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on vous invite à privilégier les fantômes, les médiums et les immunisés psychiques
nous sommes présentement en août 2017. c'est pluvieux et humide, prévoyez vos cirés.

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 Nemia - Un lointain souvenir

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MessageSujet: Nemia - Un lointain souvenir    Ven 13 Avr - 12:54

Un rêve à demi éveillé

Hestia
&
Némo
Un  café. Un ordi. Mes mains qui tapent de plus en plus vite le clavier. J'ai de l'inspiration ce soir. Loïs sourit tristement, ferme sa valise et regarde Jean. Il ne dit rien, il continue de faire semblant. Vous voulez un petite douceur ? On a des moelleux au chocolat, une tarte citron meringué. Et voilà j'ai perdu ce que je voulais dire. Je me tourne vers la serveuse, très aimable certes. Elle n'arrive pas à avoir d'enfant et a peur que son mari ne la quitte. Elle sait qu'il l'a trompe depuis quelques mois mais elle pense que si elle arrive à avoir un enfant, il restera près d'elle. Elle lui cache chaque fois qu'elle pleure. J'entend toute sa tristesse, tout son malheur. Et c'est épuisant. A chaque fois je que la regarde, que je me concentre un peu je ressens tout. Tout ce qui l'a rend malheureuse. Vous aurez un éclair au café? Oui? Bah je vous en prend un alors. Elle a rougit. Je l'ai surement regarder trop droit dans les yeux. Et elle ferme ses pensées, comme pour se protéger, comme si elle savait que je venais de lire une nouvelle fois sa tristesse. Et j'aimerais m'excuser.
Loïs.... je n'ai plus rien à dire. Cette histoire est idiote. Encore une connerie romantique qui se vend bien. Je soupire, me dit que je devrais peut-être rentrer et me saouler chez moi, séparer mon corps et mon âme pour me sentir moins lourd. Elle apporte l'éclair sans un mot et repars en cuisine. Pleurer.
Et je revois la nouvelle facture sur ma table de chevet. Grande inspiration et doigts qui s'agitent tout seul. Pour dire des idioties. Loïs est à l'aéroport mais Jean s'est rendu compte de son erreur. Il doit la retrouver, la récupérer et blablabla. C'est basique et vue mille fois. Mais si on change les acteurs on aura l'impression d’innover. Je termine mon café. M'en ressert un autre. Je change de page. J'ai envie de continuer d'écrire mon scénario, que je vendrais à personne pour n'importe quel or.  
Jimmy continue de marcher. Il attrape sa boussole et feint de savoir. Il tend le bras vers ce qu'il appelle le nord et avance d'un pas confiant vers la forêt.

La sonnette de la porte du café tinte. Bruit de porte qui se claque. Elle me regarde. Ses cheveux roux tombant sur ses épaules. Et elle fronce légèrement les sourcils. Je suis seul dans le café. Pas beaucoup de gens qui y sont à deux heures du matin. A part moi. Et maintenant elle. Je me rend compte que mon cœur tambourine contre ma poitrine. Elle avance vers moi et je ne sais plus vraiment où regarder. Je sais pas comment expliquer ce qu'elle me fait. Mais à chaque fois que nos regards se croisent -toujours par hasard- j'ai l'impression de perdre pied. Et elle s'assoit face à moi sans un mot. Juste scruter mon visage, plongeant ses yeux dans les miens. C'est pas possible que ça puisse être elle. Et pourtant j'aimerais tellement qu'elle le soit.
Et sa voix. Echo dans ma tête. Me revoilà enfant, assis sur un banc aux côté de la petite fille aux cheveux de feu. Nos mains. Nos sourires. Et notre innocence, restée là bas, dans ce rêve à demi éveillé.

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MessageSujet: Re: Nemia - Un lointain souvenir    Ven 13 Avr - 16:58

