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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
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 Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti

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MessageSujet: Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti   Lun 11 Juin - 17:28


Même un démon pouvait souffrir du mal du pays ! Certes, la globalisation avait du bon. Les transports permettaient de relier les deux côtés du globe en quelques heures. Avec un peu d'argent, les croissants matinaux étaient servis bien chauds non loin de la tour Eiffel et les bars s'écumaient durant toute la nuit à New York. Avec internet, il suffisait de quelques clics pour découvrir l'histoire et les cultures passées ou présentes de presque toutes les nations. Néanmoins, rien ne remplaçait jamais les paysages, les saveurs ou mêmes les sonorités de la langue de votre enfance.

Composer avec un été sans soleil ou iode, j'en étais capable. Les décors grandioses offerts par le Canada m'émerveillaient, pas la peine de déménager à peine arriver. Non, ce qui me manquait, c'était la Dolce Vita à l'italienne : Le verbe qui chantait et roulait sur les langues, les rires solaires, les ruelles alambiquées qui cachaient des trésors d'arts à qui savait où poser les yeux, les bonnes odeurs et saveur de la nourriture, du vin … et surtout, putain, du vrai café !

Quel idiot oubliait d'acheter du café et se condamnait au jus de chaussettes vendu dans le Starbucks du coin ?

En grimaçant, je contemplais le truc vaguement caféiné dans ma tasse de carton.  Comment les humains ne succombaient pas à un diabète fulgurant rien qu'en regardant le liquide restera un mystère que je ne tenterais pas d'élucider. Lorsque je relevai le chef, quelqu'un s'était installé à ma table sans même me demander l'autorisation. Je fixai l'intrus quelque seconde, en dressant un sourcil intrigué. A mon complice, Roméo, je glissai un regard interrogatif auquel il répondit en pleurnichant pour avoir un autre bout de pain de mie.

- OOOOMG ! Il est trop miiiignon !

S'empressa-t-elle de notifier si fort que quelques têtes se retournèrent vers nous. Elle s'approcha du petit et gazouilla devant lui. Roméo leva le nez, vaguement intéressé par les paillettes sur le haut indiquant "I'm The QUEEN". Un étendard, un avertissement ? En tous les cas, la jeune femme se prenait effectivement pour quelqu'un d'important et à qui personne n'osait dire "non". Elle s'extasiait sur les boucles blondes d'angelot du rejeton démoniaque, n'hésitant pas un instant à jouer avec. Malgré le culot, sa posture avait un intérêt majeur : Elle dévoilait une large partie du fessier sculpté sous un short en jeans minimaliste et dissimulait le faciès. Quel âge avait-elle ? Trente-cinq ? Non, vu le reste du corps, elle ne dépassait pas les vingt. Pourquoi avait-elle emplâtré son visage derrière autant de couche de peintures successives ? C'était ça, le fameux contouring ? Pourquoi avait-elle dessiné des traits à la place de ses sourcils ? Les jeunes femmes se paraient vraiment toutes ainsi pour aller boire un café le matin ? Pourquoi ressentait-elle le besoin de se tartiner ainsi ? Même les prostituées ne se fardaient pas autant. Sauf peut-être les travestis.

Comment Mason l'aurait catégorisé déjà ? Sa petite insulte favorite dans ce genre de cas ? Femme-crevette, tout est bon sauf la tête ?

Roméo, agacé par toute cette attention, colla une main pleine de bave et de mie de pain mâchouillée sur le haut de la demoiselle. Il barbouilla allégrement "la reine". Puis, il battit ses petites mains, très content de son œuvre. Sourire fier esquissé à son attention, je peinais à conserver pleinement mon sérieux face à la situation. Les émotions se succédèrent rapidement sur le visage de la jeune femme, menaçant de fendiller son masque de maquillage. Néanmoins, elle se recomposa rapidement un sourire et rigola. Bons réflexes, l'habitude de mentir lui était chevillé au corps et à l'âme. Elle gourmanda le petit et accepta gracieusement les excuses bredouillées par politesse.

