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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)

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MessageSujet: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Dim 24 Juin - 14:20

Il fait chaud. On étouffe. Mais on se colle et on s’en fiche, on est pas là pour se plaindre mais simplement pour s’perdre, juste pour quelques heures. On est là, tous, pour la même raison. Y ‘en a pas un dans le lot qui n’a pas envie de distraction. Alors les peaux humides, les regards accrocheurs, les néons qui défoncent l’œil, tout ça, c’est pour le meilleur. Elle est belle, elle est paumée la jeunesse qui agite les fesses sur les rythmes électriques. Elle en rit, elle s’en cogne, elle tonne jusqu’au matin.
Les pieds en sang sur la piste, à sourire, et charmer.
L’ambiance du club nous a tous transformés.

J’en fais partie désormais. De la décadence, comme certains pourraient dire. Décadanse, pour ce soir. J’souris, comme les autres. Je me fonds, comme les autres, arrosée de spotlights au-milieu de la foule endiablée. Possédée, presque. A ne plus être moi-même. A rompre le moindre souci et à juste vivre. L’instant présent m’enveloppe, comme cette bonne centaine d’autres qui s’agitent.
J’ondule.
J’adule.
Je ris.

Cette nuit, j’oublie.

Il fait chaud. Il fait lourd. Et on l’accepte, tous autant qu’on est. On joue le jeu. On trempe tous dans ce miasme assourdissant, à nous assommer la tronche. Moi, j’sais plus d’puis combien de temps j’ai quitté l’appart, le nid des galères et des souvenirs qui m’arrachent. J’ai aucune idée de l’heure qu’il est et je m’en fous comme de ma première layette.  Elle est au placard, la fillette. J’chasse, pas sage, à la recherche de celles qui m’approcheront. C’est bien pour ça que je me suis laissée aller à faire la prédatrice, bouche rougie et fringues serrées. Juste pour ce soir. Pour laisser filer celle que j’peux plus encadrer, parfois.
Elles sont dehors, les voix. Les videurs les ont pas laissé entrer. Les esprits n’ont pas le droit de se déhancher. J’veux plus qu’ils m’appellent. Au moins pour une soirée. Au moins pour me laisser errer parmi les êtres que je peux frôler.

Au-milieu de l’humanité
J’oublie presque la Mort.
Pour combien d’temps encore ?

Le souffle court, la tête chargée, l’impression de redescendre d’une envolée extatique sur la dernière note de dubstep. Yeux clos, j’ai pas cherché à comprendre qui m’entourait. Si on me plotait, ou si on me foutait la paix. Tout ce que je sais, là, c’est que j’ai rudement soif et que ma gorge fait sa capricieuse. Pas d’eau pour la danseuse. Je sors du peloton de masse qui enchaîne sur une autre rythmique, pas facile de s’en extirper, mais j’ai le bar en vue comme un phare dans la nuit.
Accoudée, regard bordé de noir, qui recherche à se faire remarquer.  

« Yo. », j’appelle, le barman tourne un œil et m’approche. L’habituelle demande, pas la première de la soirée, j’ai déjà écumé quelques vers pour me donner la rage de m’échapper sur la piste. « Tequila Sunrise pour moi, c’te fois. »

J’suis pas assez torchée pour me dire que je vaux pas l’coup et qu’il faudrait que j’vomisse toutes mes tripes pour aller mieux. J’suis suffisamment éméchée par contre pour envoyer se faire foutre tout ce qui n’est pas légèreté et insouciance. J’ai aucune idée de comment ça finira cette soirée, et honnêtement, j’ai juste pas envie de décider. J’ai rangé le rationnel au moment où j’me suis accoutrée comme une poupée. J’prends ma pause de dancefloor, les coudes contre le bar, à siroter ce troisième cocktail qui sera peut-être pas le dernier. Ça tambourine déjà, ça tourne, un peu, trop, ça tourne, verre qui se vide, et on recommence.
Nouvelle danse.

Fendue d’une jumelle de mon cocktail, mes yeux se perdent dans cet amas grouillant. Ils bougent, tous, hors du temps. Ils ont même l’air un peu con, quand on est pas dedans. Ils se découpent sous les lumières qui se brisent, se fracassent, au son des corps qui s’entrechoquent. Ils ont vendu leur âme au Diable et ne regrettent rien.
Moi, j’prends ma pause, le temps que l’énergie revienne docilement. Le temps que je puisse m’y rejeter à corps perdu dedans.
Et soudainement, j’te vois. T’es pas loin. Proche, même, trop, qui sait ? J’en sais rien. T’as cette allure spécifique des fauves modernes qui traquent en boîte. J’te quitte pas des yeux. Toi non plus. Y’a déjà comme un jeu.

J’t’avais pas prévu.
Ni ici, ni ailleurs.
Si t’es là pour t’oublier, toi aussi, on risque de bien se marrer.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Dim 24 Juin - 16:30




No rhyme or reason I'm just trying to set the world alight
You've got problems, well so have I
I've got the feelin' that I'm gonna keep you up all
Gonna keep you up all
Gonna keep you up all night




Bouche de l'enfer, me revoilà !
Où est ta pulpe ? Fais pas ta sucrée, rahat !

Même boite, même populace. "L'Eden's Rest" vibre des mêmes tubulaires. Lumière blanche. Lumière noire. Nuit intermittente pour éclipser la moiteur ambiante, la sueur qui colle au strass, l'alcool qui coule avec le flouse...  Et pourtant, le sel n'y est pas, l'insipide demeure. M'emmerde. "Il" n’est pas là pour foutre le feu à la piste et à mes veines. Déserteur ! Tu me laisses sur le carreau, moi et ma fringale. Et ce corps que t'as chauffé à blanc pour qu'il n'oublie jamais. Je suis allée jusqu'à casser mon code pour revenir sur mes pas. Un peu d'égard pour mon ego, enfoiré !
Abandonnée au bon souvenir du prédateur d'une nuit, j'avance à pas lents vers la fosse. La bluette qui vibre n'a rien de viscérale, un beat émoussé pour gosses habitués à l'arrondi des coins. Sans arrêtes, sans épice, sans saveur.

