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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Léthé || Paul

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MessageSujet: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 13:06


Foutue date. Il la regarde, cette fameuse, du bout des prunelles, du bout des doigts. Les mêmes qui tirent sur le papier de l'éphéméride. Il surveille la date, l'heure. Écoute le tic tac de l'aiguille qui fait tant de tours, mais pas assez à son goût. Il en manque, il en faut encore, d'autres, pas assez rapide à son goût. C'est en retard, tout ça. Ou peut-être est-ce lui qui l'est. Perdu trois ans en arrière, à être encore à cette soirée où l'alcool était un peu trop dans le sang. Peut-être ne l'a-t-il jamais réellement quitté, peut-être que dans les veines, c'est celui du créateur qui coule, plutôt que le sien ? Pensées terribles, dans sa tête. Il hoquette presque de douleur, mais ne veut qu'aucune faiblesse ne déforme ses traits. Parce qu'il ne s'en accorde plus aucune. Va crever ailleurs, stupide Humanité. Et la haine qui déchire aussi le papier, avec lui. La haine qui le plonge dans des abysses où plus rien ne peut l'atteindre. Il n'y a que la faim, pour apporter la fin à ses pensées. Celle qui gronde, tout dans lui. Celle qu'il s'impose, depuis près d'un mois presque. Celle imposée aussi, par les bêtises du nourricier. Il a faim, oui.

Pour autant, il est trop concentré encore, pour entendre l'homme rentrer. Il n'a pas salué, il n'a rien fait, en fait. Resté là, prostré, devant ce bout de papier. Regard trop dans le lointain, le vert vivant qui ne quitte pas le bout de papier. Doigts noircis, qui ne cessent de s'accrocher. Qui resserre, un peu plus, au fur et à mesure. Ils hésitent à arracher, finalement, tout d'un coup. Comme pour tourner la page, enfin. Sauf qu'il n'en est pas capable. Qu'il bout encore trop, intérieurement. Paupières qui se ferment, quelques instants, pour tenter d'endiguer la colère, celle qui s'accompagne de la peine. Il n'en veut pas, vraiment pas, le petit coucou. Il veut juste éclater pour de bon, simplement. Laisse-moi juste crever, p'tain... Et il se souvient, de l'appel reçu dans la journée. De cet appel où la voix maternel lui souhaiter dans ce russe rassurant une bonne nouvelle année de vie. Un orteil de plus dans la tombe, qu'elle disait en riant, parce qu'elle connaissait l'obsession de son fils et qu'elle voulait le rendre simplement heureux. Bientôt crevé, le Ipolitt. Elle ne pouvait savoir qu'il allait réellement mourir, ce jour-là. Elle ne pouvait pas savoir qu'aucune tombe ne l’accueillerait jamais, le fils.

Ne nous dérangez pas, Paul. Vous n'avez pas votre place.
Pas tout de suite, pas encore. Repartez, taisez-vous.

Un son. Un regard, sur l'horloge. Vingt-deux heures vingt-cinq. Il tourne la tête, se détourne de l'obsession du soir. Sur l'homme au nez encore coloré, stigmate premier. Second, sous la chemise. Et l'oiseau cligne des yeux, l'air ailleurs encore, avant de comprendre que le son provenait de l'être humain. Il émerge, le coucou, bouillie dans sa haine. Sauce au vin, accompagné de son lit de foie.

... Hein, t'as dit quoi ?

Tentative d'atterrir de nouveau dans ce bas-monde. Foutue date.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 14:16

Cet endroit me fait peur.

La pensée fugace s’est tissée autour des autres pour s’y imprimer, poison docile qui se distille. D’abord une simple constatation face aux évènements s’y déroulant, avant que le reste ne viennent l’impliquer personnellement. Que l’angoisse vienne se joindre à la danse et que rien ne soit plus comme avant.

Il est tard. Plus de dix heures du soir, peut-être. A son bureau, Paul songe, les mains croisées soutenant un visage harassé. Le regard est perdu dans le néant d’une ville endormie, tranquille. Ou du moins, calme dans l’apparence. Elle paraît si normale qu’elle en devient d’autant plus terrible. Le sommeil l’a fui, au détour de trop de songes teintés de panique. Où sont passées les chimères ? Où sont allés les espoirs les plus tenaces, ceux faits pour donner corps aux vérités les plus folles ?

Ils se sont enfuis. Ils ont eu le courage soudain que Paul a refusé d’accepter. Il a choisi de ne pas suivre, de ne pas courir, puisqu’incapable de soutenir ce poids trop lourd qui lui sert de carcasse. Elle progresse, la maladie. Elle se fait plus insidieuse, plus vicieuse, profitant de cette fragilité toute nouvelle. La ville l’a conquise, elle a décidé d’y rester avec son hôte comme foyer.
Les récentes horreurs l’ont terrassées. Peut-être ont-elles déjà gagné. Peut-être que l’innocence s’est déjà brisée.
La forêt, le sang. La frayeur, les chasseurs.
Et lui, qui demeure, au creux de ce lieu sordide.
Paul songe, Paul, entre deux, entre raison et fardeau. Les prières perdues à l’enfant qui s’accroche, désespéré, au flanc de falaise qui s’effrite sous ses doigts.

Yeux clos, résolution, profond soupire.

Cet endroit me fait peur mais j’ai choisi d’y mourir.

La chaise finit par être trop dure pour ses muscles endoloris. La tête n’est ni aux recherches, ni à l’élaboration des cours du lendemain. Il faudrait continuer pourtant, vaille que vaille, ne pas abandonner, que l’esprit reste seul maître. Mais celui-ci se perd, petit à petit. La vrille s’éclate et le poursuit. Alors ne plus penser reste la solution, la terrible affront de l’abandon provisoire. Je ressens les limites de mon humanité. Elles deviennent visibles, presque palpables. La faiblesse comme unique coupable.

