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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Who's hungry ?

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human ○ drink the water
messages : 54
double-compte(s) : Cecil & Abel
crédits : (c) PΞSTILENTIA
MessageSujet: Who's hungry ?   Mer 4 Juil - 2:48

C’est bon, tu l’as reçu.

Ton bonheur est à la fois complet et parfaitement désuet, comme une petite fille à qui l’ont cède un caprice plus gros qu’elle. On a effectivement céder à tes caprices, Magdalena, et plutôt deux fois qu’une. Il aura fallut le concours de plusieurs douaniers pour l’obtenir, ainsi que quelques arrangements avec des collègues. Mais c’est sur le champ que tu avais pris un billet d’avion pour Alberta et que tu avais filé comme le vent (ton bagage en soute était d’un ridicule modéré) (des vêtements pour quatre jours à peine). Engoncé dans un chemisier en lin blanc presque trop prêt du corps, la taille prise par un pantalon qui remonte très haut et dont les jambes sont très larges et chaussées d’escarpins tout aussi noirs que ton pantalon, tu as l’air impériale, comme prête à dévorer le monde, les gens qui y vivent et pourquoi pas gratouiller un chat au passage.

Récupérer ta valise à roulette ne t’as pas pris longtemps. Aujourd’hui encore tu continues d’appeler ça « la valise de feignant » comme un rappel sombre de ton manque d’entrainement à la chasse. Petit rappel que porter des choses lourdes ne font pas partie de tes prérogatives depuis longtemps. Tu fonces directement vers les voitures de location sans même y penser, signant les papiers en un tour de main et sans sortir le moindre sou. « How’s you wife, Jack ? I bet she’s happy with the baby on his way.  » Quelques mots glissés ça et là, rappeler le pouvoir qu’on peut avoir sur les personnes (avant de ne plus en avoir une fois dans ce village ridicule). Bientôt le moteur ronronne, alors que tu quitte le parking de l’aéroport. Une bonne chose de faite.

Le reste du trajet se fait dans le calme, une radio allumée au hasard et le rythme de classiques du rock fredonné comme si de rien n’était. Tes chaussures trônent à côté de toi, sur le sol, pour conduire avec plus de facilité (un accident est si vite arrivé). Tu es électrique ce soir, survoltée, comme si rien ne pouvait t’arrêter : tu es si heureuse de l’avoir reçu et de pouvoir le partager. Tu n’as même pas prévenu Cristian de ton arrivée, en fait. Peut-être que tu devrais ? Peut-être. Non. Les surprises c’est très bien. Tu n’aimes pas qu’on te fasse des surprises, tu n’as jamais aimé ça. Maniaque du contrôle, peut-être. Mais faire des surprises, c’est une autre histoire. On aime ça, faire des surprises. Si possible en évitant de faire faire des crises cardiaques aux gens. Si possible.

Il n’y a pas beaucoup d’hôtels dans cette ville, on est très loin de Calgary ou Toronto, mais je dois avouer que l’hôtel dans lequel je descends toujours à un petit charme rustique. J’ai une salle de bain dans la chambre, le petit déjeuner offert et une vue sur le reste de la ville comme si l’établissement se trouvait sur un petit piédestal : la perfection. Après avoir récupéré la clef de ma chambre, déposé mes affaires à la va-vite, je me suis littéralement rué vers la voiture pour aller faire des courses. Acheter des oignons, du lard et des pommes-de-terre sous le regard souriant et jugeur des différents commerçants. Il faut bien avouer qu’avec un tel attirail sur toi, il était difficile de t’imaginer en cuisinière.

Sac à main sur l’épaule et sac de papier dans les bras, tu traverses la petite cours qui fait face à la maison de ton filleul sous les crissements de ton talons dans le gravier. Tu n’espérais pas vraiment être discrète, mais tu ne peux t’empêcher d’être un peu déçue lorsque le chien à l’intérieur semble annoncé ta venue de quelques glapissements ridicules (souvenir de tes propres chiens en Roumanie) (Des molosses comme on en fait plus). Sans plus tarder tu toques à la porte, sifflant quelques mots roumains entre tes dents : « Petit traitre. Tu mérites pas la pâté que je t’ai ramené. » et alors qu’on ne t’as pas encore ouvert, tu hausses le ton et continue dans le même langage : « Je sais que t’es là, j’entends ton chien ! Ouvre moi, j’ai une surprise ! »
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paranormal ○ walk the line
messages : 125
double-compte(s) : Titan la démone
crédits : (c) Twizzle, anaphore, electre
MessageSujet: Re: Who's hungry ?   Sam 14 Juil - 0:20

