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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
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 "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]

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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 9 Mai - 17:15

Les mains d’Ange s’occupent sur sa tasse. Il triture la porcelaine sans but. Il ne sait pas ce qui le met le plus mal à l’aise. Devoir se souvenir de ce qui a causé sa descente aux Enfers, ou devoir parler de cette période si gaie à Ohanzee. Les deux sont extrêmement pénibles. Il se demande comment l’indien fait pour rester si neutre. C’est bizarre. Le voir noter ces choses, c’est quelque peu intimidant. Il n’a pas spécialement envie que ses souvenirs soient immortalisés ainsi. Ils lui sont propres, ils sont intimes. Il se sent quelque peu… volés ? Pourtant, il n’osera pas dire à Ohanzee d’arrêter. Il sait que c’est pour son bien. Il le sait. Pourtant cela éveille tellement de choses en lui. Cela le rapproche à nouveau d’Anthony. Cela ravive le souvenir de son sourire. Cela ravive le souvenir de sa voix.

Mieux comprendre celui qu’il a aimé ? C’est étrange dans la bouche d’Ohanzee. C’est malsain. Cette situation est malsaine. Il fronce un peu les sourcils. Il ne se sent vraiment pas bien. L’interrogatoire paraît digne d’une garde à vue. Il soupire. Tellement de questions.

Anthony Jefferson. Il avait une soeur, Christina, de mon âge, et ses parents… Il est mort dans un accident de voiture, je n’ai jamais su les détails… En fait… Je ne savais pas qu’il était déjà mort quand nous nous sommes rencontrés…” reprit-il en essayant de suivre le fil des question de l’indien.

Il essayait aussi de faire abstraction du côté extrêmement intrusif de la dernière. Il y a quelque chose de très dérangeant à répondre à tout ça. Il repousse nerveusement ses cheveux.

Ohanzee… Comment te sentirais-tu si après cinq ans à être condamné à vivre dans l’ombre des êtres que tu aimais après une mort violente et inattendue, quelqu’un réussissait à te voir ? A te parler ? A rire avec toi ?

Il ne répond pas vraiment. Pourtant la réponse semble évidente. Elle lui apparaît évidente à lui.

Peut-être que si cela avait été toi, tu aurais été son ancrage dans cette réalité. Je n’en sais rien. On ne peut pas expliquer l’amour des autres. Seulement, j’ai été là. Au moment où il n’attendait plus rien. Alors j’imagine que cela doit jouer dans son affection…

Nouveau soupir. Ange termina sa tasse de café.

On parlait souvent de voyages. On rêvait de partir en Europe ensemble… Je lui avais promis qu’on irait ensemble en France. Qu’on irait à Cannes. On en parlait… Beaucoup.

Se faire des plans sur la comète. Rêver de voyage. De vie à deux. Ils avaient tellement rêvé ensemble. Quelques mois de rêves idiots. D’espoirs fous. Avant le couperet. La sentence. La fin de tous leurs rêves. Les promesses intenables. Il ferme les yeux, baissant la tête. Il s’en était tellement voulu pour ces promesses. Il en avait tellement voulu à Anthony de lui avoir menti.

Notre rencontre ? Je crois… C’était tellement facile. Tellement naturel. Mais… Peut-être qu’il aurait répondu autre chose… Je n’en sais rien…

Il relève la tête, croisant le regard d’Ohanzee. Il se sent tellement mal de lui parler de ça à lui. Il sait que cela lui sera néfaste. Il n’aura de cesse de penser à ses mots.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Jeu 10 Mai - 11:52

Rester neutre, impartial.
Rester neutre et ne pas laisser d'émotions filtrer.

La tâche est aussi délicate que terrible. Chaque expression d'Ange, à l'évocation de son cher Anthony est un crève-coeur. Ohanzee endure. Ohanzee consigne. Dans cette histoire d'amour, c'est lui qui endosse le rôle du fantôme. Il le doit. C’est une necessité ancrée en lui : s'il veut sauver Ange, il lui faudra sauver Anthony. Cette équation peut aboutir à ce qu'il ne retrouve jamais ce qu'il avait effleuré cette nuit là, avec le jeune homme. C’est un choix sacrificiel.

Son chemin de croix.


- Ohanzee… Comment te sentirais-tu si après cinq ans à être condamné à vivre dans l’ombre des êtres que tu aimais après une mort violente et inattendue, quelqu’un réussissait à te voir ? A te parler ? A rire avec toi ?

Le métisse relève la tête et pour la première fois pause son crayon.
Une boule dans le ventre.

- Je sais exactement ce que cela fait.

Silence.

- Peut-être que si cela avait été toi, tu aurais été son ancrage dans cette réalité.  Je n’en sais rien.
- Peut-être.
-On ne peut pas expliquer l’amour des autres. Seulement, j’ai été là. Au moment où il n’attendait plus rien. Alors j’imagine que cela doit jouer dans son affection…On parlait souvent de voyages. On rêvait de partir en Europe ensemble… Je lui avais promis qu’on irait ensemble en France. Qu’on irait à Cannes. On en parlait… Beaucoup. Notre rencontre ? Je crois… C’était tellement facile. Tellement naturel. Mais… Peut-être qu’il aurait répondu autre chose… Je n’en sais rien…

Ohanzee a pleinement conscience que l'exercice qu'il inflige à Ange est compliqué, douloureux, épineux même. C'est un travail sur soi proche de l'introspection et de la prière. Sans cela, aurait-il pu survivre à sa renaissance ?
Peut-être.
Peut-être avait-il eu de la chance.
Peut-être que la présence de Caohime avait été son ancrage pour ne pas perdre la tête. Il se faisait l'effet d'un spectre tangible, parfois, un fantôme qui aurait gardé enveloppe.  Anthony s'était attaché à Ange comme un phare dans la nuit. Ohanzee avait fait de même. Aussi fragile et vacillante est cette lueur, Ange les éclaire, les pousse à retrouver la sensation de vivre.

Machinalement l'indien a rabattu ses jambes en tailleurs, sous lui, à même la chaise. Il réfléchit.  Il songe qu'il extorque à son ami, les parties les plus intimes de sa vie. Ce n’est pas juste.
Son regard croise celui du Bel Oiseau. Il tente e sourire, faiblement.
"Toutes les voies de l'homme sont droites à ses yeux; Mais celui qui pèse les coeurs, c'est l'Eternel. La pratique de la justice et de l'équité, Voilà ce que l'Eternel préfère aux sacrifices."

-  Ange, je comprends ce qu'éprouve Anthony parce que j'ai vécu la même expérience, avec toi.

Il se mord la lèvre inférieure, triture les pages du carnet. L' aveux est difficile.

- Je suis mort. Et j'a ressuscité. A mon réveil le monde avait changé et  tout ce que j'avais connu, tout ce que j'avais aimé, avait disparu. J'étais un errant de chair au milieu des errants. Je possédais encore mon corps, il est vrai, mais toute ma vie se trouvait de l'autre coté de mon sommeil. Mon père était mort. Chenoa était morte. Caohime était morte. Mes voisins, ma congrégation, ma ville, le monde.... Le monde entier était resté de l'autre coté.


Il hausse les épaules.

- Il a fallu marcher et rester debout. Il a fallu continuer de boire et de manger. Les gens qui m'ont accueilli l'ont fait avec tout l'amour et la bienveillance possibles et je me dois de leur rendre au centuple l'acharnement dont ils ont fait preuve. Il n'en demeure pas moins que je ne vivais toujours pas, au fond de moi. J'étais comme au repos, gelé dans l'attente qu'on me montre comment faire.


