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n'oubliez pas que les humains, les fantômes et les polymorphes ont besoin d'amour, eux aussi.
nous sommes présentement en avril 2017. le soleil pointe enfin le bout de son nez
en raison d'un déséquilibre dans la répartition des créatures, les démons ne sont plus autorisés, tout comme les vampires de plus de 100 ans.

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 We are strange believers [ft. Asmodée]

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MessageSujet: We are strange believers [ft. Asmodée]   Dim 17 Juil - 19:41


– we are strange believers –
SIMON ET ASMODEE / To god’s illusion which I recall Was our delusion Before the fall, The angels come and the angels go But the lord of light shining below ; Eternal blackness beyond the stars, We think our wisdom will get that far - At the master’s table the table’s bare, No land of plenty, devastation, despair – IRON MAIDEN.


La journée touchait à sa fin et les derniers fidèles commençaient à rentrer chez eux. Pas de prière particulière ce soir, pas de sermon précis puisqu’on n’était pas un jour saint, aussi Simon avait-il pris le temps de parler avec ceux et celles qui étaient venus le voir, qui avaient besoin de conseils, qui doutaient, ou qui avaient juste besoin d’une oreille qui les écouterait sans les juger. Si le père Cavalier était réputé pour une chose, c’était bien pour son écoute et son objectivité certaine ; s’il avait des avis, il les laissait de côté pour qu’ils n’influencent pas ses paroles ni sa réflexion. Il essayait toujours de faire au mieux et de trouver des solutions adaptées à chacun, et lorsqu’il ne pouvait pas leur apporter d’aide, matérielle ou spirituelle, il ne manquait pas de les réorienter vers telle ou telle personne qu’il savait plus qualifiée que lui. Après tout, il restait un homme et il n’avait pas la prétention de pouvoir guérir tous les maux. Ca, il en laissait le soin à Dieu et aux médecins, fussent-ils du corps ou de l’esprit. Il ne faisait pas de miracles et n’était pas un sain doté de pouvoirs grandioses comme ceux des écritures, aussi savait-il rester humble et faire les choix qui s’imposaient, aussi difficiles soient-ils.
Ce jour-là, il avait conseillé une jeune femme qui doutait de l’amour qu’elle portait à son fiancé et qui ne savait pas si elle devait poursuivre jusqu’au mariage ou se rétracter. Le prêtre lui avait conseillé d’en parler avec lui, de lui faire part de ses doutes et de ne pas le laisser dans le flou. Tout en parlant, il avait repéré du coin de l’œil la silhouette d’un homme se déplaçant entre les colonnades de la cathédrale ; il ne connaissait pas cette silhouette, aussi s’assura-t-il de la garder dans son champ de vision tandis qu’il s’occupait de la future mariée en proie à ses interrogations. Il fit de son mieux pour lui répondre aussi précisément que possible, et il finit par la rassurer en lui disant que personne ne lui en voudrait, et certainement pas Dieu, si elle renonçait à faire quelque chose qu’elle risquait de regretter pour le restant de ses jours, mais avant de prendre une décision, il fallait qu’elle communique avec sa future moitié – et il ne manqua pas de lui rappeler que dialoguer était un point important dans un couple, et que sans dialogue, il ne pourrait y avoir ni confiance ni complicité.
Après quelques remerciements et un au revoir, le grand chasseur se redressa et la regarda s’éloigner avant de reporter son attention sur l’inconnu plus loin, qui le fixa d’un regard perçant et bleu comme un ciel d’été. Il s’approcha tranquillement de lui, le détaillant rapidement, habitude de traque qu’il ne perdait jamais, au cas où. L’homme était grand, presque autant que lui, très bien habillé et propre sur lui. Il avait l’air parfaitement charmant, avenant au possible, et le fin sourire qui barrait ses lèvres avait quelque chose de sympathique. Il ne devait pas avoir beaucoup plus de quarante ans, voire ne devait pas les avoir atteint tout à fait ; il avait cette allure des grands dirigeants d’entreprise qui avaient réussi très tôt et étaient devenus des génies du business avant d’avoir vu passer leur troisième décennie de vie sur Terre. Généralement, ce n’était pas des gens très croyants, ou alors ils priaient plus facilement le saint dollar que le Seigneur. Se demandant ce qu’un tel individu pouvait bien faire dans la cathédrale, Simon n’en resta pas moins tout à fait ouvert à la discussion, comme toujours, et ce fut avec un fin sourire qu’il lui adressa la parole.

- Bonjour. Je n’ai pas souvenir de vous avoir encore rencontré. Puis-je vous aider ?

Il avait fini par reconnaître la plupart des fidèles qui venaient prier et assister à ses sermons, et s’il ne pouvait décemment pas retenir tous leurs visages, il arrivait néanmoins à repérer des attitudes, des voix, des façons de se tenir, et l’homme qui se tenait devant lui, décidément, lui était parfaitement inconnu.


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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Lun 18 Juil - 6:40

Ca avait été une bonne semaine bien merdique. Qu'on s'entende, hein. Mes affaires tournaient plus que bien. L'Eden et le Before battaient de sacrés records pour la taille de la ville. A croire que les gens avaient besoin de faire la fête pour décompresser... Non... Plus sérieusement... Un de mes petits démons informateurs s'était senti poussé des ailes. Je le connaissais plutôt bien. Albert, de son petit nom. J'avais récupéré ce minable bien au fond des fosses à purins. C'était pas une grosse flèche mais son apparence de loser le rendait passe partout et pour récolter des informations, être passe partout était un sacré bonus. Ça faisait quoi... 3 ans qu'il bossait pour moi? En tout cas, ce petit fils de pute n'avait pas attendu très longtemps pour me la faire à l'envers. Vous voyez, le truc avec moi, c'est que si vous bossez pour moi, vous avez aussi la protection qui va avec. Alors vous allez me dire, c'est quoi le problème avec un démon un peu trop tueur? Ben, je sais pas? C'est quoi le problème avec un plat un peu trop épicés, un jean un peu trop petit, une dose de morphine un peu trop forte? C'est pas forcément létale, mais c'est bien chiant. Qu'est-ce qui était emmerdant dans le fait que notre ami Albert prenne ses aises? C'est qu'il gueulait à qui voulait bien l'entendre qu'il était protégé par moi. Et ça. Ça, ça me fout en boule. D'autant que le gus, même pas peur, il allait tabasser ces petits compagnons de galère en gueulant que c'était mon préféré. 18 informateurs. Dix huit humains... Il était temps de faire quelque chose vous voyez. J'avais commencé à prendre mes petites dispositions: où le tuer, comment le faire pour que ça soit un exemple à tout mes petits oisillons... Je suis un boss plutôt cool mais je suis un démon et depuis plus longtemps que je ne suis un patron. Du coup, j'avais prévu mon coup. j'irais le buter moi-même, bien salement. Si salement, d'ailleurs qu'on l'entendrait gueuler jusqu'à l'autre bout de  Blackwater Falls.
On m'a damé le pion. Et pas qu'un peu. Le soir où je devais passer à l'action, un hunter ET un curé - on en voit de nouvelles tout les jours- était passé à l'action et avait tué le petit Albert.

CHLACK!

A ce moment-là, je me souviens m'être dit que c'était un peu la lose de se faire coiffer au poteaux par un curé ET un humain. Dans un second temps, j'étais un peu fâché. Je m'étais préparé à lui faire mal, vous voyez et c'est peut-être pas mon activité préférée dans la vie mais quand je planifie un truc, j'aime pas trop qu'on vienne le déranger. Après ça, je me suis dit que c'était encore mieux que si c'était moi qui l'avait buté. Imaginez donc : Le mec prend ses aises sous ma coupe et se fait buter comme un rat par un humain (j'ai précisé que c'était un curé?) . Le pied. Message envoyé. Bonjour chez vous.

Malgré tout, il ne fallait pas que ça se reproduise. Il me fallait savoir qui était ce curé. J'avais fait mes petites recherches et finalement, je pouvais dire bonjour à monsieur Simon Cavalier, prêtre de son état. Désormais, il fallait aller se présenter. Après tout, l'homme m'avait épargné une grosse note de pressing et aussi le désagrément d'avoir des éléments dissidents dans mes rangs suite à une prise de position un peu violente sur Albert. C'était aussi un moyen de jauger l'homme et d'en apprendre un peu plus. J'y peux rien, un prêtre ça me rend curieux. Je n'ai pas spécialement de préjugés - quoique - mais la question de la foi m'avait toujours plus ou moins turlupiner. Vous voyez, moi, fier islandais, j'allais plutôt prier mes dieux. Même encore maintenant, l'air de rien.

