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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Ne regarde pas | Norel

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MessageSujet: Ne regarde pas | Norel    Dim 13 Mai - 16:16


NE REGARDE PAS

La démarche est décidée. Impossible de dévier, le temps joue contre nous, le vent nous dénonce, l’impatience est l’ennemi. Mais ma démarche est décidée, ferme, pressée. Les talons de mes rangers foulant les feuilles mortes qui jonchent le bitume mal entretenu d’une route déserte. Ne regarde pas, seigneur, parce que je vais pécher. Cette chasse n’est pas en ton honneur, cette traque n’a pas pour but de défaire les hordes démoniaques : Je suis en mission pour le démon. Un moindre mal, pour ma mission. Ne regarde pas, seigneur. Le souffle est chaotique, le sang macule mes mains. J’avance, à l’ombre des feuillages qui couvrent désormais la route ou presque. L’automne  étouffe mes pas, désormais, mais grossit les siens. Petite créature qui trébuche sur rien, qui hurle comme une chienne. Chienne du démon

« NOOOOOOOOOON ! PAR PITIÉ ! AIDEZ MOI ! NOON ! » Colère. Ses cris porcins me vrillent les tympans. Ma poigne se raffermit sur la lame déjà grandement entachée de sang. Pas le miens. Sans courir toujours, j’avance. Je la rattrape. Elle est là à se retourner sans cesse en piaillant de sa voix nasillarde. Suppliante. Insupportable. Comme si elle pouvait s’enfuir. Comme si elle pouvait m’échapper. Doucement les mots franchissent mes lèvres. Doucement, je prie. D’un latin qui glisse entre mes lèvres. Un latin facile à prononcer pour l’accent Haïtien qui n’a jamais voulu quitter ma bouche. Ma main gauche venant attraper la croix de mon chapelet noir ébène, l’autre main laissant la machette s’installer à ma ceinture.

« Je… je vous en prie… J’ai une vie maintenant… Je ne fais rien de mal… Je vous en prie… JE VOUS EN PRIE ! ECOUTEZ MOII ! » Ses hurlements me déconcentrent. Je serre les dents. Saloperie. Salope. Putain. Coup de chaud. Violence. Rage. J’attrape mon Colt et tire. Une balle à l’arrière du genou. Deuxième coup de feu. Cette fois la balle traverse en ligne droite le mollet opposée. La viande s’écrase, s’étale, elle hurle de toutes ses forces. Je continue d’approcher. Doucement je range l’arme à feu. Doucement je pose ma botte sur la blessure qui saigne. Qui saigne. Qui saigne. Et je prie encore. Doucement. Presque comme un murmure. Alors que la créature sanglote. Elle pleure sous ma semelle.

Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. SANG Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot. Sanglot.

Finalement j’ouvre les yeux, donnant un puissant coup de pied dans les côtes de l’horreur sous mes yeux. Je l’immobilise. Elle geint encore et je frappe à nouveau, agacé par ses bruits dégoutant. Qu’est-ce qu’elle fait ? Tu relèves le nez et tourne la tête un instant, cherchant ta partenaire du regard. Celle qu’on m'as calé entre les bras pour cette chasse. Celle qu’on ne m'as pas présenté. Celle face à qui j’étais resté silencieux, comme mort. Elle s’était montrée utile. Bien plus utile que je ne pensais. Elle t’avait permis de l’attraper sans effort. Elle avait tout fait ? Non, pas vraiment. Pas mal pour une femme. Mon sourire s’étire, comme trop peu souvent. Je n’ais jamais chassé à plusieurs à part avec mon frère de toute ma vie. C’est nouveau. J’apprécie.   « Ferme ta gueule, créature. » La machette est à nouveau dégainée alors que je me penche sur ton cas, les dents serrées. Ce que cette situation peut me mettre hors de moi.

Elle me débecte. Cette créature, ce suppôt de Satan… La bile effleure mes lèvres alors que je continue de prier. Elle me dégoute parce qu’elle me ressemble. Moins que le démon aux yeux blanc, mais tout de même. C’est une femme, du genre malingre, avec des cheveux blonds cendrés. Elle ne doit pas dépasser le mètre soixante dix, peut-être même soixante-cinq. Mais c’est un mensonge. Une créature infernale. Un monstre. Je l’ai vue se changer en essayant de m’échapper. Je l’ai vue dans ses yeux. Serviteur du démon. Protégée de Satan. Ma salive est chaude, je me sens obligé de cracher sur le sol. Malgré moi, l’arrête de mon nez s’est redressée comme si je pouvais sentir l’odeur nauséabonde de l’enfer sur sa peau. Elle me débecte d’autant plus qu’en finalité, je n’ai pas l’autorisation d’en finir avec son existence. Je vais devoir la transporter à l’autre bout du canada. Quelle plaie.

« J’ai pas pour objectif de te buter, mais bientôt tu me supplieras pour que je le fasse. Maintenant ferme ta gueule, parce que tout ce que je risque à te fumer, c’est de me faire engueuler par les bosses. Pigé ? » La lame s’était plantée dans sa cuisse, pas profond. Je m’étais laissé emporter. Juste un peu. La vérité était différente : je risquais bien plus que ça à l’idée de ne pas ramener un butin. Je risquais la rue. Encore. Je tire un bandana de ma poche arrière et l’enroule sur lui-même avant de le passer autour de ses poignets et de serrer. Qu’est-ce qu’elle fout ? Elle est peut-être blessée ? La créature semblait pourtant pathétique, mais peut-être qu’elle l’a eut. Ce serait dommage.
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Lun 14 Mai - 7:43

Trois ans plus tôt.

Souvent, les gens s’étonnent. De voir la soif de sang de Nora, derrière un si petit corps. De comprendre qu’elle n’est pas seulement une chasseuse d’appartenance, mais de corps, de sang et d’esprit. Les gens ne comprennent pas, se moquent un peu d’elle, font comme avec les petites filles. « Oui, Nora, c’est bien, continue comme ça. » Mais en elle se cache une volonté telle, de vengeance, un appétit si féroce pour la chair, le sang, les blessures, qu’elle en étonne à chaque fois. Peut-être que dans l’Organisation, il n’y a des gens que de cet acabit. Car l’homme – peut-elle encore l’appeler ainsi ? – qui l’accompagne ce soir la bat à plates coutures. Abel, qu’il s’appelle. Un corps dur, tout en muscle, le regard froncé, origine des tempêtes rugissant dans son esprit. Et pourtant, des traits doux, fins, qui appellent la compassion. Qui parlent d’espoir. Sans mentir ; Nora le trouve bel homme, ce monsieur d’ébène. Il sait ce qu’il veut. Il ne s’efface pas. Ne plie pas. Ne meurt pas. C’est ce qu’elle a pensé, oui, en le voyant. Et c’est avec un petit sourire qu’elle l’a accueilli, persuadée qu’il aurait des préjugés. Elle peut comprendre. On lui colle dans les pattes une gamine d’à peine un mètre soixante-dix, plus maigre qu’un clou et qui n’a pour graisse sur le dos que des muscles. Une petite chose qui s’échine à vouloir grimper plus vite, courir plus vite, mais tuer, oh, tuer plus lentement. Langoureusement. Passer la lame entre les nerfs, soulever délicatement la peau pour ne voir que les entailles et trancher, trancher, trancher. Faire parler ces monstres. Les faire regretter d’avoir un jour posé un pied sur terre. Si elle avait été un monstre, c’est bien simple. Elle aurait tressé la corde de son deuil, l’aurait passé autour d’une poutre, et c’est d’elle-même que son cou aurait craqué, bruit assourdissant dans le silence d’un appartement. Elle n’aurait pas fait l’affront de vivre, de continuer à jouir des terres d’un Dieu miséricorde, qui n’avait que pour défaut d’avoir comme reflet dans le miroir de la vie, le Diable.

C’est à l’abri des feuillages qu’ils se sont retrouvés. L’abomination qu’ils chassent n’est autre qu’un change-forme. Peut-être les pires. Ils changent de visage, ne sont même pas par essence. Dieu, dans son ultime désarroi, n’a même pas sur leur donner une dernière enveloppe, des traits figés, en voyant leur âme meurtrie. Ils sont monstrueux à l’intérieur, alors le dehors ne s’adapte pas. Même la peau humaine est obligée d’être changée régulièrement, pourrissant de l’intérieur, grignotée par l’horreur et les ignominies qu’ils sont. Mon dieu.
La bestiole ne s’est pas laissée faire. Elle a couru, rampé, s’est même parée d’une lame qui est allée asticoter l’une des cuisses de Nora. Ne rien dire. Ne pas broncher. Ne pas laisser voir les blessures, les boucliers qui tombent. Alors le temps de reprendre son souffle, d’utiliser un pan de son teeshirt pour panser sa plaie à la cuisse – ce serait bête de perdre trop de sang –, Nora se contente d’écouter la loque se traîner au sol et supplier. La chasseuse ne peut s’empêcher de rire dans sa barbe. Elle imagine bien Abel agacé par ses hurlements. Car son compagnon d’une chasse n’a pas l’air des plus patients. Il a cette rage, lui aussi, cette colère de titans qu’il essaye tant bien que mal de contenir dans son corps. Alors elle vient gonfler ses muscles, ses poumons, ses veines. Il s’en abreuve comme du sang du Christ, en fait sa force. L’air est frais, humide, alors qu’ils se perdent dans les feuilles mortes de l’automne. Six mois qu’elle court avec l’Organisation, six mois qu’elle chasse à n’en plus pouvoir, parce que sinon, elle a trop peur d’exploser. Et de faire des bêtises. Canaliser. Canaliser. Canaliser.

