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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Run, baby, run, run (Johann & Ange)

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MessageSujet: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Lun 30 Avr - 17:29

La nuit était épaisse déjà quand il sortit de sa maison. Le blondinet n’était pas forcément rassuré à l’idée de s’aventurer dehors. Il n’était pas ici depuis longtemps mais il avait entendu les conversations dans les cafés, lu les journaux. Il ne faisait pas forcément très bon s’aventuer la nuit ici. N’importe où en fait. Ce n’est pas pour rien que les enfants ont souvent peur du noir. C’est une peur salatrice, qui sauve la vie des âmes innocentes. Peut-être qu’il lutte contre cette peur inscrite dans ses gênes parce qu’il n’a plus l’innocence d’un enfant. Peut-être parce qu’il a encore la crédulité de celui-ci pour suivre un fantôme qui n’a de cesse de pleurer pour son aide. C’est un jeune homme pas si différent de lui. D’une autre époque si on en juge par ses vêtements. Avant guerre ? Il se sent peut-être un peu proche de lui. Ce garçon erre depuis tant d’années, il ne peut pas le laisser comme ça. Depuis qu’il a rencontré Ohanzee, il aide plus les fantômes. Pas pour eux, plus pour se sentir utile. Pour avoir un but.

Dehors il pleut. Son imperméable ne le protège qu’à moitié. Ses jambes sont trempées, le coton de son jean collé à sa peau. Il ne sait pas où le fantôme l’emmène alors qu’il avance à vélo dans les ténèbres poisseux. Sa lumière semble si faible alors qu’il s’enfonce sur un sentier dans les bois. C’est si boueux qu’il est contraint de poser son fidèle destrier contre un arbre.

Tu es sûr que c’est par ici ?” demande-t-il en criant à demi sous la pluie battante.

Le fantôme est devant lui. Loin devant lui. Il a froid. Ses dents claquent. Il se sent perdu. Plus encore que d’habitude, c’est pour dire. Ces bois lui paraissent affreusement lugubres. Chaque branche qui s’accroche à ses vêtements semble être une agression. Il dut courir pour ne pas se faire distancer par le fantôme. Jusqu’à ce qu’il s’arrête à l’orée d’une clairière.

Et maintenant ?” questionna le blond.

Maintenant, on attend ton heure.” souffla le spectre.

Ange crut d’abord qu’il avait mal entendu, ayant un rire nerveux. Mais quand le fantôme se tourna vers lui, la chemise entrouverte, il découvre son cou lasseré. Il comprend que ce fantôme n’avait pas besoin d’aide. Cet ectoplasme veut juste faire souffrir. Le faire souffrir. Il envie sa vie. Il ne sait pas ce qui va arriver mais il sent qu’il doit fuir. S’enfuir vite. Il rebrousse chemin. Dans l’obscurité, la lumière de son téléphone comme seule arme contre les ténèbres. Il se maudit pour son imprudence. Il n’aurait jamais dû suivre ce fantôme ! Il ne reconnait plus le chemin. Sa peau s’accroche aux branches. Il trébuche. Il sent sa main s’ouvrir sur une roche dans la boue, mais il se relève, apeuré. Il court. Jusqu’à percuter un individu.

Mon dieu…” lâcha-t-il avec soulagement. “Vous pouvez m’aider ? Je suis perdu… Je…

Mais alors qu’il discerne mieux la silhouette qu’il a percuté, il se demande s’il n’est pas passé de Charybe en Scylla. Il est saisi avant même d’avoir pu reprendre sa fuite. Il se débat comme un diable. Fetu de paille entre les doigts d’un monstre.

Tu verras, c’est atroce…” susurre le fantôme à son oreille.

Il hurle. Appel au secours désespéré d’un enfant perdu seul dans les bois…
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Mar 1 Mai - 3:06



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Ça coule à flot dehors. Comme si le ciel s’était mis à pleurer face à l’étendue de la violence qui s’était épris de Blackwater Falls. J’en ai parcouru des villes, des régions et ce lieu était rentré dans le top 3 des plus étranges et monstrueux. Va savoir si c’est l’ambiance glauque, les dizaines d’histoires que l’on raconte, cette Organisation qui m’agace ou le nombre de chasseurs au mètre carré. C’est un tout, un mélange d’immondices et de conneries humaines. Alors je peux vite fait comprendre que là-haut, il n’a trouvé que la pluie pour calmer et nettoyer tout ça. Même si au fond, on sait tous les deux qu’aucune goutte d’eau pourrait faire du sol de Blackwater Falls un sol saint. Mais au moins, ça empêche certaines choses d’arriver, la pluie ça oblige les gens à s’enfermer.