Bref, je m'étais rendu à l'église pour observer le prêtre. Quand je suis arrivé, il parlait avec une jeune femme qui avait l'air de porter la misère du monde sur ses épaules. Quelques mots chopés au vol et un peu de lecture corporelle m'apprirent que cette demoiselle devait se marier - merci la bague de fiançailles shiny - mais qu'elle rentrait dans la phase bien connue de "OH MON DIEU MAIS C'EST POUR LA VIE ET TOUT". Un peu d'observation plus tard, j'imaginais que la midinette se trouvait sans doute dans  cette situation à cause d'un meilleur ami mignon du coté de son fiancé. Classique à pleurer, vous trouvez pas? Tout ça n'était pas spécialement les histoires, j'oubliais ça aussi vite que la jeune femme partie et, tout en passant entre les colonnades, je finis par me poser contre l'un de ces gigantesque pilier. Mon chasseur était le genre calme, ça se voyait. Je lui souris tranquillement, mes yeux rivés sur lui. Ce prêtre était un putain de chasseur. Diable, on en finissait plus de faire de l'ironie sur cette fichue planète... Mais pourquoi pas, je connaissais bien un ferronnier bouffeur de cadavres... alors un prêtre tueur de monstres... Finalement, ça coulait presque de sources. L'homme arriva à ma hauteur, pas trop près, le petit malin. Cela me fit sourire d'autant plus. J'inclinai aimablement la tête à son bonjour. Ce mec devait me prendre pour un jeune premier richissime. On me prenait souvent pour un jeune premier richissime. Difficile de faire autrement quand t'avais l'air d'avoir 35 - 40 et un costume Armani qui coutait le pib de la France... Mais je lui devais bien ça : il ne laissa filtré aucun jugement, aucun comportement de mépris ou même d'amusement. Je sentais que j'allais adorer ce prêtre autant que j'allais le détester. Je me décollais de ma colonne et lui tendit la main.

-Bonjour Mr Cavalier. Ou dois-je dire mon Père? En fait, vous m'avez déjà aidé. Je passais simplement vous dire merci.

Je souris d'autant plus qu'il savait parfaitement qu'on ne s'était jamais vu.

- Vous m'avez rendu un fier service, avec Albert, avant hier soir. 18 personnes. Ca devenait problématique. Je ne sais pas encore si je suis vexé que vous m'ayez damé la chasse.

Je ris un peu et le détaillait, curieux de savoir ce qu'il se passerait désormais. je constatais que le prêtre était quand même bien musclé et je n'étais pas sur de vouloir prendre une droite tout de suite.

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Oh, there ain't no rest for the wicked. Money don't grow on trees. I got bills to pay. I got mouths to feed and ain't nothing in this world for free.
No, I can't slow down. I can't hold back though you know I wish I could. No, there ain't no rest for the wicked until we close our eyes for good.– Cage the elephant.

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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Mar 26 Juil - 19:45


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Simon n’était pas quelqu’un de méchant. On pouvait même affirmer qu’il était plutôt du genre gentil – pas bête et naïf, mais gentil et ouvert d’esprit, prêt à tout entendre, à tout discuter, à parler de tous les sujets du monde tant que cela se faisait dans la plus grande diplomatie possible et que ça ne portait pas atteinte à des règles élémentaires de morale. Pas d’apologie de la violence, pas d’apologie des dérives sexuelles sur des personnes non consentantes ou trop jeunes pour comprendre ce qui leur arrivait, pas de haine raciale ou religieuse, bref : tant que les conversations ne se faisaient pas au détriment d’une partie de l’humanité, Simon était toujours prêt à tendre une oreille attentive et à faire travailler son sens de la réflexion pour refaire le monde. Il ne jugeait pas sur l’allure, mais sur les paroles et les actes ; un mendiant aurait pu venir l’aborder qu’il n’aurait pas reculé devant son aspect, lui offrant plutôt une place au chaud dans la cathédrale en attendant qu’il puisse trouver l’aide qu’il lui fallait. D’un autre côté, il avait aussi eu à faire à des hommes et des femmes très propres sur eux, tirés à quatre épingles, mais qui étaient aussi lisses à l’extérieur qu’ils étaient médisants à l’intérieur. L’habit ne fait pas le moine, et il était bien placé pour le savoir, mais il savait aussi que certains clichés se confirmaient, plus souvent qu’on ne l’aurait cru d’ailleurs. Cela dit, ça n’avait rien de systématique, et il avait eu tellement de surprises, bonnes ou mauvaises, qu’il s’abstenait de tout jugement tant qu’il n’avait pas parlé un peu avec la personne qui se tenait en face de lui.
C’était pour cette raison que le prêtre n’avait aucun a priori négatif sur l’élégant homme en costume impeccable qui venait dans sa direction, ayant eu la politesse d’attendre que sa conversation se termine avant de l’aborder. Serrant la main qu’il lui tendit, le chasseur haussa les sourcils, étonné, sa stupéfaction visible dans son sourire.

- Vraiment ? Nous nous serions déjà vus alors ? Si c’est le cas, pardonnez ma mémoire.

Il était assez sûr de n’avoir jamais croisé ce drôle de personnage, mais il était faillible comme tout un chacun, et d’ici à ce qu’il s’agisse d’un autre chasseur qu’il aurait aidé lors d’une chasse, il n’y avait qu’un pas. Et ce que l’inconnu lui dit ensuite sembla confirmer cette hypothèse ; le démon qu’il avait tué la dernière fois avait fait beaucoup trop de victimes pour être laissé en liberté, et puisqu’il était hors de question qu’un exorcisme rate et ne le rende encore plus meurtrier, il avait fallu mettre un terme à son existence, purement et simplement. Ca n’avait pas été sans risques, mais au moins il n’y aurait plus de victimes innocentes de ce monstre. Le grand homme secoua la tête.

- Je vois. Eh bien, vous n’aurez qu’à vous venger en me prenant de vitesse sur la prochaine chasse que je mènerai.

Il rit doucement, plus amusé par la remarque qu’autre chose. A moins que les créatures pourchassées ne le soient par souci de vengeance, il ne comprenait pas qu’on puisse en vouloir à qui que ce soit d’autre d’avoir abattu un démon, un vampire ou un loup-garou trop dangereux pour être laissé en liberté ; on ne chassait pas pour avoir des trophées et pour se vanter auprès des autres, on chassait pour défendre l’humanité – ou en tout cas ceux qui ne pouvaient pas se défendre. Simon se présenterait toujours pour aider ceux dans le besoin, quelle que soit leur nature.

- Depuis combien de temps le suiviez-vous ? Je ne savais pas que quelqu’un le chassait déjà, je vous aurais proposé mon aide plutôt que de vous damer le pion sans le vouloir.

Le prêtre savait qu’à plusieurs, les risques étaient partagés et la traque était plus facile pour peu que tout le monde sache manier l’arme adéquat et reste sur ses gardes.
Curieux, il attendit les réponses de l’inconnu, saluant d’un rapide signe de tête un fidèle venu se recueillir sur l’un des bancs non loin d’eux, murmurant quelques prières à voix basse pour ne pas déranger la quiétude de la paisible cathédrale.


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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Jeu 28 Juil - 9:55

Bon. On va mettre quelque chose au clair: être aussi gentil, ça devrait même pas exister. Je veux dire, ce mec ressemblait à un foutu chamalow quand il vous parlait. Gentil, souriant et pas du tout dans le jugement. C'était presque agaçant à force. Cela étant dit, je trouvai que ça contrastait beaucoup avec son coté chasseur. Si je suivais bien ce qu'il me disait, le prêtre ne tuait que les démons qui pétaient un câble... Là. On risquait de trouver un terrain d'entente. Un très très gros terrain d'entente. J'étais pas fana des petits meurtres entre espèces. Alors, oui, je vous vois hausser les sourcils d'un air mauvais "mais Asmodée, tu tues des gens toi aussi!" Oui. Certes, mais certainement pas plus que nécessaire au maintiens de ma réputation chez les démons. Je pense que je tue plus de démons que d'humain... Bordel de merde... Comme quoi ça sert d'être le nerveux du groupe. Combien se serait fait écharper pour ça...?
Je secouai la tête d'un air aimable. Je ne le détestai pas, il avait même l'air plutôt cool.... Foutu curé de merde... Il était fort le bougre. Un peu plus et je tapai un moonwalk à la gloire du Seigneur. Je glissai les mains dans mes poches et détaillai le nouvel arrivant, en voilà un qui voulait prier avec ferveur... Manquait plus que ça. Dans 10 minutes, on chanterait tous des cantiques bras dessus, bras dessous comme si j'avais jamais vénéré les dieux nordiques.

-Non, on s'est pas déjà vu. Moi, j'vous ai vu. Mais pas vous.

J'étais calme, serein. Mon but était de simplement dire que j'avais un coup d'avance. Ni plus, ni moins. Je ris un peu à sa proposition de lui damer le pion la prochaine chasse, sauf que ça ne m'intéressait pas le moins du monde. Il y  avait des hunters pour ça et bon la chasse à des bidules vivants parce qu'ils ont refait la déco façon steak tartare avec toute une famille... Très peu pour moi. C'était loin d'être un sport, c'était un problème. Un gros purulent et visqueux problème.

