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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
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 nobody prayin' for me, (slade)

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MessageSujet: nobody prayin' for me, (slade)   Mar 19 Juin - 3:10

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Il est tôt, mais il fait déjà trop chaud. Personn n'a envie de venir se remplir le gosier de café brûlant et d'oeufs fumants — et ce, malgré l'air climatisé qui rendait d'ordinaire la température supportable. Mais la nouvelle l'avait éteint pendant la nuit, et n'avait pas jugé utile de le rallumer. La température avait très vite grimpé, et lorsque Fiona était arrivée, la climatisation venait à peine d'être rallumée. Vieux dispositif qui peinait à faire baisser la chaleur des lieux. Ç'avait fait fuir quelques habitués — mais pas tous. Le type à la casquette était toujours là. Fidèle au poste. Les deux petits vieux silencieux aussi. Des repères auxquels Fiona s'était habituée, et qu'elle était rassurée de ne pas avoir perdus pour l'été.

Elle venait d'apporter ses oeufs et son bacon au type à la casquette. Machinalement, sans même le gratifier d'un sourire ou d'un signe de tête pour le saluer. L'assiette était tombée sèchement sur la table, et le café avait été servi sans un mot. Puis elle était retournée derrière le comptoir. Reporter le pot presque vide, commencer à préparer du café frais. Quand, à quelques mètres de là, on pousse la porte sans ménagement.

Il entre avec fracas. Ses yeux qui balaient rapidement le restaurant, avant de rencontrer ceux de Fiona. Et, immédiatement, il vient vrs elle. Ignore les deux petits vieux qui l'observent d'un air suspicieux. « Where is she ? » Son ton est sauvage — empressé. Il s'approche plus encore, mais elle ne bouge pas. Lueur farouche au fond des yeux. Mais qu'est-ce qu'il fout là ? « Where’s Annie ?! » Déjà, il commencé à crier. Ne se souciant nullement des clients attablés, ou du calme du petit restaurant à cette heure si peu avancée de la journée. « I don’t know. » Sa voix est sèche et cassante. Les mots de quelqu’un qui ne parle pas beaucoup, et qui n’a rien articulé depuis qu’elle s’est levée, aux petites heures du matin. Debout derrière son comptoir, elle refuse de bouger. Le café qui continue de couler, derrière elle. Et la lueur de sauvagerie qui le défie de s’approcher. « You little bitch. » C’est marmonné, alors qu’il fait un pas brusque vers le comptoir qui les sépare. Et elle ne s’attendait pas à ce qu’il ait le bras aussi long. Ne s’attendait pas à ce que la main lourde et violente puisse lui attraper aussi facilement le visage pour le serrer. Les doigts qui s’enfoncent dans ses joues, alors qu’il se penche et l’attire vers lui. « What did you tell her ? » Il ne crie plus. Dans ses yeux, la menace est réelle. Il pense que c’est elle. Elle qui a parlé. Elle qui a dit à Annie, ton mari est un connard. Ton mari te trompe avec toutes les idiotes qu’il croise. Il y croit dur comme fer, et sa détermination retourne l’estomac de Fiona, l’espace d’une seconde. Sa force est trop grande. Son agilité aussi. Elle ne sait pas. Ne comprend pas. Essaie de se dégager. Les doigts qui enfoncent ses joues contre ses dents lui font mal. Elle ne peut pas parler, ne peut rien faire d’autre que de le regarder. Ses mains qui s’agrippent au comptoir, ses yeux qui crachent autant de flammes que si l’Enfer s’était ouvert entre eux. Va chier, mon grand. Va chier.