Il sort de la chambre, referme la porte, quelques pas pour rejoindre l’étage inférieur. La tête doit s’aérer tout en restant à l’intérieur. Dehors, il fait trop sombre pour oser s’y aventurer. Et cette pensée le cloue en haut de l’escalier, lui l’intrépide autrefois, lui qui s’y brûla les ailes et qui le regretta. Descente lente avant de rejoindre le salon.
Au début, il ne le remarqua pas, passant devant avant de sursauter. Il s’y est pourtant habitué, à la présence de ce colocataire particulier. Quasiment un mois de vie commune aux remous étranges, teintés d’agacements, d’impatience et de rapprochements. La bête et l’homme qui se cherchent et se confondent. Pour ce soir, Paul choisira de ne voir que lui. D’oublier l’homme aigri qu’il impose au vampire, cloué sur place devant l’éphéméride.
Ne pas penser, ne pas se rappeler.
Revoir ses priorités.

« Tu as peur qu’il se décroche ? »


Pas de réponse, rien sur l’instant. Paul n’attend pas, le fauteuil est là, son livre de chevet aussi. Ce n’est que lorsqu’il tourne la première page qu’Ipolitt attire son attention. Que l’humain se fait voir aux creux des yeux trop verts.

Un sourire devant l’expression. « … Non, rien, oublie. Ce n'est pas important. »

Et ses propres yeux se mettent à le scruter, plus qu’à l’accoutumée, pris dans la contemplation de l’être qui, en un sens, partage toutes ses vies.

« Contrairement à ce qui semble te préoccuper. »


Livre refermé, figure plus sérieuse. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au pays des monstres. La gravité est imposée, dans l’air étouffant d’un été qui s’évanouit, petit à petit.

« … Tout va bien, Ipolitt ? »


30 Septembre, un coup de cadran vers l’Automne. Ton visage porte pourtant déjà le froid de l’hiver.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 16:26


Ce n'est pas important.


C'vrai. Il était déjà prêt à y retourner, à sa contemplation silencieuse. À ses souvenirs, à ce passé qui lui anime les tripes comme s'il était encore vivant. Qui l'enterre tout en lui provoquant un feu vif dans la cervelle. À souhaiter autant d'oublier que le contraire. Comme s'il se devait se remémorer le visage du créateur, de celui qui laissé le coucou devenir ce qu'il était. Ce teint plus froid, plus clair, contraste encore plus marquant entre la peau et l'encre. Ce que Paul semble remarquer, au travers de sa phrase, de ce livre qui retrouve ses pages toutes collées les unes aux autres. Comme s'il semblait prêt à écouter l'homme, derrière la créature. Et ça le choque un peu, Ipolitt. Qu'on prenne du temps, pour lui. Comme un enfant à qui on prête soudainement attention, qu'on remarque dans un centre commercial, sans parents. Qui n'ose pas pleurer mais dont les genoux tremblent. Il garde son regard clair sur l'autre, sur celui qui est assis.

Tout ne va pas bien, dans le monde de la nuit.
Cher Paul, vous ne devriez pas faire cela.

Poser des questions dont vous ne voulez pas les réponses.

... Ouais ?

Qu'est-ce qu'être un « tout va bien », déjà ? Il ne sait plus, le petit coucou. La tête lourde, fatiguée. La famine qui gronde dans le corps entier, qui provoque les légers tremblements. Les combats à venir vont être compliqués d'une certaine manière. S'affaiblir, c'est comme se retrouver de nouveau à la force d'un être humain. Voir moins que ça. Finalement, c'est à son tour aussi à la bestiole, de se relever, faire fi du léger vertige face à la gravité trop vite affrontée. Les doigts qui quittent le papier à moitié déchiré. Les yeux encore posés sur Paul, sur ce corps qui dégage cette chaleur, terriblement attirante. Source de vie, irrésistible.

... J'ai juste faim. Désolé.

Il ment mal.
Petit coucou.

Il s'approche, tend la main vers le livre, pour s'en dévoiler la couverture. Et plisser le regard, à tenter de décrypter. Mais les mots, là-dessus... Il est incapable de traduire. Trop compliqué, pour son vocabulaire limité.

Tu lis quoi, predok ?

Le bout des empreintes qui quittent le livre, qui viennent se perdre, pensivement, sur les quelques rides de la main qui le tient encore. Sur les veines visibles, qui lui semblent gorgée de sang. Et pourtant... Il semble avoir perdu de son appétit, à cet instant. Créature qui a le blues, perd de sa fougue. Ipolitt est bel et bien présent, finalement. Mercure s'est éteinte pour le moment.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 17:23

Tes mots sombrent, Ipolitt.
Pas de Mercure à l’horizon pour te rattraper à sa gravité.


L’homme ne le quitte pas des yeux, comme pour sonder l’abysse de l’encre déposée autour des orbes vertes. C’est en elles qu’il cherche la réponse aux tourments qu’il peut y lire. L’empathie est de mise même si elle reste maladroite. L’inquiétude ne se remarque que dans ses mots, peu enclin encore à se laisser totalement aller en sa présence. Barrières encore dressés, difficile à étioler. Peut-être encore quelques efforts de vie partagée.

Il détourne le regard après l’avoir appuyé, tourne les pages du bouquin parcouru trop de fois, par lui et par son fils cadet. Histoire raconté, relu, redite. Moment rare et reliés à un passé presque déjà enterré. Elle est loin, la famille. Elle est faite pour le rester. Pour être préservée de ce qui va inévitablement arriver.
Quand la faim éclate comme billet d’excuse, un sourcil s’arque en même temps qu’un coin de sourire. Nouvelle page sous la pulpe des doigts, il fait semblant de lire comme si tout était normal, ne s’attendant plus vraiment à ce qu’Ipolitt se confie réellement. Il laissera les mots venir d’eux-mêmes, le fardeau en sus, comme de raison dans cette drôle de colocation.

« Déjà ? Tu es sans pitié, tu sais ?… »

Rire, franc, discret, rare. Ces derniers temps sont restés vides et mornes, emprunt d’un silence trop étrange pour être ignoré. Septembre s’est montré impitoyable, mais la fin approche. D’ici deux heures il sera libéré des affronts du mois d’horreur, où son quotidien s’est vu radicalement transformé. Pour le pire. Parfois pour le meilleur.
Coup d’œil vers la créature, qui s’approche enfin.
Les doigts contre le dos de sa main.

Et ce frisson.
Nouveau, décadent.
Ce frisson qui paralyse Paul plus durement qu’une valse de neurones morts.