J'allume une clope.

Le tabac enveloppe ma carne et mon regard camé.  La rage vrombit dans mes trompes, bousilles mes tripes hachée menues. Faut arroser l'incendie, Molie ! Va donc boire un coup. Je pivote vers le bar, qui claque sous les néons, faisant luire la vitraille. Cathédrale électrique. La noyade m'attend au comptoir, la désinvolture sur mes talons, quand soudain ton regard me harponne.

Tequila sunrise.

Tignasse de nocturne, peau de lait qui accroche la réflexion des spots comme du papier glacé.  T'es fagotée comme une morue, dans l'outrance d'un costume que, clairement, tu portes pas souvent. Mais on s'en fout, si tu surjoues. Avec moi, tu simules pas. Cette œillade n’est pas feinte. Y'a un truc aiguë dans ton regard, qui me fait oublier mes projets premiers de naufrage.
Quelque pas. Je maintiens la connexion. Tu soutiens. Petite saloperie, ça pue le défi. J'aime pas perdre. Je sillonne entre les intrus qui me font perdre une fois ou deux ton minois de souris. Mais t'es toujours au port quand je viens m'arrimer.
Et tu sirotes ton cocktail de lolita, l'air de rien.

Je m'accoude à coté de toi, fais mine de t'ignorer, sourire en fossette.

- Tequila. Pure...

Je me tourne lentement vers Sunrise. Mordillement de lèvre amusé, prunelle chevillées aux siennes. Ronronnement du tabac qu'on exhale.

- ... Sel et citron.


Et le barman de s'exécuter en anonyme discret.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Dim 24 Juin - 19:10

Les néons nous crament dessus. J'ai pas l'impression que ça t'emmerde, au contraire. T'as réussi à  sonder mon regard au-travers des crachats de lumière disparates. Bien joué. On entend les tambours des cœurs tout autour. Ou alors c'est le mien qui vibre, parce que la proie est harponnée, que j'ai l'humeur vive et que j'ai envie de m'amuser.
Tu t'amènes, sonde la foule, et moi je continue mon verre, buvant à ta santé. Sans te lâcher. Pas une seconde. J'ai appris ces traits qui se découpent dans l'obscurité. T'as une gueule de mec bien formé, bien monté, qui emballe pour se déchaîner avant de disparaître.
Ça m'arrache un sourire, cette confiance de vieux gonze. Tu m'fixes comme un trophée à posséder. T'as l'or dans tes yeux quand moi j'te promets même pas le bronze. Tu peux ranger ta queue que je ne saurais regarder.

Mon verre tourne entre mes ongles peints. J'ai le temps de le terminer alors que tu te poses à côté, comme si rien ne s'était passé, l'air de rien. Alors que tout est joué. Les dés se sont jetés tout seules dés que j'ai vu ta gueule. Coup d'oeil vers toi, sans que tu le vois. Coup d'un soir dans ton cœur, peut-être, et moi, je bois une dernière fois.

Je pose le triste vide quand t'as décidé de commander. T'as l'allure de ces types trop durs, de ces garçons de mauvaise vie. Celle qu'ils ont pas choisi et qu'ils ont quand même décidé de parier. Le type qui ferait mouiller les minettes à peine sortie Mais toi, toi t'as cet air de prédateur d'incarné, de mal en bouteille qu'on voudrait avaler. De mâle aux aguets que j'vais m'empresser de recracher. On va rire, beauté.

La tequila roule sur ta langue, à toi aussi. Un peu plus et je croirais qu'c'est fait exprès, que toi t'as pas besoin du levé du soleil pour te rendre compte que ta tête est défaite. Dehors il est loin de faire jour, l'aube pointera le bout d'un sein que quand on sera trop morts pour en profiter. Tu fais le dur, commande la pure, et ça m'ourle de nouveau la bouche, relevée d'un coin. J'fais mine de rien, moi aussi. Minaude un peu des yeux, une main dans mes cheveux. Une poupée. C'est drôle, je crois.

J'te connais pas.
Et j'ai juste envie de te casser.
Que t'aies envie de moi, de m'épingler à ton tableau, d'arracher mes ailes jusqu'à te les attacher. J'ai envie que t'aies cette chose qui palpite, le désir d'embrasser, d'embraser, de conquérir, que ton cœur et dans tes mains s'agitent du même ressenti.
J'veux voir tout ça, mon gars, juste pour ce plaisir de le foutre en pièces.
Alors ce sera le même refrain.
Alors tout partira, incertain.
L'ego en vrac, tu vas me traiter d'allumeuse, de pute, de salope, le tout fleuri de doigts d'honneur.
Et moi, élégante, j'irai baiser ta sœur.

« Même chose. »


Le barman pourrait refuser, me dire que j'ai trop bu. Mais je gère, ça se voit qu'il m'a pas connu un peu plus jeune, à écumer tout Calgary. J'ai les idées claires. Ça change.

Retour à toi. Je m'approche, sans te quitter. Au contraire. Je joue à la disponible, la gamine qui fait la grande et qui veut ramasser. Le nouveau verre glisse. Mes yeux aussi, dans les tiens, à vouloir y imprimer ma vérité. Batailles d'obsidiennes lancée.

« J't'ai jamais vu dans le coin... »

Voix chaude de petite chatte. J'mens, un peu, trop. Cette nuit j'suis méchante.
Crois-moi, j'en ai vu, des centaines, des gars comme toi.
T'as rien à envier à tes comparses.
 « Les femmes viennent de Vénus, et les mecs mangent des mars. »
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Lun 25 Juin - 4:18

- Même chose... susurre la poupée de chiffons. J't'ai jamais vu dans le coin...
- T'as sans doute pas bien regardé. Sourire chafouin. Trop de rimmel peut-être ?