Ca fait quelques mois, maintenant, que Desmond n’est plus dans son état normal. Il a quitté son emploi, reste enfermé le jour et sort toutes les nuits. Annie croit qu’il la fuit. Annie ne comprend pas. Annie raconte les comportements étranges de Desmond à Fiona, chaque jour qui passe. Fiona qui s’en moque. Fiona qui ne veut pas savoir. Fiona qui ne dit rien, en retour. Mais au moins, elle ne la repousse pas. Et c’est tout ce dont Annie a besoin, rendu là. Ça, et des réponses. Réponses que Fiona n’a pas. Elle ne comprend pas ce qui arrive à Desmond, et ne veut pas s’en mêler. N’a jamais voulu. Jusqu’à ce qu’elle ne le croise dans le couloir de son immeuble, un soir qu’elle rentrait de son chiffre nocturne. Un soir où lui sortait de l’appartement de sa voisine. Décoiffé, essoufflé. Le pantalon même pas encore refermé. Desmond qui avait reconnu Fiona, pour tous les soirs où il l’avait vue au restaurant du temps où les choses allaient encore bien entre lui et Annie. Desmond qui avait su qu’il était pris la main dans le sac. Desmond qui avait grogné. Desmond qui l’avait plaquée contre le mur. Lui avait ordonné de ne rien répéter. Et Fiona qui lui avait tenu tête, sans ciller. Je me fous bien de savoir dans quel cul tu te vides les couilles. Vos affaires me regardent pas. Maintenant laisse-moi. Il avait eu le regard noir, mais il l’avait laissée filer. Avait fait en sorte de ne jamais la recroiser. Jusqu’à aujourd’hui.

« What the fuck did you tell her ?! » Fiona pousse sur le comptoir. Essaie de se dégager. Il appuie son emprise sur elle, bouge sa main. Et elle saisit l’occasion sans plus attendre. Le mord violemment. Ses dents plantées entre le pouce et l’index, et le sang qui coule dans sa bouche. Répugnant. Il la lâche, surpris, et elle en profite pour reculer. Pas assez vite, pourtant — et voici la main ensanglantée qui lui attrape violemment le poignet. « You fucking bitch ! » Il serre. Serre à le lui briser. Il le tord, l’attire encore une fois vers le comptoir qui les sépare. Pas besoin de mots pour lui répondre. Le crachat de son propre sang atterri dans le visage de Desmond. Dégouline le long de son nez, de son menton. Et alors, il tire. Tire et se moque des dégâts. Tire pour lui faire payer son affront.

Ses hanches frappent violemment le rebord du comptoir, et elle sent son corps se fracasser contre la surface de formica. Pousse un léger glapissement. De douleur, de surprise. Tout va vite. Trop vite. Elle devrait lui dire de la lâcher. Devrait lui dire de sortir de là, et de ne jamais y remettre les pieds. Elle devrait se défendre. Utiliser ces capacités capables de la sauver. Mais elle n’en fait rien. N’y arrive pas. Les tripes nouées, depuis l’incident à Three Hills. Trop peur qu’on comprenne sa monstruosité. Trop peur qu’on l’oblige encore une fois à fuir un quotidien dans lequel elle était bien installée. Et pourtant, elle a peur. Peur que Desmond ne lui brise finalement le poignet, en tirant d’un coup un peu trop sec. Peur qu’il ne décide de lui plaquer la tête sur le comptoir, et de presser jusqu’à ce qu’elle parle. Presser à lui en faire sauter la cervelle. Elle qui ne sait rien. Elle qui n’a rien dit. Elle qui ignore réellement où est passée Annie.

Elle qui a encore échoué à rester loin des ennuis.

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MessageSujet: Re: nobody prayin' for me, (slade)   Mer 20 Juin - 5:09

