. Une voiture barbouillée de son sang, une voiture qui sent déjà la mort, une voiture que Blair a envie de fracasser dans un mur. Pendant quelques instants, le temps semble ralentir, semble s’écouler au grain de sable. Les derniers instants d’Ichabod, elle le sait, elle le sent. La brûlure dans sa poitrine ne ment pas, c’est là qu’Ichabod va mourrir, juste à ses côtés, alors que la voiture file à travers Blackwater Falls. Elle sera le seul témoin, ses oreilles qui entendront ses dernière paroles, ses yeux qui verront son dernier sourire. Les larmes coulent silencieusement, elle n’a même plus la force de sangloter, pas maintenant. Un peu de répit avant le silence, la tonalité avant le vide.

« I’m sorry sweetheart. » Elle tourne la tête, visage déjà défiguré par le deuil. Son corps qui tombe en lambeaux, alors que la vie d’Ichabod s’échappe et se défile. Il la regarde, étendu là, pantin désartibulé. Ichabod qui s’était toujours tenu droit, Ichabod qui était un pillier, Ichabod qui était increvable. Increvable, qu’on lui avait. Et pourtant. T’es une malédiction, Blair. Tout le monde meure autour de toi. « You weren’t supposed to see that. Ever. » Elle ne comprend pas, secoue la tête. Elle ne voit même plus la route, et pourtant elle conduit en toute sécurité, comme si elle se rendait au boulot. Un feu rouge la fait arrêter, et elle jette un regard éteint à Ichabod. Il a un sang épais qui coule de ses lèvres, et le coeur de Blair continue de se craquer, prêt à se briser pour de bon. « I know you - I know you don’t believe in miracles, but… You did the good thing. » Elle l’observe toujours, alors que le feu reste rouge. La lèvre tremblante, les mains lourdes. Écrasée par le moment, par la détresse. « Drive home… And… Don’t worry about me. I’ll be ok. » Le feu tourne au vert, mais Blair n’avance pas. Il faut qu’Ichabod lui-même détourne le regard pour qu’elle se décide à appuyer sur l’accélérateur. Elle ne comprend pas. Ne comprend pas ses mots, ne comprend pas comment il peut accepter de se laisser mourir ainsi. Comment accepter la mort comme ça, comment accepter la défaite ? Ça ne lui ressemble pas. Pas à Ichabod.

Trust me. I’ll be ok. Don’t worry about me. Ça ne fait pas de sens. Pourquoi dirait-il des choses pareilles ? Pourquoi s’embêter d’essayer autant de la rassurer, s’il est pour juste crever ? Blair ne comprend pas. Essaie de comprendre. Essaie d’analyser les pièces du puzzle, mais tout est flou, il lui manque la clé pour craquer le code. « I’ll be ok. » Les mots la tirent de sa rêverie, et elle regarde Ichabod. Sa tête est retombée contre son épaule, sa bouche entreouverte. Ses yeux clos. Il ne bouge plus. Il ne respire plus. Il est mort. Ça y est. Ichabod est mort. Elle est seule.

Encore.

Avec un calme olympien, Blair se range sur le côté de la route. Freine doucement, jusqu’à l’arrêt complet de la voiture. Tire sur le frein à main, et coupe le moteur. Fixe le pare-brise, la nuit noire, les étoiles, les lumières de la ville. Sa tête retombe contre le volant, son front glisse sur le sang qui le barbouille. Elle l’ignore, reste là. N’est pas capable de regarder à sa droite, pas capable de rassembler son courage. Il ne reste plus qu’une coquille vide, un corps qui va lentement perdre ses fonctions. Un coeur qui ne bats plus, un cerveau qui tire ses dernières décharges électriques. Du sang qui va se coaguler, un peau qui va décomposer, des organes à attraper avant qu’il ne soit trop tard. Un cadavre. Comme elle en voit tant passer à la morgue, comme elle en a tant ouvert et étudié. Celui d’Ichabod. Celui de son ami, celui de son protecteur.

Son coeur finit de se briser. Le bris est cruel, douloureux. Un sanglot passe ses lèvres, et Blair se mets à pleurer. Tête échouée contre le volant, le silence l’enveloppant, la nuit la couvant. C’est fini. C’est terminé. Ichabod est mort. Il n’aura pas survécu. Tout ça pour rien. Tout ça pour juste mourir. Elle ne sait pas combien de temps elle reste là, à juste pleurer. Pleurer toutes les larmes de son corps, jusqu’à en avoir mal à la gorge, mal aux yeux, mal à la poitrine. À un moment elle n’est plus capable de rester là, plus capable de savoir Ichabod mort à ses côtés, l’odeur de la voiture la rend malade, les sanglots lui bloquent la gorge, et elle enlève sa ceinture, ouvre la portière, et titube dehors. Il n’y a que les étoiles et les arbres pour l’acceuillir, et Blair avance d’un pas maladroit pour s’éloigner de la voiture. La bile lui monte à la gorge, oh God, oh God, he’s dead. He’s dead, I killed him. Quelques pas plus loin finalement, elle vomit, elle ne sait pas trop quoi, presque rien, juste de la douleur. Elle tombe sur ses genoux. Crache, tousse. Quand les vomissements arrêtent, elle se redresse. Essuie lamentablement ses joues. Sanglot lamentables qui passent ses lèvres. Regarde le ciel. Regarde les étoiles.

What have I done ?