-Oh, je ne pense pas que je ferai ça. Et pour répondre à votre question, en fait, il travaillait dans un de mes cl...


Le petit cul béni en train de prier.... Il priait pas en Anglais.... C'était du latin. Bien entendu à un moment donné, fallait que ça parte en eau de boudin. Un retentissant "Christo" me vrilla les tympans et je reculai un peu. Mes yeux devinrent bien évidemment noirs et ma peau se couvrit des stigmates dû à mon âge : veines noircies, teint de cadavres, déchirures des paupières inférieures.... Bref. Un vrai canon. Je contrôlai la rage qui montait comme à chaque fois. Je faisais partie de ces démons de la colère, j'avais choisi un autre chemin que la violence pure et si j'arrivais à ne pas éclater des immeubles entiers par colère, c'était simplement à cause de l'âge. J'inspirai donc tranquillement, pause yoga. Je passai la main doucement sur mon visage. Une fois un peu calmé et surtout redevenu le fringant et beau jeune homme que je suis constamment, je relevai les yeux pour regarder Simon.

-Ca fait quoi.... 480 ans que c'était pas arrivé... C'est dingue quand même. Sinon, le cher Albert -le démon que vous avez tué- était l'un de mes informateurs. Il commençait à faire n'importe quoi. Je ne l'ai su que très tardivement.

J'esquissai même un sourire parce que la situation était vraiment comique. C'était quoi les chances de se transformer en démon intégral devant un foutu prêtre à cause du seul connard de tout les Etats-Unis assez intelligent pour prier en Latin. Je me laissai choir sur l'un des bancs de l'église et  détaillai tranquillement mon nouvel ami le prêtre.

-Je suis pas ici pour chercher la bagarre. J'ai passé l'âge de cramer des églises. Pour tout vous dire, si vous tuez que les démons qui déraillent, j'vous suis même plutôt reconnaissant. Alors, mon père, vous allez me faire barboter dans le bénitier?

Je haussai les sourcils plusieurs fois et attendais tranquillement que le monsieur à l'habit me réponde ou m'attaque. Au pire, un peu d'exercices de temps en temps, ça fait pas de mal.

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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Sam 30 Juil - 18:36


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Détaillant l’homme face à lui, Simon l’écoutait parler tranquillement, les bras croisés dans le dos, parfaitement détendu, curieux même de ce qu’il pouvait lui dire. Après tout, chaque personne avait une histoire à raconter, et le prêtre avait bien envie de savoir comment et pourquoi il était après ce démon qu’il avait lui-même tué quelques jours plus tôt. Des chasseurs qui traquaient un démon en particulier, il en avait connu – il en avait fait partie il fut un temps – mais visiblement, ce n’était pas une vengeance personnelle qui avait motivé l’inconnu. Il attendit donc qu’il lui explique ce qu’il voulait dire lorsqu’il affirmait que lui le connaissait mais que l’inverse n’était pas vrai ; avait-il été espionné ou observé sans le savoir ? Possible. En soi, ça ne le dérangeait pas, mais il se dit que ses réflexes n’étaient plus aussi aiguisés qu’autrefois, sinon il n’aurait pas manqué de voir cette silhouette le suivre. A croire qu’il la faisait vraiment, sa cinquantaine.
La question de la traque clairement exposée, il attendit que l’autre lui dise comment il en était venu à connaître cette « proie » qui avait fait tant de dégâts ces dernières semaines. Proie qui avait su se cacher suffisamment longtemps pour faire quasiment une vingtaine de victime sans que personne n’arrive à le prendre la main dans le sac. Enfin, c’était de l’histoire ancienne maintenant. Et ça aurait pu le rester encore très longtemps si le fidèle assis plus loin, en train de réciter sa prière à voix basse et en latin, n’avait pas prononcé le nom du Seigneur.

Au moment où le physique de l’inconnu changeait, l’attitude de Simon changea avec elle. Pris par surprise pendant un bref instant, il décroisa les bras et redressa les épaules, prêt à utiliser ses mains si le besoin s’en faisait sentir ; son sourire disparut et son regard se fit incroyablement perçant et autoritaire. Il n’aimait pas qu’on lui mente ou qu’on le trompe, et c’était exactement ce que cet homme – ou plutôt, ce que ce démon avait fait en entrant dans la cathédrale et en l’approchant comme s’il était le plus normal des êtres humains. Plutôt mécontent et tout à fait sur la défensive, Simon resta parfaitement silencieux et calme, réfléchissant à la meilleure manière de gérer la situation pour ne pas alerter les fidèles venus se recueillir. Il n’aurait plus manqué qu’ils aient à subir les envies affreuses d’un rejet des Enfers – et il n’avait pas spécialement envie de révéler ses activités de chasseurs à n’importe qui. Son regard sombre dévisagea le grand homme et il arqua un sourcil.

- Vous m’en direz tant.

Il n’avait pas haussé le ton, pas été agressif, mais quelque chose dans sa voix était froid, dur même, et s’il était d’accord pour dire qu’il fallait tuer les préjugés et ne pas juger un livre à sa couverture, avec les démons, il avait beaucoup plus de mal. A chaque fois, c’était eux qui mettaient à mal ses convictions au sujet d’autrui, et s’il s’était perdu, s’il n’avait écouté que ses instincts, alors il serait sûrement devenu beaucoup plus radical dans ses chasses. Il avait toujours réussi à garder un certain cap cependant, et il se forcerait à le conserver ; tant que l’homme ne devenait pas agressif ou menaçant, il ne lui ferait rien, quand bien même il avait une furieuse envie de le jeter à la porte. Le regardant se laisser tomber sur le banc le plus proche, lui resta debout, car c’était encore le seul moyen de lui faire face. Croisant les bras, il pencha légèrement la tête sur le côté. L’idée n’était pas mauvaise, et il ne manquerait pas de la mettre en pratique si le besoin s’en faisait sentir.

- Je pensais plutôt vous noyer dans le vin de messe. Et pardonnez mon scepticisme, mais j’ai du mal à croire que vous soyez venu jusqu’ici seulement pour me remercier d’avoir supprimé l’un de vos semblables, aussi renégat eut-il été.

Ca lui paraissait beaucoup trop gros, comme histoire, et il n’était pas prête à la croire tout de suite ; pas tant qu’il n’aurait pas eu de preuve de la véracité de cette histoire et de la bonne foi du démon.

- A part ça, vous avez un nom ? Que je sache lequel associer à votre visage si nous devions malencontreusement nous recroiser ?

En général, Simon n’aimait pas spécialement revoir un démon auquel il avait déjà eu à faire. Ca annonçait très souvent une bagarre monstrueuse et des blessures dont il se passerait bien. Et s’il pouvait mettre en garde le reste de la communauté de la ville, il en profiterait au passage.


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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Mar 2 Aoû - 10:23

Bien entendu, au moment où ma transformation se fit, l'attitude de monsieur le prêtre changea. Adieu sourires courtois, oreilles à l'écoute et loin de tout jugement. Autant dire que je m'attendais à le voir me sauter à la gorge mais au regard rapide qu'il jeta aux quelques fidèles qui se trouvaient là, je conclus que personne n'était au courant de ses petites activités et que ça n'était pas dans son intérêt de les réveler. Conclusion : tant que ces gens restaient dans l'église, j'étais plus ou moins tranquille à condition, bien évidemment, de ne pas bouger de la cathédrale. Ca ne m'enchantait qu'à moitié, déjà parce que mon petit coté viking criait que j'allais me faire cramer la gueule par Thor et probablement toute une armée de  foutus Valkyries et bien qu'épique, c'était une mort un peu nulle quand on voulait voir ce qu'il se passerait dans le coin. Non mais c'est vrai ! A mon échelle, les événements se dérouleraient dans quoi ? Quelques semaines aux vues des siècles que j'avais déjà passé à parcourir le monde. Mourir maintenant, ça aurait été une sacrée mauvaise blague, c'est moi qui vous le dit. J'connais des angelots nus comme des vers qui allaient bien se marrer !
J'étais un peu dépité de sa réaction, pas complètement surpris. Évidemment, c'était un chasseur. Je me doutais bien que s'il découvrait mon vrai visage, ça ne se passerait pas bien du tout. Je ne pensais pas qu'un connard ferait sa prière en foutu latin dans la salle. Sérieusement, la probabilité était de une sur un million. C'était abusé que ça tombe sur ma pomme. Une fois assis, je détaillai le prêtre, tout tendu dans sa soutane, me faisant la reflexion qu'il était doué d'au moins un peu d'humour mais que je ferais sans doute mieux de calmer mon jeu avant de me retrouver avec une lame de 70 centimètre plantées dans les parties appelée « humour en dessous de la ceinture ». Je l'écoutai jusqu'au bout, de tout manière, je n'avais que ça  à faire maintenant, écouter et répondre. Il fallait désormais le convaincre. Le convaincre de quoi ? Que j'avais pas envie de retourner en Enfer ? Que si ça signifiait bosser avec les humains, mais j'étais plus que partant ? Bordel de merde, je comprenais même pas que ça coule pas de source. Une fois qu'il eut finit de me poser des questions sur qui j'étais, je ne pus m'empecher de sourire. Est-ce que j'avais une tête de gros  faisan à ce point ? Je passai la main dans mes cheveux en détaillant le prêtre avant de m'accouder sur les genoux.