Un rêve à demi éveillé

Hestia
&
Némo
Un nouvel entraînement jusque tard dans la soirée, Hestia avait de la chance d’avoir Noa et Aser pour s’entraîner de temps en temps. Elle ne s’entrainait que rarement seule et depuis la mort de Simon, elle passait la plupart de ses soirées dans les locaux de l'organisation. Elle revoyait chaque nuit le regard de la créature qui lui avait l’enlevé son fiancé. Ils avaient fini de s’entrainer aux alentours d’une heure du matin et la rousse avait profité de rester seule pour prendre sa douche, pour réfléchir à sa vie, aux dernières semaines difficiles. Et Rain qui semblait souffrir et s’enfoncer chaque fois un peu plus malgré l’aide vaine d’Hestia. Elle essayait mais elle était elle-même tellement mal que c’était plutôt une descente aux enfers. Et la rousse n’avait pas trouvé d’autre solution que de plonger corps et âme dans ses entraînements. Noa avait voulu arrêter l’entrainement un peu plus tôt ; il connaissait les limites physiques de la jeune rousse, ils s’entraînaient ensemble depuis assez longtemps. Il l’avait vue à ses débuts, il l’avait vue plus motivée que jamais. Elle l’avait poussé à bout et s’était épuisée physiquement dans le but de rendre fiers ses parents. Et elle recommençait depuis plusieurs semaines, plus exactement pour les mêmes raisons. Il y avait Simon mais il y avait aussi cet homme qu’elle croise beaucoup ces derniers temps. Un nouveau venu à Blackwater Falls ? Peut-être bien. Mais il y avait quelque chose dans son regard, comme si elle le connaissait. Chaque fois qu’elle avait croisé son regard, elle ressentait un pincement au cœur, une sensation de déjà vu. Et elle s’était trop torturée, ce sentiment devait être illusoire, parce qu’elle n’avait jamais encore vu un tel regard.

Elle replace son sac à dos sur ses épaules, un vieux sac à dos qu’elle traîne depuis plusieurs années - ça devait être encore un cadeau de ses parents -, il était usé mais seulement pour les entraînements, elle s’en fichait. Hestia devrait normalement rentrer directement, mais elle trainait dans les rues calmes de la ville. Les rues étaient presque désertes, les plus courageux fêtaient, les plus tristes buvaient. Hestia, elle, flânait. Elle trainait dans les rues en observant les vitrines, regardant les derniers cafés ouverts. Impossible. Elle s’arrête devant le café et fixe la seule personne présente, hors serveuse. Il est encore là. Il est assis à une table devant un ordinateur. Il ne la regarde pas, elle ne devrait pas le fixer comme ça. Elle devrait partir et rentrer dans son appartement, rester tranquille et oublier que ce type est partout, jusqu’apparemment dans des souvenirs trop flous. Hestia hésite, reste plantée devant la vitrine et secoue la tête. Elle veut tourner les talons mais c’est rapidement vers la porte qu’elle se dirige, elle rentre et répond à demi-mot au « bonsoir » de la serveuse qui la toise. Elle regarde l’homme comme s’il allait disparaître sous ses yeux, comme si elle allait s’éveiller seule dans son lit. La rousse passe une main dans ses cheveux avant de poser sa main sur la table, trop près de son ordinateur, trop près de ses mains. Elle s’assied face à lui, sans lui demander, sans arrêter de le fixer. Comme une illusion de son imagination. « Est-ce qu’on se connaît ? » La rousse ne met pas de formes, pas de politesse, juste le désir terrible de connaître le fin mot de l’histoire. Il est tard, elle n’a pas envie de s’esquinter et de tourner autour du pot. Elle croise encore une fois son regard et un nouveau pincement au cœur, cette nouvelle sensation, une chaleur dans son corps qu’elle ne comprend pas. « Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas pourquoi j’ai l’impression de vous connaître, je ne sais pas. » Elle parle sans vraiment attendre de réponse, elle parle parce qu’elle en a besoin, elle parle pour rendre le moment plus réel. « Alors qui êtes-vous ? » Elle quitte à peine le regard du jeune homme pour se tourner vers la jeune serveuse. Elle lui adresse un sourire, n’a même pas jeté un œil sur la carte. « Je vous prendrai un thé aux fruits rouges, s’il vous plaît. » La jeune femme s’en va et Hestia reprend son analyse, les traits du visage lui semblent familiers, un regard qu’elle n’aurait pas pu oublier. Le même qu’il y a quelques années mais c’est impossible : il n’existait pas.