Il fait chaud. C’est une de ces journées collantes et humides d’août, avant que l’orage ne vienne fracasser le ciel et ne fasse lever l’humidité. Les nuages sont lourds et épais dans le ciel, d’un gris foncé qui annoncent la pluie prochaine. Pourtant, celle-ci se fait désirer - et il n’y a que la chaleur épaisse et désagréable qui demeure dans l’air. Slade, pourtant, ne change pas. T-shirt noir, jeans noir, veste noire et casquette, il traverse les quelques rues le séparant du restaurant pour aller attraper son petit déjeûner. Il y a des endroits plus près de chez Sylvia, où ça serait plus logique d’aller, mais Slade n’est pas trop du genre à changer ses habitudes, pas quand celles-ci sont bien ancrées dans son quotidien. C’est ce restaurant-là qu’il est habitué de fréquenter, et il en faudrait beaucoup pour le faire changer. Il passe la porte, attendant la vague de fraîcheur de l’air climatisé, mais elle ne vient pas - un bris, certainement. Slade reste impassible alors qu’il se laisse retomber dans sa banquette habituelle, retire cependant sa veste - c’est plus confortable comme ça. Sa casquette reste vissée sur sa tête - on ne lui demande jamais de l’enlever, de toute façon, et il préfère ça comme ça. N’a pas envie de croiser le regard du monde, pas envie de se faire remarquer. Il veut juste boire son café et manger ses oeufs en paix. Le journal est posé sur la table, et il parcoure rapidement les titres du regard, sans grand intérêt. Toujours les mêmes histoires dans cette ville, après tout. Son assiette et son café sont déposés sur la table, sans un mot, et Slade ne lève même pas les yeux pour remercier Fiona. C’est une entente silencieuse entre eux - aucun besoin de fausses politesses. Ça plaît à Slade, et visiblement ça plaît à la jeune femme aussi, qui repart sans demander son reste. Immédiatement, Slade attrape sa fourchette pour entamer ses oeufs, le temps que le café refroidisse. Son regard qui s’égare un peu à l’extérieur, le corps un peu lourd, mais la tête relativement paisible. Les yeux de Slade glissent vers la porte quand un homme entre avec un grand fracas. Si le Conway n’a aucune réaction physique, ses nerfs semblent se tendre d’un seul coup. Quelque chose chez le type qu’il n’aime pas, mais alors pas du tout. Il le suit du regard, le corps en alerte. Le type s’arrête devant la petite serveuse, et se met à lui beugler dessus. Les yeux de Slade se plissent légèrement. Il en oublie son café, son assiette. Reste méfiant, mais ne bouge pas. Mais quand le type se met à insulter la serveuse, et lui attrape brutalement le visage, le Conway serre les poings. Son corps entier se tend, prêt à bondir. Il ne se lève pas. Reste là. Ne veut pas intervenir trop vite - il ne sait rien de la situation. Ne connaît rien de cette fille, encore moins de ce type.

Tout se passe rapidement - d’autres beuglements, et la serveuse réagit. Mord la main du type, qui lui attrape par la suite le poignet. Le conflit devient trop violent. Ça suffit. Et quand le corps de Fiona se fracasse contre le comptoir, Slade se lève. Agilement, il sort de la banquette. Casquette toujours sur la tête, il traverse le restaurant. Ses pas sont grands, assez grands pour avaler la distance avec rapidité. Visage impassible, yeux noirs, ça ne lui prend pas trop de temps à arriver à leur hauteur. À voir le sang sur la main du type, à voir la détresse dans les yeux de la petite serveuse. Slade sait qu’il ne devrait pas s’en mêler - Slade ne peut pas s’en empêcher. Une fois arrivé, il ne perds pas de temps pour empoigner le col du type. Le serre d’un poing puissant, assez pour l’étrangler, pour le tourner vers lui. Ses yeux se plantent dans les siens. Le type, surpris, n’a pas le temps de réagir avant que les mots de Slade ne fusent. « Let go of her wrist. » Le type obéit - pas le choix. Et Slade sait qu’il pourrait s’en tenir à ça. Lui dire de foutre le camp, de ne plus jamais mettre les pieds ici, de ne plus jamais poser les yeux sur la petite Fiona. Mais il en a pas envie - pas envie de s’en tenir qu’à ça. Il n’a pas aimé ses mots, n’a pas aimé sa violence envers la serveuse. Alors une fois que cette dernière est libre, Slade lâche le col, simplement pour planter sa main contre le crâne du type. D’un geste habile et brutal, il écrase sa tête contre le comptoir. Un crac sonore se fait entendre, le sang gicle, et le type se mets à beugler de douleur. Slade ne lui laisse pas le temps de se laisser choir au sol après la violence du choc - il empoigne à nouveau le col de sa veste, et cette fois c’est son poing qui s’écrase sur son visage. Termine de lui briser le nez. Son poing, encore - cette fois sur la mâchoire. Le type tombe à genoux, sonné, le sang au nez, le sang à la bouche. Slade le tient toujours, a envie de continuer. Il voit rouge, il voit noir. Mais il sait qu’il doit s’arrêter, sait qu’il va finir par tuer le type. Alors il contente d’un autre coup de poing, pour terminer de l’assomer. Lâche le gars, qui va s’écraser au sol, inconscient. Slade se redresse, étire ses doigts habitués. Mâchoire serrée, un peu de sang sur le t-shirt. Rien qui va le tuer. Et finalement, ses yeux se relèvent. Se déposent sur la serveuse, derrière le viseur de sa casquette. « You ok ? » Ne sait pas trop pourquoi il est ainsi intervenu pour une inconnue. Mais Fiona n’est pas vraiment une inconnue - pas pour Slade. Ne sait pas trop ce qui va arriver à présent - sait qu'il ne pourra probablement pas rester. Qu'une telle violence ne peut pas passer inaperçue, et que la présence de la police est hors de question pour lui. Pas alors que les choses se stabilisent. Il sait que Sylvia pourrait lui donner un coup de main, si jamais - mais il n'a pas envie de la mettre dans cette situation. Le restaurant qui s'est tu d'un coup, et le silence est froid, malgré la musique qui continue de jouer à la radio.