Il a un petit rire qui ressemble davantage à un souffle. Son regard s'envole vers la fenêtre avant de revenir nicher sur lui.

- Et puis je t'ai rencontré.

Déglutition.

- Je ne te mentais pas, quand je t'ai confié avoir la sensation d'être enfin à ma place. Depuis ta venue dans ma vie, l'univers s'est doté d'un nouvel éclairage. Certes vivre est une expérience parfois pénible, et qui mobilise tout mon courage. Mais depuis mon éveil, c’est la première fois que j'ai envie... d'essayer.

Il ajoute, vivement.

- Je ne te demande rien. Tu ne me dois rien ! Il tend la main vers lui pour le toucher. Cependant, malgré tout les doutes qui t'assaillent et qui te font souffrir,  ne remets jamais en cause de ta propre lumière. Tu es lumineux Ange, tu es destiné à être aimé et, je le souhaite de tout mon coeur, à aimer en paix.

Ohanzee choisit de conclure en buvant son café froid d'une traite.
Ce n'est pas de l'alcool, mais la saveur corcé fera office. Il a dévoilé sa vérité propre autant qu'il a pu.

- Je te remercie pour ces renseignements. Si tu penses que tu ne peux pas aller plus loin aujourd'hui, nous pouvons nous arrêter là, pour le moment. Si jamais tu as d'autres souvenirs qui remontent, n’hésite aucunement à m'en faire part. C'est en qualité d'ami et de soutien que je suis là aujourd'hui.

Il lui offre un sourire plus franc et se lève, en lui tenant toujours la main. Presque une invitation à danser.

- Puisque je suis là, tu me fais visiter ?  Et après , on fera ce que tu voudras... N'importe quoi de léger....
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Jeu 10 Mai - 13:21

Comment peut-il dire qu’il sait ce que ça fait ? A-t-il déjà connu l’oubli ? La mort ? La sensation d’inexistence ? Quelque part, Ange aimerait lui dire d’arrêter de mentir. Parce qu’il ne peut pas savoir ça. Personne ne le peut. Il ne le peut pas plus. Alors ces mots le révoltent. Il sent une boule de colère au creux de son estomac. Parce que ces mots sont presque une insulte pour Anthony. Pourtant, il ne s’arrête pas. Il continue. S’il dit tout maintenant, Ohanzee ne lui posera plus de questions, non ? Le passé retournera au passé et il pourra enfin se tourner vers le futur. Ange n’arrive pas à sourire. Son visage figé dans des souvenirs révolus. Il n’aura plus droit à cela. Plus avec Anthony. La réalité les a détruit. Ange pensait que tout était déjà fini. Son retour n’a fait que rendre la déchirure plus profonde. Son nouvel abandon comme un rappel de la condamnation. Il soupire.

La suite lui fait relever la tête. Il fronce les sourcils. Prêt à s’offusquer, à s’énerver. La colère n’a pas le temps d’éclater. L’incompréhension prend place. Comment ? C’était impossible. On ne peut pas ressuscité. La réalité n’a pas Jesus. Si ? Ange reste coi. Perclu de questions. Pourtant, il sait qu’Ohanzee ne ment pas. Qu’aussi étrange que soit son histoire, elle est vraie. Comment c’est possible ? Quel âge a réellement Ohanzee ? Si ses proches sont tous morts ? Il se perd dans les questions inutiles. Il s’en fiche en réalité. Ohanzee restera Ohanzee. Il n’a pas besoin d’en savoir plus.

Il croise son regard. Leur rencontre ? Comment… Il n’avait rien fait. Rien qui vaille cet… amour ? Il ne comprenait pas. Il serre doucement la main de l’indien. Il se sent submergé. Comment Ohanzee peut-il le noyer à ce point dans sa bienveillance ? Dans son amour ? C’est étouffant. Affreusement étouffant. Parce qu’il n’a plus le droit à l’erreur. Il se sent comme responsable ? Investi d’un devoir ? D’une mission sacrée. Pour un non croyant, c’est une funeste blague.

Je ne suis destiné à rien, Ohanzee… ça n’existe pas le Destin…” soupire-t-il d’une voix à peine audible.

Il ne peut pas comprendre. Sa lumière, il ne l’a jamais vu. Le miroir ne lui a jamais renvoyé que ses parts d’ombre. Il ne sait pas bien quoi dire. Il caresse du pouce la main du jeune homme. Il a envie d’essayer lui aussi. Mais essayer, cela ne veut pas dire réussir. Il n’a aucun doute. Il aime Ohanzee. D’une façon différente d’Anthony. Parce qu’on aime différemment au fil du temps. Il aime vivre avec lui. Il veut passer une vie à ses côtés. Est-ce qu’on peut aimer quelqu’un toute sa vie ? Est-ce qu’il est capable de ça ? Lui ? Il en doute. Il n’est pas quelqu’un de stable. Pas quelqu’un de bien. Pas la personne qui devrait avancer avec lui.

Ohanzee… Non… Pas maintenant… Je…” répond-il confus.

Il a tellement parlé. Il a tellement parlé qu’Ange ne sait même plus quoi dire. Sans doute trop bouleversé par la révélation concernant Ohanzee.

Non… Tu n’es pas juste un ami, Ohanzee…” souffle-t-il comme si c’était l’information la plus importante à rectifier.

Il est tellement submergé par tout. Tout est si incroyablement bizarre dans cette vie. Beaucoup trop. Et en même temps, si cette bizarrerie lui a permis de rencontrer Ohanzee, peut-être que tout n’est pas si moche dans ce monde détraqué. Il se lève lentement. Il se lève doucement. Il essaie de prendre son envol.

Visiter ? Il n’y a rien de bien à voir ici… Cette maison… Elle n’a rien de vivant…” murmure-t-il pour réponse. “J’ai pas envie… De rester ici, Ohanzee.

Il serre sa main. Il s’accroche à lui pour faire quelques pas, clopinant un peu.

On pourrait sortir ? Il fait beau… Et… J’ai envie de marcher un peu… Manger… Un truc en ville…

Comme le font les gens normaux. Il fait un pas vers Ohanzee, posant sa tête contre son épaule. Serrant son corps contre le sien. Quelques instants.

Il vaut mieux que je m’habille un peu mieux… Tu peux venir si tu veux… Ma chambre a rien de fabuleux…

Il se dirige lentement dans le couloir. Il tourne vers la seconde porte. Il ouvre son placard. La pièce sent un peu le renfermé. Ses draps sont froissés, roulés en boule au milieu du lit, tâchés de sang. Ici, l’ordre n’est pas parfait. On l’a laissé seul ici ces derniers jours. Il a interdit qu’on range derrière lui. Il n’y prête même plus attention à ce désordre, reflet de son mal-être. Il attrape des vêtements. Son armoire est le seul endroit qui semble ordonné. Il passe une chemise aux motifs floraux. Il s’assoit pour enfiler les chaussette, grimaçant quand le tissu comprime ses bandages. Il s’en fiche. On s’habitue à avoir mal. Il veut sortir de ce marasme. Il a besoin de sortir…

Tu connais un endroit bien en ville ? Je… Je connais surtout où sortir la nuit en fait…” demande-t-il en se relevant à l’autre jeune homme.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Ven 11 Mai - 2:56

-Visiter ? Il n’y a rien de bien à voir ici… Cette maison… Elle n’a rien de vivant…J’ai pas envie… De rester ici, Ohanzee.
- Alors ne restons pas...
- On pourrait sortir ? Il fait beau… Et… J’ai envie de marcher un peu… Manger… Un truc en ville…
- Faisons cela, alors!
Répond le cri avec gaieté.

