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on vous invite à privilégier les fantômes, les médiums et les immunisés psychiques
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 echoes of silence (donald)

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werewolf ○ bad moon rising
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MessageSujet: echoes of silence (donald)   Mer 11 Avr - 3:03

donatella costner & archibald costner (& leonardo vivendi, pnj)
Talk to me baby tell me what you're feeling you say you don't need to go don't you pretend you didn't know how all of this would end up
Lorenzo n'est pas encore rentré. C'est la seule indication qu'a Alice de l'heure qu'il peut être. Elle n'a pas dormi, pas encore, c'est difficile quand elle a l'impression que les chaînes si serrées autour de ses membres lui brûlent véritablement la peau aussi sûrement que de l'acide. C'est une torture presque faible comparée à celle qu'elle a subi pendant sa transformation, mais cette douleur-ci est constante, ne s'estompe jamais, l'argent, qui compose la majeur partie de l'alliage duquel sont composées ses menottes, empêchant les plaies de se refermer. Il y a du sang autour d'elle et elle se un peu malade ; ce qui lui retourne le plus le ventre étant le fait de s'y être presque habituée, à voir son propre sang tapisser le mur de la cave et son corps tout meurtris. Elle n'avait presque jamais même de bleus Donna avant, sauf les jolies petites tâches violettes que son mari lui laissait sur le cou, l'épaule, marquant parfois aussi la chair tendre de ses cuisses. Rien qui lui faisait vraiment mal, juste des marques possessives sur sa peau laiteuse qu'elle lui rendait bien.

Ses dents s'enfoncent dans sa lèvre inférieure quand elle pense à Archie. Elle pense souvent à Archie, même quand elle fait des efforts pour ne pas y penser, elle n'a pas besoin d'effleurer les bagues qui pendent la plupart du temps à son cou pour ce faire, Archie est presque une part d'elle. Une part de Donna. Mais c'est la faute de Lorenzo cette fois si elle y pense, sa faute parce qu'elle est rendue si faible par la nuit passée et qu'il est en retard. Elle ne le sait pas, puisqu'elle ne sait pas l'heure et que la cave est on ne peut plus isolée, de son comme de lumière, mais elle devine, parce qu'elle estime que ça doit faire presque une heure qu'elle est réveillée, qu'elle a retrouvé son corps et que la bête a accepté de rentrer dans sa cage temporaire et, d'habitude, elle attend moins. Ça l'agace qu'il prenne tout son temps pour revenir à la maison, la libérer de ses chaînes, c'est la seule chose qu'elle lui demande de faire tous les mois, l'enfermer et la libérer. La seule raison, tout à fait technique, pour laquelle elle pourrait admettre avoir besoin de lui. Il lui a dit un jour que son idée était dangereuse parce que, peut-être qu'un jour il reviendrait pas, peut-être qu'un jour un chasseur aurait sa peau pendant une pleine lune et qu'il n'y aurait personne pour venir la chercher au petit matin. Alice n'a pas daigné répondre. Une part d'elle trouverait peut-être pas ça plus mal. Ça ne serait pas moins que ce qu'elle mérite, sûrement. Pourtant elle se lasse vite d'attendre, elle a du mal à trouver une position confortable et il fait un peut froid dans cette cave, humide aussi et la transformation l'a laissée nue, bien sûr. Elle sait que l'inconfort est une bien maigre punition pour l'abomination qu'elle est devenue, mais elle est épuisée, n'a qu'une envie : se rouler en boule dans son lit et dormir tout le reste de la journée — c'est une "bonne pleine" lune, ce mois-ci, tombée un samedi soir, pas d'absence au travail à expliquer. C'est un mauvaise pleine lune aussi, qui la laisse souillée le jour du Seigneur.

Malgré elle des prières apprises par cœur se précipitent au bord de ses lèvres, mais elle les ravale amèrement, les force à mourir, ce n'est pas tant que sa foi vacille, mais qu'elle s'en sent désormais indigne. Elle est agenouillée à même le sol la tête un peu baissée, essayant de ravaler la nausée causée par la douleur qui lui fait tourner la tête et l'odeur de sang qui lui monte au nez, elle se demande si elle ne va pas finir par s'évanouir — mais non, son métabolisme est prêt à encaisser, essaye de réparer les blessures à chacun de ses mouvement pour mieux que l'argent revienne ronger la peau, encore et encore, à l'infini — et elle compte les secondes comme pour se tenir éveiller (comme si elle en avait besoin) quand la porte de la cave s'ouvre enfin. " Fina-fucking-ly." grogne-t-elle de sa voix complètement brisée comme tous les lendemains de transformation. Elle ne jurait pas beaucoup Donna, presque jamais, mais Alice s'y essaye ; elle se retrouve aussi dans beaucoup plus de situation qui le méritent. Elle tente maladroitement de se relever, s'appuie contre le mur trop lisse (mais rendu poisseux par son hémoglobine) en n'y trouvant qu'un maigre support.

La cave est trop bien isolée pour qu'elle ait entendu les bruits à l'étage du dessus, les éclats de voix. Et Donna est trop fatiguée pour réaliser alors qu'elle chancelle sur ses jambes qu'il y a deux paires de pas qui dévalent les escaliers menant à son corps enchaîné.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Mer 11 Avr - 11:42

Archie ne comprend pas ce qu'il se passe. Il a demandé au moins dix mois, et Leonardo lui a dit de la fermer à chaque fois alors maintenant, il ne dit plus rien: il reste simplement immobile dans l'obscurité, caché par les feuilles des arbres. Leonardo, à côté de lui, n'a pas bougé depuis presque deux heures, ses yeux vissés dans les jumelles, à explorer les environs. Archie a la jambe qui s'endort et qui le gratte et il a envie d'hurler, de courir, de lui demander pourquoi est-ce qu'il l'a amené à l'autre bout du monde pour espionner une maison dans un espace résidentiel si banal. Il doute que Donna se trouve ici. Pourquoi se cacherait-elle de toutes façons? “ I think she's, eh, involved with a man, ” lui a dit Leonardo mais Archie n'y a pas cru une seule seconde. Il aurait douté, normalement, mais pas de Donna, pas après qu'ils aient passé presque la moitié de leurs vies dans celle de l'autre, pas après tout l'amour et toutes les choses qu'ils ont partagées. Pas Donna, pas sa Donna.
Archie a envie de rentrer dormir, et revenir au petit matin toquer à la porte. Mais il a aussi peur de Leonardo. Il ne l'avouerait jamais à voix haute bien entendu, mais les manières et les expressions de son beau-frère le terrifient. Il est si sûr de lui... et si violent. Dans tout ce qu'il dit. Il ne comprend pas pourquoi ils n'ont pas pu dire aux parents Vivendi qu'il avait retrouvé la trace de leur seule fille. Archie ne comprend pas grand-chose mais l'espoir est presque pesant sur sa poitrine, il est prêt à tout, à explorer chaque piste, même les plus effrayantes et les plus futiles, pour retrouver sa femme. Alors il la ferme et il attend. “ What time did you say the sunrise was? ” Archie cligne des yeux, surpris qu'on lui adresse la parole, et puis les baisse sur sa montre. “ About now. ” Leonardo hoche la tête et range enfin ses jumelles. “ Let's go.

Ils sortent des fourrés (à la grande honte d'Archie, mais il n'y a personne aux alentours) et se dirigent vers la maison. Archie fait naturellement chemin vers la porte d'entrée mais Leonardo contourne déjà la résidence pour y entrer par derrière. Archie n'a pas le temps de lui demander ce qu'il est en train de faire que Leonardo brise la vitre de la porte pour en déverrouiller la poignée. Archie a l'impression que le bruit résonne aux cinq kilomètres alentours. Il se fait aussi la réflexion que si ils se font prendre, c'est lui qu'on va accuser, il n'a pas vu beaucoup de noirs dans le coin. “ What are you doing, you're crazy, we can't-- ” Archie s'interrompt quand Leonardo sort un revolver de sa veste. “ Follow me.
Il est tellement pris au dépourvu qu'il obéit. Leonardo se comporte littéralement comme un leader de commando en pénétrant dans la maison, inspectant chaque pièce avant d'ouvrir la porte sous les escaliers qui doit mener à la cave. La porte est particulièrement lourde et alors qu'Archie s'attend à voir du bois moisi et un peu vieux, pas du tout. On dirait un studio d'enregistrement qui étouffe les sons, les murs sont épais. Étrange. Lorenzo lui fait signe de descendre en premier et, après un regard suspicieux, Archie s'exécute.

Il fait complètement noir et il allume la première lumière qu'il trouve en descendant les marches, méfiant, essayant d'apercevoir ce que cette cave pourrait cacher. Il ne comprend pas trop pourquoi Leonardo l'a amené là. Veut-il le tuer? Son coeur s'envole à cette idée. Peut-être qu'il pense qu'il a tué Donna et qu'il veut le laisser pour mort ici. Il pourrait même, sans mal, le faire passer pour un suicide: Archie a remarqué qu'il portait des gants et n'a donc pas mis d'empreintes sur la crosse de l'arme. Il est à moitié en train de faire volte-face pour regarder Leonardo et lui demander des explications quand il la voit.
Et c'est tellement, tellement impossible.

Elle est toute frêle. Sa Donna, qui a toujours été voluptueuse et parfaite, ses petites courbes pressées contre ses muscles acérés qu'elle aimait tant. Et si pâle, et si cernée et si... couverte de sang. Archie s'étrangle en approchant, ne remarquant pas dans sa hâte le mouvement de recul qu'elle a à le voir s'approcher. Il est déjà en train de retirer sa veste pour l'enrouler autour d'elle, sauf qu'il voit qu'elle est attachée au mur. Son esprit commence à aller vite, mais son coeur bat plus vite encore, l'assourdit. Que se passe-t-il? Pourquoi est-elle attachée? Pourquoi a-t-elle des chaînes aux poignets et aux jambes? She's involved with a man. Archie pâlit en essayant de trouver le fonctionnement des manacles, les mains tremblantes, jusqu'à entendre un bruit qu'il n'a jamais entendu que dans les séries télévisées.
Quand il se retourne vers Leonardo, celui-ci a armé son revolver et le pointe dans sa direction. Non. Celle de Donna. Le corps d'Archie agit sans même qu'il y réfléchisse, il écarte les bras et couvre Donna (sans aucun mal, elle est si petite, l'a toujours été). “ Wh-what are you doing? ” Archie ne comprend pas. Ne sont-ils pas là pour la ramener à la maison, la sauver? Leonardo n'a jamais eu l'air plus sérieux. “ Get away from her. ” Sa voix est tendue comme la corde d'un arc. Et puis il sourit, un fin sourire. Un sourire un peu fatigué, le sourire de quelqu'un qui a couru dans le monde entier après une quête impossible et vient d'en trouver la clef. Il y a de la tristesse dans ce sourire, mais il y a aussi une froide détermination. Une légitimité de je ne veux pas faire ça, mais je le dois. “ Ciao, Donna. You were hard to hunt down.Traquer. Chasser. Le cerveau d'Archie est en ébullition. Leonardo raffermit sa prise sur le revolver et Archie se redresse un peu pour mieux couvrir sa femme. “ Of course you would chain yourself to a wall. Pathetic. Archie, move. Now. ” Archie cligne des yeux. Il ne comprend rien. Il tourne la tête vers Donna.

Sa femme. Émaciée, pâle, couverte de sang, tremblante, terrifiée. En vie. “ Donna? ” demande-t-il d'une petite voix, incapable de formuler une véritable question tant son cerveau bout dans son crâne.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 12 Avr - 11:05

Donna a l'impression que la douleur l'a véritablement rendue folle. C’est plausible, elle a si mal partout, peut-être va-t-elle véritablement finir par s’évanouir et son cerveau essaye simplement de rendre la chute plus facile. Peut-être qu’elle est déjà inconsciente et qu’elle rêve. Elle est persuadée qu'elle hallucine complètement quand, une fois à peu près stabilisée, elle relève des yeux complètement plissés pour affronter la lumière de la cave brusquement allumée et que ses prunelles se posent sur un fantôme. Du moins Donna pense que c’est un fantôme, celui de son mari, pas mort mais tout comme, une chimère créée par son esprit rendu malade par la malédiction qui frappe son corps. Parce que raisonnablement, Archie ne peut pas être là, à Blackwater Falls, dans cette maison, dans cette cave. C’est impossible. Il lui semble que temps s’arrête l’espace d’un instant, que le monde retient son souffle que même son cœur s’est arrêté de battre quand leurs regards se trouvent, son cerveau aussi cessant brusquement de fonctionner incapable de même essayer de déchiffrer ce qu’il y a sur le visage du visiteur. Elle bat des cils, seul mouvement de son corps totalement paralysé par la vision, pour se protéger de la lumière encore aveuglante pour elle qui a passé de longues heures dans le noir et il est déjà en mouvement, il s’approche déjà d’elle et ça a le mérite de la faire bouger elle aussi, de la faire reculer comme un réflexe, son dos plaqué au mur rencontrant l’une des tâches écarlates qu’elle y a laissé. Archie, Archie qu'elle a fuit, Archie qui a fuit quand la bête l'a attaquée il y a maintenant un an.

Archie.

Et un cliquetis froid réveillant un instinct nouveau en elle l’informe qu’il n’est pas seul, ses yeux trouvant son compagnon complètement oblitéré par son cerveau jusque-là tout concentré sur le spectre de son mari. Et si Donna avait pu douter qu’elle rêvait ou qu’elle avait enfin perdu la raison, toute incertitude disparaît devant l’image de son frère, son petit frère, Leonardo, pointant un revolver sur elle. Elle ne peut qu’halluciner. Elle en a l’ultime confirmation quand le canon du revolver disparaît de sa vue, Archie se positionnant en barrage humain devant elle la séparant de celui même avec lequel il a débarqué : la situation est absurde, elle doit très certainement être aux portes de la mort pour en arriver à ce point.

