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 Citrons écorchés || Ciulin

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MessageSujet: Citrons écorchés || Ciulin   Ven 29 Juin - 11:31


Trois jours à peine qui m'ont semblé une éternité.

Depuis que sur le flanc d'une montagne, on a déversé nos propres averses, celles remplies d'acide, de celui qui nous bouffait la gueule et l'esprit. Nos fondations ébranlées, à se tenir l'un à l'autre sur le bord du précipice. J'ai l'impression qu'on a sautés, tu sais. Ensemble, les pieds joints. À confronter la merde sans trop s'éclabousser. À se dire que quitte à s'être fait prendre dans le même piège, on pouvait bien continuer nos conneries. Alors on est repartis sur la route et je me suis essoufflé de trop vivre. Comme si ça faisait longtemps que je n'avais pas osé. Comme s'il avait été enfin temps de me laisser enfin un peu aller à nouveau. D'accepter de rire sans cacher la détresse derrière. De redevenir simplement un type de vingt-trois ans et rien de plus. Juste un gars comme d'autres. À oublier les rêves et les espoirs, pour oublier aussi les déceptions et les rancoeurs.

J'ai fini par t'envoyer un appel à l'aide.

Au travers de quelques sms, parce que je me sentais couler de nouveau. Que je sentais Antoine reprendre ses droits, la vie se faire pathétique et mon souffle se couper de nouveau trop régulièrement. Je crois que t'es une bouffée d'oxygène et j'ai peur que tu deviennes indispensable. Parce que la quiétude ressentie pourrait changer et j'en veux pas, de ça. Je veux pas être le type qui attend quelque chose des autres. Alors peut-être que j'aurais pas dû te dire que j'avais envie de te voir, au travers des mots. Que tu me manques à ta manière, que j'ai beau sourire en décalé, ça me fait du bien quand tu me secoues avec tes éclats de vie, avec ta fougue qui me transperce de trop.  Alors j'ai pris trop de courage sorti de nul part pour cliquer sur ton nom, dans ce téléphone qui semble se trouver une raison d'exister, à ta première réponse. Les pieds dans le vide, les jambes par dessus le bord de la montée pour les livraisons, je t'écris en fumant une cigarette, parce que j'ai pensé à mon briquet pour une fois.

J'ai le sac lourd, le coeur aussi.

Et puis ça s'envole. Le poids sur les épaules, de toute part. Et je me retrouve à rire, bêtement, à te sourire alors que t'es même pas encore là. Dans le soir qui tombe, dans ce mois qui touche à sa fin, je me retrouve là à te dire de venir. N'importe où, mais de venir. Alors je me retrouve encore là, à m'ébattre avec la simplicité, tandis que l'échange me fait pousser des ailes. Elles sont peut-être un peu cassées, un peu à notre image, mais ça me va quand même. Et puis j'écrase ma clope quand on se dit que ça sera à domicile, cette fajitas party, pour faire le tour, pour retourner au magasin tout en te répondant, pour acheter de quoi se nourrir ce soir. Et dans un nouveau rire face à une réponse à toi, je me retrouve à courir jusqu'à la caisse, pour pas rater ce rendez-vous. Faudrait pas être en retard pour toi, Minou.

C'est footing ce soir, pour rentrer chez moi, pour m'écraser un peu à l'appartement que je loue, un truc carré et petit mais dans lequel je me retrouve bien aussi. Pas de quoi faire les cent pas mais cinquante me suffisent à moi. Alors c'est à corps perdu que je me lance dans un nouveau marathon, histoire de pousser les trois fringues qui se battent en duel sur le mini canapé, celui d'une place et demi, propice aux rapprochements sauf que je ramène jamais personne ici alors il me sert juste à écouter la radio parfois, les jambes rapidement dans le vide. Je sors les bières du sac pour les fiches directement le demi frigo aussi, celui où faut se baisser pour en voir le contenu. Pas grand chose pour accueillir le visiteur impromptu non plus, si ce n'est la dinde qui traîne en tranches éparpillées. Je me redresse déjà, abandonne le reste du sac sur le plan de travail qui fait en largeur l'équivalent de mes hanches de part en part. Comme si je dansais un slow collé serré à chaque fois que je l'utilise. Dérobade vers la salle de bain, pour me rafraîchir un peu, pour changer le t-shirt dans lequel je viens de suer. Je crois que je suis paré.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Sam 30 Juin - 7:05



We're flying high
We're watching the world pass us by
Never want to come down
Never want to put my feet back down
On the ground


Bière. Limonade. Tequila. Rhum. Citrons.

- Z'avez pas de menthe fraîche ?
- On est une épicerie de nuit, pas un marché bio.
- Merde, sans menthe, c'est juste du rhum-citron.

L'employé de la supérette hausse les épaules, pas vraiment ému par le tragique de la situation. C’est qu'un détail, je devrais m'en foutre aussi. Un je ne sais quoi m'agace, pourtant, un frétillement inédit. L'envie de perfection, de faire mouche du premier coup. C’est bien la première fois que ça m’effleure : le désir de contenter. De plaire. Je passe une main dans mes cheveux, en contemplant mon reflet dans le chrome de la caisse. Mais n'importe quoi ! Arrête, abrutie, c'est pas un putain de rencard.

Détends-toi.

Délicate pensée, s'il en est. Je t'ai attendu, pendu à ce putain de portable, pâtinant sur une palette de "Et si" et de "peut-être" tous avorté. J'ai de nouveau quinze ans. Personne n'a jamais été aussi proche de ma vérité crue. Tu a sillonné entre les nervures de ma viande plus près que n'importe qui. Tu est venu t'y allonger comme on écrase les hautes herbes d'une prairie en jachère. Tu y a laissé ton empreinte toute entière. Indélébile.
Antoine.
Cette fameuse soirée où nous avons laissé nos bouteilles contempler la lune, côte à côte, cette nuit là sur la falaise, je me suis remis à rêver.  J'ai touché du doigt l'essence même de cette jeunesse que j'ai perdu en rages, en luttes et en fumées. Insouciance tangible. Touchante. Touchée. T'emmener en virée dans une ville qui ne nous connait pas, rire et être cons, jouer aux fléchettes et perdre la notion de l'heure. S'en foutre parce qu'on est heureux, un peu, un instant. S'imbiber joyeusement et dormir repus à la faveur de l'autre.
Le miellat liquoreux de la "Normalité" a ta saveur Antoine, ta douce simplicité logée au creux de tes fossettes. Pudique. Elle a la couleur des constellations sur tes joues qui ont su m'émouvoir.
Et le refrain de tes respirations quand tu dors.

