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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
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 "La Houlette et le Bâton" {Vesper & Ohanzee}

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MessageSujet: "La Houlette et le Bâton" {Vesper & Ohanzee}   Jeu 12 Juil - 15:40




Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.

Psaume 23:4



Ohanzee lorgne la porte de l'immeuble devant lui. Il n'est plus aussi sur de lui. Le lampadaire clignote au dessus de sa tête comme au diapason de ses sentiments. Au premier étage, les effluves herbacées qu'on fume illégalement s'échappe d'une fenêtre entrouverte et empoisse l'air. Dans une rue voisine, on beugle des insanités ponctuées de bris de verre. Nerveux, le jeune cri tripote une carte de visite aux bords cartonnés en émois. Sous le vocable "Whiper, médium" il y a un simple numéro de téléphone et une adresse mail. Deux outils que le ressuscité a du mal encore à manipuler. Un chien aboie. Ohanzee frissonne sous sa veste longue en suédine noire .

Il doit trouver le courage en lui.
Pour Anthony.
Pour Ange.
Pour lui.


Le précédent médium s'était avéré être un charlatan, un vile menteur qui se drapait dans d'éhontés mensonges. Ohanzee l'avait sermonné et c'était fait chassé à grands renforts de menaces armées. La batte de base-ball en fer est la matraque des extorqueurs de fonds modernes.
"Whisper" a meilleure réputation. Les chasseurs du Qaletaga'Den sont formels. Néanmoins, Ohanzee fut fortement désarçonné par la voix fluette d'une jeune fille au téléphone, lors de son premier appel. "Pourriez-vous me passer votre père, je vous prie ?" fut son premier mouvement. Puis, persécuté par le regard revolver de Caoimhe, il avait rajusté le tir, se rappelant, à juste propos, que même les toutes jeunes femmes pouvaient exceller là où les sages se cassaient les dents.
Si Miss "Whisper" est compétente, il n'a nul besoin de s'inquiéter de son "sexe" ou de son "genre" (la subtilité entre les deux termes lui apparait encore confuses à ses yeux de très vieux jeune monsieur.)

Il se doit de garder la foi.
Pour Ange.
Pour lui.
Pour eux.


Une silhouette se dévoile dans l'embrasure de l'ascenceur : grande silhouette efflanquée, jambes fines et cassante, coupe courte échevelée des "garçonnes" de maintenant. Une dégaine de gamine. Elle doit être à peine plus âgée que lui. Elle pousse la battant de la porte vitrée.
Ohanzee hésite, regarde sa montre et se mordille la lèvre inférieure. Le lampadaire a cessé d'hésiter entre ombre et lumière. Il a savamment choisi de s'éteindre.

- M.. Miss Whisper ? Est-ce vous ?


"Car nous marchons par la foi et non par la vue."
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MessageSujet: Re: "La Houlette et le Bâton" {Vesper & Ohanzee}   Sam 1 Sep - 15:36

Whisper s'est faite un nom, toute seule, comme une grande fille. Elle n'oeuvrait pas du tout à Calgary, trop occupée à éviter les pierres lancées par les regards trop pesants lorsqu'elle osait évoquer un tant soit peu le surnaturel. Blackwater Falls a ses défauts, mais elle, elle en joue, elle en rit, aussi, trop heureuse de s'exprimer enfin.
Whisper, Vesper, y'a une poignée de lettres que je saisis fermement à chaque appel à l'aide. Des demandes de contacts variées, de quoi me planter dans le coin et me dire que c'est la bonne chose pour moi, d'être ici. Je parle le même langage que beaucoup dans le coin. Je parle, avec tous, même ceux qu'on ne voient plus.
Alors, j'ai peut-être trouvé ce pour quoi j'étais faite ?
J'ai cette petite certitude qui pointe au cœur lorsqu'on me remercie. Lorsque les yeux brillent à la fin des séances, remplis d'espoir à ras-bord. Parfois, rarement, ça me suffit comme paiement. Et parfois j'me rappelle que mes placards sont pleins de soupes instantanées et que j'ai besoin d'un complément de loyer.
D'aucun dirait que c'est dégueulasse de monnayer ses dons, que l'aide devrait être gratuite. Mouais. Pas ma faute si la société veut que tout travail mérite salaire, pas vrai ?

Madame Harris m'a remercié autrement, elle. Petite septuagénaire coincée dans un appart' miteux de banlieue. Femme douce à la recherche des derniers mots de son fils mort en Irak, qui a obtenu mon pseudo sans que je ne sache comment. Pas important, ce genre de détail. On a parlé, beaucoup. Elle m'a raconté les exploits de son vétéran d'enfant, accompagné de photos. Ca m'a touchée, forcément, avec les padres embrigadés à leur époque. A croire qu'elle savait, peut-être. Et la séance s'est déroulée correctement. Elle voulait un contact, et j'ai fini par le trouver. Encore présent, à hanter son uniforme, précieusement gardé. Et il est parti, aussi rapidement que possible, non sans arracher des larmes de joie à sa mère.
Procédé classique. Rémunération étrange. Madame Harris est sans le sou. Mais madame Harris est une très bonne pâtissière. Et me voilà repartie, sans demander mon reste, un sac de brownies à la main avec l'assurance d'une paie plus conventionnelle dés que je la recontacte. Mouaaais.