Café de dédommagement entre les mains, elle avait aussitôt entrepris de parler de son sujet favori : Elle. Entre les hommes frustrants qu'elle fréquentait, son envie d'avoir un enfant, je n'avais même pas besoin d'être le démon de la vérité pour discerner ses intentions. Ses doigts continuellement sur mon bras et sa manière de se pencher en avant pour se mettre en valeur était plus éloquents encore que mon pouvoir. J'essayais plusieurs fois de l'interrompre pour lui signifier que mon prénom n'était pas "Enzo" contrairement à ce qui était notifié sur le gobelet de carton ou que du moins nous n'étions pas assez proche pour qu'elle me nomme ainsi. Impossible d'en placer une ! Aussi, je passai en mode automatique, ne répondant que des monosyllabes ou des mots uniques, lorsqu'elle posait des questions. Je fourrais dans les pattes de Roméo un jouet au hasard pour l'occuper. Sans y prêter réellement attention, je l'informai que venait d'Italie. Là, avec un naturel déconcertant, elle avait enchaîné sur un :

- Quooooii ? C'est tellement trop une coïncidence marrante ! J'adooooore les pizzas.

Blasé, je roulais des yeux et fixai le plafond. Même Roméo eut une sorte de rire - à cause de son livre de trois pages qui faisait "moooouik" quand il appuyait dessus-. Maline la demoiselle s'empressa d'ajouter qu'elle connaissait LA meilleure pizzeria de la ville. Où ils servaient des VRAIES pizzas, promettait-elle. "J'y mange sans arrêt avec mes amies." A mon grand étonnement, je me surpris à demander : "Vraiment ? Où puis-je trouver cette merveille ?" Elle se saisit alors d'une serviette et tenta de gribouiller un plan. Pourquoi ne donnait-elle pas simplement l'adresse pour que je puisse le dénicher sur mon smartphone ? Se figurait-elle que les européens ne disposaient pas de cette technologie comme des attardés ? Ah non… d'accord. Elle profitait de la proximité artificielle pour s'appuyer si complaisamment contre mon bras que j'avais une idée très précise de la fermeté et du galbe de sa poitrine. Dans un cœur, comme si les signaux n'étaient pas déjà assez clairs, elle annota son numéro en paillonnant des cils. J'y répondis avec un sourire entendu.

Hé ! Je restais un démon normalement constitué ! Puis, dans le pire des cas, cela signifiait une pizza dégueulasse et un coup facile à la sauvette sous un porche. Par derrière. Seulement par derrière. Même sans le maquillage outrancier, l'âme de la demoiselle tirait la gueule. Rien de grave encore, les bases pour une petite conne prétentieuse… même si la demoiselle avait quelques pratiques sexuelles orgiaques à l'hygiène… discutable.

Ne plus la laisser s'approcher de Roméo.
Si je devais avouer un certain intérêt pour cette pratique éhontée de la luxure, je préférais ne pas savoir exactement où elle avait fourré ses doigts - et son avant-bras - avant de tripoter les joues de mon fils.
Heureusement, les lingettes humides étaient rapidement dégainées pour palier à ce genre d'urgence.

Roméo débarbouillé sans raison, j'abandonnai la demoiselle avec une envie vrillée aux tripes : Pizza.

****** ****** ******

Toute la journée, les saveurs avaient hanté mes sens. Malgré la poussière et les araignées, j'avais réussi à m'imaginer avec forces détails des bruschettas simples, de bon pain frotté à l'ail frais, une margherita à la napolitaine, un petit chianti à défaut d'un garganega se mariant moins bien avec une pizza. Puis évidemment, un tiramisu en dessert et un ristretto. J'en avais salivé. La rêverie avait même réussi à ralentir suffisamment mon avancée dans le déplacement des vieilleries pour se calquer sur une cadence humaine plausible.

Ma voisine, la vieille dame charmante à qui ses petits-enfants manquaient, avait accepté avec plaisir de s'occuper de Roméo pour la nuit. Je pouvais ainsi me permettre de sortir vraiment pour la première fois en ville depuis mon arrivée ici. Je prévoyais de faire la tournée des bars et des boîtes pour me dénicher un coin pour faire la fête sans trop d'embrouilles. Aussi avais-je revêtu une tenue en conséquence : pantalon et gilet gris, chemise blanche rayée d'anthracite aux manches retroussées correctement, des pompes noires en cuir véritable cirées à la main. Tout était griffé, à la bonne taille, de qualité, bien entretenu à défaut d'être neuf. Classique et intemporel.