Wh-what are you doing? ” Donna comprend bien qu’Archie soit dans sa vision, elle ne veut peut-être pas y penser, mais il l’obsède, il est sans conteste ce qui lui manque le plus de sa vie passée. Mais elle ne comprend pas qu’il y ait son frère. Elle a toujours aimé Leonardo bien entendu, mais ils n’ont jamais été très proches, peut-être parce qu’elle est partie faire ses études aux États-Unis, ne revenant que peu en Italie pendant des années. Étrange qu’elle ne voit pas plutôt sa mère, qui a du pleurer sa disparition sans doute (mais ça Donna, elle n’a jamais voulu y penser) ou bien son père. Dans le ridicule de ce qui lui arrive c’est ça qui la fait se questionner, qui l’arrête, la distrait de la scène de tragédie que son esprit vient d’inventer de toute pièce. “ Get away from her. ” Y a quelque chose dans la voix de Lorenzo, le petit Lorenzo comme elle l’a toujours vu et le verra toujours, qui fait couler une sueur froide le long de son échine nue. Quelque chose de tendu et sérieux et déterminé. “ Ciao, Donna. You were hard to hunt down. ” Le regard de Donna est complètement vide un instant et puis elle se redresse soudain, se dresse sur la pointe des pieds comme pour chercher à revoir le visage de son frère, voir si ses traits ont été modifiés par son imagination, s’il vient d’endosser un autre masque parce que pourquoi-donc s’imaginerait-elle son frère parler comme un chasseur ? Le corps d’Archie bouge trop vite toutefois pour bien la masquer à sa vue à lui, et elle n’a le temps que de jeter un bref coup d’œil pour voir que, non, le personnage est toujours le même dans toute l’absurdité de la chose. “ Of course you would chain yourself to a wall. Pathetic. Archie, move. Now. ” Elle se demande s’il parle italien en pensant qu’Archie ne comprend pas ; mais c’est idiot de se poser des questions sur des hallucinations, c’est son cerveau à elle qui doit est passé à sa langue natale, trop fatigué pour l’anglais probablement. Y’a du mépris dans la voix de son puiné, quelque chose qu’elle n’a jamais entendu avant, ni vu sur ses traits à son égard en tous cas et elle est surprise de la force de son imagination. Ceci dit, elle se déteste ou du moins hait ce qu’elle est devenue, normale donc que la figure familiale qu’elle a invoqué représente tout ça. Toutes questions sont oubliées quand Archie tourne la tête vers elle, leurs regards se trouvant de nouveau.

Donna? ” Il a une petite voix et des questions pleins les yeux mais rien qui sort et rien qu’elle comprend, étrange quand elle l’a toujours compris Archie sans avoir besoin de beaucoup de mots. Elle le connaissait par cœur et inversement. Mais il n’est pas réel, il n’est même pas une représentation très fidèle de son Archie et puis quand bien même il le serait, Donna se doute que beaucoup de choses ont changé, que si elle l’avait devant elle, ils ne seraient plus sur la même longueur d’onde. Le mirage qui lui fait face, est une bonne version de lui, un peu perdu peut-être, mais il la protège, comme il ne l’a pas fait quand elle s’est fait attaquer. Il n’est qu’un mirage et c’est encore heureux en réalité parce qu’elle ne voudrait pas qu’il se mette entre elle et un revolver, elle aurait pas voulu avant et encore moins maintenant quand sa vie vaut moins que celle des humains, des gens normaux, elle l’aurait pas laissé. S’il avait été réel elle se serait surtout mise à pleurer elle pense, chose autrefois si rare pour elle, de soulagement qu’il soit en vie, de douleur vis-à-vis de leur séparation, de honte, de rage, de peur. Mais il ne l’est pas, rien de tout cela ne l’est parce que rien n’a de sens. Donna sait qu’elle ne mérite pas de vivre, qu’elle ne devrait pas vivre et c’est pour ça qu’elle tente un peu le diable en laissant tout le pouvoir à Lorenzo de venir ou non la libérer, mais elle n’est pas assez courageuse non plus pour simplement s’ôter la vie ou s’offrir à un chasseur. Elle ne sait pas si dans la vraie vie elle oserait affronter l’œil du canon. Mais devant une fantaisie au moins elle peut, elle peut tester son courage, tenter de réconforter sa conscience en se disant qu’elle n’est pas si terrible que ça. “ I-I’m sorry. ” Désolée de beaucoup de choses, trop pour qu’elle puisse en faire la liste, trop pour que, même devant des fausses copies sa voix ne se brise pas un peu. Elle parle italien pour Leonardo et parce que la conversation a commencé ainsi, mais regarde Archie droit dans les yeux, ses beaux yeux qu’elle a toujours admiré, si noirs et profonds, si illisibles aujourd’hui, les siens s’embuant déjà presque, elle voudrait juste que Lorenzo arrive et la réveille et la sauve d’elle-même et de ses rêves — elle ne peut pas se résoudre à appeler ça un cauchemar si Archie est dedans, même dans une position pareille — ou que la mort lui vienne vraiment et qu’elle puisse se dérober à ça : la douleur et l’incompréhension d’Archie (parce que ce n’est pas illisible, c’est même très clair, elle ne veut juste pas le lire). Généralement les gens se réveillent quand ils meurent dans un rêve alors tire autant qu’elle peut sur ses chaînes en utilisant toute l’énergie qui lui reste pour passer sous un des bras d’Archie, sa tête devenant une cible atteignable pour l’arme de son frère. Elle ferme les yeux et espère juste que son frère est un bon tireur ; malheureusement aucun de coup de feu ne retentit, rien de plus que “ Did I miss all the fun? ”, la voix rocailleuse et désormais familière de Lorenzo, son créateur enfin revenu de son escapade sous la pleine lune qui a désormais l'attention de son frère qui, quand elle rouvre les yeux, a déjà son revolver pointé sur lui.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 12 Avr - 11:28

Archie a vu plusieurs armes à feu dans sa vie. Son père a toujours craché sur le second amendement mais Archie se souvient d'avoir un jour été dans la maison de campagne d'un camarade de classe au lycée et d'avoir vu son père exhiber un énorme fusil à pompe sur le mur du salon: ça l'avait choqué. Un jour on a pointé un revolver sur lui, sur sa tête. C'était un policier. Archie n'a jamais eu aussi peur de toute sa vie, mais il était tout jeune et il s'en est sorti. C'était un homme qu'il ne connaissait pas et qu'il n'a jamais revu.
Là, c'est Leonardo. Archie ne va pas mentir et dire qu'il connait bien Leonardo ou même qu'il aime bien Leonardo. Mais il reste son beau-frère, le petit frère de Donna avec qui il espérait désespérément d'être ami pour se faire accepter par la fratrie Vivendi. C'est Leonardo, qui a quelques années de moins qu'eux et qui a toujours été, d'après les mots circonspects de Donna (et en plus joliment dit), un petit con. Pas un meurtrier, juste un petit con. Archie ignore où est-ce qu'il a trouvé cette arme, et pourquoi il la pointe sur sa soeur. Pourquoi il l'a traquée comme un animal. Et pourquoi Donna est traitée comme telle, accrochée aux murs par des lourdes chaînes qui doivent lui faire mal aux bras et aux poignets. Il y a du sang, tellement de sang, Archie n'arrive pas à croire qu'il vient de Donna, c'est impossible. Il n'a jamais aimé le sang et l'idée que sa femme en ait perdu autant lui est insupportable.

I-I’m sorry. ” Elle bégaye, Donna ne bégaye jamais. Archie pourrait se leurrer et se dire que ce n'est pas sa femme. Mais son corps connaît le sien, et son coeur le sien aussi. C'est Donna, sa Donna, même si cette situation est absurde et ne fait aucun sens. Mais ils vont pouvoir la démêler ensemble, ils travaillent bien ensemble, ils sont plus forts que tout ensemble. Donna le rend meilleur, de toutes les façons possibles, et elle l'inspire, et elle l'aide à être fort et à ne pas trembler quand il détourne le visage pour faire face à Leonardo de nouveau, une nouvelle lueur dans l'oeil. Il ne comprend rien à la situation mais le fait qu'il pointe son arme sur Donna laisse juste entendre à Archie qu'il est un danger.
Il ouvre la bouche pour faire le diplomate, commencer à parler, quand il sent du mouvement de côté de Donna qui se penche pour passer sous son bras en fermant les yeux, comme pour s'offrir à la balle mortelle du flingue de Leonardo; Archie commence déjà à bouger pour la couvrir de nouveau quand une quatrième voix résonne, venant des escaliers. “ Did I miss all the fun? The other man. L'homme qui l'a enchaînée au mur.

Leonardo fait volte-face pour braquer le nouvel arrivant et Archie ne réfléchit même pas quand il se jette en avant. Il imagine qu'il devrait se méfier du nouvel homme mais pour l'instant, la menace la plus grande, c'est le revolver et Leonardo qui semble avoir perdu l'esprit. Alors Archie se jette sur lui avec toute sa force. Il lui rend bien une dizaine de kilos et plusieurs centimètres, mais il n'est pas armé et il y a un coup de pistolet qui résonne entre les quatre murs. Tout ce qui compte c'est que Leonardo tombe sur lui et qu'il ne peut rien faire quand le poing d'Archie s'écrase sur son visage. Il n'a jamais frappé quelqu'un comme ça, Archie, en tout cas pas dans une situation de vie ou de mort. Ils se battent et échangent des coups et Archie a véritablement l'avantage et il a mal et il se sent bizarre mais il ne s'en inquiète pas, il ne s'est jamais battu pour ça, ça doit être ça. Le poing de Leonardo trouve son plexus solaire et tout l'air du monde quitte les poumons d'Archie qui roule sur le côté pour s'éloigner de lui. Sa tête tourne à toute vitesse alors qu'il cherche quelque chose, n'importe quoi pour se défendre, ses doigts se referment sur la crosse du revolver.
Leonardo s'est relevé mais a un mouvement de recul quand il devient la cible du flingue. Du coin de l'oeil, Archie voit que l'autre homme s'est approché de Donna pour la détacher, semble-t-il, et ils font déjà chemin vers les escaliers et la porte pour partir. Oui, il faut l'amener en sécurité, Archie ira la chercher ensuite quand il aura raisonné Leonardo.

Ce dernier a vu Archie détourner le regard pour surveiller sa femme et il tente sa chance en se jetant vers lui. Archie appuie sur la détente par mécanisme en sursautant, par peur aussi.

Son bras est engourdi à cause du choc du revolver contre sa paume et Leonardo s'effondre dans un gargouillis humide de gorge. Il respire une fois, deux fois difficilement et puis il est silencieux.

La tête d'Archie tourne, il a le vertige et son bras est tellement lourd quand il retombe contre le sol, le revolver abandonné sur le béton. Il essaie de se relever mais son autre bras sur lequel il s'appuie cède sous lui; c'est seulement quand il baisse les yeux qu'il voit le sang à la surface de sa chemise bleu claire, tâche sombre qui s'élargit à vue d'oeil. Il n'a rien senti sur le moment, adrénaline oblige, mais Leonardo est parvenu à le toucher, en plein biceps. Archie a l'impression qu'on lui a mis la tête sous l'eau. Il essaie de chercher Donna du regard mais le choc d'avoir tiré et de s'être fait tirer dessus le paralyse complètement. C'est absurde. Il est un peintre. Pas un meurtrier. Ou quelqu'un sur qui on tire impunément.
Il essaie de dire quelque chose — un prénom — et puis finalement s'écroule et tombe dans l'inconscience.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 12 Avr - 17:34

Donna devrait peut-être être angoissée, Donna devrait peut-être lui dire de faire attention, mais précisément elle ne saurait pas vraiment auquel des deux, Leonardo ou Lorenzo s’adresser. L’un a un revolver pointé sur l’autre, mais l’autre est plus dangereux qu’il n’y paraît et puis le premier est quand même son frère, que d’instinct elle préfère largement protéger plutôt que celui qui a fait d’elle un monstre. Elle devrait décidément ouvrir la bouche et faire quelque chose malgré ses chaînes, mais elle ne fait rien, le choc la rend muette et immobile et puis, et puis rien de tout ça n’est vrai. Rien de tout ça n’a d’importance donc, même si l’idée de se détourner de la scène ne lui passe même pas par la tête. Pas le temps de toute façon, ce qui lui obstruait encore un peu la vue jusque-là disparaît, le corps d’Archie se jette vers les deux autres hommes et elle a une vue de choix sur tout ce qui se passe, ultra rapidement; Archie qui tacle presque Leonardo comme au football qu’il affectionnait, les coups qui se perdent, le coup de pistolet aussi. Et puis elle ne voit plus la suite, parce que Lorenzo est devant elle et défait ses chaînes, il n’a pas l’air très dérangé par la situation, étonnamment, un peu fatigué par la pleine lune, mais pas trop, elle ne sait pas son âge exact mais ça fait longtemps qu’il s’est fait à sa condition et tout ce que ça implique, les secrets, le sang, les morts. Elle a envie de lui dire de se pousser, qu’elle puisse finir sa vision avec une fascination un peu morbide, elle a envie de lui hurler dessus de lui dire de faire cesser la bagarre, ou de hurler elle-même sur Archie et Leonardo, mais elle fait rien, elle dit rien, elle tremble quand il la détache et il la rattrape quand elle titube aussitôt qu’elle n’a plus de soutien. C’est là qu’un autre coup de pistolet résonne et un bruit odieux comme quelqu’un qui s’étouffe sur du liquide — du sang — et puis et puis elle voit.  

Toute l’énergie quitte son corps et tout son air quitte ses poumons, y’a comme un cri silencieux qui lui déchire les poumons et la gorge, elle est incapable de produire un son qui puisse représenter exactement son choc et sa douleur quand elle voit son frère étalé par terre, inerte et le sang qui se répand si vite sur les vêtements d’Archie. Elle se précipite en avant, sans savoir vers qui d’abord, mais elle tombe à terre en même temps qu’Archie, à peine retenue par un bras de Lorenzo qui la remet difficilement debout. Il se détache vite lui aussi, s’approche de son mari alors qu’il s’écroule sous le regard impuissant de Donna qui se maintient d’une main au mur près duquel Lorenzo l’a laissée alors que lui-même attraper le revolver oublié et  “ NO ” hurle-t-elle avec toute la passion qui lui a manqué ces dernières minutes. “ No! ” répète-t-elle encore comme brusquement réveillée par le simple geste de l’autre loup qui pointe Archie de son pistolet. “ Your good heart will- No.” Fait-elle catégorique s’approchant en chancelant un peu. Elle n’a pas bon cœur, elle n’a jamais eu bon cœur c’était pas ça qu’on disait d’elle, sauf peut-être Archie et Donna avait peur qu’il se fasse des idées déjà à l’époque. Aujourd’hui c’est pire, elle n’a pas bon cœur pas du tout, elle n’a plus rien de bon, elle est maudite et son âme est teintée et il y a du sang partout sur elle et dans la cave le jour du Seigneur, of all days. Elle est épuisée, et elle tremble partout même à l’intérieur et elle peut pas détacher le regard des deux corps étalés par terre, de la poitrine d’Archie qui heureusement se soulève encore quand elle tombe à genou devant lui. “ Alice… It’s not that.” Ce n’est pas juste l’envie de sauver un mortel, ce n’est pas juste le fait que tuer c’est mal. C’est Archie, ou peut-être pas, peut-être que tout est faux mais même dans un rêve elle se damnerait plutôt que de laisser Archie mourir.  “ You would have to kill me first. ” Ça ne serait pas bien difficile dans l’état dans lequel elle est et Lorenzo plaisante souvent en disant qu’elle a un peu un death wish, mais la détermination dans son regard montre bien que pas cette fois. Cette fois même faible comme elle est, même face au canon du revolver elle se battrait parce que c’est la vie d’Archie entre ses mains.  “ Heal him. ” C’est Lorenzo lui-même qui l’a soignée après sa morsure, le fait qu’il était médecin avant de devenir lycanthrope étant pratiquement la seule chose qu’elle sache de son histoire — non qu’elle ait vraiment posé beaucoup de question. “ Donna… ” Elle sait que ses réticences sont sérieuses quand c’est son vrai prénom qu’il utilise plutôt que la couverture à laquelle elle est censée s’habituer. “ Save him, please.” Elle a juste le temps de le voir hocher la tête avec réticence avant d’enfin tomber de fatigue près du corps d’Archie qu’elle n’a même pas osé toucher.