Trois jours à me convaincre que ça n'était pas important.
Un effort que tu réduis en éclat d'un simple échange SMS.
Fajitas party et presque mojitos.
Juliette arrive, couillon de Roméo !

Je me gare au bas de chez toi. Un appart qui me rappelle le motel qu'on a loué pour écraser. Tu vis chichement mais t'as un chez toi. C'est mieux que le vent et l'asphalte, tu crois pas ? Le moteur s’éteint pour roupiller. Je vide les étriers. Inspiration.

J'ouvre les bras en grand - mon sac de course pendu à l'un d'eux- et je beugle à sa fenêtre :

- Ô Roméo, Roméo, pourquoi es-tu Roméo ? Renonce à ton père et abjure ton nom ; ou, si lu l'aimes mieux, jure seulement d'être mon amant, et je cesse d'être une Capulet !

J'entends les voisins s'offusquer, un chien aboyer et quelques fenêtres qui s'ouvrent. Je les couvre de mon rire.

- ... Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Dim 1 Juil - 8:23


Tu m'obliges à avoir l'air romantiquement con. Et ça me fait rire, intérieurement, de me voir agiter pour toi. Et je souris bêtement, face à mon reflet, avant de m'en détourner, parce que j'ai encore tant à faire au final. Des détails qui me reviennent, des envies tandis que je vais vers la stéréo, déterrer mes quelques cds ici présent. Et je regarde, sans savoir quoi choisir. Parce que j'ai aucune idée de si tes goûts musicaux sont en accords avec les miens. Et finalement, c'est un album des Foo Fighters qui remporte la course, qui se lance, alors que dans les airs, un tout autre genre de son s'éclate contre ma fenêtre. J'en sursaute presque, avant de comprendre, d'éclater de rire et de me précipiter dessus, de l'ouvrir pour te voir en bas et sourire, comme un con. Voici Juliette qui clame sous le balcon. Même les classiques, t'envoie chier.

Je te prends au mot : appelle-moi seulement ton amour, et je serai rebaptisé, et désormais je ne voudrai plus être Roméo !

Je me prend un nouveau rire, tout en te regardant, te faisant signe de m'attendre, avant de retourner à ma porte d'entrée en trois pas, de récupérer mes clés et de les jeter vers toi, quand je suis revenu à mon poste.

ALORS VIENS M'BAISER BORDEL !

Un clin d'oeil, avant que dans la nuit redevenue calme, je m'entende encore rire, à te voir avec mes clés pour rentrer, le pass accroché à celles-ci. Et puis je me tourne, avise l'appartement, me mord la lèvre pour cesser d'avoir l'air d'un enfant un instant. Mais ça prend pas alors je me dirige vers le bout de cuisine, la fenêtre laissée ouverte pour laisser rentrer l'air qui se fait plus frais au fur et à mesure. La musique qui se fait cracher par les enceintes que le temps rendra totalement obsolète dans un peu de temps. Et puis quand tu passes la porte après l'avoir ouverte, j'ai plus qu'à me retrouver encore avec ce sourire du bien-heureux, l'air trop bête que j'ai à chaque fois que tu passes à ma caisse. En plus accentué, désormais. Pourquoi on se met à compter, l'un pour l'autre, rappelle moi ?

Salut Minou ! Je ne sais même plus comment est venu ce surnom. J'avais trop bu et je crois que je voulais t'emmerder. j'ai l'impression que t'as survécu au trajet, pas la moindre égratignure !

Et je prend cet air, "so proud of you", avant d'approcher et prendre les devants, pour une fois, t'écraser une bise sur une joue, t'invitant d'une main à pénétrer plus amplement dans mon royaume. Récupérant mes clés, fermant à double tour, par réflexe, habitude. Et quand je me rends compte, je souffle de nouveau un rire, tournant la tête vers toi.

Faudra passer par la fenêtre si tu veux fuir.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Lun 2 Juil - 8:06

Voir ta face goguenarde au balcon m'éblouit. Un soleil rasant en pleine Nuit. Je suis une phalène, tu sais ? Les licuricii m'attirent et m'apaisent.
Tu brilles, p'tit con.

- Je te prends au mot : appelle-moi seulement ton amour, et je serai rebaptisé, et désormais je ne voudrai plus être Roméo !

J'éclate d'un rire qui claque sur les murs bétonnés des immeubles adjacents. Des fenêtres  se sont ouvertes. Des curieux ou des furieux se penchent pour mettre un visage sur ces deux saloperies de rossignols qui oublient qu'il faut dormir à cette heure. Tu me fais signe d'attendre, mais tu sais que je ne suis pas patiente, hein ?
Les clés fusent, rose d'acier à pétales digicodés. Je les attrape à la volée, réflexe que les années à esquiver des crocs et des griffes ont forgé. N'y pensons pas, pour ce soir. Ce soir, je ferme le rideau, je gratte le moisi sur mon coeur, je me fais beau.
Ce soir...

- ALORS VIENS M'BAISER BORDEL !

Mélodie de nos marrades sonores. Mélopée qui hérisse les médiocres.

- C’est pas un peu fini c'boucan !
- R'tourne sauter ta moche, toi !
Que je balance  avec un majeur levé en son honneur.

Matte ma trique !
J'ai pas de temps à consacrer à ton gras. J'ouvre la grille et monte les escaliers quatre à quatre. Je disparais aux yeux de ta moral bafouée. Retourne dans ton plumard, poulet ! Les clés tournent dans la serrure et me voilà chez toi. Petit mais cosy. Très "toi". La guitare électrique pousse son riff sur la coolitude de tempos familiers. Je connais ça, ça me donne un peu plus l'impression d'être dans ma propre piaule. Si j'en avais une.
Antoine s'active dans une kitchenette à je ne sais trop quoi de domestique. La vision est rassurante et inquiétante. Elle me rappelle une autre cuisine, avec une brunette en culotte et son chat.

Pas le moment.

- Salut Minou !

Je grimace au surnom qui me rappelle clairement la place de mes ovaires et la fine membrane qui nous sépare. Je te l'autorise parce que c’est toi, Pulica ! En abuse pas. Allez ! Viens là me taper une bise, que je t’ébouriffe la toison, voir si tes tâches de rousseur tombent quand je secoue. Ce serait marrant, non ?