Elle ne peut pas rester là et elle le sait. Elle doit appeler la police, qu’ils viennent chercher le corps. Que le reste s’enclenche. Elle a le vertige. Pense à Leora. Peut-être qu’elle pourrait l’appeler. Demander son aide. Ça lui fait du bien de penser à elle, à ses yeux de feu, à son sourire à décrocher les étoiles. Pense à Ben. Pense à Reyna. Pense à la belle mexicaine dont Ichabod est tellement amoureux - était. Pense à son fils. Pense à son jumeau. Oh God. Puis elle repense à ce qu’il lui a dit. Drive home. I’ll be ok. Elle l’a écouté jusqu’ici. A exaucé ses voeux. Pourquoi s’arrêter là ? Elle va l’emmener chez elle. Chez elle il sera bien. Chez elle il sera en paix. Ok, Ichabod. Let’s get you home.

Blair sèche ses larmes, et retourne vers la voiture. Son pas est lourd. La maison. Ce n’est pas loin. Elle appellera la police là-bas. Comment est-ce qu’elle va l’emmener jusqu’à son appartement ? Elle ne pourra pas. Peu importe. Il voulait qu’elle l’emmène là. Elle l’emmènera là. C’est tout. Blair rembarque dans la voiture, ça sent la mort, ça sent le sang. Elle a presque envie de vomir à nouveau, mais se rassemble. Ce n’est pas le moment. Elle a une dernière chose à faire. Ses mains tremblent, alors que ses doigts s’enroulent autour des clés pour les tourner. Une dernière chose à faire. Pour lui. Pour Ichabod.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mer 11 Avr - 14:26

Comme à chaque fois, il ne reste plus que le vide. La noirceur et les ténèbres, si denses que rien ne peut y être ressenti. Il n'y a plus que le néant. Le calme absolu. Celui que tant craignent — celui qu'Ichabod a trop de fois expérimenté, ces dernières années.

Le néant. Le néant qui l'accroche, le berce, l'enveloppe. Le néant qui l'a pris à Blair, et qui le garde en otage jusqu'à ce que sa malédiction ne fasse son oeuvre sur son corps. Que le sang ne cesse de couler, et que les chairs ne se mettent à se réparer sous les tissus percés.

Reviens, Ichabod. Presque réparé, alors que les pneus de la voiture glissent sur le pavé. Presque réparé, alors que les sanglots de Blair persistent, et que le sang macule toujours leurs deux peaux.

Reviens, Ichabod. La ville défile derrière les vitre du pick-up, encore endormie sous le poids de la lune. Et ses chairs se sont recollées, complétées. Petit à petit, c'est comme si la lame ne l'avait jamais percé. Comme s'il n'avait eu aucune raison de s'éteindre. Comme si tout cela ne s'était jamais produit.

Reviens, Ichabod. Maintenant que tes blessures sont refermées, maintenant qu'il ne reste que le sang dans ta bouche pour t'empêcher de respirer. T'aurais qu'à cracher, t'aurais qu'à te débarrasser de tout ça, et ce serait réglé. Tes poumons pourraient se remplir à nouveau, et Blair pourrait arrêter de pleurer.

Reviens, Ichabod. Laisse pas Blair seule, laisse pas Blair comme ça.

Reviens.

Lorsqu'il rouvre finalement les yeux, la voiture est arrêtée. Son coeur s'emballe brusquement au moment de recommencer à battre, et la douleur d'un tel empressement résonne dans tous ses membres. Il tousse, dégage le sang de ses bronches, et sa main se porte naturellement à ses lèvres pour les essuyer. Une inspiration de noyé, et il sent son coeur finalement disposé à essayer de se calmer. La douleur qui reflue, et qui se concentre sur les points de sa poitrine et de son abdomen où la lame l'avait percé. Sa deuxième main s'y porte instinctivement, alors qu'il s'efforce de se détendre. S'efforce de retrouver une respiration plus régulière, et des pensées ordonnées. Ses prunelles se posent sur la petite silhouette, toujours assise à ses côtés. Et un maigre sourire étire alors la commissure de ses lèvres. Oh, Blair. Oh, si tu savais comme je suis désolé.

« ... Are we home ? » Mots doux. Mots simples. Une fois de plus, il a murmuré. Non pas par faiblesse, mais bien par aménité. Ne pas la brusquer. Pas plus qu'elle ne le sera déjà, à ne pas en douter.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Mer 11 Avr - 22:35

Continuer d’avancer. Garder le pied sur l’accélérateur, continuer d’avancer. Regarder la ville défiler, surveiller les feux. Personne dans les rues, tout le monde s’est défilé. Ne reste plus que Blair et le cadavre d’Ichabod. Blair, qui tente vainement d’arrêter de pleurer, Blair, qui essaie de se concentrer sur se rendre à destination. La voiture sent la mort, les sanglots lui bloquent la gorge. Elle est épuisée, elle a envie de tout arrêter, de freiner au milieu de la route et de laisser quelqu’un la trouver. De baisser les bras, fatiguée de courir, fatiguée de devoir continuer. Mais la voix d’Ichabod continue de tourner dans son esprit, ses mots faisant écho. Drive home. Trust me. Ichabod est mort. Mort, juste à côté d’elle.

Continue d’avancer, Blair. T’as fait une promesse. Silencieuse, mais une promesse quand même.