« Je… Je vous en prie… J’ai une vie maintenant… Je ne fais rien de mal… Je vous en prie… Je vous en prie ! Ecoutez-moi ! »

Oh oui, rassure-toi belle horreur, Abel prie pour toi, s’amuse Nora en entendant quelques paroles à la limite de l’intelligible. Du latin à n’en pas douter, ce genre de prières qu’elle aime tant. Qu’elle trouve… apaisantes, oui. Elle hurle trop, la gamine, la vieille chose, l’étrange saloperie à laquelle ils ont affaire. Car c’est bien là le pire, Nora ne saurait dire quel âge elle a. Le Colt brille un instant sous un éclat de lune, avant de retrouver son utilité première. Boum. Eclaboussures de sang, chair fraiche qui se trouve aérée d’un trou de plus. Nora pourrait presque sentir l’odeur du sang si elle n’était pas trop occupée à faire partir cette foutue douleur. Boum. Deuxième balle. Comme un cœur qui bat, qui palpite. Adieu, deuxième mollet. De toute façon, là où elle va, elle n’en aura plus besoin. Nora se contente d’observer le fils cadet, celui jalousé, s’approcher de l’immondice. Ranger le métal froid du flingue, poser son pied sur la jambe. Doucement. Profiter du moment où elle vit assez pour que les tourbillons de sang s’échappent des plaies. Il n’y a rien de pire qu’un corps exsangue. Et l’autre pleure. Sans discontinuer. Voilà une façon très utile d’utiliser le peu de temps qu’il lui reste. Pour la calmer, Abel lui flanque des coups dans les côtes. De manière surprenante, ça ne fonctionne pas.

« Ferme ta gueule, créature. »

Voix rauque, teintée de sang.

« J’ai pas pour objectif de te buter, mais bientôt tu me supplieras pour que je le fasse. Maintenant, ferme ta gueule, parce que tout ce que je risque à te fumer, c’est de me faire engueuler par les bosses. Pigé ? »

Cette demoiselle – ou ce que l’on pouvait en voir – aurait été témoin de quelque chose qu’elle n’aurait pas dû voir. Mission donnée par un intermédiaire bien informé, le but était de l’attraper, vivante, et de la ramener au plus vite pour un petit interrogatoire bien musclé des bourreaux. Abel tire un bandana de sa poche arrière et serre ses poignets. Nora en profite, une fois le choc de la douleur passé, pour revenir auprès de lui. Il remarquera peut-être son boitillement, mais pas une once de douleur ne passera sur ses traits. Nora n’est pas douillette, même si ça l’emmène parfois sur des sentiers dangereux, de trop ignorer la douleur. Elle dénoue la corde lassée à sa hanche et pendant qu’Abel s’occupe des mains, elle s’occupe des pieds.

« S’il vous plait… pitié… ayez pitié… je ne sais rien…
– C’est pas à nous de juger ça,
réplique avec monotonie Nora. »

Elle est chasseuse. Son boulot consiste à chasser. Ensuite, ce qu’ils peuvent bien savoir ou non, ça ne la regarde pas vraiment…

« Ta voiture ou la mienne ? demande-t-elle à Abel, dont les yeux hurlent sa volonté de lui faire mal. C’est malin maintenant va falloir la porter, je grommelle en avisant le travail qu’il a fait sur les jambes. Sans vouloir être rabat joie. »

Elle en vient à se demander pourquoi on les a mis en duo. Parce qu’elle était en mesure de l’arrêter avant qu’il n’en fasse de la viande ?
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Lun 14 Mai - 8:30


Pendant un temps, je n’entends rien d’autre que le grincement de mes dents les unes contre les autres. Pendant un temps seule la colère, le bourdonnement de la rage, sonne à mes oreilles. Cette créature a raison d’avoir peur, car sans les ordres je l’aurais déjà tuée. Elle et toute son odieuse famille. La torture est encore trop bonne pour cet être dont la vie n’est qu’une insulte au visage de Dieu. Doucement le rythme de mon cœur augmente à nouveau, petit à petit les battements doublent alors que ma mâchoire pulse. Cette créature devrait être annihiler, comme toutes les autres de sont espèce. C’est tout ce qu’elles méritent pour avoir refuser de mettre fin à leurs jours d’elle-même. Je la regarde de ses mains habiles nouer les pieds de l’être entre eux et je me redresse. Ses cheveux attachés dévoilent sa gorge trop peu musclée. Mes pupilles se posent sur ses formes pour essayer de trahir une sorte de rondeur, traces laissées par l’enfance. Elle a l’air si jeune. Doucement ma mâchoire se desserre, laissant ma bouche entrouverte et les muscles de mon dos se relâcher.

« Ta voiture ou la mienne ? » Mon sourcil se relève alors que je détourne le regard vers notre invitée. Je renifle doucement, attrapant les cordes qui lient les pieds de la prisonnière. « La tienne. » La mienne, je l’ai volée il y a quelques heures. Je soupire doucement et me redresse, observant les alentours ou la nature semble avoir repris ses droits. La route craquelée, infestée par les hautes herbes et quelques fleurs et les arbres dont les racines semblent avoir rétabli leur règne sur les parcelles environnantes. « C’est malin, maintenant va falloir la porter, sans vouloir être rabat joie. » Haussement de sourcil. Quel est le problème ? Je souffles doucement, presque à voix basse de ma voix grave et déchirée par le temps et la cigarette. « Je m’en occupe. » Je me penche et attrape les cordes de la jeune femme à pleine main pour tirer dessus, soulevant les jambes de la créature. La trainant derrière moi, comme un vulgaire sac de jute, pour rebrousser chemin et me diriger vers les voitures.

Je penche la tête de droite à gauche dans un craquement désagréable et terriblement sonore, même moi j’en suis étonné pendant quelques secondes. Le soulagement ressentis par la suite vaut tous les craquements sinistres. Je renifle l’air doucement, le dos si droit qu’on pourrait s’attendre à ce que je tombe à genoux pour une nouvelle prière à tout moment. Ma voix résonne à nouveau dans le vent, traversant mes lèvres comme si elles forçaient le passage. Cette voix terriblement rocailleuse, difficile à encaisser, avec ce léger accent Haïtien qui jamais ne m’a laissé même après plus de trente ans aux Etats-Unis. « Quel est ton nom ? » Mon enfant ? Et puis quoi encore ? Trop mélancolique de ta bénédiction, les mots ne franchissent cependant par la barrière de ma langue. Foutaise que voilà, j’ai autre chose à foutre que de pleurer sur le passé. Pas mon genre, certainement pas. Pendant ce temps la créature continue de chouiner derrière nous, la tête redressée elle semble essayer de lutter pour ne plus être trainée de la sorte. Mais je ne lui prête aucune attention. Pas besoin.

Mon regard noir se pose finalement sur elle, alors que celui-ci fuit le sien avec soin. Je le pose sur ses joues, le lobe de ses oreilles, sa nuque voire sa gorge, et pour finir sa cuisse, quoi que bien rapidement. Aucun commentaire, je n’en ai pas besoin. Le temps passe et s’étire, tout comme le silence à peine brouillé par les bribes de conversation. La chaleur a disparu de mon cœur, la colère dure et sourde qui m’habite pendant la chasse. Tout cela n’est plus. Désormais seul reste un homme calme et trop silencieux. Trop fermé, peut-être. Les épaules plus voutées que le dos, le regard fuyant mais le visage direct. Un homme autant qu’un oxymore, une dualité plus qu’un équilibre.
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Lun 14 Mai - 13:42

« La tienne. »

Nora est plutôt du genre bavarde. Pas tout le temps, bien sûr, mais elle aime bien faire des phrases qui comportent plus de trois mots. Elle n’est pas certaine que ce soit le cas d’Abel. Quelque part, elle n’est pas certaine non plus que ce soit indispensable, vu la situation dans laquelle ils se trouvent, de faire un long monologue sur l’histoire de la vie et ses conséquences. Son compagnon de chasse attrape les cordes qui relient les pieds du polymorphe. Il dit qu’il s’en occupe et Nora peut déjà parier de la manière dont il va s’en occuper. Sauf qu’avec deux balles explosant ses jambes, elle a peur que le monstre auquel ils font face, déjà, ne supporte pas la perte de sang, et ensuite, qu’elle plonge trop profondément dans l’inconscience à cause de la douleur pour que les bourreaux puissent en faire quoi que ce soit ensuite. Mais elle n’a pas le temps d’ouvrir la bouche pour évoquer son intuition qu’il tire à pleine main sur les cordages et que la pauvre manante se fait traîner. Nora retient de justesse un gémissement de douleur pour elle. La torture a pour elle un aspect très… particulier. Elle ne torture pas pour le plaisir. Généralement c’est pour obtenir des informations — as-tu un nid ? as-tu une famille ? connais-tu d’autres loups-garous ? — et guider ses prochaines chasses. Parfois ça a plutôt attrait à la vengeance, quand une créature surnaturelle s’en prend personnellement à elle. Mais là, Abel ne fait pas mal à la polymorphe pour obtenir quoi que ce soit. Mais par… oui, par plaisir. Comme si ça allait apaiser ses propres peines d’en infliger aux autres. Nora se contente de contempler ce monstre de puissance tirer leur butin sur le sol, comme s’il ne s’agissait de rien d’autre que d’un sac, que d’objets… que d’ossements.