- J'miaulerais pas , j't'ai dit !
- J'ai l'impression que t'as survécu au trajet, pas la moindre égratignure !


Je dépose mon offrande sur le plan de travail, déjà embouteillé de tomates et de poivrons.

- Comment tu peux savoir ? J't'ai toujours pas montré la peau d'mon cul ! Légère pause. Sourire mutin. En coin.... J'te réserve ça pour le cinquième ou sixième rencard... Que je souffle faussement féline, jeu de sourcils à l'appui.

Il récupère ses clés et va fermer le loquet. Oeillade appuyée.

- T'as peur que je me tire ?
- Faudra passer par la fenêtre si tu veux fuir.
- Le dernier qui m'a dit ça n'a toujours pas revu la couleur de son canap', tu sais ?


Je ricane. Je nous ouvre deux bières, pas trop tièdes. Faut bien commencer, tout doux. Je range le reste  au frais.

- Tiens ! C’est pour nous ouvrir l'appétit.

Je lui tends sa binouze et je vagabonde dans son antre.
Hormis quelques détails qui indiquent une installation longue durée, cette chambrée ressemble à celle des motels qu'on loue le long de l'autoroute. A celle qu'on a prise y'a trois jours. Antoine est un faux sédentaire ou un fuyard qui veut pouvoir décoller sans s'emmerder en paquetage. Pas de photos, Pas de souvenirs, des cartons qu'on ne prend pas la peine de défaire, des livres qu'on entasse.
Nous sommes de la même trempe.
J'ai juste poussé plus loin l'idée de migration.

Je me laisse tomber sur le lit qui grince. Ça m'amuse une poignée de secondes de sautiller du derche dessus. Couic. Couic. Couic.

- Tu dois bien l'faire chier ton voisin quand tu baises....
Pincement de lèvre de celle qui vient de marcher sur un œuf. Je lève ma bouteille. Hum....Quand tu baiseras... Goulée de la contenance.

Je me redresse d'un bon, déjà attirée par une autre attraction.
Pas loin de son pieu, y'a une photo scotchée de traviole à même le mur. Pas le luxe de la fioriture d'une marie-louise et d'un cadre, il faudrait pouvoir l'arracher lors de tout bon départ precipité. J'effleure le papier glacé.

- C'est tes vieux ?

Ils semblent vraiment très vieux.

En me relevant, je bute dans une tour de bouquins. J'en ramasse un pour zieuter la couverture. Un roman historique sur l'Egypte antique. J'esquisse un sourire nostalgique. Il y a  longtemps que je n'ai pas savouré de littératures. Je me rappelle la vaste bibliothèque de Thaddeus. Je me souviens de son nez de corbac sur mon épaule, me faisant parfois lire à haute voix, ou  nos "séances de tranquillité" dans le petit salon. Lui, fumant son opium en se délectant d'un brandy et moi,  à ses pieds, le menton entre ses genoux à l'écouter déclamer.
Si je connais tout Romeo et Juliette par cœur,  c'est grâce à lui.

Je m'ébroue.
C'est fini.
C'est loin.
Ne regrette pas.

Je range le désordre occasionné et je me porte jusqu’à Antoine. Antoine, que je conjugue au présent, pour le moment.

- C'est sympa chez toi...
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Lun 2 Juil - 15:55


Maintenant que le quartier semble se dire que le voisin dont ils devaient ignorer l'existence même tant il est discret est en fait qu'un gros connard de gosse, tu te retrouves à découvrir mon appartement et moi je te souris, heureux de te voir, dans la joie la plus simple du monde. Un baiser écrasé sur une joue, une clef tournée, un verrou bien en place, je me retrouve de nouveau très serein. Et je ris face à remarque, hausse les épaules en te désignant mon propre (demi) canapé.

Tu peux toujours essayer le mien mais tu risques de le jeter par la fenêtre lui, en fait.

Une bière bien assez vite en main, à claquer contre la tienne pour trinquer, un remerciement au passage, t'invitant ensuite à explorer si tu le souhaites, même si le tour sera rapide. Première gorgée, tandis que j'en reviens à la cuisine. T'as de la chance, je ne fais pas celle-ci pour n'importe qui. Les fajitas n'allant pas se faire toute seule, je pose la bière dans un coin pour choper un couteau, commençant la préparation pour pouvoir tout balancer dans une poêle ensuite.  Graines des poivrons virées, je commence la découpe, t'entend faire le con sur le lit, sourire de nouveau totalement, avant de tourner la tête pour te voir faire.

Il risque de pas être emmerdé de sitôt, alors.

Air qui veut te dire que ce n'est rien. Parce que c'est le cas. Qu'importent les années qui passeront encore, avant que je n'arrive à lever le mat pour une dame. Suffit d'y croire, ouais. Et puis, ton attention qui se déporte, mon coeur qui se broie, sous l'évocation. Une seconde de silence. Une autre remplie de deuil.

C'était mes grands-parents. Je détourne la tête, le regard. Les poivrons ne vont pas se couper tout seul. Ils sont morts il y a deux ans.

Inséparables que la mort n'a pas su séparer. Quelques jours à peine après la mort de ma grand-mère, il semblerait qu'il ait suivi, le grand-père. J'imagine que ça doit être un crime passionnel envers son propre coeur qui supportait pas de plus avoir sa moitié. Je ne sais pas tellement, j'ai juste découvert leur mort en les cherchant à mon retour en ville. Le silence qui s'ancre dans ma gorge, je continue mon oeuvre, avant de sortir le poulet du frais, pour le couper en morceaux, après avoir foutu les poivrons dans la poêle sur le feu, avec des trucs qui se rajouteront au fur et à mesure. J'écoute le boxon que tu fous, j'écoute quand tu le ranges aussi, me laisse porter par tes sons, les gestes devenant automatiques. Et je souffle un rire, face à toi qui reviens.

Tu parles ! Sourire de crâneur sur la face, histoire de dire que je sais que c'est aussi terrible que ça en a l'air. Pas bien grave. Je déménage bientôt. Pour un truc plus grand, apparemment. Une connaissance de la fac qui me laisse le bail, j'ai juste pas encore pris le temps d'aller visiter.

Je reprends ma bière, pour en boire une gorgée, avisant cet appartement dont le lit fera peut-être chier le voisin, une fois que je ne serais plus là. Et je t'avise encore, canaille dans l'âme. Goulot qui redescend, cul qui claque.