Elle s’efforce de bloquer ses pensées, alors qu’elle approche de son immeuble. De ne pas penser à tout ce qui s’en vient, toutes les questions, tous les doutes, tous les regards. Toutes les colères et les tristesses et les désespoirs. Toutes les pertes, tous les vides que la mort d’Ichabd va créer. Ici, ailleurs aussi sans doute. S’efforce de ne pas penser à la douleur qu’il reste à ressentir. Pour l’instant elle doit juste conduire et l’emmener chez elle. Il lui a demandé. Il lui a demandé de le faire. Qui est-elle pour lui refuser ça, même après la mort ? Elle ne sait même pas comment les larmes continuent de couler, comment les sanglots continuent de la secouer. Elle est vide, vidée, épuisée, écrasée. Et pourtant ça continue. Pourtant ça ne s’arrête pas. Blair freine, et tourne dans le stationnement. Gare la voiture, comme elle le fait tous les jours. Mais ce n’est pas sa voiture, et ça n’a rien d’habituel. La voiture d’Ichabod, barbouillée de sang, empestant la mort. Reniflant, Blair engage le frein à main. Maintenant, quoi ? Maintenant, quoi, Ichabod ?

Il tousse.

Blair se fige. Une toux, à ses côtés, provenant d’Ichabod. Le corps raidi et déjà refroidi d’Ichabod. Elle doit être en train de rêver. Après avoir autant pleuré, après tout ça, son esprit lui joue des mauvais tours. Elle a presque envie de rigoler, et pourtant elle ne bouge pas, ne cille pas. Encore moins question de détourner la tête pour regarder à sa droite. Ça ne se peut pas. Tu deviens dingue, Blair.

Il bouge.

Elle le voit du coin de l’oeil, yeux toujours fixés sur la nuit noire à travers le pare-brise. Quelque chose a changé dans l’air, quelque chose n’est plus du tout pareil. Ça a bougé. Il a bougé. Blair se mets à trembler des pieds à la tête. C’est une mauvaise blague. Elle est dans un film d’horreur. Ce n’est pas possible. Ce. N’est. Pas. Possible.

« … Are we home ? »

C’est une gifle en plein visage. Sa mâchoire se décroche. Ichabod vient de parler. Ichabod est mort. Ichabod est mort, mais il vient de parler.

Lentement, la tête de Blair se tourne à sa droite. Elle est terrifiée de ce qu’elle va voir, terrifiée d’y voir une atrocité, terrifiée de juste revoir le visage éteint d’Ichabod, terrifiée d’avoir juste rêvé tout ça. Mais alors que ses yeux se posent sur le passager, elle voit les yeux ouverts. Les yeux familiers, qui brillent dans la pénombre de l’habitacle. Elle voit la peau qui a repris une teinte presque normale. Elle voit le sourire qui étire les lèvres de l’homme, voit qu’elle ne rêve pas. Voit qu’Ichabod est en vie. Ichabod est en vie.

Ichabod est mort.
Ichabod est en vie.


Ses yeux se remplissent de larmes, grosses et brûlantes. Elle ne comprend pas. Ne comprend pas comment il peut être en vie, comment il peut sourire, comment il peut parler, comment il peut respirer. Il s’est fait poignarder. Il s’est vidé de son sang. Elle l’a entendu mourir. L’a vu mourir. L’a vu mort. Elle l’a pleuré. Et le voilà, qui la regarde et qui lui sourit. Qui lui demande s’il est à la maison.

Elle doit être folle.
Elle doit rêver.

Peut-être que la voiture s’est fracassé contre un mur de ciment, et qu’elle est morte elle aussi, et qu’ils sont tranquillement en train de discuter dans l’au-delà.

Ce. N’est. Pas. Possible.

Les épaules affaissées, un sanglot s’échappe des lèvres de Blair. Et juste comme ça, elle recommence à pleurer. Ichabod est en vie. Elle ne sait pas comment, ne sait pas pourquoi. Toute explication échappe à son esprit logique, son esprit scientifique. Les zombies ça n’existe pas. Personne ne revient à la vie comme ça. Elle se laisse retomber dans le siège de la voiture, glisse son visage entre ses mains. Ses épaules secouées de sanglots, elle secoue la tête. « That’s not possible. » Sa voix est faible, écorchée par la soirée. Étranglée par sa fatigue. « You died. You just died. You were dead. » Elle essaie de comprendre, essaie d’assembler les morceaux. D’en faire du sens, de comprendre, quelque chose, n’importe quoi. Rien ne vient. Juste le vide, juste l’incompréhension. Et la terrifiante peur que tout ça n’est qu’une horrible hallucination, et qu’Ichabod est vraiment mort. « I don't understand. » Gamine apeurée, gamine épuisée. Elle veut que ça s'arrête, que tout s'arrête, elle veut rentrer, veut aller se coucher. Se réveiller, appeler Ichabod. Qu'il lui dise que tout va bien, qu'elle a fait un mauvais rêve, que tout va bien.

Dis-moi que tout va bien. Dis-moi que je suis pas en train de perdre la tête.
Dis-moi que t'es pas mort.
Dis-moi que t'es pas mort.



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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Jeu 12 Avr - 23:00

Il aurait du mal à le lui expliquer, et il le savait. C'était le même problème à chaque fois, y compris pour ceux qui savaient l'existence du surnaturel, ou l'avaient déjà côtoyé. Mais dans le cas de Blair, ce serait autre chose. Elle ignorait tout. Pour la connaître, il savait que toutes ses pensées depuis qu'il avait été poignardé avaient dû être des plus rationnelles. Elle l'avait vu mourir, et elle avait cru le perdre. Qu'importe ce qu'il lui avait dit, qu'importe la confiance qu'elle avait accepté de placer en lui. Elle l'avait perdu, et aucun de ses mots n'aurait jamais été capable de la rassurer. Alors, lorsqu'il pose les yeux sur elle et lui parle finalement, il sait que ça prendra plus d'une phrase ou deux pour le lui expliquer. Pour lui faire comprendre qu'il est bien là, et qu'elle aussi. Qu'elle n'est pas en train de rêver, ou de devenir folle. Qu'il ne s'agit pas d'une version déformée, terrible, de la réalité. Il n'est pas un zombie, et elle n'est pas en train d'halluciner. C'est vrai, Blair. C'est bien vrai.