Le mouvement d'Ange à son égard le déstabilise quelque peu. L'oisillon est si contradictoire en paroles, comme en gestes. Il n'ose pas prendre pour acquis ce qui pourrait ne plus l'être. Il n'est pas juste un ami, il reste moins qu'Anthony.
Il l'enlace malgré tout.
Ce baiser, volé plus tôt, à la va-vite, il pourrait en ripailler pendant des jours avant de souffrir du manque, avant de solliciter cette terrible concupiscence logée au fond de ses entrailles et dont il a pleinement conscience, désormais. Il doit rationner.

- Il vaut mieux que je m’habille un peu mieux… Tu peux venir si tu veux… Ma chambre n'a rien de fabuleux…

Ohanzee le suit, promène son regard sur le défilement de corridors, le cérémonial des décorations et des portes anonymes qui se succèdent. Il n'y a rien ici qui ne lui fasse penser à Ange. Colonnades et moulures sont les barreaux d'une cage aseptisée de toute vie.
La chambre, en revanche, porte son odeur, et sa température. Il  y a même du sang ça et là sur les oripeaux qui traînent au sol. C’est un capharnaüm sans nom. Pour autant, c'est une trace de vie dans cette maison aux allures sinistres de tombeau.

- Tu connais un endroit bien en ville ? Je… Je connais surtout où sortir la nuit en fait…


Le métisse ne semble pas relever l'information comme il se doit. Il passe naïvement à coté du noctambulisme débauché de son interlocuteur.

- Il est évident que tu manques de soleil, réplique Ohanzee en s'agenouillant pour lui retirer les chaussettes des mains et les rouler à ses pieds. De même il boutonne avec douceur la chemise printanière. Je suis allé au cinéma pour la première fois de ma vie, avec un jeune homme très gentil qui m'a offert ma place. Je crois que nous pouvons devenir amis. Il rit un peu, et poursuit avec chaleur. Il est apparu sous la pluie avec ses grands yeux ronds. Je suis sur que son esprit-totem est la grenouille.

Lorsqu'il termine de l'habiller et de lui lacer jusqu’à ses chaussures -qu'il devine éparse sous le lit- il pose ses mains sur ses genoux.

- Tu te sens de marcher ?

Ce n’est pas la question qu'il veut poser. Cette dernière demeure encore coincé dans sa gorge. Il lisse, quelques seconde, les plis du pantalon d'Ange, les yeux cloués à ses rotules osseuse que l'on devine sous le tissus.

- Tu n'as aucune interrogations... ?

Sur... "ça".
Sur ce qu'il lui a confié tout à l'heure.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Sam 12 Mai - 8:04

Le désordre ambiant met un peu Ange mal à l’aise. Les odeurs de sueurs. Pas que la sienne. Il aurait mieux fait de venir ici seul. Il aurait dû y penser mais il n’arrive pas à penser à grand chose dans son état. Il est tellement absent de son propre corps ces derniers temps. Il a parfois l’impression d’être un peu fantôme, de voir son corps faire les choses sans lui. Et Ohanzee qui n’a pas l’air de comprendre ses mots. Comme s’ils parlaient une autre langue. C’est peut-être le cas. L’indien semble si naïf parfois. Ange s’en veut d’être lui, bien moins innocent. Il est désarmé par ses actes. Par sa prévenance. Il aurait pu s’habiller seul. Vraiment. C’est presque gênant. Il se sent comme un enfant. Comme quand sa gouvernante l’habillait pour les galas. En réajustant parfaitement ses petits costumes. Pour qu’il soit parfait. A-t-il déjà été parfait ?

Il écoute Ohanzee. Première fois au cinéma. Cela donne un indice. Est-il resté mort si longtemps ? Avant que les cinémas ne soient popularisés ? Combien de temps est-il resté coincé entre deux mondes ? Ange en frissonne rien que d’y penser. Son réveil a dû être un tel choc. Une telle secousse. Comment avait-il fait pour relever la tête ? Comment peut-on être si courageux et si humble à la fois ? Se rend-il compte de sa force ? Ange se retient. De lui dire que lorsqu’on offre une place de cinéma à un inconnu, c’est rarement pour être juste son ami. Ou alors, il a les idées déplacées. Il n’en sait rien. Il préfère se taire. Il sourit mollement.

Ange n’arrive même pas à protester quand Ohanzee lace ses chaussures. Il se sent si assisté. Il soupire.

Oui, oui… Je peux marcher, ne t’inquiète pas… J’ai rien de cassé…” murmure-t-il doucement.

La seconde question… Il regarde Ohanzee. Croisant son regard. Il ne sait pas bien quoi dire. A quoi bon poser des questions ? Les réponses ne rendront pas la situation plus simple. Il pose ses mains sur celles de l’indien.

Est-ce que mes questions vont changer quoi que ce soit, Ohanzee ?” finit-il par dire. “J’en ai assez de me poser des questions. Tu es vivant. C’est tout ce que j’ai besoin de savoir. Le reste n’a pas d’importance.

Il secoue doucement la tête, comme pour chasser le reste. Parce qu’il ne veut pas penser à tout ça. Il y a assez de choses étranges dans sa vie. Il préfère se concentrer sur sa peau sous la sienne. Qu’il sert tendrement entre ses doigts. Il se lève doucement.

Tu me diras ce que tu veux. Quand tu le voudras.” conclut-il avec un sourire.

Il ne veut pas questionner comme Ohanzee l’a fait avec lui. Il ne veut pas le forcer à parler. Il attendra. Et qu’importe. Il espère juste ne pas faire de faux pas. Comment savoir ? De toutes façons, leur relation est déjà quelque peu un fiasco, non ? Avec Anthony. Avec ça. Après tout, au point où ils en sont.

Tu sais où aller ? Ou… On va se perdre tous les deux en ville ?
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Lun 14 Mai - 16:31

- Est-ce que mes questions vont changer quoi que ce soit, Ohanzee ? J’en ai assez de me poser des questions. Tu es vivant. C’est tout ce que j’ai besoin de savoir. Le reste n’a pas d’importance.
- D'accord, souffle Ohanzze en se relevant.
- Tu me diras ce que tu veux. Quand tu le voudras.

Le jeune homme hoche la tête. Il médite cette remarque entre le reproche voilé et la prudence manifeste. Il ignore désormais comment il doit procéder. Le film qu'il a pu voir avce Cecil lui a appris bien des choses et surtout qu'un premier amour est aussi puissant qu'éphémère. Il marque. Il ne dure pas.
Il est fait pour s'éteindre.
Cela pose des perspectives inédites quand à ces propres choix.

" Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu "

- Tu sais où aller ? Ou… On va se perdre tous les deux en ville ?

Le rescuscité lui prend doucement la main et pose un regard pénétrant sur lui, l'objet de ses espérances.

- Perdons-nous, Ange... Perdons-nous tous les deux pour mieux nous retrouver...

Et c'est ce qu'il firent.