-Je vais être très clair au sujet de mon identité. J'ai passé un très, très long moment à rester en dessous des radars, Monsieur Cavalier, et tel que je vous vois là, vous voulez mon nom pour le donner à toutes les personnes susceptibles de pouvoir tomber sur moi, voir m'éliminer. Croyez-le ou non, je prend un très gros risque en venant ici pour vous parler.

Je inspirai tranquillement et regardai autour de moi.

-Parce que vous ne ferez rien ici qui puisse faire savoir à vos brebis égarées que vous êtes un chasseur. Pas si je ne tente rien en premier en tout cas. Je ne tenterai rien, sur aucun d'eux. Je suis venu ici pour vous remercier, aussi hallucinant que ça puisse paraître. Je fais dans la discrétion, pas dans le meurtre compulsif. Albert était devenu un très gros problème et je travaille avec un certain nombre de démons qui aspirent à une vie calme et tranquille. D'autres sont aussi un peu moins recommandables, mais quand vous faites ce que je fais, il faut avoir des entrées partout. Je ne suis pas hostile aux humains, Monsieur Cavalier.

Je montrai la croix. Ce bonhomme m'avait toujours un peu paru pathétique à coté de mes dieux.

-Ni de votre Dieu. Je dis votre parce que je viens d'un temps et d'un endroit où  on vénère les dieux nordique et avoir été maudit au nom du Dieu unique ne m'inspire pas spécialement à venir lui faire une grosse accolade. Je viens vous voir en toute bonne foi mais je ne suis pas suicidaire. Je me protégerais tant que je l'estimerais nécessaire parce qu'un certain nombres de personnes, démons comme humains, dépendent de ma survie ou non.

Je fis une pause calculée pendant laquelle je scrutai le visage de mon vis-à-vis. De ce que j'avais pu apprendre sur Simon Cavalier, c'était un homme de foi, certes, mais c'était un homme de raison aussi et c'était bien ça que j'espérai réveiller chez lui.

-Je pense que vous pouvez comprendre ça. Je pense même que vous le comprenez déjà. Un grand nombre de démons ne souhaitent pas amené l'Enfer sur Terre, un grand nombre d'entre nous, ne veut pas remettre les pieds en Enfer. Certains choisissent la méthode qu'on leur a enseigné, d'autres choisissent de mener la vie la plus paisible et humaine possible. Nous ne sommes pas différents de vous, Monsieur Cavalier. La seule différence entre vous et moi, c'est qu'une fois renvoyé en Enfer, je sais exactement ce qu'il m'attends.


Je souris enfin un peu. Depuis le début de mon monologue, j'avais changé de ton. Ca n'était pas agressif, c'était simplement beaucoup moins moqueur et joueur. J'étais capable de faire ça de temps en temps, mais je stockais les sarcasmes dans un petit baluchon pour plus tard.

-Je suis venu vous voir parce que je pense que certains démons doivent être supprimés pour que nous deux races cohabitent. Pour que ceux des miens qui préfèrent vivre cachés dans l'ombre et faire leur petites vies dans leur coins puissent le faire sans qu'un hunter un peu trop actif ne viennent les décimer sans raison. Je ne suis pas tout blanc et j'ai commis mon lot d'atrocité, je payerais pour ça. Un jour. Pour le moment, j'ai mieux à faire et mieux à vous proposer.

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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Dim 14 Aoû - 11:02


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Simon était un homme particulièrement ouvert d’esprit, ce qui pouvait surprendre lorsqu’on connaissait sa profession et sa foi inébranlable en Dieu. A dire vrai, il n’avait de grief envers personne, sinon envers ceux qui faisaient délibérément du mal à leur prochain. Les gens étaient ce qu’ils étaient, qu’ils l’aient choisi ou qu’ils soient nés ainsi, et du moment qu’ils restaient courtois et tolérants avec les différences d’autrui, il n’y voyait aucun problème. En réalité, il avait du mal à comprendre comment on pouvait être ouvertement agressif, voire dangereux envers quelqu’un qui vivait d’une certaine façon sans jamais chercher à imposer son existence d’une façon ou d’une autre ; cette haine farouche, trop souvent invoquée au nom du Seigneur, lui était décidément bien étrangère, et lui-même y avait été confronté plus d’une fois dans sa vie, à cause de sa couleur de peau, de son passé dans l’armée ou de son entrée dans les ordres. Il avait toujours mis un point d’honneur à ne jamais se montrer aussi fermé envers quiconque.

Enfin, il y avait peut-être une exception pour confirmer la règle, et l’un de ses représentants était assis juste en face de lui. Debout pour pouvoir le regarder dans les yeux, le chasseur fixait le démon qui était venu dans sa cathédrale pour … le remercier. Ca, c’était une première, et un sacré comble qui plus est. Généralement, lorsqu’un démon venait le voir après qu’il eut tué l’un de ses semblables, ce n’était certainement pas pour lui serrer la main – plutôt pour essayer de lui arracher le cœur. Visiblement, ce n’était pas le cas de cet étrange visiteur qui refusa de divulguer son nom. Logique : il avait l’air prudent – un peu allumé, mais prudent, et tant que Simon ne connaîtrait pas son patronyme, il ne pourrait pas le donner au reste des chasseurs ou bien l’utiliser en exorcisme ou en invocation.

- Avez-vous au moins un alias, ou serais-je contraint de vous appeler « monsieur le démon » jusqu’à Dieu seul sait quand ?

Plus qu’une question de curiosité, c’était aussi par politesse élémentaire que le grand homme voulait savoir comment nommer ce drôle d’individu posé sur l’un des bancs comme si c’était tout à fait normal pour lui d’être là. Il n’aimait pas apostropher les gens, et même s’ils ne devaient jamais se recroiser, au moins il saurait reconnaître sa marque s’il laissait des indices derrière lui.
Silencieux, le prêtre écouta, attentif, réfléchissant aux paroles qu’énonçait le démon. L’idée qu’un groupe non négligeable d’envoyés des Enfers ne veuille rien d’autre qu’une vie loin des fournaises infernales et de la vie de misère qui était la leur ne lui avait jamais vraiment traversé l’esprit, même après presque trente ans à chasser. Il avait déjà rencontré quelques démons moins vindicatifs que d’autres, certes, et certains d’entre eux avaient réussi à le convaincre de leur bonne foi, mais ils avaient été si rares qu’il avait cru qu’ils n’étaient que quelques exceptions, quelques anomalies dans le grand plan du Malin. Mais à entendre le grand blond, ils étaient plus nombreux que cela. Combien d’entre eux avait-il déjà croisés ? Y en avait-il beaucoup ici, à Blackwater Falls ? Y avait-il des commerçants qu’il saluait chaque jour sans se douter de leur véritable nature ? Y avait-il, parmi ses fidèles, quelques entités prises de remords venues se repentir ? Le moins que l’on puisse dire, c’était que cette rencontre allait le faire réfléchir … et ça n’était jamais une mauvaise chose.
Finalement, le chasseur déplaça sa grande carcasse et alla s’asseoir sur le banc lui aussi. Il y avait une distance tout à fait respectable entre lui et l’inconnu, mais il ne s’agissait pas d’un gouffre pour autant : il montrait sa méfiance tout en signifiant qu’il était tout à fait disposer à discuter.

- Tout d’abord, mettons une chose au clair : je comprends tout à fait que m’appeler « mon père » ne vous plaise pas, mais si vous devez vous adresser à moi, je préfère encore que vous utilisiez mon prénom plutôt que « monsieur ». Je ne suis le seigneur de personne.

Ce n’était pas dit méchamment, au contraire, et on sentait dans sa voix un sourire qu’il ne laissa pas apparaître sur son visage. Cependant, il n’était plus assez en confiance pour réellement se laisser aller à des marques de sympathie comme il avait pu le faire plus tôt. Si l'homme continuait ainsi, ça ne durerait pas, mais tant que Simon aurait des réserves, il ne ferait pas plus.

- Le problème d’un petit arrangement comme celui que vous proposez, c’est qu’il divisera énormément les foules. Je connais plus d’un chasseur prêts à supprimer tous ceux qui se dresseront sur leur chemin pour parvenir à leurs fins.

Son fils adoptif en était un parfait exemple : TJ avait tellement le surnaturel en horreur qu’il aurait tué de sang froid n’importe quel humain présentant ne serait-ce que les prémices de l’éveil d’un don. Soupirant un peu, le chasseur pencha la tête sur le côté.