Dans quel monde on vit, vraiment ?
Enfin.
La bouche pleine de chocolat, je passe la porte de l'immeuble, prête à entamer une nouvelle entreprise.
Elle est à l'heure, l'entreprise. Pile quand il faut. Et je la reconnais pas tout de suite quand elle s'approche, la nouvelle cible, tant j'suis occupée à m'essuyer le groin plein de cacao.

« Hm ? »

Bouchée avalée, je hoche la tête. La voix me confirme que c'est bien lui, la personne qui a besoin de talents extralucides.

« Aaah... Ouais, ouais. J'te r'mets. Salut ! »

Tout sourire, la Whisper. Elle aime bien ces journées où elle ne prend pas de pause, à enchaîner esprits sur commande. Ça lui permet de se sentir repue, en fin de compte, gorgée d'une chose qu'on appelle la satisfaction du devoir accompli.

« C'bien moi ouep, 'fin, à moins qu'tu veuilles causer à mon père plutôt ? »

Pique gentillette quant à l'échange. Il a pas l'air méchant pour deux dollars, mon interlocuteur. Longs cheveux, allure gracile, regard de faon, pour un âge proche du mien. C'est sans doute pour ça que j'ai sorti la carte de la familiarité facile. Pas comme si j'étais spécialement polie dans les autres cas, mais au moins là j'aurais une excuse. Je sais pas être formelle quand c'est visiblement dans la vingtaine, dusse-t-il être un démon millénaire ou j'sais pas trop quoi.

« J'te charrie. Bon. Raconte-moi c'que je peux faire pour toi ? »

Quel fantôme tu veux rencontrer, gueule de biche ? J'serai ton homme, comme on dit. T'en fais pas, j'peux kicker de l'ectoplasme aussi bien qu'un prêtre assarmenté. En un peu plus sexy, à c'qu'on dit.

« Au fait, t'en veux un ? »

Un brownie pour briser la glace, tendu vers toi, tandis que je marche déjà, vers les prochaines histoires que tu vas devoir me conter.
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MessageSujet: Re: "La Houlette et le Bâton" {Vesper & Ohanzee}   Dim 2 Sep - 13:39

- Aaah... Ouais, ouais. J'te r'mets. Salut !
- B..Bonjour,
fait Ohanzee par automatisme, un peu surpris par tant de désinvolture.
- C'bien moi ouep, 'fin, à moins qu'tu veuilles causer à mon père plutôt ?
- Votre père est également médium ?
Interroge-t-il ingénument sans saisir que la demoiselle se paie sa tête.
- J'te charrie. Bon. Raconte-moi c'que je peux faire pour toi ?
- Euh... Très bien... Euh.. hum...


Il ne s'était pas attendu à se lancer dans un exposé de but en blanc, en pleine rue. Péniblement ,il rassemble ses idées quand une forme cubique et sombre lui est tendue sous le pif. Il écarquille les yeux devant l'intrusion chocolatée, comme si la chose allait lui sauter au visage.

- Au fait, t'en veux un ?
- Est-ce... Est-ce l'une de ces pâtisseries au cacao qu'on appelle "brownies" ?


Il s'en saisit entre le pouce et l'index avant de fixer son interlocutrice, focalisant sur un point précis au coin de sa bouche.

- Vo...Tu... Souffle résigné de l'auto-correction. Tu en as un peu, là... Il désigne un endroit sur son visage en image miroir.

Il trottine à sa suite, le morceau de gâteau dans le creux de ses paumes, tel un petit oisillon blessé. Miss Whisper marche à larges enjambées et il a du mal à suivre. Où vont-ils d'ailleurs ?

- Hé bien... J'aimerais convoquer un errant particulier, pour lui parler. Il tourmente un être qui m'est cher et aimerait le pousser au suicide. Il s'appelle Anthony Jefferson. Il est mort dans un accident de voiture. C'est à peu près les seules informations tangible dont je dispose.

Il tente de se calquer sur son rythme soutenu, de décrypter son expression à la faveur intermittente des réverbères.

-V.. Tu peux le faire venir ? J'aimerais l'apaiser et lui faire comprendre qu'il se trompe en s'abîmant l'âme ici. Il lui faut trouver les voies du Paradis pour y trouver le véritable bonheur.

