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 Aout 2017// Stillleben {Vincenzo & Salomon}

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MessageSujet: Aout 2017// Stillleben {Vincenzo & Salomon}   Mar 3 Juil - 16:17





17 septembre 1657
Hambourg


La chambre sent le renfermé et les humeurs malignes. Personne n'est venu l’aérer depuis des jours. Les domestiques sont partis. Leur maître les a congédié en leur laissant de gracieux gages. La fièvre suit des aléas douteux que sa plume ne parvient plus à consigner. Son corps tapissé de rides retient la sueur et le mal.  A genoux dans sa chemise de nuit jaunie de rance, il modèle le dernier ingrédient nécessaire au rite. Ses mains osseuses, maculées de blanc de saturne, tremblent sous l'effort. Toute sa concentration accapare ce qu'il lui reste d'énergie. Il ne lui reste que peu de temps.

Joachim Jungius se sait mourant.

Nouvelle quinte de toux.
Le masque est fin prêt. Fait de papier mâché, il est grotesque et terrifiant : comme marqué du sceau de la Maladie. Il y coud un ruban de soie vert, malhabile, pour le fixer sur le crâne dégarni de ses  soixante-neuf ans. Le nœud, mal serré, se défait plusieurs fois avant de parfaitement ceindre son visage émacié. Soupir sifflant qui lui vient des tréfonds des côtes. Joachim contemple une dernière fois le cercle de sel, égayé de quatre bougies aux point cardinaux, dans lequel il se trouve à genoux. Fébrile, il les allume. Le craquement des allumettes lui semble terriblement sinistre. Il attrape la dague qui lui a servi à sculpter son artefact et s'ouvre la paume. Son sang vicié coule peu et sombre. Il y trempe le bout de ses doigts et peint un sourire de carnaval au monstre qui dérape, un peu au coin des lèvres.

- Persona Veritatis,
Vos obtestor
Persona Veritatis,
Vos obtestor
Ostende mihi faciem tuam....


Il entame une litanie continue, sans respiration, ni pause. Joachim Jungius joue son va-tout. Il a vécu pour et par la science toute sa vie. L'ironie  l'amène à choisir le paganisme pour la terminer. Philosophe, logicien, mathématicien et naturaliste, il fut tout cela et bien davantage. Et pourtant, le monde ne retiendra rien de lui. Trop avant-gardiste. Trop iconoclaste. Il craint que sa Doxoscopia  et son Isagoge phytoscopica  ne soit jamais communiqué au monde, à trépas. Alors , lorsque la silhouette tant espéré fait enfin son apparition. L'homme sourit et se détend enfin.

Son œuvre ne sera pas vaine.





Salomon Grass rajuste son  canotier  sur sa blondeur angélique.  Malgré les « moussons » de Blackwater Falls, le fleuriste s'ingénie à porter des chemisettes d'été chamarrées et des pantalons de lin blanc. Seule entorse à son caprice estivale : un parapluie élégant, d'un vert profond, au manche de bois torsadé. Le démon retire ses verres fumés pour mieux déchiffrer la devanture décrépit : « DOLL HOUSE ».

C'est donc ici que s'est réfugié l'entité qui l'a jadis forgé.

Le tableau était arrivé avec une livraison de Lathyrus odoratus. Cela n'était en rien une coïncidence. Les pois de senteur étaient une marque d'affection et d'humour qu'eux seuls pouvaient comprendre. Dans le langage des fleurs, si cher au Jardinier des enfers, celle-ci disposait d'une signification double entre doute et fiabilité. Un « Je ne te crois pas » ironique du démon des vérité envers son ami et son élève. L'huile était en tout point parfaite, exprimant la vérité sans artifice : une table garnie de nourriture en décomposition, avariée et recouverte de pourriture. Une véritable « Nature Morte ».
Coincé dans le châssis, se trouvait un billet calligraphié. Une simple adresse.

Et le voilà rendu.

Poussant, la porte de l'endroit, il hésite un instant à la franchir, cueilli par les vagissements d'un nouveau né. Surpris, mais non décontenancé, il investit tout de même l'échoppe. Si Buër exprime son désire de paternité de manière métaphorique, son antique camarade n'en est pas à son premier rejeton.  Un demi-siècle sépare leur dernier contact épistolaire, une relation écrite qui a émaillé et égayé toute la seconde existence du végétal démon.

- Bonjour Paimon,
salut Buër avec un sourire pétillant. Qu'il est bon et doux de te retrouver.
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Aout 2017// Stillleben {Vincenzo & Salomon}

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