Pas d’imperméable dans mon sac de  voyageur, mais une superbe casquette de baseball achetée à Seattle. Avec ça, si je n’attire pas les imbéciles… Pluie ou non, j’ai entendu quelques rumeurs qui m’obligent à sortir de la chaleur étouffante du petit appartement que j’ai loué. Chaleur qui l’est tout autant dehors. C’est quoi ce pays où il pleut et il fait chaud en même temps ? L’Amazonie ? Reniflant discrètement, pas question de tomber malade dès les premières semaines. J’empoigne mon fusil et deux couteaux que je glisse dans ma ceinture (a-t-on déjà parlé du danger que c’est de les mettre directement dans le jean ? Je ne pense pas car vous vous en souviendriez d’une lame qui rappe sur le haut de la cuisse… Merci à la télévision de nous faire avaler des conneries !) et je descend l’escalier de service avant de prendre ma voiture et de foncer vers le seul lieu où je me sens comme chez moi. La forêt.

Mes pieds s’enfoncent dans la boue, silencieux, mes yeux sont rivés vers les arbres à la recherche d’un loup-garou qui aurait confondu gamins et jouet à mâcher. Je renifle toujours et avec la casquette rouge visée sur le front, c’est plutôt moi qui devrait faire peur à des marmots. Mauvais déguisement Johann, comme ça, t’as tout l’air du pervers qui recherche sa future victime. Quand je chasse, je pense trop. A la différence de beaucoup de mes congénères, c’est là où mon cerveau est le plus actif, le plus éveillé. Incapable de l’arrêter en temps normal, lors de la traque, c’est comme s’il était sous speed. Cerveau droit et cerveau gauche cohabitant dans une cacophonie qui me pompe plus d’énergie qu’un combat à mains nues. Certains y voient une certaine folie, un manque de concentration. Chez moi, ça a plus tendance à me sauver la vie, à savoir quoi faire en une seconde lorsque la situation devient désespérée. Un vrai bouquin de stratégie ouvert à chaque instant en gros.
A quelques mètres je perçois une forme métallique sur le sol. Un vélo. Bon, soyons positif, ça peut appartenir à un gosse qui l’a oublié. C’est connu, on laisse souvent son vélo en plein milieu de la forêt quand il flotte.  Mes doigts pincent l’arrête de mon nez, réfléchis Johann. Avance encore, trouve son propriétaire qui, je l’espère, n’aura perdu que sa confiance et non un membre.

Je suis aux aguets, même si la pluie ne me facilite pas la tâche, s’égouttant devant mon champ de vision, trempant mon jean au point de refroidir le moindre centimètre de peau. Des bruissements, des pas survoltés, j’entends tout ça. Ma main sur l’un des couteaux, prêt à le dégainer, j’ai seulement le temps de sentir le métal sous mes doigts calleux qu’un boulet s’enfonce de plein fouet dans mon flanc droit. Je ne suis pas un roc, j’ai plus de l’arbre dégarni alors je titube quelques instants, sans comprendre le moindre mots que mon assaillant me balance. Pas si vite, j’comprend l’anglais mais pas quand on le baragouine sous la panique. La tête brune se relève, je garde le couteau dans une main, prêt à l’utiliser s’il le faut. Mais ce que je vois, n’a rien d’une bête enragée. Un visage blanc comme un linge, un ciré d’enfant, des yeux ronds comme une pièce de monnaie. Et un cri a m’en déchirer les tympans.

« On se calme ! »

J’ai haussé le ton, ce  n’est pas ce que je voulais. Mais quitte à crier, autant le faire pour une bonne raison. Et clairement, malgré ma casquette étrange, rien en moi peut effrayer ce gosse. Une main se glisse sur son épaule, mes doigts se pressent sur le tissu humide et je me baisse à sa hauteur. Pour qu’il me voit, moi et non cette étrange silhouette au regard caché par l’ombre de la casquette.

« On se calme petit… On se calme.

Douceur. Calme. Tout ce que j’utilisais pour l’adoucir, elle et ses colères de petite fille.

« Tu es perdu ? Qu’est ce que  tu fais à cette heure-ci dehors ? Et…

Je regarde autour de moi, pour revenir sur son visage pâle.

« Alors qu’il flotte ? 

Cerveau droit est en alerte. Cerveau gauche est en triple alertes. Un gamin dehors, à cette heure, ce n’est jamais bon. Jamais.
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Mar 1 Mai - 6:25

Le cerveau d’Ange n’arrive plus très bien à analyser les informations. Il est terrorisé. Son instinct lui hurle toujours de fui. Son regard voit le reflet de lumière sur le couteau. Qui se ballade dans une forêt avec un couteau ? Il va mourir ici ? Tué par un putain de psychopathe ? C’est ça qui est arrivé au fantôme ? Il veut le priver lui aussi de sa jeunesse ? Il veut qu’il meure abattu comme un animal ? Egorgé ? Il ne veut pas. Il veut vivre. Mais le coup de couteau n’arrive pas. Et l’homme n’est pas aussi monstrueux que cela. Le rire du fantôme résonne pourtant à côté de son oreille. Le fantôme sait quelque chose. Il sait et il rit d’eux. Ange ne veut pas mourir. Il ne veut pas plus que cet homme meurt. Ils doivent fuir. Cet homme ne comprend pas qu’ils sont en danger de mort ?

Son souffle saccadé, ses yeux appeurés. Il regarde l’homme. Il ne peut pas se calmer. Pas en voyant le spectre rire d’eux en tournant autour d’eux, passant au travers d’eux. Un froid le saisissant à chaque passage.

