Revenir en haut Aller en bas



 
AccueilAccueil  TWITTERTWITTER  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

Partagez | .
 

 Inconnu à cette adresse || Kaelig

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur
Message
avatar
human ○ drink the water
messages : 84
double-compte(s) : Gabriel, Galileo, Ipolitt, Will, Zacarías, Peter & Yann
crédits : Ava perso, crackship par amon ♥, code signa par EXORDIUM.
MessageSujet: Inconnu à cette adresse || Kaelig   Ven 13 Juil - 4:14


Assise, devant mon bureau, un regard sur une photo encadrée, avec d'autres. Sur ce père peu connu qui semble détenir tant de secrets encore. Les yeux posés sur cet homme que je ne sais réellement appelé ainsi, si ce n'est pour Mère, pour lui éviter la peine, lui rappeler qu'il est parti voilà bien des années. Puis de nouveau, le papier de la lettre, que je froisse, qui rejoint une autre boulette blanche. Un soupir qui traverse mes lèvres, une fatigue qui s'installe. Mais je continue finalement, reprend le stylo plume et vient à salir une nouvelle feuille.

Cher monsieur Taur,

Je vous écris à ce jour dans l'espoir d'ouvrir avec vous un dialogue, quant à un sujet, qu'apparemment, nous partageons. Je me présente, Oana Timéa Kilik, fille d'Andres Kilik. Il semblerait qu-


Rature. Regard lourd sur les mots qui ne pèsent pourtant rien. Qui n'ont aucun sens. Je roule de nouveau la feuille, l'envoie valser vers des écorchures qui me sont propres. Blessure dans l'âme, de ne trouver les mots beaux pour expliquer mon cas. Stylo qui plane, comme au-dessus d'un nid de coucou. Finalement, j'ouvre mon coeur, après moult essais où le cerveau voulait être de la partie.

Cher monsieur Taur,

Nous sommes le deux janvier lorsque je vous écris ce courrier. La date à son importance car, voyez-vous, vous êtes ma nouvelle résolution. Une des plus importantes prises dans ma courte vie mais qui, j'en suis sûre, restera comme une qui aura le plus compté tout du long de celle à venir. Comprenez que cette démarche pourrait tout changer.
Peut-être avez-vous déjà regardé le nom de l'expéditeur et peut-être que ce dernier aura ranimé en vous quelques souvenirs. Mère m'a dit que vous aviez beaucoup compté dans la vie de feu mon père. Qu'Andres et vous aviez un lien qui dépassait de loin ceux du sang pour certains. Néanmoins je m'excuse en tout premier lieu si j'évoque des souvenirs douloureux pour vous. Ma crainte serait de vous blesser. Et ce n'est pas le but de ces quelques mots. Cette lettre est une invitation si vous le voulez bien à ouvrir un dialogue avec vous, afin de pouvoir discuter avec quelqu'un des origines qui sont miennes. Je n'ai pas grand souvenir... En fait pour être tout à fait honnête, je n'en ai plus qu'un, aussi j'espère sincèrement que vous accepterez de partager des bribes de vie de cette famille qui malheureusement s'est éteinte.

Je vous ai joint deux photos, l'une avec ma mère et l'autre où je suis toute seule, dans l'espoir que vous compreniez la sincérité de cette démarche et qu'elle n'est nullement un canular. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite tout le meilleur ainsi qu'une belle nouvelle année, quand bien même vous ne donneriez pas suite à cette lettre.

Pensivement,

Oana Kilik


Une hésitation, sur la fin. Et finalement, me dire pensive est l'état le plus proche de ce que je ressens. C'est comme être dans une bulle que rien ne peut percer. La lettre est une bouteille à la mer. Alors, j'en dessine finalement une avec un bouchon au bout, sur l'enveloppe, une fois celle-ci scellée. Un sourire, pour l'accompagner, lorsqu'elle est postée, le trois janvier.

