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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
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 La roue tourne.

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human ○ drink the water
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MessageSujet: La roue tourne.   Mer 27 Juin - 5:29


« Mais qu’est-ce que c’est sensé être ? »

Penché sur une vitrine, les sourcils froncés et mon portable à la main, je tâche de comprendre ce que je regarde. L’écriteau dit que c’est une pointe de flèche, mais ce que j’ai sous les yeux est trop rond pour que ça corresponde. Impossible de percer quoi que ce soit avec une chose pareille, à moins d’avoir des idées vraiment trop sadique en tête (je frémis). Un rapide tour de la stèle me permet alors de résoudre ce mystère : c’est le bout d’une hache, et la pointe de flèche n’est pas affiché (ils s’excusent de la gêne occasionnées) (je leur pardonne presque aussitôt).

La journée avait débutée du bon pied : aujourd’hui, c’est ma journée de congé. Je vais respirer l’air du port le matin, un peu de sport en début d’après midi puis une visite au musée de la ville par pure curiosité. On va ma se mentir, je ne m’attendais pas à quoi que ce soit de fou pour une ville de campagne pareille. Un vrai petit trou perdu comparé à Montréal, ou mes destinations de vacances, j’ai un peu de mal à m’y faire encore. C’était comme découvrir une nouvelle façon de vivre au final, une nouvelle façon d’être je dirais même. Et ce n’était pas pour me déplaire. Je n’étais jamais vraiment allé à la campagne à part pour des vacances rapides. Et même si j’aime beaucoup le camping, ça n’a jamais été le faible de mon père qui préfère les hôtels ; l’électricité ; les toilettes ; le sèche-cheveux. Je ne peux pas lui en vouloir après tout. Chacun ses préférences, chacun ses opinions.

Heureusement, j’ai pu vivre en marge de mes parents en finalité. Pas tellement tôt comparé à d’autres, mais c’était toujours plaisant d’avoir un peu de son indépendance quand même. Doucement je tourne la page de mon calepin (petit nécessaire pour visiter un musée) (comme ça je note ce que je vois d’intéressant et ce que j’apprends) (l’histoire c’est important) et je note les détails de cette fameuse hâche que j’ai sous le nez depuis déjà beaucoup trop longtemps. Autour de moi, il n’y a plus personne depuis déjà un moment à part un vieux monsieur sur sa chaise, les mains croisées sur sa bedaine comme un grand-père avenant. Je crois qu’il me regarde depuis déjà de longues minutes, mais je n’en suis pas certain.

« Il se fait tard, fils. On va bientôt fermer. » Je sursaute dans la salle, comme si je ne l’avais pas vu. Quel idiot. La main sur le cœur, j’essaye de retrouver mon souffle. « Je t’ai fais peur ? Désolé, mon gars ! » Je souris, gêné, avant d’agiter la main. « Non, non. Tout va bien, c’est ma faute. Je n’avais pas vu l’heure, merci ! » Mon anglais toujours entâché du légère accent québécois alors que j’incline la tête en signe d’excuses, d’au revoir, de prière ou quoi que ça puisse bien vouloir dire. Il était juste devant toi, Cecil. Je ne cesse de me fustiger sur le chemin de la sortie. Juste devant toi et tu as sursauter comme une poule mouillée. Je n’ai jamais été très tendre avec moi-même, surtout dans le cas ou je pouvais faire se sentir mal quelqu’un à cause de mes actions. Je ne devrais pas avoir peur de gens qui ressemblent à mon grand-père en un peu plus blanc.

Je souris à la guichetière avec amabilité, inclinant la tête en saluant avant de quitter le grand bâtiment dans une certaine fébrilité. J’essaye de ranger mon calepin dans mon sac, je continue à me gronder moi-même, je grogne dans ma barbe absente, je ne regarde pas où je vais.


Je devrais regarder où je vais.