« Quel est ton nom ? »

Quatre mots.
Dieu soit loué.
Nora s’amuse de ce genre de mutisme qu’ils s’opposent depuis qu’ils ont commencé la traque ensemble. Non pas qu’elle ait l’habitude de vraiment tenir une conversation durant une chasse, mais elle s’amuse de le voir lui quémander son nom après. De toute façon, ce n’est pas comme s’il avait eu l’intention de le crier pour lui demander de l’aide.

« Nora. Et toi c’est Abel, n’est-ce pas ? s’amuse-t-elle. J’aime beaucoup ce prénom. Très… lourd de sens. Avais-tu un frère, Abel ? »

Que tu aurais été obligé de tuer, car fou de jalousie, il s’en serait pris à toi ? Elle est contente de sa blague, ou plutôt de sa boutade. Elle aime bien les bondieuseries, tout ce qui sort de la Bible, tout ce qui est vraiment croyant. Elle l’est aussi. Pas sur tous les points — les extrêmes ne l’ont jamais séduite. Mais prier, croire en Dieu, faire de chaque jour un moyen de Le ravir… Ca oui, ça lui plait. Les traits d’Abel finissent enfin par se détendre, comme si les relents de rage qu’il a pu lui montrer s’étaient calmé avec la chasse. Avec le sang. La jeune femme est toujours d’une curiosité à toute épreuve et elle meurt d’envie de lui poser d’autres questions. Toujours, quand elle fait face à un cœur nouveau, elle se demande ; comment as-tu fais pour en arriver là, joli cœur ? Selon les caractéristiques de la personne en face d’elle, elle se fait des scénarios. Essaye de comprendre comment, pourquoi, à quel moment. Et ça ne manque pas avec Abel, dont les silences ne peuvent être que les témoins d’un passé douloureux. D’un manque d’engouement pour ce présent dont il ne veut rien dire, dont il veut tout taire.

« Pourquoi chasseur, Abel ? Quand je vois ton regard, je me demande si un autre poste ne te conviendrait pas plus. »

Elle en a entendu parler, des autres. Des maîtres, certainement, dans leur domaine. Des arracheurs de dents, car lorsqu’il ne reste plus rien à la personne, elle réalise quand les pinces s’approchent que si, il y en a encore à retirer. De quoi, peut-être, le rassasier. Car c’est de ça qu’elle a l’impression, en l’ayant vu à l’œuvre. Plus, toujours plus. Il veut, prend, déchiquète pour espérer tarir cette soif insatiable qu’il entretient. Peut-être se trompe-t-elle. Car lorsqu’elle lui pose cette question, alors qu’il continue de tirer la putain de polymorphe derrière lui, elle n’aurait pu jurer trouver en lui cette étincelle de rage.

« Quand c’est trop lourd tu me dis, je prends le relai. »
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Lun 14 Mai - 14:19

« Nora. Et toi c’est Abel, n’est-ce pas ?Je dodeline doucement, sans faire de commentaires superflue. Un haussement de sourcil, peut-être, sans comprendre ce qui l’amuse. J’aime beaucoup ce prénom. Très… lourd de sens. Avais-tu un frère, Abel ?  » Nouveau silence. Elle est forte. Je n’y avais jamais vraiment pensé. Les choses ne s’étaient pas passé dans cet ordre. Amertume. Je soupire et lâche dans un souffle : « J’avais. » Rien à ajouter. Simplement rien à ajouter à ça. Peut-être qu’elle penserait que je l’ai tué ? L’avais-je fait ? D’une certaine manière c’était moi, oui. Je n’avais pas été assez bon. Je n’avais pas été assez performant. Je n’avais pas été assez implacable. C’était ma faute. Et aussi la sienne. Parce que lui aussi n’avait rien vu venir. Je me souviens encore à la perfection de son visage, de son langage corporel. Il n’avait pas bougé. Il n’avait rien vu. Et il était mort.

Le silence est long. Terriblement long. Mais je ne veux pas qu’elle pense que c’est sa faute. C’est juste moi. Je ne suis pas du genre à parler plus que nécessaire. Je ne suis pas du genre à m’épancher. Peut-être que je devrais. Mais finalement elle prend les devants. Elle brise le silence d’un revers de la main. Elle me facilite la tâche. « Pourquoi chasseur, Abel ? Quand je vois ton regard, je me demande si un autre poste ne te conviendrait pas plus. » La réponse est facile, mais la mettre en mots me semble si difficile. Je réfléchis, je tourne mon vocabulaire dans tous les sens pour former des phrases. Mon visage se tourne naturellement vers elle, mon regard sur sa cuisse et sa démarche. Elle ne semble pas trop blessée. Il faudrait voir si elle a besoin d’être recousue. Elle boite mais c’est léger. Finalement mes épaisses lèvres se délient et ma voix, trainante et rocailleuse, forme la première phrase qui n’est pas vouée à révéler le minimum d’information vitale. « J’étais prêtre. Mais… parfois il faut savoir abandonner sa vie pour le bien de tous. Devenir le protecteur des brebis, c’est ce que j’ai décidé. »

Ma main gauche –la main libre- vient naturellement fouiller dans ma barbe pour y remettre de l’ordre nerveusement. Bien longtemps que j’ai été excommunié par un inculte. Bien longtemps maintenant que ma vie a basculé pour le bien des brebis. Bien longtemps que je suis destiné à l’Enfer. Cette idée me tire un sourire fugace. Le genre qui ne déforme même pas mes traits. Le genre qui ne grimpe pas jusqu’à mes yeux. Le genre un peu triste, un peu faux. Et finalement, alors que nous voyons les voitures au loin désormais, ma voix s’élève à nouveau comme s’il m’en coutait. « Et… Et toi ? Pourquoi la chasse ? » Et pourquoi pas faire connaissance ? Depuis le temps que je suis seul. Même quand j’étais avec mon frère au final, j’étais seul. Parce qu’il n’y avait que nous. Uniquement nous. Quel serait le mal d’échanger avec quelqu’un d’autre ? Et puis il y avait encore au moins deux heures de route avant d’arriver. Il fallait bien faire passer le temps. Je ne remarque qu’à peine que la créature a cessé de gigoter. Elle a perdu connaissance. La douleur sans doute.

« Il faudrait la soigner avant le transport. Et en profiter pour te soigner aussi. » L’appel est lancé, alors que je plie les genoux pour l’attrape par la taille et la soulever sur mon épaule. Je fais signe de ma main libre vers le coffre en haussant un sourcil. « Je propose de l’installer dans le coffre, quitte à virer tout ce qu’il y a dedans. On serait trop visible sinon. Et pas d’arrêt pipi. » Les instructions sont simple. Je n’ai pas envie de me retrouver avec les flics aux trousses parce qu’un passant aura entendu tambouriner dans le coffre de notre voiture dans une station essence.  
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Lun 14 Mai - 16:41

« J’avais. »

Oh, merde. Nora se mord la joue pour éviter de jurer à haute voix. Elle ne s’attendait pas du tout à ce genre de réponse. Un frère, peut-être, mais pas… enfin… là, ça veut dire qu’il est mort. Il faut qu’elle dise quelque chose toutefois, et comme à chaque fois qu’elle le dit…

« Ce n’est jamais suffisant mais, je suis désolée. »

Et ça ne veut jamais dire grand-chose quand ça vient de quelqu’un qu’on connait depuis deux heures avec qui on a passé son temps à chercher une nana qui a fini en train de ramper dans la boue et son propre sang. Mais ça a le mérite d’être dit et elle a au moins le mérite de le penser. Parce que perdre quelqu’un de sa famille, ce n’est jamais facile. Quelque part, elle devrait se douter, Nora. Les gens, soit ne deviennent pas chasseur pour rien, soit ont déjà attesté d’un mort dans la famille. Ce n’est pas rare, ils n’exercent pas un loisir aussi sain et serein que d’aller promener son chien le week-end au parc. C’est souvent d’autres styles de chiens qu’ils côtoient et ce n’est jamais très bon, surtout pas à la pleine lune.