Tu viendras à la pendaison de crémaillère ? Et j'élargis un peu plus le sourire, dévoile les dents. Si t'es invité, bien entendu.

Et un rire qui m'échappe, avant d'aller semer les bouts de poulet dans le reste, histoire que ça prenne doucement avec les épices que je balance ensuite. Pif, paf, pouf, tout dans la marmite ! Le couvercle par-dessus, on est pour le moment tranquille.

La musique te va, au passage ? Je savais pas quoi foutre et paraît qu'une ambiance musicale nulle donne un rencard raté, alors tu me dis s'il faut changer.

Je ricane, ferme le poing pour venir te le flanquer dans une de tes épaules, amicalement. Esbroufe d'un réel coup que je te porterais sans nul doute jamais. Je me sens bien, tu sais.

Ça me fait plaisir de te voir. Ta tronche d'avocat m'a manqué.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Jeu 19 Juil - 4:58

Tu me réponds, le sourire tranquille de l'homme qui ne cache rien. J'en éprouve une étrange bouffée au coeur. Un rien de bien dans cette vie de con, c'est grave si j’apprécie ? La musique surfant sur ses riffs de rock garage, je m'attarde sur la vision d'Antoine qui s'active au fourneau. Langue qui joue avec ma lèvre, humecte la pulpe sèche. Je le laisse légèrement dériver dans ton pas.

Antoine.

Tu ne te rends pas compte de ce que cela produit en moi de te voir découper tes légumes en bonasse au foyer, avec tes petites tâches de son qui dansent sur ton minois concentré, qui glissent sur ton rire. On dirait que tu reçois un prince ou un grand seigneur. Ou que tu cuisines pour ton chéri. Rire vague qui te fait écho. Je suis juste la Molie, la phalène, la mite, l'insecte qui vient s'écraser sur ta lumière. Continue à briller, s'il te plait.


- Je déménage bientôt. Pour un truc plus grand, apparemment.
- Apparemment ? Tu sais pas où t'atterris ?
- Une connaissance de la fac qui me laisse le bail, j'ai juste pas encore pris le temps d'aller visiter.
- Mec, je t'emmènes s'tu veux... Faut juste que je t'décolle la moule de ta caisse...
Ricanements de branleur.
- Tu viendras à la pendaison de crémaillère ? Matte-moi la canaille. Si t'es invité, bien entendu.

J'affiche un air offusqué de Diva et je fais rouler mon cabotinage avec mes voyelles :

- Queeewaaaa ? Commeeeent oseees- tuuuuuu!?? Après tout ce que je n'ai pas fait pour toi ! Ne suis-je pas LA personne à inviter quand on fait une teuf ?
Je lui ébouriffe sa tronche de pisoi. T'sais même si tu fermes toutes les portes j'pass'rais par la fenêtre. Je sais que tu t'ennuierais sans ma sale trogne.

Il jette de la viande dans la pôele. L'ensemble mijote avec bonheur. Je passe une tête par dessus son épaule pour humer le fumet d'épices grillées.

- P'tain ça sent grave bon ! Ça m'donne la dalle !
- La musique te va, au passage ? Je savais pas quoi foutre et paraît qu'une ambiance musicale nulle donne un rencard raté, alors tu me dis s'il faut changer.


Il me bourrade l'épaule avec son rire de gosse. Il a l'air bien, et ce sourire solaire lui va mieux au teint que sa sempiternelle mélancolie de super-marché. Je lui claque une fesse en réponse à son poing.

- T'inquiète chérie, t'es bonne à marier. La musique est au poil, ça me rappelle ces années lycée que je n'ai jamais faites... Mais j'avais une pote de caniveaux qui m'a fait toute mon éducation musicale : Les Foofigthers , The Offspring, Metallica, The Crandberries, The Smashing Pumpkins, les Rage, System of a Down.... Ah ! j'ai pas été démunie !


Nostalgie d'une époque où Titan me traînait partout avec elle. On vivait de défis et d'alcool, de musique et de poubelles, et de Nuit sans fin. Qu'est-elle devenue ? Gorgée de bière. L'oubli est une maladie cruelle. Et comme si tu devinais que je me noie en moi même, comme si tu me devinais entre les vagues, tu viens me pêcher à la ligne.

- Ça me fait plaisir de te voir.
- Moi aussi.


Sincérité un peu trop tendre. Je m'émousse.
C'est ta faute, ça, Antoine.



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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Sam 21 Juil - 10:42


Je t'écoute énoncer les noms d'une époque presque passée mais qui continue de me bercer à sa manière. Où passe ton sourire ? La fesse encore à se souvenir de la claque, je me dandine à peine sur place, pour effacer la trace, avant de te balancer une vérité simple. Je ne sais pas tellement pourquoi. Juste parce que je me sens bien. Parce que c'est vrai, oui. Tu m'as manqué, tu sais. Et c'est effrayant, pas la peine de se le dire. Passé trois ans sans plus personne qui compte, dans sa vie... T'avais mis quoi dans les bières, en attendant que je termine de bosser ? Et finalement, je baisse la tête dans un nouveau sourire, les yeux s'arrêtant sur le col de ton perfecto, avant de me laisser tomber vers l'avant, contre cette épaule qu'est la tienne. On inverse un peu les rôles, okay ?

Je balance toujours les trucs qui gênent ensuite.

Parce que je sais plus quoi dire, tant tout semble avoir été exprimé, à cet instant. Ferme un peu les yeux, Antoine. Profite.

Bien sûr que t'es invité...

Même que tu pourrais bien être le seul. Coeur qui se fait violence, sur l'instant. Je redresse finalement la tête, profite de la diversion de la cuisine pour aller remuer le tout, avant de prendre une nouvelle gorgée de bière, chasser l'embarras et la sécheresse.

Hey, je me demandais l'autre jour ! Tu fais beaucoup de sport ? T'as l'air agile, ça me rends curieux de ton programme.

Parce que pour ma part, je me muscle bêtement pour rien. Sans aucune raison que l'envie de fuir mes pensées, les enterrer sous l'effort et la transpiration. Courir, sans cesse, pour ne plus voir en arrière, ne pas laisser le noir me rattraper.

Je manque de souplesse, c'est une horreur parfois.