***

Ohanzee et Ange cheminent au gré des rues et des embranchements. Les habitations du vieux Blackwater Falls ont ces allures de bicoques charmantes d'une époque passée.( Mais pas la sienne.) La végétation y est présente, clairsemant de feuillages humides, encore gorgés de pluie,  les allées résidentielles. L'amérindien se penche pour caresser un chat peu sauvage ou s'émerveille d'une nuée de moineaux qui pépient autour d'une flaque, de la beauté cachée des vieilles pierres, du souffle du vent dans les boucles d'Ange.

Des petits riens.
Des choses simples.

Il ne sait rien de la vie moderne. Il n'entend rien des choses qui s'évoquent entre jeunes gens. Il ignore comment l'on courtise une femme, il est davantage démuni avec un homme. Alors il ne fait rien. Il ne dit rien. Il se contente simplement d'être lui. Une présence lumineuse et attentive, où qu'elle se déplace. Il coule ses pas dans ceux de son ami, il s'arrime à son rythme. Prévenant, sans pour autant se permettre de le toucher. Pas trop. Pas en public. Des badauds leur sourient, le cri le leur rend, simplement. Fugaces moments de complicités entre promeneurs. Les rues se peuplent, perdent en intimité, se bordent de vitrines. Il y a tant de choses à voir et regarder.

Soudain, Ohanzee s'arrête devant une boutique de papeterie et de fourniture d'arts plastiques. Il décroche de la foulée de son compagnon, le regard rivé aux carnets reliés de cartons ou de cuir. Ses yeux brillent, tel un gosse devant un étal de confiseur. Il remarque les feutres en promotion, les mêmes que ceux de Nora. Il aimerait les tenir en mains, les tester sur le vélin de son propre calepin.
Il se perd dans ses pensées, une poignée de secondes délicieuses, rien que pour lui.

Et il se rappelle soudain qu'il n'est pas seul.

- P.. pardon ! Je suis navré, Ange, j'ai juste... Je redécouvre le dessin. Cela fait une éternité -littéralement- que je n'ai pas croqué quoi que ce soit.

Il sourit, se sentant vaguement idiot et honteux de n'avoir songé qu' à lui.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mar 15 Mai - 5:23

Perdons nous pour mieux nous retrouver. Les mots tournent et retournent dans la tête d’Ange. Pour se retrouver ne faut-il pas s’être déjà trouver ? Se sont-ils déjà trouvés ? Est-ce une bonne chose qu’ils se retrouvent ? Qu’ils s’attire comme des aimants ? Il se sent attirés vers Ohanzee. Comme si une force irrésistible l’amenait à lui. Et pourtant, il aimerait y résister quelque part. Parce que ce lien si intense entre eux lui fait peur. Les affres de l’amour l’effraient à présent.

Pourtant il marche à côté du cri. Il aimerait prendre sa main entre ses doigts. Ce contact lui manque. Sans qu’il puisse s’expliquer pourquoi. Il sourit en voyant Ohanzee. Sa bonté d’âme irradie tellement autour de lui. Impossible de ne pas être touché. Ange s’efface derrière cette beauté solaire. Il s’éclipse derrière lui. Personne ne le remarque vraiment. Fantôme palot derrière un être si lumineux. Il sourit vaguement. Ses sourires n’ont pas la même chaleur. Si Ohanzee est solaire, lui n’est qu’un satelite, Lune s’éteignant si personne ne partage sa lumière. Simple miroir. Simple effet de ricochet. Il ne sera jamais comme Ohanzee. Peut-être qu’il le jalouse un peu. Mais il l’admire surtout. Cette observation lui fait oublier la douleur qui remonte dans sa jambe. Il fait abstraction. Il serre les dents. Il ne veut pas stopper ce moment qui est finalement si simple et si naturel.

Quand Ohanzee s’échappe, Ange le suit. Il l’observe. On dirait un enfant devant un camion de glaces. C’est attendrissant. Un sourire amusé s’ancre sur les lèvres du blond alors qu’il repère très bien ce qui semble fasciner à ce point l’indien. Il ne savait pas qu’il dessinait. Et en même temps, que sait-il vraiment d’Ohanzee ? Si peu de choses. Et pourtant, il a l’impression de le connaître depuis toujours. C’est idiot.

“Il n’y a pas de mal, Ohanzee. Tout le monde a ses passions. Ce serait idiot de te blâmer pour ça.” dit-il simplement. “Et puis cette boutique est agréable.”

Il sourit doucement.

“J’écris beaucoup. Alors, j’ai déjà acheté des choses ici. Et d’ailleurs, ils ont probablement reçu une de mes commandes… Tu m’attends une minute ? Je reviens…”

Mensonge éhonté énoncé avec tant de conviction. Il s’éclipse sans attendre. Avant qu’on puisse se rendre compte d’une éventuelle supercherie. Il s’avance sans hésitation vers le vendeur derrière sa caisse. Il intime la discrétion. Il explique brièvement sa manigance. Il fait signe à Ohanzee au travers de la vitrine, l’air tellement naturel. Le vendeur exécute ce que le client demande avec un air bienveillant. La surprise ne peut pas rater. Ange sort avec finalement un sac. Qu’il tend à Ohanzee.

“Tadaa.” qu’il souffle amusé. “Tu as piqué ma curiosité, ça me ferait énormément plaisir de te voir dessiner à nouveau.”

Un sourire malicieux sur son visage.

“Si tu veux, je peux même être ton modèle…”
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mar 15 Mai - 10:16

- Il n’y a pas de mal, Ohanzee. Tout le monde a ses passions. Ce serait idiot de te blâmer pour ça. Et puis cette boutique est agréable.
- Tu connais cet endroit ?
- J’écris beaucoup. Alors, j’ai déjà acheté des choses ici.
- Tu écris....

Un monde de possibles s'ouvre devant Ohanzee. La certitude qu'Ange est son âme jumelle est fortement ancrée en lui. Croire et Connaitre ne se conjugue pas de la même façon. Il y a des mystères qui ne sont pas toujours malheureux concernant son compagnon. C'est un sentiment merveilleux qui l'affole quelque peu.
La curiosité n’est-elle pas un vil défaut ?

- Et d’ailleurs, ils ont probablement reçu une de mes commandes… Tu m’attends une minute ? Je reviens…
- Oh.. euh... très bien....


Il ne peut s'empêcher d'être déçu, il aurait voulu rentrer chez le commerçant, se perdre entre les rayonnages. L'obéissance calibre toujours son caractère. Alors il attend, comme on lui a intimé de le faire. En toute docilité.
Il a tout loisir d'admirer Ange derrière la vitrine, telle une aquarelle délicate sous verre. Un geste discret de la main pour répondre au sien. Voile de sourire. Ces moments, même ridiculement  anodins, n'appartiennent qu'à eux.
Éclosion brûlante dans la poitrine.

Ange sort enfin de l'échoppe... Et lui tend un sac en plastique garni.

- Tadaa !

Ohanzee écarquille les yeux. Ses joues constellées cuisent sous une brusque bouffée de chaleur.

- P... pour moi ? Mais, Ange, je ne peux pas.... proteste-t-il.

Sara, Cecil et maintenant Ange, Est-il légitime pour recevoir autant de générosité et de bienveillance ? Il ouvre néanmoins le sac, les yeux brillants. Il s'agit bel et bien des feutres qu'il convoitait. L'amérindien s'étrangle presque de joie.

