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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé

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MessageSujet: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Sam 28 Avr - 11:13


saturn ω nuit chaude mais humide  ω 03h45

Ça tape déjà dans ma tête, comme une cloche qui tinte sans arrêt. Comme si je n’avais toujours pas compris que l’alcool était toujours le bourreau et jamais l’ami. Seulement trois verres, incapable de les tenir et de marcher droit. Je n’ai jamais compris pourquoi j’étais aussi perméable à l’ambre magique. Pourquoi les autres arrivaient à s’enfiler des verres et des verres alors que moi, c’était à peine si je tenais sur mes pieds après une gorgée. Erik me disait toujours que c’était à cause de mon cerveau : trop rempli de chiffres, plus de place pour la bibine ! J’avais beau lui expliquer que ça n’avait aucun sens, il était fier de sa connerie. P’tète qu’il avait raison. Que sans ce trop plein d’informations, j’aurais pu mieux agir. En chef et pas uniquement en mari.
Je renifle bruyamment, passons à autre chose. Ah oui, l’alcool, revenons-y, c'est plutôt sympa de discuter avec soi-même ! Je devrais apprendre, je devrais arrêter mais pendant quelques instants, à vrai dire c’est comme une libération. Ne plus rien ressentir, avancer sans faillir, sans pleurer, sans y penser. Alors oui, je continue de boire quand l’envie me prend, sachant pertinemment qu’après je perdrais tout mon anglais et deviendrait l’homme qui baragouinait dans une langue étrangère. Aucune honte à ça et puis, Blackwater Falls avait surement son lot de déglingué. Un de plus ou un de moins… Et puis le roumain, ça a ses avantages : tu peux insulter le monde entier que personne ne capte ce que tu racontes. Sauf quand je glisse un « asshole » entre deux roulements de mots. Là, ça passe moins.

J’avance difficilement, va savoir pourquoi j’ai pris la route de la forêt au lieu de mon appartement. Il fait chaud, humide, je sens mon t-shirt se coller à mon corps. L’idée d’aller trouver un lac pour me baigner me traverse l’esprit. Non Johann, pas maintenant, pas dans cet état. Je me frotte les yeux, j’me déteste un peu de ne pas être rentré. Même si au fond, ça fait du bien de marcher sans aucune raison, d’avancer, de penser pied droit, pied gauche et plus cerveau droit, cerveau gauche. C'est comme… Un craquement. À droite. Putain j’ui encore capable d’entendre quelque chose, j’pensais être plus saoul que ça. J’me stoppe net, la main sur le flingue accroché à ma ceinture, prêt à dégainer. Ça craque encore et malgré l’ambre, j’ai encore une bonne vision qui me permettrait de ne pas me faire exploser le crâne par je-ne-sais-quoi. Ou je-ne-sais-qui. Et comme tout bon chasseur qui se respecte - faux -, j’oublie la discrétion pour me mettre à parler.
« Je ne suis pas là pour créer des embrouilles. Alors si y’a quelqu’un, ce serait sympa de sortir pour éviter…Quelque chose.
Bon, si c’est un humain, ça passera. Si c’est une créature nocturne… Ça passera peut-être. Si c’est un démon, là, c’est foutu pour la discussion. Moi et mes besoins de toujours calmer le jeu, un jour ça me perdra. Mais en attendant, j’essaye de ne pas parler le roumain alcoolisé, pour éviter qu’un asshole vienne s’immiscer et foutre en l’air ma tentative de parlementer.


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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Lun 30 Avr - 20:10