Grimace sur le visage, à cette évocation, à des étirements qui me donnent envie de hurler à la mort face à la pleine lune, pour me prendre pour un loup qui souffre. Alors que c'est juste mes articulations qui sont à l'agonie parce que pas assez entraînées. Et en même temps... Quelle idée de faire du port.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Dim 22 Juil - 12:44

Ton front vient épouser mon épaule. Le geste me prends au dépourvu. Je me sens comme étrangement aspirée en moi même. Trampoline. Paillette dans l'estomac. J'hésite à poser une main réconfortante sur ta tignasse, à t'enlacer l'épaule, à te faire passer de la chaleur par un geste. N'importe lequel ! J'ignore ce qui me retient. Une sorte de pudeur qui m'est inconnue, qui rend le moment aussi sacré que fragile. Alors je reste là, bien droite. Un peu raide. Un peu gauche.
Et toute nue.

Quelle tronche suis en train de tirer ? Mystère.
Silence vertueux qui persévère.

Je crois que j'aimerais que ça dure.

- Je balance toujours les trucs qui gênent ensuite.
- Ça m'gêne pas... Ma voix sonne étrange.

Tu me gênes pas.
Jamais.

- Bien sûr que t'es invité...
- Cool...


Murmure léger contre ton âme.
Instant en suspension.


Et la vie reprend son cours, nous laissant un peu égratignés, de part et d'autre de la ligne.

- Hey, je me demandais l'autre jour ! Tu fais beaucoup de sport ?
- Hein ? Ah... oui... hum... En quelque sorte.


Je me gratte la nuque. Je compose un nouveau rythme cardiaque.

- T'as l'air agile, ça me rends curieux de ton programme. Je manque de souplesse, c'est une horreur parfois.
- Mon programme...


La Nuit. Les cavales sanglantes. La baise.
J'éclate brusquement d'un rire tonitruant, gonflé par une tension incongrue. Je reviens jusqu’à toi, Antoine. L'étrange brouillard s’est dissipé. On peut de nouveau respirer. Je jauge juste la bonne distance.
C'est quoi la bonne distance, Antoine ?

- Tu m'causes de muscu alors que t'es deux fois plus large d'épaule que moi !  Ahahah ! J'me lape une gorgée de binouze. En vrai, mec, j'ai une hygiène de vie déplorable, ça m'a fait perdre du muscle. Mais j'ai pratiqué le free-fight en pro, j'ai appartenu à l'UFC et j'ai même eu un joli palmarès dans la catégorie poids léger.

Petit soupir.

- Je me suis tirée y'a deux ans, juste quand ma carrière était en train de prendre son essor. Mon coach était un sale con et j'étais pas assez gérable et discipliné à ses yeux. Silence. Mon père m'disait la même. 'L'était entraîneur de boxe. Nouveau silence. Regard qui fuit. Lui aussi, c'était un con....

Plombée, la soirée.
J'écarquille les yeux en faisant un bruit de soufflerie.

- Comment j'défonce l'ambiaaaaance ! YOUHOU ! J'vais être l'trublion d'ta crémaillère, moi, j'te l'dis !

Tape dans le dos du cuisinier.
Je me déplie jusqu’à lui et lui carre mon bras autour du cou.
Va chier la distance.

- Tu veux qu'on fasse du sport ensemble ?

Quel sport ?
Batailler contre les cauchemars pour affûter ta frappe ? Tracer la route à toutes jambes parce que ta vie en dépend ? Tester ton endurance chaque fois que tu reviens saignant ?  Renforcer ta souplesse en faisant des acrobaties contre les corps en sueur de parfaits inconnus ?

Je suis vraiment con...
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Lun 23 Juil - 9:15


Ton rire me surprend un peu, mais ça me fait sourire en retour, faut se l'avouer. Le changement trop brusque de sujet a pas dû passer inaperçu je me rends bien compte, mais j'aurais essayé au moins. Alors je te regarde rire, la tête un peu basse encore, comme pour tenter de cacher le fait que mes lèvres se soient écartées pour laisser voir quelques dents. Et puis, je t'écoute et je t'accompagne légèrement dans le rire, parce que vrai qu'on a pas la même carrure. Pas pour rien que j'ai parlé d'agilité plutôt que le reste.

Oh, sérieux ?? Je ne savais pas du tout !

Note à moi-même : fouiller avec google. Je suis curieux de voir ce que je pourrais trouver sur ce sujet. UFC, Ciulin. Éviter de mettre minou par réflexe. Il y a deux ans... Petit frisson, tout en me disant que c'est assez frais pour trouver encore quelque chose. Père. Sujet évoqué et je me fige un peu sur place. Ok, on sait pas faire une conversation sans se foutre des tatanes mentales à chaque recoin. Mais je garde un peu le sourire, par réflexe, le regard perdu sur tes traits.

J'avais cru comprendre.

Vu ce que j'ai pu capter déjà, la dernière fois. Et finalement, tu repars de plus belle, comme si rien n'avait été évoqué. Tu reviens vers moi, comme si on était pas tout cabossé de partout. Et ça me fait sourire, pour de vrai cette fois. Parce que je suis bien comme ça, tu sais.

Me fais pas regretter l'invitation !

Tenter de s'en sortir à deux. Rire qui accompagne la réflexion, l'air de te dire que je regrette rien du tout. À pas te chasser, à rester planté là, à partager le même air que le tien. Être heureux de ça, en effaçant le reste.

Tu veux venir courir avec moi le matin ? Vers les six ou sept heures du matin, on est tranquilles ! Sourire canaille sur la face. Parce que même moi je me trouve abusé de me lever aussi tôt pour juste aller courir. T'as envie de te re-muscler ? Voudrait dire moins de bières pour plus de sueur.

Taquinerie, alors que je viens taper la tienne de celle que j'ai en main, autant pour trinquer symboliquement que pour appuyer la taquinerie. Un clin d'oeil avec le tout, avant de la reposer et croiser les bras, réfléchissant.

J'ai déjà pensé à m'inscrire dans une salle de sport pour avoir accès à plus de matériel que ce que je peux bien avoir ici, mais... Je plisse un peu le regard, réfléchissant. C'est un peu abusé dans ma tête. De me dire que j'irais faire du sport plutôt que tenter de reprendre la fin de mes études.

Pogne qui remonte finalement pour me frotter un bout de mâchoire, geste mécanique lié à cette réflexion intérieure, profonde.

J'ai l'impression de me prendre la tête pour pas grand-chose, parfois.