Avec mon morceau de serviette, j'avais tourné dans le Upper Town pendant… Une heure ? Puis j'avais finalement déniché l'enseigne "Casa Della Mamma". Pas d'une originalité galopante comme nom de restaurant. Néanmoins, il fallait reconnaître que l'extérieur ne faisait pas chaînes. A dire vrai, il y avait même un soupçon d'authenticité et un esthétisme latin sans en faire des tonnes. La porte poussée, je fus agréablement surpris en distinguant derrière le bar un four à pizza en pierre….

Avant de me rendre compte qu'ils stockaient des bouteilles à l'intérieur.

Peut-être y avait-il une régulation alimentaire stupide qui interdisait son usage ? Peut-être en avaient-ils un aux normes dans la cuisine ?

Naïf.

Après tout, l'endroit était agréable, familial presque, malgré la musique et les nappes blanches et rouges à carreau bien cliché, je dénichai peut-être la perle rare pour soigner mes crises de mal du pays.

Naïf.

Après un sourire et un buonasera au patron, je m'installai à une table tranquille près de la fenêtre. Le serveur m'apporta une carte sans dire grand-chose, en lorgnant fréquemment sur l'horloge au mur.

Je commençais à avoir un très sérieux doute quand le menu consistait surtout à prendre les mots en anglais et d'y ajouter un i, un a ou un o pour sonner italien. Pas d'antipasti. J'aurais probablement dû me lever et partir pour tenter de trouver une autre pizzeria à ce moment-là. Obstinément, je commandais ma pizza et une blonde. Pas vraiment le choix puisque la carte ne se composait que de pizza, bières/soda, glaces. Et pas à l'italienne, une grande marque américaine.

Hé ! L'espoir n'est pas interdit même après plus d'un millénaire d'existence. Peut-être que la "Mamma" n'avait transmis que le savoir-faire une bonne pizza. Oui, je cherchais encore à me convaincre moi-même.

Pressé, le serveur a envoyé ma pizza sur ma table après seulement 5 minutes. Je la fixai. Elle me regarda en retour, probablement encore vivante. Le fromage râpé dessus avait des reflets orange. La pizza avait l'épaisseur d'un panini. Elle était prédécoupée comme si je n'étais pas en âge de le faire moi-même. En la portant à ma bouche, la moitié de la garniture se répandit sur mes mains. Je devrais probablement feindre la douleur, j'ai quand même du fromage chaud sortant du micro-ondes sur les doigts. Je croquais dans la croûte.

Elle était remplie de fromage.

Je lâchai un juron insultant la mère du cuisinier en italien, tout sauf discrètement.

Pas de réaction.
Le serveur avait allumé la télé.

Sur un match de foot.

Je scrutais la salle en clignant des yeux. Incrédule. Avec autant d'élégance que possible, je tentais de faire glisser le morceau de truc dans ma gorge avec une gorgée de bière.

Sans goût aussi.

Je pivotais lentement sur mon siège, les yeux écarquillés surjouant la terreur. Au seul autre client qui ne paraissait pas absorbé par les types en pantalon court sillonnant un terrain d'herbes sur un écran, je m'adressai machinalement en italien.

- Ne mange pas ça, tu vas mourir d'indigestion ou d’indignation.
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MessageSujet: Re: Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti   Lun 11 Juin - 19:42

Il n'avait pas eu la force de faire les courses. Il n'avait pas eu la foi de s'aventurer dans un grand supermarché aux milles allées, et où la foule grouille comme de la vermine. Guido se sentait agressé par tout, le bruit, la foule. Conscient que l'Innommable pourrait en profiter pour lui mettre le grappin dessus s'il force trop, il avait décidé que pour une fois il pourrait manger en ville. Et pourquoi pas, au fond ? Il ne connait encore personne, ou presque, à inviter. Et les quelques connaissances qu'il avec qui il a commencé à se lier, non il ne veut pas déjà trop leur en demander. Pas quand le lien est trop frais, c'est dangereux. Un coup à le faire se rompre, tout ça. Seul dans une ville inconnue, l'italien se sent bien moins sûr de lui que dans son pays. Même si cela reste relatif. Mais au moins à déambuler pourra-t-il se familiariser avec la ville. Se construire une carte mentale.