- Tu as piqué ma curiosité, ça me ferait énormément plaisir de te voir dessiner à nouveau. Si tu veux, je peux même être ton modèle…


Ohanzee attrape la main du Bel Oiseau. Son expression est plus radieuse que ce soleil d’août pluvieux.

- Merci infiniment ! S'écrie-t-il.

il dépose un baiser joyeux et léger sur sa joue. En se redressant, le métisse s'attarde tout près du visage aimé. Leurs nez se touchent presque. Le désir de cueillir ses lèvres fleurit, impérieux. Il se l'interdit. Il n'ose pas l'embrasser sans son consentement, imposer quelque chose qu'Ange ne voudrait pas vraiment. Ses yeux expriment, pourtant, toutes ces envies qu'il jugule.

- Merci, vraiment, souffle-t-il tout doucement avant de s'éloigner du fruit défendu. T'avoir pour modèle serait un honneur. Je peux.. maintenant... S..Si tu veux bien....

Il bafouille, agressant le charnu de sa lèvre inférieure.

- Je ne sais pas si j'ai un grand talent. Caoimhe était incroyablement plus douée et expérimentée que moi. Elle m'a initié à la peinture en me laissant l'accompagner.

Il se remémore ces instants révolus, les paysages magnifiques baignés de lumière qu'elle capturait sous ses pinceaux. Il se sentait si pataud, à coté.

- A la réflexion, je pense que c'était parce qu'elle avait besoin d'une bête de somme pour porter son chevalet.

Il rit, un rire spontané et rare.
Il se rend compte, soudainement, qu'il n'a pas expliqué qui elle était.

- Caoimhe est mon amie d'enfance, ma plus vieille et meilleure amie.
Un menu silence. La seule en fait.

Il parle d’elle au présent. Il n'arrive pas à l'évoquer autrement que par gestes vifs et énergiques. Caoimhe l'a toujours animé ainsi, exhorté de sa torpeur d'enfant bien élevé.

- Je crois qu'elle se moquerait de moi si elle m'entendait affirmer une telle infamie. C'est une tête-en-bois, doublée d'une chipie !
Il conclut, le regard un peu vague. Elle aurait adoré cette époque, ce monde débordant d'irrévérence. Cela lui aurait pleinement convenu...

Ohanzee s'ébroue d'un rêve un peu lointain.

- Où veux-tu que nous nous installions ? J'ai très envie de tester ton cadeau dès à présent !
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 16 Mai - 4:07

Ange est presque étonné qu’Ohanzee n’essaie pas de rentrer dans la boutique pour saborder son complot. C’est étrange comme il abdique facilement. Dès qu’on lui demande quelque chose, il le fait. Le blond a du mal à comprendre comment on peut faire cela. Il ne supporte lui pas les ordres. Il a toujours envie de faire l’inverse de ce qu’on lui impose. Il prend toujours à revers les consignes. Il contourne. Il zigzag, mais il ne fait jamais exactement ce qu’on lui dit. Alors, il a du mal à comprendre. C’est fascinant quelqu’un de si différent de soi. Et si facile à surprendre. Vraiment facile à surprendre.

Ange ne peut s’empêcher de rire un peu. Amusé de sa surprise. Content d’avoir réussi son vilain tour de passe-passe.

Bien sûr que si tu peux ! Ce serait indécent de refuser un présent !” dit-il avec un ton mondain qui ressemblait bien trop à celui de sa mère.

Il sourit de voir l’indien si heureux. Sa joie est communicative. Il se laisse illuminer de ses rayons de soleil. Lui, si vivant. Comment aurait-on pu imaginer qu’il a pu être mort ? L’idée fait frissonner Ange. Tant de questions en suspens qu’il n’a pas envie de poser mais qui lui brûle les lèvres. Heureusement qu’Ohanzee le tire de ses pensées avec ses gestes. La main dans la sienne d’abord. Contact espéré. Les lèvres sur sa joue. Surprise adorée. Il reste immobile. Son regard ancré à celui du métis. Embrasse-moi. Embrasse-moi. Embrasse-moi, psalmodie-t-il mentalement alors que sa respiration s’est coupé. Mais la prière muette n’est pas entendue.

De rien…” murmure le blond en reprenant son souffle.

Peut-être qu’il est un peu déçu qu’il s’éloigne. Mais… Sait-il ce qu’il veut ? N’était-ce pas lui qui deux heures plus tôt repoussait l’idée de revoir le métis ? Il s’agaçait lui-même d’avoir si peu de certitudes. Il n’était qu’un crétin indécis.

Avec plaisir… Mais si c’est maintenant… Ce sera pas nu…

Il fait un clin d’oeil à Ohanzee. C’était tellement facile de blaguer à ce sujet. L’Ange impudique ne pouvait rater cette occasion. Il réfléchit à un lieu. Où pourraient-ils aller ? Dans un café ? Ange aurait bien envie de s’asseoir un peu, pour que la douleur de son pied se calme un peu. Il écoute tout en réfléchissant à cela. Caoimhe. Un drôle de prénom. Il ressent toute l’affection que l’indien porte à cette femme. Il rit amusé.

Je suis sûr que tu as du talent aussi… Et puis, il faut aussi travailler, le talent n’est qu’une graine qu’il faut arroser d’acharnement et de besogne.” dit-il rassurant. “Cette jeune femme… Elle a disparu ? A jamais ? Elle n’est pas… resté visible pour toi ?

Il questionne. Peut-être qu’avec un peu de chance ou de malchance, son amie était encore présente, en quelque sorte. Il espérait pour Ohanzee. Même si cela voulait probablement dire qu’elle n’avait pas eu une fin heureuse de son vivant. L’amérindien avait l’air si attaché à elle.

Dans un café ? J’ai besoin de m’asseoir un peu… Et puis, j’ai un peu faim…

Il regarde la rue commerçante, sur la pointe des pieds. Il pointe du doigt une devanture.

Là-bas ? Viens…

Il prend doucement la main de son compagnon. Peut-être plus parce qu’il en avait envie que par nécessité. Il l’entraîne vers le petit café. C’est un endroit petit, presque familial. Il n’y a jamais mis les pieds, mais il s’y sent bien malgré tout. Une dame d’un certain âge semble veiller sur les lieux, leur adressant un sourire accueillant quand ils passent la porte. Ils s’installent à une table. Ange ne peut s’empêcher d’avoir un soupir d’aise quand il se laisse tomber sur une petite banquette. Ange commande une petite collation quand la propriétaire vient prendre la commande et laisse Ohanzee choisir ce qu’il veut.

Puis ils se retrouvent “seuls”. Ange sourit à Ohanzee. Il n’a pas besoin de plus que sa présence pour se sentir un peu mieux. C’est étrangement simple et si affreusement compliqué entre eux.

Tu me diras s’il faut que je reste immobile… Je suis pas sûr d’y arriver très bien… J’ai tendance à toujours bouger… Ma mère détestait cette manie que j’avais de remuer quand j’étais petit… Un Ange qui a le diable au corps, ça fait mauvais effet dans les repas importants…

Il rit doucement. Une pointe de nostalgie dans le regard.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 16 Mai - 6:18

- Avec plaisir… Mais si c’est maintenant… Ce sera pas nu…

Ohanzee s'empourpre définitivement. Il frémit, non pas de l'immoralité du propos, mais de sa perspective. Déjà, ses espérances dévalent la peau laiteuse de l'Oiseau, ses mains sombres se referment sur ses poignets précieux, ses cheveux noirs souillent le derme immaculé, ses baisers volent cette bouche trop pleine.
Évoquer Caoimhe est une parade salutaire pour tromper sa cervelle obscène.