Les larmes roulent sur ses joues douces, déjà barbouillées de sang et d'eau séchés. Les larmes roulent, et ses deux petites mains rouges, si rouges, se précipitent devant ses yeux pour les cacher. « That’s not possible. » Elle couine, petite voix écorchée, et il ne sait pas quoi faire pour l'aider. Malgré le sourire fantomatique qui subsiste sur ses lèvres, son coeur s'est brisé. Il voudrait tendre la main, la toucher. Mais il ne sait pas si elle supporterait ce contact. Pas alors qu'elle était encore piégée dans une réalité partielle, où elle ne parvenait plus à distinguer le cauchemar du réel. « You died. You just died. You were dead. » Elle répète les faits, se raccroche à ce qu'elle connaît. Se raccroche à ces souvenirs terribles, mais cohérents et avérés. Et il n'arrive pas encore à lui répondre. Il n'arrive pas encore à parler. Retournant les phrases dans sa tête, essayant de trouver les mots qui la soulageraient le plus rapidement et le plus efficacement possible. Sachant que c'était peine perdue. « I don't understand. » Et il serre les dents, doucement. Le sourire qui termine de disparaître, ses yeux qui se décollent de sa silhouette ensanglantée, éplorée. Respire, Ichabod. C'est pas le temps de flancher.

« I know, sweetheart. » Ses yeux se sont reposés sur elle et, après une longue inspiration, il a réussi à parler. Sa voix éraillée s'est élevée pour la seconde fois, tentative douce de la ramener à la réalité. À cette réalité qu'ils partageaient tout deux, et qu'elle aurait à admettre comme étant la seule en place pour la soirée. Je suis mort. Je suis revenu. Et je suis désolé que tu aies été là pour assister à ça. « I know. » Il expire doucement, se redresse. Il sent la présence du couteau à cran d'arrêt dans sa poche. Sent la texture poisseuse du sang, autour des plaies qui avaient cicatrisé mais qui continuaient de le faire souffrir. Et il ouvre doucement la boîte à gants, en tire une boîte de lingettes nettoyantes. Il la pose sur le tableau de bord, en sort une. Et lentement, il tend la main vers Blair. Here we are. « Look at me. Look at me, sweetheart... » Ses doigts se posent sur les siens. Prennent le temps de se glisser sous ses jointures, et de les amener délicatement vers lui. Dévoilant son oeil, son visage barbouillé de traces de sang à peine sec. « There you go... » Et la lingette se dépose sur les doigts qu'il tient, doucement. Il sait que ça en prendra davantage pour tout nettoyer, mais il sait aussi qu'il ne peut laisser Blair avec tant de rouge sur la peau. Tant de rouge dans son champ de vision. Elle a besoin de revenir à la réalité, et il va l'aider. C'est bien la moindre des choses, après tout. « I know you must think you're crazy. Or dreaming. But you're not. » Sa voix est calme. Ça en prendra bien davantage, mais il faut bien commencer quelque part. Il continue d'essuyer ses doigts, lentement. Ne pensant pas à sortir de là pour l'instant. D'abord, la calmer. Ensuite, aviser. « I promise you. You're not. » Il chiffonne la lingette utilisée, salie, la laisse tomber sur le tableau de bord et en tire une autre du paquet. Puis il repose ses yeux sur elle. Doux. Souriant. « Here, gimme your other hand... » Lentement, il tend les doigts. Les approche, vient chercher ceux de Blair, et les essuie tendrement. C'est frais, ça a un parfum citronné. Ça remplit peu à peu l'habitacle, et ça contre l'odeur amère et écoeurante du sang qui a coulé partout. « It's fucking hard to believe it. And it's impossible. You said it. But I need you to trust me, ok ? Just like you trusted me back there, at the hospital. » Il se concentre sur ses doigts, lui jetant de réguliers coups d'oeil. « Try to breathe calmly. Let it slow down your heart. » La deuxième lingette a épuisé ses capacités, et elle rejoint rapidement la première. Il prend quelques instants avant d'en tirer une troisième. Attrape les deux mains nettoyées de la jeune femme, et les monte doucement vers lui. Accompagne ses doigts jusqu'à la ligne de sa mâchoire, et les laisse se glisser doucement dans sa barbe. Là où le sang n'a pas coulé, là où ça n'a pas séché. Look at me. I'm ok. « I'm not going anywhere. I'll stay with you, ok ? Like I always do. » Il murmure. Garde ses mains appuyées sur les siennes, et celles de Blair contre ses joues. Touch me. Feel me. I'm here. « I'll explain everything to you. But first, you need to breathe. Just breathe. » And everything will be ok, sweetheart. I promise you.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Ven 13 Avr - 22:13

Se rattacher aux faits. C’est le seul moyen de survivre. Se rattacher aux faits, scientifiquement vérifiables, les faits, purs et durs, les faits, qui ne peuvent pas changer, les faits, qu’on ne peut pas remettre en question. Ichabod était mort. Ichabod était mort à ses côtés, sur le siège passager de sa voiture, vidé de son sang. Elle avait vu son visage éteint, vu son corps crispé. Et voilà qu’Ichabod bougeait. Parlait. Souriait. Non, ce n’était pas possible. Tout ça n’est qu’un cauchemar, elle est plongée en plein film d’horreur. Elle a finalement perdu la tête, et elle finira dans un asile, c’est aussi simple. Elle sera la fille qui voit les morts bouger, la fille qui n’a jamais accepté la mort de son ami, la fille qui ne s’est jamais remis d’avoir du le tuer. Ce n’est pas possible.