Il avait donc, après son service, arpenté son nouvel environnement. Observé les grandes allées, les rues si perpendiculaires, propres et symétriques. Où est le charme là-dedans ? La réponse est vite une évidence : nul part. Pas tel qu'il le connaît. Ce n'est pas son monde, c'est un univers de pragmatisme. De fonctionnel. Les rues sont larges, organisées malgré la vie qui y pulse. Mais où poser le regard, pour le reposer ? Où sont les plaisirs des yeux, avec les couleurs chaudes de fin d'après-midi ou les lumières de nuits, et les délices architecturaux, avec ce charme antique de la ville qui a déjà vécu mille vies sans perdre de sa splendeur ? Les villes d'Italies sont comme de belles femmes d'un âge certain, mais dont le charme s'étoffe au coin d'un jeu de lumière ou de charmantes imperfections. Les villes canadiennes et américaines sont, pour l'italien, l'équivalent d'une poupée barbie : trop neuves et impeccables à son goût. Guido se sent seul, soudain. Il n'a pas l'apparence de l'Italien classique, avec ses longs cheveux agrémentés d'attébas et de breloques au gré de ses envies. Mais pourtant, en arpentant cette cité nouvelle, tout lui rappelle sa ville natale alors qu'il compare les deux univers. Sa veste noire, ouverte négligemment et aux manches retroussée, compense le standing relaché de ces écarts capillaire. Avec le fedora et les chaussures de cuir, il faut bien ça pour rattraper le blue jean sombre et les fantaisies colorées dont il aime à se parer. Aujourd'hui pas de vidéo prévu. Guido est sage, Guido a son look décontracté. Il n'a même pas tant de bijoux : juste une bague, un bracelet de cuir. Quelque chose de simple, pour partir à l'aventure. Il n'a jamais eu besoin de bien plus, et marche au hasard sans trop savoir lui-même ce qu'il cherche.

C'est en dérivant ainsi, d'avenues en grandes allées, qu'il tombe sur cette pizzeria au nom italien  tristement réconfortant : c'est d'un classique notoire, mais pour une fois il n'y a pas de faute d'orthographe ou dans la grammaire. Le bâtiment n'est même pas si laid de fonctionnalité, décide le florentin. Pourquoi pas ? Et c'est comme ça qu'il entre, armé de cette louche de bonne volonté curieuse : pourquoi pas.

Pourquoi pas le four à pizza en guise de cave à vin. (Hein ?)
Pourquoi pas aussi le menu absurde. (Quoi ?)
Pourquoi pas l'absence de vrais produits italien. (Mais pourquoi ..??)

.. Pourquoi est-il là, déjà ?

Guido vient de passer une commande dont il n'est même pas certain lui-même, trop perturbé par le mélange de soda et de bière sans rien qui n'aille vraiment avec la pizza. Lui, s'est contenté de l'eau. Il aime une bière de temps en temps, et le coca aussi. Mais pas ici, pas aujourd'hui. Pas comme ça.

Quand sa pizza arrive, sur un fond criard et bruyant de sifflets et de foule hystérique pour une balle ronde, le monde de Guido se fissure un peu plus. Sa mine se décompose peu à peu, alors qu'il coupe avec prudence une part de pizza. A le voir, on pourrait croire celle-ci radioactive. Et pour cause : le "chef" a cru bon de la tartiner d'une sauce étrange et surtout inappropriée que le vétérinaire identifie finalement comme.. De la sauce barbecue. Et un petit godet de mayo à l'ail pour tremper la croûte trop molle qui entoure la pizza. La souffrance est réelle, pour Guido.

Pourquoi ? Pourquoi font-ils ça ?

Une voix sur le côté qui lui parle, soudain. Une voix aux notes chantantes, aux mots rassurants mais désespérés comme les siens.