With shortness of breath, I’ll explain the infiniteMa paluche claque sur le comptoir d’un bar faisant sursauter la personne qui se trouve derrière. Une photo mal prise se découpe d’entre mes doigts. Laisse entrevoir le visage d’un homme – les cheveux hirsutes, poivre et sel, la mine torve, la quarantaine. Ca devrait être une tête connue pour celle qui s’y penche. – Jamais vu, qu’elle me ment avec un aplomb qui me fait arquer un sourcil circonspect. La pulpe de mon index tapote doucement l’image. – Ecoute, mon grand, j’te dis que je l’ai jamais vu ton type, tu vas me harceler combien de temps avec ça ?, qu’elle s’énerve en essuyant frénétiquement le verre qu’elle tient. Le torchon blanc qu’elle utilise semble trop humide pour essuyer quoi que ce soit – un détail futile sur lequel je m’attarde. – Tu es sûre ?Oui, je suis sûre. Et c’l’heure que tu te tailles, l’bar est fermé depuis 10 bonnes minutes, déjà. Elle grimace, désinvolte. Tente un demi-tour. Sa crinière noire vole derrière elle dans une spirale brillante. Je la lui attrape, dans la foulée – dans un battement de cœur, un couinement tut par la peur, l’étonnement. La tire en enroulant mes phalanges à ses cheveux. Me lève d’un mouvement souple pour lui coller le pif au plus proche de ce qu’elle nie connaître. L’y appuie si fort que, lorsqu’elle se met à parler, je ne comprends pas ce qu’elle dit tant la voix est nasillarde et déformée par la proximité avec le bois. Je me baisse, d’une lenteur exécrable. – Je vais répéter ma question pour la dernière fois, Amanda, articulé-je avec un accent italien surjoué, est-ce que tu es sûre de ne jamais l’avoir vu ? Les paumes de ses mains se posent doucement de part et d’autre de son visage. Essayent, tant bien que mal, de se frayer un espace pour respirer. Je résiste. Elle ne peut réprimer le sanglot qui lui fait vibrer la gorge. Ses muscles cèdent. Son échine s’affaisse. Elle ferme les yeux. Comme si ne pas voir rendrait la déclaration plus honnête – moins culpabilisante. – Je l’ai vu. Je relâche la pression. – Je l’ai vu une fois, ce mec. Il est venu ici, il a beaucoup bu. Il était saoul en sortant, il racontait à qui voulait l’entendre que… Je relâche encore. Elle se frotte le pif d’un revers de poignet. S’aperçoit qu’elle saigne. Y plaque le torchon sale. – La forêt. Il a une maison au fond de la forêt de Blackwater. Là où s’élève les plus grands arbres à l’entrée des mines. Il jurait qu’il y avait encore de l’or. Mais c’est des foutaises hein ? C’est des

Je ne l’écoute plus.
Je suis déjà dehors.
Ca fait une heure, que je tourne dans cette foutue forêt. Que je cherche une cabane qui n’existe vraisemblablement pas. Au début, je faisais doucement, j’étais discret et appliqué ; à la fin je m’en tape d’où je fous les pieds. Je repousse les branches, peste contre le monde et maudit, au moins, les prochaines générations de ce mec que je cherche – Tristan ? Christian ? Je ne sais même plus son nom, à ce con - il faut dire que ce n’est jamais important de savoir le nom d’une personne qu’on est sur le point de descendre. C’est comme s’il c’était volatilisé. Comme si la majorité de la population s’était volatilisée pour ne laisser place qu’à un silence de plomb. Ca va être facile, qu’on me disait au téléphone avec un ricanement que j’aurais dû prendre pour le contraire. Et Louison qui est restée là, à se foutre de moi parce que je ne savais toujours pas utiliser un téléphone. Je froisse la photo dans une colère sourde. La balance guère plus loin que la semelle de mes chaussures – une histoire de poids de projectile. Lui flanque un coup de talon pour l’enterrer dans le sol meuble et humide. Une odeur de mousse et de feuilles remonte à mes narines – une odeur que je ne connais pas, finalement, et qui ne m’évoque rien d’autre que cette grande forêt canadienne sans les reliefs que j’aime.

Tant pis, que je me concède dans un mouvement familier à l’encontre d’un arbre qui n’a pourtant rien demandé. Je rentre. « Je ne suis pas là pour créer des embrouilles. […] Je me fige. Relève le museau. Tend l’oreille. C’est lui ? Il parle fort, pour quelqu’un qui a réussi à être aussi délicat jusqu’à maintenant. La pulpe de mes doigts caresse doucement mon holster d’épaule, sous une veste que je me déteste d’avoir mis tant la chaleur est suffocante sous les grands pins. Je circule. Reprend un rythme plus lent, de fait, beaucoup moins bruyant. Contourne les troncs les plus larges pour pouvoir me fondre dans leur ombre et me rappelle, dès que je vois la tronche blonde danser d’un pied à l’autre en tenant un buisson en joug de son regard téméraire, que je n’ai plus la photo du type que je suis censé buter. Mais admettons que je ne m’en veuille pas vu l’état d’ébriété du nouveau protagoniste. Je penche la tête de côté. Il a l’air sérieux, le bougre. Mes mirettes coulent le long de sa mimine. Sérieux, bourré et armé. Et je ne peux plus admettre que ça fait un parfait bon ménage, dans l’ensemble. Je grimace. Vais pour m’éloigner, laissant derrière moi une belle prime et un fou qui s’est pris d’amour pour un cyprès. Ah moins que… Je me stoppe, une nouvelle fois, un courant d’air ayant fait bouger, une nouvelle fois, la verdure à laquelle il cause. L’homme saoul gesticule et, avant qu’il ne tue quelque chose qui n’existe probablement pas, je dérape dans la coche arborescente pour aller le rejoindre.