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MessageSujet: Re: Nemia - Un lointain souvenir    Sam 14 Avr - 5:33

Un rêve à demi éveillé

Hestia
&
Némo
Elle pleurait. La première fois que j'ai posé les yeux sur elle. Elle avait le visage baigné par les larmes, ses mains déchiraient un petit mouchoir blanc. Ses pieds ne touchaient pas le sol, ils se balançaient lentement dans le vide. Assise sur un banc au milieu d'un parc désert. Il n'y avait rien. Aucun bruit. Juste ses petits sanglots. Et j'étais enfant. Un enfant de son âge. Rien dans mon rêve ne me disait que j'étais le Némo d'aujourd'hui. J'étais l'innocence même. La naïveté. Et on étaient seuls au monde. Je ne me posais aucune question. J'étais dans ce parc, debout à quelques mètres de la petite fille qui pleure. Et ma tête n'étais pas remplie d'idée noires, d'histoires sordides, de démons, fantômes, créatures. J'étais qu'un enfant et elle aussi. Et je m'étais approché d'elle, assis à mon tour sur le banc. Elle me regardait avec ses grands yeux verts. Jme rappelle avoir sentit le rouge monter à mes joues. Sortis de nulle part, je lui tend un tissus neuf pour qu'elle essuie ses yeux. Elle me regardait. Je lui ai dit qu'il ne fallait pas être triste. Que c'était pour les grandes personnes, la tristesse. Et un petit sourire était apparu sur son visage. Elle me montra alors son poignet marqué par une cicatrice. Elle avait peur que ça recommence. Qu'il l'attaque encore. Qu'il fasse lui fasse du mal, à elle, surtout à sa famille. Elle avait peur qu'il revienne. De quoi tu parles? Une créature. Terrible avec des grandes dents. Les yeux tout blanc et plein de rouge sur sa peau grise. Rouge comme le sang. Ça doit faire peur. Oui. Et je lui avait donné ma main. Je lui avait donné pour qu'elle me la serre très fort. Ses sanglots plus calme et ses grand yeux toujours plongés dans les miens. Et toi tu as peur? Oui, souvent. Mais des monstres qu'on voit pas. Les monstres dans le noir. Je veux pas qu'il t'attaque. Il m'attaquera pas. On se protège maintenant, okay? On est deux et lui il est tout seul. Alors on est plus fort je crois. Je peux te demander ton nom? ? Némo. Moi Hestia.
Et on étaient deux enfants, assis sur un banc, les mains entrelacés. Tout autour de nous étaient effrayant, mais elle souriait et moi aussi. Car on étaient deux à présent. Les deux enfants solitaires au réveil. Les deux enfants apeuré au réveil. Les deux enfants à qui on cache des choses au réveil.
Et à mon réveil, j'étais redevenu grand. Un adulte. Un mort vivant aussi. Et ce rêve étrange c'était transformé en souvenir. Comme si depuis toujours elle avait fait partie de mon enfance. Mon amie d'enfance. Ces rêves je me les rappelle avant tant de détails, de précisions que je commençais à penser qu'ils étaient réel.Et peut-être qu'ils l'étaient.

« Est-ce qu’on se connaît ? » Je balbutie un peu. Sortant de mes rêveries. Mes sourcils se froncent légèrement. C'est pas possible que ça soit elle. C'est impossible. Je ne pourrais pas y croire. Alors comment je pourrais expliquer la sensation que j'éprouve à chaque fois que je la croise, à chaque fois que son regard se pose sur moi. Elle est la seule depuis ma nouvelle existence qui me fait rappeler que je ne suis pas invisible. La seule qui paraît me voir, réellement. Euh...je crois que je t'ai déjà vu à une soirée...on a du se croiser peut-être. J'esquive. Je bois une gorgée en regardant ailleurs, toujours aussi mal à l'aise lors d'une interaction sociale. « Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas pourquoi j’ai l’impression de vous connaître, je ne sais pas. Alors qui êtes-vous ? » Et ses mots retiennent mon attention. A mon tour je la fixe, essayant de me rappeler à quoi ressemblait cette petite fille. On a du changer depuis cette enfance rêvé. Je ne suis plus le petit blond au teint livide. Quoi-que je garde ma cicatrice à la lèvre. Et Hestia devrait avoir la sienne au poignet. Si elle n'a pas disparu. Mais je n'y arrive pas. Les images sont flouté dans mon esprit. C'est impossible.  « C'est étrange...j'ai la même sensation que vous. On doit sûrement avoir des visages communs » Je me rend compte que c'est maladroit. « Non...c'est pas ce que je voulais dire...vous n'êtes pas...enfin, votre visage n'est pas commun mais...Je veux pas dire qu'il est bizarre non plus mais... » Et je rougis bêtement. Je me confond et tout dans ma tête se transforme en brouhaha de pensées, de mots que je n'arrive pas à sortir. Je secoue un peu la tête « Je suis désolé, je suis un peu fatigué... Je crois vous avoir déjà vu dans un bar. C'est sûrement ça. » Elle fronce les sourcils, un peu méfiante je crois. Et ça me fait sourire gentiment. Elle commande un thé au fruits rouges. Je demande un thé vert et on se retrouve seul dans la pièce alors que la serveuse nous quitte. « Je ne sais pas comment expliquer ça... Mais vous ressemblez à quelqu'un je connaissais..il y a longtemps...Je peux vous demander votre nom ? » Je demande timidement. Parce que je me dis qu'il faut que je sache. Que cette situation est trop particulière et que si ce n'est pas elle, une partie de moi s'effondrerait. Car si c'est elle je l'aurais enfin retrouvé.