Guido est un expressif. Il l'a toujours été. Et quand il se tourne vers toi, avec de grands yeux meurtris, rien n'est factice. Et ça se voit sans peine. Tu peux contempler son âme meurtrie, ses espoirs bafoués, tout lui résumé dans cette expression de souffrance sincère qu'il t'offre.

- Ils ont tué l'Italie. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle leur a fait ?

Pour peu, il est tellement déprimé qu'il pourrait en pleurer.

- Je voulais juste manger une pizza. J'avais juste pas eu la force de faire les courses. Mais est-ce vraiment si grave que je doive être puni comme ça ?

Il a quelques côtés drama-queen, oui. Mais la peine que tu peux voir est réelle. Tout comme ta frustration, sans doute, qu'il remarque ensuite. Ce n'est qu'avec un temps de retard que Guido réalise que tu lui as parlé en italien. Lui, il t'a répondu de même instinctivement, sans trop y réfléchir. Et d'un coup, le monde lui semble moins moche et gris de savoir ça. C'est un peu rassurant, même s'il ne te connait pas, et que tu es peut-être un connard fini, ou même juste quelqu'un qui voulait juste râler mais mènera ta vie et le trouvera bizarre d'avoir répondu.

Grand sourire éclatant, d'un coup. BOUM ! Comme ça, hop ! Mode ON.

- Guido Gallo. Enchanté !

Toujours en italilen, évidemment. Pourquoi s'arrêter maintenant ?
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MessageSujet: Re: Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti   Sam 16 Juin - 20:28


Un jouvenceau larmoyant. Sa mine déconfite, plus encore que la mienne, étira un sourire sur mes lèvres.  Pourquoi s'acharner autant sur l’Italie ? Il posait probablement une bonne question. Peut-être qu'ils jalousaient le charme à l'italienne ? Notre cuisine ? Nos paysages ? Peut-être que c'était une manière de rejeter un souvenir tenace inscrit dans leur sang, le manque de la mère patrie ? En vérité, vu la tronche du patron, il y avait fort à parier que le lascar n'avait jamais mis les pieds en-dehors de la ville. Le restaurant, il le tenait de sa mère italienne. Elle avait bichonné les lieux et il avait naturellement hérité l'endroit à sa mort.

Arrivederci les bons petits plats de la mamma !
Buon giorno les pizzas surgelées qu'il achetait en gros pour les vendre au prix du fait maison !

La clientèle, ses potes, venait de toute manière pour picoler et regarder des matchs ensembles. Les pizzas constituaient un bon moyen de colmater l'estomac pour consommer plus encore. D'ailleurs, leurs cris de primates me firent rouler des yeux brièvement et tendre l'oreille pour saisir la suite des propos du jeune homme.

- Vincenzo Zatti. Ravi également de faire ta rencontre.

Me présentai-je à mon tour, inclinant sobrement le chef. Evidemment, le dialogue continua dans ce qui semblait être notre langue natale à tous les deux. Le changement rapide des émotions sur son visage m'intriguait. Il était passé de jouvenceau larmoyant à un présentateur de TV sous cocaïne sans que les émotions soient faussées. A cette époque, les gens honnêtes avec leurs ressentis deviennent rares. Le rire au fond de la gorgée, j'ajoutai.

- Ne t'en fais pas : Niveau punition, je m'y connais, et tu n'es même pas au premier niveau.

Sans honte, je me redressai. Je l'interrogeai du regard en déplaçant ma chaise de sa table, désignant la place en face de lui.

- Si cela ne te dérange pas, je vais partager ta table.

Je fixai un instant la pizza "toxique" et la bière sans goût. Avec une grimace, je les embarquai tout de même vers ma nouvelle tablée. En prenant place, je baissai d'un ton et pointai à mon interlocuteur un homme de la quarantaine aux airs de fouine.

- En revanche, lui, il mérite une punition pour crime contre le bon goût.

Même dans les années quatre-vingt, le mulet aurait dû être interdit. Le marier avec une moustache en brosse d'un poil très noir et dru, ça aurait pu passer à la limite. Mais la chemise à fleur brayarde dans le short avec tout ça, ça agressait les sens et pourrait faire saigner des yeux.

Plus léger, je repris.