Il ne se savait pas si concupiscent.

- Je suis sûr que tu as du talent aussi… Et puis, il faut aussi travailler, le talent n’est qu’une graine qu’il faut arroser d’acharnement et de besogne. Cette jeune femme… Elle a disparu ? A jamais ? Elle n’est pas… resté visible pour toi ?

Moment d'hésitation.

- Si. C'est même elle qui a en parti permis mon réveil. Je serais devenu fou, probablement, sans sa présence et son insupportable caractère. Au milieux de ma résurrection et des errants, c'était comme retrouver un semblant de normalité...

Ange propose un café.
Ohanzee le suit, doigts entrelacés aux siens. Son compagnon semble soulagé de s'asseoir et l'amérindien prend toute la mesure de sa douleur. La culpabilité lui chatouille à nouveau le palpitant. Les commandes fusent : cafés crème et puddings chômeurs. Le sourire d'Ange est radieux, il a même repris quelques couleurs. Ohanzee se convainc qu'il n'a pas fait fausse route en forçant ces retrouvailles.

- Tu me diras s’il faut que je reste immobile… Je suis pas sûr d’y arriver très bien… J’ai tendance à toujours bouger… Ma mère détestait cette manie que j’avais de remuer quand j’étais petit… Un Ange qui a le diable au corps, ça fait mauvais effet dans les repas importants…

- "Un Ange qui a le diable au corps" répète doucement le métisse. Je ne pourrais juger de cela qu'une fois que tu auras posé nu pour moi....

Il se mordille la lèvre, retenant un sourire, puis laisse éclater son hilarité en observant la tête de son ami. Les gens sont si peu habitués à le voir faire de l'humour. Ohanzee toussote dignement pour reprendre son sérieux.
Il évite, ainsi, à son imagination de dériver.

- Sois simplement toi. Mais avant toute chose... Il se penche sous la table pour attraper délicatement la jambe claudicante de l’Oisillon. Il la surélève en posant le talon sur sa cuisse et défait les lacets de son soulier. Laisse le sang circuler dans ton pied. J'ai pris soin de ne pas marcher trop vite, mais je crains d'avoir malgré tout trop sollicité tes jambes.

Les quelques clients de la salle, jettent des œillades sur le duo à la dérobée. Aveugle à leurs pavoiseries, le cri extirpe son carnet de sa besace et pose devant lui une trousse en fer blanc qui recèle de mines de plombs, plus ou moins grasses, et d'une gomme mie-de-pain. Puis, avec une infinie précaution, il sort du sac en plastique la pochette de feutres neufs. Il la déballe en toute cérémonie, s'autorise à en prendre un dont il retire le bouchon. Il hume l’alcool qui s'en dégage avec un sourire gourmand.
Son carnet, à peine entamé, s'ouvre sur une page blanche. Il laisse glisser la pointe du feutre sur le papier.

- Doux Jésus, la couleur est si intense....

Il repose le stylo, comme ébloui. Il opte pour un crayon gris tout simple, bien plus modeste. Davantage à son image.

- Tes parents ne te visitent pas ?
risque-t-il en commençant à tracer des lignes disparates sur le papier.

Il a le geste plus fluide et ample que ce que laisse présager son caractère. Sa nature timorée n'augure pas de cette trace vive, brute, presque brutale qui sculpte le papier.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 16 Mai - 16:20

Alors Ohanzee a gardé une amie de son époque. Ange se demande bien si quelqu’un de son époque pourrait errer si longtemps pour finalement le retrouver. Il n’avait probablement personne qui puisse l’attendre autant. Personne d’actuellement vivant du moins. Peut-être parce qu’il n’avait pas vraiment d’amis. Il avait fini par les perdre, ou volontairement les décourager. Alors… Personne ne l’attendrait. Il sourit doucement à Ohanzee.

Heureusement que tu l’as alors…” dit-il sincère.

Il n'éprouvait pas de jalousie envers cette Caoihme. Il était sincèrement content qu’Ohanzee ait un tel point d’ancrage dans ce monde si chaotique. Si terriblement chaotique. Il aurait aimé connaître cela. Mais… Anthony ne lui apportait pas cet apaisement. Il ne le lui apportait plus. Mais ce n’était pas la question. Il ne voulait pas penser à Anthony maintenant.

Et peut-être que ce café, ce nouveau décor l’aidait à tourner un peu la page. A regarder droit devant lui. A regarder Ohanzee. A sourire à cette vie-là. Il marque un temps d’arrêt quand Ohanzee lâche une phrase terriblement… tendancieuse ? Il ne sait pas s’il doit se réjouir d’une telle perche. Ou… IL finit par rire avec Ohanzee. Les joues peut-être un peu échauffées par toutes les idées qui ont traversé en un si court laps de temps son esprit. Sois simplement toi. Il sourit en entendant ça. Un sourire plein d’apaisement. Avec Ohanzee, il peut être lui-même. Entièrement lui-même. C’est si nouveau.

Il laisse l’amérindien s’occuper de son pied. Un peu surpris par cette délicate attention. Il laisse sa jambe appuyée sur sa cuisse. Se fichant bien des regards vers eux. Il avait appris à se foutre du regard des autres.

Ne t’en fais pas… Je ne suis pas en sucre, je suis un grand garçon, si j’avais vraiment eu trop mal, je t’aurai arrêté… J’étais content de marcher comme ça…” explique-t-il avec un sourire. “J’en avais besoin je crois…

Il avait besoin de quitter sa chambre. Il avait besoin de quelqu’un pour lui tenir la main. Pas seulement quelqu’un avec qui froisser les draps quelques minutes. Il avait besoin de stabilité. D’apaisement dans une vie trop instable. Trop chamboulée.

Il observe son ami sortir ses affaires. Curieux de tout. Curieux de lui. Ange n’avait jamais persisté dans le dessin. Il n’était pas forcément nul, il n’avait juste jamais persévéré. Il dessinait dans les marges, jamais sur de grandes feuilles. Il n’en avait jamais ressenti le besoin. Ecrire avait été un besoin bien plus impérieux. Mettre des mots sur ses sensations, sur ses blessures, c’était plus instinctif. La poésie était son arme de défense, tout autant que sa médecine. Ange se penche un peu sur la table pour regarder la couleur. Elle ne lui semble pas si exceptionnelle mais… Il est un garçon de ce temps. C’est peut-être la différence. Il se rassoit un peu mieux, remuant effectivement comme un asticot. Ses mains jouant sur la table à s’emmêler et se démêler à l’infini.

La question d’Ohanzee le fige. Ses parents. Il baisse les yeux un instant. Il n’aurait pas dû parler de sa mère. C’était une invitation involontaire peut-être à cette question. Il secoue négativement la tête, avec une légère moue.

Non… Je ne crois pas que cela arrivera.” souffle-t-il d’une voix un peu faible. “Mes parents… Je crois qu’ils ont fait le deuil de leur fils il y a déjà quelques années.

Les mots sont durs et pourtant, ils transcrivent la réalité de leur relation. Il n’existe plus à leurs yeux. De trésor, il est devenu disgrâce. Indésirable fou. Il repousse nerveusement ses cheveux. Se mord la lèvre.