La réaction est sans appel. Brusque et exagérée quand je me contente de dodeliner du chef en levant les yeux au ciel. – Un meurtre lors d’une partie de chasse nocturne ne fait jamais bon genre, que je hoquette, moqueur, en m’arrêtant à distance raisonnable. Et on chasse quoi, la nuit, avec un flingue ? Des cerfs ou des sangliers ?Vous cherchez la sortie, peut-être ? Besoin d’un guide ? Ca m’arrange, si tu veux tout savoir, surtout si c’est mon homme que tu t’obstines à vouloir tuer.

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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Mar 1 Mai - 7:40


Les yeux fixés sur le vide, je ne vois rien, je ne sens rien. Enfin, presque rien. Une infime flagrance me titille l’esprit mais l’alcool est trop présent pour me laisser la force de réfléchir. Pourtant je le connais bien ce parfum, suffoquant, doucereux. Je sais ce que c’est mais je suis incapable de gagner contre l’ambre dorée. Note à moi-même arrêter de penser que j’allais commencer à tenir l’alcool à pratiquement 40ans. Et alors qu’une silhouette massive apparait dans mon choix de vision, le mot souffre disparait derrière la brume que m’ont laissé ces quelques verres.

Il est grand, beaucoup trop grand même. L’impression d’être un gosse en face de … ce chêne colossal qui approche. Ou un hêtre. Je ne sais pas, mais ses cheveux et sa carrure tiennent plus du végétal que de l'humain. Je sais même pas si avec mon flingue j’pourrais le battre s’il m’attaquait. Okey Johann, là c’est l’alcool qui cause car pourquoi un homme, okay digne de Stalone, viendrait te chercher la misère ? A part si tu lui tires dans le pied par erreur, aucune raison qu’il fasse de toi son punching-ball.

 « Euh… »

Mon cerveau a appuyé sur off au moment où il a parlé de chasse. Clairement, j’me vois mal lui répondre que meurtre et chasse font partis intégrantes de ma vie. Alors j’préfère lui offrir un silence quasi religieux comme réponse. Même s’il se fout royalement de ma gueule et que ça sent comme le nez au milieu de la figure. Ou dans son cas, comme un muscle au milieu de centaines d’autre.
La main toujours sur la cross de mon revolver, je la retire enfin. Ça tangue un peu mais rien qui puisse me mettre en danger. Je ne tiens peut-être pas l’alcool mais je reste un chasseur entrainé depuis toujours. Et si danger il y avait, je serais déjà en position de combat. Position que je garde au final, comme si quelque chose me gênait dans sa façon d’être, à cet homme. Et toujours cette odeur qui revient par vague, discrète, qui sonne comme une petite alarme qui disparait encore trop vite.

«  Je trouverais tout seul, merci beaucoup.

Toujours poli Johann.  Je commence à marcher, lui passant à côté mais je m’arrête à sa hauteur. Du moins, 20cm plus bas.

« C’est habituel dans cette ville de se balader dans les bois alors qu’il fait nuit ? A moins que vous aussi vous chassiez quelque chose…

Toujours sérieux aussi. Y’a quelque chose chez ce gars qui ne me convient pas… Du tout même. Je ne lâche pas des yeux, mes doigts retrouvent discrètement mon revolver et… Un craquement. Puis un autre. A droite. Trop perceptible pour être un animal.

 "Y’a une fête nocturne d’organisée ou quoi ?