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MessageSujet: Re: nobody prayin' for me, (slade)   Ven 22 Juin - 1:45

Peut-être que c'était tout ce qu'elle méritait. Un poignet brisé, des hanches brisées, un corps étiré sous la violence qu'on exerçait sur lui. Peut-être qu'elle le méritait, et que c'était comme ça que ça se terminerait. Sous les regards impassibles du type à la casquette et des deux petits vieux silencieux — ces habitués dont Fiona appréciait la présence plus qu'elle ne le montrait, et qu'elle avait fini par mettre en danger. Car si l'un d'eux se levait, si l'un d'eux tentait d'intervenir, nul doute que sa malédiction reviendrait violemment à la charge. Nul doute qu'elle ne serait pas la blessée de l'histoire — pas le cadavre qui allait retomber sur le comptoir. Encore une fois, elle était seule. Seule dans ses ennuis, seule dans sa misère. Seule dans la douleur que la poigne lui tirait, seule dans la peur de ne pas s'en tirer. Tu crèveras seule, Fi. Tu l'as toujours su. Peut-être que ce n'était qu'une question de temps. Et peut-être que le temps est venu.

« Let go of her wrist. » Elle a eu un hoquet de stupeur, hoquet de peur, quand le type à la casquette est apparu dans son champ de vision. Main puissante qui se referme sur le col de son agresseur, et l'ordre qui claque sans laisser aucune chance d'être esquivé. Elle pense que l'autre va résister. Pense qu'il va serrer plus fort, tordre violemment, et la laisser avec le poignet retourné. Mais il n'en est rien. Il s'exécute docilement, malgré la fougue de son énergie, et la brutalité avec laquelle il continue de se comporter. Si docilement qu'on dirait presque qu'on l'a forcé. Le cauchemar qui la rattrape, et qu'elle se refuse pour le moment à assimiler. Elle ramène sa main contre elle, tenant son poignet endolori de ses doigts intacts, et recule. Recule jusqu'à cogner le comptoir derrière elle. Recule, sans être capable de détacher ses yeux de la violence du spectacle qui se joue. Le type à la casquette qui n'a pas attendu plus longtemps avant d'éclater la tête de l'agresseur sur le comptoir. Puis pour le frapper. Une fois. Deux fois. Et le sang gicle, et les os craquent. Pas les phalanges pourtant — mais bien les pommettes, l'arcade sourcilière, le nez et les dents. Ça craque, c'est infime mais c'est vrai — et Fiona l'entend. Un haut-le-coeur qui la saisit, son corps qui glisse contre le comptoir pour en trouver la fin. Dans son dos, le mur — et elle s'y laisse aller. Se recroquevillant, ses genoux se pliant légèrement. Pour un peu, elle y aurait disparu. Et les regards des deux petits vieux, vissés sur la violence débridée, n'y auraient rien changé.