- Quant à ceux des vôtres qui veulent vivre en paix, ils ne pourront y arriver réellement que si vos congénères plus belliqueux les laissent en paix, et à moins de nettoyer l’Enfer de fond en combles, je ne vois pas comment nous pourrions les tenir éloignés les uns des autres à moins de cribler la planète de sortilèges et autres runes.

Il parlait à voix basse pour ne pas alerter les quelques fidèles plus loin. De toute façon, l’heure commençait à avancer et la cathédrale serait probablement vide d’ici peu, exception faite de ceux qui y travaillaient et l’entretenaient.
Attrapant la petite croix d’argent à son cou, le père Cavalier resta silencieux, pensif. Etait-il réellement en train de se préparer à protéger des démons en quête de paix ? Il fallait croire que oui.

- Et vous pensez bien que je ne peux pas m’en occuper seul, et que trouver quelqu’un à rallier à cette cause risque d’être particulièrement chaotique.


Chaotique, voire pratiquement impossible. Trop de démons avaient fait trop de mal depuis trop longtemps, et il fallait vraiment être fou à lier pour se jeter dans une telle bataille. Tournant la tête vers le grand blond, Simon planta son regard sombre dans le sien.

- Je suis curieux : que peuvent bien rechercher les démons qui fuient l’Enfer ? Qu’espèrent-ils obtenir ?

Encore une fois, pas de moquerie ; juste le désir de comprendre et de ne pas juger avant d’avoir toutes les cartes en mains.




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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Mar 16 Aoû - 18:27

Ce mec commençait à me plaire. Non, il me plaisait depuis le début. Oui mais c'était un prêtre, asmodée ! Merde. Oui mais c'était un chouette prêtre. Tout ça était très confus. J'avais la sensation que c'était cool mais que ça ne l'était pas. Je devais rester zen parce que je n'avais pas le moindre doute qu'au plus petit faux pas j'allais, au mieux, me retrouver avec un trou béant au milieu du visage, au pire, éradiqué du monde connu à grand coup de lames. Aucune de ses options ne m'intéressaient vraiment.

Lorsqu'il me demanda un alias, je me sentis un peu troublé. Mon alias étant le nom d'un frère d'arme que je baladais depuis près de 7siècles à intervalle plus ou moins réguliers, je me trouvais confronter à un cas de conscience. Le probleme quand ton deuxieme nom c'est Baltasar et que ce deuxième nom est très légèrement devenu biblique et que tu te retrouves devant un curé qui sait que t'es un démon.... C'est que ça me semblait un peu une mauvaise idée. Cela étant dit, lui donner un os à rogner en ce qui concernait mon nom, surtout si il l'orthographiait mal, mettrait encore plus de distance entre moi et lui en cas de pépin. C'était un risque, mais il fallait bien que je fasse un pas vers lui, même un tout petit. Je plissai les yeux et pouffa de rire.

-J'ai peur que vous le preniez comme un blague et que la noyade au vin de messe ne revienne dans la discussion mais vous pouvez m'appeler Baltasar.

Je levai les mains devant moi et sourit.

-J'vous jure que c'est pas fait exprès.

Après avoir longuement parlé de la raison de ma venue et d'avoir été aussi honnête que je pouvais l'être sans trop me dévoiler ; J'attendis. Simon Cavalier était visiblement en train de réfléchir et je me détendis en le voyant s'asseoir. On progressait, c'était bon signe. Je lui souris et hocha la tête. Dûment noté Simon, Dûment noté.

-Ok. Ca sera donc Simon à partir de maintenant.

Il avait l'air plus détendu, il ne souriait pas mais sa voix le faisait pour lui. Putain, j'allais peut-être sortir de cette église vivant. Foutu miracle. J'écoutai ses craintes sur son engagement et haussa un sourcil. Parce qu'on allait publier ça dans le journal peut être ? Bien sur que ça diviserait les foules ! Bordel de merde. Je savais bien que les chasseurs deviendraient fous à l'idée que l'un des leurs se soit allié à moi. Je craignai aussi le moment où je dévoilerais qui j'étais à Simon. Asmodée... Ca voulait dire beaucoup de chose, ce nom. Beaucoup de souffrance, beaucoup de vices, beaucoup de perditions... Je fis pivoter ma tête pour regarder les gens dans l'église et demander.

- Combien de gens sont au courant de vos activités nocturnes ? Ca doit représenter quoi... 0,2% de vos connaissances globales. Dans ces 0,2% doit y avoir 70 à 90% de hunters... Ce qui nous reste un bon 30 à 20% de personnes qui savent et qui sont... autres choses. Sans doute qu'elles sont humains mais peut être pas et je vais parier sur le peut-être pas pour le moment. Vous allez me dire que vous iriez crié sur les toits de ces 70% que vous avez parfois fait preuve de clémence face à une créature, un humain doté ou un démon ? Hmm... Moi je pense pas... Vous êtes un homme de Dieu et par conséquent un homme de secrets. Ce que je vous propose comme arrangement, c'est un coup de main de temps en temps. Les chasseurs prêts à supprimer tous ceux qui se dresseront sur leur chemin ne seront pas sur le notre, pas pour le moment. Je vous parle de m'aider à faire place net et à trouver des endroits sécurisés pour les gens qui comptent sur moi pour leur trouver un semblant de vie humaine. Je pense que vous saurez tenir votre langue parce que si à la fin de cette conversation vous êtes convaincu, vous saurez que c'est une nécessité pour protéger des gens.

Je hochai la tête et soupira doucement. L'amertume et la mélancolie devaient se lire sur mon visage. Je savais que mon objectif était impossible sur un plus grand schéma mais j'avais des besoins immédiats. Je regardai Simon et eut un sourire beaucoup moins charmeur et un peu plus fatigué.

-Vous ne m'apprenez rien, Simon... Les démons et autres créatures qui me font confiance se voilent la face quand ils pensent que je serais capable de les cacher et de les protéger pour l'éternité. Mes solutions sont provisoires car mes besoins sont urgents. Je compte beaucoup sur Blackwater Falls et le rôle que ce lieu jouera dans un avenir proche...

Je plissai les yeux et humecta mes lèvres.

-Je sais qu'à terme, j'échouerais mais si je peux empecher que pendant un an ou deux, ces gens...Mes gens vivent dans la peur... Tant pis, je retournerai cramer avec plaisir. Et non, vous ne pourrez pas faire ça tout seul, c'est bien pour ça que je serais là un maximum et je travaille à trouver des alliés. Vous êtes l'un des premiers maillons de la chaine mais avec vous, je pense déjà pouvoir aider des gens.


Je laissai le silence s'installer jusqu'à ce que Simon pose une question qui me fit sourire. Je relevai la tête pour regarder le prêtre puis pencha la tête.

-Une nouvelle chance à la vie humaine ? Je ne peux pas répondre pour tout le monde, il y a beaucoup d'histoire. Certains veulent sans doute garder leur fesses aussi loin possibles de tourments infernaux et ils ont trouvé le meilleur moyen pour ça : se faire passer pour un humain, rester un humain et éviter de près ou de loin tout ce qui peut les trahir... D'autre... D'autre n'ont pas eu de chance, Simon... Aucun des démons n'est tout blanc mais derrière chaque démon se trouve une histoire. Et autant ils y a une majorité de gros connards sanguinaires parfaitement heureux de faire ce qu'ils font, autant y en a qu'ont mis les deux pieds dans la merde et qu'ont pas compris ce qui leur arrivait... Prenez moi, par exemple. J'ai été maudit par un prêtre anglican, y a de ça quelque temps. A mon époque et là où je vivais, piller les chrétiens, c'était un exploit qui faisait la fierté des dieux. Alors oui, j'ai tué des gens, j'étais un guerrier, on était tous de guerrier prêts à crever pour la gloire d'Odin. J'ai fini en Enfer et très honnètement, j'ai jamais trop compris ce que j'y foutais. J'ai conscience de pas avoir été tout blanc, tuer des gens, tout ça, pillage, bla bla... Là où je veux en venir c'est que y a un certain nombre d'âmes damnés qu'ont suivi des chemins aussi parce qu'ils connaissaient rien d'autre et l'enfer c'était le pire electrochoque du monde. Après, j'vous concède que quand on se retrouve sur terre après l'enfer et qu'on est très en colère parce qu'on comprend pas pourquoi ça nous arrive à nous... On fait des conneries.

Je clignai des yeux, soudainement très conscient d'avoir dévié.

- Ca répond à votre question, non ? Je veux pas que vous vous imaginiez qu'on est tous des enfants de choeurs, ça serait mentir... Quand je vous dis un grand nombre, c'est un grand nombre mais c'est très loin d'être la majorité. Pour moi c'est un grand nombre parce que personne ne les entend et ne les aide.