« I know, sweetheart. » La voix. Encore. C’est celle d’Ichabod, elle sait la reconnaître, même le visage enfoncé contre ses mains, même avec les yeux fermés. Des yeux qui refusent de se rouvrir, qui sont terrifiés de découvrir ce qu’il y a derrière les paupières closes. Si elle garde les yeux fermés, peut-être que ça finira par arrêter. Peut-être qu’elle se réveillera du cauchemar, et qu’elle ne se sentira plus au bord de sombrer dans l’inconscience. Épuisée de pleurer, épuisée de ne pas comprendre, de ne pas savoir. « I know. » Encore. Elle reste bornée, petite Blair, yeux fermés et visage caché. Ne veut pas regarder, ne veut pas savoir. Parce que ça ne fait pas de sens, ça ne peut pas être vrai. Son souffle lui échappe par bribes, elle respire à peine, si ça continue comme ça elle va s’étouffer, mais elle s’en fiche. Incapable de penser correctement, les hypothèses et les calcus et les théories naissent et se fracassent dans sa tête. Et cette voix, qui tourne encore et encore, ce n’est pas possible, Ichabod est mort, Ichabod est mort. Elle a envie de hurler, que tout cesse. Elle entend des bruits, quelque chose a ouvert, on dirait la boîte à gants, elle ne veut pas ouvrir les yeux pour vérifier. Son petit corps barbouillé de sang recroquevillé sur le siège. « Look at me. Look at me, sweetheart... » Elle sursaute violemment quand des doigts se posent sur les siens. Un mouvement de recul qui fait presque rebondir sa tête contre la fenêtre de la voiture, alors qu’elle se redresse. Yeux paniqués, remplis d’une peur sans nom. Et pourtant ce n’est qu’Ichabod qui lui rend son regard. Qu’Ichabod, son collègue, son ami. Toujours le même, malgré son teint un peu pâle. Cheveux bruns, yeux sombres. C’est lui, il n’y a pas de doute, et pourtant ça ne peut pas être lui. « There you go... » Elle garde son autre main devant son oeil, incapable de bouger un autre muscle, alors qu’Ichabod - Ichabod - commence à nettoyer le sang sur ses doigts avec une lingette humide. Blair qui tremble de la tête aux pieds, de peur ou de fatigue, elle n’en sait rien, elle ne sait plus rien. « I know you must think you’re crazy. Or dreaming. But you’re not. » Elle le toise, figée. Elle a envie de lui demander, comment tu le sais, mais sa gorge est trop sèche et sa bouche trop pâteuse pour qu’elle soit capable de dire quoi que ce soit. Reste muette, observe le mort nettoyer le sang sur ses doigts. « I promise you. You’re not. »

Sa lèvre inférieure se met à trembler. Elle ne sait pas comment c’est encore possible pour elle de pleurer, mais des larmes continuent de couler sur ses joues. Elle le regarde jeter la lingette sur le tableau de bord, en sortir une autre. Son regard qui rejoint le sien. Les grands yeux de Blair qui, soudainement, ne veulent plus se fermer. « Here, gimme your other hand... » Elle le laisse faire, alors qu’il attrape son autre main qui tremble comme une feuille. Elle le voit bien à présent, ses deux yeux libérés de leur cachette. Ne comprend toujours pas. La voix calme la rassure. Apaise les battements de son coeur. Mais sa poitrine reste serrée, son esprit embrouillé. « It’s fucking hard to believe. And it’s impossible. You said it. But I need you to trust me, ok ? Just like you trusted me back there, at the hospital. » Il se souvient. Il sait. Sait ce qu’Ichabod lui a demandé, et ce qu’elle a fait par la suite. Bien sûr qu’il le sait - c’est Ichabod qui lui parle. Mais l’esprit de Blair peine à le comprendre, peine à faire la connexion, on dirait qu’elle cherche le cadavre sur le siège, mais il n’y a que l’homme, son ami, son allié. « Try to breathe calmly. Let it slow down your heart. » La voix l’apaise. Elle a envie de l’écouter - peu importe ce qui est en train de se passer, il a raison, elle doit se calmer. Elle inspire, lentement, expire avec un tremblement. Il jette la lingette maintenant d’un rouge inquiétant, et attrape ses deux mains. Les soulève, et les dépose contre sa mâchoire. Contre sa barbe, douce et rugeuse à la fois. Un visage, un vrai, de la peau, de la vraie. Un visage en vie, le corps d’un Ichabod en vie, qui continue de la regarder et d’essayer de la calmer. Blair inspire encore, les larmes redoublent dans ses yeux pendant un instant, alors que ses doigts se mettent à bouger d’eux-mêmes. Glisse sur la barbe pour la sentir, gratte doucement la peau en-dessous. « I’m not going anywhere. I’ll stay with you, ok ? Like I always do. » Elle ne sait pas pourquoi, mais elle se met à acquiescer. Sa tête qui se penche vers l’avant puis vers l’arrière, lentement, tellement lentement. Ses mains prisonnières entre son visage et ses mains à lui, son pouce qui se met à bouger pour caresser la joue, elle essaie de rendre ça réel, de comprendre le réel, de le distinguer du cauchemar. « I’ll explain everything to you. But first, you need to breathe. Just breathe. » Encore une fois, elle acquiesce. Lentement. Une de ses mains s’échappent de l’emprise, et glisse jusqu’à l’oreille. La racine des cheveux. Le cou. La nuque.

Ichabod.
Ichabod.
T’es en vie.