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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Mar 8 Mai - 13:13

With shortness of breath, I’ll explain the infiniteAlcoolisé mais poli, courtois, l’inconnu refuse mon offre en dansant sur ses guiboles pour faire demi-tour – une danse moins gauche que ce que son imbibation de spiritueux pourrait le laisser penser. Et, bien que son corps reste bandé d’une tension prudente – ce que je lui concède, croiser des types en plein milieu d’une forêt lugubre n’a jamais inspiré confiance – je détourne mon attention de sa carrure. Le laisse venir ; prie pour qu’il parte vite. Me focalise sur ces buisons, là, qui semblaient l’intéresser bien plus qu’autre chose. Puis je me fous, en vrai, surtout, de ce petit type d’apparence inoffensive. Je me fous de ce qu’il faisait là, pété, avec un flingue, à presque menacer un arbuste – chacun ses délires. Mais il s’arrête, le petit type. A ma hauteur. Doit relever le menton pour capter mon regard. Me pousse, involontairement, à relever les épaules et à bomber le torse. Moi être le mâle dominant. L’éclat de la lune – pauvre et assez haute pour que les arbres n’en fassent percer qu’une infime parcelle – s’éclate sur mes omoplates pour recracher mon ombre, titanesque, sur le sol. Le petit type est dans un contrejour quasi artistique. Les traits de son visage sont noyés dans les ténèbres de ma présence ; mais je n’ai aucun mal à percevoir ses deux billes bleues-ciel, d’une suspicion telle qu’elles me font dire que ce petit type est plus avisé que ce qu’il ne peut le laisser paraître de prime abord. Il faut se méfier de tout le monde, ici, que me rappelle mon instinct quand j’esquisse un pas en arrière. Cela dit, je reste en haut de la chaine alimentaire. Qu’importe la main qu’il ramène sur son flingue – toutes les balles de cette terre ne m’arrêteraient pas si je voulais le descendre. Ca reste pas si poli que ça, finalement, de converser avec quelqu’un en le menaçant silencieusement. Du moins, je suppose que sa main se balade dans son dos pour son flingue – j’ai une vue d’ensemble, de là-haut. C’est ça ou il se tripote un endroit qu’on ne se tripote pas lors d’une conversation classique. Mon Dieu faites qu’il ait chopé son flingue.

J’ouvre la bouche. Souhaite lui répondre qu’à défaut de chasser, on vient de me poser un incroyable lapin – que j’aurais dû me méfier, de base, avec un lieu de rendez-vous comme celui-là. Que j’ai probablement été naïf de croire que c’était un vrai rendez-vous mais qu’est-ce que tu veux quand on est un mec sympa, comme moi, on pense que personne n’est capable de mentir. Or je ravale ma tirade. Tord ma nuque sur la droite quand un mouvement réveille mes sens. Me crispe à mon tour. Reste muet comme une tombe au trait d’humour. Une seconde. Deux secondes. Ca gratte et ça bouge. Ca fait craquer des feuilles sèches. Ca bouscule des branches. Ca sait qu’on sait que c’est là. Et je n’ai pas le temps de me demander si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Parce que ce qui nous surveille bondit de derrière ses arbustes. Fièrement et surement, au niveau stratégique d’une tête. Pas la mienne. Dans un réflexe presqu’involontaire, mon pied vient faucher les chevilles du petit type d’apparence inoffensive. Une balayette efficace, indubitablement, parce qu’il en tombe sans aucune résistance – il n’a le temps qu’à un éclair de surprise, un soubresaut d’ego et une réception pas si dégueulasse, un beau final quoi. Et mes mains percutent le buste de la bestiole – là où il n’y a rien d’autre à agripper que sa chair – glissent et frappent. Le corps, dans son élan, se voit propulser à quelques mètres de nous. Son flanc touche un arbre. Un grognement évoque une douleur quelconque. Et le monstre disparaît dans d’autres arbustes. Moins assuré. Vexé. S’il marche, il le fait d’une discrétion sans pareille. Il ne faut cependant pas avoir fait de longues études stratégiques pour saisir qu’une seconde attaque va survenir.