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MessageSujet: Re: La roue tourne.   Mer 27 Juin - 17:39


la roue tourne.
alecia & cecil

Fin de journée, sortie du travail plus tôt, Alecia déambulait dans les rues. Faire du lèche-vitrine n'aurait pas été de refus mais à cette heure-ci, elle voulait seulement réapprovisionner son réfrigérateur.  Elle était venue à pieds, laissant sa bécane chez elle, histoire de se défouler un peu les jambes. On ne pouvait pas dire que rester derrière un même comptoir à préparer des boissons de tout genre était la meilleure activité sportive qu'il soit. Elle n'avait pas eu le temps de faire sa session sportive ce matin, alors grimper jusqu'à la haute-ville avait été une bonne idée. Tout dans les cuisses et les fessiers, yeah ! Surtout qu'elle n'avait pas choisi les meilleures chaussures: des bottines à petits talons mais ça c'était une autre histoire.

« Hé, fais gaffe ! » elle sursauta et se figea sur le bord de la route pour éviter de se prendre un vélo de plein fouet. Alecia lâcha un juron. Le piéton n'était pas censé être prioritaire ? Connard. Elle aurait eu un journal dans la main, elle aurait fait comme dans les films et l'aurait balancé dans ses roues tiens. Le cycliste se serait vautré comme une crêpe et elle se serait bien marrée. Et t'aurais eu des problèmes Alecia. Une fois, la rue sécure, elle la traversa pour aller s'installer sous l'arrêt de bus en face du musée de la ville. Il devait passer dans dix minutes, parfait. Tout juste, le temps d'ouvrir son bouquin pour reprendre là où elle en était. La jeune femme aimait lire des romans policiers, des thrillers ou des trucs glauques. Même si elle lisait pas souvent, cette activité lui permettait de se relaxer et de se calmer. Une femme enceinte jusqu'aux yeux se pointa et c'est tout naturellement que l'américaine lui céda sa place. Elle n'était pas une barbare Alecia, même si certains pouvaient le penser. Elle avait bon fond, elle était généreuse. Elle pouvait juste facilement s'énerver et cracher sur tout le monde.

Et ce foutu cycliste, qui regardait son portable plutôt que la route, elle avait vraiment envie de lui foutre une pâté.

Les yeux rivés devant elle, elle observa la scène, laissant volontairement tomber son livre de Stephen King entre les légumes et fruits de son sac. Personne ne voyait ce qui allait se produire ? L'abruti à deux roues allait percuter un piéton qui n'avait rien demandé. Aucun des deux n'avait remarqué et les trois personnes avec elle sous l'abri bus n'avaient rien capté non plus. Tous hypnotisés par leurs appareils électroniques. L'âme guerrière, la jeune Madden laissa ses deux cabas au sol et s'élança sans plus attendre de l'autre côté de la rue. Une voiture la klaxonna et elle la slaloma de justesse pour poursuivre sa course. Elle regretta ses sneakers pour le coup. « Attention ! » cria-t-elle plus à l'adresse du jeune homme qui marchait qu'au cycliste. Tout se passa très vite et elle oublia la délicatesse. Tel un rugbyman, elle plongea en avant et sauta sur l'homme, le plaquant dans l'herbe coupée du musée. Quitte à choisir, elle pensait que se faire écraser par une femme de tout juste un mètre soixante avec une cinquantaine de kilos était plus agréable que se faire fracasser par un vélo à pleine allure.

Elle cria au même moment que le cycliste, en se retrouvant la tête contre le torse de l'inconnu. Alecia se décala du jeune homme, maintenant allongée sur le dos dans l'herbe. Sa cheville droite lui provoquait de fortes douleurs. En se la jouant Wonder Woman, le vélo l'avait heurté. Il lui avait défoncé la cheville et avait apparemment fini par terre, lui aussi. Quel enfoiré, elle ne pouvait pas le voir mais elle espérait qu'il soit bien amoché.
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MessageSujet: Re: La roue tourne.   Ven 29 Juin - 3:42


Pause.