Nos tequilas arrivent sur l'autel, en parfaite épousées. Je saupoudre le plat de ma main de sel. Rail de poudreuse. Sans la quitter des yeux, je lèche ma peau granuleuse : ma langue râpe et joue sur le derme en toute provocation. Et je me détourne, la laissant dans sa marinade rance. Shot cul-sec. Je porte la tranche de citron à ma bouche. Pressurisation de la pulpe, jus acide et savoureux. L'alcool monte, chauffe, iridescent enfer du palais.
Exhalation.
Satisfaction.


- Une autre, que je dis en faisant signe au serveur.

Je tire une latte de tabac que je recrache en pleine figure de Sunrise. Claquement de langue.

- T'accompagnes ta grande soeur ?

Je la regarde déguster sa propre Tequila, sans l’apparat du sucre et des fruits. Alors, gamine, ça donne quoi le gout de la maturité, ça fouette les sangs pas vrai ?

- Une deuxième, pour copilul. C'moi qui offre...

Le barman obtempère, professionnel au taquet et s'éloigne préparer nos godets. Nos limes. Nos sels. Parce que tes atours de sucre d'orge, ça te va pas beauté : t'es acrimonieuse à coeur, sous ta croûte grenadine. C’est ça, regarde moi revolver, t'as de la poudre plein les joues. Personne ne le voit parce que tu t'es fardée. Les malheureux... Les yeux ne mentent pas. Ils exultent la rage de ceux qu'on le feu dans l'âme. Je m'y reconnais. Mais, hey, Sunrise, y'a qu'un gagnant sur le ring... tu te sens de taille ?

- Hé ! Mais je te reconnais toi !

Un intrus suintant de suffisance et d'after-shave s'accoude à mon flanc, à l'opposé de Sunrise.

- T'étais là l'autre soir, tu dansais avec le patron. Vous aviez le diable au corps !

Je le toise, tout en nonchalance, le silence comme toute réponse. Il a haleine qui refoule son trop plein de mousseux. Une sardine friquée, huileuse, sans intérêt. Rien à voir avec mon fauve en Armani. Il me colle brusquement et sa main s'invite sur mon derche. Haussement de sourcil.

- Si t'as encore le feu au cul, j'pourrais t'aider à l'éteindre.

Latence.
J'attrape sa nuque avec une célérité brusque. Son front s'éclate sur le comptoir. Une fois. Deux fois. Surprise générale. Je coince sa face de rat sur le plat du bar, d'un seul bras. Son arcade sourcilière s’est ouverte. Elle colore mes citrons de rouge. Je prend mon reste d'agrume et je lui presse dans l’œil. Il chiale et gémit.

- Qui t'a dit que j'avais besoin de tes services, le pompier ? Ton suave, au creux du tympan. Mon cul est trop bien pour ta misérable queue.
- SALE TRAÎNÉE ! J'vais t'fum...
- Ça suffit ! Pas de ça ici ou j'appelle les videurs, s'agite le barman, inquiet.

Je relâche le gros lourd, que j'envoie valser loin de moi. De nous. Il grommelle des "tarés" et des "sale pédé" mais se retire sagement sur sa défaite.

- Il a manqué de respect à ma frangine. J'pouvais pas laisser passer. L'employé me regarde en biais et coule une œillade vers la brunette à mes côtés. Je vous prends toute une bouteille de Teq' pour me faire pardonner. Deal ? Que je fais, tout sourire à notre pourvoyeur d'eaux vives, qui, bizarrement, semble plus détendu en me facturant sa liqueur la plus chère.

Je glisse quelques billets supplémentaires pour lubrifier sa mémoire et évacuer les désagréments. Un ramequin de sel et un autre de citron accompagne la gnôle. Je dévisse la bouteille et, derechef, je sers Sunrise en Tequila.

- Qu'est-ce qu'on disait ?




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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Lun 25 Juin - 5:43

Les jumelles débarquent. Impériales sur le comptoir, avec leur face de citron. Le sel en accompagnement. Ça me rappelle ma toute première année de fac, où trop bourrés, on s’envoyait les quartiers au visage jusqu’à ce que l’une de mes potes s’en reçoive un dans l’œil et finisse à l’hosto. C’était le bel âge des conneries et des expériences, des regrets aussi, des choses qu’on voudrait foutre sous le tapis. J’me demande si ça reviendra, ce temps-là. C’est p’tèt ça que j’cherche, à jouer avec toi. Avec ta fumée, que j’chasse même pas.

« Les cils épais, ça m’aide à filtrer les gueules de cons. »


En un battement les miens papillonnent, provoquent, sous le masque du rire qui glissent sur mes lèvres. Œillade amusée sous tes piques. T’as l’air d’avoir une répartie de joueur professionnel. « Quant à la sœur, nah, elle est trop occupée à râler parce que j’lui ai vidé sa garde-robe pour ce soir. »
Je te prends délibérément pour ce que t’es, mon vieux. J’attends rien de toi et de ta gueule taillée de minet des faubourgs crasseux. Alors quand t’avales, tu sais, moi j’te montre qu’on peut être deux. Agrume et minéral contre les dents, l’alcool se love, brûlant, dur et âpre, rien à voir avec ce qui m’a accompagné durant ce début de soirée. Un pas dans la cour que j’avais quitté. Les grands vont me prêter leurs jouets. Ceux que tu commences à me payer, donnant un peu de répit à mon porte-monnaie.

« Eh bien… Monsieur est trop bon. T’as l’air d’un- »


D’un quoi ? On saura pas. Jamais. Y’a un gros porc qui s’est infiltré, de son haleine grasse et son air patibulaire. Il pue. Il sent le parfum des pervers fiers d’eux et du pathétisme qui les caractérise. Bizarre. J’ai rien remarqué avant qu’il t’accoste et ça me donne cet élan étrange que j’vais être au spectacle pour quelques secondes.
Ça manque pas.
Tu l’éclates.
Ça m’exalte.

J’m’y attendais pas du tout, ça doit se voir sur ma gueule, j’ai les yeux vrillés et la bouche qui s’est peinte d’un sourire plus sincère que mon numéro de Bambi en chaleur. On te regarde, on nous regarde, alors qu’il vire sans demander son reste. T’as l’air beaucoup moins chiant, d’un coup, avec ton numéro de gros bras de film d’espionnages. J’me demande si j’hallucine pas, si c’est pas la faute de la Tequila. Mais non. T’es juste un de ces gosses qui a appris à survivre et choisir de rester un peu digne dans ta descente aux enfers.
T’es peut-être plus intéressant que t’en as l’air.