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MessageSujet: Re: Nemia - Un lointain souvenir    Dim 15 Avr - 16:22

Un rêve à demi éveillé

Hestia
&
Némo
« C'est étrange...j'ai la même sensation que vous. On doit sûrement avoir des visages communs. » Hestia ne peut empêcher un rire de passe la barrière de ses lèvres malgré la situation peu commune. Deux inconnus dans un café à deux heures passées du matin, à essayer de comprendre ce qui pouvait les lier. Il se reprend directement avant qu’elle n’ait pu dire un mot. Il est mal à l’aise et ses joues s’empouprent alors qu’Hestia se sent rougir. « Je suis désolé, je suis un peu fatigué... Je crois vous avoir déjà vu dans un bar. C'est sûrement ça. » Ses sourcils se froncent et son expression se fait un peu plus dure, elle est intimement persuadée que ce n’est pas la vérité. Peut-être que ce garçon en veut à l’organisation ? Peut-être est-il un chasseur à qui l’organisation ferait de l’ombre ? Peut-être est-ce pour cela qu’elle le croise si souvent, dans ces endroits qu’elle fréquente elle-même. Mais encore une fois, la rousse est persuadée que c’est un mensonge. Une fausse idée qu’elle se fait parce qu’elle devient paranoïaque. Parfois intimement persuadée qu’on lui veut du mal, que l’attaque qui a pris Simon lui était destinée. « C’est faux.» Trois mots qui font l’effet d’une bombe. Son ton est plus sérieux mais elle essaye de se calmer, de contrôler ses peurs : le regard du jeune homme n’a rien méchant, il ne fait que s’accélérer le cœur de la jeune femme. «Quelqu’un d’ordinaire ne marque pas les esprits comme ça. » Sauf dans tes bêtes films d’amour. Et elle sait que ces histoires ne sont pas réelles, que l’amour ne reste jamais. La vie finit toujours par te l’enlever. Et en l’occurence, il n’y a d’amour, juste un désir fou de comprendre. Sa bouche bouge encore, il lui explique qu’elle ressemble à quelqu’un qu’il connaissait auparavant. « Je peux vous demander votre nom ? » Son nom ? À elle. Et elle lui donne, alors qu’elle ne devrait pas. On ne parle pas aux inconnus. Pas son prénom.  Moi. « Hestia. »

« Je n’ai plus peur maintenant. » Elle balance ses pieds dans le vide et joue avec ses cheveux roux. Il est avec elle, il est toujours assis en face d’elle. Et tous les soirs, toutes les nuits, il est là. Comme s’il l’attendait. Et toutes les nuits, elle espérait qu’il serait encore là, qu’il n’aurait pas disparu. Qu’elle ne serait pas toute seule, parce qu’elle était toujours toute seule. Il y avait Rain, sa meilleure amie, sa sœur mais elle ne pouvait pas être là tout le temps. « Je n’ai plus peur et c’est grâce à toi, Nemo. » Il la regarde et il sourit, le sourire qui monte jusqu’aux oreilles, qui étire sa cicatrice, il a même l’air d’être fier de lui. « C’est normal. » Hestia rigole et secoue la tête, elle lève les yeux au ciel. Et elle repense subitement à ses parents, parce qu’ils ne sont pas là et que c’est son anniversaire aujourd’hui. Némo ne le sait pas, elle ne lui a jamais vraiment dit : personne ne s’intéresse jamais à ça. C’est une date comme une autre. « Tu seras toujours avec moi, hein ? » Elle le regarde dans ses yeux bruns, comme pour chercher la vérité. « Evidemment ! » Ils se le promettent et ils savent que c’est faux. Parce qu’Hestia, en grandissant, l’oubliera.