Et puis, tout s'arrête. Le corps retombe lourdement au sol, et le type à la casquette relève la tête. Son regard qui trouve Fiona, plus facilement qu'elle ne le voudrait. Et il ne fuit pas. Pas tout de suite. N'a pas l'air inquiété de ce qui vient de se passer. Se contente de déposer ses prunelles noires sur elle — et, alors, elle le sait : impossible de se cacher. Impossible de se défiler. Il a balayé les ténèbres dans lesquelles elle était recroquevillées, et il ne la laissera plus filer. « You ok ? » Elle tient toujours sa main contre elle, et s'efforce de ne pas trembler. Encore surprise par l'attaque, et surtout par la brutalité de la défense qui s'était opérée. Chamboulée par la fin de sa tranquillité, après près d'un an à vivre ici en paix. « Yeah. » Sa voix éraillée. Elle voudrait ne pas avoir à répondre. Voudrait qu'il se détourne, et qu'il l'oublie dans les ombres. Mais ça ne fonctionnera pas comme ça, et elle le sait. « Thanks. » Ses yeux qui se détachent de ceux du type à la casquette pour se poser sur les deux petits vieux qui les observent toujours. Qui ne savent pas quel comportement adopter — et Fiona le sait, tout va être trop compliqué, désormais. Expliquer ça au cuisinier, gérer les clients qui allaient hésiter entre rapporter l'incident, ou se taire pour ne pas subir le même sort. Et ses iris se reposent sur son sauveur, alors qu'elle déglutit. Essaie de se ressaisir. De rationaliser. Essayer de sortir de son état de choc, malgré ses yeux qui trahissent sa panique et son anxiété, et son corps qui refuse de s'articuler. You can't stay here. You can't stay here, or they'll get you. They always do. They never let people like me or you go.

You can't stay.
But please, don't leave me. Please.

Don't leave me, or they'll get me too.

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MessageSujet: Re: nobody prayin' for me, (slade)   Sam 30 Juin - 2:57

Il est allé trop loin. Bien sûr, qu’il est allé trop loin. N’a pas pensé, a frappé trop fort - et maintenant, le silence installé est pesant. Celui qui suit la violence trop sanglante, la violence méritée mais poussée un peu trop loin. Slade a frappé une fois de trop et trop fort. Maintenant, aux yeux de tous ceux présents dans le restaurant, il n’est rien d’autre que l’incarnation de la violence. Qu’un poing fermé qui se déferle, qu’on ne veut pas croiser, la noirceur dans les yeux, dans l’âme, dans le corps. Don’t go near that one. He doesn’t have all his head. Il ne peut pas lire dans les pensées, mais il le devine dans les yeux. Lui qui s’était tenu tranquille, lui qui n’avait jamais fait d’histoires - voilà qu’il avait décidé d’intervenir, en faisant déferler ses poings sur l’homme ayant eu le mot de travers. Il ne connaît même pas la petite serveuse - ne sait rien d’autre que son nom. Peut-être qu’elle méritait qu’on lui torde le poignet et qu’on la menace. Il en sait rien, Slade. Et pourtant il est convaincu que non. Il ne la connaît pas, mais il peut sentir qu’ils sont fait du même moule - à ne jamais rien demander à personne. Des erreurs de parcour, tout le monde en fait. Even people like us. Quand il la regarde, elle n’est plus là où elle était. Elle s’est recroquevillée dans les ombres, apeurée, troublée. Devant le monstre qui aurait si facilement été capable de tuer. ll en a trop fait et il le sait - il aurait pu simplement lui demander de partir. Mais la poigne autour de la petite serveuse l’a fait chavirer dans le rouge - le rouge sang. Et Slade n’avait jamais été un bon négociateur. Les mots, ce n’était pas pour lui - son corps parlait à sa place, et il avait été clair pour ce cas-ci. « Yeah. » Elle finit par répondre, la voix un peu chamboulée mais visiblement en état correct. Il la regarde - elle est tellement petite, il pourrait presque la prendre dans une seule main. « Thanks. » Il ne répond pas, ne fait rien - ne fait que détourner le regard. Il ne veut pas de ses remerciements. Elle est en état de choc, de toute façon, il lui faudrait encore un peu de temps pour comprendre ce qui venait de se passer. Slade retourne son regard vers le corps sur le sol, bien amoché, puis sur le reste du restaurant. Yeux noirs, à motié dissimulés sous la visière de sa casquette.