Elle se réveille dans le lit qu’elle occupe depuis plusieurs mois, depuis qu’ils ont emménagé ici il y a plus d’un an et elle ne sait pas ni l’heure, grâce aux volets vraiment opaques, ni le jour, mais elle sait que la pleine lune est déjà passée grâce aux bandages autour de se poignets — et elle peut sentir les mêmes ailleurs sur son corps là où l’argent a percé la peau. Elle n’a pas assez dormi, mais l’idée de retomber dans le sommeil est bien vite repousser, quand elle se rappelle de ses hallucinations, se rappelle des fantômes de son passé, du cadavre de son frère, de l’inconscience et du sang d’Archie. Elle a envie de vomir, quand elle se redresse trop brusquement, mais pose quand même les pieds à terre en enfilant une robe de chambre pour aller demander des comptes à Lorenzo. Il a mis trop de temps à venir la chercher, pour ça qu’elle est si fatigué, pour ça que son esprit a inventé des choses pour l’aider à tenir. Il sort lui-même tout juste dans le couloir quand elle en allume la lumière, il vient d’une pièce qui ne sert habituellement à rien dans cette maison trop grande pour deux — mais c’est une bonne chose ils n’ont pas besoin de trop se voir comme ça et son regard agacé devient vaguement curieux. Ses traits à lui sont tirés, comme s’il n’avait pas dormi après l’avoir un peu soignée. “ Good, you’re up, we need to talk about what we’re gonna do.About what? ” Elle arque un sourcil, il n’est pas assez idiot pour lui avoir parlé pendant qu’elle délirait quand même ? “ Oh uh I don’t know Donna,” la froideur et l’ironie dans sa voix la prend de court, “ maybe about the passed out guy in our guest room? ” Un type, quel type? A-t-il encore attaqué quelqu’un cette nuit, a-t-il sauvé sa nouvelle création comme il a “sauvé” Donna. “ I managed to get the bullet out but he’s still out and- ” Une balle. Étrange, comme dans son rêve, son cauchemar. Une sueur froide lui suinte dans son dos, ses genoux s’entrechoquent presque et elle a une boule de la taille de son cœur coincée dans la gorge quand elle demande: “ Were-were there really two men in the basement when you got there?

Elle s’effondre quand il lui dit que oui. Elle s’effondre et pleure comme elle ne l’a pas fait depuis qu’elle a quitté l’Europe avec lui sans se retourner. C’était une crise comme celle-ci qui les y a poussé justement et elle pourrait voir que Lorenzo est complètement paniqué si elle n’était pas juste incapable de penser à quoi que ce soit d’autre qu’à ses souvenirs déjà flous du matin même. Il lui dit que l’homme dans la chambre — Archie, et ses doigts volent machinalement à son cou  nu, elle n’a pas encore ré-enfilé le collier au bout duquel elle garde ses bagues — va s’en sortir, essayant visiblement de la réconforter malgré une maladresse évidente. Elle pleure quand même, parce qu’il est blessé à cause d’elle, elle pleure et pleure et relève le menton et le regarde entre ses cils si lourds de larmes et lui demande ce qu’il en est du second homme. Dead. Mort, mort, mort, son frère, son petit frère, le petit con de la famille avec ses boucles blondes comme les siennes et ses yeux bleus qui faisaient chavirer le cœur des filles, son frère est mort à cause d’elle. Son frère est mort en la cherchant, non, se rappelle-t-elle douloureusement, en la traquant. C’est ça le mot qu’il a utilisé en italien. Une des pires absurdités de ce qu’elle croyait être un délire total qui finalement s’avère être la vérité. Son frère est mort en essayant de la tuer. Elle reste un long moment agenouillée sur le sol du couloir la tête contre le mur et les joues striées de larmes, se détournant le seul moment où sur un sursaut de courage Lorenzo s’approche comme pour la prendre dans ses bras. Elle ne veut pas de réconfort, Donna veut juste se réveiller, veut juste que tout soit faux que ça ne soit que la suite de son délire rien de plus. Elle aimerait… Elle se rappelle qu’Archie est dans la pièce d’à côté, qu’il se remet d’un coup de pistolet, qu’il et encore endormi d’après Lorenzo, mais qu’il est seul et c’est ça qui finit par la pousser à se relever. “ Get me a coffee. ” demande-t-elle juste à son colocataire avant de prendre son courage à deux mains pour en poser une sur la poignée de la porte de la chambre d’amis. Elle n’a pas bougé même quand Lorenzo dévale déjà les marches vers le rez-de-chaussée et la cuisine. Quand il revient avec une tasse de café pour elle toutefois, elle est debout près du lit le visage encore plus blanc que d’ordinaire les yeux fixés sur celui de son mari.

He’ll be fine. He should wake up in a couple of hours. ”  Lui a assuré de nouveau Lorenzo avant de la laisser seule dans la chambre avec le blessé. Donna reste debout d’abord, fait les cent pas, se demande où le corps de son petit frère a été mis, effleure sans oser les toucher les doigts d’Archie, se demande qui d’autre dans sa famille se balade avec des pistolets et des balles en argent dedans. Elle ne sait pas que les balles étaient en argent bien sûr, mais elle se doute, parce que maintenant qu’elle sait ce que tout ce qu’elle a vu était vrai, elle ne peut pas douter que son frère était un chasseur et qu’il savait ce qu’elle, elle est et qu’il était précisément venu pour tuer la bête qu’est devenue sa sœur. Elle ne sort de la chambre qu’une fois, pour aller aux toilettes et, en passant dans sa chambre, récupérer la chaîne dans le tiroir de sa table de nuit. Elle a hésité en s’asseyant enfin sur la chaise près du lit où se repose Archie à les remettre à son doigt, juste cette fois. Pour lui faire plaisir. Mais elle ne sait pas si ça lui ferait plaisir, elle ne sait pas pourquoi il est venu, elle ne sait pas, elle ne sait rien de ce qu’il s’est passé dans sa vie après cette nuit-là. Et puis, elle ne doit pas lui faire plaisir, même juste une dernière fois. Parce que ça doit être la dernière fois qu’ils se voient, parce que peu importe la raison pour laquelle il est venu la trouver, c’était une erreur, rien de plus. Et elle doit pas lui faire plaisir et lui donner de faux-espoirs. Lui il a encore son alliance à sa main gauche, a-t-elle presque tout de suite remarqué, son cœur soudain très lourd dans sa poitrine. Mais ce n’est pas sa femme qu’il a retrouvé, c’est quelqu’un de totalement différent, quelqu’un qui ne le mérite pas. Alors n’a pas remis les siennes à son doigt, elle a simplement mis la chaîne à son cou comme d’habitude et elle joue pensivement avec en le regardant dormir jusqu’à ce que ses yeux papillonnent dans son sommeil et qu’il remue un peu, reprenant lentement conscience. Elle devrait appeler Lorenzo, il lui a expressément demandé de le réveiller quand ce serait le cas du patient parce que, même s’il ne veut pas la brusquer, Donna sait qu’il veut qu’ils en parlent, mais elle ne le fait pas, se redresse juste un peu sur sa chaise, une main se levant comme pour attraper la sienne quand il ouvre enfin les yeux. Ses doigts restent suspendus dans les airs, à quelques centimètres des siens, pas grand chose, pas assez et trop à la fois. Elle ne doit pas lui faire de faux espoirs, mais elle est absolument incapable de masquer son soulagement quand leurs regards se croisent et qu’il est juste vivant. “ Hi, ” murmure-t-elle d’une voix très rauque, elle n’a définitivement plus son éloquence d’avant, toutefois c’est compréhensible, il lui semble qu’il n’y a rien à dire, à part: “ How are you feeling?
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 12 Avr - 18:25

La première chose qu'il remarque, c'est la douleur.
Elle irradie littéralement de son bras. Archie n'a jamais eu mal à ce point-là nulle part ou à n'importe quel moment. Il s'est cassé le poignet, le bras aussi après un match particulièrement violent et il s'est tordu la cheville une ou deux fois. Mais jamais rien de plus sévère pour lui. Là, cette douleur semble impossible en cet instant précis: c'est la douleur qu'un bon petit gamin de la classe moyenne-bourgeoise de Boston, même noir, ne devrait jamais ressentir. Archie, il a une vie normale et il était destiné à une vie normale — réussie et riche et heureuse et longue, mais normale. Il n'aurait jamais dû avoir un revolver dans la main, sauf peut-être dans un stand de tir, et encore. Il n'aurait jamais dû entendre un coup de feu de si près. Il n'aurait jamais dû se faire tirer dessus.

C'est cette réalisation qui achève de l'éveiller, là où il était encore en train de somnoler fiévreusement à propos de sa plaie. Il s'est fait tirer dessus. Ceci dit, il est bien trop assommé pour se réveiller dans un sursaut comme une telle réalisation l'y forcerait en temps normal; il papillonne des yeux et fronce les sourcils et fait lentement le point en ouvrant lentement les paupières pour observer les alentours, pas du tout familiers, du lit dans lequel il se trouve. Son coeur se met à battre très fort et très vite, il ignore où il est — mais pour être honnête, depuis dix jours que lui et Leonardo sont arrivés, il se réveille toujours confus de dormir au milieu d'une chambre de motel miteuse bien loin du luxe auquel il est normalement habitué.
Leonardo. C'est Leonardo qui lui a tiré dessus. Et- “ Hi. ” Donna. Donna. Elle est là, juste là, et non la création chimérique d'un coin fiévreux de son esprit. Donna, sa Donna, assise près de son lit. La dernière fois qu'il était alité et qu'elle attendait à côté de lui, il avait de la fièvre et il était complètement malade et elle a pris soin de lui et a ri en l'entendant lui roucouler des douceurs en italien en repoussant ses baisers "plein de germes" comme elle disait. “ How are you feeling?

Donna, Donna, sa Donna, sa femme. Elle est là, juste là. Elle est habillée cette fois, mais il peut déjà voir toutes les différences, son teint émacié et trop pâle, ses grands yeux bleus et les hématomes sur elle... est-ce que l'autre homme aurait...?  Archie n'arrive pas à formuler de pensées cohérentes pour l'instant et il lève la main et la tend vers Donna, sa femme, enfin il l'a retrouvée, elle est en vie, évidemment qu'elle est en vie, elle n'a pas le droit de mourir sans lui, elle n'a pas le droit de mourir tout court, il l'aime tellement et-
Et elle a un mouvement de recul. Léger mais présent.

Donna? ” On dirait que c'est la seule chose qu'il est capable d'articuler correctement, de dire. Sa voix est faible, maladroite, alors que sa main retombe le long du lit, sur le draps. Il ne comprend pas. C'est Donna. Il le sait, au plus profond de lui. C'est Donna, sa meilleure amie, sa femme. Pourquoi recule-t-elle comme ça? Elle n'a jamais fait ça avant. Archie se redresse un peu sur le lit avec une grimace, appuyant sur son bras qui n'est pas blessé. Il a été soigné, apparemment, il sent quelque chose tirer sur son biceps, des points de suture sans doute (l'idée le rend malade et il pâlit un peu en détournant les yeux du bandage pourtant bien propre). Les yeux de Donna sont si bleus. Archie ne peut pas détourner le regard. Elle est si belle et il a l'impression que si il cesse de la regarder, elle va disparaître dans un coup de vent, comme si elle n'avait jamais été là. “ It really is you. ” Il a une toute petite voix, faible et rauque. Son bras lui fait si mal et il a envie de prendre un médicament et il a envie de dormir mais il ne peut pas cesser de la regarder. Elle est si belle. Elle a toujours été si belle.
Mais il ne se rappelle plus de l'époque où elle était si distante. “ Your brother-- ” Archie pince des lèvres et pâlit encore plus. Son frère. Son frère est mort. Archie l'a tué. Il se sent nauséeux. C'est lui qui l'a tué d'une balle dans les entrailles. Lui qui avait le revolver dans sa main. “ Wh-what-- ” Il ne peut rien dire et ses yeux se remplissent de larmes et il déteste pleurer, surtout devant Donna, parce que Donna ne pleure jamais mais que lui ça arrive surtout quand il est stressé et nerveux et qu'il a mal parce qu'Archie ne supporte pas la douleur, jamais, et Donna sait ça alors Archie ne comprend pas pourquoi elle le regarde comme si il était un étranger. Il cache son visage dans la main dont le bras n'est pas en train de s'enflammer, efface ses larmes de ses doigts. “ You're alive. ” Et cette fois ce n'est pas prononcé d'un ton candide et naïf et perdu: c'est presque amer. Elle est en vie.

Et elle l'a laissé.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 12 Avr - 19:31

Donna? ” C’est marrant parce qu’il n’arrête pas de dire ça, de ponctuer son prénom d’un point d’interrogation, de lui demander si c’est elle, alors que c’est lui qui n’a rien à faire là, lui l’impossibilité, lui qui chamboule tout dans sa nouvelle vie. C’est marrant, ou ça le serait si c’était pas tragique, si la sa voix faible et mal assurée ne lui brisait pas autant le cœur que la main d’Archie levée comme pour trouver la sienne retombe mollement sur le matelas. Donna aussi range ses doigts comme pour mieux les empêcher de voler seuls à la rescousse d’Archie. Il se redresse un peu sur le lit en grimaçant, Donna se penchant un peu vers lui par réflexe comme pour l’aider tout en sachant qu’elle ne peut pas. Elle ne sait pas exactement pourquoi il est là, pourquoi il est venu, pourquoi il a suivi Leonardo, elle sait juste que, quoi que ce soit, elle ne peut pas le lui donner. Et ça lui coûte tellement, ça lui coûte tellement de ne pas juste lui tomber dans les bras, le serrer contre elle malgré son bras blessé, de l’embrasser à pleine bouche jusqu’à calmer les battements frénétiques de son cœur, combien c’est difficile de ne pas pleurer encore, lui dire à quel point elle a eu peur, à quel point elle est heureuse et soulagée qu’il aille bien, qu’il soit en vie, de lui dire comme elle est désolée aussi parce que tout est de sa faute. C’est tellement difficile même de le regarder, de soutenir son regard qu’elle a tant aimé, dans lequel elle s’est perdue des milliers de fois, tellement dur de ne pas quitter la pièce en courant pour échapper au poids de sa culpabilité. “ It really is you. ” Répond-il seul à sa question. Sauf que c’est pas la bonne réponse, ce n’est pas vrai, ce n’est pas elle, pas celle qu’il croit, pas la femme qu’il a aimé, celle qu’il a épousé. Et Donna devrait lui dire ça, elle devrait lui dire qu’il n’aurait pas du venir, qu’il aurait du retirer son alliance, qu’elle quelle qu’elle soit elle est là, mais pas Donna, Donna elle est morte.