Bonne année, monsieur Taur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
hunter ○ ultraviolence
messages : 209
double-compte(s) : Ciulin+ Beitris+ Salomon+ Ohanzee+ Klaudia+ Simone
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: Inconnu à cette adresse || Kaelig   Jeu 26 Juil - 6:42



What you say tells me nothing
What’s the truth, give me something
Take me down a road I believe in
Lost the way, lost all reason
Give me something
Search the past for redemption
Broken glass, no reflection
Take me to a place I believe in


Il neige. Il y a longtemps que le jardin ne s'est pas drapé de blanc. Sorin et Vioréa s'évertuent à rouler la boule de poudreuse glacée la plus grosse pour je ne sais quel projet d'avalanche ou de créature de Frankenstein prête à fondre. C’est une vision étrangement réconfortante que de savoir ces deux gamins épargnés.
J'hume la tasse de café chaud qui réchauffe mes doigts esquintés. Je m'entretiens mais la presbytie et l’arthrite nous rattrapent tous à soixante ballets.

Je m'assoie à mon bureau pour te relire encore une fois.
Oana.

Ta calligraphie soignée m'en dit long sur le genre de jeune fille que tu peux être. Je laisse courir mes doigts sur le vélin puis sur ta photo. J'ai un sourire paisible en observant les fleurs énormes de tes collants, sur ce banc en plein parc, baigné d'une lumière qui te coiffe plus blonde que tu n'es. Il n'y a que des anglaises pour oser porter ce genre de motifs.
Je chausse mes lunettes de correction et prends finalement la plume, à mon tour. L'encre bleue marine s'étale, sans doute trop penchée, aussi voûtée que je ne le suis.


Chère Oana,

Tu peux d'emblée t'épargner l’effort de toutes formalités entre nous. Je t'ai portée dans mes bras alors que tu n'étais qu'un nourrisson et tes grands yeux bleus se sont gravés en moi pour toujours. Etre parrain est une charge sacrée. Je m'en suis acquitté au mieux malgré la distance et la pudeur de ta mère sur votre nouvelle vie. J'attendais sans l’espérer, le craignant tout en priant pour qu'il vienne, le jour où tu souhaiterais de toi même accoster sur les rivages du passé qui nous cimentent tous deux.
Ton père fut mon ami le plus cher et le plus précieux, mon frère d'arme, mon frère tout court. Il n'y a point de souvenirs qui le concernent qui soient malheureux. Nous, vieillards avons ce doux apanage de ne conserver que ce qui fut bon et nourrissant pour l'âme. Laisse-moi évoquer la mémoire de ton père avec bonheur car c'est l’héritage qu'il m'a laissé. Laisse moi avoir le privilège de la nostalgie.

Tu as bien grandi, Oana Timea Kilik. Je vois une belle jeune femme qui porte la marque du regard des siens. Les prunelles azur de ton père. Je te joins, eut égard de ta grande honnêteté et de ta touchante sincérité, une photo -la seule que je possède de ton baptême. Je t'y porte sous le regard goguenard de ton paternel. Notre différence de gabarit l'a toujours amusé. Et tu es si fluette dans tes linges de bébé que tu te perds dans mes larges pognes.

Appelle moi simplement Kaelig.
Et, lorsque ton coeur sera prêt, je serais honoré que tu me nommes parrain.

Bonne année 2017, Oana.
Et tous mes vœux à ta mère, également.

Kaelig Taur



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
human ○ drink the water
messages : 84
double-compte(s) : Gabriel, Galileo, Ipolitt, Will, Zacarías, Peter & Yann
crédits : Ava perso, crackship par amon ♥, code signa par EXORDIUM.
MessageSujet: Re: Inconnu à cette adresse || Kaelig   Ven 27 Juil - 7:51