« Woh… Ok, pas mal. J’étais prête à t’envoyer sur les roses mais tu viens d’choper des points. Bien joué. »

Coup d’œil vers le barman, vers l’argent qui glisse, vers la bouteille qui s’invite, à son tour. Ouais, ça n’a pas manqué. J’reste la meuf à impressionner, le trophée à grapiller pour la soirée. Pas grave. Pour cette fois. Ca me fera boire gratis et on restera là.
Je troque mon verre vide contre la bouteille que j’attrape à pleine main, l’autre s’occupe du ramequin.

« On disait que t’allais me sortir de ce coin pleins d’viocs pour aller vider cette bouteille promptement. »

Et je m’en vais déjà, sans t’attendre, sans te faire croire que je te suivrai. La foule est délaissée pour l’intimité d’une table fraîchement libérée du pervers qui s'est cassé la queue entre les jambes. Sur les côtés, en dehors du bordel ambiant. L’ambiance est presque plus feutrée, plus accueillante, plus propice au jeu qui s’installe. Ça me dérange en rien de m’isoler avec toi, ça n’en sera que plus marrant. J’perds rien de vue, même si faut bien avouer que t’as l’air tout droit sorti d’un conte pour enfants méchants. Assise, ma main se perd dans la poche de mon blouson, cherche mon paquet que je déleste d’une clope, elle se perd dans ma bouche avant de rougir sous la chauffe du briquet.
« T’as un nom, l’chevalier en armure cloutée, ou l'amateur d'queues d'qualité ? Parce que j’peux me fendre d’pleins d’alias s’tu veux, j'en ai à la pelle. »

La cig au bec, j’ouvre la bouteille, prête à enchaîner, comme si de rien était. Le contrôle, y’a que ça de vrai. La provoc’, aussi, histoire de pimenter l’ensemble. Sel et citron.

« Tu remonterai presque mon estime pour les mecs comme toi. Presque. »
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Lun 25 Juin - 14:45

- Woh… Ok, pas mal. J’étais prête à t’envoyer sur les roses mais tu viens d’choper des points. Bien joué.

J'arque un sourcil. Meuf, t'as cru qu'on faisait la course ?

- T'as trop joué à Mario Kart, chérie. Chuis pas là pour ramasser tes p'tites étoiles et tes champis.

Oh, attend, t'as cru que j'te draguais ? Retourne au lit, chipie. On joue entre grands, ici. J'baise pas les ados.

- On disait que t’allais me sortir de ce coin pleins d’viocs pour aller vider cette bouteille promptement.


Je la regarde  partir en trémoussant son fessier de péronnelle, tout en aplomb que ça pourrait être sexy. Curva.  Je ne  reçois d'ordre de personne. Te prends pas pour une princesse, chuis pas plombier. Je prends mon temps pour terminer mon verre - et le sien - ce serait gâcher. Clope vissée au clapet, je me cale la bouteille sous l'aisselle et j'embarque les verres et l'écuelle de citrons.
J'aime bien les citrons.
Je la rejoins une peignée de minutes plus tard, pour constater qu'elle poireaute toujours dans son boudoir. Jolis cuissots dénudés en équilibre sur le cuir. Moue boudeuse sertie d'une clope. Fallait pas tracer en speed, Sunrise. C'est toi qui me veut pas l'inverse. Moi, je trompe juste l'ennui. Renverse la vapeur dans ta tête si ça te dit. Ma dignité est réversible, tu sais.

- T’as un nom, l’chevalier en armure cloutée, ou l'amateur d'queues d'qualité ? Parce que j’peux me fendre d’pleins d’alias s’tu veux, j'en ai à la pelle.
- Fais moi rêver, Sunrise. C'est flatteur d'exciter ton imagination. Je la laisse s'affranchir du service. Je suis roumain, mon sang est déjà à 90°. Si t'as vraiment besoin d'un blaze, je t'en filerais un. Haussement d'épaules. Chuis pas chiant tu sais.
- Tu remonterai presque mon estime pour les mecs comme toi. Presque.
- Les "Mecs" comme moi ? Ricanements âcres qui fait grésiller ma cibiche. C'est quoi les "Mecs" comme moi ? J'nous croyais pas si nombreux...

Vas-y, apprends moi ta vie étriquée, bourrée à crac de préjugés et d'idées reçues. Je sens qu'on va se marrer. La Nuit est longue et on va l'allonger à la Teq'.

Sel et citron.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Mar 26 Juin - 8:29

Oh, arrête.
Tu vas m’faire crever d’rire.
Regarde comme tu t’amènes. Tu te découpes dans la fumée et dans les lumières qui vacillent, du bleu vers le rouge en passant par le vert, t’as toutes ces couleurs qui accrochent tes traits de tombeur de la pénombre, ton allure de bad boy pour minettes. Avec ta mâchoire découpée au couteau, marquée comme sur un croquis, j’suis sûre que t’en ferais mouiller plus d’une et qu’elles crèveraient de s’y écorcher les lèvres.
Pas mon cas. Dommage pour toi.
J’te suis des yeux quand t’arrives et que tu te poses, pas que j’t’ai attendu, mais presque. J’avais envie de savoir si tu continuerais de jouer avec moi, comme moi, je t’utilise. Peut-être que t’as compris. Peut-être pas. On verra jusqu’où nous mènera cette bouteille de téquila.

La clope roule entre ma bouche, la seule chose que j’aime y porter à part l’alcool et les sarcasmes. Du moins, quand j’fais la meuf. Quand j’suis de sortie. Quand j’veux qu’on me catalogue pour éviter de trop parler de ce que je suis.
C’est plus reposant de laisser courir les rumeurs, de laisser prétendre pour ne pas se montrer. D’avoir ce feu dans les yeux qui s’exprime pour soi. Tu m’prendras certainement pour une meuf facile, toi aussi. Tu penseras que j’suis de ces nanas qui sillonnent les bars à la recherche d’un coup de rein ou d’un coup de rien. Et j’t’en voudrais même pas, tu sais, tu m’foutras même pas l’seum à déceler cette petite part de vrai. Si t’en veux plus, faudra un autre rythme, un autre lieu, une autre cadence.