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MessageSujet: Re: "La Houlette et le Bâton" {Vesper & Ohanzee}   Dim 9 Sep - 10:18

Pardon, Bambi, mais y'a ce rire bien trop sincère qui vient chatouiller mes lèvres quand t'évoques candidement le fait que mon père, le type le plus pragmatique que je connaisse, pourrait éventuellement être doté, lui aussi. Ça serait l'apocalypse tant redoutée, si tu veux mon avis. Et j'crois que peu importe l'cadeau qu'on lui ferait, du don de voyance à la télépathie, il s'enfuirait en mode "nope, je ne suis pas là, je suis un humain, sortez-moi d'là." Alors tu vois, j'en ris, parce que j'le comprendrais un peu, quelque part.
On choisit pas, ni de l'avoir, ni de l'assumer.
P'pa serait pas de ceux qui pourrait y croire. C'bien pour ça, qu'en soi, j'préfère me taire. On a trop de choses à rattraper pour que je l’assomme avec ces vérités qui n'appartiennent qu'à moi.

J'arrête de pouffer, secoue le crâne, passant à autre chose. Ta réaction par exemple, face aux gâteaux, a de quoi interroger mon petit coeur de gourmande. J'ai le sourcil que s'ourle, et la tête se penche sur le côté. Tu plaisantes ou pas, p'tit père ? Me dis pas que t'es sérieux, sur ce coup-là ?

« Ouep ? T'en as jamais vu ? Bah p'tain, j'sais pas d'où tu sors, mais t'as raté un truc. Allez tiens, tu m'en diras des nouvelles ! »

Tu le prends, mais dans un sourire, j'te le fourre en main, mordant de nouveau dans le morceau qu'il me reste. J'ai boulotté la poche plus rapidement que prévu. Boah, faudra que je pense à en redemander à madame Harris en plus de mon joli petit chèque. De quoi remplir le bide avant de remplir le compte, la priorité à la nourriture gratuite.
J'te regarde, dans tes yeux chocolat, quand je m'essuie la bouche d'un revers de manche. Nouveau sourire goût cacao.

« Ah ouais merde ! Merci ! »


Et finalement, le sujet vient, parce que badiner pour rien autour de pâtisseries, ce n'est pas pourquoi tu m'as appelé. Je te laisse parler, exposer ton problème, laisser la situation du jour se tisser. Les mots habituels, les explications teintées de détresse ou d'incompréhensions. J'ai de quoi comprendre les profanes, et les rassurer. Leur donner les réponses qu'ils cherchent, et même celles qu'ils ne voulaient pas entendre.
J'ai pas de mérite. Et j'ai que ça. Si c'était un boulot reconnu, ma place, je l'aurais trouvée depuis longtemps.

On finit par atteindre un recoin de verdure, fait rare au-milieu du gris des immeubles sales. Un petit parc désert à cette heure, trois bancs pour un toboggan. Quelques arbres et des mégots.

« ... Un fantôme, ça ne colle pas les gens pour rien. Ils ont souvent mieux à faire. »

C'est un fait qu'on a tendance à ignorer. Même si le besoin est souvent fort, ils restent, bien souvent, des silhouettes qui observent. Dans le cas des vengeurs, c'est un peu différent. Mais j'en sais pas assez pour statuer du cas de ce fameux Anthony Jefferson.
Mes rangers me poussent vers le banc le plus proche. Je grimpe et m'assoit sur le dossier, après avoir jeté la poche tristement vidée des douceurs chocolatée. C'est l'heure de la nicotine, cette mignonne m'a manquée. A la recherche de mon briquet, ça n'empêche pas de continuer :

« Ton « être cher », il doit lui être lié d'une manière ou d'une autre. Et faut que je connaisse toute l'histoire, outre les raisons de son décès, pour comprendre comment aborder le sujet. S'il me manque des éléments... pour négocier, ce sera plus compliqué. »

Parce que je ne peux pas me risquer à deviner des choses que je ne sais pas. Je n'ai pas le droit d'inventer des raisons de vie à ceux qui l'ont perdu. J'ai déjà essayé, naïvement, de ne pas les écouter, de les renvoyer sans autre forme de procès. J'étais trop jeune pour comprendre que c'est la pire manière de procéder.
Même la mort a droit à une forme de respect.

« Mais si ta question est bien « Est-ce que tu peux le contacter ? », la réponse, vu tout ce que tu me racontes, c'est oui. Le convaincre, par contre, c'est autre chose. »

Ah, le v'là. L'énième pote flamboyant en plastique roule entre mes doigts pour allumer une cigarette, que j'insuffle, comme bien d'autres avant elle. Geste qui tient du réflexe, pause forcée mais relaxante. Mes pensées rejoignent la fumée, se concentrent en une volute que je suis des yeux. Ta phrase glisse dans l'oreille pour ressortir aussi sec. Le Paradis, tu dis ? Je n'ai encore rencontré personne que m'en ai parlé. Mais j'aimerai bien y croire, juste pour savoir où je les envoie. J'aimerais vraiment, tu sais, si c'était pas un ramassis de conneries qu'on peut lire dans les saintes écritures.

« ... Parle-moi du tourmenté. »

Et garde moi ton laïus de cul-béni pour d'autres, on parle de faits tangibles là, pas de concepts fallacieux que les Hommes ont inventé par manque de repères.
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