Hestia observe l’homme en face d’elle, il a l’air fatigué. Comme exténué par une vie trop difficile et la rousse se reconnaît clairement dans ce qu’elle voit. Elle baisse la tête quand la serveuse leur rapporte leurs thés, il a commandé un thé vert. Elle attrape la tasse entre ses mains, son pull se retrousse un peu plus bas sur ses bras quand elle lève sa tasse et boit une gorgée. « Vous connaissez mon nom et je ne connais pas le vôtre, je suis perdante dans cet échange. » Elle repose la tasse sur la table, sa main gauche toujours contre l’anse de la tasse, elle joue avec comme pour diminuer son stress. Elle tire son pull pour le faire retomber sur sa main droite, et caresse sa cicatrice au dessus de son pull. Elle observe le jeune homme, attendant une réponse et c’est un détail minime qui attire une nouvelle fois son attention : une cicatrice, à la lèvre. Et là, encore, son esprit la renvoie à de vieux souvenirs : rêves ou réalité ? Il y avait cet ami, cet ami imaginaire. Qui l’avait accompagnée dans les moments les plus difficiles, un enfant créé par son imagination. Il n’existait pas, alors il ne pouvait pas être là en face d’elle. Était-elle encore entrain de rêver ? « Il y a des coïncidences étonnantes, parfois. » Elle parle comme si elle essayait de se persuader. Parce qu’elle ne veut pas encore s’arracher et être toute seule. Parce qu’elle a rarement été aussi seule qu’aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: Nemia - Un lointain souvenir    Lun 16 Avr - 6:28

Un rêve à demi éveillé

Hestia
&
Némo
Hestia. Et mon cœur qui tambourine à ma poitrine se ralentit. Et tout devient écho, flou. Tout devient un rêve. C'est elle. Je l'ai enfin retrouvé. Je l'ai en face de moi, presque dix ans plus tard. Et elle est magnifique. Ses cheveux flamboyant, son léger sourire mesquin. Et la douceur dans son visage...je ne sais plus où poser les yeux. Hestia. Et tout est contraire. Tout me fait mal. Et Hestia est la pire et meilleure chose qui me soit arrivé. Car je n'ai jamais connu ce sentiment. L'amour, si on peut parler de ça, n'est qu'une entité très abstraite qu'on lit dans les livres, ou voit dans les films. L'amour je le connais pas. Que ce soit pour ma famille ou tout le reste. Seule Lana, ma grande cousine m'a fait rapidement comprendre ce qu'était l'affection humaine. Mais rien. Rien à part la jeune fille en face de moi qui me fait perdre pied. Et d'un regard extérieur on dirait plus de la stupidité que de l'amour. J'ai l'air idiot. Et me voilà presque en train de paniquer. Je devrais dire quoi, faire quoi ? Oh putain...mais c'est elle. C'est elle en face de moi. Celle que j'ai perdu il y a plus de dix ans de cela. La notion du temps, du manque, n'est apparu chez moi que quand elle est partit. La sensation d'être le Peter Pan oublié de sa Wendy.