Ce sont eux. Qui m’ont fait interner.” ajoute-t-il d’une voix à peine audible. “Au fond… Je crois qu’ils regrettent que je me sois raté plus d’une fois…

Il hausse les épaules. Son corps tressaille de tics nerveux. Le sujet l’a immédiatement crispé. Faisant remonter à la surface trop de blessures. Trop de ténèbres. Heureusement que leurs consommations arrivent. Il sourit à la serveuse. Et ses mains s’emparent de sa tasse pour la triturer. Pour s’occuper les doigts. Il inspire un grand coup, et expire plus lentement. Comme pour évacuer le noeud dans son estomac. Il sourit à Ohanzee. Ombre de sourire. Masque peu crédible. Il pioche dans la pâtisserie sans appétit. Ses émotions s’amusant sans doute de lui. Il regarde à nouveau Ohanzee.

Pardon, je bouge trop…” s’excuse-t-il en s’apercevant qu’il est encore en train de ramener ses cheveux en arrière.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 16 Mai - 17:15

Tressaillement. Nerfs qui claquent. Ohanzee a marché sur l'un d'eux par mégarde, comme on blesse inutilement un chat en lui écrasant la queue. Il le regrette presque immédiatement.

- Non… Je ne crois pas que cela arrivera. Mes parents… Je crois qu’ils ont fait le deuil de leur fils il y a déjà quelques années.

L'amérindien n'ose piper mot. Il se contente de cueillir les expressions d'Ange sous son crayon avec une vélocité qu'il se redécouvre après des années de rouille.

- Ce sont eux. Qui m’ont fait interner. Au fond… Je crois qu’ils regrettent que je me sois raté plus d’une fois…

Le métisse enrobe de sa paume le poignet agité de son compagnon. Les tressautements de la tasse et son contenu, cessent.

- Pardon, je bouge trop…
- Non, Ange...Je ne peux pas te laisser dire ça. Les parents ne comprennent pas leurs enfants, mais il les aiment. C'est ainsi. C’est le tragique de leur charge. Ma mère m'a abandonné, mais elle n'a eut cesse de penser à moi, jusqu’à son dernier souffle. Mon père... Silence. Mon père m'a aimé si fort qu'il m'a tué pour me préserver de ce monde. Où qu'il soit, j'ai la certitude qu'il n'a jamais cessé de me pleurer.

Son pouce caresse délicatement le dos pâle de cette main qui tremble, ce derme si délavé qu'il fait ressortir la terre-de-sienne de son propre pigment.

- Les parents sont des êtres faillibles, comme tout être humains, comme toute chair soumise à la tentation. Tes parents ne t'ont pas interné toi, ils ont enfermé leurs peurs dans une boite pour l'envoyer au loin. Pourtant, tu jouis de leur bienfaits, tu conserves un toit au dessus de ta tête, tu vis. Ils ne désirent pas ta mort. Ils sont simplement effrayés. Pardonne-leur, si tu peux.... Pardonne-toi, aussi... Mais à moi, tu n'as rien à te faire pardonner. Te voir bouger me prouve que tu es là à mes cotés, bel et bien vivant.


Il lui effleure la joue du bout des doigts. Son sourire sincère, tendre, est comme un baiser distant. Il l'aime, c'est si évident. Il l'aime comme le Soleil s'éprend de la Lune sans parvenir à la trouver. Tel un lepidoptérophile prudent, il ne s'attarde pas, de crainte d'effarer le papillon. Ange est un être versatile, inconstant et fragile, il en prend bien la mesure. C'est pourtant, aussi, ce qui tisse sa beauté.

Ohanzee se décide à changer de sujet.

- Tu as évoqué l'écriture tout à l'heure, mais tu ne m'en a pas dit plus ? Qu'écris-tu ?

Le crayon danse à nouveau sur le papier, concert de grattement irréguliers. Il n'a pas touché à sa pâtisserie, il est tout dévoué à son écoute.
Il lui est entièrement acquis.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 16 Mai - 18:02

Les mots d’Ohanzee le révoltent autant qu’ils l’apaisent. Il aimerait les croire. Il aimerait croire que ses parents l’aiment encore. Il aimerait croire qu’ils ne l’ont pas exilé. Il aimerait croire que leur relation n’est pas morte. Pourtant, il sait que c’est la vérité. La réalité, ce n’est pas ce qu’Ohanzee croit. Il est trop bon. Trop doux. Trop miséricordieux. Presque trop biblique dans sa façon de percevoir le monde. Contraste abrupt avec sa propre vision du monde. Son regard quitte celui de son interlocuteur. Il ne peut pas comprendre. Son coeur se serre quand Ohanzee pose des mots bien trop vrais sur les causes de son internement. Mais… C’est lui. Lui qui a souffert. C’est lui qui s’est retrouvé si seul toutes ces années. Alors qu’il avait besoin d’eux comme jamais auparavent il avait eu besoin. Il avait besoin d’un père et d’une mère. Besoin de soutien. Besoin de leur amour. Pas de leur fuite ou de leurs craintes. Ses yeux remontent péniblement vers son visage.

Ne me demande pas l’impossible… Je n’ai pas la miséricorde comme qualité.” murmure-t-il pour toute réponse.

Il ne pourrait jamais pardonner le mal qui lui avait été fait. Jamais pardonner l’abandon. Ce n’était pas leur “générosité” qui changerait sa vision des choses. Il eut un soupir.

Si tu savais ce qu’ils possèdent… Les miettes qu’ils me jettent ne rachètent en rien leurs fautes. Je ne distribue pas d’indulgences.

Il se surprend par sa propre froideur. Par ce ton si cassant. Si impérieux. Ohanzee n’y est pour rien. Il s’aperçoit vite de cela. Cela ne sert à rien. Il secoue la tête. Agacé par le flot de ses émotions. Par tout ce qui le ronge. De la rouille que l’humidité de cette ville ne faisait que propager dans tous ses rouages.

Pardon…” s’excuse-t-il nerveux, adoucissant sa voix, se sentant coupable.

Il penche la joue. Pour sentir un peu plus ces doigts sur sa peau. Pourtant, il ne le retient pas. Il sent assez les regards. Il ne peut mettre Ohanzee dans une position inconfortable. Il ne le veut pas. Il respecte ses distances. Tout comme il adore ses effleurements de peau. Il boit quelques gorgées de café crème. Comme pour faire couler en lui le flot de la colère sourde. Pour la renvoyer au plus profond de lui-même.

L’écriture. Un sujet bien plus captivant. Il remercie Ohanzee du regard. Il sourit, il se reprend.

De la poésie surtout. Je n’ai pas forcément un grand talent, mais… Cela m’aide. A poser des mots sur le tumulte de la vie. J’aime la rigueur des alexandrins. La liberté des poèmes en prose. J’aime l’intensité d’un haïku. J’aime le poids de chaque mot…

Son visage s’illumine à l’évocation de chaque structure, de chaque style. La passion brille dans son regard.

Tu as déjà lu les oeuvres de Matsuo Basho ? C’est un auteur japonais… Ses textes sont si expressifs en si peu de mots. Comme s’il avait réussi à saisir la vérité au delà du détail…

Il marque une pause, réfléchissant une seconde.

Le papillon
parfumant ses ailes
amoureux de l'orchidée
” récite-t-il d’un ton lent, mesuré, parfait pour mettre en valeur le texte.

Il sourit, rayonnant comme un enfant qui découvrait le monde à ces mots.

C’est magnifique, non ? Si peu de mots, et pourtant ils suffisent à enchanter le monde.