Il faut partir… On doit partir…” bafouille-t-il en essayant d’être plus audible.

Sa main s’accroche au bras de l’homme. Le sang qui coule de sa paume tâche ses vêtements. Il a mal mais ce n’est rien face à sa peur. Il ne sait même pas comment expliquer ce qui se passe. Il ne veut pas qu’on l’embarque à l’hôpital. Il ne veut pas être pris pour un fou. Pourtant la situation lui donne l’impression de l’être. Et pas qu’un peu.

Il y a quelque chose…. Quelque chose de mauvais… Il veut ma mort…” dit-il d’une voix saccadée. “Il faut pas rester ici… Il faut pas…

Sa voix est plaintive. Il veut courir, fuir très loin. Son coeur bat si fort. Il veut vivre. Il ne veut pas finir comme ce fantôme. Il ne sait pas comment convaincre l’homme du danger. Il ne voit pas cet homme. Il ne voit pas le regard satisfait et mauvais du spectre. Il n’entend pas son rire tonitruant. Il le rend fou. Ange quitte l’homme du regard, faisant face à l’être immatériel.

Va-t-en ! Tu as mérité de mourir ! Dégage ! Fous moi la paix ! ” crie le blond dans le “vide”.

La colère du fantôme s’accentue. Une bourrasque de vent se lève, fouette leurs visages de la pluie. Puis le spectre disparaît dans un cri qui vrille les oreilles du blondinet. Il se tient la tête. Souffrant plus que de raison. La porte ouverte sur le monde des morts ancrée en lui l’emplit cette fois de douleur. Le cri résonne dans sa tête. Il se sent comme sonné. Assourdi. Il n’entend même plus le bruit de la pluie. Tout est flou aussi. Il distingue à peine l’homme.

Il faut partir… Loin…” souffle-t-il en pleine souffrance.

Il espère que le fantôme avait tort. Il prie pour qu’ils soient seuls. Pourtant son instinct est toujours en alerte, comme s’il sentait un prédateur non loin d’eux. Un autre danger qu’il serait incapable de définir.
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Mar 1 Mai - 13:17



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Il y a quelque chose chez ce gamin qui m’inquiète. Il souffle trop fort, parle trop vite, s’accroche trop à l’inconnu que je suis. Et sa main qui saigne et son regard fiévreux, réellement apeuré. Partir. Mais pourquoi ? Qu’est ce qui l’effraie autant ce gosse ? Un homme ordinaire aurait pensé à de la folie chez ce gamin ou a une drogue et ses conséquences. Il a l’âge pour en consommer et se perdre dans leurs fantasmagories. Mais je ne suis pas un homme normal, je sais reconnaitre la véritable peur quand je la vois. Celle qu’on ne peut pas expliquer car ce qui nous effraie est.. Inexplicable, impossible.
Je ne le lâche pas des yeux le petit alors que lui m’a déjà abandonné, préférant quelque chose d’immatériel. Je le regarde, je capte chaque geste qu’il a, chaque intonation. Et tandis que la pluie et le vent redoublent de force, nous fouettant le visage de leurs bourrasques, deux explications plausibles me viennent en tête : folie ou fantôme. Fantôme ou folie. Sur mes deux pieds, mes sens en alertes, mes yeux contemplent la scène violente que m’offre ce gosse. Il en bave, ça se sent.

«Regarde moi petit !

Il n’est comme plus là, les yeux dans le vague et je suis obligé de l’attraper par les deux bras pour éviter qu’il ne vrille et s’écrase sur le sol. Penché, je le tiens fermement, je le secoue doucement.

« He, on va partir okay ? On va partir. Tu peux marcher ? »

Je le tiens toujours, prêt à l’attraper dans les bras. Il a l’air aussi léger qu’un enfant, même moi et ma petite carrure pourraient le soulever sans encombre. Puis un silence. Mon ouïe est en alerte, mes yeux fouillent son visage et je suis à deux doigts d’attraper le fusil qui pend derrière mon dos. Quelque chose ne va pas. Nous ne sommes pas seuls.

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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Mar 1 Mai - 16:07

Tout résonne. L’immatériel réussit à l’atteindre. Peut-être. Comme il atteind Ohanzee ? Penser à son ami lui donne la force de lutter. De ne pas se laisser tomber au milieu de cette forêt. Il doit se battre contre sa conscience vacillante. Il le sait. Il entend vaguement la voix de l’homme. Elle le ramène un peu sur terre. Un peu. Il rive son regard vers lui. Il arrive à poser son regard sur l’homme. A renouer le contact. Il y arrive. Mais il sait que ce n’est pas assez. Il doit réussir à fermer la porte vers l’au-delà. Il le sait. Mais il n’a jamais fait ça. Il n’a jamais fait ça consciemment.

On doit partir !

Il crit comme un sourd. Il a l’impression que personne ne peut l’entendre. Pourtant l’homme a l’air de l’entendre. Est-ce qu’il peut marcher ? Il n’en sait rien. Il doit marcher. C’est la chose qu’il sait. Il doit le faire. Ce n’est pas qu’il le peut. C’est qu’il le doit. Il acquiesce. Il hoche la tête. Il peut. Il doit pouvoir. Mais…

Tu ne lui échapperas pas.” lâche le fantôme lointain et pourtant si présent dans sa tête.