« You’re alive » dit-elle en un murmure, consolidant sa pensée. Besoin de l’exprimer à voix haute, de se l’entendre dire. Un énième sanglot s’échappe de ses lèvres, alors qu’elle se redresse un peu sur son siège, vers lui. « You’re alive » répète-t’elle, fermant les yeux, puis c’est son corps entier qui se projette vers l’avant. Elle continue de pleurer, continue de sangloter, alors que ses bras entourent le cou d’Ichabod pour le serrer aussi fort qu’elle le peut, malgré la distance et les contraintes imposées par l’habitacle de la voiture. « It’s impossible » souffle-t’elle à son oreille, son nez perdu dans les cheveux à Ichabod. Tu ne l’as pas tué, Blair. Il est là. Il est en vie, il respire, il parle. Il te serre dans ses bras. Ferme les yeux. Il est là.

Elle continue de pleurer, continue de sangloter. Réfugiée dans les bras d’Ichabod, le serrant comme si c’était la première et la dernière fois. « I’m sorry » lâche-t’elle finalement, la voix écorchée. I’m sorry. I killed you. C’est elle qui a enlevé le couteau, elle qui était là, elle qui n’a pas pu le sauver. « I’m so sorry. » Désolée de ne pas avoir pu éviter le pire, désolée que ça se soit passé comme ça. Désolée de ne pas savoir quoi faire, de ne pas savoir quoi penser. « I was so scared... » Elle ne sait pas pourquoi elle le dit, il le sait, il sait tout ça, mais elle a besoin de le dire. Puis elle se recule finalement, juste pour pouvoir regarder son visage à nouveau, serrant une main dans la sienne, fort, si fort que ça pourrait lui broyer les dents, elle s’en fout. « You - you said something about a miracle. That’s - that’s what you were talking about, right ? That’s why you let yourself die ? » Sa voix est tremblante, ridicule - petit corps épuisé qui se reflète dans la voix. Peut-être qu’ils devraient sortir de la voiture, aller se reposer dans l’appartement. Mais Blair n’est pas capable de penser, essaie juste de respirer comme Ichabod lui a dit.

I’m breathing.
I’m breathing.
And so are you.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Jeu 3 Mai - 23:04

« You're alive. » Elle a les doigts qui s'égarent sur son visage, dans ses cheveux. Le contact familier de la barbe a semblé la raviver, et elle revient doucement à la vie. Sans cesser de pleurer, sans cesser d'acquiescer. Elle sanglote, se redresse dans son siège, et il sourit. Sourit alors qu'elle répète, sourit alors qu'elle vient passer ses bras autour de lui pour le serrer. Il la rattrape sans rechigner, n'essaie pas de l'éloigner. Ses propres bras qui se referment autour de la petite silhouette frêle de la jeune fille, et il ne la lâche pas. La laisse le respirer, la laisse le toucher. Il ferme les yeux, à son tour. Et quand elle s'excuse finalement, toujours perdue contre lui, il sent un mince soupir s'échapper de son nez. Détendre son corps, mais raffermir sa prise autour de celui de Blair. I'm more sorry than you'll ever be. Les mots sont coincés dans sa gorge. Il ne veut pas les prononcer, ne veut pas entacher la progression de Blair vers la surface. Il ne veut pas transformer le doux bonheur du retour à la vie en culpabilité. Ne veut pas rendre les choses encore plus compliquées. Ce n'est pas son rôle. Son rôle à lui, c'est de survivre. C'est de la rassurer. C'est de lui sourire, et de lui expliquer que tout va bien se passer. De l'en convaincre. J'suis vivant et je vais le rester.

Alors, il la laisse parler. La laisse se reculer, lorsqu'elle se décide finalement à le relâcher. Et il s'efforce de poser un sourire sur ses traits, à nouveau. S'efforce de faire comme si de rien n'était. Comme s'il ne se sentait pas mal, comme s'il n'avait pas envie de s'excuser puis de tourner les talons et de s'en aller. Chaque fois était plus dure que la précédente. Avouer, dévoiler cette malédiction qui était la sienne. Mais ce soir encore, ce soir surtout, c'était compliqué. C'était de Blair que l'on parlait. C'était Blair qui avait eu à accepter l'incrédulité de la situation. Accepter de perdre le contrôle. De le laisser mourir. De le tuer. C'était de Blair dont on parlait, et Ichabod ressentait la douleur de ce qu'il lui avait fait subir jusqu'au fond de ses os. Les coups de couteau fantômes n'avaient pas vraiment guéri. Les plaies psychologiques étaient là. L'innocence de la gamine bafouée. Tout ça, c'était de sa faute.

« You - you said something about a miracle. That’s - that’s what you were talking about, right ? That’s why you let yourself die ? » Elle fait des efforts pour respirer, et il le voit. Il lui sourit pour l'encourager, toute trace de culpabilité estompée derrière la lueur rassurante de son regard. Il hoche la tête à sa question, lentement. La laisse retrouver ses esprits. Associer les pièces du puzzle. « Yes. » Mais il l'encourage, à sa manière. Il l'encourage, et il lui sourit de plus belle. Toujours pâle, mais bien vivant. Le poids du couteau au fond de sa poche — il ne sera pas nécessaire de le lui montrer pour lui rappeler la réalité. Il reste là encore quelques instants à l'observer. Hochant doucement la tête, avant de prendre une inspiration plus grande. Regardant autour de lui. Du sang partout sur le tableau de bord, du sang partout sur les sièges. Ce serait dur à nettoyer, mais il n'aurait pas à s'en soucier. C'était le boulot d'autres. Tout ce qu'il lui faudrait, c'était tout cacher en attendant de pouvoir transférer le véhicule jusqu'à un garage qui s'en occuperait. Chaque chose en son temps. Pour le moment, la priorité restait Blair.