Le livre n’a plus d’importance. Le sang palpite d’avance à l’insu du professeur. La volonté s’envolerait presque déjà. Il devient difficile de résister à l’attrait insidieux des sensations procurées. Bien que ce mois a été calamiteux, il lui avait permit d’y goûter. A ça. Ce sentiment manifeste et profond, ce morceau de vie qui s’est encré dans sa chair et dans ses tripes.
Cette animation primaire. Cette agitation de la proie qui désire être dévorée.

Alors l’homme réprime cette part débloquée, ces funestes instincts qui se réveillent en secret. Il oublie ces doigts qui épousent ses veines pour se concentrer sur la question presque anodine si la voix n’était pas aussi chargée. Il fronce même les sourcils lorsque le vampire essaie de déchiffrer le titre. Comme si c’était ça qui comptait.

« Croc blanc. », qu’il répond, non sans un léger sourire. « Tu connais ? »

Ça pourrait te ressembler. Quelque chose à mi-chemin entre le monstre et l’humain. Douce ironie. Des histoires de bêtes. Le salon en est désormais peuplé, depuis un mois durant, dans une drôle de danse qui ne s’arrête à aucun moment. De loups, d’hommes, de loup pour l’homme, de loups en chien, de chien qui mordent. La tête tournerait presque. Fichu frisson. Fichu endroit. Fichu tout. Fichu moi, incapable ancêtre. Même toi, tu finis par le reconnaître.

« Et je t’ai déjà dis de ne pas m’appeler comme ça… »

Les yeux se croisent, à nouveau. Ils se fixent sans lâcher. Comme pour chercher la promesse que la nuit va bientôt s’achever. Qu’Octobre saura les sauver.

« Tu n’es pas comme d’habitude. »

Question retournée.

Vous non plus, Paul, et ça ne vous empêche pourtant pas de respirer.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 17:53


Déjà... Difficile de se remémorer la dernière fois où il s'est accroché à la chair du blessé, pour en prendre le précieux fiel. Trop longtemps, sans doute. Mais l'homme demeure faible. Perclus dans sa mémoire, son corps. Ipolitt a fini par le remarquer, enfin. Alors il se contente de frôler les veines, les plis, la peau, de se faire sans pitié en effet, pour ce corps qui réclame aussi, à sa manière. À cette manière de se tendre, à laquelle il ne prête pas attention. Parce que dans ses pensées, parce qu'il encore à se rappeler de quand la vie l'a quitté. Et dans toute son infinité cruauté, il se promet de ne jamais faire subir ça à qui que ce soit. J'te tuerais avant, predok. Après avoir partagé le poison. Quelque chose de franc, sans souffrance. Pour atteindre le sol en étant déjà mort. Pour s'élever sans se tordre en deux, en trois.

M'non. Il ne connaît pas cette histoire-là. Ignore tout, de ce croc blanc. Lui, avec les siens trop rougis. C'est quoi ?

Le bout d'un doigt, qui suit une ligne de vie. Qui va se perdre sous le tissu. Alors il arrête là, souffle un rire maigrelet, face à la protestation tout aussi pauvre de l'homme face à lui. Regard qui remonte sur les traits vieillissants. Il s'arrache un bout de courage, pour sourire à peine. Mais ça s'en va déjà, quand il lui dit qu'il n'est pas comme d'habitude. Cherche pas, Paul. J'suis d'jà mort. Y'a plus rien d'habituel. Un instant de suspendu, silencieux. Avant qu'il ne vienne à fiche une jambe de chaque côté de celles de Paul, pour s'asseoir là, pour venir flirter avec les boutons de la chemise, yeux dessus, pour éviter ceux sous les nouveaux verres.

... J'suis p't'être juste moi, c'soir.

Et il sourit pas, ce soir, Ipolitt. Il défait un premier bouton, attend de voir si l'humain va protester ou accepter de servir une coupe de vin, dans ce repas improvisé.

J'en sais rien.

Et quand rien ne vient dans ce sens-là, il continue. Second quittant sa protection. Hésitation, geste suspendu. Regard qui se relève encore, vers le cinquantenaire, vers ses yeux sombres.

Je retire tous les boutons ?

T'en as p't'être marre d'foutre en l'air des chemises pour m'caprices. En attendant, finalement, un troisième est déboutonné. Et il inspire un peu plus fortement, le vampire. Tandis qu'il écarte le tissu ou qu'il retire le reste totalement, selon la réponse. Et la voici, la peau qui se dévoile au passage. Sur cette blessure qui ne peut pas cicatriser encore, parce que trop entretenue. Mais elle évite de meurtrir davantage le corps ailleurs. Il vient à la frôler, se perdre dedans. Se rappeler comme il est monstrueux, désormais.

... J'sors cette nuit.

Pas de chasse. Pas de sang à verser ce soir, pour le nourrir. Si ce n'est le leur. L'un pour nourrir la bête, la seconde pour nourrir la violence.

J'peux toujours aller chasser, si t'préfères...

La paume qui s'étend, se pose par-dessus la plaie. Comme pour donner réellement le choix, à Paul. Et le coucou qui ne se rend pas compte qu'auparavant, il n'avait jamais demandé son avis, à l'homme. R'tirera ou pas, l'main? Coeur qui tire. Coeur qui se rappelle, avant de bientôt repartir.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 18:41

Non. Ne t’approche pas.
Le corps lutte contre la raison. Le frisson se fait plus fort, il appelle du renfort, de quoi rendre folle l’épiderme bien trop sensibles.
Ça dépasse la cage de chair, le point est trop haut pour parler d’attraction. Il n’y a ni sentiments, ni calcul. Rien ne parle à part l’instinct réveillé à coups de dents trop profondes, trop pénétrantes, prête à déchirer la moindre émotion pour en obtenir la moëlle authentique.
Le corps espère, l’âme attend.
Les yeux brillent d’une ardeur en pointillée, distillée dans ce regard qui n’a jamais rien connu de tel. La jeunesse presque retrouvée, revécue, remâchée.

Ipolitt. Tu as raison. Tu n’es pas toi. Tu es au-delà de ça.

