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 game of survival, (mina ; mai 2017)

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MessageSujet: game of survival, (mina ; mai 2017)   Mar 12 Juin - 11:02

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Presque dix jours, déjà. Dix jours que l'incident était passé, dix jours qu'elle portait des cols roulés et ménageait l'utilisation de sa voix. Les regards noirs étaient de mise, bien plus encore que d'ordinaire, et ses collègues s'en retrouvaient partiellement irrités. Une exaspération dont Sylvia se moquait bien. Les marques autour de son cou étaient devenues une excuse, aux yeux de certains ; la vérité, pourtant, c'était qu'elle ne s'était jamais embarrassée de mots auxquels elle ne portait aucun intérêt. Que cette tendance ne faisait que ressortir un peu plus clairement, maintenant qu'on essayait de lui tirer les vers du nez sur ce qui s'était passé. Seul le silence répondait. Le silence, et l'habituel courant d'air glacial qui l'entourait. Partout où elle se déplaçait, elle charriait le froid et la dureté. Empêchait quiconque de pénétrer la carapace de sa personnalité — plus imperméable que jamais. Et lorsqu'elle rentrait, il lui fallait accepter la réalité : quelqu'un avait réussi à la percer. Quelqu'un qui l'avait mise à jour sans même avoir d'effort à fournir. Quelqu'un qui ne s'en vantait pas, et qui ne faisait que s'en contenter. Quelqu'un à qui elle avait ouvert sa porte, et qui dormait depuis sur son canapé. Malgré les désirs qui les broyaient, désirs auxquels ils se refusaient à céder. Maîtres de leurs émotions, maîtres de leurs gestes. Habités par ce respect absolu de la mémoire de cette femme par le biais de qui tout avait commencé. À la mémoire de Miranda.

Presque dix jours, déjà. Les marques disparaissaient lentement mais sûrement, sans qu'elle se soit pour autant résolue à abandonner le col roulé. La noirceur de la laine retroussée sur sa peau fragile, et ses longues manches relevées, Sylvia avançait de son coutumier pas décidé vers le bureau où on l'avait envoyée. Maître Hartman va vous recevoir. Son dossier dans une main, elle leva l'autre pour frapper à la porte et attendit qu'on l'invite à entrer. Depuis quelque temps déjà, Wilhelmina Hartman était son choix de prédilection en matière de droit. Dès qu'un dossier aux composantes délicates passait entre ses doigts, et que Sylvia sentait que les choses auraient pu rapidement dégénérer, elle faisait ce qu'il fallait pour assurer ses arrières. Et ça, c'était le boulot de Mina. Une collaboration que tout le commissariat ne voyait pas nécessairement d'un bon oeil, mais qui ne troublait nullement la petite Cohle. Les avis de ses collègues sur ses manières de procéder étaient le cadet de ses soucis. Ses méthodes fonctionnaient, et elle avait depuis longtemps prouvé leur efficacité. Le boss lui foutait la paix — et, à ce titre, tous ses collègues étaient silencieusement invités à faire de même.

Finalement, on l'invite à entrer. Sa main actionne la poignée, et elle pousse calmement la porte. « Bonjour. » Trop froide, trop formelle. Mina n'est plus uniquement une relation de travail depuis quelque temps déjà, mais Sylvia est trop habituée à la distance pour manifester quoi que ce soit d'autre. Elle referme la porte derrière elle, s'approche du bureau de l'avocate. « J'ai un cas de mère potentiellement abusive. Ses enfants sont à sa garde presque exclusive depuis deux ans, le père était trop souvent en déplacement. » Elle s'arrête devant le bureau, tend machinalement son dossier à la jeune femme qui lui fait face. « On m'a demandé d'aller interroger l'un des gamins à l'hôpital. Onze ans, bras cassé. Apparemment il est tombé dans les escaliers. C'est ce que sa mère arrêtait pas de répéter, en tout cas. » Et ça prenait pas un génie pour comprendre qu'elle avait peur de la vérité, quelle qu'elle soit. Des mots qui sortaient machinalement, une affaire exposée sans prendre le temps de s'encombrer de comment ça va. Sylvia avait du boulot. Ne prévoyait pas passer la journée là. Mais il lui semblait soudain qu'en la présence de Mina, ses épaules se relâchaient. La fatigue revenait. Le poids de ses cernes, l'étreinte colorée autour de son cou à moitié dissimulée. Elle ramène une mèche derrière son oreille, machinalement. N'ose pas s'asseoir. Ne sait pas si c'est une bonne idée. Et pourtant, une part d'elle l'aurait souhaité. Prendre une chaise, et respirer. Prendre une chaise, et s'autoriser à dévoiler la faiblesse qui l'habitait depuis une dizaine de jours, sous un regard qui ne la jugerait pas.

(c) blue walrus

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game of survival, (mina ; mai 2017)

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