« J’étais prêtre. Mais… pourquoi il faut savoir abandonner sa vie pour le bien de tous. Devenir le protecteur des brebis, c’est ce que j’ai décidé. »

Absolument pas ce à quoi elle faisait allusion, mais réponse qui la satisfait toute autant. Même encore plus que ce à quoi elle s’attendait. Prêtre. Le bonhomme était prêtre. Homme de foi, de Dieu, loué au Seigneur. Puis chasseur, pour continuer à Le servir autrement. Non pas en écoutant les péchés de ces pauvres humains, mais en expurgeant la Terre des démons sortis des enfers. Prêtre. Elle aime les prêtres, Nora, pas dans le sens qu’on entend généralement quand on parle d’une profession — elle aime les flics, les pompiers, les informaticiens, rayez la mention inutile — mais plutôt dans l’idée. Dans ce que ça signifie et implique. Un prêtre. Et toujours sans sous-entendus déplacés… est-ce qu’il accepterait qu’elle se confesse ? Elle car elle serait putain d’intéressée. Les brebis. Elle aime aussi cette vision qu’il a du genre humain. Nora n’est pas sûre d’être encore aussi optimiste. L’homme est un loup pour l’homme, et il n’est fait nulle mention de vampires, loups-garous ou autres démons. Si elle ne peut rien pour les passions dévorantes de ces derniers, au moins elle peut leur permettre de se suicider tranquillement à coup de bouteille ou d’autres substances plus ou moins légales. Car ce que Nora cherche à faire en éradiquant le plus de créatures possibles, c’est au moins de leur laisser le choix de se tuer à petit feu. Et de ne pas rencontrer la mort à cause d’une abomination comme celle qu’ils sont en train de traîner sur le tapis de feuilles mortes.

« Et… et toi ? Pourquoi la chasse ? »

Il bute sur le premier mot, comme s’il n’avait pas l’habitude de discuter. Pourtant, il devait les écouter, les brebis galeuses, avant, non ? Ou peut-être qu’elles déversaient leurs maux sans qu’il n’ait besoin de les questionner. Sans qu’il n’ait besoin d’être intrusif. Ah, voilà un métier qui plairait à Nora. Ecouter les autres lui raconter tous leurs vilains petits secrets. De quoi assouvir sa curiosité insatiable. De quoi l’aider à comprendre comment fonctionne ce foutu cerveau humain et ses sentiments si contraires. Abel remarque seulement que sa proie est tombée dans les vapes. Bon, c’est trop tard, de toute façon.

« Il faudrait la soigner avant le transport. Et en profiter pour te soigner aussi.
—Tu l’as quand même salement amochée.
»

Il n’y a pas de jugement dans sa voix, simplement une constatation. Elle n’est pas certaine que ses talents en médecine soient suffisant. Au moins un garrot, voire deux… Elle risque d’y perdre les jambes, mais qu’est-ce qu’ils en ont à foutre, au fond ? Abel l’attrape par la taille, la soulève sur son épaule et Nora ne se fait pas prier pour ouvrir le coffre comme il le demande. Elle attrape deux pots de peinture qu’elle avait à l’arrière — du pastel, pour refaire les peintures de sa chambre —, un harnais de secours pour son chien Judex, qui virevolte un peu trop à cause de son jeune âge et qui n’est pas encore assez entraîné pour aller à la chasse, une veste en cuir et une besace contenant quelques lames et armes de poing en plus. Elle le laisse installer le polymorphe à l’arrière pendant qu’elle transvase tout son bordel sur les sièges arrière. Elle s’empare de bandages qu’elle avait dans sa besace et le lui tend. Ses conneries, il répare, merde. Pour sa jambe… Deux heures de route, ça risque de faire un peu juste. Elle prend la moitié du bandage et récupère quelques compresses qu’elle garde toujours dans sa boîte à gant. L’alcool… ? Allez, l’alcool au passage.
Elle s’assoit sur le siège arrière, de sorte à pouvoir intervenir rapidement si jamais la polymorphe leur fait un coup tordu — elle en doute — et baisse son jean pour voir l’entaille. Elle continue à lui parler de là, la plage arrière n'étant pas relevée.

« Tu fais toujours des confessions ? Par curiosité. Ça ne te manque pas, ton job ? La chasse court dans mes veines. Ma famille l’était avant moi alors… Je ne sais pas, j’ai été élevée là-dedans. Je dois avouer que je ne me suis jamais posé la question. Tu te demandes pourquoi tu respires, toi ? »

Ce n’est pas agressif. Nora parle comme ça, toujours. Calmement, mais avec cette acidité, ce rempart qu’elle hérisse avec les autres sans même s’en rendre compte.  
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Lun 14 Mai - 18:00


« Tu l’as quand même salement amochée.  » Froncement de sourcils rapide. Qu’est ce que j’en ai à foutre. Elle survivra. Normalement. Dans deux heures elle sera aux mains de personnes qualifiés qui pourront la sauver et faire ce qu’ils veulent d’elle. La sauver. La pensée me traverse avec violence pendant que Nora quitte mon champ de vision. La sauver… Pourquoi gâcher tant d’énergie à la sauver quand il était si simple d’en finir ? Quel intérêt. Pendant un instant, mes mains se suspendent dans l’air et je la regarde. Son corps inconscient étalé dans le coffre, le sang continuant de couler ça et là par les ouvertes que j’avais créé. Je l’observe dans son corps quasiment humain en sachant que ce n’est qu’un monstre. Je l’observe avec dégoût et doucement la rage revient. Mais je respire. J’expire. Je me contrôle. Et je continue de la soigner.

« Tu fais toujours des confessions ? Par curiosité. Ça ne te manque pas, ton job ? La chasse court dans mes veines. Ma famille l’était avant moi alors… Je ne sais pas, j’ai été élevée là-dedans. Je dois avouer que je ne me suis jamais posé la question. Tu te demandes pourquoi tu respires, toi ?  »  Assez abruptement, je redresse la tête et regarde la taule du coffre comme si je pouvais l’observer de là. Beaucoup de questions d’un coup, pas sûr de pouvoir répondre à tout. J’essaye de me montrer sous mon meilleur jour, mais la conversation n’est clairement pas à mon avantage. Elle ne répond pas à mes questions, se révèle quand elle le désir et de la manière qu’elle le veut. Loin de moi l’idée de la forcer, mais clairement c’est elle qui mène la danse et pas moi. Ça ne me dérange pas tellement, doué comme je suis avec les conversations. Jouons donc avec ses règles, sous Son regard.

« J’ai pas fais de confessions depuis longtemps, mais je ne vois pas pourquoi je n’en ferais plus. Tous les enfants de Dieu ont le droit de soulager leurs âmes. » Haussement d’épaule. Mon ventre se contracte sous mes propres paroles, comme si je m’apprêtais à encaisser un coup de poing violent. Les pansements sont mis en place sur ma victime et je la pousse dans le fond du coffre avant de le refermer d’un coup brutal sans vraiment prendre la mesure de ma force. Je me penche un peu pour la regarder, m’appuyant sur la taule peinte. « Je respire parce qu’Il a encore du taff pour moi. Besoin d’aide ? » Je parle évidemment de sa blessure. J’ignore si celle-ci est vraiment profonde ou pas. J’en ai aucune idée, pour tout dire. Je devrais peut-être me montrer plus observateur à l’avenir.

Sans tarder je me redresse pour observer autour de moi. Rien que des arbres et la route chaotique mal entretenue. Rien que ça, à perte de vue, même si je fais que pas loin il y a la planque de la créature. La petite maison isolée, avec son petit chemin de terre et son jardin. Pour mieux amadouer les humains, leur faire croire qu’ils sont pareils. Agir comme une brebis quand elle n’est qu’un loup. Finalement je me détourne et avance pour la rejoindre, glissant une main sous mon pull et mon T-shirt afin de frotter doucement mon ventre. J’ai faim. La pause sera dans deux heures. Fais chier. Parler. Penser à autre chose. « Tu conduis ou tu veux que je m’en occupe ? » Pointe la cuisse sans vraiment être gêné. Impudique. Je l’observe avec un calme étrange. Maladroit. Comme si j’ignorais comment se comporter en dehors de la chasse.  Parce que c’est le cas. J’ignore comment réagir, je ne sais comment me comporter. Est-ce que je la dérange ? Peut-être que c’est le cas. Pour une fois que quelqu’un semble vouloir me parler. Je frémis doucement, retire la main sous le tissu et glisse mon pouce dans la poche de mon vieux jean. Elle ne poserait pas tant de questions si je la dérangeais.
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Mar 15 Mai - 10:03

« J’ai pas fait de confessions depuis longtemps, mais je ne vois pas pourquoi je n’en ferais plus. Tous les enfants de Dieu ont le droit de soulager leur âme. »

Ça intrigue Nora, ça. Les prêtres ont-ils encore foi en l’humanité en voyant tous les péchés qu’ils enchaînent ? En les entendant pleurer, larmoyer, sur les erreurs, les changements d’avis, les incompréhensions ? Elle ne préfère pas poser la question toute suite, cela risquerait de révéler une partie d’elle qu’elle a du mal à accepter ; sa haine grandissante pour ce que l’humain fait de plus laid, à savoir le mensonge, la trahison, la guerre, l’exaltation des passions sombres et intrinsèques. Le coffre se ferme. Il va bientôt être l’heure de partie, une longue route les attends. Ça ne dérange pas Nora, elle adore la voiture ; surtout quand elle est passagère. Regarder les paysages, discuter, être bien assise – selon le type de voiture, bien sûr… C’est un de ses petits plaisirs. Aussi étrange que cela puisse paraître.
Abel revient dans son champ de vision, s’appuie sur l’habitacle.