L’homme tente de conserver un semblant de rationalité. Rien n’est joué, tout est tenté, et pourtant il sait que c’est peine perdue. Il a déjà perdu en le laissant s’asseoir ainsi, presque conquérant au-dessus de sa prise. Et Paul aux joues rougies le fixe, les appâts sanguins se précipitant sur le visage carmin. Il oscille entre surprise et appréhension, comme une ultime plainte qui voudrait le repousser tout en l’attrapant. Le repousser, l’attirer. Jouer aux a(i)mants d’une nuit.

« Hum… »

Soupire qui le trahit, qui abat les cloisons une à une. L’homme n’est plus rien en approche de la bête. La contenance et la culture ne font plus office d’arme face à la faim viscérale qui commence à le contaminer. Il voudrait utiliser le livre comme armure. Répondre à la question oubliée, faire comme si de rien était et continuer la conversation. Et rien n’y fait. Adieu la volonté. Croc-blanc finit au sol, tandis que d’autres brillent déjà au-dessus de la victime consentie. Il suit le tracé des boutons qui sautent, un à un. Est-il encore possible de résister face au Malin ?

« … Est-ce que c’est nécessaire de poser la question ? »

On s’en fiche au fond, de cette foutue chemise. La main de l’humain accompagne la sienne. L’incite à tout défaire, pour que les traces ne résident que sur la peau malmenée. Par lui et par le Destin. Par les caprices de l’âge et les envies de festin. La tension le gagne, petit à petit. Une forme subite d’envie, comme à chaque rituel qui les pousse à se lier. Sang donné. Sang dégusté. Allez, maintenant…
Mais la magie se suspend, quelques instants. La main se fait ferme sur celle de l’immortel, les yeux moins sereins et plus sérieux. La peur enrobe la montée progressive de ce désir particulier.

« … Où est-ce que tu vas ? »


La réponse est exigée. L’angoisse afflue. Les doigts se resserrent, les fronts finissent par se rencontrer. Paul n’est jamais trop près pour tenter de le comprendre. A fixer l’absinthe qui coulent dans ces yeux trop enivrants.

« Pas de chasse. C’est compris ? »


Pas de victime.
Faux prétexte dans les billes qui luisent dans le noir.
Pas de partage non plus.

Il est vôtre, Paul.
Seulement vôtre.
Vous devenez, vous aussi, une calamité.


« … Vas-y. »

Baptise-moi, une nouvelle fois.
Prend tout, tout de suite.
Que l’on se perde dans cette danse macabre, juste toi et moi.

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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 19:08


Plus de boutons. Plus de barrières factices. Elles tombent. Avec ce tissu qui se pousse, repoussé sur les côtés. Voici la chair dévoilée, oui. Voici la belle. Elle a du vécu, déjà. Des plis, ci-et-là. Des ombrages fascinants, à sa manière. La vieillesse a quelque chose de terriblement attractif, quand on est condamné à vivre sans elle. Sans rides à venir. Sans temps pour nous affaisser. Il envie ce corps, sous lui. Il envie ce que les tissus blancs cachent, le jour. Il voudrait la même chose, à sa manière. Et peut-être est-ce que c'est ce qu'il réclame, dans le fond, de ses deux prunelles verdâtres, dans celles en face. Donne-moi-en un peu... Pour autant, les iris ne sont pas encore à se fixer en une ligne droite, telles des lames de rasoirs. Rien encore, pas d'instinct de chasse. Si le mensonge a pu être cru, le corps trahit. Pas encore tout à fait envie de se nourrir, le coucou. Il n'empêche qu'il est mis à nu, face à lui. Pas de rouge sur blanc, ce soir.

Y'a des combats...

Qu'il murmure, des bouts des lèvres, alors que les fronts se joignent. Il sent contre un sourcil la monture des lunettes, celles qui cachent peu ce regard derrière, trop profond. Trop humain, aussi. La créature se perd un peu dedans, quand on lui demande de ne pas chasser, ce soir. De ne pas être chassé non plus, quelque part. Aucun n'aurait pu prévoir ce qu'il allait advenir alors, mais les lèvres miment un accord, muet. Comme s'il n'avait pas les mots exacts, ceux qui correspondraient tout à fait à la demande de l'humain. Et puis, à sa manière, Paul dégage la main, donne l'accord, parce que nulle autre nourriture ne sera présente au festin, ce soir. Plus que du raisin écrasé, plus que le vin. Échoué contre son front encore, quelques secondes encore, avant que Paul ne puisse la voir, cette contraction particulière dans les yeux, ceux de l'animal qui part en chasse. Qu'il ne perçoive l'infime douleur qui éveille Ipolitt, le tend un instant, quand les dents sortent, prennent la place. Front qui glisse sur l'autre, yeux plantés encore, virgule droite dans le regard, avant que les paupières ne recouvrent le spectacle, qu'il approche jusqu'à ce que le souffle chaud de la créature ne percute la chair.

... Merci.

Il a fait l'effort de ne pas mâcher le mot, de ne pas le fiche à l'envers. Et au lieu de refermer la bouche, il se contente de l'ouvrir d'avantage, pour planter les crocs blancs. Livre à terre, fiction devient réalité. Dans le même temps, un bras nu qui se glisse contre la peau, pour se fixer dans le dos, pour que la paume s'étale, les doigts avec, pour le pousser contre lui, pour faire une adhésion parfaite. Pour que contre lui, il sente le cœur pulser, que Paul soit dans cet angle particulier. Qu'il ressente tout. Du froid toucher à la chaude morsure. Et enfin, le spectacle commence. Il se cachait par là, dans le mensonge qui débute une nouvelle harmonie. Sauf qu'il est perdu encore, le coucou gris. À voguer dans des océans de doutes et de carnage. À se remémorer la date. À pleurer après les morts, dont la sienne. Fichue créature, mélodramatique. Puisse-t-elle un jour savoir accepter sa condition et enfin cesser de faire sa chouineuse ! Mais en attendant... Ah, elle prend, la bête. Les dents qui s'enfoncent plus encore, quand sa seconde main vient à entourer la nuque de Paul. Découverte de celle-ci, découverte de la naissance des cheveux. Dans lesquels il l'enfoncera, la pogne. Pour amener le souffle anarchique de Paul contre lui, pour sentir sur sa propre peau à découvert, là où le t-shirt n'a pas trouvé intelligent d'être plus étalé. Quelques trous dedans, comme si les mites s'étaient affairées à le picorer par là, puis par ici. Alors, il le sent que trop bien, ce souffle vivant. Et plus il le sent, plus il aspire, gorgées pernicieuses et lentes, pleines d'une volonté qui n'est pas sienne. Plutôt animal.