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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Sam 27 Aoû - 14:00


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Si on avait dit à Simon qu’il tiendrait une conversation aussi posée avec un démon, il aurait probablement ri en se disant, sans trop y croire, que tout pouvait arriver un jour. Pourtant, force lui était de constater que, malgré une certaine méfiance persistante, il n’avait plus de velléité belliqueuse à l’égard de l’homme qui se faisait appeler Baltasar. Cette information ne manqua pas d’ailleurs de lui faire hausser un sourcil et de lui tirer un très discret sourire. Décidément, il aurait voulu le faire exprès qu’il n’y serait pas arrivé aussi bien. Tant qu’il n’utilisait pas ce nom pour cacher il ne savait quelle activité profane, il pouvait bien employer l’alias de son choix que ça ne le choquerait pas davantage. Au moins, maintenant, il avait un nom à poser sur ce visage, même s’il savait pertinemment qu’il était faux.

Assis sur le banc de bois verni, il exposa son point de vue au démon et écouta sa réponse. Pour les chiffres, il n’était pas loin de la vérité : peu dans son entourage étaient au courant de ses chasses exceptionnelles, mais à aucun il n’avait parlé de ces êtres qu’il avait épargné parce qu’il avait vu en eux une chance de rédemption, ou bien des âmes égarées qui regrettaient leur geste. Il n’était pas assez cruel pour penser ôter la vie à quelqu’un qui faisait des efforts et se débattait avec sa propre nature ; tout ce qu’il pouvait faire pour eux, c’était les aider avec ses petits moyens et leur conseiller de partir vers des cieux moins peuplés de chasseurs. Cela dit, il avait fait ça avec des changeurs de forme, des vampires, des loups-garous … mais des démons ? C’était bien la première fois qu’on lui demandait de l’aide pour leur offrir une vie loin de leurs congénères plus belliqueux. C’était une tâche lourde, très lourde même, et il n’était pas certain de pouvoir offrir son assistance pour la mener à bien sans que bon nombre de sacrifices soient faits. Apparemment, le grand homme assis à côté de lui était encore plus pessimiste sur la question, quand bien même l’initiative venait de lui. Le prêtre se demanda combien d’échecs il avait vécu, combien de ses protégés étaient morts sous ses yeux pour qu’il en vienne à assurer qu’il échouerait. Malheureusement, quelque part, il n’avait pas tort : tant qu’il existerait un Enfer et un Diable pour corrompre des âmes, tant qu’il existerait des êtres si malfaisants qu’ils ne vivaient que pour réduire en cendres la vie d’autrui, alors à terme, ils seraient voués à échouer. Mais ça n’était pas une raison pour baisser les bras, bien au contraire ; comme dit le proverbe, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, et s’il y avait des gens suffisamment obstinés pour se battre toute leur vie et pour passer le flambeau à la génération suivante, alors les choses finiraient par aller mieux, pour tout le monde. Même pour les démons qui fuyaient l’Enfer. Le père Cavalier ne manqua pas de demander à son interlocuteur ce qui pouvait motiver un démon à vouloir fuir l’endroit duquel il venait. Tenant sa petite croix en argent entre ses doigts, il écoutait avec attention, pensif. Il ne sut pas vraiment à partir de quand Baltasar s’oublia et délivra sûrement plus d’informations personnelles que ce qu’il n’aurait voulu, mais lui n’en perdit pas une miette. Hors de question de s’en servir de manière malhonnête néanmoins : c’était simplement un moyen de mieux comprendre ce drôle de personnage qui était venu le chercher jusque dans sa cathédrale pour le féliciter d’avoir abattu l’un de ses congénères dangereux. Un moyen aussi de comprendre pourquoi ce but qu’il s’était fixé lui tenait tant à cœur.
Souriant légèrement, le prêtre finit par hocher doucement la tête.

- Je me doute bien que vous n’êtes pas tous aussi courtois que vous ne l’êtes, ça se saurait.

Il soupira un peu et fixa un point du vide devant lui – ou bien était-ce la statue du Christ sur sa croix veillant sur la cathédrale et ses fidèles ? Il n’en savait rien. Toujours est-il qu’il ressassait les paroles du démon, y réfléchissant attentivement. Il savait que s’il avait dû être mené en bateau, l’autre n’aurait pas pris autant de risques en venant ici – ou alors, il était vraiment sûr de son coup. Mais il y avait une forme de sincérité dans ses propos, une honnêteté que Simon aurait aimé voir chez plus d’êtres humains. Finalement, après un moment de silence, il haussa les sourcils.

- L’avantage d’une ville comme Blackwater Falls, c’est qu’il est toujours possible de se cacher pour peu qu’on sache travailler avec la magie des environs. Après, on ne peut pas tricher éternellement, surtout pas alors que le Voile est si fin, mais c’est un bon début.

Il se redressa et passa une main dans sa nuque. Il s’engageait sur ses chemins dangereux qui ne manqueraient pas de faire de lui une cible de choix, mais si des gens avaient besoin d’aide, il ne pouvait pas les laisser sans rien faire, démons ou pas. C’était juste au-dessus de ses forces.

- Je n’ai pas beaucoup de choses à vous offrir – après tout, je ne suis qu’un homme et un humain. Mais si l’un de ces … gens que vous protégez rencontre des difficultés, qu’il vienne me voir. Ma porte est toujours ouverte tant que l’on n’est ni méchant ni profane.

Par « profane », il entendait tellement haineux de la religion que tout objet sacré devait être saccagé systématiquement. On avait droit de prier le dieu que l’on voulait, soit-il chrétien ou nordique ; du moment que ce dieu aidait à suivre une voie juste, alors peu importe le nom qu’il portait.




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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Jeu 8 Sep - 5:32

Ah bah… Je passais d’une tentative de noyade à l’alcool - et je ne dis jamais non à ces choses-là, l’alcool, c’est sacré - à un nouvel allié… Ca avait été beaucoup plus facile que ce que j’aurais cru de prime abord. Même si j’avais fait mes devoirs sur l’homme qui se trouvait en face de moi, j’avais imaginé beaucoup plus de question, beaucoup plus d’arguments sur le fait que les démons étaient tous de fieffés connards. Finalement, tout ceci était pour le mieux. Simon était moins un sauveur d’humains qu’un sauveur de personne et ça, ça arrangeait beaucoup mes affaires. Avoir un humain dans le réseau et un prêtre d’autant plus, me permettait de créer une rupture entre moi, mes bars et lui. Nous étions aux antipodes, sur le papier : c’était un prêtre, vivant dans la grande cathédrale St James, peut-être pas connu pour être un chasseur mais dans certains cercles, il l’était et moi, j’étais un fêtard connu, propriétaire de club et j’étais également très connu pour être l’un des démons les plus fourbes des Enfer mais également très célèbre pour mes pétage de câble sanglants et particulièrement dégueulasses. Ouais, je sais, vous vous demandez où vous avez raté un épisode, là. Premièrement, on était pas en guerre et deuxièmement, je n’avais encore aucune raison de me transformer en guerrier. Aucune raison de redevenir sanglant. Personne ne m’avait fait sortir de mes gonds depuis bien longtemps mais ça allait peut-être changé. Comme l’avait dit mon compagnon du jour, le Voile n’avait jamais été aussi fin et ça impliquait que tout était possible. Il existait bien plus d’une engeance capable de me mettre en pétard. J’étais pas du genre à perdre mon cool pour si peu, enfin, plus maintenant. Je regardai Simon et souris, c’était une excellente nouvelle. Je ne pouvais pas rêver meilleur scénario.

-Je ne demande pas plus, Simon. Vraiment. Le simple fait que vous soyez prêtre vous place au-dessus de pas mal de soupçon et le fait que vous soyez chasseur  me permet d’assurer un certain niveau de sécurité. J’ai désespérément besoin qu’une partie du réseau ne touche ni de près ni de loin mon club ou mon bar. Votre église est l’endroit parfait. Mon problème, d’une certaine manière, c’est que je n’aide pas que les démons. Mes clubs vont être repérable très vite et j’y compte bien, cela dit. Plus les chasseurs et ceux qui pourraient vouloir nuire à cette petite entreprise seront focalisés sur moi et à s’assurer que je suis bien ce qu’ils croient, moins ils regarderont vers vous et, je l’espère, tout les autres qui constitueront ce réseau.

Je baissai les yeux et continuai à sourire. J’étais lucide sur moi-même. Avec tout ce qui allait se passer dans cette ville, il me fallait quelqu’un connaissant mon petit secret et qui pourrait me renvoyer en enfer si jamais ça se passait mal.

- Il n’y a qu’une seule chose que je vous demanderais.