Elle durera le temps que l’on voudra, cette danse.

Sourire sous les néons. Le ton est donné, l’ambiance posée. Et on est là, à rien faire d’autre que se chercher à coups de masques et de clichés bien pensés. On est naze, comme jeunesse. On préfère frapper à défaut de se laisser piétiner.

Je souffle un rire dans les volutes qui s’échappent dans l’air. Le soleil est prêt de se lever, à t’écouter.

« Sunrise ? Wah... t’es un original toi. » Moquerie glissée sous la causticité. J’aurai dû boire autre chose, pour voir ce t’aurais trouvé. « Triste-Sire, ça t’va bien. »

Nouvelle latte. Jambes qui se croisent, se décroisent, œil vers toi. J’sais pas d’où ça me vient. T’es inspirant pour les trucs un peu vieux, un peu mystérieux, qui veulent se la jouer unique. « Si t’as mieux, propose toujours au pire. »

Je me déconcentre de toi le temps de remplir mon verre. Ma gorge s’assèche vite quand j’dis des conneries, tu m’excuseras. Sel et citron, qui glissent sur mes doigts, mes dents, et le débat s’élève. Aah, les mecs comme toi. Les gars comme toi… font bien avec les filles comme moi.

« Bah… ‘Dépend comme tu t’définis. J’dirais juste que j’en ai pas mal vus, des minets de boîte. Avec leur bonne gueule angélique, pleines d’idées à la con pour te la mettre par derrière. Trop pédés pour chercher à m’enculer moi. A voir si t’es de ceux-là. »

J’en viens presque à regretter d’être partie. Y’avait moins à penser, au temps des bêtises et des caprices dans les caves de la ville.

« T’as qu’à m’parler d’toi si tu veux pas que j’me trompe sur ton compte. Tu viens d’où ? »

Tu me diras sans doute pas la vérité. Et c’est très bien. La nuit c’est fait pour rêver, alors vas-y, mythonne bébé.
On se reverra sans doute jamais.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Ven 29 Juin - 7:16

- Sunrise ? Wah... t’es un original toi....Triste-Sire, ça t’va bien.
- J'ai l'air si tristou qu'ça ? Vrai que ta compagnie, c’est un peu le dépit, mais tout de même...
- Si t’as mieux, propose toujours au pire.
- J'aimais bien "Quetard de Qualité"...


Rire matois, mâtiné de cigarette. J'ai la bouche pleine de nicotine et d'agrume. Fascinant mélange.

- Bah… ‘Dépend comme tu t’définis. J’dirais juste que j’en ai pas mal vus, des minets de boîte. Avec leur bonne gueule angélique, pleines d’idées à la con pour te la mettre par derrière. Trop pédés pour chercher à m’enculer moi. A voir si t’es de ceux-là.

- C’est un défi ?

Nouveau rail de sel.
Nouvelle Teq'.
Nouvelle morsure au citron.

- C’est vrai que du haut de tes 20 petites piges, bonus robe de grande-soeur, t'as tout connu d'la vie.

Latte de cibiche au seuil du désenchantement. Tu sais rien, poupée. Une princesse dans son château qui frisonne quand même de plaisir à la perspective de se faire chopper par Bowser. Si y'avait moins de Curva comme toi, dont le vernis de féminisme pète à chaque tringle sauvage, y'aurais sans doute moins de Minets de boite certains de te faire grimper à la cuvette des chiottes.
Assume d'être une partie du problème posé.
Ou, fais comme moi, bats-toi en les couilles que tu n'as pas.

- T’as qu’à m’parler d’toi si tu veux pas que j’me trompe sur ton compte. Tu viens d’où ?
- Qu'est-ce que ça peut t'foutre ?

Je me penche vers elle, le regard cinglant comme un coup de fouet sur ses blanches miches. Zébrures délicieuses.

- T'as déjà décidé qu'j'étais une sous-merde et que t'allais me mener par le bout du gland. Jouons nos rôles, tu veux ? Sois une salope, je ferais vaguement le minet... si tu parviens à m'faire bander.


Je me renverse sur la banquette, clope au bord des lèvres.

- Hé bien ?  Tu veux savoir quel bled m'a vu naître, non ? Viens donc sur mes genoux....
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Ven 29 Juin - 11:15

« Oooh, parce que c’est un rôle ? »

Regard faussement mutin, moqueur comme un jet. Dans ta face, d’un des citrons sur la table, que j’aimerai enfoncer dans tes jolies prunelles. Tu m’donnes ce sentiment spécial de rire et de nausée, la tequila enfilée doit pas aider.
Si c’est un rôle, alors t’es bon comédien. T’es spécial, Triste-Sire, avec ton regard de bad boy instable, la terreur des bacs à sables. T’as l’air d’avoir cogné le monde dans un caprice. T’as l’air. L’air. De pas vouloir en dire plus, comme j’m’y attendais.
Quand tu t’approches je recule pas. J’suis pas comme ça. J’provoque mes conneries et les assume par derrière, alors si je t’énerve avec mes clichés prémâchés, mon joli, crois-moi que t’as pas fini d’en chier.

La fumée s’évapore vers toi, ma clope a décidé de t’entourer, elle, de s’accrocher, c’est gris, vaporeux dans l’espace, ça nous sépare quand tu te rassois. Les lèvres s’étirent, nouveau. Ma bouche imbibée de de tabac se fout de toi, de ces mots, que je ne commente pas, pas encore. Salope et minet. On dirait un dessin-animé pour les dépravés.

Mais mon expression se fige, plus caustique, comme piquée au vif. Tes grands airs se transforment en arrogance mal placée alors ta clope se cendre.
Sourcil arqué, jambes croisées.
Tes genoux.
Allons.
Tu penses parler à qui, au juste, garçon ?

