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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 i wish i was a little more delicate - norian

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MessageSujet: i wish i was a little more delicate - norian   Mer 16 Mai - 6:19

Il est assez étonnant, quand on y réfléchit deux minutes, de savoir que Nora aime les bars. Parce que la jeune femme ne boit pas. Or, si l’on suit la logique des choses, on est censé trouver des gens légèrement alcoolisés dans ce genre d’endroits… En fait, c’est peut-être spécialement pour ça qu’elle y va. Parce que Nora croit dur comme faire que la personnalité se révèle sous l’influence de l’alcool. Parce que manipuler devient plus facile. Parce que les souvenirs s’embrouillent, la réalité s’efface pour ne laisser place qu’aux sentiments les plus bruts. Et en plus de trouver une vérité décoquillée, Nora aime croquer dans l’ambiance festive. Se sentir entraînée par la musique, les rires, l’euphorie ambiante. Elle trouve toujours quelques corps gracieux, quelques esprits volatiles, de quoi faire fonctionner sa créativité insatiable, toujours à la recherche de quelque chose de nouveau. Et ce soir, pour du nouveau, c’est du nouveau.

Un petit bar tranquille de la ville haute. Du genre à s’inspirer de la dernière mode sériesque un peu loufoque, « Peaky Blinders » et de son graphisme haut en couleurs. Nora n’a pas suivi la série, pas son genre, elle n’a pas accroché mais l’ambiance, par contre… et ça remet en route le moteur de sa créativité, légèrement en berne depuis qu’elle a rencontré un certain Kilik. Alors oui, se fondre dans la masse, écouter des bribes de conversation, chercher de nouvelles choses à dessiner, ça lui permet de se changer les idées. Et puis il faut aussi qu’elle prépare son cours particulier de dessin le lendemain, et pour le moment elle n’a aucune idée de ce qu’ils vont travailler, alors autant aller piocher quelques idées à l’extérieur.

Et donc, c’est cet homme, qui a arrêté son regard. Un homme peut-être encore plus bizarre qu’elle, car si elle ne boit pas d’alcool, au moins ne fait-elle pas l’affront de le boire à la paille. Encore moins de la bière ! Elle le fixe une seconde, avant de détourner le regard, ayant conscience que ça ne se fait pas, dans la réalité des normes sociales, de fixer quelqu’un. Quoi qu’il a l’air bien perdu sur son smartphone, alors elle peut peut-être abuser un peu… Voilà deux choses peu communes mais qui ne semblent pas antinomiques pour autant : l’homme boit à la paille et l’homme ne semble pas s’intéresser à ce qui se passe alentours. Et quand elle dit homme, c’est surtout parce qu’il n’arrive pas vraiment à déterminer son âge. Vingt ans ? Non, un peu plus. Vingt-cinq ? Peut-être. Ça reste un homme tout de même ; un homme dont la morphologie l’intrigue. Voilà, c’est le mot. Nora est intriguée. Et la curiosité mortelle qui la pousse constamment à s’ouvrir aux autres – ou tout du moins à les faire s’ouvrir à elle – reprend le dessus. Alors elle prend son carnet, l’ouvre à une page vierge, sort un crayon à papier, un criterium, car les vrais diront que ce n’est pas comme ça qu’il faut dessiner, mais c’est avec cette pointe affutée qu’elle aime le faire, et commence à dessiner. A lui inventer une vie, un passé, une explication de son inexplicable intérêt pour son smartphone. Un asocial, peut-être ? Un homme à qui l’on aurait posé un lapin ? Ou quelqu’un qui attend, tout simplement. Que le temps passe, que les choses changent, que les feuilles mortes jonchent le sol. Oui, voilà. Lui, c’est les feuilles, c’est certain. Parce que dans son monde virtuel, les feuilles de papier n’occurrent plus, sont dénuées d’intérêt. Alors les tourbillons de feuilles rouges tournoient autour de lui, cherchent à le coller au sol tandis que son esprit s’élève haut, bien haut, si haut qu’il s’égare dans les sphères d’un monde virtuel, numérique, détaché. Il lui faudrait un nom, à cet homme. Alors Nora se lève, referme souplement son carnet qu’elle glisse dans son sac en bandoulière, laissant la moitié de son dessin éventrer la page blanche de ses tracés noirs, et s’approcher de la table dudit homme-curiosité, son Virgin Mojito Fraise à la main.