Jetée en travers du lit, un sourire qui me fend le visage de toute part. L'enveloppe qui se joue de mes doigts, ou bien est-ce eux qui font durer le plaisir. Peut-être me diras-tu ne rien vouloir voir avec moi. Je ne sais pas, c'est toujours excitant l'avant ouverture d'une lettre. Un courrier qui peut contenir tant de choses. Je me laisse rouler pour atterrir sur le dos, levant les bras en l'air, la lettre en bout de course. Curiosité dévorante mais qui ne peut rien face à cette chose qui monte en moi, face à ce coeur qui se gorge de cette vision, de cette écriture sur la devanture. Comme un magasin de bonbons qui porterait mon nom. Je rabaisse, la pose contre mon coeur, le regard trop éveillé, trop plein de lueurs qu'aucun ne peut apercevoir, avant de me redresser, aller à mon bureau pour l'ouvrir tout en douceur, pour éviter d’abîmer quoi que ce soit. Parce que même si tu me rejettes, je la garderai précieusement cette lettre.

Et déjà, en allant pour extraire le tout, mon regard tombe sur la photo. Coeur qui se met à courir un marathon. Regard qui s'écarquille à peine, avant que je ne morde la lèvre. Ne pleure pas, Oana. L'émotion est puissante, vive. Tant qu'elle me parcourt entièrement, qu'un rire m'échappe et que je me retrouve à finalement écraser une larme qui a réussi à s'échapper. Tu es beau, monsieur Taur. Je me perds dans ce souvenir offert d'une autre vie. Un peu la mienne aussi, désormais. Mes doigts qui viennent effleurer les traits de l'homme qui ne semble pas prêt à laisser tomber l'enfant. Tu me donnes de l'amour avant même que je n'ai à te lire. Photo ramenée vers moi, pour déposer un baiser sur le papier glacé, avant de la mettre face à moi, appuyée contre des livres.

Et enfin, j'attaque la lecture, dévorant les mots. Plus tard, pour observer l'écriture. Et bien trop vite, je retiens un hoquet de surprise. Parrain ? Mère me cache encore bien des choses, je crois. Je crois qu'elle avait peur, elle. Que tu puisses ne plus vouloir de ce rôle, près de presque dix-neuf ans après. Les battements erratiques de mon coeur scandent ton nom, cher parrain. Car vois-tu, il est déjà prêt. À te garder en ses veines, à te garder au plus près, à jamais. Je suis sans doute folle, mais ce n'est pas si grave. J'ai la folie d'amour. Tu n'imagines pas tout ce que tu peux représenter. Tu ne mesures pas tout ce que tu m'apportes. J'en tremble, face à cette vague qui m'envahit une nouvelle fois.

Je dois écrire.
Je dois répondre.

Bien assez vite, je repose ta lettre à côté de moi, viens à ouvrir mon tiroir pour étaler rapidement le matériel qui reçoit l'encre quasi quotidienne. Et sans réfléchir, j'écris. Je me lance à coeur battant dans cette correspondance qui me promets simplement... Simplement d'être écouté et de pouvoir partager. Un bout de moi, un bout de nous, un bout de famille.


Cher Parrain,

Vous n'imaginez pas la portée de votre courrier sur moi. Je crois, sans vouloir me vanter, que je pourrais faire concurrence au soleil même à cet instant, tant vous m'avez faite rayonner. Est-ce étrange à lire ? J'espère que non mais je ne saurais cacher la vérité, pas après cette bouffée de bonheur que j'ai pu ressentir. Face à la photo, déjà, qui m'arrache aussi mille sourires. Je ne peux cesser d'imaginer ce que pouvait être ce baptême, rire face à vos mains si larges qu'en effet, je ne semble pas prête de m'échapper d'entre elles.

Et ça me touche aussi, quelque part. Que vous ayez eu cette patience, vis-à-vis de ma mère et moi-même. De voir si un jour, je pourrais vous écrire. Vous m'apprenez notre lien, en toute franchise encore une fois. Je ne savais pas qui vous aviez ce titre-là. Peut-être ne l'aurais-je pas évoqué dans le courrier précédent, par peur de vous l'imposer. Mais si vous m'offrez de pouvoir l'écrire, alors sachez que le coeur est déjà prêt. Qu'il est ouvert au bonheur de savoir que dans ce monde, il y a vous.