« Je respire parce qu’Il a encore du taf pour moi. Besoin d’aide ?
— Haha, t’es encore plus pragmatique que moi. Non ça va aller, merci.
»

L’entaille n’est que superficielle, elle est juste pleine de sang. Ça picotera dans les jours à venir mais ça ira. Elle met un peu d’alcool sur la compresse, la pose sur sa jambe dénudée et ensuite enroule le bandage. Ce n’est pas ouf comme pansement mais elle le refera en rentrant chez elle. Pour le moment, ce n’est pas la priorité.
Nora n’est pas pudique quand ça concerne les blessures. Elles ne sont pas à prendre à la légère et de toute façon, tout le monde est au courant de ce à quoi ressemble les cuisses d’une femme. Pour ce qui est de la sexualité, voire de l’étalement de son intimité lors d’une conversation, c’est bien différent.

« Tu conduis ou tu veux que je m’en occupe ? »

Elle hésite sur la marche à suivre tandis qu’il pointe sa cuisse du doigt. Elle n’a pas envie de jouer les pleurnicheuses, surtout que la douleur est tout à fait supportable, mais elle profiterait bien d’un petit moment de détente aussi. La journée a été longue, malgré tout.

« Je prends la première heure, tu prendras le relais, ça te va ? Ils récupéreront ta bagnole en venant faire le ménage, ajoute-t-elle en pointant du doigt la maison qui semblait être la demeure de la polymorphe. »

Maintenant plus qu’à prier qu’elle se tienne silencieuse même à son réveil. Et qu’elle se réveille avant qu’ils ne débarquent en ville. On n’obtient pas la vérité d’un cadavre qui dort. Elle remonte rapidement son jean, en referme le bouton ainsi que la portière pour s’installer sur le siège passager. Quand elle fait vrombir le moteur, sa musique, du Nirvana, se remet en route et elle baisse un peu le son pour pouvoir s’entendre penser.

« Et c’est comment, les confessions ? T’as déjà entendu des trucs… hardcore ? »

Elle lui lance un coup d’œil enjoué ; elle s’est trouvé un nouveau défi pour le reste de la route. Essayer de lui soutirer un sourire.

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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Mer 16 Mai - 4:19

Elle refuse mon aide et je renâcle doucement dans l’air. Probablement que ce n’est pas si grave. Je ne voudrais pas qu’elle soit gravement blessée à notre première chasse ensemble. Grattant ma barbe du bout des doigts, je me détourne finalement pour rejoindre ma voiture près de la sienne. Elle n’est pas fermée. J’ouvre la porte et récupère mes affaires à l’intérieur, que je transvase dans la sienne sur la plage arrière. Le souffle à nouveau régulier, plus détendu qu’alors, je referme la portière et vient m’installer à la place du passager en me grattant le torse. Une cigarette serait la bienvenue. On raconte un peu partout qu’après avoir arrêté, au bout de deux semaines l’envie disparait mais il n’en est rien. Même des années plus tard, je continue de rêver d’un peu de fumée sous mes narines. Terrible vie. Bande de menteurs.

« Je prends la première heure, tu prendras le relais, ça te va ? Ils récupéreront ta bagnole en venant faire le ménage » Je ne fais pas de commentaires. Le vol a beau être habituel, je n’aime pas m’en vanter. Voilà ce que tu me forces à faire, même si je n’aime pas ça. Si tu acceptais ma mission, si tu m’aidais, je n’aurais pas besoin de faire tout ça. Tes agissements sont toujours si sombres pour le commun des mortels. Même pour moi, à dire vrai. Je finis cependant par communiquer, enfin. « Oui, ça me va. » Ce n’est pas en restant silencieux que je vais réussir à sortir de ma solitude.

La solitude, je sais gérer. C’est quelque chose avec lequel je suis à l’aise depuis toujours. Aider les autres n’est pas forcément incompatible avec la solitude, il suffit d’en garder un peu malgré tout. Mais lorsque celle-ci prend toute une vie, qu’elle commence à peser, il faut savoir s’en sortir. Il faut savoir s’en débarrasser, mais c’est loin d’être facile, très loin. C’est comme si c’était un état poisseux. Un état collant. Il est aisé de penser qu’on ne s’en tirera jamais. Que jamais on ne sera à nouveau capable d’être sociable. J’ai été confronté à plusieurs reprises à cette pensée, comme une ritournelle qui tourne encore et encore dans mes oreilles. J’ai prié pour contrer ce fatalisme, mais comme toujours tu n’as pas écouté. Tu n’as pas voulu m’aider. Tu as fait la sourde oreille.

« Et c’est comment, les confessions ? T’as déjà entendu des trucs… hardcore ? » La question me sort de mes pensées avec la brutalité d’un coup de poing dans la mâchoire. La petite Nora et sa parole directe, et son crochet du droit. Décontenancé, je détourne les yeux vers la fenêtre, observant ma voiture s’éloigner. Mais finalement, un souvenir m’a tiré un sourire qui déforma mes traits. Un sourire faible, mais un sourire tout de même. « Un jour, une femme m’a demandé si le démon pouvait habiter des gens. Parce qu’elle avait trompé son mari et voulait une excuse. » Je souffle, je pouffe. L’histoire m’amuse. Les erreurs de l’humanité ne me semblent pas si monstrueuses, à moi. Elles me semblent presque touchante. Comme des enfants qui essayent de se donner de l’importance. Comme des petits êtres immatures, trop protégés par leur parents… ou leur Dieu.

« Élevée pour la chasse, alors ? » Je trouvais ça terrible. Tragique. Mais logique. Mener une enfant sur le chemin terrible de l’Enfer, du Mal, pour lui apprendre à le combattre. C’est terrible, véritablement. Je l’observe avec douceur, frottant doucement mes mains meurtries entre elles comme si la pression devenait trop forte pour que je puisse l’encaisser sans bouger. Alors je questionne à mon tour, discrètement. Parce que je veux savoir comment elle le vit. Parce que je veux savoir comment l’aider. Elle n’est pas une brebis, mais elle reste une chasseuse malgré tout : un compagnon de route. Elle est comme moi. Égarée.
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Mer 16 Mai - 9:25

La voiture quitte doucement le parterre de feuilles qu’elle a occupé pendant un long moment. Ils retournent sur la route, les longs fleuves d’asphaltes qui serpentent le pays. Abel ne veut pas croiser son regard, tourne la tête vers les jolis paysages qu’ils vont côtoyer pendant le voyage, même si la pénombre a déjà plongé la nature dans une nuit noire assez profonde. Ils sont encore sur des petites routes de campagne, bientôt les lampadaires de l’autoroute les empêcheront d’y voir quoi que ce soit. Pour le moment, il n’y a que les petits feu follets entre les arbres, autant de maisons ou de villages parsemés à flanc de montagne. Elle laisse Abel réfléchir dans son silence, car elle ne doute pas une seconde qu’il va lui répondre.

« Un jour, une femme m’a demandé si le démon pouvait habiter les gens. Parce qu’elle avait trompé son mari et voulait une excuse. »

Nora lâche un petit rire. Ah, l’infidélité. Un péché qu’elle abhorre au plus haut point. Briser la confiance de quelqu’un que l’on aime à ce point… Elle n’a jamais compris comment les hommes pouvaient se laisser aller à ce point. Comment ils pouvaient se détourner de la personne chère à leur cœur à ce point. Elle en avait rencontré, des infidèles, bien sûr. Certains lui avaient même proposé une aventure. Je ne suis plus heureux avec elle. Sexuellement encore moins. Mais je reste par habitude, pour les enfants, parce que c’est ma vie, maintenant. Les hommes sont paresseux. Et trouillards. Ils ne savent pas envoyer bouler une petite vie bien rangée pour l’obscure inconnue. Nora s’en fout, elle n’a peur de rien. S’il faut déménager, alors déménageons. S’il faut couper les ponts… c’est plus compliqué, certes, mais dans la vie certaines décisions doivent être prises. Tu n’es plus heureux dans ton couple ? Abandonne-le. Ne le sali pas, ne le gâche pas dans les bras d’une autre.

« Pas mal, se contente-t-elle de lâcher en baissant la vitre, laissant la fraîcheur jouer dans ses cheveux qu’elle a dénoués, laissant la nuit rentrer dans l’habitacle. Tu devais en voir passer, des cas.
— Elevée pour la chasse, alors ?
reprend-t-il. »

Nora n’y voit aucune horreur. C’est comme ça que ça fonctionne, dans les clans, dans les familles. Certains rêvent de voir leur enfant devenir médecin, d’autres ont… des ambitions différentes, dirons-nous. Abel tourne la tête vers elle, et elle plante son regard dans le sien, avant de lui décrocher un petit sourire.