« Bonsoir, je vous prie de m’excuser, vous attendez quelqu’un ? demande-t-elle sereinement. »

Nora n’est pas timide, n’a pas de barrières. Quand elle veut savoir, elle sait, et c’est tout.
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Mar 22 Mai - 18:13

Son téléphone avait vibré le son de la discorde, et c'est avec une certaine nonchalence que Cristian s'installa un peu mieux sur sa chaise de bar, pour se mettre au travail. On avait visiblement besoin de son aide sur une de ses espèces de bataille digitales entre hackers. Si il n'y mettait plus vraiment les pieds depuis son adolescence, quand il s'ennuyait, il acceptait de temps en temps un challenge qui pouvait l'occuper une bonne dizaine de minutes.

Et force était de constater qu'il s'ennuyait effectivement au milieu du bar. Il ne savait pas vraiment pourquoi il s'y était arrêté en premier lieu. Si il se forçait à fréquenter les endroits animés, il avait vite comprit que regarder les gens parler autour de lui était mal vu. Alors son téléphone était une bonne alternative, un peu mieux que de fixer le fond de son verre. Les relations sociales n'étaient pas un terrain de jeu pour lui, et encore moins un sujet d'étude. Pour qu'il les étudie, il faudrait déjà qu'il y comprenne quoique ce soit. Lui qui devait déjà apprendre des phrases pré-construites pour commander sa bière ou un café sans avoir l'air parfaitement gauche et pataud... Il ne partait pas vraiment d'un bon pied.

Alors il se plongea dans la contemplation de son smartphone, et précisément l'écran noir sur lequel il posait des lignes et des lignes de codes, avec une dextérité certaine dans les doigts, pour le simple frisson de la guerre virtuelle, pour lequel il n'avait plus vraiment d'attrait depuis des années. C'était vaguement du même niveau que jeter une balle à son chien. Répétitif, un peu ennuyeux, et ça a l'air stupide. Mais si ça fait plaisir à quelqu'un, que ce soit son vieux chien qui bave ou alors un type qu'il a jamais vu de sa vie à l'autre bout du monde, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire?

Et d'un coup d'un seul, sa bulle explose. Avec une brutalité effrayante, malgré la douce voix de celle qui vient de le rejoindre. Il lui faut une seconde pour qu'il comprenne qu'elle lui parle, une autre pour qu'il reprenne conscience du bar. Son cerveau qui habituellement va si vite, à toujours un peu de mal avec le principe de conversation. Il ne sait tout simplement pas quoi lui répondre. La réponse est pourtant simple, mais il ne comprend pas vraiment la question. Il jette un regard autour de lui pour être sûr de ne pas gêner, et ça n'a pas l'air d'être le cas. Personne ne fait attention à lui, et c'est de loin ce qu'il préfère. Il pose délicatement son téléphone à côté de sa bière, et depuis le début, il n'affiche pas beaucoup d'expression, si ce n'est celle du type taciturne. Et il n'améliore pas son cas en prononçant un simple :

« Non. » Qui paraît rapidement sec et presque blessant. Il le sent bien, mais Cristian ne sait pas vraiment quoi ajouter. Là tout de suite, donnez lui une winchester et un vampire, et il sera beaucoup plus éloquent. Promis. Ou du moins plus actif.

Il sait qu'il est particulièrement impoli, alors il lui propose d'un simple geste de la main de le rejoindre à sa table : elle a un verre à sa main et elle est debout avec son sac. Il en déduit qu'elle cherche un endroit ou s'asseoir. Il a juste du mal à comprendre pourquoi elle veut absolument être en face de lui alors que le bar a encore quelques tables vides. Ça le dépasse un peu, mais il ne sait pas comment exprimer son ressenti sans avoir l'air du dernier des rustres. Déjà qu'il ne s'était pas vraiment drapé d'une aura de gentleman depuis tout à l'heure.

Cristian ne dit rien pendant ce qui peut sembler une éternité, il fronce un peu les sourcils, et à la seconde où il se concentre -enfin- sur le visage de la jeune femme, la réponse lui saute aux yeux. Nora Jefferson. Bourreau de L'organisation. Elle était tombée dans ses fichiers quand Cristian, tout récemment installé, s'était penché sur les chasseurs du coin. Il y a peu de chances pour qu'elle sache qui il était, mais il était curieux. Déjà parce qu'elle voulait s'asseoir à ses côtés. Tout aussi perturbant que cela pouvait l'être, ça avait au moins le mérite de changer de son habitude. Et que ses habitudes étaient confortables... Trop même. Il le savait et il essayait volontairement de les casser. Que ce soit en voyageant, ou en allant dans des bars.

