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 La Traque | Aborian

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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: La Traque | Aborian   Dim 27 Mai - 16:30

« Galope autant que tu voudras, saloperie impie. »

Ma parole se fait rare, ma bouche est sèche, mon souffle est chaotique, ma pensée est la plus volubile. Des semaines que je veille au grain en plein Blackwater Falls. Des semaines entières à surveiller autant que possible, dans les moindres recoins, dans l’unique but de continuer la traque magnifique. Le frisson de la chasse, l’enivrement des indices. Tout est réunis, depuis des semaines, pour me rappeler combien j’aime ce que je fais. Combien, même si je ne gagne pas du tout ma vie, je ne suis heureux qu’en me sacrifiant pour le Seigneur.

Mais cette fois-ci je l’ai vu. Je l’ai vu changer de forme ; je l’ai vu mettre à bien ses répugnants desseins ; je l’ai vu pervertir les brebis de ses modifications perfides. Ma rage n’est qu’à peine contenue, plus voilée que ravalée, alors que je m’élance également à sa suite. La surprise était totale, pour lui : la seule chance que je peux avoir face à des créatures surnaturelles. Si je n’ai pas la force ; si je n’ai pas la vitesse ; si je n’ai pas l’endurance alors il me faut la ruse. Cette bonne vieille jugeote qui illumine mon esprit et me permet de survivre depuis si longtemps en faisant ce que je fais de mes nuits ; de mes nuits ; de mon existence.

Je ne comprends pas les créatures que je chasse, du moins pas complètement.  Lorsqu’on est capable de faire croire qu’on est une brebis, pourquoi gâcher ses chances de vivre comme tel ? Ma seule réponse reste l’incapacité à surmonter sa nature profonde, comme des animaux sauvages incapable de ne pas attaquer s’ils en ont l’occasion. Et ainsi comment comprendre complètement des créatures qui ne font qu’imiter la nature humaine du mieux qu’elles le peuvent ? Qui l’envie si fort qu’elle s’en rapproche tout en s’en éloignant à longueur de temps ?

Caché du mieux possible dans les caisses, les cordages, je fouille à ma ceinture pour en tirer avec une lenteur exagérée, exaspérante, la lame accrochée là. Sans bruit, ne respirant qu’une fois toutes les deux secondes avec une concentration certaine. Ne pas faire de bruit, rester invisible, persister dans l’ombre. Les bruits sont répugnants, la métamorphose commence, ma salive est d’une rareté sans nom. Les odeurs du port ne dissimulent qu’à peine les odeurs acres de la métamorphose de la créature, mon estomac se resserre mais résiste. J’en ai vu d’autres.  Il ne manquerait plus que moi, je me mette à rendre mon déjeuner pour un peu de chair distendue et quelques bruits d’os. Doucement, j’étends mes jambes et j’avale la distance qui nous sépare le plus doucement et le moins bruyamment possible.

Le temps se distend, se tord et se rompt à chacun de mes pas. C’est comme si je mettais des années à le rejoindre, c’est comme si le temps avait cessé sans attendre notre extinction. C’est comme si tu m’avais touché de ta grâce, me permettant de voir l’univers au ralentis. J’entends mon cœur battre à tout rompre à mes oreilles avec la sensation que mes tympans n’y survivront pas ; avec la sensation que mon sang s’épaissit dans mes veines et mes artères ; avec la sensation que ma sueur qui coule dans mon dos est aussi froide que si elle venait d’un congélateur.  Avec la même lenteur, la même douceur, j’élève ma lame alors que la distance se rétrécit –plus que quelques mètres à peine. Et comme tout était trop parfait, c’est le moment que choisis le bout de ma lame pour se cogner contre une chaine qui nous surplombait.
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