Mais elle ne dit rien. Elel est trop peureuse, trop lâche, elle sait qu’elle va devoir finir par lui dire d’une manière ou d’une autre, mais elle a peur de l’échéance, elle a peur de leur perdre une seconde fois même si au fond c’est pas vraiment ça, ce n’est rien d’autre que la conclusion de la première fois. La closure qu’il mérite. “ Your brother-- ” Elle déglutit difficilement et pâlit un peu plus. Elle ne veut pas, ne peut pas penser à son frère. Au fait qu’il est mort. Et à la personne qui a tiré sur la gâchette. Elle ne peut affronter qu’un seul problème à la fois. “ Wh-what-- ” Cette phrase-là non plus il ne la finit pas, mais ce qui tord le plus la poitrine de Donna ce sont les larmes qui s’accumulent soudain dans ses beaux yeux noirs. Elle a toujours détesté les larmes d’Archie, l’impuissance ressentie devant elles. Il pleure surtout quand il a mal, il déteste la douleur son Archie et elle essayait toujours de le distraire un peu maladroitement. Elle a toujours détesté le voir souffrir, toujours tout fait pour le réconforter, mais cette fois-ci c’est encore pire que d’habitude. Parce qu’elle ne croit pas que ce soit la douleur physique qui les cause. Parce qu’elle ne sait pas quoi faire pour le calmer et l’empêcher de pleurer et le rassurer — Don’t worry about that se sent-elle presque dire, ouvrant la bouche mais la refermant bien vite —  et ne peut à vrai dire rien faire. Mais les réflexes meurent aussi difficilement que les sentiments et elle lève déjà main pour le toucher, lui caresser le visage ou lui prendre la main, elle ne sait pas trop, et le geste meurt avant d’avoir été accompli parce que trop vite Archie son visage dans sa main et Donna a le temps de reprendre le contrôle de son propre bras, de reposer ses doigts, non plus sur son propre genou comme précédemment mais sur le matelas près d’Archie, il lui suffirait de les étirer un peu pour le toucher. “ You're alive. ” Ses doigts se crispent sur le matelas. Elle le connaissait bien, elle le connaissait par cœur. Et c’est encore le cas. Elle entend parfaitement la trace d’amertume dans sa voix et le coup se loge directement dans son cœur. Son souffle est un peu souffreteux quand elle remue sur le fauteuil pour se dérober un instant à son regard, masquer son heurt, avant de murmurer la vérité : “ Barely. ” Elle n’a pas l’impression de vivre, juste de survivre d’attendre dans un purgatoire qui ne peut prendre fin que par la mort. Mais bien sûr pour lui son aveu n’a aucun sens. “ W-what did- ” Elle aussi elle a des questions, quelques une qui commencent par pourquoi. Elle voudrait savoir ce qu’il fait là, comment son frère l’a convaincu, s’il savait qu’il avait un revolver et qu’il comptait le pointer sur elle — mais elle croit savoir que non. Elle aimerait savoir s’il sait au moins pourquoi Leo l’a fait. S’il sait ce qu’elle est devenue. S’il garderait son alliance à son doigt s’il savait — probablement pas. Mais ses questions à elle n’ont pas d’importance en cet instant précis, pas autant que ses excuses. “ I’m sorry. ” elle l’a déjà dit, mais ne le lui dira jamais assez. “ I’m s-so sorry. I- ” Mais elle n’a pas d’explication à lui offrir, juste des excuses et des larmes qui menacent de remplir ses prunelles à elle aussi. “I’m not dead.” fait-elle en détournant le regard et le visage avec, observant une tâche sur le mur. Elle a bien choisi ses mots : elle n’est pas morte, mais elle n’est pas vivante non plus contrairement à ce qu’il croit. “Leonardo should have killed me. ” Elle sent les larmes se presser sous les paupières qu’elle ferme bien vite, pour les empêcher de couler, sa mâchoire soudainement serrée la forçant à marquer une pause. “ But at least he didn’t kill you. ” Ç’aurait été, de loin, la pire chose qui aurait pu arriver, la pire conclusion à la catastrophe de ce matin, qu’Archie meure. Qu’Archie meure pour la sauver, surtout. “Thank God. ” s'entend-elle murmurer, avant de se mordre la lèvre. Ça fait des mois qu'elle n'a plus invoqué le Seigneur à voix haute, qu'elle ne l'a pas remercié surtout.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Sam 14 Avr - 19:36

Barely. ” Il ne comprend pas ce que cela veut dire, attend la suite. Donna continue toujours ses pensées, les lui explique sans hésiter: parfois, elle s'enfonce dans sa tête et ses pensées vont trop vite et Archie n'arrive pas à suivre, alors elle explique, posément, et il comprend. Ce doit être l'un de ces moments-là. Elle va lui expliquer et il va comprendre pourquoi il pensait qu'elle était morte, pourquoi elle a disparu, pourquoi elle n'est pas revenue. Ils se sont jurés d'être l'un avec l'autre jusqu'à la fin des temps ou du moins, jusqu'à ce que la mort les sépare — et encore, ils se seraient retrouvés au Paradis, ils auraient été ensemble pour toujours. Donna lui a dit qu'elle l'aimerait jusqu'à la fin de sa vie. Il s'en souvient, il s'en souviendra toujours. Ils ont promis, devant l'autre et leur famille et un prêtre catholique et devant Dieu. Et elle a brisé cette promesse.
Pourquoi? N'avait-elle aucune importance à ses yeux? Regrettait-elle? Le divorce aurait été l'opprobre pour leurs deux familles. Ce n'est pas courant, dans leur monde, mais ça arrive et Archie... Archie, ça lui aurait brisé le coeur, mais il aurait pu comprendre. Pour son bonheur à elle, c'est tout ce qu'il a toujours voulu. Qu'elle soit heureuse. Il pensait juste que c'était possible avec lui.
Il sait que Donna aurait été parfaitement capable de simuler sa propre mort. Il a vu Gone Girl. Donna est assez organisée et rigide pour faire tout ça. Pour le blâmer de sa disparition, aussi. Il repense au regard accusateur d'Alfonso. Aux cris désespérés de la mère de Donna.

Aux yeux morts de Leonardo.

Les yeux d'Archie ne quittent pas Donna, il a tellement peur qu'elle s'évapore, mais ils se remplissent de larmes de nouveau. Il ne comprend rien et il a honte et il a peur et il a mal et il a tué quelqu'un. Meurtrier. Meurtrier. “ W-what did- ” Elle ne va pas lui expliquer, alors. Archie ne comprend du tout ce qui se passe, il aimerait qu'elle prenne son temps, choisisse les bons mots. Elle a toujours, toujours choisi les bons mots avec lui, elle sait comment le calmer, l'énerver, l'agacer, l'aimer, le faire se sentir à l'aise et bien, confiant. Là elle ne le rend que malheureux, pour la première fois depuis des années. “ I’m sorry. ” Mais de quoi? De lui avoir menti? D'être partie? De ne plus porter sa bague (il a remarqué, bien entendu)? De ne plus l'aimer? Si seulement elle lui avait dit. Ils auraient pu travailler ensemble pour résoudre ce problème. Et il aurait pu faire sa paix avec ça plutôt qu'en se disant qu'elle était morte par sa faute. “ I’m s-so sorry. I- ” Archie est pendu à ses lèvres, se nourrit de ses mots comme un assoiffé ayant trouvé un oasis en plein désert. “ I’m not dead. Leonardo should have killed me. ” Il a ouvert la bouche pour dire quelque chose, n'importe quoi mais la referme dans un claquement de dents ensuite. Il ne comprend vraiment rien à rien. Ce n'est pas Donna.
Enfin, ce n'est pas sa Donna qu'il a en face de lui. La femme forte et déterminée de laquelle il est tombée amoureux.

But at least he didn’t kill you.But I did. “ Thank God. ” Archie ne sait pas quoi dire en la regardant. C'est Donna sans être Donna. C'est sa femme sans être sa femme. Celle qui est assise à côté de son lit pourrait tout aussi bien être une étrangère. Ça fait à peine treize mois pourtant, depuis la dernière fois qu'il l'a vue, sa femme, Donatella Vivendi-Costner, avec ses petites joues et son sourire et ses lèvres contre les siennes quand elle lui a annoncé qu'ils allaient, enfin, être parents. À cette pensée son coeur se tord dans tous les sens. I would have rather he did, a-t-il envie de dire, mais cette pensée est négative et surtout, pas très chrétienne alors il pince des lèvres.
Il ne l'a pas lâchée du regard et elle n'a pas disparu. “ I thought we were just here to get you home, I had no idea he would... ” Ses yeux sont pleins de larmes et finalement, il cligne un peu des paupières, renifle en levant ses mains pour les écraser sur son visage et en effacer les sillons amers. Quand il rouvre les yeux, Donna est toujours là. “ I would kill him over and over again if it meant saving you, ” dit-il, très simplement, même si son coeur se gèle dans ses veines à cette pensée et son coeur se met à battre très vite. Il n'est pas un meurtrier, Archie, mais repenser à l'arme pointée sur le visage de Donna suffit à lui donner la peur et la rage pour dire ces mots sans hésiter.

Il renifle encore un peu et cette fois détourne franchement le visage, essayant de voir à travers la fenêtre. Il fait toujours nuit noire dehors. Il a peur d'être seul. Il se demande où est Leonardo. Si ils pourront l'enterrer. “ But you're not coming home, are you. ” Sa question tombe à plat et sa voix trébuche sur les mots, hésite, finit par se briser à la fin. Elle a retiré sa bague. Elle doit le haïr d'avoir tué son frère. Et cet autre homme... Le visage d'Archie se fronce dans une expression douloureuse. Il n'a jamais tant douté d'elle. “ Are you- are you happy, here? ” Ça lui demande toute son énergie de ne pas se remettre à pleurer ici et maintenant. Il n'aime vraiment pas pleurer et il a mal au nez à force de se retenir, entre les sourcils aussi, tant ils sont froncés.
Il a l'impression qu'il y a quelque chose qu'il ne sait pas. He should have killed me. Barely. Il y a une information qui manque, une haine dans le regard de Leonardo qui n'a pas encore de fondement. Et tout ce sang... il retourne les yeux vers elle quand elle ne répond pas, l'observe et puis fronce les sourcils. Sa main se tend, attrape ses doigts avant qu'elle ait le temps de s'en défaire. Sa peau est chaude. Son poignet est rouge. Les chaînes. Le sang. “ Does he hurt you? ” demande-t-il, essayant de trouver des réponses à des questions qu'il ne peut même pas imaginer.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Sam 14 Avr - 23:53

Donna n’arrive pas à croire qu’elle a osé invoquer Dieu, remercier Dieu, tout en sachant qui elle est devenue, tout en sachant surtout que son frère est mort. Son frère est mort et c’est son mari qui l’a tuée parce qu’il voulait la protéger malgré treize mois passés sans elle. Elle ne sait même pas ce qu’il est allé s’imaginer, ce qu’il croit d’elle, pourquoi il porte sa bague alors que selon toutes vraisemblances elle l’a abandonné. Mais c’est Archie et il est loyal et bon, si bon à l’intérieur avec un si grand cœur, ça ne la surprend pas au fond, ça la rend juste incroyablement triste. “ I thought we were just here to get you home, I had no idea he would... ” Elle secoue la tête par réflexe, manière de dire que ce n’est pas grave, qu’elle ne lui en veut pas — comment pourrait-elle quand ses fautes à elle son bien pires ? Ç’aurait même été mieux au fond, songe-t-elle, qu’il soit venu en sachant parfaitement ce que Leonardo voulait faire à sa sœur, en le voulant lui aussi, Donna aurait peut-être pleuré, mais elle aurait volontiers accepté la balle venant d’Archie. Ça n’aurait été que justice, il lui semble. Alors que là, rien n’est juste. Il est venu en croyant pouvoir la sauver, à la place il a tué son beau-frère, il a tué tout court et ils savent tous les deux ce que ça veut dire pour une âme humaine et il l’a fait pour elle, à cause d’elle ; même en fuyant elle lui aura gâché la vie. Et maintenant il pleure et elle n’a pas le droit de le réconforter, de sécher ses larmes pour lui, de les avaler du bout des lèvres. Elle n’a qu’à peine le droit de rester, volant des minutes inutiles face à une échéance à laquelle elle ne peut définitivement pas échapper. Elle se dit qu’elle a juste besoin de boire ses traits une dernière fois, prendre une photographie mentale de son sourire, qu’il ne risque pourtant pas de lui montrer aujourd’hui. “ I would kill him over and over again if it meant saving you, ” Sa gorge est si serrée, elle a l’impression qu’elle va s’étouffer. Ses larmes à elle aussi sont difficiles à retenir quand elle sait la douleur qu’elle lui cause, mais surtout quand elle l’entend lui montrer autant de loyauté et de dévouement, même maintenant. Donna aussi, elle tuerait pour le protéger lui, mais ce n’est pas la même chose. Son âme est déjà souillée d’abord. Et puis, il ne l’a pas blessée comme elle-même l’a fait. You shouldn’t, you really shouldn’t, a-t-elle envie de lui dire, mais les mots s’étranglent dans sa gorge, elle ne peut que le regarder impuissante alors qu’il renifle et détourne le visage. Elle se demande s’il osera la regarder de nouveau.

But you're not coming home, are you. ” Les doigts de Donna volent à sa chaîne et à ses bagues sous sa robe de chambre, se crispent autour dans un petit poing tout blanc. Home. C’est à peine une question, qui il y a encore un an peut-être n’aurait su que terriblement offusquer Donatella, mais dont il connaît apparemment déjà la réponse. Ça lui brise les morceaux qu’il lui reste de cœur d’y penser. Il a raison bien entendu, quand bien même elle aimerait tant pouvoir lui dire que, si bien sûr qu’elle va retourner à la maison avec lui, il sache déjà que non. Il n’a jamais douté d’elle Archie et pourtant maintenant il sait déjà qu’elle va l’abandonner, il semble avoir perdu toute la foi qu’il a jamais eu en elle. Elle n’a pas le droit d’être triste, elle l’a bien cherché après tout et c’est tant mieux qu’elle n’ait pas à briser ses espoirs elle-même, mais elle ne peut pas s’empêcher d’être vexée, blessée, qu’il doute de son amour, quand bien même elle ne lui a donné que des raisons de le faire. “ Are you- are you happy, here? ” Il ne la regarde pas mais elle aussi détourne les yeux incapable de lui faire face dans un moment pareil, quand tout le sang disparaît de son visage et que les larmes se précipitent au coin de ses yeux. No. Elle ne peut pas, elle ne sait pas être heureuse sans lui et il devrait le savoir et en même temps elle sait qu’elle est terriblement injuste de le prendre mal. Elle aura tout le temps pour faire son deuil de cette relation, pour pleurer son amour perdu, crouler sous les regrets, mais ce qui compte aujourd’hui c’est préserver Archie, le faire rentrer chez lui, le forcer à l’oublier. Elle devrait être contente que ça s’annonce plus facile que prévu. Elle entrouvre la bouche pour souffler son mensonge, mais quand il retourne brusquement le visage vers elle, elle s’arrête, relève les yeux vers lui. C’en serait presque pour elle pire que du blasphème que de lui dire qu’elle est heureuse sans lui. Elle retient son souffle, mais ne comprend réellement le geste de sa maint tendue que quand c’est trop tard, quand il a attrapé les doigts qu’elle a bêtement laissé sur le matelas trop près de lui. Elle devrait tirer pour s’en défaire, il est bien plus fort qu’elle, mais elle croit savoir qu’il n’emprisonnerait pas sa main de force, mais elle n'en fait rien, véritable poupée de chiffon sous le regard d’Archie. “ Does he hurt you? ” Cette question a le mérite de la surprendre, de la faire réagir en pinçant des lèvres alors que c’était prévisible quelque part puisqu’il l’a trouvée enchaînée à un mur, complètement nue, couverte de sang. Elle aurait dû s’y attendre. Elle déglutit difficilement, ravalant un nœud de la taille de son cœur, sans oser encore arracher ses doigts à l’emprise d’Archie, contente au fond de pouvoir le toucher, même si ce n’est pas de la manière rêvée.