Les choses s’emballent beaucoup trop. Comme un soudain tourbillon, comme une feuille morte au milieu d’un vent fougueux. Tout va beaucoup trop vite. J’ai besoin d’une pause, de faire le point sur ce qu’il s’est passé. Sur ce qu’il se passe. Prenons un peu de distance avec la réalité, avec nos corps : envolons nous dans l’éther.

Je suis allongé de tout mon long dans l’herbe (ma tête a probablement heurter le sol avec un peu de violence) avec les quatre fers en l’air et le regard un peu perdu. Sur moi réside une jeune femme à la peau brûlée par le soleil et la mélanine (probablement celle qui m’a plaquée au sol) dans une position fort étrange. Finalement, un peu plus loin un cycliste peu attentif avait terminé sa course sur le bitume (douloureux) duquel il ne semblait pas prompt à bouger pour le moment. Prenons les choses dans l’ordre, occupons nous des choses qui ont de l’importance.

Lecture.

Après de longues secondes ayant défilées sans que je ne réalise véritablement, je me redresse sur mes coudes et entame les prières qui m’incombent. « Oh mon dieu… Je suis vraiment désolé, mademoiselle. Je ne regardais pas où j’allais. Est-ce que vous allez bien ? Est-ce que vous m’entendez ? » Ceci étant fait, je peux donc librement me mettre à paniquer. Mon cœur s’emballe enfin, le sang semble soudainement reprendre son affluent dans mon visage et me fait rougir de honte ; de peur ; d’effort tour à tour jusqu’à venir cogner dans mes tympans et m’empêcher d’entendre clairement ce qui m’entoure. Je n’ose pas te toucher, de peur de te faire d’autant plus mal. J’ai besoin de savoir comment tu vas. « J’ai une trousse de secours dans mon sac, ne bougez pas. »

Soyons sincère, il y a peu de chances qu’elle soit utile : je n’ai pas fait d’études dans le genre ; je n’ai d’expérience que dans le soin de bobos mineurs suite à nos excursions dans le monde du surnaturel ; je n’ai jamais vraiment su reconnaitre les blessures que j’ai déjà eu, seulement celles que Ashley a eut. L’inspection allait être rudimentaire, sans doute qu’il allait falloir appeler les pompiers ? Tout ça c’est de ma faute… Coup dur, derrière la tête, je souffle pour essayer de me calmer encore un peu et ouvre mon sac pour en sortir la trousse de soin (un peu écrabouillée) pour voir si son contenu est toujours intact.


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MessageSujet: Re: La roue tourne.   Lun 2 Juil - 11:00


la roue tourne.
alecia & cecil

Allongée dans l'herbe, elle espère que ça ne laisserait pas de grosses tâches sur son jean. Non que dis-je, Alecia était bien trop préoccupée avec la douleur qu'elle ressentait à la cheville. Elle ne s'était quand même pas pétée la cheville, hein ? Un vélo, ça ne faisait pas mal à ce point. Peut-être une entorse ? Ça s'agita à côté d'elle, celui qu'elle venait de plaquer au sol avait l'air de s'inquiéter pour elle. Son regard croisa le sien et elle se redressa enfin, appuyée sur ses mains derrière elle. Fixant ses jambes, elle ramena enfin celle de droite pour voir de plus près sa cheville. Elle serra les dents rien qu'au simple mouvement. « Ma cheville me fait mal. » marmonna-t-elle. L'américaine retira précautionneusement sa bottine, releva son jean droit et constata le résultat. Sa peau avait viré au rouge et elle avait gonflé. Elle ne pensait pas que la trousse de secours soit nécessaire, elle ne saignait pas et n'avait pas besoin d'un bandage ou un truc du genre. Elle n'y connaissait pas grand chose et à vue d’œil, elle savait qu'il lui fallait de la glace.