Il s’accroche au bras de l’homme. Ils doivent y aller. Et vite. Il n’entend rien. Que son propre coeur qui bat trop fort. Mais il sait. Il sait que le fantôme ne ment pas. Il commence à marcher, mais il titube. Il n’a pas d’équilibre. Il n’arrive pas à aller vite. Il marche à la vitesse d’une mamie paralytique. Et même s’il n’a rien contre les mamies paralytiques, là, il ne peut pas avoir ce rythme de marche.

Non… J’y arriverai pas…” souffla-t-il en se rattrapant à un arbre.

Il se sent si faiblard. Si fragile. C’est révoltant cette fragilité. Mais il sent. Il sent aussi le danger. Il est fébrile. Il entend un bruit. Ce n’est pas lui. Ni l’homme. C’est autre chose. Rapide. Autour d’eux. Ils sont des proies. Pour quelque chose. Il ne sait pas quoi. Il sait juste que ce n’est pas un fantôme cette fois. Il croit voir une nouvelle silhouette. Mouvante. Il ne sait pas ce que c’est. Il la pointe du doigt. En espérant que l’homme voie ça. Que ce ne soit pas encore un fantôme. Les fantômes ne font pas craquer les brindilles sous leurs pas. Les fantômes ne marchent pas si vite.
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Mer 2 Mai - 13:35



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Le petit, il essaye de marcher. Mais telle une branche contre le vent, il n’arrive à rien, gamin brinquebalant, prêt à tomber. Il s’accroche à un arbre, s’arrête alors que je suis sur le qui-vive, prêt à dégainer mon fusil. Malgré le vent, malgré la pluie, je l’entends, rôder autour de nous, passant de fourré en fourré. Bien plus gros qu’un chevreuil, bien plus puissant aussi. Je dois emmener ce gosse loin, seul, je vais avoir du mal à nous protéger tous les deux.

« Okey, j'vais te sortir de là, ne t'inquiètes pas.

Je le regarde, réfléchissant pendant quelques instants, me focalisant sur la mission nocturne qui vient d’apparaitre d’un claquement de doigt : le sauver lui et non plus chasser par devoir. Mais alors que je suis prêt à l’attraper par la taille, il pointe son doigt droit devant nous. Mes yeux suivent la trajectoire et c’est bien face à un loup que nous nous trouvons. Mais un loup qui n’en a que faire des lapins et des biches.
En une fraction de seconde, je suis devant le gosse, droit sur mes pieds, la carabine entre les doigts. Je n’aime pas tuer pour rien, mais là, c’est pour nos vies que je dois propulser une balle dans le corps d’une créature. Il n’approche pas, rôdant simplement autour de nous. Le fusil est chargé d’argent, habitude d’un chasseur qui sait qu’une balle banale n’a que peu d’effet contre la plupart des créatures surnaturelles.

« Tu ne bouges surtout pas…

Je murmure, espérant que le petit m’est entendu. Espérant surtout qu’il ne fasse pas ce que tout adolescent de ce nom ferait : fuir.

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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Jeu 3 Mai - 13:01

A quel niveau de désespoir faut-il se trouver pour remettre sa confiance à un mec flippant ? Vraiment ? Il ne pouvait pas faire autrement que de se retrouver à faire confiance en un mec qui se balladait avec un fusil en forêt, et qui venait de pointer un couteau vers lui. A quel moment on fait confiance à un gars pareil ? Sans doute au moment où, petit un, un fantôme a décidé que vous deviez mourir comme lui, petit deux, quand votre corps, ce salopard, décide de vous lâcher à ce moment-là, petit trois, quand il y a un truc bizarre -encore plus bizarre que le mec au fusil, on est sur une gradation dans la bizarrerie, hein- rôde autour. Oui, Ange en était loin dans l’échelle du désespoir. Assez pour se demander s’il n’allait pas mourir ce soir. Il regrette l’époque où mourir sonnait pour lui comme une issue plaisante. Maintenant, il ne veut plus du tout mourir. Il veut vivre. Désespérement.

Et en même temps, il est désemparé. Il ne sait même pas ce qui les menace. Cette chose que le fantôme invoque. Impossible de savoir ce que c’est. C’est une chose ? Un être ? Un animal enragé ? Ange n’en sait rien. Ne pas savoir, c’est sans doute le plus terrifiant. Il tremble comme une feuille. De peur. De froid sans doute aussi, trempé, couvert de boue. Cet homme devant lui en sait plus ? N’est-ce pas ? Il a l’air de savoir. Il n’a pas une réaction normale. Et à son murmure quelque chose saute dans le cerveau d’Ange. Une effronterie. Une soubresaut de fierté.

Sans déconner, j’allais faire un marathon…” souffle-t-il plus féroce et sauvage que ce qu’on aurait pu soupçonner.

Il reprend peut-être pied aussi. Son regard moins trouble, son ouïe revenant à la normal. Encore secoué, mais plus si secoué. Il repère le couteau à la ceinture de l’homme. Ce serait mieux qu’il s’arme lui aussi non ? Pour se défendre. Pour ne pas être un poids.