Il ne reste plus grand chose à faire sinon partir. Mais il ne peut pas tourner les talons sans un mot - et alors le cuisinier, probablement le seul autre employé, sort des cuisines. Slade le fusille du regard, lui ordonnant silencieusement de ne rien dire, de ne rien faire. Le restaurant, d’un coup, devient silencieux - pas un seul murmure, pas un seul bruit ne vient le perturber. « All of you forget you ever saw me. You will forget everything about this. Once we’re gone, you go back to your breakfast, and none of us were ever here. » Sa voix reste calme, mais ferme. Teintée d’un agacement, celui de devoir continuer d’utiliser un pouvoir qu’il sait trop dangereux. Ses yeux qui se retournent vers la serveuse. « You - what do you want to do ? » Regard un peu plus doux, un peu plus calme. Il lui a épargné les ordres précédents, ne sachant pas dans quels ennuis elle est plongée. Aujourd’hui, plus rien ne lui arrivera - mais rien n’est moins sûr pour demain. « Are you staying here or are you coming ? » Sa voix rauque qui tremble, avant qu’il ne se tourne vers le corps inanimé de l’inconnu. Avec un grognement, il le hisse sur son épaule, et regarde le sang qui tache le comptoir et le sol. Regarde le cuisinier, relève le menton. « You clean that up. » L’homme se met immédiatement au boulot, attrapant un linge et une serpillère. Slade glisse ses yeux à nouveau vers Fiona - le regard interrogateur. L’air de lui demander, so, what’s it going to be ? You coming with me, or you staying here ?

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MessageSujet: Re: nobody prayin' for me, (slade)   Ven 13 Juil - 3:55

Lentement, le choc se dissipe. Ça prend de longues secondes, trop longues secondes — mais elle le sent : ça se fait, progressivement. Alors qu'elle déglutit, que le type à la casquette détourne les yeux pour regarder la scène. Alors qu'elle reprend son souffle, et que le temps autour d'eux reste suspendu. Suspendu, jusqu'au moment où la porte des cuisines s'ouvre avec fracas, faisant sursauter Fiona. Elle garde ses deux mains contre elle, essaie de reculer — mais le comptoir derrière elle l'en empêche à nouveau. Et elle voit le cuisiner aller pour parler, le voit avec le choc au bord des lèvres, le coeur qui se soulève — mais rien ne sort. Rien d'autre que la voix du type à la casquette, qui semble soudainement prendre les choses en main. « All of you forget you ever saw me. You will forget everything about this. Once we’re gone, you go back to your breakfast, and none of us were ever here. » Et la sensation est étrange, lorsque ses mots parviennent à ses tympans. Comme si elle comprenait ce qui se disait, comprenait ce qui était en train de se produire. Mais que le all of you l'excluait naturellement, contre toute attente. Elle vit les petits vieux battre des cils, ébahis. Le cuisinier les imiter. Les corps se mettre à bouger. Se mettre à oublier, comme la voix le leur avait ordonné. La tête du type à la casquette qui se tourne vers elle. Elle sent son regard la transpercer de part en part. Et, alors, le choc achève finalement de se dissiper.

On lui obéit. Elle a gardé ses bras contre elle, refermé sa bouche entrouverte sous le choc et la peur que la situation ne dégénère. Désormais, tout est sous contrôle, et elle le sait : aucun d'eux ne se souviendra avoir déjà vu l'homme dans le coin. Mais elle, oui. Elle l'espère, à tout le moins. En doute un petit instant, quand il rouvre la bouche pour reprendre la parole. Mais, finalement, elle se détend. « You - what do you want to do ? » La peur de subir le même traitement qui s'atténue, et elle soutient sans peine le regard qu'il lui lance. Aucune trace d'arrogance ; rien qu'une sincérité débordante, une gratitude modeste, et un franc remerciement de ne pas lui faire subir le même traitement. « Are you staying here or are you coming ? » Il a la voix qui tremble, alors qu'elle déglutit. Regardant une seconde autour d'eux, tandis qu'il s'est détourné pour attraper le corps. Are you staying here or are you coming ? Le choix est simple, la solution toute trouvée. Pourtant, c'est à croire que les mots refusent de s'échapper. Que son sens de la logique s'y oppose, et qu'elle a peur de perdre son boulot si elle accepte de l'accompagner. Elle sait qu'elle sera incapable de poursuivre son service, cependant. Que tout est foutu pour aujourd'hui — et que ça lui prendra au moins la journée pour digérer ce qui venait de se passer.