No. Not anymore. ” Il l’a blessée d’une manière irréparable en la rendant comme lui et même s’il ne l’a pas fait exprès, Donna ne le lui pardonnera jamais et Lorenzo le sait. Mais il ne lui fait plus de mal depuis, du moins rien qu’elle n’ait pas demandé elle-même quand elle était dans la cave. “ I- I’m sorry Leo dragged you into this. ” Prononcer le nom de son frère ravive les sanglots dans sa gorge qu’elle ravale de nouveau bravement, elle ne veut pas alourdir le poids sur les épaules d’Archie. Archie qui lui a sauvé la vie sans réfléchir, Archie qui a affirmé qu'il le referait encore et encore pour elle. Elle pince des lèvres de nouveau réalisant le carrefour auquel elle se trouve : elle peut tout lui dire ou bien inventer un mensonge. Dans tous les cas dès qu’il se sentira mieux il devra partir, quitter cette ville maudite, reconstruire sa vie sans les Vivendi pour la lui gâcher. Si elle lui dit tout, il saura qu’elle est un monstre. Mais en ne lui disant rien, en le repoussant d’une autre manière, Donna doit prétendre être une autre sorte de monstre. “ I’m not- I can’t come home. ” avoue-t-elle du bout des lèvres, les doigts qu’il n’a pas volé encore crispés autour de son alliance et de sa bague de fiançailles. Archie ne mérite pas qu’on lui mente au visage, mais l’instinct de sa femme est de le protéger. Donna devrait donc lui mentir, afin qu’il vive sa vie de manière à peu près normale, sans se soucier des loups et de toutes les autres abominations qui existent. Elle devrait jouer sur ce dont tout à l’air finalement quand on ignore l'empreinte du surnaturel : une femme adultère, fatiguée de son mari et- Sauf qu’elle ne peut pas, elle ne saurait même pas comment délivrer ce mensonge, comment cracher sur tout ce qu’ils ont vécu. Ou peut-être qu’elle est assez bonne menteuse pour ça, mais que la motivation lui manque. “ I wish… ” Son futur est déjà gâché, elle ne veut pas ruiner son passé.  “ It’s- It’s just better for everyone that way. I’m not…I’m not- ” Elle n’est plus quelqu’un de bien (si elle l’a même jamais été), elle n’est plus une bonne chrétienne en tous cas, elle n’est plus Donna. “ My brother tracked me down like a beast because…because that’s what I am now.

Sans même qu’elle ne s’en rende compte ses yeux se sont enfin embués et quelques perles glacées coulent sur ses joues trop pâles. “ I don't know how he knew but-” Et surtout elle ignore qui d'autre sait, toute sa famille ? Son autre frère peut-être ?  Un autre Vivendi viendra-t-il frapper à sa porte un jour pour la tuer ? “ But it doesn't matter because he was right. That night I- Well well, what’s going on here? ” Sa nuque manque de claquer quand elle tourne brusquement la tête pour faire face à Lorenzo adossé à l’encadrement de la porte les bras croisés. “ I was about to- ” lâchant sans y penser les bagues qui retombent sur sa poitrine, elle essuie d’un revers de main les larmes sur son visage et se redresse sur son fauteuil, mais Lorenzo ne l’écoute pas, s'adresse plutôt au convalescent. “ So you’re awake, good. You can stay until you can walk and then you’re out of here and this town, ok? I’d expect no word about what happened this morning if you don’t want that gun with your fingerprints all over it to get to the police. Lorenzo! ” s'offusque-t-elle en sautant à ses pieds. “ How dare you-- Have your back? ” finit-il sèchement en la laissant rouge de colère et de frustration.

Donna a écouté Lorenzo pendant des mois. Elle a quitté l'Italie à cause de lui. Elle est devenue Alice sur son conseil. Elle a quitté l'Europe parce qu'il lui a dit de le faire. Elle l'a écouté car il est le seul à pouvoir lui apprendre ce qu'elle est, à lui apprendre à "vivre" avec. You're not a monster. But people will think you are. They will track you, seek to murder you. You're not a beast but you have one living within you. It is dangerous. And in your condition, caring is dangerous. Elle l'a écouté Donna, parce qu'elle avait si peur. Mais elle ne peut pas l'écouter menacer Archie en toute impunité. “ You can't- ” Lorenzo n'attend toutefois même pas la fin de sa phrase, hausse une épaule et s'apprête à quitter la pièce.  “ I'm not doing anything as long as he's not. ” Il a tout juste la décence de refermer la porte derrière lui, laissant Donna debout près du lit face à la porte, tremblante d'une rage froide. Elle saura raisonner avec Lorenzo plus tard, de toute façon elle doute qu'Archie parle de ce qu'il a vu à qui que ce soit, elle doute même qu'il comprenne ce qu'il a vu.  “ I'm sorry about that. ” souffle-t-elle finalement en se retournant vers Archie, ses yeux un peu rouges et le reniflement qu'elle ne peut réprimer rappelant qu'elle a osé pleurer, elle, la méchante de l'histoire.  “ I'm sorry you were involved in this mess at all. ” se corrige-t-elle rapidement, elle a des milliers d'excuses à lui faire et celle-ci est loin d'être suffisante, mais c'est un début.  “ I can't go home. You have to go. ” récapitule-t-elle en se laissant retomber sur la chaise près du lit, les yeux rivés sur ses genoux. Elle tremble encore, quoique plus vraiment de colère.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Mar 17 Avr - 7:20

No. Not anymore. ” Tout l'air du monde a quitté les poumons d'Archie. Il regarde Donna comme si ce n'était pas Donna. Il ne comprend pas. Il ne comprend pas. Il ne comprend pas. Est-elle seulement heureuse? La bat-il? Peut-on être heureux quand on est battu par son partenaire? Il a du mal à imaginer Donna coincée dans cette situation. Littéralement enchaînée à un mur, nue, couverte de sang. Et les marques sur son poignet... on dirait que la peau a été brûlée. Rien ne fait de sens. Tout l'air du monde a quitté les poumons d'Archie et son coeur redouble d'ardeur dans sa poitrine, comme pour compenser, il bat si vite et si fort qu'Archie entend un bruit sourd dans ses oreilles. Il va être malade. “ I- I’m sorry Leo dragged you into this. ” Il a du mal à se concentrer sur ses mots. Il a l'impression d'être dans un monde parallèle où sa femme n'est pas sa femme, une version alternative des évènements où elle l'a quitté pour aller à l'autre bout du monde vivre avec un homme qui la traite mal.
Il ne l'a jamais traitée mal, Donna. Il l'a toujours aimée, beaucoup, chérie aussi: et il a promis de le faire jusqu'à la fin de leur vie, quand il lui a demandé de l'épouser. “ I’m not- I can’t come home. ” Est-ce qu'il l'en empêche? Non, elle ne semble même pas en avoir envie. Elle a refait sa vie ailleurs. Les doigts d'Archie qui ont attrapés ceux de Donna deviennent mous. Il abandonne, semble-t-il.

Il a envie de pleurer. Il a vraiment, vraiment envie de pleurer et Donna ne lui a jamais donné envie de pleurer comme ça. Il pensait qu'ils étaient... eh bien, il pensait qu'ils étaient parfaits. Parfaits l'un pour l'autre. Tout le monde le disait, de toutes façons, qu'ils étaient le couple idéal. Tout le monde l'a tant dit qu'Archie s'est mis à y croire. Mais alors, que s'est-il passé? “ I wish… It’s- It’s just better for everyone that way. I’m not…I’m not- ” Il n'a jamais vu Donna abandonner comme ça. “ My brother tracked me down like a beast because…because that’s what I am now.
Archie cligne des yeux un peu stupidement, et puis son esprit fait un tour complet sur lui-même pour essayer de faire du sens à ce qu'elle est en train de dire. Il ne peut pas trouver la véritable réponse par lui-même alors il suppose. Il imagine qu'après l'attaque (la cicatrice se réveille sur son torse, le chatouille douloureusement), elle a perdu l'enfant qui grandissant en son sein. Oh, comme ils l'ont voulu cet enfant...! Ils ont essayé pendant plusieurs années, en regardant l'heure tourner, le temps passer. Et ils étaient en train de discuter leurs autres options quand le test est revenu positif, une véritable grâce de Dieu. Elle a du perdre l'enfant, se considère-t-elle un monstre à cause de ça? A-t-elle des séquelles de l'attaque (Seigneur, elle a failli mourir elle aussi mais elle est là), pense-t-elle que ses cicatrices la rendraient moins attirante à ses yeux, moche, repoussante? Est-ce pour ça qu'elle dit être une bête, un monstre, une créature qui n'est plus humaine, pourquoi elle ne veut pas rentrer à la maison, pourquoi elle cherche l'amour d'un homme qui ne la traite pas correctement parce qu'elle pense ne pas mériter mieux? Il y a des larmes dans ses yeux. Et sur ses joues. Celles d'Archie sont complètement oubliées: il a envie de tendre la main pour les effacer, embrasser son visage jusqu'à ce qu'elles cessent de couler. “ I don't know how he knew but- ” Il lui manque une information. Archie en est convaincu maintenant. “ But it doesn't matter because he was right. That night I-Well well, what’s going on here?

La voix et l'apparition de l'homme réveillent en Archie une colère qui n'a pas eu sa place dans son coeur depuis des années. Il ne s'énerve pas, Archie, ou alors très rarement. Et il n'est pas jaloux. Enfin si, des fois, mais rarement, et Donna le rassure toujours en riant et en l'embrassant devant tout le monde (non pas que ça déterre certains hommes qui vont quand même la voir quand ils pensent qu'Archie ne regarde pas). Mais là, là c'est différent.
Elle a choisi l'homme qui vient de pénétrer dans la pièce. Elle l'a voulu et elle l'a choisi et elle a quitté Archie pour lui. Et cet homme lui fait mal. Elle tourne la tête brusquement, un peu trop, Archie se demande si elle se sent coupable, en danger, avec cet homme. “ I was about to- ” Un mouvement attire le regard d'Archie, il fronce les sourcils en voyant que c'est son collier. Il n'a jamais vu ce collier, l'homme le lui a-t-il acheté...? Non. Ce n'est pas un collier, c'est un lien avec en pendentif la bague et l'alliance qu'il lui a offert pour leurs fiançailles et leur mariage.

L'annulaire d'Archie le brûle. “ So you’re awake, good. ” Il détache difficilement ses yeux de l'énigme, des bagues, du signe de leur amour et de leur mariage, pour regarder l'autre homme, une tempête dans le regard. “ You can stay until you can walk and then you’re out of here and this town, ok? I’d expect no word about what happened this morning if you don’t want that gun with your fingerprints all over it to get to the police. Lorenzo! ” Lorenzo. Si son accent n'était pas parlant, ce serait toute la preuve dont Archie aurait besoin pour comprendre que l'homme est italien. Italien. L'a-t-elle rencontré à Rome? Archie est tellement obsédé par cette histoire qu'il se raconte qu'il n'écoute qu'à moitié les mots que prononcent Donna et le Lorenzo en question. “ How dare you-- Have your back? ” L'a-t-elle rencontré à Rome, est-il un avocat lui aussi, ou un de ses clients? Ils travaillaient beaucoup tous les deux, et Archie faisait parfois des heures supplémentaires à la galerie, il sait que ça agaçait Donna quand il rentrait trop tard mais il se faisait toujours pardonner d'une manière ou d'une autre. A-t-elle décidé de ne plus l'attendre un soir? De se distraire en l'attendant au bar avec un autre homme? A-t-elle profité des séminaires auquel il assistait parfois dans d'autres villes et d'autres pays pour le voir, ou voir d'autres hommes? Ou alors utilisait-elle ce temps pour comploter sa mort et son départ d'Italie?
Non. Ça ne fait pas de sens avec le reste de ce qu'elle lui a dit. De ce qu'elle a sous-entendu par rapport à Leonardo. Leonardo... qui est mort. Mort. Archie l'a tué. Et l'autre homme, Lorenzo, menace de le dénoncer à la police à cause de ça.

You can't-I'm not doing anything as long as he's not. ” Déjà il s'en va, mais il laisse un goût amer dans la bouche d'Archie et toujours ce bruit assourdissant dans ses oreilles. Donna s'est relevée et a lâché sa main et Archie a envie d'en faire un poing et de l'écraser quelque part, de préférence dans la mâchoire barbue de Lorenzo. Est-ce qu'elle aime les barbes maintenant, plus nourries que la sienne? Est-ce pour ça que- non. Il doit se calmer d'abord, réfléchir ensuite. Archie a les yeux rivés sur sa main, celle qui porte l'alliance en plus, les veines sur le dos de la main, les doigts puissants mais mous et sans force en cet instant précis. Il ne peut pas regarder Donna dans les yeux. “ I'm sorry about that. ” Elle renifle, elle pleure, elle a pleuré. Archie a l'impression que ses yeux sont secs pour toujours — étonnant, parce qu'il était sur le point de sangloter il y a quelques minutes à peine. Mais il doit se faire une raison, et accepter la décision de Donna. Il n'a jamais voulu la forcer à quoique ce soit.  “ I'm sorry you were involved in this mess at all. I can't go home. You have to go. ” Il renifle pourtant. Il renifle un peu, hoche la tête, comme un enfant à qui on fait la leçon. Il s'accroche à cette pensée: c'est son choix. Elle veut ça. Il ne veut la forcer à rien. Il pensait... que pensait-il, exactement? Il ne sait pas. Qu'elle était perdue, qu'elle avait honte, qu'elle avait été prise, kidnappée, emmenée loin de lui. Qu'il allait pouvoir la ramener, qu'il allait pouvoir la sauver.