« Oui, et c’est pour le mieux. Je n’aurais jamais pu apprendre autant que grâce… à ma famille. »

Elle a presque eu envie de dire ses parents. Car quelque part, c’est au travers de leur mort qu’elle s’est construite. Qu’elle est devenue cette machine de guerre qu’elle a appris à aimer. Elle aimer se sentir puissante, au moins dans un domaine et si ce n’est personnellement, au moins protège-t-elle des gens.

« Ça donne aussi une certaine rigueur et un cadre de vie que peu développe. Si c’était à refaire, j’aimerais recevoir la même éducation. J’imagine que ce n’est pas ton cas, donc ? Et puis, j’ai vu comment tu la regardais. »

Elle n’ose pas vraiment aller au bout du raisonnement. Un lien avec son frère, certainement. Mais les mots restent coincés sur ses lèvres. Le blesser, peut-être ? Oui, c’est le risque, et elle n’a pas envie de remuer les vieux couteaux restés accrochés dans les plaies. Pourtant, c’est ce qu’elle aime, aussi. Trouver les failles. Comprendre les fêlures. Et l’homme qu’elle a en face d’elle l’intrigue. Taciturne, alors qu’elle a entendu son cœur hurler il y a quelques minutes.

« Je comprends, se contente-t-elle d’ajouter en ramenant son regard sur la route. »

Elle ne veut pas qu’il croit qu’elle juge. Bien au contraire ; nous tirons nos forces de nos faiblesses.

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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Ven 18 Mai - 10:25


« Oui, et c’est pour le mieux. Je n’aurais jamais pu apprendre autant que grâce… à ma famille. Ça donne aussi une certaine rigueur et un cadre de vie que peu développe. Si c’était à refaire, j’aimerais recevoir la même éducation. J’imagine que ce n’est pas ton cas, donc ? » Mon cerveau s’immobilise un instant, comme si les informations étaient trop difficiles à engendrer. Mes sourcils se froncent, mon front se froisse alors que mes mains cessent de bouger. Comment une si petite femme peut vivre aussi facilement avec sa vie de chasseuse ? Le concept t’échappe, l’idée te dépasse. C’est comme regarder dans un trou noir et essayer d’y voir quelque chose.  Ma bouche est sèche, essayant de comprendre si tu lui avais donné les clefs que tu m’as refusé depuis tant d’années pour combattre l’engeance démoniaque. Savoir si elle, elle était destinée à faire ça de sa vie. Je ne suis pas assez idiot pour lui couper la parole et le lui demander. « Et puis, j’ai vu comment tu la regardais. »

La langue est pateuse, le souffle chaotique, le regard inquiet. Je relève mes yeux comme si elle me menaçait d’une lame, comme si elle venait de diriger son flingue vers moi et de me le planter dans les côtes. Je la regarde comme si elle s’apprêtait à mettre fin à mon combat, à mon existence, à ma haine, à ma hargne. Ouvrant la bouche, inspirant une grande bouffée d’air, pour au final me faire couper l’herbe sous le pied. « Je comprends » Mon regard se détourne, le tiens est si loin de nous à présent, la créature ne semble pas éveillée pour le moment et j’approche ma main aux doigts usés de mon menton pour me donner de la contenance. La voix ébranlée, ébréchée, mon ton semble comme toujours s’être écorché sur une falaise lorsque je reprends la parole. « Mon regard sur elle importe peu. Celui qui compte c’est le Sien. » et pour effacer toutes formes de doutes, j’attrape entre mes doigts le chapelet aux pierres noires qui orne mon cou pour l’agiter un peu.

Elle ne semble pas accorder beaucoup d’importance à la route et nombreuses sont les embardées sur en plein milieu de la voie. Elle me regarde trop, et ce n’est pas désagréable. C’est difficile à expliquer, mais je sens que ma parole est importante. Je sens que j’importe pour quelqu’un et ça réchauffe mon cœur. C’est un véritable soulagement dans mon existence trop solitaire, dans ma route semée d’embuches depuis des années déjà. Mais je n’avais pas pensé à tout, je n’avais pas prévu les conséquences d’une pareille attention. Bientôt une lumière tantôt rouge et tantôt bleue remplit la cabine de la voiture et je ne peux retenir un simple commentaire. Dans un réflexe, j’ouvre la boite à gant et en tire toutes les armes qu’elle peut contenir pour tout déplacer sous le siège que j’occupe. « Et merde… Met toi sur le côté, discute pas leurs ordres. »

Je retire ma propre arme que je cache avec les autres avant de tirer le chapelet sous mon T-shirt, retirant la flasque accrochée à ma ceinture pour en boire une profonde rasade. L’haleine chargée d’alcool, j’attends qu’elle se glisse sur le côté. Elle qui avait assuré avec les créatures, c’était à mon tour de briller avec les humains. Défendre les brebis de leur propre cœur. Les empêcher d’apprendre quoi que ce soit. Les empêcher de se faire tuer pour garder le secret intact. La voiture s’arrête petit à petit sur la bande d’arrêt d’urgence, et j’allume la radio sur une fréquence au hasard. La musique est forte, très forte, lorsque j’entends leurs voix sans en entendre les mots. Mais je connais. Je connais trop bien. Les mains sur le bouton pour ouvrir la fenêtre, je sors mes deux mains par la fenêtre. « On rentre de soirée. Tu es clean, je suis déchiré. Tiens-toi à ça. » Trois phrases, trop d’ordres et un stress qui augmente d’un seul coup. Il est temps de jouer la comédie. « COUPEZ LA MUSIQUE ! » que j’entends hurler près de ma portière. Je m’attendais à voir une arme mais seule une lampe se braque dans mon visage, avant de passer au conducteur. Je ne bouge pas, comme pétrifié. Pas encore. Pas encore.
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Ven 18 Mai - 17:27

« Mon regard sur elle importe peu. Celui qui compte c’est le Sien. »

Nora hoche la tête, comprend ce qu’il veut dire, même si elle n’ose pas aller au bout de sa pensée — apparemment Il ne peut pas faire grand-chose contre ces créatures qui ne cessent de pulluler. Pourquoi ? Pour les mettre à l’épreuve ? C’est toujours le même raisonnement, lorsqu’elle pense à toutes ces guerres, toutes ces famines… Dieu ne peut pas tout faire. Et Nora en vient même à se demander s’il devrait faire quelque chose. C’est peut-être à eux de se prendre en main, de se dépasser pour faire de leur Terre un petit lieu de paradis. Car ils avaient l’occasion d’y vivre, dans leur Eden. Mais ils étaient tombés… et Nora tombe aussi un peu de son petit nuage lorsque les différentes lumières, bleu, rouge, paradoxe malvenu d’une autorité qu’il lui arrive d’abhorrer, viennent entraver leur discussion. Elle a certes fait quelques écarts au niveau de la route, mais pas plus que d’habitude, et elle a raison — c’est plutôt sa vitesse qu’elle a mal jaugé, trop enthousiaste à l’idée d’arriver sur place. Nora hausse un sourcil en voyant Abel ouvrir la boîte à gants et y trouver d’autres lames.

« Perspicace, lâche-t-elle avant de se tourner vers la plage arrière, d’attraper sa besace en réduisant la vitesse. Planque ça avec tu seras gentil. »

Elle lui fait un sourire éclatant, un peu gênée qu’il découvre toute son armurerie.

« Désolée, je suis un peu parano. Vraiment la trouille de me retrouver un jour coincée sans arme. Mieux vaut trop que pas assez, n’est-ce pas ? »

Elle ne sait pas pourquoi mais elle a eu besoin de s’expliquer, de se justifier. Non, elle n’est pas une psychopathe qui collectionne les armes, juste une grande paranoïaque un peu terrorisée à l’idée d’être prise en traître. Son chapelet disparaît sous son teeshirt et Nora en est presque déçue — elle les aime bien. Elle les trouve rassurant. Mais elle peut comprendre, ils peuvent tomber sur un flic religieux… comme pas. Et déjà qu’il y a un black et une femme dans la voiture, ils ne vont pas aller jouer avec le feu. Beaucoup de blagues commencent comme ça et Nora n’est pas certaine d’avoir envie de rire pour le moment. Ce qu’il fait ensuite la surprend plus qu’elle ne le voudrait : il récupère une flasque à sa ceinture, la porte à ses lèvres et en boit une bonne gorgée. Okay, elle ne s’y attendait pas. Elle gare quand même la voiture, étonnée de cette façon de faire. Elle n’est pas certaine qu’en empestant l’alcool ça passe mieux auprès des flics, mais très bien. Il a peut-être besoin de se donner du courage ? Ou une partie de son passé qui fait qu’il a besoin de courage pour les affronter… ? Abel remonte le son de sa radio alors qu’elle s’arrête près de la forêt. Les flics s’approchent, tapotent à la fenêtre d’Abel.

« On rentre de soirée. Tu es clean, je suis déchiré. Tiens-toi à ça.
— Tu es trop beau gosse pour moi, c’est pas crédible,
se marre-t-elle non sans hausser un sourcil. »

Elle ne dit rien toutefois tandis qu’Abel passe le visage par la fenêtre et s’apprête à jouer la comédie. Intéressante manière de voir les choses. Nora a surtout peur que la saloperie à l’arrière de la voiture y voit comme un moyen de s’en sortir. Finalement, le prêtre a peut-être bien fait de lui trancher les artères plus que prévu.