Vous, mon très cher parrain.

Je ne sais même pas quelle question poser sur le papier en premier lieu. En fait, je vous écris dans cet instant fébrile d'après lecture, quand les émotions sont encore si vives que le cerveau est incapable de se manifester. Je crois qu'il est important que je vous écrive toujours ainsi à l'avenir, parce que j'en ai eu assez de réfléchir parfois ! Vous pouvez m'imaginer en train de rire face à ce que j'écris, la joie me poussant à faire n'importe quoi visiblement.

Puisque vous souhaitez avoir le privilège de vous remémorer tout ce passé que je souhaite connaître... Pourrais-je vous demander comment vous avez pu rencontrer Andres ? Puis, accepteriez-vous de me parler de vous, aussi ? Je suis curieuse de Kaelig, tout autant que je suis curieuse de ce que mon nom peut cacher. En fait, je crois que j'ai hâte de vous connaître tout court.

Joyeusement,

Oana


Postée, avec un noeud papillon dessiné sur l'enveloppe cette fois.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
hunter ○ ultraviolence
messages : 209
double-compte(s) : Ciulin+ Beitris+ Salomon+ Ohanzee+ Klaudia+ Simone
crédits : (c) Kafkaïne
MessageSujet: Re: Inconnu à cette adresse || Kaelig   Mar 21 Aoû - 16:04

La seconde lettre me parvient une Nuit douloureuse. Mes os craquent, mes muscles peinent à débander. Les nuits de lune rouge sont toujours plus sanglantes que les autres. Le nid a été contenu, dératisé, détruit. Je ne peux néanmoins m'enlever de la caboche le cri d'agonie de la mère en ténèbres venant de perdre toute sa portée.
J'en ai le coeur encore scié.

Ils sont si humains, parfois.

L’enveloppe dort sous une pile déportée dans la journée, que personne n'a encore lu. C'est peut-être mieux ainsi. Je ne sais ce que j'aurais pu baratiner Rihannon si elle avait pu découvrir cet adorable nœud papillon qui orne la missive. L'écriture est moins appliquée, moins ordonnée mais toujours gracieuse. Oana écrit davantage avec son coeur qu'avec sa tête, cette fois-ci.

Un baume, soudain.
Un baume pour le palpitant éreinté d'un vieil homme.

J'éprouve le besoin de m’asseoir, tout seul, à mon bureau, dans la semi-pénombre à peine mouchetée d'une lampe.  Je regarde mes doigts râpeux, bordés de cales et de cloques. Du sang et de la terre sous les ongles. Je refoule le bref instant d'émotion. " Mes larges mains" tuent plus qu'elles n'honorent l'innocence.

Soupir.
Bref.
Remugles qui refluent dans son lit de boue.

J'attrape une feuille de papier et un stylo.

Ma très chère filleule,

Accordons à cette correspondance le luxe du coeur. Oublions les apparats de la cervelle, les codes et les étiquettes. Apprécions la grâce des choses simples. Parle-moi avec tes mots vrais, ils sauront toujours trouver mes oreilles. Apprenons à nous connaitre avec bienveillance et sans être pressés par le contexte qui nous lit.