Alecia reporta son attention sur le jeune homme, il avait l'air de bien avoir pris son plaquage au sol. « Ça va toi ? Je suis désolée d'y avoir été un peu brusque. » Elle l'avait tutoyé instinctivement, comme à son habitude. Pour avoir droit au vous, il fallait au moins avoir des cheveux gris et un paquet de rides. « Putain sale... » Elle releva la tête et découvrit enfin la scène à quelques mètres de leur chute. Deux individus avaient rejoint l'accident, aidant le jeune cycliste à se lever. Il boitait et son téléphone avait l'air mort. C'était un gamin, du moins, elle était sûre d'être plus âgée que lui. Alecia avait tellement envie de sourire mais elle se retenait, mais finalement peut-être pas assez. « Tu me dois un vélo et un téléphone ! Je vais te coller un procès ! » Il avait l'air d'être chauffé à bloc et très vite, les curieux du coin se retournèrent tous vers la scène devant le musée. « Rêve toujours. T'aurais pu le tuer. » Dit-elle en pointant l'homme-à-la-trousse-de-secours du menton. Elle exagérait peut-être mais ça aurait pu très mal finir. Toujours au sol, elle ne se voyait pas affronter cet idiot. Déjà, elle n'était pas sûre de réussir se relever sans s'écrouler et ensuite il n'en valait pas la peine.  « Ces américains tous des connards... » Elle l'avait très bien entendu et même si ses poings la démangeaient, elle ne ferait rien. Il y avait trop de témoins ici. Et sa cheville lui faisait mal.

Il lui fallait toujours de la glace. Puis elle attendait, plus sa cheville de Big Foot allait pourrir. Enfin, façon de parler. « Ça serait tellement cool si tu pouvais aller chercher mes deux sacs de bouffe que j'ai laissé sous l'abri bus là-bas. Tu pourrais faire ça ? » Demanda-t-elle à l'homme-à-la-trousse-de-secours en montrant avec son index. Elle avait des surgelés là-dedans, ça ferait déjà l'affaire. De toute façon, elle avait beau rêver, elle aurait quand même le droit à une visite à l'hôpital. Malheureusement.

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MessageSujet: Re: La roue tourne.   Mer 4 Juil - 15:02


Le cœur vrombit plus qu’il ne bat, les yeux doucement se remplissent d’eau et la voix se fait plus tremblante. C’est de ma faute. Je ne peux plus m’arrêter de m’excuser, de demander pardon, parce que je me sens misérable. C’est de ma faute. C’est comme un coup de poing directement dans l’aorte, le souffle semble se faire rare et la tête me tourne. C’est de ma faute. Je ne dois pas céder à la panique ni à la culpabilité. Cette femme a besoin de moi et peut-être cet homme aussi. Mais c’est ma faute. Alors que je fouille dans ma petite trousse de soin, l’eau quitte mes grands yeux trop ouverts et tombe à l’intérieur de la sacoche ; sur mes mains : sur mes poignets.

C’est ma faute.

J’entends à peine l’homme vociféré, comme si tout était trop loin. Les mots anglais filtrent dans ma caboche comme si j’avais oublié comment les utiliser, comment les comprendre, et je regarde l’homme qui gronde avec un regard perdu ; un regard ahurit ; un regard sonné. Sans vraiment réfléchir, les premiers mots qui quittent ma bouche sont d’un français très pur, ma voix tremblante rendant le tout parfaitement incompréhensible de toute manière. « Je suis vraiment désolé… » Mais personne ne semble y prêter attention. Personne n’a entendu, peut-être ? Est-ce que j’ai vraiment parlé ? Je n’en ai pas la moindre idée. Je ne suis même pas sûr de m’entendre d’ordinaire. « Ça serait tellement cool si tu pouvais aller chercher mes deux sacs de bouffe que j'ai laissé sous l'abri bus là-bas. Tu pourrais faire ça ? » qu’elle te dit, alors que l’homme s’en va, vélo à la main. Quelques secondes passent, alors que tu lui tends désormais la trousse. Le temps de comprendre. Le temps d’enclencher le mouvement. Le temps de réagir.