Elle court devant moi et j'essaie de la rattraper. Elle éclate de rire et me crit d'aller plus vite. Et moi je ne ris pas, je souffle, j'inspire et je cours derrière elle sentant ma poitrine s'enflammer. Elle a disparu. J’entends un rire chantant et lève la tête pour voir la rouquine assise sur une branche d'arbre à quelques mètres de moi. Putain mais descend qu'est-ce que tu fous là haut ? Rejoins moi si t'es cap. Et elle est heureuse, elle rit, elle sourit. Et moi non. Je grimpe péniblement à l'arbre pour m’asseoir à côté d'elle. C'était mon anniversaire aujourd'hui. Je sais. Tu ne me le souhaite pas? Bof un anniversaire c'est pas très important. C'est une date comme une autre pour se sentir megalo. Et ça lui fait froncer des sourcils. Je me rend compte que je ne suis pas très gentil. Mais j'ai pas envie de m'excuser. Voir Hestia heureuse devrait me rendre heureux. Mais aujourd'hui ça m'agace. J'ai l'impression de la perdre. De moins en moins les rêves durent longtemps. De moins en moins on arrive à parler. A se comprendre. Une barrière imaginaire s'est installé entre nous. Dans ce rêve tout aussi imaginaire. Mes parents m'ont enfin tout expliqué. Elle dit très fière d'elle. Et moi je ne comprend pas de quoi elle parle. Mais elle parle. Elle m'explique. Et elle me dit que les créatures sont dangereuses. Qu'il faut les arrêter les enfermer. Que le surnaturel existe. Et j'ai un élan de peur. Une voix dans ma tête qui me dit que je suis en danger. Et elle continue de m'expliquer alors que je me referme de plus en plus. Et qu'elle va sûrement aider ses parents. Qu'à son tour elle va chasser. Et moi j'ai peur. Je n'ose plus la regarder. Car je sais au fond de moi ce que je suis. Je sais que ne suis pas humain. On n'a que dix huit ans tout deux. Et la limite entre le réel de mon réveil et le sien est de plus en plus infime. Et je comprend petit à petit que je suis un démon. Que je ne suis pas bon pour elle. Je me rappelle avoir embrassé son front et lui avoir dit au revoir. Elle m'avait demandé si je partais. Et j'avais dit oui. Je m'étais levé et m'étais laissé tombé de l'arbre pour me réveiller et ne plus jamais la revoir. La revoir jusqu'à aujourd'hui. Et je sais qu'elle n'a aucun souvenir de tout ça.

« Vous connaissez mon nom et je ne connais pas le vôtre, je suis perdante dans cet échange. » Elle boit son thé. Alors je me dit que je dois faire pareil. Mon nom. Et s'il lui évoquait quelque chose ? Et si en fait, elle se rappelait de moi. Et si on allait redevenir ce qu'on était autrefois. J'hésite un peu. Et un faible espoir me dit qu'elle se rappellera de moi. Némo. Je m'appelle Némo.  Elle caresse son avant bras. Et je sais déjà ce qui s'y cache. La cicatrice de la créature qui l'a attaqué quand elle était petite. La première fois que je l'ai rencontré. Mais lui dire, tout lui rappeler serait une terrible erreurs et j'en suis intimement persuadé. « Il y a des coïncidences étonnantes, parfois. » J’acquiesce. « C'est vrai. Je m'attendais pas à vous voir ici, dans ce café à deux heures du matin. Le destin est un joyeux farceur » J'hausse des épaules et passe mon pousse sur ma cicatrice. Je vois son regard, légèrement interrogatif. « Je l'ai depuis toujours. Je me rappelle pas vraiment comment je me suis fait ça. Je crois avoir jouer avec des ciseaux lorsque j'étais enfant... C'est idiot. » Et je me demande pourquoi je parle de ça. Mais ça vient tout seul. Pourquoi vous vous êtes arrêté dans ce café? Pourquoi vous vous êtes arrêtés sur moi? C'est juste que...dans cette ville j'ai la réel impression d'être invisible...   Je la regarde droit dans les yeux. Dis moi. Dis moi que tu te souviens de moi. Que tu ne me lâchera plus. Une terrible envie qu'elle reste auprès de moi. Qu'elle ne se lève pas pour quitter le café, me quitter une nouvelle fois à jamais. J'ai envie qu'elle reste, qu'elle me parle. Car depuis toujours, c'est ma seule amie.

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MessageSujet: Re: Nemia - Un lointain souvenir    Lun 16 Avr - 17:01

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Hestia
&
Némo
« Némo ! » Comme presque chaque nuit depuis plus de dix ans, Hestia se retrouve sur ce banc, à attendre l'arrivée de cet ami. Ce petit garçon avait grandi en même temps, il avait rapidement balayé toutes ses angoisses enfantines. Il avait enfui ses peurs, les avait combattu en même temps qu'elle. Et elle venait de fêter ses dix-huit la veille, mais Némo avait eu une réaction qu'elle ne s'expliquait pas. Elle se souvenait très clairement du baiser qu'il avait déposé sur son front avant de disparaître. Il était parti et elle était restée seule longtemps. Elle s'était réveillée au bout milieu de la nuit avec l'intense impression que ce baiser posé sur son front était réel. Pour la première fois depuis l'apparition de Némo dans ses rêves, elle avait l'impression qu'il était réel, et non pas une création de son esprit pour pallier à sa solitude. Mais le voir devenait de plus en plus rare avec les années, elle grandissait et oubliait petit à petit le visage du jeune garçon, de son ami, son premier ami. La rousse se demandait pourquoi elle était revenue une nouvelle fois sur ce banc, ce même banc, seul au milieu d'un désert dans l'attente désespérée de voir ce regard ambré près d'elle. « Je suis toute seule. » Elle pose des mots sur une vérité qui lui fait beaucoup de mal. C'est un pincement au coeur, qui lui fait mal, comme si elle redevenait l'enfant que ses parents laissaient entre les mains d'Anna, en partant en voyages d'affaires. Elle avait été seule pendant longtemps, puis il était arrivé. Et il lui avait promis, des années en arrière, de rester toujours avec elle. Il a menti. Il n'est plus là, et même l'attendre, elle n'en a pas la force. Et quand elle essaye de repenser à ses rêves, le jour en s'éveillant, elle y arrive de moins en moins. Un jour, elle n'y arrivera plus.