« Hey. » Ses yeux se sont reposés sur elle, sa tête s'est penchée lentement. Il la dévisage. Ses yeux bouffis par le chagrin, les larmes qui barbouillent encore ses joues, les sanglots qui peinent à s'apaiser. Il allait lui falloir la sortir de là. Prendre soin d'elle. La nettoyer. S'en occuper. « That's good. You're doing great. Keep breathing, ok ? » Doucement, il se décolle du fond du siège. Se redresse. « I'm gonna get out of the car. Put sheets on the seat–I've always got some in the trunk. And then I'm gonna get you, ok ? We're gonna go to your place. And I'm going to explain everything. I promise. » En parlant, il a pris sa main. La porte à ses lèvres, embrasse doucement ses doigts. « I'm not going anywhere. Just wait for me here. And keep breathing slowly. » Il serre sa main, caresse sa joue du bout de ses autres doigts. Puis il sort finalement de l'habitacle, lentement. S'assurant qu'elle ne va pas paniquer, continuant de hocher la tête pour la rassurer. En quelques secondes à peine, il s'est assuré que personne n'était dans la rue, et il a récupéré les draps dans le coffre. Il revient en couvrir le siège passager — le plus taché des deux. Côté conducteur, seuls Blair et le volant sont tachés. Rien qui ne pourrait se régler plus tard, dans le cas du volant. Pour l'heure, c'était le tour de Blair.

Il claque doucement la portière du côté passager, fait le tour du véhicule. Ouvre celle du côté conducteur, et s'approche doucement. « It's ok. Don't move. I've got you. » Ce-disant, il attrape le sac à main de Blair pour le lui poser contre le ventre, avant de se saisir des clés de la voiture et de passer son bras sous les genoux de la gamine. Il laisse l'autre s'enrouler autour de ses épaules, puis la soulève lentement. « I've got you. » Prend garde à ce que sa tête ne heurte pas l'encadrement de la portière lorsqu'il la sort. Referme la porte derrière eux, et appuie sur le bouton pour verrouiller automatiquement la voiture. Il hisse Blair dans ses bras, cale sa tête contre la sienne pour l'inviter à la déposer dans le creux de son épaule. Here. It's over, now. Ses pas qui le guident jusqu'à l'immeuble. Ses mains qui se démènent pour ouvrir les portes et faire passer leurs corps sans jamais la cogner. Il y parvient sans trop d'efforts — plus tristement habitué qu'il n'aurait voulu. Monte calmement les escaliers jusqu'à l'étage de Blair, ignorant la fatigue qui se distille dans son corps, encore sous l'adrénaline de la résurrection. Arrivé devant l'appartement, il sourit. Sa prise sur Blair qui ne s'est jamais relâché, ses yeux doux qui se reposent sur son visage alors qu'il décolle sa tête de la sienne. « I'm gonna need your keys. » Le sac à main est toujours déposé dans le creux du ventre de la petite, et il ne peut pas l'attraper. Pas avec les bras occupés. « D'you think you can get them ? » Il murmure. La reposera s'il le faut. Aucune intention de l'empêcher de marcher, si elle a besoin de sentir le sol sous ses pieds. Mais il s'est refusé à la faire prendre les escaliers. S'est refusé à lui demander un effort que son petit corps épuisé semblait bien incapable d'exécuter. Fallait qu'elle continue de respirer. Fallait qu'elle se laisse bercer. Et quant à lui, c'était bien la moindre des attention à lui donner pour ce qu'il lui avait fait traverser.

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MessageSujet: Re: (fate has a way of playing games), ichablair.    Lun 21 Mai - 17:14

Inspirer. Un, deux, trois. Expirer. Un, deux, trois. Il ne fallait surtout pas s’arrêter, surtout pas manquer le compte. Il fallait juste continuer de respirer, et ne pas commencer à paniquer. Elle tient la main d’Ichabod dans la sienne, refusant de la lâcher, il faudrait quelque chose de nucléaire pour la séparer du Conway. Pas question, pas après tout ça, pas après qu’il soit mort, pas après qu’elle ne l’ait tuée. Elle tient sa main, la broie dans la sienne, de toutes les petites forces qu’il lui reste. Continue de respirer, comme il lui a demandé. Ça va mieux. Doucement, lentement, ça va mieux. L’adrénaline retombe, et son esprit épuisé abandonne presque l’idée de comprendre. Il faut juste avancer, juste respirer. Mais le cerveau de Blair ne peut s’empêcher de réfléchir, elle ne le contrôle pas, ne peut pas arrêter son flux de pensées. Malgré son envie de juste fermer les yeux et se laisser aller, elle repasse les dernières heures dans sa tête, cauchemardesques, irréelles. Tout ça, ça ne peut être qu’un rêve - mais ça ne l’est pas. C’est la réalité, brutale, cruelle. Insensée. Ichabod le lui confirme d’un simple mot. Yes. Un miracle. Le miracle qu’il a mentionné, le miracle qu’elle a espéré, le miracle qu’elle a vu s’envoler avec Ichabod qui meure à ses côtés. Le miracle revenu à la charge, qui faisait en sorte qu’il lui parlait à nouveau, respirait à nouveau. C’est scientifiquement impossible, et pourtant c’est ce qui s’est passé. Blair est soudainement prise d’un vertige, ferme les yeux, et respire. Just breathe.