« COUPEZ LA MUSIQUE ! hurlent-ils. »

Nora se dépêche de le faire, ne sachant pas trop ce qu’il voulait faire.  La lumière explore l’intérieur de la voiture et heureusement les policiers ont l’air plutôt calmes. Pour le moment.

« Bonsoir monsieur l’agent. Je suis désolée, je n’ai pas fait attention au compteur. Mon ami s’est senti mal et j’ai voulu le ramener le plus vite possible. »

Grand sourire, regard angélique, yeux de biches, Nora met le paquet. Souvent les hommes se laissent facilement avoir. Bien trop souvent, d’ailleurs, à son grand désarroi. Parfois il faut rajouter quelques larmes mais généralement un air ingénu suffit.

« Les papiers. »

Elle sort les papiers de la boîte à gants et remercie Abel qu’elle n’ait pas eu à le faire de son propre chef.

« M’sieur l’agent, je suis vraiment désolée d’avoir dérapé au niveau de la vitesse, mais j’étais vraiment inquiète.
— Oui, toujours à se mettre la tête à l’envers ces gens-là, hein. Vous êtes sûre que ça va aller pour le ramener chez lui ? On peut vous raccompagner. Où est-ce que vous alliez ? Monsieur, monsieur ? Vous allez bien ?
»

Nora se crispe sur le volant. « Ces gens-là ». C’est du racisme ou bien ? Flic numéro 1 essaye de faire réagir Abel tandis que flic numéro 2 plante sa lumière sur les papiers de la voiture.  

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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Sam 26 Mai - 9:25


Elle se justifie, nerveuse. Elle a essayé de m’expliquer à moi ce qu’était la paranoïa. J’ai eu envie de sourire, terriblement sourire. Parce que j’ai deux tatouages pour contrer la possession dans le cas où le premier est entravé. Parce que j’ai une lame dans chaque chaussure au cas où l’un des deux est arraché. Parce que j’ai constamment du sel dans mes poches et dans mes sacs. Parce que je ne suis composé que de peurs, de risques, de colère, de prudence. Je ne suis pas aussi brave qu’il n’y parait, Nora. Je ne suis qu’Abel. Je ne suis qu’un mortel. Les démons ne me craignent pas dans un premier temps, les créatures de l’ombre n’ont peur de moi que lorsqu’elles réalisent mon expérience. Ma faiblesse est un avantage, car ainsi on me croit trop faible pour tenir tête. On me pense ridicule, jusqu’à ce que je pourfende mes ennemis, jusqu’à ce que le sel de ma colère ne vienne corrompre la chaire de mes adversaires. J’ai glissé ma lame sous le siège également, celle accrochée à ma ceinture normalement, avec un empressement certain. Valait mieux éviter que les brebis se pensent en danger, même si d’une certaine manière elles le sont.

Elles le sont à cause de moi, à cause de Nora peut-être. Parfois pour protéger les brebis, il faut en sacrifier certaines. C’est avec douleur que je peux prendre la vie de brebis. C’est avec le cœur qui saigne et les yeux emplis de larmes que je supprime le souffle de vie offert par toi, Seigneur. Mais c’est nécessaire pour conserver la tranquillité de ceux qui ne savent pas. Plonger plus profondément dans l’ombre, dans les ténèbres, dans les salissures de l’âme afin de pouvoir sauver l’innocence. L’innocence de ceux qui se pensent hideux à cause de leur infidélité ; de ceux qui pensent leur ambition démesurée ; de ceux qui frémissent à cause de leurs préférences sexuelles : en somme, de ceux qui ne comprennent pas que tu n’es qu’amour et acceptation.

« Oui, toujours à se mettre la tête à l’envers ces gens-là, hein. Vous êtes sûre que ça va aller pour le ramener chez lui ? On peut vous raccompagner. Où est-ce que vous alliez ? Monsieur, monsieur ? Vous allez bien ? »

Ma mâchoire ne se serre même pas, ma colère ne gronde qu’à peine, et c’est un regard serein qui se tourne vers le policier. Un regard serein et plein d’une amertume discrète, cachée. Je l’ai tellement entendu, je l’ai tellement vécut, les mots ne sont plus que des coquilles. Ces gens là n’est plus qu’un doigt pointé sur ma peau d’ébène. Ce n’est pas grave. Ce n’est même pas assez pour que je m’en soucis. Je prends soin de ne pas articuler, de m’enfoncer les syllabes au fond de la gorge pour galérer à les restituer comme il se doit. Ne plus être qu’une ombre discrète. J’hoche simplement la tête. J’hoche simplement. « J’vais bien, d’solé m’sieur l’agent. » Je dissimule mon accent du mieux possible, pas nécessaire d’en faire des tonnes, mais il reste agrippé à ma langue comme un désespéré. Impossible de faire semblant.  Le policier passe la lampe dans l’habitacle, prenant soin de toujours m’éclairer d’une manière ou d’une autre. « Ouvre moi la boite à gant, mon gars. » qu’il crache presque à mon visage. Je ne trépigne même pas, m’executant en rendant mes mouvements trop large, cognant mes phalanges contre la porte de la boite à gant avant de l’ouvrir. Une bouteille d’eau en tombe. « C’est quoi ça ? Ramasse et file le moi. » Je ne discute pas, n’essaye même pas de lui intimer que c’est de l’eau ou quoi. Il l’ouvre simplement et rompt l’emballage. C’est bien de l’eau.

L’homme, qui malgré ses quelques années de moins que moi continue de me tutoyer, ne semble pas très heureux de sa trouvaille. Il a l’air prêt à nous faire sortir de là, prêt à nous faire ouvrir toutes les portes au tournevis dans les prochaines minutes. La tournure que prennent les choses ne me plait pas. Pas du tout. Son collègue est retourné à la voiture et semble parler dans une radio avec les papiers de Nora dans les mains, la lampe bloquée entre son menton et son épaule. Je ne pourrais pas l’atteindre au couteau de là ou il se trouve. Et des coups de feu alerteraient la personne avec qui il se trouve à la radio. La situation se bloque de plus en plus, et je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça du tout.

« Sortez du véhicule » Et merde… La créature est juste derrière. Il suffit qu’elle se soit réveillée et elle n’aurait plus qu’à frapper dans le coffre. Elle n’aurait plus qu’à faire ça et on serait executé sur le champ. Même pas besoin de nous arrêter. A la limite ils épargneraient peut-être Nora mais moi… Moi aucune chance. On n’épargne pas ces gens là, comme dirait l’autre. J'ouvre ma portière et attrape la lame contre mon mollet, la glissant sans tarder dans ma ceinture en fendant légèrement la peau de mon dos dans le même temps. Plus tard, la souffrance. Ce n'est pas la priorité.
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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Ven 1 Juin - 10:14

« J’vais bien, d’solé m’sieur l’agent. »

Pas sûre que Nora le nommerait aux Oscars mais il se débrouille pas mal, le prêtre ! Bouche pâteuse, syllabes amochées, ça reste assez crédible.

« Ouvre-moi la boîte à gant, mon gars. »

Nora fronce les sourcils — il s’attend à quoi, qu’on cache de la drogue dans les boîtes à gants ? Ses doigts s’enroulent autour du volant. Un calme olympien l’envahit, seulement brisé par les battements effrénés de son cœur. Abel obtempère, laisse le jeu aux relents alcooliques s’imprégner de ses sens. Il bouscule, ne sait pas, trouve finalement et fait tomber une bouteille d’eau. Le policier stresse, n’est pas serein. Exige qu’il lui tende. Ce qu’il fait. Rien qu’une putain de bouteille d’eau, casse-toi, a envie de lui dire Nora. Rester muette, se contenter de parler quand il le demande, en pas éveiller les soupçons.

« Sortez du véhicule. »

Non, non, non. Finalement, ils auraient peut-être dû laisser le polymorphe se vider de son sens dans le coffre. Elle pourrait risquer de se réveiller. Et s’ils demandent à voir le coffre ? Il voulait bien ouvrir une putain de boîte à gant… Le geste d’Abel n’échappe pas à Nora. Sa main se porte à son mollet au moment où il ouvre la porte avant de glisser la lame qu’il vient d’obtenir à sa ceinture, dans son dos. Ils ne peuvent pas buter des flics. Et s’ils demandent à être escortés jusque chez eux… le temps qu’ils trouvent une autre voiture pour revenir chercher celle-ci, la polymorphe aura trouvé le temps soit de mourir, soit de s’enfuir. Merde ! Elle pourrait laisser Abel entre leurs mains, mais alors ils verraient rapidement qu’il n’a pas assez d’alcool dans le sang pour être vraiment bourré. Et qui sait comment ça tournerait pour lui ensuite ? Abandonner les autres, ce n’est vraiment pas son genre. Elle préfère encore perdre la polymorphe.
Nora inspire, expire, sort de la voiture en essayant de se mettre, elle aussi, dans le rôle d’un personnage qu’elle pourrait interpréter et qui les sortirait de cette fâcheuse position. Elle se glisse de l’autre côté de la voiture, essaye de capter un bruit provenant du coffre – rien pour le moment. Deux de ses couteaux sont toujours à sa hanche, cachés par son gilet.