Après ce qui pouvait sembler être une éternité pour son interlocutrice, mais une éternité nécessaire pour lui, le temps qu'il répète en boucle sa phrase dans sa tête pour la dire avec un semblant d'aisance, il ajouta avec son fort accent.

« Je n'attends personne ici, j'avais juste soif. »
C'est peu, mais c'est un progrès. Il enviait presque l'aisance naturelle de sa sœur à cet instant, comme à chaque conversation avec un parfait inconnu. « Vous pouvez m'appeler Cristian. » Précise-t-il, sans prendre trop de temps cette fois -cette phrase il la connaissait par cœur- pour entamer ce qui ressemblait à une conversation badine. L'invitant à se présenter à son tour. La glace brisée ne l'aiderait pas à se sentir rapidement plus à l'aise, mais soit.
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Ven 25 Mai - 6:11

Le jeune homme regarde autour de lui. Il doit se demander si Nora lui parle, mais elle n’en démord pas. Elle vient seulement de se rendre compte combien ça doit être impoli d’être coupé en plein travail ou même juste « moment solitaire » – sans mauvais jeux de mots – mais Nora a l’habitude d’être maladroite ou malaisante alors elle s’en moque un peu. Il éloigne son téléphone.

« Non. »

Elle ne s’attendait pas à ça pour sûr, mais elle le dérange certainement. Nora sait comment faire sortir les gens de leur agacement – enfin, quand elle se donne la peine et qu’elle ne fonce pas bêtement dans le tas. C’est surtout son calme qui apaise les autres. D’habitude. Car l’homme-curiosité a l’air différent. Oiseau parmi les vivants, avec sa paille, son smartphone, ses airs détachés. Dommage pour lui, Nora est encore plus curieuse. Geste de la main, invitation tacite à venir le rejoindre – elle n’en attendait pas tant, mais puisqu’il fait l’effort. Elle s’assoit sur la banquette en face de lui, pose son verre et son sac à côté d’elle.

« Je n’attends personne ici, j’avais juste soif. »

Les mots. Les attitudes. Il y a tant de choses à décortiquer lorsque l’on rencontre une nouvelle personne que parfois Nora est dépassée ; ici, dans la singularité de sa phrase et les mots épisodiques qu’il emploie l’interpelle. J’avais juste soif. Comme s’il s’excusait, cherchait à se justifier de sa présence ici. Quelque part, il y a de nombreuses raisons de se rendre dans un bar. Ne pas être seul. Boire. Entendre du monde. Se détendre. Passer le temps. Il avait… soif. Dans un bar si atypique. Est-ce qu’il ment ? Pour couvrir une petite amie qui ne serait pas venue ? Nora aime bien faire des suppositions. Inventer une vie aux personnes qu’elle rencontre, même si elle se doute que c’est bien souvent à des années-lumière de la réalité.

« Vous pouvez m’appeler Cristian. »

Nora aime cette manière élégante de parler. Elle ne saurait pas trop comment dire, peut-être encore ce choix des mots. « Je m’appelle Cristian », dirait la plupart des gens. Là, non, le vouvoiement. Le tu avant le je, l’autre personne avant tout. Curieux. Curieux aussi qu’il décline son identité avant de lui demander la sienne – est-ce par politesse ? C’est une invitation à se présenter. Sans forcer, sans rentrer dedans ; je te donne une information, un léger indice, et à toi de te dévoiler en retour. Note mentale : faire attention à lui. Elle ne doute pas une seconde qu’il puisse être un fin manipulateur.