Comme ta présence.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Mer 16 Mai - 19:01

Ange se détend à nouveau, et Ohanzee attrape au vol une expression ou deux, du garçon qui s'égaie. Il a tourné la page, pour en noircir le verso. Sa main bouge toute seule, automatisme retrouvé. Le corps n'oublie jamais.

- De la poésie surtout. Je n’ai pas forcément un grand talent, mais… Cela m’aide. A poser des mots sur le tumulte de la vie.
- Un sage m'a dit un jour : "le talent n’est qu’une graine qu’il faut arroser d’acharnement et de besogne." Il rit, un regard bienveillant caressant le plumage du Bel Oiseau. Je suis persuadé que tu as du talent, Ange.
- J’aime la rigueur des alexandrins. La liberté des poèmes en prose. J’aime l’intensité d’un haïku. J’aime le poids de chaque mot…
- Un "haïku" ? s'étonne Ohanzee. Qu'est-ce donc ?
- Tu as déjà lu les œuvres de Matsuo Basho ?
- Non...
- C’est un auteur japonais… Ses textes sont si expressifs en si peu de mots. Comme s’il avait réussi à saisir la vérité au delà du détail…

"Comme la grâce de Dieu dans ton regard brillant, tes gestes virevoltants, ton envol."
Ange n'est jamais plus beau que lorsqu'il se gorge de cette vie impétueuse,  qu'il tempère, d'ordinaire, sous le manteau épais de sa mélancolie. Et de ses "pardons" d'exister.

- Le papillon
parfumant ses ailes
amoureux de l'orchidée


Ohanzee déglutit, frappé en plein coeur, tant par les quelques vers que par la fulgurante lumière qui baigne l'expression d'Ange.  Il éprouve l'envie brusque d'être ailleurs, seul avec lui, dans un Monde où il n'y aurait ni errants, ni familles, ni tourmentes; dans un Eden à leur image, vibrant de leurs joies simples, de poésie et d'art;  et de leurs mains jointes.

Fleurs et papillons demeurent éphémères, pourtant, aussi amoureux soient-ils.

- C’est magnifique, non ? Si peu de mots, et pourtant ils suffisent à enchanter le monde.
- C'est magnifique, oui,
répond-t-il en écho, étrangement ému.

Il repose son carnet, soudain si lourd entre ses doigts. Il s'occupe les mains à manger et à consommer ce café qui refroidit en l'attendant. Le café ne réclame rien, il se laisse occire dans l'espérance de trouver un jour la bouche de son buveur. La perspective le touche, plus qu'il ne le faudrait.
Le pudding est sucré. Cela lui fait grand bien.

- J'aimerais te lire, Ange. Non, mieux ! J'aimerais t'écouter, déclamer tes vers.
Il louche vers le fond de sa tasse. Est-ce égoïste de vouloir m'isoler avec toi, pour t'accaparer des heures, loin de.... de tout ce qui t'empêche de voler ?

Sa famille, ses angoisses, sa solitude.
Anthony.
Formuler son souhait à haute voix, lui sembles une funeste affirmation de son préambule. Oui, il égoïste de vouloir mettre en cage un oiseau qui n’aspire qu'aux libertés célestes. Si Ohanzee déverrouille sa prison, Ange s'envolera loin de ses maux.

Loin de lui, aussi.

"Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante."
Ohanzee sourit pour lui même.
Il affrontera les épreuves en acceptant chaque issue. Il le fera parce que c'est ainsi que  le Tout-Puissant l'a forgé. Parce qu'il n'a d'autre choix que d'aimer.

- Récite-moi autre chose, quelque chose à toi...

Il reprend crayon et carnet pour sanctifier ces instants, les conserver quand ils ne seront plus.
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MessageSujet: Re: "La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]   Sam 19 Mai - 12:29

Porté par sa passion, Ange virvolte en pensées. Son esprit s’évade dans la poésie. Une porte ouverte vers un autre monde. Un monde qui lui parle tellement plus que le leur. Un monde construit de beautés. Un monde contant parfois les horreurs, mais toujours avec esthétisme. Une certaine beauté en toute chose. Il sourit à la reprise de ses propres mots. Peut-être. Mais il ne travaillait pas assez régulièrement pour que ses poèmes s’améliore. Il n’avait pas d’ambition.

Un haiku, c’est une écriture poétique venant du Japon. Un texte très court, très intense qui appelle à nos sens autant qu’à notre imagination. C’est vraiment… magique comme écriture.”

Ange se dit qu’une fois de retour chez lui, il lui ferait découvrir ses poèmes préférés. Il pourrait lire des heures pour Ohanzee. Pour s’émouvoir avec lui de la beauté des mots. Il se sent si bien comme ça. Cela tient à Ohanzee. Au fait de trouver enfin quelqu’un à qui parler. Ne plus être seul. Vivre avec lui. Vivre n’importe quoi. Vivre même le plus banal des quotidiens. Avec Ohanzee tout est différent. Tout est plus enchanté.

Ange finit par boire son café crème, le terminant avec un nouvel appétit. Il pioche aussi dans le gâteau. Il ne mange pas souvent de choses aussi sucrées. Il aime pourtant ce goût-là. Peut-être parce que ces friandises sont souvent associées à des moments heureux. Sa grand-mère regrettait tellement de ne pas pouvoir lui offrir des gâteaux à tout bout de champ pour le remplumer comme elle disait. Il sourit à Ohanzee. Le lire ? Il hausse un sourcil. Personne ne l’a jamais lu. C’est son jardin secret. Et pourtant, il se sent prêt à donner la clef de ce jardin.

On a tous le droit d’être égoïste.” dit-il doucement. “Ohanzee… J’aimerai passer ces heures avec toi. Je suis aussi égoïste que toi. Soyons égoïstes à deux.

S’imaginer seul avec Ohanzee, entouré de livres. Ils seraient si heureux. Loin de tout et de tout le monde. Il rêvait d’être avec lui. Juste avec lui. L’Art. La poésie. Un monde rien qu’à eux. Il sourit à cette idée. Il mange un nouveau morceau de gâteau. Sa glycémie va encore bondir, faire n’importe quoi. Il devrait faire plus attention. Mais à quoi bon. Il aimerait juste vivre comme tout le monde. Juste une fois dans sa foutue vie.

Nuit d'obscurs orages
Lumière fend le voile
Mortelle solitude


Sa voix est moins enjouée. Son écriture n’est pas si joyeuse que celle de Basho. Mais elle parle vraie. Elle transcrit sa réalité. Il y a moins de fleurs et de papillons dans sa vie. Il repousse un peu ses cheveux, son regard bouge dans le décor. Il finit par appuyer sa tête contre sa main.

Je me souviens que de celui-ci. Je préfère retenir la poésie des autres. Ce que j’écris… C’est pour évacuer ce qui parasite ma tête… Une fois sur le papier, j’essaie d’oublier. C’est peut-être… bizarre. Ou absurde. Je relis pas ce que j’écris…” souffle-t-il un peu pensif.

Il rive à nouveau son regard vers Ohanzee. Enfin calme, presque apaisé. Il ne bouge plus. Juste un léger mouvement de ses doigts contre sa joue. Il sourit au dessinateur.

Tu arrives à me dessiner ?” demanda-t-il finalement. “Je pourrai voir après ?
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"La Maison de l'Oiseau est dorée" [Ange & Ohanzee]

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