J'ai rencontré ton père quand nous étions au lycée.  Hors des conciles des clans et de certaines chasses collectives, nous n’interagissions jamais. Nous nous savions chasseurs et descendants de deux clans différents de Sang-coureurs, nous portions le poids de nos noms et de nos réputations respective. Ce fut pure coïncidence que de nous retrouver sur les mêmes bancs d'école.
Ma première impression ne fut pas très bonne. C'était un arrogant petit con, doté du panache qui sied à ce genre de personnalité solaire. Il était drôle, il riait fort, il aimait vivre. C'était un épicentre naturel pour tous les jeunes de notre âge.  Fin provocateur et bafoueur naturel d'autorité, il maniait plus surement le bon mot qui tape juste que les poings.
J'étais son exact contraire. Discret, discipliné, peu à l'aise avec les autres. Je passais davantage mon temps à lire ou à écrire qu'à accorder du temps aux émois adolescents qui agitait mes camarades de classe.  Si Andres n'avait pas brisé la glace, je ne serais sans doute jamais venu de moi même lui parler. J'ai découvert quelqu'un de plus curieux et d'ouvert d'esprit qu'il ne m'était apparu de prime abord. De plus intelligent et intuitif aussi. Il savait jauger les autres en usant de son empathie là où je me suis toujours astreint à analyser. Et je pris conscience, que j'avais fait preuve de préjugés. Il se fichait ne nos patronymes et de tout ce que cela pouvait impliquer. Il avait simplement décidé qu'il voulait me connaitre.
Ton père m'a surement et patiemment apprivoisé. Il y a mis une pugnacité que je ne me suis jamais expliquée. Une fois sorti de l'arène victorieux, notre amitié ne connut plus aucune faille, pas même mes actes les moins glorieux, pas même nos mariages respectifs. Il n'a jamais "fermé sa gueule", comme on dit, et pourtant, il n'a jamais cessé d'être mon allié, mon soutien, et mon frère, plus que ceux, en tous les cas, que j'avais par le sang.

Ton père était un homme bon, tourné vers les autres, un leader né. Il était d'une résilience que je n'ai jamais pu copier. Et je te l'écris sans fard -sans doute est-ce l'émotivité d'un vieux briscard - mais il fut mon héros et une des rares lumière de mon existence. Je ne serais pas le même homme si je n'avais pas croisé sa route. Je n'ai de cesse, depuis, de tenter d'être la moitié de ce qu'il était.

Je dois quitter la plume et cette bulle de nostalgie que tu m'offres en guise de répit. Au plaisir de radoter à en perdre mon dentier, cher enfant. J'attends ta prochaine lettre avec une joie juvénile.

Prends soin de toi et de ta mère,


Ton parrain,
Kaelig Taur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
human ○ drink the water
messages : 84
double-compte(s) : Gabriel, Galileo, Ipolitt, Will, Zacarías, Peter & Yann
crédits : Ava perso, crackship par amon ♥, code signa par EXORDIUM.
MessageSujet: Re: Inconnu à cette adresse || Kaelig   Jeu 20 Sep - 23:21


Comment se sont passés tes partiels ?
Bien, je crois ! Enfin, j'espère en tout cas !
Tu veux sortir pour te détendre un peu ?
Huuum... Je croque dans mon gâteau, souris à ma mère. J'irais sans doute au parc aujourd'hui !

Elle acquiesce avant de venir me frotter les cheveux, déposant un baiser dans ma chevelure. Puis elle s'en va quelques instants, avant de revenir avec le courrier. Deux lettres se trouvent dans le tas et elle n'a pas besoin de regarder les noms dessus.

Tu as reçu du courrier encore.
Chouette !

Je me redresse en essuyant mes mains sur mon haut, pour venir voir desquels il peut s'agir. Et une fois entre mes mains, un sourire plus éclatant encore se laisse voir quand je reconnais ton écriture.

Et bien, tu semblais l'attendre celle-ci ?
J'ai commencé une nouvelle correspondance, je suis contente d'avoir une réponse !
Ah, les débuts... C'est un garçon... ?
... Maman !

Je pique un fard tandis qu'elle rit, chassant l'ombre qui règne souvent dans son regard. Elle revient m'embrasser une joue avant de prendre ses clefs.

Tu es si jolie, ça ne m'étonnerait même pas... Allez, à ce soir ! Sois sage !
... À ce soir... !

Le rouge bien ancré aux joues, je la salue avant de retourner à mon petit-déjeuner, regardant longuement ta lettre. Je termine d'abord mon repas avant de laver le tout et me précipiter ensuite dans ma chambre pour enfin lire. Ma patience est visiblement portée disparue quand il s'agit de toi ! Alors j'ouvre vite le courrier et me retrouve bien assez vite à sourire trop tendrement sans doute, face aux mots. Et rire, aussi, face à cette vision d'Andres que je n'ai pas du tout.

