Revenir en haut Aller en bas



 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

on vous invite à privilégier les fantômes, les médiums et les immunisés psychiques
nous sommes présentement en août 2017. c'est pluvieux et humide, prévoyez vos cirés.
n'oubliez pas qu'un recensement est en cours par ici vous avez jusqu'au 22/06 pour vous manifester !

Partagez | .
 

 I feel good | [PV] Cecilia.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur
Message
avatar
shapeshifter ○ leave my body
messages : 140
double-compte(s) : Ca m'obsède chut.
crédits : (c) dandelion
MessageSujet: I feel good | [PV] Cecilia.    Dim 6 Mai - 0:46


– i feel good –
Dorian ET Cecilia / On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. (juillet 2017) – Antoine de Saint-Exupéry.


S’attacher est comme une faiblesse.
Une inaudible constante dans la nature humaine.

Aux échos du réel, il s’était rendu sourd. Roi sans royaume, aux lubies éphémères. Il crantait souvent ses crocs dans l’échine de l’ennui. Dorian connaissait du monde tout ce qu’il y avait de plus vulgaire, de plus malsain dans les affres de la bêtise humaine. Sans rugir du mal subit, sans s’époumoner aux visages des injustices, il arpentait l’existence, quidam silencieux.

Un jour dans la mêlée de ses altercations, les remparts de chair se sont affaissés, la muraille du mépris fendue. L’arme avait les traits d’un enfant.

Il s’appelait Noam.

Un éclat vacillant dans l’estuaire des malheurs.  Comme une bête au milieu de ses lasses errances Dorian s’était approché. Au premier regard, le derme avait frémit. Comprenant que sous l’étoffe du chérubin s’épanouissait l’offense d’un tabou. La force des siens. Un bouleversement sans symptômes dans sa poitrine. Quelque chose d’étranger avait embrasé sa peau. Le mal ayant hurlé sous ses os.  Dorian était devenu Andy.

Parjure dans les sanctuaires enfantins.  
Depuis ce jour, il attendait. Voilà des années qu’il n’avait pas été abruti de cris et de chants. D’ordinaire la loquacité des inconnus enrayait sa patience, souvent jetée en pâture à ses regards taiseux. Le temps n’avait jamais apaisé ses ardeurs, la trace d’une impétuosité mal bridée cinglant encore une jeunesse trop frondeuse.

Il s’appelait Noam, cela lui parut important de s’en rappeler.

Petit crève-cœur qui avait logé dans ses yeux une centaine de soleil, des paysages iridescents, sans gris que les adultes se gardaient bien de conserver. Dorian habillait en sa compagnie son mutisme du même amusement complice. Porte ouverte au rituel qu’ils avaient ainsi initié, sur le bois écaillé d’un banc perdu au beau milieu d’un parc à jeux.  Puisqu’il n’était qu’un enfant, l’aîné l’autorisait à gratter à la surface de son masque aux traits adolescents. Réponses aux questionnements empreints de sollicitude, la confidence d’un terrible secret. Le fardeau d’une bête éveillée, venue meurtrie l’ingénue chair. C’est une cicatrice qu’on ne peut pas toucher, mais qui pourtant est couchée dans les souvenirs et les rebords de l’âme, tel un sceau brûlant.  

La gorge emplie du crainte, de l’effrayer d’une phrase, d’un mot trop déplacé. Il pouvait sentir sa présence, tout comme il pouvait sentir le vide. Un silence pour un mensonge, il en avait des milliers dans ses poches et dans les tessitures chaudes de sa voix.

Il savait la douleur mais la taisait.
Comme il taisait son apparence.

Son vrai nom. Chaque fois derrière le vernis qu’il prenait soin de polir, il se disait que ce n’était qu’une passade et qu’un jour il s’en irait, mais tout dans cette ville n’était qu’une addiction. Un vice. Une lueur cruelle à laquelle il faisait bon de se raccrocher.
Comme un ivrogne jamais rassasié par la vie, il réitérait ses addictions.
Sur le dossier de ce banc qui lui servait de nid, il flânait. Ses orbes claires à l’arrière des vitres embuées de noir scrutaient la multitude de passants aux heures d’une aube d’été. La chaleur sur les tempes. Des sons éternellement étrangers. L’esprit accaparé par un élément encore inexistant dans ce décor. Au souvenir du jeune minois admiratif qui demandait : reviendras-tu ? Dans ses pensées tournoyait la même réponse  : seras-tu là ?

Quand moi j’y serai.


(c) blue walrus
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

I feel good | [PV] Cecilia.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
≡ RAISE HELL. :: BLACKWATER FALLS :: upper town-