« Nora, enchantée. Je ne me suis aperçue qu’après que vous auriez peut-être préféré rester seul. Pour être honnête, vous m’avez intriguée. J’attendais de voir si quelqu’un venait vous rejoindre, mais ça n’avait pas l’air d’être le cas. Ça va paraître terriblement indiscret et je peux partir aussi vite que je suis arrivée mais… qu’est-ce que vous faites sur votre téléphone, au milieu d’un bar ? »

Nora n’a pas toujours conscience des normes sociales qui doivent s’ériger entre les gens. Elle n’a pas « le contact facile » mais on lui a déjà fait la remarque que ses questions ou même ses propos étaient parfois un peu trop tranchés, un peu trop… inattendus pour être corrects. Nora s’en fout, de faire bonne impression. Comme disait sa tante quand elles parlaient encore de ses problèmes, « t’es pas une imprimante, tu t’en fous ». Alors Nora s’en est foutue. Et puis, elle parle déjà bien trop pour la majorité des gens... Moulin à paroles qui ne s'arrête qu'en se rendant compte de sa propre exubérance. De toute façon, Cristian n’a qu’un mot à dire et elle s’en ira. Elle n’aime pas importuner les autres.
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Jeu 7 Juin - 23:40

Le regard qui le perce le met mal à l'aise. Tout d'un coup, le col de son tshirt le serre de façon désagréable, il a une sueur froide qui lui longe de façon sournoise la colonne vertébrale, et l'envie rampante de retourner fissa le nez dans son écran de smartphone lui taquine gentiment mais sûrement l'esprit. La politesse de mesure est, non seulement pour dissimuler très maladroitement sa gêne, mais aussi parce qu'entre son accent difficile à saisir, et le fait que l'anglais est loin d'être sa langue maternelle, il préférait y mettre les formes alambiqués pour être compris un minimum. Quitte à passer pour un illuminé. Et il passait en effet pour un illuminé.

Par ailleurs, malgré son air profondément ennuyé, plus cette Nora lui parle, plus il meurt d'envie de se planquer sous la table sans autre forme de procès. Déjà, rien que le fait qu'il ait, par le plus grand des mystères, réussit à l'intriguer. Le mot est lâché. Cristian est donc intriguant. Et il n'aimait vraiment pas ça. Il préférait être une vitrine transparente, c'était bien plus commode pour tout. Le roumain avait déjà eu affaire à des personnes un peu trop directes pour son propre confort. Certaines avaient été rapidement rebutées par son caractère, d'autres avaient insisté par il ignorait quel miracle. Parfois – souvent. Très souvent- ça le dépassait complètement.

Si il trouve ça indiscret? Il l'ignore à proprement parlé, il semble même réfléchir à quoi répondre, et surtout à comment réagir alors qu'il sirote bruyamment sa bière avec sa paille. Il avait soif. C'était pas une raison suffisante pour venir boire quelque chose? Non? Évidemment que non. Cette réponse ne conviendrait pas. Il enviait sa sœur et son aisance naturelle à avoir l'air parfaitement à l'aise, alors que pour lui, ce genre de discussion était encore plus vicieuse qu'un serpent à sonnette.

Il s'avachit dos à son siège, bras croisé, et tournant sa langue dans sa bouche avec cet air naturel de celui qui a l'air profondément ennuyé. Pourtant il ne la chasse pas. Tout aussi mal à l'aise qu'il est, cette conversation l’intéresse pour l'instant. Il n'en sortirait pas en en sachant plus sur les relations humaines. Mais si cette simple discussion était absolument tout ce qu'il pouvait craindre, si il était parfaitement honnête avec lui-même -et il l'était toujours- c'était aussi tout ce qu'il attendait en traînant dans ce genre d'endroit. Et c'était aussi ce qui l'énervait prodigieusement avec lui : cette manie de voyager sur un coup de tête, quittant foyer et confort pour aller dans des endroits où personne ne le comprenait. A commencer par lui-même.

Il finit par hausser une épaule, se frotta négligement le nez, et répondit en fixant le fond de son verre.

« C'est... juste une question de zone de confort. »

Quitte à avoir l'air d'un illuminé... Il s'installa un peu mieux, question de politesse. Et aussi pour reprendre un minimum le contrôle sur son langage corporel. Les deux jambes au sol l'aidaient un minimum à ne pas succomber à toutes les petites sensations gênantes, les attaques du monde extérieur. Comme le bruit autour d'eux qui lui agressaient les sens. Le tissu de ses vêtements qui lui collait à la peau... des petits détails anecdotiques, qui pour quelqu'un avec sa particularité neurologiques, devenait des vraies obstacles. Mais il avait apprit à les gérer à qui mieux-mieux, avec la bonne méthode de se passer volontairement du fer chauffé à blanc sur la peau.