« S’il vous plait… qu’est-ce que vous nous voulez ? Mes papiers sont en règle, il se fait tard et… et je dois rentrer chez moi… »

Air de chien battu, voix piteuse alors qu’elle marche près de la deuxième voiture, essayant de cacher sa claudication du mieux qu’elle peut. Ce n’est pas la peine d’attirer un peu plus leur attention. Pour autant, sa plaie est douloureuse. Elle grimace un peu, hésite sur la manière d’aborder les choses. La séduction, peut-être ? Au risque de tomber sur un flic un peu trop zélé… merde.

« Mon copain a un peu bu mais il n’est pas dangereux. Il ne pose aucun problème. Il se fait déjà tard et nous voudrions rentrer…
— Madame, il va falloir que vous souffliez dans l’éthylotest, d’accord ?
— Oui, pas de problème.
»

Je ne sais pas ce qu’Abel a prévu de faire avec le couteau qu’il cache mais je ne peux pas me retrouver avec la mort d’innocents sur la conscience... C’est hors de question, tant qu'ils ne sont pas menaçants. Et tant que le coffre n’est pas ouvert... Je me penche pour souffler dans l’éthylotest, incapable de voir ce qu’Abel va faire. Alors que j'attrape leur engin de malheur (qu'il ne sert à rien de remplir, je ne bois pas d'alcool), l'attention du policier se porte sur les traces de sang qu'il reste sur mes mains. Merde.

« Vous êtes blessée ?! C'est lui qui vous a fait du mal ?
— Non, pas du tout, j'ai cassé une bouteille lors de la soirée et...
— Mitch, fais gaffe à l'animal,
gueule-t-il à la cantonade.
— Non, vous ne comprenez pas, ce n'est pas... »

D'instinct, je glisse ma main près des plis de mon gilet. J'ai l'horrible impression que le jeu de la nunuche ne va plus fonctionner très longtemps. Et personne ne touche à mes compagnons de chasse, surtout pas lorsque c'est saupoudré d'un racisme crasse. J'essaye d'attraper le regard d'Abel au passage. Je ne le connais pas assez pour savoir comment il va réagir mais vu la tournure des événements... eh bien je le suivrai.

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MessageSujet: Re: Ne regarde pas | Norel    Mar 26 Juin - 17:41


«S’il vous plait… qu’est-ce que vous nous voulez ? Mes papiers sont en règle, il se fait tard et… et je dois rentrer chez moi…»

Je suis déjà fatigué de tout ça. Ce genre de discussion sent très mauvais, le genre avec un gros arrière gout de racisme saupoudré d’une bonne dose de méchanceté. J’aurais du m’en douter en voyant l’autre connard et son brushing blond et son copain avec l’arrête sur le côté. Petit duo de comique en puissance, du genre qui votent pour une Amérique forte et qui serre leurs gosses quand un noir se promène dans la même rue qu’eux avant de rentrer niquer leur femme ; pensant à la plus récente star éphémère de moins de vingt-deux ans pour réussir à bander. Enculés.  Je dois avoir la gueule de l’emploi pour se détendre après une journée à se demander pourquoi la majorité sexuelle se fait aussi tard ou à se demander pourquoi l’esclavagisme est révolu. Fatiguant. J’ai mieux à foutre que de m’occuper de vous les gars, genre me brosser les dents.

« Mon copain a un peu bu mais il n’est pas dangereux. Il ne pose aucun problème. Il se fait déjà tard et nous voudrions rentrer…»
«  Madame, il va falloir que vous souffliez dans l’éthylotest, d’accord ? »
«  Oui, pas de problème. »


Même le son de leur voix m’irrite. C’est comme si un débile venait me postiller directement dans la tête jusqu’à ce que je sente le sang pulser dans mes tempes. La rage augmente, la fureur grogne dans mon estomac. Je la sens qui tire. Je sens l’appel de la lame pour répandre du jus de couillon sur le sol, mais je ne peux pas me laisser aller à la colère. Ce n’est pas nécessaire. Du contrôle, le temps de sortir de cette situation de merde. Ensuite seulement j’irai démonter un sac de sable jusqu’à ce que mes phalanges saignent. Et là je pourrais hurler jusqu’à ce que je me sente épuiser, un flot continue de commentaires injurieux tous plus judicieux les uns que les autres.

Pour l’instant, t’es un mec un peu bourré qui veut juste rentrer chez lui.

« Vous êtes blessée ?! C'est lui qui vous a fait du mal ? »
« Non, pas du tout, j'ai cassé une bouteille lors de la soirée et... »
« Mitch, fais gaffe à l'animal, »

« Non, vous ne comprenez pas, ce n'est pas... »

J’entends plus que je ne vois le mouvement fougueux du flic derrière la voiture qui se met soudainement à braquer son arme sur moi et mon premier réflexe est de porter la main à mon arme. Ca va mal finir. Ca va saigner. J’ai rien à céder. Je vais les défoncer. Respire. Mes mains se relèvent soudainement comme si j’étais simplement terrifié, bien haut et bien fort. Avec facilement deux secondes de décalage. Ca sonne un peu faux mais je ne peux pas combattre les vieux réflexes. Je dresse les mains, fermant très fort les yeux, comme si je souhaitais qu’ils disparaissent. D’une petite balayette. Prier très fort qu’ils ne me fassent pas de mal. Alors seulement je parle. Alors seulement je hurle. « TIREZ PAS ! TIREZ PAS ! J’AI RIEN FAIT J’VOUS JURE ! ELLE EST JUSTE TOMBER SUR UN TESSON ! J’VOUS JURE ! » et je me rue derrière la bagnole pour me mettre à couvert, jetant par la même occasion les lames dans mon dos sous la voiture. Pas le temps pour celle de la cheville. Va falloir prier encore. Fais pas le con, aide moi pour une fois Toi là. « TES MAINS OU JE PEUX LES VOIR, NEGRO ! » que me lâche le premier en faisant le tour de la voiture. Mon haleine hurle le whisky jusque sur son visage lorsqu’il m’attrape le poignet pour me tordre le bras et me plaquer sur le sol. « J’SUIS INNOCENT, J’VOUS JURE ! J’VEUX JUSTE RENTRER CHEZ MOI ! » Mes cries sont autant de rugissement que je ne peux pas contrôler, ma voix trop caverneuse refusant de partir dans les aigües. Le flic pose son genoux dans le bas de mon dos, heurtant ma flasque de whisky presque vide. Il se penche pour l’attraper et l’ouvre pour en sentir le contenu puis se tourne vers son collègue. « Whisky. » je saute évidemment sur l’occasion. « Puisque je me tue à vous le dire. Je rentre de soirée dans la ville d’à côté. Je suis là en vacances, juste venu rendre visite à une vieille amie et… » Il écrase mon dos et mon poignet du genou dans le même mouvement, je serre les dents mais ne hurle pas.

Lorsque j’entends l’autre flic parler dans la radio, je suis persuadé qu’il appelle les renforts et qu’on est foutu. Vraiment je ne vois pas comment ça peut se passer autrement. Il va falloir les exécuter. Juste me redresser un peu pour attraper les lames sous la voiture. Une seconde à peine. « Lâche le, mec. Ils nous mobilisent. Je t’explique en voiture. Et vous deux, qu’on vous revoient plus dans cet état sur nos routes. Bien compris ? » Je l’entends plus que je ne le vois marcher dans l’autre sens alors que l’autre me lâche, sans rater l’occasion de me caler un coup de pieds dans les côtes au passage. Je geint en écarquillant le regard, serrant les poings et roulant sur le côté en boule. Bouffon. J’espère que ce soir tu pourras baiser ta femme en repensant au pouvoir que t’as eu sur moi, plutôt que de penser à ta fille qui se fait baiser par ses petits camarades de classe.


***


La voiture s’éloigne bien vite dans le sens opposé et je me redresse doucement dans le cas ou ils regardent dans le rétroviseur. Doucement je passe la main sur mes vêtements pour épousseter mes vêtements et retirer la poussière de celle-ci. Je plis mes genoux et attrape les lames dans la poussière avant de les envoyer dans la voiture. « Restons pas là, ils pourraient envoyer d’autres gens s’occuper de nous. » Je m’approche du coffre et sort le colt, que je pointe vers l’intérieur avant d’ouvrir. A l’intérieur  la créature gît là, inerte. Pouce sur son cou, son poul semble stable mais faible. On a plus de temps à perdre. Je remballe le tout et grimpe en voiture en essuyant doucement mes joues, encore salies des fausses larmes que j’ai laissé couler le long de celles-ci.   « Son pouls est faible mais régulier. On a plus le temps de s’arrêter, mais pas besoin de faire d’excès de vitesse pour autant. » La porte du conducteur se referme derrière moi alors que je me tourne vers elle pour vérifier que sa ceinture est mise.

La sécurité en premier lieu.

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Ne regarde pas | Norel

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