Un coup d’œil est jeté à mon acolyte de fortune. – C… Mes mains sont moites. Pourtant mon pouls bat normalement. Je ne ressens aucun stress particulier mais… Pourquoi mes mains sont moites ? Il faut un instant à mon cerveau pour analyser la situation. A mes phalanges pour gesticuler et à mes poings pour se serrer. Je renifle l’air – y perçois une fragrance légère de fer. Dodeline du chef avant de lever mes poignets à hauteur de visage. Rouge.Ca saigne, que je murmure, bien plus pour moi que pour lui. Un monstre blessé est plus agressif qu’un monstre qui ne l’est pas.Ok. On se sépare, que je crache, cette fois, reculant d’un bond comme si le petit type m’avait brûlé. Je ne veux pas d’un poids mort qui va me ralentir. Je ne veux pas te protéger, ni même me prendre une balle dans le pied parce que l’adrénaline t’auras pas fait décuver assez vite. Je ne veux pas de problème. Et tu pus les problèmes à plein nez. Puis, note que s’il te chope avant de me choper, ça le ralentira assez pour que je m’en tire sans l’ombre d’une égratignure.Bonne chance Filibert.

Nouveau craquement. Plus nerveux. Plus sec. Plus rapide. Nouvelle attaque.


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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Mar 8 Mai - 17:46


Les feuilles bruissent. Les branches mouvent. La nature s’est tue. Silence apaisant pour certains, obsédant pour un chasseur. J’ai beau avoir quelques verres dans le nez, l’adrénaline m’oblige à faire tomber expressément la pression. Et lui aussi, il est sur ses gardes. Dans une position similaire à la mienne, miroir d’un chasseur aux aguets. Mais bizarrement, que je ne pense pas appartenir à mon espèce. A peine ai-je le temps de me poser plus de questions, qu’une ombre jaillit des fourrées, se jette sur nous… Moi à vrai dire. Pas le temps de comprendre, de réagir, que j’me retrouve la face contre terre, m’éclatant le visage dans la boue. Bordel ! Le coup de pied m’a peut-être sauvé la vie, mais ce mec, il ne sait pas à qui il a a faire. Fierté touchée mais p’tit con tout de même excusé. Je me relève sans un mot pour le guerrier. Il a le regard dardé sur ses mains, puis vers moi. Mec, je ne suis pas sous tes ordres alors tu vas te calmer. J’n’ai normalement aucun soucis pour faire équipe avec un autre chasseur quand la situation le requière. Mais ce gars… Ce gars je ne le sens pas. Il a cette flagrance qui me reste en travers de la gorge, que je n’arrive pas à distinguer à cause de l’ambre alcoolisé.
J’attrape mon flingue, métal glacial au creux des mains bouillantes. On se sépare ? Okay Goliath. Fait ton Alpha, ton mâle en puissance, on en reparlera quand ce monstre, il t’aura déchirer la queue que tu sembles si fier de porter.

Mais nous n’avons pas le temps de prendre des chemins opposés qu’un nouveau craquement se fait entendre. Pas de balayette cette fois-ci, le revolver dardé vers les buissons. J’écoute attentivement, pupilles en alerte. Ne pas tirer pour rien, ne pas le faire fuir.

« Fais pas le con Goliath.

Je murmure, je fais un peu vers le buisson. Et l’ombre jaillit à nouveau, bondissant de toute sa largeur sur les pauvres fous que nous sommes. Je tire. Une balle. Puis deux. Touché, coulé. Et bien non, pas encore. La bête disparait, à nouveau.

« C’est pas un loup….

Garou je veux dire. Mais histoire que Monsieur Queue-en-L’air ne se pose pas de questions. Il a peut-être tout d’un chasseur, mais je reste persuadé que quelque chose cloche… Cette odeur. Qui virevolte, qui m’étouffe, qui… Bordel.
Je me retourne brusquement, pointant l’arme d’argent sur lui.

« T’es pas un chasseur…. Christo.

Je murmure. Mon arme ne servira à rien contre lui mais qu'importe, je dois savoir avec qui je me bats. Car après le loup, y'aura peut-être autre chose qu'une poignée de main. Un mot, faible dans son intonation, mais assez pour le faire réagir si j’ai raison. Car cette odeur, je l’ai tellement senti dans cette maison, que j’en suis convaincu. Goliath est un démon.