Encore un rire, érodé.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Mar 24 Juil - 5:47

Comment pouvais-tu le savoir, Antoine ? Comme chaque phase de ma vie je n'ai été qu'une étoile filante sur le ring. Chacune de ces vies se sont éteintes dans la fuite. C'est comme ça, je ne sais rien finir. Je ne peux rien construire. Quand je regarde ta frimousse tachetée et tes sourires gênés, j'ai envie de m'accrocher, tu sais. Sincèrement.
Est-ce que j'y arriverais ?

- Me fais pas regretter l'invitation !

Tu regretteras, un jour, ou l'autre.
Earl, Shioban... Ils paient la note salée de leur affection, et un jour ils lâcheront prise. Comme les autres. Toi, tu me retiendrais ? T'as beau te muscler les bras, tu n'auras jamais les biceps du paternel. Eux non plus, n'ont pas suffit.
Mais je suis là, pourtant. J'essaie.
Je suis bête, hein ?

- Tu veux venir courir avec moi le matin ? Vers les six ou sept heures du matin, on est tranquilles !

- C’est l'heure où j'me couche en général. Ricanements un poil rocailleux. Mais.. Pourquoi pas. Faudra juste que j'me cale ça après une nuit sans bosser.
- T'as envie de te re-muscler ? Voudrait dire moins de bières pour plus de sueur.

Tu fais chanter le verre de ma binouze et t'autorise un clin d’œil.
Je te réponds du majeur avec un rictus de punk.

- J'pense que j'sue assez en m'envoyant en l'air avec tout c'qui bouge ! Y'a pas d'secret, Tony. Et je reprends ton ton avec la gueule du gars au bord de rire. T'as envie d'être plus agile ? Voudrait dire moins de footing pour plus de baise.

Je trinque à mon tour.
Mon hilarité éclate comme on crève un ballon. J'lui ébouriffe sa trombine de perfection. Moi je suis tellement cabossée. Je lui case un bécot spontané sur la tempe avant de le relâcher et de rendre à ma bouche, la seule affection qu'elle mérite : celle du goulot de ma bière.

- J'ai déjà pensé à m'inscrire dans une salle de sport pour avoir accès à plus de matériel que ce que je peux bien avoir ici, mais... C'est un peu abusé dans ma tête. De me dire que j'irais faire du sport plutôt que tenter de reprendre la fin de mes études.
- Pourquoi ? J'hausse les épaules.
- J'ai l'impression de me prendre la tête pour pas grand-chose, parfois.
- Non, c’est la société qui t'oblige à penser comme ça, à aller à l'encontre de tes désirs, à te croire toujours coupable. On nous inculque qu'il faut faire taire la p'tite voix à l'intérieur de nous et obéir à certaines règles. "Ecoute et respecte tes parents", "Le sexe c'est pécher", "L'homosexualité et la transexualité, c’est contre nature", "Le travail c’est la santé", "Si on te fait du mal, tends l'autre joue et pardonne...", "Le sport c’est moins noble que les études...".... BULLSHIT !

Je lève le regard vers lui. Fauve.
Quitter la Roumanie, vivre dans la rue avec Teuty, me prostituer pour grailler, devenir la pupille d'un vampire, monter sur un ring pour frapper, changer mon corps pour qu'il me ressemble, chasser de nouveau, poser mes valises pas loin de tes godasses...
J'ai tout décidé, tout voulu. Pas par faiblesse, desespoir ou fatigue.
Tu comprends ?

Quel visage suis en train de te rendre, Antoine ?
Tu me vois, pas vrai ?

- Emmerde-moi tout ça ! Ces conneries nous tuent. Sois toi. Ecoute ta voix qui dort au fond de ton âme.
Je lui enfonce un index au creux de la poitrine, avec une expression de défi. Tu seras libre...

Ma vie, mes règles.
Et la tienne ?
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Mar 24 Juil - 6:48


J'ai rigolé, face à ta réplique. Parce qu'elle était bien renvoyée. Alors, j'ai rigolé de bon  coeur, apprécié ce bout de vie qu'on s'offre sans réfléchir. Peut-être qu'on devrait juste continuer ainsi, ne plus jamais se prendre la tête, juste rester dans des conversation où plus rien d'autre n'est évoqué que les conneries qu'on peut se lancer à nos âges. Ceux où on est censé rouler sur la route de la vie sans se soucier de si le feu avant est cassé. Sans se soucier de ce qui peut arriver comme adversaire. Qu'on peut tout affronter. Mais je ne suis qu'un sot, qui me lance dans des réflexions trop profondes pour moi-même. Qui se fatigue avec le devoir et le faire. Bataille, épée de mousse contre une de fer. Je m'érode sur place, ris pour tenter de donner une autre mesure à mes propos. Mais tu frappes souvent là où ça saigne déjà. Tu peux pas savoir parce que tu erres les yeux bandés et dans le noir. On patauge dans un truc qu'aucun ne mesure réellement. Et tu plantes tes doigts en plein dans mon coeur à chaque fois. Même en parlant d'une globalité, je me rends bien compte, tu évoques pile ce qu'il ne faut pas dire. Ne me rappelle pas le pourquoi de ma liberté actuelle.

Souffle rendu court, tentative de ne pas perdre le masque. Je le retiens du mieux que je peux, l'agrippe de toutes les veines cardiaque. Reste en place, s'il te plaît, ne gâche pas tout encore une fois. Et je tente de faire bonne figure, parce que c'est toi, face à moi. Et que ça m'importe de le faire. Que ça m'importe que tu te dises que je me sens réellement mieux, depuis quelques jours à peine. Que la bouche qui bouche l'artère principale a un peu bougé, qu'un filtre de lumière perce à nouveau. Je veux que tu te dises que c'est rien, ce truc qui me ronge le sang chaque jour depuis près de dix ans. C'est comme si je l'avais déjà su jeune, sans connaître les mots. J'avais déjà les maux, les regards qui se perdaient sur les mauvaises personnes. Et ça me glace le sang, sur l'instant. Parce que c'est toi que je regarde, là. Et que pour moi, tu n'en es pas une. Mais y'a tout qui s'effrite, se brise. Et le sourire se perd, tandis que ton doigt s'enfonce plus profondément dans la plaie encore.

La liberté, qu'est-ce que c'est ?

Une bouche qui s'ouvre, sans trouver quoi dire. Qui voudrait vraiment te donner une réponse, te dire que j'ai bien compris, de pas t'en faire. Mais tu sais, mon souci... C'est que je suis libre. Que je cherche à me remettre les chaînes quelque part. Alors que je sais que ça servirait à rien, en soi. Que le mal est déjà fait. Mais je le pense sincèrement, que je ne serais pas plus malheureux que maintenant. C'est ça ou disparaître, tu sais. Alors finalement, j'abaisse toutes les défenses, y'a tout qui valdingue et je te regarde avec trop de trucs dans les yeux. Trop de lueurs qui te voient en même temps que moi.