Ma cig finit au bord d’un cendrier, ma langue se claque, ma voix n’a plus vraiment envie de jouer. Ou plutôt, elle a envie de changer la donne, de relancer les dés, de voir jusqu’où j’peux te pousser. J’ai l’image du mec que t’as éclaté qui me revient. Et à défaut de provoc’ par les mots, je crois qu’on risque d’en venir aux mains.
Pause, suivie d’un rire, plus franc, moins marrant. « Cause moi meilleur ducon, j’ai pas été impolie que j’sache. Tu m’demandes, j’te réponds. »

Mes doigts se glissent contre la bouteille entamée. Sel et citron sur les crocs, nouvelle descente avant de la regarder. Attentivement. Comme une alliée.
« Ecoute, mon chou, j’crois que t’as besoin de te rafraîchir un peu les idées. »

Sourire désincarné. J’ai presque envie d’en rire, déjà. La Tequila roule entre mes doigts, quand je m’approche de toi, presque trop féline, à ta portée. Et dans un geste, je viens arroser d’alcool ta virilité mal placée. Ton froc est trempé, y’aurait plus qu’à y foutre le feu, qu’on te voit réellement t’embraser un peu pour ce soir. Histoire que tu comptes sur d’autres atouts que celui du chasseur qui a cru faire de moi sa proie.

Need to cool down a little bite.

« Oh miiiiiince… ça risque de la faire rétrécir encore plus, désolée ! »

Bouille de bitch et rire cristallin.
J’suis entichée par l’ivresse, l’allégresse de t’emmerder.
J’ai envie de m’amuser, pour de vrai, à nos dépends, jusqu’à demain.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Sam 30 Juin - 7:04

Ah... Elle est là l'étincelle de rage qui envenime ton sel. Il est là le "Sun" de "Rise". Tu me la joues grande dame, composée et chatte. Tu ronronnes et tu t'astreints à tes contorsion féline. T'y trompe pas, ici le chat c'est moi ! Fous-toi de ma gueule si ça te fais du bien, si ça te lustre le poil. Mais regarde-moi bien...

Je m'en bats les trompes, espèce de Fallope.

A ta hargne déguisée, je laisse mon vent. Il te balaie la face de nicotine. Tu te secoues plus que je ne ressens. J'aime te voir dévisser, ça me tire les coins de la bouche en un sourire que, moi, je ne force pas. Je ne te laisse pas indifférente et ça, c'est une bataille gagnée qui me permet de conserver mon flegme quand tu t'oublies au point de me prends pour un ficus.

-  Oh miiiiiince… ça risque de la faire rétrécir encore plus, désolée !

Je penche la tête sur le coté, sans me presser, une moue d'appréciation.

-  A défaut de pouvoir me faire bander, t'as trouver comment me faire mouiller... Bravo,  chérie !

Ma langue chatouille ostensiblement une de mes incisives, comme si j'avais un morceau de toi entre les dents.

- Tu te sens mieux, Sunrise ? T'as pu me rappeler que t'étais pas qu'un cul mais que t'avais de la "personnalité". Ça te réconforte un peu l'ego, j'imagine ? J'écrase mon mégot sur le dossier de la banquette. Il s'émiette quelque part entre les cousins..... Parfait.

Je l'attrape soudain par la poitrine. Le tissus de sa robe se froisse dans mon poing. Je tire en faire péter les coutures. Elle bascule sur mes cuisse, sur mon entrejambe humide. Sans lui laisser le temps de réagir, j'attrape mon verre et je répands l'alcool sur ses seins.

- « Oh miiiiiince… ça risque de les faire rétrécir encore plus, désolée ! »
que je singe avec mordant, rictus de requin à l'appui.

Je la saupoudre de sel et d'un zeste de citron.

- Bon... On arrête de gâcher la Teq' ?

Question rhétorique.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Ven 13 Juil - 5:22

Et ça déraille.
Ça déraille et on l’avait peut-être prédit, qui sait. C’était peut-être déjà en marche quand les regards se sont croisés, ou que t’as décidé de jouer au tombeur du dimanche. C’était peut-être déjà là quand j’ai enfilé ma peau de chagasse des faubourgs et que j’ai sous-entendu avoir envie d’un coup vite fait. C’était là, derrière les faux-semblants, les prétentions et les jeux d’ego.
C’était là, la décadence, l’explosion.
Y’a jamais rien qui se passe calmement, de toutes façons. Ça n’existe pas, avec moi. Alors quand t’as le cuir qui suinte d’alcool et que t’as le verbe acide, quelque part, je crois que j’attendais que ça. Que ça bouge, que ça éclate, qu’on s’emporte dans cette spirale ascendante de connerie et de bouteilles renversées. D’alcool et de nuit gâchés.

« C’toi qui m’parle d’ego ? T’es mignon. »
Ma clope mâchonnée au coin de la bouche qui s’ourle en un petit sourire. Tu ne trompes personne, joli coq, prêt pour n’importe quelle prise de bec. J’ai envie de rire sous les provocations, transcendée d’avance par ta réaction à venir. Parce qu’on ne peut pas en rester là, toi et moi, il va falloir qu’on se décide à cordialement se détester, ou horriblement se kiffer, on verra, je sais pas. Ça tourne trop, dans ma tête, pour que j’arrive à y penser clairement.

Ça tourne davantage lorsque tu m’attrapes, que tu sacrifies la teq’ sur l’autel de mes nibards. Le tissus qui craque, mes billes qui fixent les tiennes, comme pour confirmer le fait que je te mette au défi. L’alcool coule à flot entre nous, comme pour baptiser cette soirée sous le signe des hostilités de gamins paumés. Et moi, moi, ça m’fait marrer. Ce genre de rire d’hyène bourrée qui s’y attendait sans oser y croire. L’ivresse gagne un peu trop de terrain. C’est plus elle qui s’amuse de moi, maintenant, mais ça n’a rien de grave. Qu’elle prenne place, qu’on rigole.