Je t’emprunte un couteau…” ajoute-t-il en se servant directement à la ceinture de l’homme.

Parce qu’il ne serait pas un demoiseau en détresse.
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Ven 4 Mai - 15:23



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Quand mes sens sont en alertes, quand tous mes muscles sont dardés, prêts au combat, je perds le peu d’humour que j’ai. Alors la petite blague du gosse, clairement, je ne la capte pas. Car plus je suis concentré, prêt à me lancer à corps perdu dans la bataille, plus mon cerveau est en exaltation, prêt à se servir de chacune de ses particules pour faire de mes avantages de vrais coups de maitre. Je ne suis pas le plus fort, je ne suis pas le plus rapide. Mais j’ai toujours été le plus ingénieux, le plus réfléchi. Et même dans un combat au couteau, il y a besoin de réflexion. Quand frapper pour blesser ou tuer. Pour faire couleur le sang, arracher une douleur ou tout simplement gagner du temps.

Mes doigts sont ancrés sur le métal du fusil, mes pieds bien enfoncés dans la terre. Et tandis que la pluie me fouette le visage, je sens la main du gamin m’effleurer le corps quand il attrape le couteau. Mes yeux se baissent peut-être une seconde, pour le retenir, arrêter cette effronterie. Une seconde qui suffit à la bête pour sortir des fourrées et nous sauter dessus. Putain de gosse ! Je n’ai pas le temps de reprendre le contrôle du fusil que le loup se jette sur nous au moment où j’attrape l’épaule du gamin pour le faire tomber sur le côté.

« Reste derrière moi ! »

Je ne hurle pas. Ce n’est pas mon style de crier. Mais le ton que j’utilise à plus de l’ordre que du conseil et je prie pour qu’il m’écoute, cette fois-ci. Le loup est face à nous, gueule béante qui n’a que de yeux pour notre jugulaire. J’arme le fusil et tire une première balle, qu’il évite en sautant sur la gauche. Je dois me relever. Je tire une seconde fois, je l’effleure alors qu’il était prêt à se jeter sur nous une seconde fois. Je profite de ce moment pour me remettre debout et d’attraper le col du gamin pour le relever. Deuxième erreur, s’occuper des témoins. A peine le temps de comprendre ce qui s’est passé qu’un coup de patte m’envoie valser sur le côté ». Putain que ça fait mal ! Le coup a été semblable à un boulet de canon dans mon flanc, et j’ai la tête dans la boue, le coeur sur le point de foutre en l’air ma cage thoracique. Le gosse. Je dois me relever pour le gosse.

« Cours ! »

Et cette-fois ci, je hurle. À plein poumons.

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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Ven 4 Mai - 17:02

Se trouver une arme ne paraissait pourtant pas être une mauvaise idée. Au final, c’était la pire chose à faire ? Sans qu’il ait vraiment eu le temps de comprendre, Ange était balancé par terre. Bon, maigre consolation, il avait réussi à garder le couteau dans sa main. Mais il était de retour dans la boue. Et en le voyant de plus près, ce loup était vraiment gros, et salement… gros. Et gros. Et avec beaucoup de dents. Autant dire qu’il ne faisait pas le malin. Il recula à quatre pattes, à moitié sur le dos. Il peinait tellement à se remettre sur ses jambes. Son regard, son cerveau happés par ce qui se déroulait sous ses yeux. Il se relève finalement. Ou est relevé. Il ne sait pas bien. Il reste paralysé devant la bête. L’homme tombe. Son dernier rempart. La dernière chose qui le protégeait de toutes ces dents. C’est donc ça qui a tué le fantôme. Cette chose. Ce loup. Ce trop gros loup. Il comprend mieux. Tout devient presque limpide.

L’ordre de l’homme le sort de sa torpeur. Il ne se fait pas prier, même si ses jambes peinent encore à le porter. L’adrénaline est un moteur puissant. Ses dernières ressources se mettent en branle pour qu’il réussisse à mettre un pied devant l’autre. Vite. Il a besoin d’aide. Il ne tiendra pas assez longtemps. Le loup est animal qui court vite et longtemps. Oui. Il sait ça. Merci les mois devant Discovery Channel à l’hôpital. Il n’aura aucune chance s’il continue de courir. Son regard cherche une solution, en faisant tout pour ne pas regarder derrière lui.