- Donc, Signore Gallo, vu que tu te retrouves à endurer le supplice de la fausse pizza toi aussi, j'imagine que ça ne fait pas longtemps que tu es en ville ? Tu viens de quel coin ?

Même un démon qui pouvait percevoir la vérité pouvait se montrer curieux et sociable, ça ne s'excluait pas !
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MessageSujet: Re: Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti   Ven 29 Juin - 16:07

Vincenzo Zatti. Oh, c'est un vrai nom d'italien, ça. Le sourire solaire de Guido s'agrandit un peu plus alors qu'il hoche de la tête et fait de la place sur sa table pour l'homme, qu'il invite à grand renforts de gestes. Viens donc, viens ! Ca lui fait plaisir, à Guido. Surtout qu'il débarque à peine, alors une nouvelle renocntre, ça tombe du ciel !

Tu réponds avec une plaisanterie que Guido n'est pas certain de comprendre. Mais c'est une plaisanterie, non ? Cette histoire de niveau, c'est un truc qui lui échappe un peu. Il te regarde en inclinant la tête sur le côté, à la façon d'un animal attentif, puis décide que ce n'est pas grave si tu parles en énigmes. Mais ce n'est pas grave, tu sais ? Déjà, tu proposes de venir à sa table et de toute évidence, Guido est ravi. Il hoche de la tête avec un grand sourire, et commence même à arranger un bout de table pour te faire de la place. Un vrai pipou.

- Au contraire, avec plaisir !

Avec un drôle d'air il regarde sa pizza, alors qu'il bougeait l'assiette pour gagner un peu de place. Non, vraiment, c'est trop pour lui. Il se fera à manger chez lui, et puis voilà. Avec une mine un peu depitée, le voilà qui pioche dans la panière de pain -oui, ils mettent du pain avec des pizzam mais au moins celui-ci est mangeable. Guido redresse la tête d'un coup, quand tu reprends la parole, et il te fait un sourire automatique, mais sincère. Pipou, on a dit. Pipou en plein, comme on n'en fait plus. Docile, le florentin suit ton regard.. Et grimace. Aouch, oui, ça fait mal aux yeux.

- Le vert sapin et le rouge vermillon, ca ne va pas du tout ensemble. La moustache donne l'impression qu'il n'a qu'un gros pif, et de toute façon c'est terminé cette mode là. Et puis les chaussettes montées avec les sandales c'est. Non. Juste non. Brrr !

Comme un frisson qui le parcourt et il baisse les yeux vers son assiette pour échapper à la vue du bonhomme.. Mour faire une nouvelle moue révulsée à la vue du carnage. Finalement c'est sur toi qu'il pose le regard, en désespoir de cause. C'est sans doute plus poli, de toute façon. Et quand tu lui demandes d'où il vient, c'est tout l'amour de sa ville natale qui vient ensoleiller son sourire.

- Firenze ! La seule et l'unique, avec le Duomo et toutes ses autres merveilles. Je suis arrivé il y a moins d'un mois.

Un léger sourire d'excuse, d'être si nouveau. Tu es sans doute un des premiers qu'il rencontre, ici. Sn coeur simple, digne de celui d'un enfant, veut dejà faire bonne impression et peut-être à terme gagner une amitié. C'est toujours le soucis, quand on arrive quelque part. Dieu merci, Guido a de la sociabilité à revendre !

- Et toi ? Tu viens d'où ? Tu t'es fait avoir comme moi, après tout, donc je suppose que tu n'es pas du coin non plus. Vacances ?

Des vacances. Ici. Au milieu de nul part. Est-ce que bien crédible ? Mais pour le vétérinaire, oui. Pourquoi pas, après tout ! Il y a bien des gens qui se font des retraites en monastère. Pourquoi pas ce genre de congé ?

Et toujours, il picore le pain. A défaut d'autre chose, hein.. D'ailleurs, il te tend a panière.

- Si jamais tu veux éviter une intoxication alimentaire, mais ne pas mourir de faim.. Sers-toi !

Et toujours : le sourire.
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MessageSujet: Re: Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti   

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Tu Vuò Fa' Il Canadese - Guido Gallo/Vincenzo Zatti

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