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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Mar 15 Mai - 17:52

With shortness of breath, I’ll explain the infiniteLe monstre jaillit une nouvelle fois. Assez peu de temps – il n’est qu’une ombre qui se déplace vivement, virevolte entre deux buissons. Le petit type lui tire deux balles détonantes dans le corps – le bruit humide et mat en atteste. Mais les mouvements rapides et l’obscurité m’empêche de déterminer avec exactitude où il le touche. Si c’est grave, ou superficiel. Et est-ce que c’est vraiment important dans le fond ? Je ne compte pas m’éterniser, après tout. Ca semble suffisant à le faire battre en retraite. Il s’éclipse, le monstre. Fuis devant la gâchette. Laisse derrière lui une odeur de musc ferreuse, le silence oppressant et la menace muette d’une réapparition avant qu’on ait pu reprendre notre souffle. Qu’importe. Qu’importe parce que je vais me barrer avant que ça ne dégénère. Avec un peu de chance le petit type à un chargeur plein, compact et aussi imposant que son taux d’alcoolémie. Il a l’air de savoir s’en servir, de son flingue – arrivera assurément à s’en sortir sans mon onéreuse aide. J’esquisse le geste de continuer mon chemin. Ignore les balbutiements de l’autre. Pas assez. Je me stoppe, une seconde à peine après avoir piétiné dans les feuilles humides. Fais volteface à la remarque branlante du petit type sur mon métier hypothétique. Chasseur. Pourquoi ? Sens l’inécoutable arriver dans le dessin de ses lèvres fines ; sens une rage puissante exploser en moi quand le mot est prononcé. Pourquoi ?

Ma gorge se déploie en un grognement terrible, puissant et guttural. Mes muscles se crispent. Ma colère se personnifie en une bouffée de pouvoir terrassante – un vent brûlant rut de mes pores, percute dans une violence bestiale le corps fragile du petit type, l’obligeant à lâcher flingue et dignité. Il s’envole, l’impudent, sous mon regard noirci par le Démon. Son échine s’écrase contre un arbre dans la brutalité d’une force incontrôlée. Ma caboche se penche à droite, dans le plaisir de voir sur sa face ne serait-ce qu’une crispation douloureuse. Tu apprendras à te taire, petit type. Et le vent brûlant rut encore et encore – comme si je voulais qu’il ne fasse qu’un avec cette connasse d’écorce. Crève, que mon attitude lui cingle quand mon esprit estime que ça ne va pas assez vite. Toi qui sais désormais que je ne suis pas un homme, il te faudra beaucoup de chance pour sortir de cette forêt en un seul morceau. L’instinct silencieux t’aurais permis de te confronter à un seul monstre, en voilà maintenant deux qui veulent ta peau. Ma carcasse se délit dans un mouvement saccadé et presque irréel. Dans la découpe de la lumière de la lune que ma stature, par un jeu de perspective étonnant, évince. Je condamne chaque parcelle de jour.

Voilà que je fais demi-tour. Que je relâche la pression de mon pouvoir sur le corps frêle. Que je me confronte à celui qui me provoque – sans raison, si ce n’est, peut-être, une odeur suspecte. En trois enjambées, je suis à sa hauteur. En moins d’une seconde, mes phalanges se sont enroulées autour de son col. Le petit type est soulevé comme s’il n’était que poupée de chiffon. – Dis-moi, Filibert, que je grogne d’un timbre caverneux plus que ce que je ne l’articule, ne serais-tu pas un chasseur pour te demander si j’en suis un ? Quel dommage que nous n’ayons pas fais nos classes ensembles, n’est-ce pas ? Ma paluche se crispe. Ma mâchoire se serre. – Cela t’étonnera peut-être, mais je n’apprécie guère les Chasseurs, continué-je dans un débit si lent qu’il paraît irréel. Encore moins ceux qui titille mon instinct démoniaque quand je n’ai pas mérité qu’ils le fassent. J’ai comme une impression d’injustice qui me met de très, très mauvais poil. Parce qu’il faut être profondément bête ou suicidaire pour vouloir se prouver à soi même qu’un mec qui fait 2 fois notre poids a aussi 10 fois notre force – se le prouver en remettant un peu d’huile sur le feu.