Alors, elle l'observe hisser péniblement le corps sur son épaule. Héler le cuisiner, et lui ordonner de nettoyer. Un sourire qui menace de relever la commissure de ses lèvres, alors qu'elle voit le type bête comme une chèvre, type qu'elle ne pouvait pas encadrer, type qui le lui rendait si bien, hocher la tête comme un pantin et se tourner pour chercher de quoi nettoyer. Le regard du type à la casquette qui se pose à nouveau sur elle — et elle le sent. Prend une seconde de plus pour se décider, avant de finalement relâcher son poignet douloureux, et le laisser retomber le long de ses flancs. Déjà, la peau passe du rouge au bleu — mais elle l'ignore. Un pas vers le type, un pas vers les portes de la cuisine. Sa mâchoire qui se crispe brièvement, et ses grands yeux qui se reposent sur l'homme qui attend toujours. Plus patient qu'il ne semble pouvoir le tolérer — mais au moins, il est resté. « I'm coming. » Sa voix sort étrangement. Maladroitement. Comme si la réflexion lui avait rouillé les cordes vocales, et que la réalisation de ce que l'homme pouvait faire, lui aussi, avait atrophié toutes ses capacités à s'exprimer. Elle déglutit lentement, renifle, regarde le cuisiner revenir précipitamment avec un seau et une serpillère. Il lui faut un alibi, et elle le sait. Solution toute trouvée — elle aussi a le pouvoir de convaincre les gens de ce qu'elle veut. Mais elle s'est promis de ne plus l'utiliser, et l'idée de briser ce serment, même personnel, lui file la nausée. Alors, le murmure s'échappe lentement, à mesure que l'idée se fraie un chemin dans son esprit. « He gave me my day. » Petite voix, soufflée. Le coeur qui bat à tout rompre dans sa poitrine, alors que son regard croise à nouveau celui du type à la casquette. Droit, franc. « Can you convince him of that ? » Pas peur de demander. Ne comprenant que trop bien ce qu'il peut faire, et ce qu'il sera capable de faire gober à ce type de toute manière trop stupide pour piger ce qui lui arriver. Et elle se rapproche d'un pas. Puis d'un deuxième. Si frêle, à côté de lui. Si petite — presque invisible. Mais elle est là. Elle est bien là. Et dans ses yeux à lui, elle existe. Il la voit, ne l'ignore pas. Lui a donné un traitement différent des autres. Et soudainement, elle s'y raccroche comme à une bouée lors d'un naufrage. Naufrage d'un quotidien si bien huilé, quand les ennuis l'avaient finalement trouvée. L'intervention inattendue d'un type auquel elle n'avait rien demandé. Qui ne lui devait rien, et qu'elle ne connaissait même pas. L'impromptu qui l'avait sauvée d'un mauvais quart d'heure — et elle ne l'oublierait pas. Mais pour le moment, tout ce qu'elle voulait, c'était s'enfuir. Au diable son sac, dans le petit vestiaire des employés. Au diable ses clés, au diable son téléphone de toute manière déchargé. Ses deux cartes d'identités et son billet de vingt dollars chiffonnés. Tout ce qu'elle voulait, c'était foutre le camp.

Oublier que ses affaires existaient, oublier que ce restaurant existait. Que sa vie tournait encore, après toutes ces années à tenter de s'enterrer. Trouver refuge dans l'ombre que ce type lui offrait. Une ombre qui lui ressemblait davantage que toutes celles qu'elle avait croisées ces dernières années. I'll go with you, lui scandent ses yeux bruns. Le feu d'une décision assumée, et l'envie de ne pas se retourner. Pas même pour aller chercher ce sac à main minable, qui l'attendait derrière quelques portes fermées. Elle s'est encore rapprochée. Prête à s'en aller. Pas une veste sur les épaules, pas un regret dans le fond des prunelles. Can we just go, now ?

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nobody prayin' for me, (slade)

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