Calmée, je vire ta main, le sel et le citron, te lance un regard avant la fuite de mon propre bras.
Rions, mon gars.

« Ok, ok, d’accord, on y va. »

Comme si j’avais besoin d’un feu vert. Comme si j’avais besoin de limites. C’est ni l’endroit, ni le moment. Profitons, et on verra. Je délaisse ma clope dans le cendrier et ma main s’écrase sur ta joue, premier round. Ça, c’est pour ma robe, enflure de minet. Et avant de quitter ce visage où elle s’est coupée contre tes traits trop francs, elle saisit ton tee-shirt, l’attire, pour que les lèvres se rencontrent.

Sel, citron.
Amertume et provocation.

Saveurs échappées, prière brûlée, entre les morceaux de bouche qui se collent maladroitement et qui m’arrache un nouveau rire quand je te repousse. Je joue à l’aimant, t’attraper pour te lâcher, t’attirer pour te castrer. Et pourtant, quand je t’ai touché, quand les visages se sont entrechoqués, l’instinct bien endormi a ouvert un œil torve, comme si quelque chose clochait. Comme si y’avait autre chose derrière cette face de dépravé.

T’es qui, Triste-Sire ? Réponds. Avec les poings ou les mots. J’ai usé de toutes mes clés, laisse la porte s’ouvrir si t’en as le courage.
J’aurais oublié demain, je suis que de passage.



Je te lâche, me rassois. Je reprends la cigarette pour retrouver un goût plus rassurant. Plus familier. Même si y’a quelque chose en toi que je saisis pas. Pas détestable. Pas agréable. Un mélange des deux, comme la liqueur et les fruits.

Le verre entre les doigts, dernier regard vers toi. Dernier mot d’ironie pour ponctuer cette belle soirée.

« Bien c’que j’pensais, t’es à gerber. Santé. ♡ »

Et la tequila se glisse de nouveau dans ma gorge. Amen.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Jeu 19 Juil - 11:17

Tu me dévisses la tête d'une claque qui me fume la face. Ça ne débine pas mon sourire de salopard même si ça fouette. Ma langue passe dans l’intérieur de ma joue, qui se déforme sous la bosse. Mes yeux te percent toujours et t'es tellement pleine d'alcool que tu dégorges ton ivresse à plein goulot. Tonneau de vinasse, cuvée grognasse.
Ta salive se mélange à la mienne, suinte entre nos palais pleins de papilles. T'embrasses mal. Comme une gamine qui veut impressionner et qu'y s'est trop touchée sur du porno à papa. Tu crois que c'est bandant une limace qui te colle aux dents ?

Ça prend des plombes et ça m'ennuie.

Finalement, repue de tes conneries fadasses que tu parfumes au citron, tu dégages de mes genoux et tu me balances une sucrerie aigre-douce. Tu t'imagines tellement maligne avec ta répartie de bac à sable. J'ai un sourire de pitié pour toi.

- Bien c’que j’pensais, t’es à gerber. Santé. ♡

T’attrape ton verre pour boire cul-sec. Mauvais calcul, Sunrise, mauvais calcul. Je t'attrape brusquement par la tignasse et je te renverse en arrière pour basculer l'assise de ton cou. La Tequila passe de travers mais je te laisse t'étouffer sans lâcher prise. Tu baves. Encore. L'alcool doit piquer ta trachée au lieux de satisfaire ta gorge. Navrée pour ta "Santé", chérie. Je prends tranquillement le temps de m’asseoir sur toi. Que tu me sentes sur tes cuisses, à ton tour. Ce rôle là ne me dérange pas, je donne dans toutes les tonalités. Je te tapote la joue en te relâchant les cheveux.

- Hé ben... Hé ben? On avait pas dit qu'on gâchait plus ?
Je t’écarte les lèvres du pouce, juste pour jouer.

A mon tour de t'embrasser. De le faire bien. De manière à ce que ton bas-ventre produisent ce genre d'étincelles dont on se souvient.
Simple retour à l'envoyeur.

- T'es vraiment finie à la pisse, Sunrise...

Un point partout, la balle au centre.
Je me redresse dans l’optique de nous resservir : la bouteille est tristement vide. Je consulte ma compagne de dépravation du regard.

- Tu veux boire autre chose ?
Silence. A part mon sang et mes larmes, j'veux dire....que j'ajoute en roulant les yeux dans mes orbites.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Mer 1 Aoû - 10:41

L'instant de grâce dans le silence de ma victoire. Courte mais intense, mime de la nuit qui s'avance, lentement, félinement. L'heure des gamins démons, l'heure des visages pourvus d'alcool et de malaise. L'heure pour les vilains gosses de s'entre-tuer à coups de citron dans les yeux et de jeux dangereux.

J'ai pas senti.
Pas tout de suite.

Trop fière de mes conneries de gamine enivrée pour réaliser que tu avais arrêté d'en rire. Que tout avait tourné rance, que notre rencontre puait déjà avant même que nos regards se croisent. C'est fou, hein, comme y'a des âmes prêtes à se déchirer pour atteindre le haut du panier. Pour de l'importance en pointillés qu'on aimerait se graver dans la tête, pour croire qu'on vaut quelque chose.
Pour croire qu'on est quelqu'un, parmi tout ce chaos.

T'as agi, le Sire. Et tu m'as blessée.

Plus physiquement que mentalement, faut pas t'en inquiéter. Pour le peu que t'en as à cirer, après tout. T'en fais pas, c'est que de la peau froissée, des muscles tendus sous la surprise et des cheveux qui ne te remercieront jamais la mise en plis à coups de doigts trop pressants contre le scalpe.

J'ai attendu, trop surprise pour avancer. Pour résister.
Et j'ai...


J't'ai laissé faire, me peindre la bouche à coups de teq, m'étouffer d'une eau de vie trop vive.
Et j'ai eu...