Une idée probablement stupide germe alors dans sa tête. Grimper. Un loup, ça grimpe pas aux arbres. Seulement, cette foutue forêt ne ressemble en rien à celle qu’il s’amusait à escalader dans le sud de la France pendant ses premières vacances estivales. Et d’ailleurs, on avait tôt fait de l’empêcher de grimper comme cela sans sécurité dans des arbres. Mais il allait devoir renouer avec son amour des hauteurs. Et vite. Il repère un arbre aux branches un peu plus basses. Il doit s’en saisir. Il doit y arriver. Il saute, ses mains s’écorche sur l’écorce mais il n’a pas le temps d’avoir mal. Il s’aggripe. Certaines branches craquent sous ses pieds, lui faisant perdre l’équilibre, il regarde vers le bas. Le loup est tout proche. L’adrénaline l’aide à s’accrocher. Il tire sur ses muscles, élevant sa carcasse malingre. Les mâchoires du loup attrapent sa chaussure. Non. Non. Non. Il se débat, et réussit même à foutre un coup dans la gueule de la bête qui emporte sa chaussure mais pas son pied. Béni soit ses lacets pas assez serrés. La peur lui donne un peu plus de légèreté. Il s’élève dans l’arbre alors que les attaques de la bêtes montent un peu plus haut. Quel animal pourrait sauter si haut ? Son pied glisse, s’écorche sur une branche. Il a un cri de douleur, le premier alors que ses mains sont déjà en sang. L’animal s’excite à l’appel du sang. Ange n’arrive plus à monter. Il s’accroche pourtant, mais ses muscles sont si durs, ils sont si lourds. Il est si haut. Il ne sait plus quoi faire. Chat perché tentant d’échapper au grand méchant loup. Il ne se moquera plus jamais du petit chaperon rouge… Il n’a même plus le couteau. Il l’a fait tombé en grimpant...
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Ven 4 Mai - 17:51



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Je le vois détaler l’inconnu, aussi vite qu’il peut, aussi vite que ses jambes lui permettent. Le loup hésite quelques secondes, gueule béante qui ne sait quel repas choisir, l’enfant ou l’homme. Le chasseur ou la proie. Et à son tour, il se met à courir, l’estomac réclamant de la chaire bien plus fraiche que je ne peux lui proposer. Quelques secondes à peine pour me permettre de me relever, d’attraper le fusil et d’utiliser mes quadriceps pour autre chose que me mettre debout.
La douleur dans les côtes m’arrachent quelques grimaces, il a du m’en péter une ou deux le con. Je cours à en perdre haleine, loin d’être aussi rapide que la créature et quand j’entends un cri un peu plus loin, je peste contre ma lenteur comparé à d’autres chasseurs. Mes pieds foulent le sol, la casquette de fan de baseball a disparu, la pluie me fouette le visage aussi fort que la douleur m’arrache des soubresauts. Faudra quelques verres de whisky pour calmer tout ça tout à l’heure, je les aurais bien mérité. Et alors que je cours toujours, je le vois, le loup, bondissant vers le ciel comme un chien qui tente d’attraper quelque chose… Le gamin est en l’air. Ouais, c’est bien un gosse. Mais sacrement débrouillard.

J’avance toujours, je ralentis à peine pour braquer ma carabine vers le monstre et je tire. À bout portant, le canon trop proche de son crâne. Il n’a pas eu le temps de comprendre, pas eu le temps de sentir le danger arriver tant ses sens de prédateurs étaient occupés par l’odeur alléchante du marmot. Il n’a pas eu le temps de réagir et son crâne a explosé en un claquement d’argent. Le visage ensanglanté, recouvert de chaire, je remercie la pluie de ne pas s'arrêter et de nettoyer ce massacre qui se lit sur mon corps. La carabine toujours en place, je reste quelques instants bloqués, expirant lentement après un pic d’adrénaline qui me rend presque malade. Détruire une vie d’un coup de fusil, ça n’a jamais fait parti de mes plaisirs de chasseur. Je préfère la traque à la mort, sauver à tuer mais… Mais il y a des moments où le cerveau doit être mis en off, les sentiments mis de côté. Pour survivre.

« Tu peux descendre…

Et maintenant, va falloir s'expliquer.

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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Ven 4 Mai - 18:47

Comment un loup peut-il bondir comme cela ? C’est effrayant. Terrifiant. Ange sent ses doigts glisser sur l’écorce. Il a beau essayer de se saisir mieux, ses doigts sont rigides. Son pied lui fait atrocement mal. Il sait qu’il a un morceau de bois planté au milieu de sa voûte plantaire. C’est douloureux. Les pieds, c’est toujours douloureux. Il entend craquer. Une branche va craquer. La sienne ? Il sait que sa vie ne tient foncièrement qu’à deux petites branches. C’était vraiment absurde. Il ferme les yeux. Une seconde. L’image d’Ohanzee s’imprime sur ses paupière. Il ne peut pas mourir. Il ne peut pas mourir sans l’avoir revu. Il ne peut pas… Sa main glisse. Il n’y en a plus qu’une qui le tient. Il va mourir. Comme ça. Dévoré par un loup. A cause d’un putain de fantôme. Il ne veut pas qu’un fantôme ait sa vie. Il ne veut pas. Il ne le rejoindra pas. Ni lui. Ni Anthony. Ni aucun fantôme qui enviait sa vie.

Le coup de feu détonne. La bête ne saute plus. Le bruit de son corps sur le sol mouillé est presque comique. Mais… La situation n’a rien de comique. Il sait que quelque chose de grave vient d’arriver. Il ne sait pas quoi exactement. Mais tout cela. Ce n’était pas normal. Le loup énorme. Le mec au fusil. Le fantôme. Cela fait un peu trop de bizarrerie au mètre carré. C’est improbable. Et… Il doit descendre. Il doit lâcher cette branche avant qu’elle ne le lâche.