Mais elle ne veut pas être sauvée. Elle dit qu'elle ne peut pas mais elle ment. Elle ne veut pas, elle ne l'aime plus, même si elle a encore ses bagues. Ce devrait être une bonne nouvelle, réveiller de l'espoir dans la tête d'Archie, de la chaleur dans son coeur. Mais non. “ I don't understand, ” finit-il par admettre d'une petite voix. “ But it's- it's okay. I swear it's okay. It's okay. ” Il essaie de se convaincre lui-même en parlant. Il évite son regard, comme il le fait quand il est blessé ou agacé ou qu'il est triste et qu'il ne veut pas le lui montrer. Elle veut qu'il parte alors il se redresse un peu, même si son bras lui fait mal et qu'il a mal à la tête et qu'il a envie de rester là et de dormir et de pleurer. “ I'm- I'm sorry I came here. I'm sorry. ” Il est désolé de ne pas lui avoir donné une bonne raison de rester, aussi.
Il se redresse et puis s'assied au bord du lit, tournant le dos à Donna. Sa chemise teintée de sang est en lambeaux sur le sol à côté de ses chaussures qu'il enfile difficilement, son bras gauche — celui qui a reçu la balle — lui faisant atrocement mal alors qu'il manipule les lacets; il finit par abandonner, il peut marcher jusqu'au motel sans problème sans lacer ses chaussures. Ses mains tremblent un peu aussi, ça n'aide pas. Il regarde ses chaussures comme si elles étaient la raison de son malheur, les mains posées sur ses genoux, respirant un peu difficilement. Il sent une boule à l'arrière de sa gorge, un poids sur sa poitrine et, frénétiquement, cherche les poches de son pantalon en se détendant seulement quand, en plus de ses clefs, portefeuille et téléphone, il trouve la boîte orange de pilules. Il en glisse rapidement une dans sa bouche. Donna n'aimait pas quand il prenait de l'Adderall ou qu'il fumait pour son anxiété, mais elle n'a plus rien à dire maintenant. “ I- if there's anything... if you want me or... if you need me, I'll- I'll come running. ” Il a tellement honte de dire ça mais c'est plus simple maintenant qu'il lui tourne le dos. Il a tellement honte d'avoir à dire ça à sa femme. “ I'll go now. But... ” Il pince des lèvres puis reprend: “ I need to borrow a shirt. ” C'est complètement absurde et le cadet de ses soucis en cet instant précis, mais il préférerait ne pas se promener à moitié nu au milieu de la nuit dans Blackwater Falls si il avait le choix.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Mar 17 Avr - 21:53

Donna se sent vidée de toute énergie presque plus que le matin même, au réveil de sa terrible et douloureuse nuit, elle se sent vidée à l’intérieur de tout ce qu’il y a jamais eu de fort et de courageux et de bon en elle. Ou peut-être qu’elle n’a juste jamais eu la dose de courage que nécessite ce qu’elle est en train de faire : dire au revoir à Archie. Elle aimerait tout lui dire, elle aimerait avoir eu le temps de lui expliquer, mais Lorenzo lui a volé ça. “ I don't understand, but it's- it's okay. I swear it's okay. It's okay. ” Et Archie ne veut pas l’entendre. Ça la blesse plus que ça ne devrait — terriblement, brisant un cœur qui pourtant depuis un an est incomplet. It’s okay. C’est tout ?, ne peut-elle s’empêcher de penser. C’est tout ce qu’il a à lui dire ? Il s’en remet si vite. Elle n’a pas le droit de lui en vouloir de ne pas insister, de ne pas chercher de réponses, c’est normal et c’est ce qu’elle cherche au fond, qu’il n’insiste pas, s’en aille, tourne la page, il ne mérite que ça Archie, de vivre une belle vie sans elle. Mais elle a toujours ses bagues autour de son cou et elle l’aime et elle ne cessera jamais de l’aimer, de regretter tout ce qui les sépare, Archie étant ce que la pleine lune italienne lui a volé de plus cher. Elle ne peut pas s’empêcher de mal le prendre. Elle se force pourtant à entendre la blessure dans sa voix, et en relevant son regard presque choqué vers lui, elle voit bien qu’il a cette même expression, cette même fuite dans les yeux qu’il a quand il essaye de se cacher à elle, ou plus exactement quand il essaye de cacher une émotion négative comme la tristesse ou la douleur. Peut-être qu’il n’est pas indifférent alors. Peut-être qu’il se force à dire ça. Ça lui ressemble plus, malheureusement. Ses yeux s’agrandissent un peu plus quand elle le voit déjà se redresser sur ses oreiller avec une grimace de douleur et faire mine de sortir du lit. “ I'm- I'm sorry I came here. I'm sorry. ” Toute tentative de masquer son véritable choc cette fois est absolument vaine. Comment, après tout ce qu’elle lui a fait subir — malgré elle, mais il ne le sait pas — peut-il encore trouver à s’excuser ? Donna aurait préféré qu’il ne vienne jamais, mais au fond, il n’aurait pas été Archie s’il n’était pas venu après que Lorenzo l’ait prévenu. Il ne serait pas l’homme qu’elle a épousé, l’homme qui a juré de l’aimer pour la vie, s’il n’avait pas essayé de retrouver sa femme. Peut-être que c’est de sa faute, peut-être qu’elle aurait du au moins lui écrire une lettre en partant. Peut-être… Il s’assoit déjà au bord du lit tirant Donna de ses pensée ; compte-t-il vraiment partir à la minute ? Dans l’état dans lequel il est ? Oui visiblement puisqu’il enfile déjà ses chaussures, bataillant avec ses lacets sous les yeux tout à fait ronds de sa femme. Elle voit ses mains trembler, elle devrait quitter sa chaise et s’agenouiller pour l’aider, elle lui doit au moins ça, mais elle ne bouge pas, elle ne peut pas bouger, elle a l’impression qu’au moindre mouvement elle risque de se briser en deux. Elle le voit abandonner et elle ne fait rien, ne dit rien. C’est la dernière fois qu’elle va voir Archie de sa vie. La dernière fois qu’elle entendra sa voix. Elle aimerait pouvoir dire qu’un an de séparation ont su rendre les choses plus faciles, mais c’est faux. Il lui a juste manqué atrocement.

Ce qui la fait bouger c’est ce qu’il sort des poches de son pantalon, une petite boîte orange, qu’elle ne connaît pas, mais dont elle devine facilement l’utilité quand il en sort une pilule qu’il glisse dans sa bouche. Aderall? Il avait arrêté pourtant. Il avait fini par arrêter et juste fumer l’occasionnel joint qui la faisait juste un peu froncer du nez. A-t-il toujours continué en cachette ou a-t-il repris à sa mort présumée ? Est-ce même de l’Aderall ou autre chose, quelque chose de pire ? C’est ce petit geste qui la fait bouger, qui débloque son corps ankylosé, quoiqu’infimement :  elle ne fait que foncer les sourcils, l’inquiétude venant lentement recouvrir ses traits. “ I- if there's anything... if you want me or... if you need me, I'll- I'll come running. ” Sa bouche s’est ouverte pour lui dire qu’elle n’a besoin de rien — rien que quiconque puisse lui offrir — mais la suite l’arrête, la bloque de nouveau, surprise et confusion envahissant ses yeux bleus. Et dire qu’elle a cru pendant un instant que tout était vraiment okay, qu’il allait pouvoir reconstruire sa vie facilement, dire qu’elle a osé en être triste alors que ça c’est pire. Entendre la dévotion qu’il offre encore est une véritable torture ; certes une part d’elle est heureuse de voir qu’il lui rend encore son amour, mais elle sait qu’il ne devrait pas, elle sait que tout ça ne fera que le faire souffrir et il ne mérite pas ça. “ I'll go now. But... ” Elle a très peur de ce qu’il compte lui dire.  “ I need to borrow a shirt. ” Elle ne masque même pas sa surprise, ses traits s’adoucissant soudain, presque attendris par cette requête improbable et puis ses sourcils se froncent parce qu’il ne va rien emprunter du tout, il va prendre et partir sans se retourner sans jamais revenir. Il le faut.

You don’t…you don’t have to go right this instant…it’s I meant…you can wait until you feel better. ” commence-t-elle doucement, peut-être trop. Donna ne sait pas comment agir, si elle a le droit d’être vulnérable — probablement pas I’ll come running lui a-t-il dit et c’est précisément ce qu’elle doit éviter. Ça la ferait se sentir mieux, elle, de savoir qu’il va bien, qu’il s’est remis de sa blessure, et elle ne pense pas qu’à son biceps troué par une balle, mais aussi à la blessure intérieure, psychologique, d’avoir volé une vie, tout ça pour une femme qui ne le mérite pas. Elle se demande s’il regrette maintenant ; il devrait, mais elle croit savoir que non. “ When you leave of course I'll, I'll fetch you a shirt-” Elle esquisse presque déjà  un mouvement pour quitter son siège, mais ne finit jamais son geste, ses pensées erratiques volant déjà ailleurs. “ You… ”  Elle toussote nerveusement, comme si son corps lui-même réalisait qu’elle ne devrait pas lui dire ça: “ You wouldn’t be you if you hadn’t come ” admet-elle avec difficulté. Elle se demande ce qu’il a cru avant que Leonardo ne lui dise où elle l’était, s’il la cru morte, s’ils l’ont enterrée, ou s’il avait gardé espoir qu’elle ait survécu. Ça n’a pas d’importance ceci dit. Ça ne fait aucune différence. “ I wish there was something left of me to save and take home. ” s’entend-elle dire, son cœur tout tordu dans sa poitrine, sa voix toute petite, un peu brisée. Elle aurait tellement aimé n’avoir été qu’enlevée, quitte à souffrir tous les jours horriblement pendant un an, voire plus et pouvoir un jour rentrer à la maison, retrouver sa famille, retrouver Archie. Mais son supplice n’aura de fin qu’à sa mort. Elle ne devrait pas se laisser aller comme ça, mais elle ne veut pas qu’il croie qu’elle ne l’a pas aimé de tout son cœur et que quoi que ce soit au monde aurait pu la faire le quitter. Elle ne veut pas cracher sur tout ce qu’ils ont vécu, sur tout ce qu’elle a ressenti pour lui, ressent encore, ressentira toujours. Et elle lui doit au moins ça après ce qu’il lui a dit lui, ce qu’il lui offre lui même quand il ne comprend et ne sait rien.

When I say you have to go, I don’t mean leave this house, ” se force-t-elle à reprendre, menant la conversation à un sujet plus nécessaire et urgent. Plus safe aussi, pour elle. “ I mean you have to leave this town. You do. It’s not, it’s not safe here. Trust me est-elle sur le point d’ajouter, mais ça n’a aucun sens, il n’a aucune bonne raison de lui faire confiance après ce qu’il croit qu’elle lui a fait. Mais ce qu’elle dit à la place est une toute aussi grande bêtise : “ I don’t want you to get hurt Archie. ” Elle prend un lourde inspiration, ses doigts se renfermant machinalement sur les bagues autour de son cou. “ So please don’t- If I get weak one day, if I call, if- Even if you hear that I’m dying and crying out for you. You can’t come.  ” Elle secoue la tête, les larmes revenant brusquement lui brûler les yeux. “ Don’t come running Archie, please don’t. Please- ” Elle s’en veut tellement d’être aussi faible et de pleurer de nouveau, mais s'il y a un seul message qu’elle doit lui faire passer aujourd’hui c'est celui-ci, le plus important : il ne doit pas revenir, il ne doit pas s’accrocher à elle. “ Please Archie I already lost so much I can’t- I cant- lose you too. ” Elle l'a déjà perdu pourtant. Elle a perdu ses baisers le matin et ses câlins en rentrant et son sourire tous les jours et son rire, le son le plus délicieux à ses oreilles, elle a perdu la chaleur de son corps et la force que son amour lui donnait. Elle a perdu leur enfant aussi. Leur miracle. Elle ne peut plus vivre avec lui. Mais elle ne peut pas vivre dans un monde où il n'existe pas. Ses phalanges sont si blanches autour des deux anneaux, l’os en sortirait presque. Il y a autre chose qu’elle devrait lui dire, Donna le sait. Il va partir et il promet d'accourir au moindre signe qu’elle veut de lui (comme si ça pouvait un jour ne pas être le cas) et elle ne peut pas le laisser. Il faut qu’il parte et l’oublie. Il faut qu’il parte et passe à autre chose. Il faut… peut-être qu’ils devraient divorcer. Donna se rend compte que ça serait infiniment mieux pour lui, pour qu’il puisse vraiment refaire sa vie, mais elle ne peut pas se résoudre à lui demander un divorce. Elle en tremble rien qu’à l’idée. Elle a du rayer son nom, prendre une autre identité, mais devant Dieu au moins — qui lui a pourtant tourné le dos — elle ne peut se résoudre à ne plus être sienne.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 19 Avr - 20:17

Il compte bien la rendre, la chemise, même si c'est celle de Lorenzo. Il compte bien... il compte bien rester, stick around, même si ça le tue rien que d'y penser — qu'elle soit si proche, mais heureuse, avec un autre homme, qu'il ne peut que haïr même si il semble qu'il lui a sauvé la vie. Archie sait qu'il se torture pour rien mais il ne peut pas s'empêcher de nourrir l'espoir qu'un jour, peut-être, elle lui revienne. Sa femme, son amour, sa Donna. L'idée de vivre sans elle le rend malade, lui torpille le coeur: il n'en a pas été question pendant presque dix ans alors pourquoi...? Il pourrait se torturer des heures à chercher des raisons pour lesquelles elle voudrait le quitter, et en trouver des milliers. Elle a toujours été trop bien pour lui. “ You don’t…you don’t have to go right this instant…it’s I meant…you can wait until you feel better. ” Mais il ne se sentira jamais mieux, pas tant qu'il y aura ce poids sur sa poitrine, ce savoir qu'elle a trouvé mieux.

Il y a toujours mieux que lui. “ When you leave of course I'll, I'll fetch you a shirt- ” Il la sent bouger mais ne se retourne pas pour la regarder, pensant sincèrement qu'il va se briser en deux si il croise son regard. À la place, il se débarrasse des larmes qui s'accrochent désespérément à ses cils, dans un geste enfantin et rageur à la fois. “ You… You wouldn’t be you if you hadn’t come. ” Est-ce que cela veut dire qu'elle voulait qu'il vienne? Et maintenant elle veut qu'il parte? Archie ne comprend rien. Donna a toujours été plus intelligente que lui mais là ce qu'elle dit n'a pas de sens, du moins pour lui. Il aimerait qu'elle lui explique mais il n'ose pas parler, sa voix semble sur le point de se briser dans sa gorge. “ I wish there was something left of me to save and take home. ” Archie a l'impression que Donna enfonce ses ongles à l'arrière de son crâne et lui enfonce la tête sous l'eau et le laisse se noyer, insistant à chaque fois qu'il essaie de relever la tête, le plongeant plus profondément dans ses secrets et ses mensonges et ses demi-vérités.

Il se sent stupide. Lent. Inutile. Donna ne l'a jamais fait se sentir comme ça. Ses doigts s'enfonce dans le matelas là où ses mains sont posées. “ When I say you have to go, I don’t mean leave this house. I mean you have to leave this town. You do. It’s not, it’s not safe here. ” Il fronce les sourcils. Est-ce que Lorenzo irait jusqu'à le chasser si- mais non parce qu'il aurait pu le faire mille fois tant qu'il était dans le lit. Il n'y a pas de menace dans ce village, enfin cette petite ville, ce trou perdu. “ I don’t want you to get hurt Archie. ” Il s'immobilise, ferme les yeux, ses phalanges en trembleraient presque tant elles serrent le matelas. C'est un mensonge. Il le comprend tout de suite. C'est un mensonge. Si elle ne voulait pas qu'il soit blessé, elle lui aurait laissé un mot, une note, ou même une chance de se racheter avant de le quitter et d'aller à l'autre bout du monde refaire sa vie au Canada, of all places.