« Némo. Je m'appelle Némo. » Elle a du mal à garder un visage, une expression neutre à l'évocation de son prénom. Hestia ressent ce pincement au coeur, elle se souvient de bribes de phrases. Ça lui revient et ça lui fait l'effet d'une bombe. Mais ce n'est pas possible, il n'y a que des coïncidences. Beaucoup trop de coïncidences pour que ce soit possible, mais son esprit refuse de comprendre ce qui est devant ses yeux. Némo, son ami d'enfance, son ami imaginaire ne pouvait pas être réel. Il ne pouvait décemment pas être sous ses yeux, pas après autant d'années. Pas après dix ans, pas alors qu'il n'était qu'une vision de son imagination d'enfant. Il passe son pouce sur sa lèvre, sur sa cicatrice, la même que l'enfant de ses rêves. « Je l'ai depuis toujours. Je me rappelle pas vraiment comment je me suis fait ça. Je crois avoir jouer avec des ciseaux lorsque j'étais enfant... C'est idiot. » Hestia acquiesce et un sourire fend son visage, parce qu'elle voit exactement ce qu'il veut dire. « Un enfant est imprudent. » Elle tire sur sa manche et dévoile la cicatrice sur son poignet : elle n'a jamais réussi à la faire disparaître, elle aurait tant voulu. Mais elle ne peut pas non plus lui dire la vérité sur les circonstances de cette blessure. « J'étais enfant. Peut-être un peu trop casse-cou. » Hestia sait que ces deux cicatrices, ils les connaissent. Mais ce type ne peut pas être son Némo. Parce que le sien ne peut pas exister, il ne pourrait pas être en face d'elle. Et peut-être qu'elle rêve encore une fois, qu'elle va encore se réveiller dans son petit appartement, toute seule. « Pourquoi vous vous êtes arrêtés sur moi? » Hestia est prise au dépourvue, la question retient toute son attention et elle résonne dans son esprit. Elle aurait pu décider de partir directement, de rentrer dans son appartement. Mais elle ne l'avait pas fait, quand elle l'avait vu assis tout seul au milieu de ce café. La rousse avait ressenti une drôle de sensation, une connexion avec cet inconnu. Qui ne l'était peut-être pas tant que ça. Il a l'impression d'être invisible et la jeune femme se reconnait dans ce qu'il dit. Elle croise son regard et leurs yeux ne se quittent plus : elle ressent un énorme frisson, son esprit la renvoie encore des années en arrière. Mais elle refuse d'y croire. Parce qu'y croire et se rendre compte qu'elle se trompe lui ferait encore bien plus mal. « Parce que... » Elle se stoppe pour réfléchir à une réponse convenable, pour lui dire la vérité. Pour mettre de l'ordre dans ses pensées. « Parce que je ne saurais l'expliquer, mais il y a eu quelque chose. » Hestia se sentait idiote de dire une telle chose, il allait la prendre pour une psychopathe. Il pourrait bien la fuir, et elle aussi pourrait partir. Mais elle n'en éprouve aucune envie, elle n'a plus envie de fuir. « Peut-être que je me reconnais en vous ? » Elle n'y croit pas vraiment. « Peut-être que je me sens... » Liée à vous. Mais elle se stoppe, ça elle n'a pas le droit de le dire. Elle plonge son regard dans sa tasse de thé, comme pour s'y noyer. « Il y a quelque chose quand nos regards se croisent. » Elle parle doucement en espérant peut-être qu'il ne l'entend pas. « Vous me rappelez quelqu'un. » Mais ce n'est pas possible. Ne te fais pas de film. Némo n'existe pas.


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