« Je viens d'arriver au Canada. Pour étudier entre autres. »
Il se désigna d'un geste de l'index, pour mettre en lumière son accent. « C'est pas en restant chez moi que j'apprendrai à connaître le pays. Parfois, souvent même, je vois personne. Et d'autres fois... » il écarte un peu les bras pour désigner Nora en face de lui. « … on m'adresse la parole. Donc : ça finit par payer. »
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Lun 25 Juin - 10:25

Cristian s’adosse à sa chaise, croise les bras, se contente d’afficher un air ennuyé sur son visage. Est-ce qu’elle l’importune ? Peut-être, pourtant il ne signifie aucun agacement réel, juste comme une profonde indifférence à son égard. Et ça, Nora n’est pas sûre d’aimer. Elle aime aussi les défis et elle en vient même à se demander si elle ne commence pas à le prendre comme tel ; intéresse-moi ou va-t’en.

« C’est… juste une question de zone de confort. »

Ah, voilà un détail intéressant ! Nora penche un peu la tête, attrape sa propre paille du bout des lèvres et le dévisage en attendant la suite de la conversation. Le silence incommode les gens, généralement, et ça les pousse à continuer sur leur lancée. Et bingo, le jeune homme reprend la parole. Nora l’écoute en cachant le petit sourire satisfait qu’elle a l’habitude d’avoir quand elle trouve quelque chose d’intéressant. Il vient d’arriver au Canada, pour étudier, apparemment. De nouvelles questions fleurissent. Encore plus lorsqu’il évoque sa volonté d’apprendre à connaître son pays, de découvrir de nouvelles choses. Et puis une phrase attire d’autant plus son attention.

« Parfois, souvent même, je ne vois personne. Et d’autres fois… on m’adresse la parole. Donc : ça finit par payer.
— Payer. J’en conclus donc que je ne vous dérange pas ? le taquine-t-elle. Je ne voudrais pas vous sortir de votre zone de confort. Enfin, pas trop. Mais racontez-moi, alors, parce qu’à chaque fois que vous en dites peu, vous semblez retenir tout un autre tas de choses intéressantes. Vous étudiez ? Vous étudiez quoi ? »

Elle ne sait pas trop comment aborder le reste, une multitude de questions fourmillent sur ses lèvres, de celles qu’elle n’arrive jamais à retenir lorsqu’elle est en compagnie de personnalités qui l’intéressent. D’où viens-tu, où vas-tu, qui es-tu ? Et cet accent, qu’est-ce qu’il veut dire de toi ? De quel pays tu parles, quand tu dis que tu voudrais le découvrir ? Parce que ce n’est clairement pas ton pays vu ton accent, n’est-ce pas ? Et pourquoi tu ne sors pas avec tes amis de l’université, si tu étudies ? Pourquoi est-ce que tu es seul dans ce bar, à regarder ton téléphone, à attendre que « ça paye », même si elle ne sait pas vraiment de quoi il parle quand il dit payer. De pouvoir engager la conversation ? Discuter avec quelqu’un ? Acte vraiment difficile quand on y pense, Nora aussi a beaucoup de mal. Alors quoi, initier le contact ?

« Vous venez d’où, du coup, si ce n’est du Canada ? Et pourquoi avoir choisi le Canada en particulier ? Même si je trouve ce pays remarquable, ne nous méprenons pas. »

Elle plante son menton dans sa main et son regard dans le sien — ou plutôt le cherche, car elle a l’impression qu’il essaye de l’éviter. Elle a autant à apprendre de son langage corporel de ce qu’il peut dire, même si elle évite de trop analyser les gens d’habitude. Un détail, une façon d’agir, une réaction a tellement de traductions possibles qu’elle ne veut pas tomber dans l’excès d’analyse. Et surtout parce qu’elle détesterait qu’on fasse la même chose avec elle.
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Mar 3 Juil - 23:41

Les questions. Elle en avait plein, des tas qui lui foncèrent dans l’estomac a vitesse grand V. Si les informations sont vites reçues et classées, Cristian est néanmoins forcé de laisser un silence. Ne serait-ce que pour pouvoir réfléchir à ce qu’il peut répondre. Les gens qui s’intéressent à lui ne sont pas légions, en tout cas pour quelque chose qui est aussi éloigné de ses principales activités. Il n’était pas un très bon comédien, prétendre être quelqu’un de vaguement normal tout en ayant été élevé dans le giron des Sang Coureurs, c’était bien trop compliqué pour lui. Et pas seulement pour lui, chez les Taur on a toujours eu du mal a avoir une vie de monsieur tout le monde. Il suffisait de voir le train de vie de Ciulin, qui même après des années de rupture familiales, ne pouvait ni s’arrêter d’être une chasseuse, ni se ranger dans un semblant de vie normale. Certes, sa sœur était… spéciale. Mais aucun Taur n’en serait capable. Pas même le pauvre Mihai, le plus doucereux d’entre eux.