Je ris un peu. Demander à un prêtre chrétien de me tuer, c’était d’une ironie sans nom mais putain, il fallait bien en passer par là. Je ne trouverais personne d’autre d’aussi compréhensible et je voulais que la personne qui détenait ce pouvoir soit extérieur à toute les guéguerres internes que pouvait connaître les démons. Hors de question de me faire poignarder dans le dos par trois clampins que j’aurais été incapables de percer à jour. Simon, quelques part, n’avait pas de secret pour moi. C’était un homme droit. S’il me promettait ceci, il le ferait, j’en avais l’intime conviction. C’était l’un des avantages des hommes d’églises et de la plupart des gens de foi - les vrais, pas ceux qui se cachent derrière la religion.

-Comme vous l’avez dit, cette ville, à cause de la finesse du Voile, est devenu versatile, c’est un équilibre fragile. J’arrive pas à croire que je vais vous donner le pouvoir de faire ça, bordel de merde.



Je lui jetais un coup d’oeil et ris un nouvelle fois avant de me passer les mains dans les cheveux.

-J’dois être taré ou complètement attardé…



Je perdis un peu mon sourire, soudaine prise conscience. Et si il me menait en bateau? Si je me plantais? Je détaillais furieusement le visage en face de moi. Ils n’étaient pas nombreux les gens qui connaissaient mon nom de démon et qui le plaçaient précisément avec ce visage. J’avais mes petites parades et même si j’avais mis quelques siècles à les parfaire, ce visage était désormais oublié de tous et me dévoiler de la sorte, faire confiance à ce point… Ca n’était pas Bélial, ni Alrune ou Tobias… Je n’avais aucune raisons empiriques de lui faire confiance mise à part ce bon vieil instinct qui me disait que je pouvais et mes recherches qui venaient tout appuyé dans ce sens. J’avais vu Simon à l’action et j’avais une conscience très aigüe d’à quel point il me serait difficile de le tuer une fois qu’il aurait mon nom en sa possession. Un long moment de doute m’étreint, un moment de silence lourd et signifiant, j’étais sans doute le plus terrifié des deux. Je n’avais pas la moindre envie de retourner en enfer sans avoir rien fait pour le mériter. Je fermais les yeux et fit tourner entre mes doigts le fin lacet en cuir couvert de rune que je baladais depuis très longtemps, seul réelle traces de mes origines si on exceptait les quelques tatouages qui parsemaient mon corps. Ben ouais, on était un guerrier islandais ou on était pas un guerrier islandais. Cette petite cordelette avait toujours eu un genre de pouvoir sur moi : la toucher me redonnait confiance. De toute façon, perdu pour perdu…

-J’ai aussi besoin de vous pour une chose et j’espère bien que ça n’arrivera pas mais… Je ne sais pas tout et ça pourrait partir en live sans que je ne sois en contrôle et ça va vraiment, vraiment me mettre en rogne.




Je reniflai et regardai ce pauvre gus pendu par les mains sur sa croix et tout avec le reste de mes pensées, s’ajoutait celle qui se disait que ça devait vraiment pas être le truc le plus agréable de l’univers. J’eus un petit sourire crispé.

-Honnêtement, j’deviens un vrai connard dans ces cas-là et j’serais pas lucide. Ultra fort et parfaitement incapable d’être sympa jusqu’à ce que je me calme mais dans ce cas-là, avec ce qui aura été construit… Faudra m’abattre avant que j’ai l’occasion de tout mettre en danger, vous comprenez? J’peux pas demander ça à mes démons, j’ai pas assez confiance… Ils suivront le plus fort, pour une grosse partie, parce qu’ils n’ont pas envie de crever. J’peux pas les blâmer…




Je posai une nouvelle fois mon regard et m’adossai tranquillement avant de remettre les cheveux en place. Je souris une nouvelle fois avant de rire.

-C’est un comble, nan? Demander à un prêtre de me tuer, pas vrai?


Je secouai la tête et remontai quelques temps avant dans la conversation pour l’assurer d’une chose, toute simple mais je tenais à ce qu’elle soit dite.

-Les gens que j’enverrais ici viendront dans le respect de votre maison et des personnes qui peuvent la parcourir ou ils ne viendront pas, j’y veillerais personnellement.



J’y étais parfaitement déterminé et quiconque serait irrespectueux avec l’homme d’églises s’exposerait aux conséquence.

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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Mar 11 Oct - 18:50


– we are strange believers –
SIMON ET ASMODEE / To god’s illusion which I recall Was our delusion Before the fall, The angels come and the angels go But the lord of light shining below ; Eternal blackness beyond the stars, We think our wisdom will get that far - At the master’s table the table’s bare, No land of plenty, devastation, despair – IRON MAIDEN.


Si on avait dit à Simon qu’il se retrouverait un jour à accepter de collaborer avec un démon, il aurait sûrement ri avant de retourner à ses affaires, parfaitement amusé de l’idée. Il avait beau être ouvert d’esprit et tolérant, il avait quelques réticences tenaces au sujet des démons. Et pour cause : il avait vu ce dont ils étaient capables, et aucun loup-garou, aucun vampire, aucun fantôme n’atteignait leur niveau de malfaisance et leur puissance redoutable. S’il avait accueilli TJ et Madison dans sa vie, c’était bien parce qu’un démon avait décimé leur famille, parce que le petit garçon qu’avait été Tadghàn s’était retrouvé possédé, parce que beaucoup trop de ses fidèles et de ses amis étaient tombés aux mains de ces êtres monstrueux qui faisaient frémir même les plus aguerris des chasseurs. Il n’en avait croisé que bien trop peu, des démons capables d’un tant soit peu d’empathie et de calme. Ceux-là, il les avait laissé partir. Les autres, il les avait traqués et piégés, mettant sa vie en jeu, pour pouvoir les renvoyer d’où il venait.
Et voilà qu’il se trouvait assis sur le banc de sa cathédrale à écouter l’un d’entre eux parler de sauver les siens qui fuyaient l’Enfer – le tout en venant lui demander son aide. Plus il réfléchissait à la question, plus le vieux chasseur réalisait que ce n’était pas une mauvaise idée ; c’était une idée folle, qui impliquait une dose de risque inquiétante, mais elle n’était pas si mauvaise que ça. Après tout, si les rats quittaient eux-mêmes le navire, autant les aider à ce que les chats ne les attrapent pas. Il n’imaginait pas que l’Enfer se viderait de tous ses diablotins en une nuit et il doutait que ça arriverait un jour, mais un soldat infernal en moins n’était pas une mauvaise chose à prendre. S’il pouvait garder un œil sur eux en les voyant à l’œuvre dans la cathédrale et au milieu des fidèles, alors il saurait s’il avait réellement fait le bon choix ou s’il s’était trop adouci avec les ans et qu’il n’était plus capable de reconnaître un piège. Néanmoins, ce Baltasar semblait sincère, et c’était assez surprenant pour le souligner. Et puis, ils n’étaient pas nombreux, les démons qui allaient d’eux-mêmes quérir l’aide d’un homme de foi. Fallait-il qu’il ait besoin d’assistance pour venir s’adresser à lui et à personne d’autre.

Attentif à tout ce que le grand blond lui disait, le prêtre gardait ses yeux sombres aux reflets ambrés vrillés sur lui. Il l’intriguait, c’était certain, et surtout il sentait que les secrets gardés dans cette tête-là valaient le coup d’œil. Il ne le forcerait jamais à les lui révéler cela dit, sauf s’il sentait que la sécurité de ses ouailles et de sa famille était en danger. Silencieux, il le laissa continuer sa tirade et ne le dérangea pas lorsqu’il laissa planer un silence lourd de sens et de non-dits. Son regard accrocha le petit lacet de cuir qui venait de jaillir entre les mains de l’inconnu et il lui sembla reconnaître quelques runes nordiques. Il doutait fort qu’elles aient été choisies par hasard et il se demanda quel humain était cet homme avant d’être damné jusqu’à la fin des temps.
Sa demande, en tout cas, lui fit arquer un sourcil avant qu’il ne plisse les yeux. C’était une drôle de réclamation après la conversation qu’ils venaient d’avoir. Oui, définitivement, ce démon recelait bien des secrets et Simon n’était pas sûr que ne pas les connaître le mettait plus en sécurité. Il commençait à se demander s’il n’allait pas faire quelques petites recherches de son côté, histoire de vérifier l’identité de son mystérieux vis-à-vis.

- Disons que c’est assez surprenant. Je ne vous imaginais pas du genre à réclamer un exorcisme forcé en cas de souci.

Il l’aurait plutôt vu fidèle à sa nature et aux prises avec des pulsions innommables avant qu’enfin son flegme ne reprenne le dessus. Cela dit, s’il faisait face à l’un de ces envoyés du Diable avec un minimum de considération pour autrui, alors il se doutait qu’il aurait mal supporté avoir causé du tort à qui que ce soit et en particulier à ses congénères qu’il cherchait à protéger de leurs frères et sœurs.

- Espérons que ce cas de figure ne se présente jamais. Si jamais nous devions y faire face … je ferai le nécessaire.