Il essaie de descendre. Une branche, après l’autre. Un pied en moins. Il a mal. Partout. Approximativement. Sa main glisse. La deuxième aussi. C’était donc à ça quand sa mère avait hurlé qu’il allait se rompre le cou à faire des acrobaties pareilles. Les branches s’accrochent, giflent son visage. Il atterrit violemment par terre. Mais sa chute est amortie. Par la carcasse de l’animal. Par son sang. Par ses poils. Il recule en s’en rendant compte. C’est exactement à cet instant là qu’il fond en sanglots. La peur retombe. L’adrénaline aussi. Il s’effondre. Il a mal. Il ne sait même pas s’il peut marcher. Il y a toujours ce bout de bois qui transperce de part en part son pied, entre deux métatarse sans doute.

Me… Me faites pas de mal…” gémit-il désemparé.

Il n’a plus assez peur pour faire aveuglément confiance en un homme armé. En un homme capable d’abattre une bête enragée avec autant de sang-froid.

Je veux rentrer… chez moi…
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Sam 5 Mai - 2:27



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Il prend son temps le petit, pour descendre de son arbre. Ou alors il galère, je n’arrive pas trop à savoir. En même temps, je le vois mal sauter de joie à l’idée de se retrouver au sol avec un autre prédateur. Le loup a été tué, mais qui dit que je ne suis pas pire que le canidé ? Pour certaines créatures de la nuit, nous sommes pires qu’eux, une espèce à éradiquer tant la violence de certains de mon cru est considérable. Comme ceux de cette fichue entreprise, l’Organisation, dont j’ai rapidement entendu parlé. Des ouïe-dires, des murmures, des ignominies pour moi qui ait toujours considéré la chasse comme une vraie mission et non un moyen de torturer, détruire, s’amuser.
Son corps qui s’écrase contre celui duveteux du loup mort, le bruit sourd de la chute et les larmes qui commencent leur chute vertigineuse sur ses joues cramoisies. La pluie se calme alors que sa peur, son stress, peut-être même sa fatigue, se décuple au fil des secondes.

Je baisse mon arme au moment où il me supplie de ne pas lui faire de mal. Voici l’image que je renvoie. Un homme violent, capable de tuer un loup d’une balle dans la tête sans bouger d’un cil. Et pourtant gamin, je suis l’un des moins violent de mon genre… Prêt à lui répondre, il me coupe la parole en demandant de rentrer chez lui. Fusil derrière le dos, j’essuie d’un revers de manche le peu de sang qu’il me reste sur le visage, jurant intérieurement sur ma veste fichue. Encore une. Et alors que je me baisse pour l’aider à se relever, je vois son pied, déchiqueté, transpercé d’un morceau de bois. Peut-être que ses larmes ne sont pas seulement de peur…

« Ça va faire mal mais… J’peux pas laisser ce bout de bois comme ça.

Je parle sans attendre de réponse, j’m’accroupis et attrape son pied entre mes doigts chauds. L’un des avantages de se battre, d’être sous adrénaline quasi 24h sur 24, avoir ses muscles dardés, le corps bouillant à la moindre occasion.
D’un coup sec je casse une partie de la branche, celle qui dépasse de trop. Je respire un grand coup, alors que ça devrait être lui qui devrait prendre son inspiration. Et je tire sans qu’il ne s’y attende. Les hémorragies sont rares sur un pied. Les infections, non. Alors retirer cette branche aussi vite qu’elle est rentrée est plus important que de protéger son p’tit coeur.

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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Sam 5 Mai - 11:09

Il regarde son pied. Il sait que ça va faire mal. Il sait vraiment que ça va faire mal. Même si ça ne lui était encore jamais arrivé de se planter un bout de bois dans le pied. Quelle idée aussi. Il aimerait dire à ce type : “On devrait pas essayer d’aller à l’hôpital pour faire ça ?” Mais il n’y arrive pas. Parce que ce mec ne laisser aucun chaud. Il impose sa parole. Il ne laisse pas le choix. Ange grimace quand il saisit son pied.

“Non… C’est pas une bonne id......”

Il crie quand la branche casse. La suite lui arrache un hurlement de douleur. Il a déjà eu mal. Sans doute même plus mal que ça. Il s’est déjà fait plus mal. Mais là, il n’était pas volontaire pour cette douleur. Il la subit, il ne la désire pas. C’est différent. C’est horrible. Et en même temps, ce n’est rien. Absolument rien face à la douleur qu’il aurait subi si la mâchoire de l’animal s’était refermée sur sa jambe. Il serre les dents, le souffle haletant. Tout son corps crie pour la douleur qu’il a subi sans rien dire. Maintenant qu’il n’est plus question de survie son corps exprime son mécontentement.

Il se sent aussi stupide. Stupide d’être venu seul en pleine nuit dans ces bois. Stupide d’avoir cru aveuglément un foutu fantôme. Stupide d’être à présent à la merci du premier psychopathe venu.