So please don’t- If I get weak one day, if I call, if- Even if you hear that I’m dying and crying out for you. You can’t come. ” À ça en revanche il se retourne pour la regarder. Elle pleure. “ Don’t come running Archie, please don’t. Please- ” Mais elle ne peut pas être sérieuse. Il ne comprend pas. Pourquoi aurait-elle peur de mourir? À cause de cet homme? Lorenzo? “ Please Archie I already lost so much I can’t- I cant- lose you too. ” Archie se relève brutalement, saute sur ses pieds en faisant volte-face pour lui faire face. “ Well I lost you, ” gronde-t-il en pointant un doigt accusateur sur elle, sentant les larmes lui remplir les yeux. “ I was blamed for your murder, I blamed myself for running away and effectively killing you, I just found out that you had not died but run away and for what? To live in goddamn Black-whatever? And with who? Someone who hurts you? ” Sa voix se brise malgré lui et il la regarde sans être capable de rien dire pendant quelques instants.

And you talk in riddles like I'm a goddamn idiot, I don't understand, Donna, I just don't fucking understand. ” C'est rare qu'il jure et encore moins devant elle. Il se sent vibrer et pleurer et il ne peut pas empêcher ni l'un ni l'autre. “ You don't make sense. None of this is making sense at all. I ki- I killed your brother. Because he was about to kill you. Because- I don't know why! And he- he fucking shot me How is that- how is that-- ” Il s'interrompt, la douleur revient — languide, désagréable le long de son bras — et il gémit un peu en regardant son bras, s'attendant à voir du sang à la surface du bandage — mais non, rien. Tant mieux. “ I don't- I don't-- ” Il cache ses yeux sur le revers de sa main, efface des larmes rageuses, renifle et détourne les yeux, encore, incapable de lui faire face même dans sa colère. “ You don't owe me anything. You don't owe me anything. But you're treating me like an idiot. Talking like you're in danger and I can't save you. Well I'd be damned if I don't try. I'd fucking kill him too if it was what it took. ” Il pointe du doigt la porte, voulant parler de Lorenzo. “ I'd set the whole world on fire. Because I lost everything but you still have me.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Jeu 19 Avr - 21:30

Donna supplie rarement, pratiquement jamais, pendant longtemps c’était comme si ça lui brûlait la langue de le faire. Elle a toujours été polie bien entendu, mais il y a une différence entre un simple s’il te plaît et une supplication. Ces dernières elle ne les a jamais vraiment offertes qu’à Archie, emmêlés dans des draps, puis deux fois à Lorenzo, une fois pour qu’il la sauve d’elle-même et du danger qu’elle représente pour sa famille, une seconde pour qu’il sauve Archie. C’est tout. Et même pour des choses importantes comme ça, Donna ne se répète pas, formule sa supplique une fois pas deux, encore moins trois comme elle vient de le faire, la voix pleine de larmes. Et elle n’y pense même pas, supplierait des heures et des heures entière sans s’arrêter s’il le fallait, juste pour qu’Archie l’écoute et se sauve lui-même. Mais il ne le fait pas, elle le voit tout de suite, il ne l’écoute pas, sautant à ses pieds avec un air presque furieux qui la prend de court. “ Well I lost you, ” l’accusation est méritée, attendue même, mais elle la cueille en plein cœur malgré tout. Le doigt accusateur qu'il point sur elle lui fait esquisser un mouvement de recul. Elle ne l'a jamais vu comme ça. “ I was blamed for your murder, I blamed myself for running away and effectively killing you, I just found out that you had not died but run away and for what? To live in goddamn Black-whatever? And with who? Someone who hurts you? ” Ses yeux s’arrondissent quand elle entend qu’on l’a accusé de meurtre, de son meurtre à elle. Ce coup-là Donna ne l’avait pas vu venir, il faut dire qu’elle a refusé de penser à tout ça, à ce qu'on disait d'elle à Rome, ce qu'on pensait qu'elle était devenue, parce qu'elle imaginait qu'il valait toujours mieux que sa famille croie qu’elle est morte plutôt qu’elle sache ce qu’elle est vraiment devenue. Mais ça, qu’on ait rejeté la faute sur Archie, ça elle ne l’a pas imaginé, ça elle ne le tolère pas, et ça ajoute à tout le poids de sa culpabilité déjà étouffante. Elle aurait dû mieux organiser son départ, elle aurait dû prévoir ça, comme Donna a toujours bien su tout prévoir, penser à toutes les alternatives. Elle n’est plus rien de ce qu’elle était, rien qu’il mérite. Il marque une pause, elle aurait le temps d’interjeter, de lui dire qu’il se trompe que ce n’est pas comme ça, de tout lui dire même, mais elle a le souffle coupé, elle imagine un peu mieux ce qu’il a du vivre, ce qu’il a dû subir sans elle ; les Vivendi l’ont-ils vraiment blâmé lui ? Ont-ils osé ? Alors qu’il est sans conteste la personne qui l’a le plus aimée au monde ? “ And you talk in riddles like I'm a goddamn idiot, I don't understand, Donna, I just don't fucking understand. ” Les jurons d’Archie lui font le même effet que ses suppliques auraient dû avoir sur lui. Ça l’arrête, parce qu’elle sait que c’est loin d’être habituel pour lui, quelque chose qu’il réservait surtout à leur chambre conjugale. Mêlé à ses pleurs ça la rend tout à fait molle, elle s’écroulerait au sol si elle n’était pas déjà assise.

You don't make sense. None of this is making sense at all. I ki- I killed your brother. Because he was about to kill you. Because- I don't know why! And he- he fucking shot me How is that- how is that-- ” Elle cligne des yeux, désespérée maintenant de dire quelque chose, d’arrêter sa colère, ses larmes surtout, s’il veut vraiment des explications elle lui en donnera, elle lui dira tout, lui expliquera tout bien comme elle savait le faire avant, elle fera un effort, sera Donna une dernière fois. Pour lui, juste pour lui, tout pour lui, comme avant. Mais quand il s’arrête ce n’est que pour gémir en regardant son bras bandé et l’inquiétude prend le pas sur le reste alors que Donna pose enfin une main sur l’accoudoir pour s’aider à se lever, se mettre debout, lui faire vraiment face.  “ I don't- I don't-- ” Son cœur se brise un peu plus quand il essuie ses larmes, elle a tellement peur que la vérité rende tout pire encore — elle sait que ça sera le cas. Mais au moins il cessera de pleurer de douleur parce qu’il ne comprend pas, ou parce qu’il la veut encore. Il sera furieux, il la haïra, elle le dégoûtera et puis il partira. Et c’est ça l’essentiel. “ You don't owe me anything. You don't owe me anything. But you're treating me like an idiot. Talking like you're in danger and I can't save you. Well I'd be damned if I don't try. I'd fucking kill him too if it was what it took. ” Il ne la regarde toujours pas, mais Donna elle, ne peut pas le lâcher des yeux, ne peut s'empêcher de fixer les sillons sur ses joues comme si elle pouvait les sécher d’un seul regard, elle ne suit même pas son geste quand il pointe pointe du doigt la porte, devine simplement ; il n’y a qu’une autre personne dans cette maison après tout. Elle aimerait que ce soit si facile de la sauver, elle aimerait que ce soit possible, tout simplement. Mais ça ne l'est pas, on ne peut plus rien faire pour elle, pas même Archie. “ I'd set the whole world on fire. Because I lost everything but you still have me. ” C’est le coup de grâce, Donna a déjà besoin de se rasseoir, de prendre une minute pour que son visage reprenne quelques couleurs, mais elle ne le fait pas. Ses propres larmes se sont figées sur sa joue glacée, mais elle les sent encore, lourdes, si lourdes. Elle a été bien naïve de penser qu’elle pouvait peut-être s’en sortir sans trop lui en dire, le laisser vivre dans l’innocence la plus totale. Bien sûr qu’Archie remuerait ciel et terre pour la trouver, bien sûr qu’il ferait tout ce qu’il a fait pour elle, y compris tuer son frère et rien que pour ça, pour qu’il comprenne, il faut qu’il sache. Elle le perdra pour de bon, puisqu’il est impossible qu’il lui redise être à elle quand il saura tout, mais au moins il sera en sécurité, au moins il sera vivant, au moins le monde de Donna n’aura pas perdu sa plus belle étoile, même si elle sera trop loin pour qu’elle puisse encore la voir et l’admirer au quotidien.  “ I- I owe you everything. ” Elle lui doit tout, le bonheur qu’il lui a donné, l’amour, la passion. Elle lui doit des explications aussi pour sa disparition et pour les accusations dont elle ne l’a malheureusement et malgré elle pas épargné. Elle lui doit aussi… Donna pense savoir que sans Archie ce soir-là, elle n’aurait pas survécu à l’attaque. Même s'il a fuit il a affaibli la bête, Lorenzo. Peut-être que ça aurait été mieux, qu’elle meure plutôt qu’elle survive comme ça. Sûrement, même. Au moins, auraient-ils pu alors se retrouver au Paradis.

Elle fait quelques pas vers lui, presque précautionneux, une main légèrement tendue en avant comme pour pouvoir le toucher sans avoir à trop s’approcher. “ I’m so sorry for everything. ” Ses doigts retombent avant d’avoir effleurer les siens, elle n’ose pas. Elle a peur qu’il la repousse. Il devrait pourtant et elle le sait. “ I owe you everything. I just…I just wanted to protect you. ” avoue-t-elle d’une petite voix. C’est le pire échec de sa vie. “ I’m not- me and Lorenzo it’s not- it’s not like that. It will never be like that. ” Ce n’est pas le plus important, mais c’est ce que son cœur lui hurle de faire entendre à Archie d’abord. C’est une bêtise en réalité parce qu’il ne faut surtout pas qu’il se mette à croire, espérer qu’ils peuvent être ensemble de nouveau. Elle veut juste qu’il sache qu’elle ne sera jamais à personne d’autre. “ Leonardo tried to kill me because, because he thinks I’m a monster ” trouve-t-elle finalement le courage d’avouer, le souffle court, le corps tremblant, elle veut fuire son regard, mais elle se force à le soutenir, elle lui doit au moins ça. Elle lui doit toute la vérité. “ And he’s right. You know that thing that attacked us that night. ” Rien que de penser à cette nuit qui aurait dû être merveilleuse, tellement parfaite comme le reste de leur vie, les larmes se précipitent de nouveau au bord de ses yeux. “ It didn’t kill me, ” admet-elle marquant cependant une pause comme si la suite était trop difficile à formuler. “ but maybe it should have, because instead, since I didn’t die from its bite, I…I became like it. ” Cette fois ses paupières se ferment brièvement et quand elle se retrouve ses prunelles azur restent fixées sur le sol, incapable d’affronter Archie. Barely, a-t-elle répondu quand il a constaté qu'elle était vivante, et elle était sincère. “ I’m a beast. I’m a monster. Werewolf, is it? In English? ” Elle a la bouche et la gorge très sèche, comme si son corps lui-même lui signalait qu’il faut qu’elle arrête de parler. “ That night- I- I lost everything Archie, I lost you, ” quand il a fuit, “ I lost our baby, ” Cette fois les larmes s’échappent vraiment, grosses et rapides à la fois, floutant sa vision et faisant se briser sa voix. Leur enfant, leur miracle, un bonheur qui n’aura duré que quelques heures. Ça fait plus d'un an et il devait s'en douter, mais la culpabilité la heurte de nouveau de plein fouet comme si tout s'était passé la veille. “ I lost myself. ” Inhumaine, imparfaite, reniée par Dieu, monstrueuse, une pure abomination. Comment peut-elle encore prétendre à être Donna ? Elle essuie rapidement ses joues, le geste est vain, les premiers sillons sont vite remplacés par d’autres, son regard reste rivé à leurs pieds. “ Every full moon, I-I don’t e-even kn-know w-who I am anymore. Th-that’s why I make him chain me up. S-so I c-can’t h-hurt anyone. ” Et c’est pour ça qu’elle est partie aussi, pour pas le blesser lui.

I never meant for y-you t-t-o be accused o-of a-anything. ” Ruiner la vie d’Archie est tout le contraire de ce qu’elle a jamais voulu. Elle relève difficilement ses iris vers lui comme pour l’assurer de sa sincérité. “ I- didn’t t-think- I c-could have n-never i-imagined th-they w-would d-do that. ” Elle n’a jamais tant sangloté de sa vie et elle en aurait honte si tout ce qu’elle a à lui dire n’était pas si important. Archie est libre donc elle espère que ça veut dire que la police elle-même ne l’a pas accusé, ou qu’alors les charges ont levées. Elle ne doute pas que psychologiquement au moins ça ne change rien pour lui. Est-ce pour ça qu’il prend des pillules ? “ I th-thought l-leaving w-was f-for the best…I don’t…maybe I should have killed myself that morning when I woke up in the middle of the forest, bloodied and l-lost. Maybe it would have been better, and…my brother he probably should have killed me, ridding this earth of abominations like me…that-that's noble. But I-- ” Elle a peur de la mort Donna aussi, elle a peur que ça soit pire, elle a peur qu’à cause de sa condition ce soient les portes de l’Enfer qui l’accueillent. “ God has forsaken me. ” Lorenzo lui dit que non, mais Donna pense que si. C'est sûr, c'est obligé, et elle ne comprend pas pourquoi, elle qui priait tous les jours et ne manquait jamais une messe. Pourquoi elle ? “ And so should you.” trouve-t-elle tout de même la force de conclure, même si ça doit être inutile, parce qu'il le sait déjà, doit déjà en avoir envie, de lui cracher au visage et de lui tourner le dos, de l'oublier pour toujours, elle le monstre.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Mer 2 Mai - 16:33

Archie a un masque de rage sur le visage, de colère heurtée et douloureuse. Les sillons amers qu'ont laissé les larmes sur ses joues le brûlent, lui font honte — il ne devrait pas pleurer, et encore moins devant Donna. Mais en cet instant, c'est trop. Entre la douleur, le choc et la frustration, il ne sait pas quoi ressentir. Il sait juste qu'il a mal. Il sait juste qu'il y a un poids sur sa poitrine, qui compresses ses poumons et son coeur. C'est douloureux et pesant, il a envie d'avoir des ailes et de voler loin de tout ça. Mais il ne peut pas. “ I- I owe you everything. ” Archie se radoucit en un instant en l'entendant, de la fatigue venant s'immiscer sur ses traits émaciés. Ce n'est pas ce qu'il voulait entendre. Lui, il lui doit tout. La motivation, l'amour, le bonheur. Même si il lui en veut et qu'il est en colère et qu'il a mal, il l'aime et elle est la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée. “ Donna, it's not... ” Il soupire un peu, il ne sait même pas quoi dire, il est tellement fatigué. Physiquement et émotionnellement. Il a envie de dormir pendant un millier d'années mais il a peur que si il ferme les yeux, Donna va disparaître. Pour toujours.
Elle s'est levée et s'approche un peu, de quelques pas timides, sa main tendue vers lui. Archie est tout tendu, il a envie et besoin de son contact autant qu'il en a peur. Il ne bouge pas, il ne s'éloigne pas mais ne fait pas de pas en avant non plus. Il ne sait pas si il va hurler ou s'effondrer si elle le touche. “ I’m so sorry for everything. ” Mais elle ne le fait pas, sa main retombe. Archie ressent un mélange de soulagement et de déception. “ I owe you everything. I just…I just wanted to protect you. ” Archie s'étrangle en l'entendant, d'incompréhension. Ça ne fait aucun sens. Il est sensé la protéger, il est son mari (et pourtant il l'a abandonnée aux griffes de cet animal). “ I’m not- me and Lorenzo it’s not- it’s not like that. It will never be like that. ” Archie a l'impression qu'à chaque fois que Donna ouvre la bouche, la situation devient encore plus confuse pour lui. “ Leonardo tried to kill me because, because he thinks I’m a monster.