Sans tarder, je titube hasardeusement jusqu’à l’abri bus sans vraiment réfléchir. En total aveugle, mode automatique, GPS enclenché : j’attrape les deux sacs et les portes sans vraiment de mal jusqu’à la localisation précédente, à savoir le milieu de l’herbe. A croire qu’on allait lancer un pique-nique là de suite, dans l’instant, juste elle (l’inconnu à la peau cuivrée) et moi (le connus à la peau basanée). Mais mon cœur n’est pas tant aux élucubrations romantiques pour le moment : mes jambes tremblent encore et ma voix n’a toujours pas retrouvé son aplomb. « Il faudrait peut-être voir un médecin ? Laissez-moi voir ? » Je n’attends pas vraiment, je suis trop empressé, et je fond sur ma proie immédiatement. La cheville est déjà enflée de la pire des manières, ce qui n’augure rien de bon. « Oui, un médecin ça me semble bien. Je vous y emmène. » Puis je pianote sur mon téléphone à la recherche d’un numéro, d’une adresse, de quelque chose.
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MessageSujet: Re: La roue tourne.   Dim 8 Juil - 18:48


la roue tourne.
alecia & cecil

Cette chute, cette douleur, la ramenait plusieurs années plus tôt lorsqu'elle s'était cassée le bras aux Jeux olympiques de Pékin. Elle avait peur d'être brisée, de ne plus être comme avant, de ne plus pouvoir concourir. La fin d'une carrière. Et elle avait eu raison, sa carrière s’essouffla quelques temps après, lorsqu'elle retrouva l'usage entier de son bras. Alecia avait besoin de cette foutue cheville. Son corps, autrefois salie par l'homme de sa mère, était redevenue sa force, sa meilleure et seule arme. Elle aurait pu prier pour ne rien avoir de grave. Elle devait travailler, elle devait continuer de pratiquer le sport, elle devait continuer de détruire des vampires.

Le connard à bicyclette déclara forfait et elle fut ravie de le voir quitter son champ de vision. C'était tellement stupide, en voulant aider une future victime d'un accident très probable, elle avait inversé les rôles. La victime, c'était elle maintenant et elle détestait ce statut. Quand elle leva les yeux vers l'abribus où l'homme était parti, elle remarqua qu'elle le contemplait pour la première fois. Trop occupée par la douleur, par elle-même, elle s'était pourtant rendue compte qu'il ne lui avait pas répondu quand elle lui avait demandé si ça allait. La couleur de sa peau était presque aussi chaude que la sienne et il semblait plus que stressé, si bien qu'il en avait oublié son anglais quelques secondes avant. En fait, il semblait plus paniqué qu'elle, alors que le pied de l'américaine était en jeu.

Alecia plongea ses mains dans un des sacs et y sortit un sachet d'épinards surgelés. « Non je... » Elle fut prise au dépourvu et le jeune homme fondit sur sa blessure. On ne pouvait pas dire qu'il passait par quatre chemins, lui ! Elle hocha la tête à ses propos, voir un médecin semblait la chose la plus intelligente à faire. Si dans un premier temps, elle aurait voulu le renvoyer chez lui, finalement elle ne pouvait pas refuser un peu d'aide. « Tout va bien... Ne faut pas paniquer. » réussit-elle à dire dans un français rouillé, l'accent américain trop fort. Née en Louisiane, ses ancêtres étaient pourtant d'Haïti. Cette langue avait tenté de demeurer dans sa famille mais Alecia le comprenait plus qu'elle ne pouvait le parler.  

Lorsqu'elle plaqua le sachet gelé sur sa peau, elle eut l'impression de revivre. Pendant un moment, la froideur calma la tension de sa cheville. Elle n'avait jamais autant apprécié le froid. Elle redemanda au jeune homme, mais de nouveau en anglais: « Merci de ton aide mais toi, tu vas bien ? »

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