« Hey. » La voix la ramène sur terre, et elle rouvre ses yeux lourds, brûlants de fatigue et des innombrables larmes qu’elle a pu verser ce soir. Elle le regarde à nouveau, et elle a envie de se remettre à pleurer, Ichabod qu’elle a perdu, Ichabod qui est revenu. « That’s good. You’re doing great. Keep breathing, ok ? » Elle acquiesce, et comme pour montrer qu’elle est une bonne élève, inspire et expire pour qu’il le voit bien. Elle se sent comme une enfant, peut-être qu’elle en est une après tout. « I’m gonna get out of the car. Put sheets on the seat - I’ve always got some in the trunk. » C’est tellement pratique, tellement logique après toute cette impossibilité que Blair cligne des yeux, incertaine de comprendre. Mais la voix d’Ichabod est calme et ça la rassure, elle décide de lui faire confiance, jusqu’ici ça lui a servi. « And then I’m gonna get you, ok ? We’re gonna go to your place. And I’m going to explain everything. I promise. » La promesse englobe le coeur de Blair, et apaise ses pensées chaotiques. He’s gonna explain. Jusque là, elle peut se permettre de se reposer, de fermer les yeux un peu. Elle a ce faible sourire quand il vient embrasser ses doigts, puis ramène sa main contre sa poitrine, comme pour préserver le geste. « I’m not going anywhere. Just wait for me here. And keep breathing slowly. » Et alors, Ichabod bouge comme Blair avait cru qu’il ne pourrait plus jamais bouger. Il ne semble même pas être blessé, malgré tout le sang qui peinture l’habitacle. La rousse décide de fermer les yeux, entend les bruits sourds autour d’elle, Ichabod qui s’affaire, mais elle garde les yeux fermés, et respire.

Elle ne sait pas combien de temps ça prend, ça pourrait faire deux minutes comme deux heures, quand la portière à ses côtés s’ouvre, et Blair sursaute, rouvre des yeux ronds qui se pose sur le revenant. Aussitôt il est rassurant. « It’s ok. Don’t move. I’ve got you. » Elle va pour lui dire que ça va, elle peut bouger, mais il s’occupe de tout. De son sac, des clés, d’elle. Les bras d’Ichabod viennent la cueillir comme une enfant, et elle se laisse faire. « I’ve got you. » Elle glisse ses bras autour du cou d’Ichabod, pour s’assurer de ne pas tomber, même si elle lui fait entièrement confiance. Il fait attention, et rapidement elle est dehors, ses pieds loin du sol, accrochée comme un animal à Ichabod. Blair ferme les yeux. Dépose sa tête sur le torse du Conway, réfugie son nez dans son cou. I’ve got you. Elle ne dit rien, et il ne dit rien. Elle se laisse silencieusement porter, comme une fille qui a trop bu, mais elle se contente de fermer son esprit, de laisser le vide l’envahir. He’s gonna explain. Il prend soin d’elle, et Blair est reconnaissante. Ne sait franchement pas si elle aurait pu marcher jusqu’à son appartement, si ses jambes auraient su la porter dans les escaliers. Ichabod la porte sans peine, alors elle laisse son corps aller, ses muscles tendus se détendent peu à peu, la migraine vient marteler sa tête, mais comme ça, le nez dans le creux de l’épaule du barman, elle se sent en sécurité. Elle peut le serrer, elle peut le sentir respirer, he’s alive, he’s alive. La fatigue étreint les os de la rousse, et elle croit s’assoupir un peu. Quand Ichabod décolle sa tête et que sa voix perce le silence, elle réalise qu’ils sont déjà en haut, devant la porte de son appartement. « I’m gonna need your keys. » Elle le regarde un instant, les yeux ronds, jusqu’à ce que l’information fraie son chemin dans sa tête. « D’you think you can get them ? » Elle acquiesce, faiblement, mais sincèrement. Sa main se glisse jusqu’à son sac, et elle l’ouvre habilement. Cherche à travers le sac, mais ne parvient pas à trouver les clés. « Shit. » Le mot lui échappe, marmonné, et un petit rire traverse ses lèvres. Tout ça et pas capable de trouver ses clés. « Put me down ? » qu’elle demande tout doucement, et quand ses pieds trouvent le sol, elle est en mesure de mieux chercher. Met finalement la main sur son trousseau, et glisse sa clé dans la serrure d’une main tremblante.

La porte de son appartement s’ouvre et elle s’y engouffre. Sanctuaire de paix après l’enfer de la voiture, et Blair dépose ses clés et son sac sur le comptoir de la cuisine. Ouvre une lumière, pas trop forte, pour qu’ils voient un peu devant eux. Jette instinctivement un coup d’oeil à l’heure - il est tard, bien trop tard, et pourtant elle aurait cru qu’il serait plus tard que ça. Tout s’est déroulé si rapidement. La jeune femme se tourne finalement vers Ichabod, les jambes molles, jouant avec ses mains, sèches mais au moins un peu débarassées du sang. « Thank you. » For carrying me. For taking care of me. For being here. Sa lèvre tremble, alors qu’elle voit Ichabod dans son appartement, et ses yeux secs menacent de se remplir de larmes à nouveau. Elle franchit la maigre distance qui les sépare pour glisser ses bras autour du Conway, le serrer contre elle. Sa tempe contre son torse, elle inspire doucement, inhale son odeur. « Don’t do that to me ever again » souffle-t’elle. Ça n’a rien de léger, c’est une demande, un ordre, you better not do that again. Et alors qu’elle va pour continuer, Blair sent quelque chose lui effleurer les chevilles, et baisse la tête pour voir Clémentine et Haricot leur tourner autour. Un sourire étire ses lèvres, et elle se penche pour leur caresser les oreilles, le coeur toujours serré, les poumons toujours en feu, et c’est là qu’elle voit le sang, toujours sur ses mains, et partout sur elle. Se fige, les yeux rivés sur ses doigts, et se redresse lentement, prise d’un vertige.

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