Mais Nora n’est pas plus normale que lui. Cristian le sait, et si ce n’est pas le meilleur menteur de sa génération, il peut au moins esquiver soigneusement le sujet. Elle ne se doute de rien, alors l’exercice n’est pas vraiment difficile. Sans pour autant être spécialement simple.  I secoue donc négativement la tête. « Non vous ne me dérangez pas. » Dit-il avant de siroter le fond de sa bière bruyamment. Il est plus perplexe à sa seconde question cependant. Parce qu’il ne sait pas vraiment ce qu’elle veut dire par là. S’il semble retenir un tas de choses intéressantes ? N’est-ce pas la base d’une conversation ? Il se sent l’herbe coupée sous les pieds, et le peu de pouvoir qu’il a sur cette conversation lui échappe. Il doit avoir à présent l’air d’une poule devant un couteau suisse.

L’autre question, il peut y répondre cependant. Même si c’est laconique. « Théologie. » Il se permet de ne pas être plus expansif sur la question. La théologie n’intéresse pas grand monde, mais la réponse lui va bien. Il a en effet l’air de celui qui étudie des choses chiantes que personne n’a envie de savoir. Bizarrement il ne savait plus trop pourquoi il avait pris cette matière. Elle l’aidait étrangement à mieux comprendre à la foi sa vie de traqueur, et le monde autour de lui. Bizarrement. Depuis longtemps il aurait pu être un éminent membre d’université, un écrivain, une pointure, un professeur, mais il était très à l’aise dans sa condition d’étudiant. À son âge, ça ne soulevait aucune question, et ne le forçait pas à prendre un quelconque métier qui l’exposerait à plus de contact maladroit. Et surtout physique. Alors les études étaient un bon compromis : C’était mobile, peu chronophage, et lui permettait de voyager en prime.

« Roumanie. Mais j’ai un peu de famille ici. » Dit-il, ne voyant pas l’intérêt de mentir sur la raison de sa venue. « J’ai assez vu l’Europe, je voulais trouver un autre endroit. Je suis curieux. » Il haussa une épaule. Ne sachant pas comment plus s’épancher sur la question, il s’aventura à prendre les devants de la conversation. Mais évidemment, ce n’était pas sans avoir l’air aussi gauche que d’habitude.

Il reposa son verre, désormais vide, devant lui, non loin de son téléphone. « Vous n’êtes pas d’ici non plus. Vous avez un accent. » Il fronça un peu les sourcils. « Americain. L’accent. » précisa-t-il.

« Vous aimez Blackwater falls ? »
Demande-t-il au taco tac. Il ne voulait pas passer pour le type qui n’en avait rien à faire. Déjà parce que c’était faux, et aussi parce qu’il était très curieux. Ce n’était pas le genre de réponse qu’il trouvait en fouillant sur internet. Pas les vraies réponses du monde.
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Mer 4 Juil - 6:30

« Théologie. »

Rien qu’un mot, qui n’a pas l’air de l’inspirer grandement. Pourtant une nouvelle étincelle brille dans le regard de Nora à ce mot. La théologie ! Pas des études qu’elle aurait souhaité suivre mais qui doivent être terriblement intéressantes. Nora n’est pas une grande religieuse ni même une pratiquante, mais la Bible… La Bible oui, ça lui fait écho, ça lui parle. Un Dieu… ou plusieurs ? Un Panthéon ? Des vertus, des défauts, des textes dont il faudrait s’inspirer pour guider sa vie… Non, il ne pouvait pas se contenter de balancer un sobre « théologie » sans rien dire de plus. Nora décide de noter ça pour en rediscuter un peu plus tard. Surtout pour un jeune comme lui ; qu’est-ce que la théologie pouvait bien lui apporter ? Les chasseurs, encore, pouvaient y trouver un sens profond mais les autres… ?