Voyez Paul, comme il est dévoué.
Voyez Paul, comme il avait faim.

Torse acculé contre l'autre, bras qui termine d'entourer le flanc, le dos, de pousser l'humain à ne connaître que l'emprise de ses bras. Et cette main qui s'est enfoncée, dans la tignasse. Qui l'a amené à poser sa tête contre celle d'Ipolitt, à entendre au plus près, la créature qui boit. À partager son souffle, en plus du sang. Et à sentir, comme ça se soulève, dans le vampire. Qui reprend vie, durant ces longues minutes. Plus que d'ordinaire. Pour la première fois, le coucou ne s'arrête pas au nécessaire. Il a besoin de bien plus, ce soir.

Ivresse, au ceux de tes veines.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 20:01

Le seul combat, ici, il est en moi.
La seule chose qui se tord, c’est ce cadavre que tu ranimes, de cette flamme gelée qui brûle dans ton cœur.
Tu joues, la créature. Tu me tortures et je laisse faire, mes paroles se sont perdues dés l’instant où je t’ai vu.
Tu deviens l’animal qui me happe.
L’instinct personnifié qui nous dérobe et nous broie.
Ta peau tendre tout contre moi.
Tes mots doux qui sonnent mon glas
Et qui me font perdre mon sang froid.

Je te vois Ipolitt, sans Mercure et sans Crowley pour filtrer ce qu’il reste de nous. Sans atours pour nous dissimuler, cette fois. Sans heurs et sans douleurs autre que celle de l’instant où tu te nourris de moi. Qu la chair que je t’offre coule entre tes lèvres avides, que les soupirs se poursuivent comme une traînée de poudre prête à exploser.

Tu m’entends.
Et tu dévores, encore.
Mais tu en as le droit.
Je suis à toi.

Tu es le seul à avoir su me dévoiler. Tu es le seul à avoir trouvé les clefs pour comprendre ce que j’attendais. Sans le savoir moi-même. Sans m’attendre à plus que la place que tu m’as gracieusement donnée. Pour cette chance que j’attendais, viscéralement ancrée dans mes veines. Comme cette faim qui m’animait, moi aussi. Cette faim d’être et d’avoir. Le désir à ma portée, Graal entre mes doigts caleux.

Mais que c’est bon, Ipolitt, de se sentir convoité. Et crois-moi que j’y suis resté insensible pendant des années. Qu’il est bon de te savoir ici, à m’attendre pour dîner. Même en tant que morceau appétissant qui pourrait te rester entre les dents. Sentir ce regard presque félin guetter le moindre de mes pas. Savoir qu’à chaque instant, tu seras là, pour moi. Pour la liqueur dont tu as besoin pour jaillir et vivre, toi aussi, à ta façon.
Alors bois, mon candide. La douce singularité qui rend mes jours moins angoissés. Bois, et bois longtemps, prends ton temps pour savourer le plus authentique de mes aspects.
Bois, bois encore, soulève-moi, apprends-moi à aimer aussi fort que ta faim le fait.

Le corps est donné. L’accord est signé, une fois de plus.

Tes mains me portent et me possèdent, gorgent les miennes d’une force inexpliquée. L’instant d’euphorie à mesure du sang laissé. La transe et l’ivresse, les pics échappés qui m’apparaissent enfin, que je gravis un à un au fur et à mesure de mes gémissements ponctuant ta succion. Goutte par goutte, ma vie coule en toi. Goutte par goutte, elle se concentre dans ma tête et ailleurs, anime mon bas-ventre d’une chaleur indicible. Pas le temps d’y penser. Pas le temps de me regarder. Je ne vois que toi. Rien que toi. Toi que mes mains ridées enserrent, toi qu’elles agrippent, le tee-shirt passant sous le crible de mes ongles. Ta nuque finit par prendre, elle aussi. Pas de cheveux à tirer, rien d’autre qu’une peau à griffer, autant de marques à laisser contre celle qui a déjà tant de vécu. Trop de cicatrices, marque d’aiguilles auxquelles je rajoute ma propre griffe.

J’ignore combien je te donne, cette fois. Mais c’est nettement plus qu’à l’accoutumée. Mon dieu.

Si j’étais sain d’esprit, je devrais me retirer.
Si je tenais à mon humanité, je devrais même m’enfuir.
Si je tenais à la vie, je cesserais de la mettre en danger.

Il se pourrait que je puisse encore m’en sortir.

Mais nous savons tous que c’est déjà trop tard.

Au diable les frasques d’une dualité indécise. Je préfère murmurer ton nom, encore, à l’oreille de la bête. Ipolitt. Ipolitt. Feu de ce corps qui a fini par devenir plus que ce à quoi je le condamnais. Sous tes dents, sous tes mains, sous ce regard dans lequel j’ai perçu cette parcelle de détresse beaucoup trop humaine.

Ma peau boue. Elle s’anime. Elle se tend toujours plus quand la fièvre me finit par me tenir. Toujours plus. Toujours plus. Ma tête tourne et flamboie. Yeux qui se ferment et se plissent, quand le rouge rencontre la salive, quand le festin tourne à l’orgie.

Et je sens tout ça monter. Ces reins vers le ciel qui se collent aux tiens. Jeunesse rendue à l’échine désarmée. Une larme de joie qui s’échappe contre la peau gravée.

Et le murmure s’envole, mute, et mes mains te serrent, davantage. Ne pars pas. Jamais. Vis ici, à mes côtés.
Mange-moi.
Jusqu’à en crever.


« Encore… »

Ma supplique est folle.
L’inconscience vrombit d’une délicieuse panique, euphorisante, qui me pousse à rire avec les yeux trempés de ce bonheur profond.
Faites que cette nuit ne soit pas la dernière.
Je te laisserai faire de moi tout ce que tu voudras.
Parce que c’est pour toi désormais que je supporte l’affliction des Lendemains.
Car je veux bien mourir, Ipolitt, si c’est de ta main.