Je suis déjà libre, Ciulin. Et j'en paye le prix, chaque jour. Mais je suis fatigué de l'être, tu sais.

La terrible vérité, qui tombe. Une main qui remonte, pour venir aplatir la tienne contre le creux que tu désignais. Celui qui l'est vraiment, sans que tu puisses le savoir. Je laisse la mienne par-dessus, parce que j'en ai besoin, pour continuer. Et j'ai de nouveau cette expression qui me quitte jamais, quand t'es pas là. Celle où tout semble déjà trop morose, comme si j'étais déjà rouillé de partout.

Je regrette tous les jours d'avoir conquis cette liberté.

Parce qu'avec elle est venue la solitude. Parce qu'avec elle est venue beaucoup trop de choses. Comme si les chaînes de la vérité omise étaient devenues plus terribles encore, que le boulet m'enfonce droit vers des profondeurs que personne n'explore en famille.

Je l'ai écouté. Je l'ai exprimé. Et j'ai été rendu libre.

Et avec, la colère, qui sommeille profondément. Dénaturé, privé de ses sens. Je me sens comme une bête dans un parc animalier. Sorti d'une cage, mais avec des barreaux juste plus éloignés, désormais.

Mon père m'a jeté à la rue, après ma confession. Et il me manque. Mais tant que je serais libre d'être qui je suis au fond... Alors, il en sera toujours ainsi...

Le coeur à ses raisons, que cette dernière ignore. Je suis juste pathétique, Ciulin. Tu peux juste mesurer à quel point, désormais. Je lutte contre moi-même. Et je me hais, tellement.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Mar 24 Juil - 9:59

Ton expression se désagrège pour retrouver ton masque de cire. Et quelque chose pince sournoisement trop près du palpitant. Moi, c'est en dedans que je m’effrite.

- Je suis déjà libre, Ciulin.


Ta gueule.

- Mais je suis fatigué de l'être, tu sais.

Ta gueule.Ta gueule.Ta gueule.Ta gueule.Ta gueule.
Ta main me brûle. Je sens ton cœur qui bat. Tes doigts me tuent.

Une photo tremble
et glisse sur un mur pour choir derrière un lit.
Dans l'indifférence.

- Je regrette tous les jours d'avoir conquis cette liberté.

Je ne veux pas t'entendre.
Je ne veux pas que tu me touches ! LIBÈRE-MOI !
Je ne veux pas que tu me lâches...

- Je l'ai écouté. Je l'ai exprimé. Et j'ai été rendu libre.

Arrête...
Arrête de tout foutre en l'air avec tes putains de vérités ! Me renvoie pas mon reflet !
Arrête de me rappeler que mon voyage n'a été rythmé que par des escales de solitude qui m'ont crevée. Laisse-moi me leurrer!
Croire que j'ai pas de coeur à part celui que je livre à la route.
Croire que mon corps est vide et en apesanteur. Une enveloppe. Un outil à toutes convenances.
Croire que ma destinée c'est la violence et m'y blottir !
Laisse-moi dans le noir !
Sans rôle, sans identité. Sans rien de tangible.

Une pile ou deux, de livres mal rangés, s'écroulent sur le parquet.
Personne ne le voit.

ÉTEINTS ! Allume la lumière...
LÂCHE-MOI ! Retiens-moi.
Titan, Thaddeus, Karl,Earl, Shioban, Toi... Antoine. Autant de nœuds voués à pêter, que j'arrache avant. Je pars avant que le lien ne s'effiloche. Je casse net. Parce que c’est à ça que je suis vouée.

Tu me fous les boules Antoine ! Mâchoire contractée, dent qui grincent.

Verre de bouteille qui vibre...

Ne me le fait pas dire.
Ne me le fait pas hurler.

Ne transforme pas mes maigres victoires en fiasco !
Par pitié...

CRAC!

Mon regard chute, hébété, sur la bière qui mousse sur le carrelage, et les tessons qui y voguent. Des taches de rouge paillettent la marrée d'ambre. L'information met du temps à arriver au cerveau. Ma paume libre saigne alors que l'autre s’est refermée en poing nerveux sur le tissus froissé de ton T-shirt.

Antoine.

- Rahat ! que je lance finalement en tentant de ramasser les bouts de verre gauchement. Je.. Chuis désolée.. J'ai du serrer trop fort.... T'as une serpillière ?
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Mar 24 Juil - 10:18


Là où ça fait crac,
ça fait boum aussi.

J'ai le regard dans le tien. La tête pleine de conneries encore sans doute. Et je me tourne dans tous les sens, chaque nuit. Je te vois ne plus bouger, mais je sens tes doigts qui se resserrent, sous ma dextre. Et je fixe le noir durant des heures, à la recherche de réponses. Puis il y a ce bruit, mais pas de bouteille de champagne qui fait valdinguer son bouchon, parce que rien à fêter, rien à part la fatalité. Et je me dis qu'en fermant les yeux, je finirais par disparaître.

Là où ça gronde,
ça s'éclate aussi.

Je baisse le regard, en même temps que toi. Et je me sens comme ce verre brisé, qui se noie au milieu de l'écume, baigné dans le sang chaud. Y'a ton poing, encore ancré à moi, sous ma paume, alors que l'autre, ensanglantée, veut tenter de se ramasser. Toi aussi tu te noies, Ciulin ? Alors je te tire à moi, pour que t'arrêtes de foutre tes doigts là-dedans.

Touche à rien, te blesse pas plus... !

Je m'en veux déjà assez.

On s'en fout de ça, laisse moi voir ta main.

Je suis désolé, je ne voulais pas.

Viens, j'ai une trousse dans la salle de bain.

Ne me déteste pas. Je comprendrais que tu m'en veuilles.

Pose toi sur le rebord, je vais regarder.

Lumière allumée, dans le petit espace. Je me débats avec moi-même. Je suis pas le plus doué, pour les plaies. Je fais que les agrandir, t'as bien remarqué. Mais déjà, je peux au moins virer au mieux les morceaux qui n'ont pas dit adios.

... Désolé.