« Roumanie. Mais j’ai un peu de famille ici. »

Nora dresse l’oreille, prend une nouvelle gorgée de sa boisson alors qu’elle se rend compte de la petite pépite sur laquelle elle vient de tomber : un Roumain ! Bon Dieu — sans vouloir le vexer — c’était son jour de chance ! Quand Nora pense à la Roumanie, c’est tout de suite associé à quelqu’un, désormais. Un homme, une ombre qui s’est cachée dans son cœur et dans son esprit et à qui elle n’a pas pu poser toutes les questions qu’elle aurait voulu sur ce pays, de peur de gratter la couche de ses souvenirs encore à vif. Elle espère que le jeune homme a du temps à perdre et de la salive à dépenser car ce soir, ce ne sera pas Nora qui fera la discussion ! Elle se déçoit un peu de ne pas avoir reconnu l’accent mais elle ne peut pas vraiment dire qu’il soit caractéristique pour elle…

« J’ai assez vu l’Europe, je voulais trouver un autre endroit. Je suis curieux. »

Et voyageur, en plus. Du genre globe-trotteur à découvrir le monde, s’abreuver des paysages, des gens, à se poser dans un bar pour les regarder évoluer. Toute l’attention de Nora crépite vers cet homme-curiosité qu’elle a trouvé au détour d’un hasard mais qu’elle ne peut s’empêcher de vouloir approcher. Comme les papillons de nuit près des lumières trop éclatantes, tous les points que le jeune homme l’attire et pire encore : l’attisent un peu plus. Des phrases courtes, sujet, verbe, complément, quand il fait l’effort d’en mettre. Pourtant elle ne le dérange pas. Pas bavard, peut-être ? Timide ? Vierge ? Cette idée la fait sourire intérieurement mais elle préfère ne pas la partager.

« Vous n’êtes pas d’ici non plus. Vous avez un accent. Américain. L’accent. Vous aimez Blackwater Falls ? »

Eh, il ne va pas prendre sa position de questionneur ! Non, non, non ça ne marche pas comme ça. Nora veut en savoir plus, sur ce qu’il pense, sur ce qu’il étudie, ce qu’il a vécu à l’étranger, et ce n’est certainement pas ce qu’elle a à raconter qu’il va trouver intéressant.

« Dakota du Nord pour une grande partie de ma vie. C’était beau. Je conseillerais à tout le monde de visiter. Les grandes étendues, les étoiles, les animaux. La quiétude, un peu. Blackwater Falls c’est… différent. Plus mouvementé pour moi en tout cas, s’amuse-t-elle. Je ne connais rien de l’Europe, encore moins de la Roumanie. D’ailleurs je serais ravie d’en apprendre plus, si vous voulez m’en parler… La même chose pour la théologie. La théologie, bon sang ! Qui étudie ça, de nos jours ? C’est fascinant. J’aurais aimé, je pense, suivre des études de cet acabit. Mais je manque un peu de volonté, je pense. Déjà j’essaye de comprendre et de me faire un avis sur les textes religieux avec mon filtre, c’est déjà pas mal. »

Oups, elle a encore trop parlé. Comme un moineau qui pépie sans se soucier des autres. Pourtant, Nora sait que ça aide. Les gens se soucient moins d’une personne qui parle dans le vide. Ils pensent qu’elle se confie mais si l’on décortique… elle ne dit pas grand-chose, en fin de compte. Cristian est presque plus bavard avec les silences qu’il lui répond qu’avec les mots. Est-ce qu’on t’a déjà écouté, Cristian ? Je veux dire, vraiment ? Est-ce qu’on t’a vraiment regardé ? Les gens passent à côté des autres, de nos jours, sans même ouvrir les yeux. Sans même prendre le temps de s’attendre. De découvrir les autres. Nora n’est pas certaine d’arriver à faire parler Cristian comme elle le souhaiterait, mais elle a toute une soirée pour essayer.