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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 20:29


Encore, qu'il murmure.

Encore, qu'il veut.

Encore, encore, encore.

Alors, elle obéit, la créature. Encore. Souffle rauque contre l'oreille, qui se mélange dans l'esprit. Sous les os, les chairs, il en sent d'autres qui murmure des mots indécents. Possessivité un peu plus accrue encore, autour de l'homme. Qu'est-ce que tu fous, Paul ? Qu'est-ce qu'il t'arrive, Paul ? Tu me sembles avoir un balais dans le cul, normalement. Le genre trop profondément ancré et qui paraît imbattable dans le genre. Tu te rends compte que tu geins, contre moi ? Que tu réclames quelque chose que tu pourrais ne pas assumer ? Coup de langue, contre la peau, comme pour grappiller la moindre parcelle de sang qui pourrait subsister dessus. Comme pour ne laisser aucune chance à la vie de s'échapper ailleurs. Qu'elle ne puisse que se transférer d'une chaleur à un mort. L'animal qui aspire encore, incapable encore de s'arrêter, mu par un instinct qu'on aurait cru perdu. Et la main, dans le dos, qui le quitte, laissant ici l'interdiction de se détacher de lui pour autant.



Peut-être était-il capable de s'affamer un bon moment, juste pour revivre un moment comme celui-ci. Où même la bête était capable de faire autre chose que prendre sans donner. Doigts sur le ventre, les autres toujours dans les mèches, à s'accrocher encore. Dents qui se retirent, qui retournent dans leur caverne avec le précieux butin sur elles. La langue qui s'invite encore, animal qui lèche la morsure, traque la moindre goutte de sang, pour ne pas la laisser s'enfuir. Le poitrail agité, dans un souffle qui lui semble tout sauf factice, même à lui-même. En vie, Ipolitt. En vie, à sa manière. Regard qui remonte, sur la gorge asséchée. Notre manière...
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 21:15

La conscience a foutu le camp. Elle seule a eu le courage de quitter la ville et ses démons. Ses tendres, horribles démons, qui prennent le cœur pour le tordre et en aspirer toute la saveur.

Paul s’est avoué, la bouche ouverte à mille et un supplices.
Paul est ici, dans cette ville, à en savourer le moindre de ses délices.

A se laisser cueillir sans savoir où il se trouve. A avoir oublié le moindre de ses troubles. A avoir disparu sans laisser la moindre chance de se rattraper.

Entre toi et moi.
Entre tes bras et les miens.
Entre tes crocs et ma chair sacrifiée.




Ipolitt, créature unique, feu des enfers qui se naissent en moi,
Que diable m’as-tu fais ?


Cadence essoufflée.
Retombée.

Rêve terminé, brisé dans un éclat trop soudain.

Souffle sans force, le torse mis à nu se soulève lentement, les effluves de l’existence reprenant leur cours presque normal. L’homme demeure interdit, redescendant lentement de sa transe trop poussée, au bord de l’overdose délicieuse. Affalé contre le fauteuil, fébrile et rouge, des joues jusqu’au torse si tendrement malmené. La voix tente une percée, encore emprunte des émois de l’instant. Le temps s’efface. Il laisse la place aux regards qui se chevauchent. Au silence ponctué de doux râles de celui qui vient de vivre l’intensité pourvu d’un grand i.

« Ip-Ipo… litt… »


Coup d’œil vers le reliquat qui subsiste, preuve de la limite à jamais franchie. Pas de rire, cette fois. L'instant ne s'y prête pas.

Et maintenant, Paul,
Vous voilà plus effrayé encore
Par ces lendemains que vous avez toujours redouté.


« Désolé… pour ça… »
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Dim 15 Juil - 21:37


Serait-ce de la sueur, qu'il distingue sur la peau ? Précieuses perles qu'il happe aussi, d'un nouveau coup de langue. Peau humide, peau moite. Ses propres tatouages ont semblaient prendre vie, durant quelques minutes. Le front qui retombe, contre l'épaule affaissée. Tête qui se tourne, vers l'autre. Il reste là, l'animal de compagnie. Avec un sourire aux lèvres, celles peintes de teintes étrangères. D'une couleur si pure, propre au rouge à lèvres des geisha. Nulle écrin merveilleusement vert pour sa part, seule l'enveloppe d'un homme. Dont le cœur vrombit encore, qui s'emplit de son qui plaisent à l'oreille. Qu'il est doux, ton cœur. Bouche en parenthèses, qui s'élève vers le haut. Désolé, qu'il dit, l'humain. Predok... Il redresse la tête, le buste, baisse les yeux vers sa propre main, à son tour.

Aucun problème.

Vrai qu'il n'en a pas. Il en a connu d'autres. Avant d'être de glace. Souffle légèrement amusé, tête qui se penche à peine, l'autre main qui quitte enfin les cheveux, la nuque, tandis qu'il relève les iris qui reviennent à la normale, vers le visage rougit.

Ça t'va bien, d'être détendu.

Un haussement d'épaules, l'air de balayer la gêne soudaine qui assiège le comparse. Main libre qui vient souligner la morsure approfondie. Il a peut-être un peu trop exagéré, emporté dans l'euphorie.

J'vais me laver l'mains et t'soigner.

Et il se redresse sur ses jambes, quittent celles du cinquantenaire. Regard sur lui, trop bas. Levé de sourcil.

J'déshabille seulement, par contre.

Clin d'oeil, suivi d'un rire. L'air de dire qu'il va lui laisser l'occasion de se draper dans sa dignité égarée de quelques mouvements. Et il s'en va ainsi, vers l'évier ou lavabo le plus proche, afin de se laver les mains, savons par-dessus, regard perdu de nouveau. J'ai foutu quoi ? Rappel de ce mot, qui résonne entre les tempes. Eau qui cesse de couler, avant de prendre le nécessaire pour soigner, pour revenir vers l'homme. Ambiance qui lui semble soudainement assommante, lourde. Il se pose sur un accoudoir, attrape de quoi désinfecter.

