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 Au commencement. || Mordren Maertens

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MessageSujet: Au commencement. || Mordren Maertens   Ven 25 Mai - 11:41


Louison, c'est le genre de pétasse qui me manque un peu. À croire que finalement, elle avait commencé à me ronger les os elle aussi. Face à moi, l'ironie. C'est comme ça que je l’interprète, en tout cas. Faut croire que j'espère toujours les hallucinations, à chaque fois que je viens ici désormais. Quand les bars sont trop pleins d’âmes perdues, que je préfère noyer la peine sans me soucier du reste, que j'ai pas la force de grogner, qu'il me faut juste rien de plus que le calme et ma propre amertume comme compagne. Je m'assois là et je fixe la vie qu'est qu'une chienne trop souvent. Qui prend sans plus jamais rendre. Certains appellent après le karma mais j'ai tendance à me dire qu'il s'en branle d'équilibrer les choses. Tu manges ta merde et puis c'est tout. Si t'es pas capable de digérer, c'est ton souci à toi, pas celui du reste du monde. Faut avoir l'estomac accroché pour survivre. Et ce soir, le mien, il sait plus rien digérer. Alors je la fixe, cette maudite caravane, des cadavres autour de moi pour compenser l'absence de celle qui a eu le sien là-dedans. Pour compenser pas qu'elle, faut bien le reconnaître. J'aboie pas ce soir, je reste sacrément trop silencieux. C'est ma manière à moi de m'ouvrir les veines, de garder tout le mal dans la cervelle, sans plus me soucier d'avoir quelque chose dont je dois prendre soin désormais. J'ai toujours bu pour oublier, alors, elle m'en voudra pas trop si elle en fait partie, l'espace d'une soirée. Il aurait fallu qu'elle le fasse pour le restant de ses jours, elle.

Je fais sacrément pas gaffe aux alentours. Proie facile à cet instant, poids sur les épaules qui pèse trop lourd, qui m'assourdit les tympans. J'ai le mur des lamentations en tête, les images devant les yeux. Je fixe sans réellement voir, j'ai déjà trop de films en mémoire, faut que j'évacue jusqu'à trouver la bonne bobine. Mais c'est plus si simple, désormais, je crois. Alors je continue d'amener le goulot, avant d'enfin lever le nez vers du tout aussi lugubre. Parait que les étoiles qu'on observe sont déjà mortes depuis... Quoi, des milliers d'années lumières ? J'ai jamais rien compris à ce genre de trucs, faut bien le reconnaître. Les sciences, ça va trop de pair avec la culture. Et autant dire que ça m'emmerde vite, parce que je comprends lentement et que ça me gonfle. Pas assez instinctif. Alors ça me fait grogner, alors j'arrête de regarder en l'air et j'en reviens au spectacle morne, celui dans lequel il se passe rien, ce soir. Alors je continue de fermer ma gueule, à me maudire celle-ci tout seul comme un grand. Je doute pas que d'autres le feront à ma place, mais on est jamais mieux servi que par soi-même pour ce genre de pathétisme. Je me demande si c'est que tu viens chercher, une levée de rideaux sur un écran trop brouillon. J'ai fini par relever les yeux encore, tandis que je fixais ma bouteille, face aux bruits de pas que j'ai mis du temps à percevoir.

Louison ?

Mais c'est pas elle. Tout comme ça pourra plus jamais l'être, je le sais bien pourtant. Toi, je te connais pas. Tout comme je l'ai pas connu réellement, je crois. J'en sais plus trop rien, je navigue entre deux eaux sales alors que la surface reste lisse. Ou peut-être qu'elle est pleine de vagues mais que moi je le vois pas. Que c'est un raz-de-marée en préparation que tous ignorent, sauf toi, parce que si je te vois, c'est que tu peux apercevoir l'éclat fragile dans les prunelles. Et je déteste ça. Je te déteste déjà un peu, dans le fond.

Pas Louison.

Je détourne la tête, le regard, l'âme. Je me suis trompé, mais je m'excuserais pas de t'avoir pris pour une morte, pour une hallucination qui veut plus me revoir. À croire que l'esprit s'est trop fracassé, qu'il m'accorde même plus des visions qui me calmerait le mal de mer un instant. Pourtant, t'as des airs fantomatiques toi aussi. Sans doute pour ça que je reprends une gorgée, pour oublier ça aussi. Que t'es pas celle que je suis venu chercher. Fais chier.

Salut.

Autant pour te saluer que te dire de partir. Parce que dans le fond, moi aussi, je dois faire peur à voir. À boire. Disparais, toi aussi...
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Au commencement. || Mordren Maertens

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