Et c’est lorsque je me demande si je pourrais étouffer le petit type avec son propre col, qu’une ombre percute violemment mon flanc. Le choc me fait tituber sur le côté. L’inattention me fait trébucher sur une branche ou une racine. Je bascule. Emporte avec moi le Chasseur. Le lâche dès mon premier rebond sur la terre moite – au premier claquement de crocs près de mon œil. Je suis paumé. Ne me situe plus dans l’espace. Aperçois à peine la silhouette du petit type ; une seconde avant que la gueule béante de la bestiole qui nous traque s’ouvre en grand au-dessus de nos carcasses. Elle a l’avantage de la surprise. Une fragrance de cadavre s’en dégage comme si elle était morte de l’intérieur. Depuis des siècles. Des personnes peu habituées en auraient des hauts le cœur. Ses griffes lacèrent mon avant-bras dans une impulsion sauvage – celle qui lui faut se propulser à un bon mètre de moi. Le Chasseur semble être un plat plus à son goût. Les Démons ont la carne plus dure.


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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   Dim 20 Mai - 3:43


Je sais, je devrais me taire parfois. La majorité du temps même. J’ai perdu la notion de sécurité depuis quelques mois, celle qui te fait partir en courant, oublier que tu aurais pu être un héros alors qu'au fond tu n’es qu’un homme. J’ai oublié tout ça, écrasé sous le besoin maladif de me foutre dans des situations dantesques, dangereuses, qui pourraient m’arracher un bras ou deux. J’aime ça et ça me fait mal de l’avoue. J’aime être en danger, j’aime sentir l’adrénaline se coller à la peur, plaquant de la sueur sur mon échine. J’aime ça, ce sentiment de se laisser abandonner, de faire de la vie une putain de corde autour du cou. Et qui sert, sert, sert jusqu’à m’étouffer. Je suis un danger pour moi-même, une épée de Damoclès sur ma propre tête.
Alors quand les mots bibliques sont sortis de mes lèvres, je savais que j’allais m’en prendre plein la gueule. Sa rage contenue quelques secondes auparavant, allait exploser, son pouvoir me baigner dans sa noirceur. Mais tant pis, qu’il me coupe la tête ce gars, qu’il fasse de mes viscères un putain de collier. Car j’en ai le souffle coupé, les muscles bandés en imaginant que ma mort viendrait par ce que je l’ai souhaité.

Quelques secondes à peine et le voilà face à moi, ses doigts agrippant mon cou pour me soulever, faire de l’oxygène dans mes poumons une denrée rare. J’peux pas m’empêcher de sourire face à ces questions, presque envie de lui balancer dans la gueule "mais en plus t’es pas si con !" mais le tissu de ma chemise me bloque les cordes vocales, m’empêchent de faire le mariole. Mais pas le temps pour les conneries, encore moins pour se faire tuer car l’autre monstre, il nous saute dessus par derrière. Projeté en l’air Johann, lâché par l’imbécile aux pouvoirs démoniaques. Abandonné sur la terre humide, la gueule tailladée dans les buissons Je l’entends, la bête, se ruer sur l’Autre et faire de son bras son quatre-heure. Le temps que ma tête arrête de tourner, que l’alcool finisse sa descente infernale, je reprends un peu de contenance et attrape mon flingue qui était sur le sol. Et je le braque vers le loup qui me saute dessus comme si j’étais la suite du diner. Visiblement, le démon n’a pas sa faveur. Trop de soufre en lui pour être bon.

La balle part, suivie d’une autre dans la même volée. Elles s’enfoncent dans son plexus, là où le coeur devrait se cacher à quelques centimètres sur la gauche. J’aimerais ne pas le tuer, juste le blesser suffisamment pour l’obliger à se retransformer J’aimerais que son attaque ne soit que domptée par l’animal et pas par l’homme. J’aimerais qu’il vive pour se rendre compte qu’il peut changer.
Le loup reste quelques secondes sur le sol, l’impact des balles de gros calibres ayant eu raison de sa puissance. Du moins, assez longtemps pour me relever.

« Cela t’étonnera peut-être, mais je n’apprécie pas vraiment les démons non plus…

Que je crache à mon équipier de fortune pour lui répondre avec quelques minutes de retard. Mais nous n’avons pas le temps de souffler et de reprendre possession de nos forces que la bête commence à se relever, gueule béante aux dents acérées. L’homme n’est déjà plus là, le monstre l’a avalé.

« Soit on court, soit on se bat. On se tuera après, okay ?

Je lui balance ça en reprenant position sur mes pieds, l’arme dardée sur le loup déjà sur ses pattes. J'ai la sensation étrange que le Cornu, il va se mettre à courir en me laissant seul pour le diner.



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MessageSujet: Re: With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé   

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With shortness of breath, I’ll explain the infinite ω reservé

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