... J'pourrais plus t'mordre pour un moment, hrm...

Petit raclement de gorge, sur la fin. Il approche sa main, observe encore l'homme.

Paul, ça va... ?
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Lun 16 Juil - 19:24

La descente est rude, brutale. Les morceaux de rêves deviennent tranchants comme du verre glissé contre la peau rougie. Elle est encore frémissante, sensible à l’air qui glisse contre la pellicule humide formée par l’instant de grâce. Les yeux sont à demi-clos, encore ivre d’un songe qui a subi cette petite mort inattendue.
Paul ne comprend pas.
Paul est perdu.
Encore haletant des vices de la créature dont le charme opère bien trop aisément. Dont l’attitude le conduit inévitablement dans cet état second, cette hypnose terrible qui lui fait quitter terre.
Cette fois, elle a été bien plus violente. Bien plus tendre, aussi, paradoxalement. Et le problème est là. Et tout n’est que misère quand l’homme se rend compte que la bête a atteint ses faiblesses trop intimes, que la morsure s’est glissée sur des terrains pourtant couverts de barbelés. Elle s’est frayée un chemin, l’indécente, pour venir attaquer le cœur à sa source.

Paul n’écoute ni les mots, ne sent presque pas la créature le délester de son poids. Les yeux rivés vers la lumière du plafonnier, il pourrait avoir l’envie de s’y crever le regard, de laisser la lumière le transpercer à l’instant. Il reste inerte, épuisé, encore choqué. Par lui-même. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Ça résonne dans sa tête, ça implose contre les parois du crâne trop lourd. Une main sur le ventre confirme que tout est réel. Poisseuse timidité qui orne les abdos inexistants. Il se sent trop vieux pour ça, et en même, gorgé d’une jeunesse qui n’a pas existé en tant que telle. Les plaisirs étaient ailleurs. La dignité aussi.

Quand Ipolitt revient, que la question survient, ce sont les pensées qui se cabrent, comme le corps qui se redresse. Vivacité de l’instant, qui remplace la lascivité subite. Comme un adolescent pris en flagrant délit.

« … Hein ? Quoi ?... »


Regard presque paniqué. La douleur de la morsure ne survient que lorsqu’il tente de retrouver un peu de décence en remontant son bas. Picotements âpres et esprit à la dérive. Le bad trip arrive.

« Je… »

La main vient soutenir le front, trop pesant, trop pensant. Paul a égaré son chemin dans le quartier des désirs.

« Je ne sais pas… »

Regard vers la créature. Elle qui est à l’origine de tout, des troubles jusqu’à l’humiliation de s’être ainsi mis à nu. Le regard est presque rougissant, lui aussi, l’innocence est affublée de rides et d’années passées en solitaire, envie absente, éteinte. Même le mariage n’aura rien arrangé. Et il aura suffit d’un coup de dents pour tout déclencher. Pour que l’homme comprenne que ce corps n’est pas qu’à maudire.

« J’ai du mal à… réaliser... Mais j’ai honte. »

Ipolitt, je crois que tu ne mesureras jamais l'ampleur de que je viens de te donner. Pour toi ce n’est peut-être rien, une sorte de festin trop vivace.

Pour moi c’est un bout d’âme que tu as arraché.

Une multitude de cadenas que tu as fait sauter de tes crocs.
Les portes vont pouvoir s’ouvrir, une à une.
Et j’ai bien trop peur de ce qu’elles ont à cacher.

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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Lun 16 Juil - 19:50


Il n'en sait rien, l'humain. S'il va, s'il ne va pas. Regard de la créature par-dessus lui, qui l'étudie, avant de poser doucement une main sur l'épaule sans morsure à ses côtés. Pour l'inciter à ne plus s'agiter, pour dire à la panique de repartir comme elle est venue. Regarde d'un homme sur un autre, comme s'il y avait des sursauts encore d'Humanité dans la bestiole alors qu'elle a tout renié des centaines de fois auparavant. Ridicule spectacle dont il se passerait sans doute, l'être qui se sent bafoué.

Hey. T'agites pas.

Main ferme, comme pour le clouer dans le fauteuil, pour qu'il ne cherche pas à se relever d'un coup. Il l'a vu, le geste pour se draper de nouveau dans un flot de dignité dont il n'y a pas besoin. Mais les mots suivent et la honte semble donc peser dans la balance. Et dès lors, il est fou de constater que le déséquilibre parvient. Aucun plaisir finalement. La créature a pris, sans donner quoi que ce soit de plus que la honte. Ah... D'accord, Paul. Je vois. Alors il reprend cette mine sombre du départ, rappelle après Mercure et retourne se cacher dans son ombre. Il ne regarde plus le visage, vient simplement écraser le désinfectant contre la plaie, pour nettoyer le sang, pour murmurer au tout de ne plus diffuser cette odeur qui lui fend désormais le peu d'Humanité qui avait bien pu se réveiller.

... Pas de honte à avoir... Geste mécanique, voix sans plus aucune émotion. Les défenses remisent, les blessures elles seront à panser plus tard. M'faute, t'en fais pas.

L'habitude de s'accuser de bien plus de maux. Alors, il peut se rajouter une sentence en plus, une autre action à la liste des dégoûts déjà présents. Rien de plus qui ne puisse l'achever, parce qu'il est déjà à terre. Il soigne sans le faire. Parce que ce n'est que pour mieux blesser. Regard sur le pied à terre, sur le nid emprunté. Regard sur l'homme. Adieu, émotions. Il jette sur la table basse à portée ce qui lui servait à soigner, se saisit d'autre chose encore, vient à essuyer au mieux l'humain, sur tout ce torse.

... D'main, on sort. J'te porte, si faut. Ou après-demain. Faut que j't'montre un truc.

Sans en dire plus, comme pour attirer son attention sur autre chose, avant de délaisser le mouchoir aussi, de reculer pour se saisir d'un pansement, pour venir l'appliquer par-dessus, que le sang cesse d'avoir de l'air pour pouvoir s'échapper encore. Détachement feint, pensées morbides de nouveau. Avec encore le goût du sang, dans sa bouche.

T'veux dormir comme ça où j't'fous dans ton pieu ?