« Je te paye quelque chose ? Si tu veux bien que je te tutoie, bien sûr. »

Nora a remarqué que son verre est vide. Et ça ne l’arrange pas du tout.
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MessageSujet: Re: i wish i was a little more delicate - norian   Ven 13 Juil - 23:20

Diantre. Qu’elle est bavarde. Pour quelle autre raison elle viendrait lui parler de toute façon. Elle a cet air ingénue de celle qui veut tirer les vers du nez à quelqu’un. Sauf que c’est pas un ver, c’est un serpentin. Et c’est beaucoup de choses de tirer quelque chose de Cristian. Pas qu’il était spécialement secret, en tout cas pas sur cette vie-là, la vie insipide d’un type bizarre qui ignore comment s’intégrer. Elle n’est pas très intéressante. Mais celle du jeune chasseur ne l’est pas vraiment plus. Chasser des créatures, les débusquer dans les moindres recoins, leur courir après, leur tendre des pièges, et recommencer quand c’est terminé. Sans oublier les moult histoires de familles autour, et les dizaines de squelettes dans les placards. Non, rien n’a signalé. Mais Nora s’intéresse à lui. Avec une candeur qu’il a du mal à comprendre. Et même à remarquer. Il voit son enthousiasme, et comprend pas vraiment pourquoi elle coupe aussi cours sur elle pour parler de son pays ou de ses sujets d’études. Les trucs les plus chiants pour lui.

Il n’a pas l’habitude qu’on lui pose ce genre de question. Les petits curieux sont légions, mais ils n’écoutent jamais beaucoup. On cherche souvent la petite bête parfois la petite blague. On aime bien son accent rigolo, celui qui lui vaut le surnom de Dracula à la fac. On s’amuse de la bizarrerie, on s’en émeut parfois ‘ça doit être dur d’être un freak.’ Mais quand on se souvient que sous la couche de bizarrerie neurologique, y’a un être humain qui respire, mange et se lave comme tout le monde, on laisse tomber. On l’a apprécié pour ça, on l’a méprisé pour la même raison. On l’a aimé et largué pour ça aussi. Cristian, lui, voit le monde tourner autour de tout le monde sauf lui. Il se sent étranger en Roumanie autant qu’ici. Dans les cercles de sa famille ou ailleurs. Il cherche un peu de sens dans le capharnaüm de sa tête, et se réveille tous les matins en comprenant qu’il n’en a pas. Ça ne le fatigue même plus. Le blase à peine. Il a apprit à faire avec, et sait depuis longtemps que râler et essayer ça ne change rien. Il continue à tenter parce qu’il sa bulle en verre finira par le tuer. Heureusement qu’il a de la weed pour tenir.

Il prend quelques secondes pour hocher la tête quand elle lui propose un verre.

« La même chose. »
Bref silence, le temps de se souvenir ce qu’il doit dire dans ce genre de situation. « Tu peux me tutoyer. » Il hoche à nouveau la tête, ses yeux se perdent un peu sur la table.

Mais très vite ils rejoignent ceux de sa compagne de table. Les informations sont venues en dossier, et il doit les traiter, et savoir quoi dire. Son index tape régulièrement contre le bois de la table, pour que son esprit ne s’échauffe et ne panique pas. La régularité. C’est important. Sinon il se perd. Sinon il enrage. Il bascule. Il n’a pas envie de perdre le fil. On lui parle si peu souvent.

« La Roumanie… c’est… » Comment décrire ce qu’on a toujours vu ? Et quand on ne sait pas vraiment ce qui fait la particularité d’un pays ? Encore plus qui pourrait intéresser une américaine ? Il ne sait pas vraiment, alors il tente d’être le plus simple possible. « Des montagnes. Beaucoup. C’est très rural. Ça change d’ici.» Il se gratte un peu le nez. « L’architecture est plus germaine que slave. Bauhaus dans les villes. Les églises sont colorées. Tout est vide, sauf les routes. On croise beaucoup de gens quand on voyage. » Il se mord un peu l'intérieur des joues et conclue, bienveillant. « C'est joli. Mais ma mère en parlera mieux que moi. »

Et la théologie… vaste sujet. Il hausse une épaule et s’étirant un peu sur son siège. « Je cherchais quelque chose de plus social après ma licence en Économie. Je pensais qu’on comprenait mieux les gens si on comprenait ce en quoi ils croient. Ou ont cru. » Il soupire un peu et conclue alors qu’on les ressert leur commande. « Je me suis trompé. Mais j’aime bien étudier, alors je continue. »

Il n’a pas la moindre idée de ce qu’il ferra quand il aura fini sa thèse. Probablement trouver un vrai métier, mais on faisait quoi dans la vie avec un master en théologie, un autre en littérature médiévale, deux mémoires et une thèse ? Gratter du papier toute sa vie pourrait lui convenir, après tout il n’a pas spécialement besoin d’argent. Et de toute façon il ne sait pas vraiment faire quelque chose d’autres.
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i wish i was a little more delicate - norian

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