Il n’avait encore jamais rencontré de démon venu lui demander de le renvoyer en Enfer en cas de problème. Fallait-il que cet homme sorte du lot et ait concocté un plan d’une précision affolante pour qu’il en vienne à vouloir être court-circuité si jamais il perdait son sang-froid.
Répondant à une réserve émise un peu plus tôt, il eut le mérite de rassurer légèrement le prêtre qui acquiesça d’un discret hochement de tête. Il n’aurait plus manqué que la maison de Dieu soit saccagée par ceux qu’il acceptait de protéger.

- Je vous en suis reconnaissant.

Il sourit et adressa un signe de tête à un fidèle passant non loin qui le salua avant de se diriger vers la sortie. Ils n’étaient plus que deux dans la gigantesque salle désormais – seuls avec leurs doutes, leurs réserves, leur confiance qui serait sans nul doute mise à l’épreuve, et le regard des dieux qu’ils priaient.

- A quelles divinités appartiennent les runes sur votre lacet ? Je dois avouer que je m’y perds parfois.

Il avait beau avoir choisi de dédier sa vie au Dieu unique, il respectait parfaitement les croyances d’autrui et il appréciait sincèrement se renseigner à leur sujet.
Et puis, il s’emmêlait vraiment les pinceaux avec les runes nordiques.





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MessageSujet: Re: We are strange believers [ft. Asmodée]   Mar 3 Jan - 19:53

Alors ça… Pas du genre à réclamer un exorcisme forcé. Ah non, ça c’était sure. J’aurais préféré me faire couper les parties génitales que de me trouver propulser une nouvelle fois en Enfer. C’était un endroit de souffrance et encore, j’avais été chanceux. On m’en avait sorti tôt, très, très tôt et ça, je le devais à Bélial. J’avais toujours un peu de mal à comprendre ce qui lui avait pris mais pour le coup, j’avais fermé ma gueule et dit merci comme un gentil petit soldat. Oui, là, j’avais fait mon lèche cul : islandais ou pas, viking ou pas. Y a des moments dans la vie d’un homme où il faut apprendre à accepter des trucs qui arrivent. Bélial et ma sortie des fosses en faisaient parties. Je souris donc à Simon et le regardai dans les yeux un moment.

-Oh croyez-moi, Simon… J’ai pas envie de retourner là-bas mais ça sera la seule façon de pas tout faire capoter. Si j’en viens à pêter un boulon, me « tuer » avant que les chasseurs me prennent pour un démon sauvera le réseau et mon assistante pourra prendre le relais et gérer tout ce qu’il y aura à gérer jusqu’à ce que je parvienne à remonter… Si je remonte.

J’éclatai d’un rire rapide avant de hocher la tête pour le remercier. Au moins, cette éventualité était couverte. Je réalisai que la possibilité que ma trahison remonte en haut lieux était en train de monter à une vitesse hallucinante et avec ellðe, la probabilité que je ne puisse plus jamais revenir sur terre. J’évinçai un frisson à cette idée, de vagues réminiscences de la douleur infinie que j’avais subi venaient s’échouer sur les rivages de ma conscience déposant une myriades de débris constituant tout ce que j’avais fait par peur d’y retourner. Et par plaisir, aussi. J’avais eu tellement mal que j’avais décidé de l’infliger à chaque humain qui, selon moi, le méritait. J’étais devenu un vrai maître dans l’art de faire souffrir.

-Merci et non merci en même temps. Et il n’y a pas de quoi, Simon. Vous prenez suffisamment de risque en acceptant  de m’aider, il ne manquerait plus que ça vous cause d’autres problèmes.

Je jouai toujours avec mon petit porte-bonheur et souris en entendant Simon me demander à quels dieux appartenaient quelles runes. Habituellement, je me serais offusqué comme une princesse de ce manque flagrant de culture et du fait qu’on racontait n’importe quoi à propos de mes dieux. Cela étant dit, la conversation avec Simon avait purgé une grande partie de mon côté dramaqueen. C’était agréable de parler avec quelqu’un de ces choses. Depuis que Tobias était parti, les journées s’étaient allongées et la lassitude inhérente à ma longue vie se faisait sentir. Je regardai le cordon et le fit rouler entre mes doigts avant de le replacer contre mon poignet et de laisser ma manche le recouvrir partiellement.

-Oh, toutes les runes sont un don d’Odin. Elles n’appartiennent pas à des dieux, même si certains portent le nom et y sont intrinsèquement liés. Les runes sur mon lacet, comme vous dites, m’ont été transmises. Elles sont… sensées représenter et guider mon être.

Je plissai les yeux et d’un air pensif, continuai sur ma lancée.

-Pas sure qu’elles aient vu l’enfer venir… Mais bon. Celles sur mon lacet sont óss, le manteau d’Odin qui représente la conscience, le souffle et la parole, Hagall, la grêle qui caractérise le retour sur soi et la capacité à revenir en soi et se remettre en question, Sól, le soleil qui est la source de vie, l’illumination, la compréhension et l’enseignement… C’est marrant, hein. Ben attendez la prochaine, la prochaine est devenue la petite personal joke que l’univers m’a réservé…

Je me souviens assez précisément de ce qui avait été dit le jour de mon initiation. Je me souvenais de l’impression mystique, du silence dans la salle… La transe collective et de l’érudit qui  conjurait les dieux d’offrir un guide au jeune garçon que j’étais et qui allait devenir un homme. Le lacet, symbole de mon clan, symbole de ma place d’homme dans le monde, signe que j’étais un guerrier. J’avais vécu par ces runes jusqu’à ma descente en enfer puis, finalement, j’y étais revenu. Depuis, ce lacet m’apportait réconfort, tempérance et paix. Je reprenais donc mon petit exposé.

-Maður, l’homme - haha, on est tous morts de rire- qui devait symboliser mon humanité - oups - et la réalisation spirituelle - et je suis quelqu’un d’incroyablement spirituel comme l’indique le fait que je tiens des clubs et que je pêche probablement par l’humour douteux que je balade partout avec moi- Et la dernière, c’est oðal… La propriété ancestrale… Ca signifie que j’étais un initié, porteur de l’accomplissement des anciens, de mes ancêtres.

Je pouffai de rire une nouvelle fois et jetai un coup d’oeil à ma montre.

-Tout ça pour dire que j’étais sensé être un orateur hors pair capable de canaliser les consciences, certains me voyaient comme le futur dirigeant de notre village, j’étais sensé. Finalement, je suis le roi de la nuit. Pas si mal quand on y pense. Bon et accessoirement, le plus grand traitre de l’enfer.

Je haussai les sourcils plusieurs fois et eut un sourire charmeur à l’excès, pour la blague.

-Si j’dois tomber, ça sera certainement pas en tant que démon lambda et encore moins pour un connard assis sur un trône dont il a pas décarré ses fesses depuis des éons.


Je me redressais doucement et amorça un mouvement pour me lever.

-Il va être temps que je m’éclipse, Simon. Je vous remercie de ne pas m’avoir noyer dans le vin de messe. C’est très mauvais pour mon costume et Simone aurait été folle de rage. Oui, mon assistante s’appelle Simone pour de vrai, j’ai pas fait exprès et promis, j’ai presque pas ris… Vous n’avez pas idée.

Je tendis la main à l’homme et décidai de faire le plus gros saut de la foi dont j’étais capable. J’avais besoin qu’il me fasse confiance beaucoup plus que ça et pour ça, je savais qu’il n’y avait pas quinze moyens : lui faire confiance en premier. D’un autre coté… J’étais particulièrement flippé et je ne lui avais parlé qu’une fois… Je devais le mettre sur la voie et être sur de pouvoir maitriser ce qu’il se passait.

-Oh, au fait. Vous me connaissez forcément de nom. Mon vrai nom, je veux dire. Vu que je sens que vous allez faire deux ou trois recherches. J’veux dire, c’est ce que je ferais à votre place. Alors voilà, vous me connaissez et ne m’en veuillez pas, vous ne m’auriez pas écouté si je vous l’avais dit. J’ai pas mal marqué les esprits à une époque.

Je haussai les sourcils. Je pense que le mot « euphémisme » venait de se foutre en PLS dans un quoi du dictionnaire en pleurant.

-Euphémisme… Bref. N’hésitez pas à m’appeler si jamais vous avez un problème, j’ai une ligne spéciale pour ça… Tenez, le numéro. Mémorisez-le et détruisez-le. Appelez de préférences d’un portable jetable ou d’une cabine téléphonique loin d’ici, si c’est possible. Je vous recontacterai si les choses évoluent de manière significatives.


Je refermais mon manteau et glissais la main dans mes cheveux pour les remettre en place. La soirée risquait d’apporter son lot d’insomnie et de recalibrage de mes plans. Ca n’allait pas être simple mais je m’en fichais royalement. J’avais un nouvel allié et ça valait un certain nombre de nuits blanches.

-Bonne soirée, Simon.


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No, I can't slow down. I can't hold back though you know I wish I could. No, there ain't no rest for the wicked until we close our eyes for good.– Cage the elephant.

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