C'est Donna qui écrase les araignées quand il y en a dans la cuisine, et sa mère la trouvait un peu froide parfois, et ruthless. Il sait qu'elle a rendu des gens très malheureux avec son travail d'avocate — pas par choix —, et qu'elle peut prendre des décisions pragmatiques difficiles. Mais elle n'est pas un monstre pour autant.  “ And he’s right. You know that thing that attacked us that night. ” Archie pâlit un peu, une impression fantôme venant lui chatouiller le torse là où la bête a enfoncé ses griffes, les souvenirs de la pire nuit de sa vie — qui aurait dû être la meilleure — lui revenant de plein fouet, désagréables. Ils n'ont jamais su ce que cette chose était. Un loup, d'après les griffures sur le torse d'Archie. Mais un énorme loup — il se souvient de son poids sur lui, de ses canines brillant au clair de lune. Il se souvient... “ It didn’t kill me, but maybe it should have, because instead, since I didn’t die from its bite, I…I became like it.

Donna ferme les yeux et Archie fronce les sourcils. Elle a l'air pâle et fatiguée, elle doit être en train de délirer. “ I’m a beast. I’m a monster. Werewolf, is it? In English? ” Archie pourrait se mettre à rire. Quelque chose au fond de son crâne lui dit que c'est ridicule et absurde. Surtout que Donna est sérieuse, il voit qu'elle est sérieuse, et de toutes façons elle n'est pas du genre à faire ce genre de blagues, loin de là (il aime tellement son humour pince-sans-rire). Il ne comprend pas à quoi elle joue. “ That night- I- I lost everything Archie, I lost you, I lost our baby, I lost myself. ” Donna pleure. Pleure. Des grosses larmes qui coulent sur ses joues et qui paralysent Archie, il ne sait pas quoi faire. Donna ne pleure pas. OU alors, très rarement. Et jamais aussi ouvertement, même devant lui.
Elle a perdu leur enfant. Il pensait qu'elle était morte, ou alors qu'elle avait disparu — il pensait aussi savoir que c'était le cas, que l'embryon grandissant en elle avait disparu. Cette chose pour laquelle ils s'étaient tant battus, ce bébé qu'ils auraient tant aimé... By the grace of God, this is a miracle Donna... Il se souvient être tombé à genoux devant elle, avoir posé son front contre son ventre, avoir pleuré, tellement pleuré, de joie et de soulagement. Pendant des années, ils ont essayé, encore et encore, en vain. Ils ont vu des spécialistes, réticents à l'idée de ne pas le faire de manière naturelle. Et finalement...
La gorge d'Archie se noue. Il savait au fond de lui qu'elle avait perdu leur enfant. Mais se l'entendre dire est pire.

Il se déteste de penser à tout ça, se focaliser sur ça, alors que Donna est en larmes devant lui,  lui dit qu'elle aussi s'est perdue elle-même. Elle est si proche de lui, il pourrait la prendre dans ses bras mais il n'ose pas, la regarde essuyer ses propres joues. Il est pendu à ses lèvres, son esprit tourne à cent à l'heure, essaie de donner du sense à ses mots. “ Every full moon, I-I don’t e-even kn-know w-who I am anymore. Th-that’s why I make him chain me up. S-so I c-can’t h-hurt anyone. ” Elle continue cette histoire absurde, cette impossibilité. Archie pense qu'elle se fiche de lui, ou alors qu'elle a construit un conte pour justifier son départ. Mais ce n'est pas le genre de Donna. Mais quel est le genre de Donna au final? La connaît-il, maintenant, après douze mois, tellement de douleur, tellement de mensonges? “ I never meant for y-you t-t-o be accused o-of a-anything. ” Elle relève les yeux au moment où Archie détourne les siens, embarrassé et toujours tellement furieux du malstrom administratif dans lequel il a été embarqué à cause des Vivendi, leur témoignage qui a fini au tribunal. Alors qu'il aurait pu se focaliser pour trouver Donna à la place. “ I- didn’t t-think- I c-could have n-never i-imagined th-they w-would d-do that. ” Il ne répond pas, arrachant difficilement ses yeux du mur pour la regarder, les traits tirés, sourcils légèrement forncés. “ I th-thought l-leaving w-was f-for the best…I don’t…maybe I should have killed myself that morning when I woke up in the middle of the forest, bloodied and l-lost. ” Quelque chose change sur le visage d'Archie, du choc, de la peur aussi. Cette pensée le terrifie plus que tout au monde. C'est l'antithèse de Donna. “ Maybe it would have been better, and…my brother he probably should have killed me, ridding this earth of abominations like me…that-that's noble. But I-- God has forsaken me. ” Archie secoue déjà la tête. Ils croient au même Dieu, pas de la même façon certes, mais ils y croient et Archie sait que Donna aime Dieu, l'a célébré toute sa vie. Il lui semble impossible qu'elle pense qu'Il ait pu lui tourner le dos. “ And so should you.

You really believe that. ” Il a du choc et de la peur et de l'inquiétude dans sa voix. Il tend finalement la main — tremblante — et attrape le poignet de Donna. Le geste est maladroit, difficile aussi, mais elle ne le repousse pas. “ All-all of this. This is not- Donna, this is not real, I don't know, I don't know what that man told you but-- ” Il s'arrête, lèvres entr'ouvertes et tremblantes, la regardant dans les yeux et y lisant une froide détermination, une sincérité absurde.
Loup-garou. C'est... Archie ne sait même pas comment définir ça. Il repense aux chaînes d'argent. À la présence d'un loup, en plein été, dans la campagne italienne — et quel loup! Si grand et énorme et terrifiant. Tout ce sang. La raison pour laquelle elle s'est éloignée. Et la nuit précédente...? Il se souvient de Leonardo regardant la pleine lune d'un oeil sombre. At least we got some light lui avait dit Archie, il n'avait pas répondu.
La pleine lune. Loup-garou. L'argent. Le regard écorché de Donna en cet instant précis. Il se demande si elle a-

Il ne veut pas y penser. “ I made a promise, Donna, ” dit-il, presque avec douceur. Il n'ose pas tirer sur son poignet, mais il aimerait bien. Pour l'attirer à lui, la prendre dans ses bras. “ To you, in front of God. To love you and cherish you and take care of you. How could I ever forsake you? ” Il renifle un peu, malgré lui, les larmes lui brûlent encore les cils. “ You're not- you're not a monster Donna. You're not. Just- please-- ” Archie n'aime pas supplier non plus. Ses doigts se serrent un peu plus autour de ceux de Donna. Loup-garou. L'argent. La pleine lune. Il ne comprend pas ce qui se passe. Il ne comprend pas les mensonges que lui a offert l'homme, l'autre homme — Lorenzo. Il ne comprend pas pourquoi elle est partie et comment elle a survécu. Il ne comprend rien mais il sait une chose: il aime sa femme. “ Please just come home. ” Ses doigts se crispent autour des siens, l'invitent gentiment à se rapprocher de lui, avaler la distance entre eux. “ Come home to me.
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MessageSujet: Re: echoes of silence (donald)   Mer 2 Mai - 18:58

You really believe that. ” Choc et peur et inquiétude s’entrelacent dans la voix d’Archie, le choc se retrouvant aussi sur les traits de Donna avant qu’elle ne le ravale difficilement en même temps que ses larmes. Il ne la croit pas. Il pense…qu’elle ment ? Qu’elle délire ? Donna aimerait, elle aimerait vraiment que ça ne soit qu’une histoire de croyance, qu’une histoire de naïveté, elle aimerait se réveiller un jour et découvrir que tout n’a été qu’un cauchemar, ou même un épisode psychiatrique, elle aimerait tout plutôt que la vérité qu’Archie ne peut apparemment même pas concevoir malgré toute la sincérité de Donna. Elle s’apprête à le lui dire, franchir le dernier pas avant qu’il ne lui déverse sa haine et son dégoût ; elle se demande s’il la regardera comme Leo. S’il voudra la tuer. Mais Archie tend la main vers elle, avec le courage qu’il lui a manqué à elle et attrape son poignet, la réduisant complètement au silence. “ All-all of this. This is not- Donna, this is not real, I don't know, I don't know what that man told you but- ” Elle ferme les yeux un instant, comme pour en masquer la douleur qui les hante, les rouvre et les plonge dans les siens. Bien sûr qu’il ne la croit pas malgré le fait que ça ne ressemble à rien de la Donna qu’il a connu de raconter des fables pareilles. Il ne la croit pas parce qu’elle-même elle a eu tellement de mal à y croire, même avec les preuves, même avec le sang. Elle n’y a vraiment cru, n’a totalement réalisé que lors de sa première transformation, un mois environ après la nuit maudite. Archie et elles sont pieux ils croient au miracle et aux anges et aux démons, mais ils ne croient pas à la sorcellerie et aux monstres et aux fantômes. Pourtant c’est vrai. Il y a des gens avec des pouvoirs et des esprits et des loups et des chasseurs. Et elle ne sait pas comment l’en convaincre. “ I made a promise, Donna, ” il s’adoucit, Donna aimerait que ce soient ses doigts qu’il serre plutôt que son poignet, pour qu’elle puisse lui rendre l’étreinte, pour lui dire qu’elle aussi elle a fait une promesse qu’elle n’oubliera jamais, pour lui dire aussi d’arrêter, de ne pas en parler, parce que c’est douloureux pour elle aussi de penser à leur bonheur tout en sachant qu’elle ne le retrouvera jamais.

To you, in front of God. To love you and cherish you and take care of you. How could I ever forsake you? ” Il renifle un peu et Donna aussi, comme en réponse parce qu’il pose la question comme si c’était une impossibilité alors qu’elle, elle sait très bien que non. Qu’il peut très bien lui tourner le dos, comme Dieu lui-même l’a fait. Qu’il doit. Qu’il devra. Personne ne peut aimer un monstre comme elle, et personne ne devrait. “ You're not- you're not a monster Donna. You're not. Just- please-- ” Ses sourcils se froncent comme pour empêcher les larmes de couler de nouveau alors qu’Archie supplie, chose qu’il aime faire presque aussi peu qu’elle. Les doigts de son mari se resserrent sur elle, elle voudrait qu’il l’attire à lui, l’enlace, au moins une dernière fois, juste une dernière fois, qu’elle puisse se perdre dans son odeur. “ Please just come home. ” Elle aimerait tant pouvoir. Mais elle ne peut pas, elle a été déclarée morte, il faudrait tout expliquer, elle ne peut pas expliquer. Dans un geste subtil, il l’invite à s’approcher et Donna sait qu’elle doit résister, même alors qu’elle se laisse doucement faire, la distance entre eux pas totalement rompue, mais bien moindre. Elle se sent molle et fatiguée et misérable. “ Come home to me. ” Elle est partie pour une raison surtout : ne pas mettre en danger ceux qu’elle aime, Archie en premier lieu. Elle ne peut pas revenir à lui, quand bien même son cœur crève à l’idée de s’en séparer. Elle doit écouter la raison, elle doit le repousser, elle doit…Elle avale les quelques centimètres qui les séparent et enfouit son visage dans son épaule — du moins essaye, sans talons elle lui arrive juste au milieu du torse. Elle respire une longue bouffée de son odeur indescriptible et parfaite qui lui retourne le cœur et l’estomac et lui donne envie de rester là pendant des heures, mais dès que c’est fait elle s’écarte un peu brusquement quoique sans trop s’éloigner, deux mains posées sur les bras d’Archie.

But I am. ” Qu’il le veuille ou non, qu’elle le veuille ou non, elle est un monstre désormais, un vrai monstre comme elle ne savait même pas qu’il en existait réellement dans le monde jusqu’à cette nuit-là, celle où elle a tout perdu. “ I wish…oh Archie, I wish I was just- just crazy, I wish this was all a lie, an illusion, I wish I was just brainwashed or something, but it’s-it’s not, I'm not, I’ve seen the beast and I-I know how it feels to transform with every bone in my body breaking, every month. I am a monster. It’s all real and I-I can’t come home. ” Elle pince des lèvres pour ravaler les sanglots qui se bousculent dans sa gorge. Elle n’aimerait rien de plus que de pouvoir se réfugier de nouveau dans ses bras, qu’il la rassure, s’occupe d’elle, son Archie, son bel et grand et fort Archie, qu’il la protège des monstres. Mais il ne peut pas, parce qu’il faudrait qu’il la protège d’elle-même. Donna détourne le regard, craintive ; elle ne sait pas ce qu’elle lirait sur son visage après tout ce qu'elle vient de lui avouer. Elle espère qu’il la croit enfin, mais elle sait ce que ça veut dire si c’est le cas : il va la repousser, la regarder différemment, la haïr. “ You can forsake me…you have to…please Archie, you don’t understand…I’m not…I’m not the person you made the promise to, I’m not even human anymore,” Malgré elle quelques larmes lui échappent, irrépressibles, “ if God has turned His back on me, s-so should you Archie. I…I can’t forget my vows, I mean them still. ” Tout ce qu’elle a promis, de l’aimer jusqu’à la fin de ses jours de le faire sourire et de s’occuper de lui dans la santé comme dans la maladie, de le soutenir dans tout ce qu’il fera, de le protéger aussi, si ridicule que ça ait pu paraître à l’époque, petite et frêle pour tous ses kilos de muscles. Elle le lâche elle-même d’une main comme pour se préparer psychologiquement à son rejet, attrape ses bagues à son cou pour les lui montrer, les embrasser comme pour lui faire comprendre qu’elle est sincère, même si le fait qu’elle l’aime encore et l’aimera toujours ne change rien à la situation, au fait qu’il n’y a plus de home pour eux deux. “ I’m too scared to hurt you when I’m not me.” Ça devrait être impossible bien sûr, c’était absolument impensable pour l’humaine. Mais ça ne l’est plus, Donna le sait. Elle sait que quand elle se transforme, elle n’a conscience de rien, ne se souvient même de rien une fois que la louve a repris ses droits sur son corps. Elle pourrait commettre des ignominies. Elle pourrait lui faire mal à lui. Elle ne se fait pas confiance pour être avec Archie quand bien même malgré tout ça il pourrait encore vouloir d’elle, ce dont elle doute, de toute façon. “ I would never forgive myself if I did.
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echoes of silence (donald)

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