Le troisième couteau fut d’un petit geste décalé de trois millimètres vers la gauche. Pour être parfaitement symétrique avec le reste des munitions faites maison. Cristian lève le nez vers le plafond et expire la fumée dense de son pétard. Il est anxieux ce matin, il est toujours anxieux. Alors quand il est anxieux, il a ses moults gestes pour se calmer. Aligné ses armes de chasseurs par ordre croissants de taille, avec une précision chirurgicale, sur son bureau parfaitement nettoyé au préalable, c’était une façon de se calmer. Il avait réorganisé son emploi du temps de la semaine, certains de savoir comment agir pour ses chasses, les horaires de ses proies réglées comme du papier à musique. De quoi rendre son père fier. Mais voilà longtemps qu’il n’était plus certain que ce soit le cas. Pas plus qu’il soit particulièrement en train de courir après une énième validation du paternel. Probablement que oui, comme tout le monde chez les sangs-coureurs.

Mais il était lessivé. Le retour de Ciulin dans sa vie l’avait conforté dans ce qu’il avait toujours su. Il ne sera jamais comme elle. Il ne sera jamais cette pépite de brutalité et de talent que son ainée était. Pas plus qu’il ne sera cet électron libre qui vit sa vie en disant merdre aux traditions. Cristian s’était acharnée à les faire évoluer, alors qu’il aurait pu claquer la porte il y a bien longtemps. Au fond, il le savait : Il avait fait tout ça uniquement pour avoir l’approbation d’un paternel qui l’effrayait autant qu’il l’adulait. Parce qu’il savait que le moindre de ses gestes seraient désignés et  commandités par l’imposante figure de Kaelig Taur. C’était une vérité qu’il avait toujours su. Tout comme il avait rapidement compris qu’il était une irritante mauvaise herbe au sein de la tradition familiale. Mais qu’on aimait trop pour arracher.

Son dos retombe platement sur le sol, les yeux qui observent les jointures du plafond refait à neuf il y a une poignée d’années. Son casque vissé sur les oreilles passe en boucle le bruit rassurant d’un feu de cheminée. Il se calme, de façon nécessaire. Les attaques extérieure sont de plus en plus soudaine, et il doit faire face à son devoir avec un semblant de paix. Index et majeur tiennent sa cigarette avec nonchalance quand –enfin- il entend ses chiens qui lui tournent autour en aboyant. Ça lui vient d’un coup : on frappe à la porte. On passe son temps à y tambouriner en ce moment. Un changement désagréable quand comme lui, on a longtemps cultivé une solitude nécessaire. Un rappel constant de la raison pourquoi il a refusé de revivre avec ses parents et sa famille quand ils sont arrivés à Blackwater Falls.

Il reconnait sans peine la voix qui tonne derrière, outrée par le manque de réaction de son humble filleul. Il en a un bref hoquet, mais sait qu’il doit agir vite si il ne veut pas subir l’ire de la matriarche. Il se passe sa main en arrière dans ses cheveux, en résulte une coiffure proprement hideuse et grand guignolesque, quand il finit par ouvrir à la Sarpe, qui va de paire avec son t-shirt usé et son jeans troué. Et qui tranche avec le look impeccable de sa marraine.

« Pardon. J’ai pas entendu. Salut Magdalena. »

Il retire son casque et l’invite à entrer. Il ne sourit pas, mais hoche vivement la tête. Il est ravi de la voir, et pour cause : ça fait longtemps qu’il attend sa visite. Même si il aurait aimé être prévenu. Les surprises, Cristian n’aime pas ça. Ça le stress. Pour moult raisons évidentes.

« Je suis content de te voir. » qu’il souligne avec un ton monocorde en grattant son cuir chevelue avec la même main qui tient sa cigarette. Elle sait qu’il est sincère c’est bien la seule chose qui compte. Ses deux chiens, eux, sentent l’odeur de la nourriture et lui tournent autour avec une joie non dissimulée.

« T’es arrivée quand au Canada? » Il se penche pour saisir son corgi dans les bras, le plus agité, qui d’ailleurs s’empresse de pourlécher son maître qui recule instinctivement. « Pardon, il est bruyant, c’est encore un bébé… »

Il lui pardonne beaucoup plus de choses depuis qu’il sait qu’il a un certain potentiel pour la chasse.
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