Cher Parrain,

Accordons nous cette petite folie alors, cela me sied tout à fait sachez-le. Mais il faut savoir que je suis une grande maladroite alors ne fuyez pas face à certaines petites bourdes que je pourrais faire, même par écrit !

Je vous remercie de m'avoir confié un tel trésor. Je ne sais comment imaginer Andres en toute sincérité. Mère ne sait pas en parler sans que les larmes ne viennent en grande marée et je n'ose alors plus aborder le sujet depuis des années. Je m'étais résolue à ne rien savoir de lui, d'autant plus en faisant mes recherches sur les Kilik il y a peu et en apprenant le drame. Je ne saurais dire si ce fut un coup dur ou non, pour ma part... Je veux dire par là qu'après tout, je ne savais rien d'eux. J'aurais adoré apprendre à les connaître, partager quelque chose avec eux, mais je n'ai pas eu voix à ces vies-là. Sans doute est-ce pour le mieux face à leur tragique destin ? Je ne sais pas quoi en penser. Permettez-moi de vous conter le seul souvenir que j'ai encore de ce côté Kilik donc...

Je me souviens d'une silhouette, à l'ombre de la lumière du salon. Elle était discrète, un plafonnier qui parfois vacillait. Je me souviens de lui, me dire de faire attention aux ombres qui pourraient rentrer, à chaque clignotement. Sa voix n'est plus si claire que ça dans ma mémoire et je crois que c'est mon imagination qui me joue des tours parfois en faisant mine de l'entendre encore parfaitement. L'envie de me souvenir sincèrement de lui, de ce père à demi-présent, écartelé entre deux foyers. Mais désormais, avec plus d’éléments, depuis quelque temps... Il y a une pointe d'amertume sur la langue peut-être, avant que je ne baisse le regard, de m'en vouloir de ne pas pleurer les morts comme il faudrait. Des inconnus au même nom de famille, celui que j'ai longtemps ignoré. Une histoire sanglante dans laquelle je n'ai eu aucun chapitre.

Je me sens comme une étrangère à tout cela, finalement. Incapable de partager les émotions de quiconque, à ce sujet. Peut-être est-ce mieux de ne pas pleurer cet homme ainsi ? De pleurer juste l'amour mort de ma mère, le frère parti de mon parrain. Peut-être est-ce une charge de chagrin en moins qui n'est pas tant un mal que ça ? Je respecte sa mémoire et j'aurais aimé le connaître, lui aussi, juste pour savoir ce qu'il pouvait être, en dehors de ma mémoire d'enfant qui a sans doute revisité certains détails.
Peut-être que de m'accrocher à ce souvenir, malgré tout, indique un certain attachement ? Je ne sais pas tellement quoi en penser, sincèrement. Mais je ne pense pas être triste, vraiment. Pas à ce sujet-là en tout cas. Mais je suis désolée tout de même pour vous, cher parrain. Et je ne doute pas qu'il soit très de fier de vous, là où il pourrait être. Parce qu'après tout, vous faites sourire la chair de sa chair, au moins.

À bientôt, prenez soin de vous aussi.

Tendrement,

Oana


Un petit bateau pour ce coup-ci, sur l'arrière de l'enveloppe. À l'intérieur, un polaroid d'un écureuil dans la neige londonienne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Inconnu à cette adresse || Kaelig   

Revenir en haut Aller en bas
 

Inconnu à cette adresse || Kaelig

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La rédaction s'adresse à vous!
» Adresse IP fixe et freebox : quelques questions...
» Comment un Nasbaztag peut-il envoyer son adresse MAC ?
» [RESOLU] Neufbox problème Adresse IP
» Une nouvelle adresse à essayer

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
≡ RAISE HELL. :: FAR FROM ANY ROAD :: out of the furnace :: flashback-