“Pourquoi… pourquoi vous… étiez là… armé… comme ça ?...” ose-t-il articuler dès qu’il le peut. Il darde l’homme de son regard farouche. “Ce n'est pas… normal… ce… que vous avez fait… Vous êtes quoi au juste ?”

A-t-il les moyens de se méfier ? Peut-il se le permettre ? Non. Il est incapable de se défendre. S’il tient tête, ce n'est que du bluff. Un coup de poker pour essayer de sauver sa peau face à un prédateur qu’il peut peut-être duper. Le loup, il ne pouvait pas négocier avec...
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Sam 5 Mai - 12:28



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Le hurlement me pétrifie, me bloque la respiration. Ai-je eu tort ? Non. Mais ça ne m’empêche pas de m’en vouloir. Obligé de faire souffrir cet enfant pour ne pas qu’il souffre plus par la suite. Obligé de mentir, de jouer la comédie, pour lui faire oublier. Mais comment pourrait-il cesser de penser à cette attaque violente ce gosse ?! Comment peut-on penser qu’on peut effacer de sa mémoire un traumatisme pareil ? Je n’ai jamais rien oublié. Bien que ce soit mon quotidien, je me souviens de chaque mort, chaque démon, chaque créature que j’ai pourchassé, tué, empalé, renvoyé aux enfers. En particulier celle-là. Alors comme un marmot pourrait faire de cette attaque un souvenir alors que moi, l’adulte, j’avais toutes les peines du monde à oublier chaque aventure sanguinaire qui rongeait mon existence ?

Je l’écoute attentivement, tandis que je déchire un bout de ma chemise à l’aide du couteau (au point où on est, autant se servir de ce chiffon) pour lui entortiller autour du pied. Y’a mieux comme pansement mais ça tiendra jusqu’à… Je-ne-sais-quand. Qu’est ce que je vais faire de lui. Il en a trop vu pour se la fermer.
Et à sa dernière question, je relève la tête, découvrant des prunelles fiévreuses, presque en colère. Ce que je suis. Un tueur a ses yeux. Un monstre peut-être. Un sauveur je l’espère. Mais au fond, moi-même, je ne sais plus ce que je suis, à part un mec dont la carabine est devenue une extension de son bras, le couteau, de sa main.

« Je…

Mensonge, bobard, trouve quelque chose de plausible.

« Je chasse.

Une demie-vérité.

« …Tu parlais à un fantôme n’est ce pas ?

Retourner la situation à mon avantage, me souvenir de son regard paumé, de ses mots lancés au vent, délire que je ne connais que trop bien après des décennies à l’étudier.
Je le regarde fixement, j’ai la bouche sèche, le coeur qui bat trop vite. Il pourrait prendre peur et aller tout balancer. Il pourrait aussi se taire et m’écouter. Accepter ce qu’il a vu et faire d’une question une acception. Une simple vérité.

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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   Dim 6 Mai - 6:05

Pour un psychopathe, il a quand même beaucoup trop l’air de vouloir son bien. Alors quoi ? C’est un justicier de la nuit ? Franchement, ce n’est pas crédible. Qui ferait ça ? Qui serait assez malade pour risquer sa vie chaque nuit pour des inconnus ? Le concept semble assez absurde pour l’égoïste qu’est Ange. L’hésitation de l’homme est assez révélatrice. Il hésite comme lui quand il cache son don, sa malédiction. Quand il cherche une excuse au fait de parler seul. Alors qu’est-il ? Sa réponse ne donne pas beaucoup d’explications. Il chasse ? Ange en a un léger rire, plus un hoquet entre ses sanglots. Ricanement étouffé par la douleur. Il chasse. Bien sûr. C’est évident. Les chasseurs sortent en pleine nuit, quand on y voit rien. Il chasse quoi exactement ?

Et sa question le fait tressaillir. Il fixe l’homme. Prunelles méfiantes. Comment sait-il ? Ce n’est pas ce qu’une personne normale se dirait. Une personne normale lui demanderait s’il a pris de la drogue. Mais pas lui. Le silence s’installe plusieurs secondes. Le gamin ne sait pas ce qu’il doit faire. Dire la vérité, au risque d’être une fois de plus pris pour un fou.

“Si je vous réponds oui… vous n’allez pas me prendre pour un fou ? Habituellement, on me demande plutôt si je ne veux pas rejoindre... une cure de désintoxication.

Ange croise encore son regard quelques secondes. Puis, il essaie de se lever. Il a du mal, mais il y arrive, sans aide. Trop fier pour en demander maintenant. Il grimace en s’appuyant sur son pied. Pour rentrer, ça va être compliqué. Il le sent. Il prend appui contre un tronc.

Vous chassez aussi les fantômes ?” finit-il par demander. “Parce que si vous avez la solution pour les éloigner, je serai pas contre… Je tiens pas à mourir à chaque fois qu’un de ces connards me fait croire que si je l’aide, il aura la paix de l’âme…

Sa voix est mal assurée. Coupée par sa respiration douloureuse.

Je suis pas idiot… Vous me ferez pas croire que ce loup était… Normal… Alors autant la jouer franc-jeu…
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MessageSujet: Re: Run, baby, run, run (Johann & Ange)   

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Run, baby, run, run (Johann & Ange)

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