J'ai pas bougé, mais les yeux, oui. Ils ont supplié, quelques secondes, derrière la carcasse de fierté qui s'est cassée, morceaux par morceaux. Ils t'ont fixé, en train de me noyer. En train de prendre l'ascendance sur la danse des gamins impétueux, éméchés, dépravés. Tu te pavanes, au-dessus de moi, me retenant. Pour me faire comprendre ta supériorité.
Et tu sais quoi ?
Une seconde seulement, tu as eu ce que tu voulais.
Et j'ai eu... peur.


Relâchement. Bouffée d'air, de bile et de haut-le-cœur. Tout se renverse quand tu me libères, sur un sol innocent, pourvu d'une myriade de liquide désormais.
Sans répits, tu m'assènes le reste, comme pour me prouver que le baptême s'est bien passé, que j'ai droit au baiser d'un Christ nouveau genre après l'immersion. Alcool et fumée, dans ma tête et dans mon corps.
Amen.
Mutation.
Tes lèvres se transforment en piège à loups.
Ta langue, en couteau.
Et mes yeux, des billes vitreuses, épuisées de leur substance taquine. Juste vides, sur l'instant. Remplies de larmes réprimées.

Tu seras pas le maître, le Sire, jamais. T'as joué au despote qui a tailladé la bouffonne là pour amuser la galerie.
Moi, ça me va.
Mais ça signera la fin de la partie.

« … C'est tout c'que t'as ? »

Gorge coupée au sel, âpre à en crever. Comme une lame qui cisaille le fond de la trachée. La voix essoufflée, rauque, en berne. Déjà enterrée sous une tonne de sel.

« Autre chose... Non. J'ai même plus envie de jouer. »


Je la rattrape, hors de l'eau déchaînée, cette dignité qui s'est éloignée vers d'autres remous. Je l'attrape, bouée de sauvetage face à toi, l'adversaire, l'électron bien trop libre. Je l’empoigne, plus fermement que jamais.
Et je la revêt, pour me laisser flotter. Faire comme si de rien était.

Nouvelle clope que je porte à mes lèvres abîmées. Sans te regarder. Les yeux dardés d'une énergie nouvelle.
Fureur sur l'asphalte. J'écraserai ta gueule sur le goudron quand mes forces reviendront.

Tu gagneras pas.
Pas comme ça.
Et mes armes, si lasses,
N'entailleront que la surface.


Changement de plan. La stratégie du perdant.

« T'es terriblement banal, en fin de compte. L'seul truc qui te distingue du commun des mortels, c'est que t'embrasses vraiment comme une merde. »


Fumée qui court vers ton visage de minet. Que tu dois être heureux, de te savoir en hauteur, à surplomber le monde de ta grandeur de cador, hein ?
Mais t'en fais pas, ceux d'en bas
Les nanas comme moi
Savent renverser les espoirs des gens comme toi.

Parce qu'on est faits pareils, bouffis d'un orgueil qui nous tuera.

Je me lève, silencieuse et sale. Visage fermé, vissé de sérieux, de calme et de lassitude. Tu m’ennuies. Et quand je m'ennuie, je fuis. C'est ainsi que j'ai fais, depuis toujours.
Et cette nuit ne diffère que d'une chose : je gagne le jeu, cette fois-ci.
Sourire léger, emprunt de pitié, à ton adresse.
Garde-le donc, ton ego digne de l'Everest. J'ai le vertige, de toutes manières.

« Bonne soirée, Triste-Sire. En espérant que ton trône écrase ta sale petite gueule. »

Cigarette rejetée, abandonnée, tête écrasée dans le cendrier. Cendres qu'on abandonne derrière soi, quand le cynisme roule jusqu'à l'entrée, prêt à s'exposer. J'te laisse en plan, la tête haute malgré la décharge que tu lui as flanqué.

On ne me bat pas, le Sire, c'est moi qui largue sur le bas côté.
Peu importe la rage ou les regards médusés.

Échec, tu mattes.
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MessageSujet: Re: The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)   Mer 1 Aoû - 12:40

- … C'est tout c'que t'as ?
- C’est tout c'que tu vaux.
, que j'assène froidement.

Son regard voilé annonce la défaite. Tu l'as eu ta branlée, maintenant tu pérores moins. Basta les airs revêches de rossignol ! Fallait pas pavaner, curva. T'as joué t'as perdu. Je me pause tranquillement sur la banquette et je joue avec un quart de citron. Acide sur ma langue comme cette rencontre. Hé bien, connasse, t'en mets du temps pour quitter la scène. Faut savoir sentir quand sonne l'heure de partir. Mais t'es trop petite pour lâcher, pas vrai ?

- T'es terriblement banal, en fin de compte. L'seul truc qui te distingue du commun des mortels, c'est que t'embrasses vraiment comme une merde.
- Ouais, ouais, va lever le cul ailleurs, Sunrise. Les bacs à sable c’est par là...


Je ricane, je ne la regarde déjà plus. Dans ma tête, elle est déjà partie. Allez, ma belle, tires-toi. Fuis petite chose fragile, t'as pas assez d'éclat pour atteindre mes falaises. T'es pas assez armée pour mes créneaux. C’est comme ça.

Et c’est pas plus mal, tu sais, d'être normal, je veux dire...

Trainasse plus ta frimousse entêtée dans des endroits plein de queutards affamés. Tu vaux mieux que la sommes de leur exigences. Trouve-toi un mec ou une nénette bien, profite des joies que peuvent s'offrir les Diurnes. Grandis et sois heureuse. Tu verras que t'auras pas le temps de t'ennuyer, que la banalité ça a du bon, aussi, du rassurant qui te réchauffe les os et la couenne. Moi j'ai l'âme souillée et nulle part où rentrer. Ma seule perspective c'est l'obscurité nocturne. Le Vide en moi rugit toujours en quête de satiété. Et rien, absolument rien, ne semble satisfaire son vortex. J'empile les épaves, les casseroles, les cadavres, les orgasmes, les gnons et j'arrose d'alcool bon marché. Mes tapis et mes placards dégorgent.

Lèvre toi et brille, Sunrise, jolie poupée butée.
Tu as peut-être raison...

... Tout cela est un peu triste, tous comptes faits.


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The Demon Dance. || Ciulin (Août 2017)

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