Torchon propre sorti, pour nettoyer le sang, pour mieux voir. Je me sens mal. J'ai jamais vraiment supporté la vision du sang chez les autres. Surtout quand c'est de ma faute. Mais pour toi, je ferais tout, promis.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Mar 24 Juil - 11:01

Latence.
La colère est retombée, les émotions vives aussi. Je me sens un peu vide.
J'ai la tête qui résonne étrangement. Comme cette fois, avec Javier. (mais ça c'est son don, sa faute, l'orgasme... rien à voir.) J'empile les tessons entre mes doigts. J'ai déjà eu plus mal que ça.
Bien plus.

- Touche à rien, te blesse pas plus... !

Je darde vers toi un regard de gamine qui ne comprend pas, qui se fait gronder alors qu'elle essaie de bien faire.
Qu'elle croit.

- Mais, attends, faut...
- On s'en fout de ça, laisse moi voir ta main.


Je referme la bouche, je me laisse traîner. Je te regarde t'agiter comme une abeille ouvrière. Et ça me cajole la carcasse -et l'intérieur- dans une atmosphère ouatée. Pourquoi tu t'embêtes, Antoine.
Parfois c'est trop cassé pour pouvoir réparer.

- Antoine, c'est rien...
- Viens, j'ai une trousse dans la salle de bain.
- ..... Ok.


Mieux vaut obtempérer si tu prends ce ton à la Earl.  Douceur et fermeté. Je ne suis pas armée pour résister à ce genre d'injonction. On ne m'a jamais appris la tendresse.
Sauf ma mère.
Mais j'ai oublié.


- Pose toi sur le rebord, je vais regarder.

L'espace est ridiculement petit, et tu l'emplies plus que moi avec ta carrure. Moi, je suis un chat, je me faufile partout, même où on ne veut pas. Je cale mon cul sur le lavabo et je te laisse t'activer. Mes prunelles te coulent dessus plus surement que ta douche. A quoi tu joues, Antoine ?
Qu'est-ce que je fous, putain ?

Ça n'a pas de sens.

Tu es pâle comme un linge et pourtant, tu t'ingénies à inspecter les coupures à l’œil nu, pour y voir si aucun résidu de verre ne s'y loge. Tu te débats avec ton torchon. Tu tâtonnes pour trouver du désinfectant. C'est débile, je le vois bien que tu vas me gerber sur les bottes. Mon coeur s'alourdit d'un "Mignon" qui ne devrait pas exister.
Qui ne doit pas.

- ...... Désolé.
- Hey...
Je lui prend le menton pour mieux le soulever. Pour mieux le détourner de mes plaies. Hey... Tu n'y es pour rien, et puis, c'est pas grave. J'ai connu des blessures bien plus moche. je suis coriace et j'ai la tête dure.

Sourire qui se veut léger.

- J'ai même survécu à un trauma crânien, récemment.... Ma pote m'a défoncée avec un tabouret de bar. Tu le crois ça ? Je rigole en fanfaronnant. J'crois qu'on est toujours potes puisqu'elle et son gars m'ont conduit à l'hosto après.

Grimace drolatique.

- Alors quelques bouts de verre, c'est pas la mort !

Haussement d'épaules. Ma main glisse sur ta joue, juste pour cette fois.

- C'est moi qui ait foutu en l'air l'ambiance. Et la bouteille.

Je ne te déteste pas.
C’est tragiquement le contraire.

- Dis ? Tu sens l'odeur ? J'éspère que c'est pas la bouffe qu’est en train de brûler!

Délacer des nœuds, quand ils sont trop près du coeur.
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MessageSujet: Re: Citrons écorchés || Ciulin   Mar 24 Juil - 11:42


Moue sur la tronche, alors que je m'évertue à faire de mon mieux, à tenter de me souvenir de ce qu'on fait, dans ce genre de cas. Parce que je suis le genre de type à pas se couper facilement. Pas envie de m'ouvrir la peau. Ou plutôt que si, sans le courage qui aille avec. J'inspire, mais pas trop. Pour éviter l'odeur du sang, pour éviter d'y penser. Sans me douter de ce que l'avenir me réserve. Et puis je m'excuse, parce que je ne sais faire que ça, que c'est ce qu'on fait, après une bêtise. Après avoir tout cassé, une nouvelle fois. Mais tu me fais relever la tête, croiser ton regard encore. Et ça s'agite un peu plus encore, en moi.

...

Je ne sais pas quoi répondre sur l'instant, parce que peut-être qu'il n'y a rien à en dire. Mon regard se porte sur ta tête quand tu me parles de ça et je me dis que clairement, j'y survivrais pas à tes potes. Je sais pas quoi te dire, je sais plus quoi faire. Je sens le torchon qui s'imbibe, mes doigts qui vont se couvrir de rouge. Mais ce n'est pas grave.

Ciu'...

Je pince les lèvres, secoue doucement la tête. Pas cette fois, champion. Ta main sur ma joue, qui m'arrache un frisson, parce que je me doute bien que tu uses pas souvent de la douceur, que tu cherches à me rassurer alors que c'est toi le blessé de l'affaire. Je me paume, tu sais.

C'est à petit feu, ça se peut pas...

Et je retourne à ta main, armé du courage dont tu fais face. Parce que j'en ai marre d'être comme ça. Alors on va tenter autre chose ce soir.

Je m'en fous, que t'ai vécu pire. Je déglutis. Enfin, je veux dire... Pas parce que t'as eu le crâne fracassé que tu dois avoir mal toute la soirée.

Et je moue encore, lèvres pincées sur le côté, me débrouillant au mieux, avant de choper le seul bandage que ce truc de pharmacie jetable bien peut avoir, avant de commencer à le foutre par dessus des... Compresses ? Un truc du genre, en tout cas, pour que ça arrête de fuiter.

Alors, tu me dis si je serre trop fort.

Et je m'applique, vraiment, soufflant un grand coup. Bandage terminé. Je crois que ça ressemble à quelque chose.

... Tu vas même pas pouvoir manger correctement les fajitas.

La réflexion qui vient de me passer par la tête. Et qui m'arrache un sourire du rire continu, tant c'est complètement con comme pensée. Et quand je relève le regard vers le tien... Je tiens finalement plus. Je me mets à rire, un peu nerveusement faut l'avouer.

Puis trembler.
Sans s'arrêter.

Tête qui s'écrase encore, contre toi. Pour plus que tu me vois. Laisse moi trente secondes.

Pardon...

Concours de politesse remporté haut la main par Antoine.
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Citrons écorchés || Ciulin

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