Qu'il donne sa réponse, l'humain. Au pire des cas, il finira avec un plaid par-dessus, pour lui éviter d'avoir froid après tout cela. Au mieux, il finira sous ses draps, bordé par un vampire fuyard. Mauvais oiseau de compagnie, finalement. Comme si tout devait être de mauvaise augure, avec lui, jusqu'au bout.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Mer 1 Aoû - 12:25

La tête vrillée, qui refuse de quitter les étoiles. Elle se love quelques instants encore contre elles, dans leurs caresses inflexibles qui finissent par ramener l'esprit au corps. Le corps si rêche et difficile, le corps si peu habile, si peu tendre avec son hôte.
Le corps, qui d'un coup, était parvenu à s'envoler lui aussi.
Le corps qui, si soudainement, s'était vu accordé d'un pardon.

Bref et furtif.
Étoile filante dans les yeux verts qui restent désespérément à moitié clos. Embrumés.

Paul, et la peine flamboie, dans le cœur qui se remet. Les mots glissent, et blessent, peut-être, alors que tout est imbriqué dans une spirale de coton. Membre engourdis, voix fuyante, murmurante à défaut d'être intelligible. Elle se répercute contre sa caboche osseuse, si vide à l'instant, si heureuse pourtant.
Le souvenir grisant le guide et l'anime.
Ah, si merveilleuse créature,
Pourquoi cet air glacé, si soudain, toi qui n'étais que tendresse ?


Il le suit, des yeux uniquement, le professeur. Emprisonné dans ce carcan, squelette laissé en plan pendant quelques secondes, pantin qui attend ses fils quand il remonte celui de leur conversation.
La Honte.
Encore.
Toujours.
Imperturbable sentiment qui a régi toute sa vie. Celle d'un enfant différent, qui a grandi, pour demeurer le même, les jouets changeant simplement d'aspect. Et elle s'est vissé en lui, la Maligne, pour surgir au plus inopportun des moments. Alors il lutte, de nouveau contre elle, tente des pirouettes maladroites quand l'âge ne suit plus.

« Non, enfin, ce n'est pas... » Voix lente, adoucie, yeux qui cherchent où atterrir. Point d'ancrage sur les tatouages, qu'il fixe, dessins chimériques qui le bercent d'illusions. « Ce n'est pas... de ta faute.  La mienne... uniquement. »

Le vampire approché, la main froide se terre pour saisir, lentement, une rondeur de la planète inconnue. Une épaule, point d'accroche, tangible et tactile pour ce contact dont il crève encore. Littéralement.
Paul, à bout.
De tout, mais pas de toi.

Les mots libérés, perce l'enveloppe brumeuse pour atteindre l'humain épuisé. Soigné, comme de juste, comme après chaque rituel, peu importe l'intensité.

« … Que veux-tu me montrer ? »

Pas de réponse, pas encore. Le temps le dira. Et quand la créature bouge, ça et là, la main retrouve toujours l'épaule, promesse tacite pour les infortunés. Je suis là, malgré mon abominable raison d'être.
Un sourire, vague et perdu. Reliquat de celui qui inonda son visage, autrefois radieux sous l'assaut.

« Mon lit... s'il te plait... »

Et il consent, l'humain, à l'effort douloureux de s'appuyer contre lui. De faire de la créature le valet d'un instant, le serviteur du festin, l'allié du garde-manger misérable qu'il s'est dégotté. Je comprendrais, tu sais, si je finissais par te lasser...

Pardonne-moi, Ipolitt.
Pardonne-moi de ce que je suis,
De que je ne serai jamais,
D'être ombragé de l'épée qui me transpercera.
Demain, ou ce soir.

Pardonne-moi d'être la plus terrible de tes proies.
Celle qui te décevra
A mourir d'autre chose que de Toi.


Pardonnez-le, Ipolitt, lui qui n'est qu'humain
Et dont la tombe l'attend, béante,
Pardonnez-le, Ipolitt.
Il s'accroche encore au ravin qui le happe,
L'Homme qui rêve.

L'Homme qui ose, finalement, au bout des lèvres, se suspendre une dernière fois à la sincérité.

« Merci... pour cette nuit. »

Douce, magnifique nuit,
Retiens ton enfant.
Ipolitt...
Ne t'en vas pas.
Ne t'en vas pas...

L'Automne est terriblement froid, ici-bas.

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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Jeu 2 Aoû - 0:21


J'ai du mal à suivre. Du mal à comprendre comment tu fonctionnes, comment se définit dans ta cervelle en presque décomposition, l’ancêtre. Pas ma faute, la tienne ? N'empêche que t'as la honte gravé encore dans le fond des yeux et que ça me bouffe un peu de voir ça. Parce que je connais pas grand chose à la vie mais je sais comme ça peut bouffer, ce sentiment à la con. Tu crois que tu capteras un jour que tu connais bien plus de choses que moi et t'arrêtera d'avoir cet espoir dans le creux de tes prunelles ? J'ai la sensation d'avoir vécu déjà deux vies distinctes. Mais toi, t'as l'air d'en avoir dix sous le compteur.

T'verras.

Le coucou gris ne lâchera pas l'information si facilement. Il garde son regard posé dans celui de Paul, tente de comprendre de quoi la vie peut-être faite, parfois. Il ne l'a jamais comprise, ne saura sans doute jamais ce qu'il en est réellement. Trop dans son monde, pas assez dans celui des autres. Alors finalement, il se relève quand le lit est choisi et ne s’embarrasse pas vraiment des futilités, vient à soulever l'humain, en soufflant quelques mots pour lui dire de ne pas s'en faire, qu'il pèse pas si lourd que ça. Force accrue, légèrement appréciée à cet instant, alors qu'il le ramène jusque dans la chambre. Chemise restée en bas, il peut bien le faire s'allonger sans se soucier de devoir le fiche en pyjama. Parce que la semi nudité en est un, après tout. Il entend encore le remerciement résonner entre ses tempes, perdu dedans, à se noyer dans les mots, à ne pas savoir comment on s'en sort, de ce genre de choses. Un regard sur Paul encore, peut-être nouveau. T'es étrange, l'ancêtre. Singulier. Et... Il tait ses pensées.

Hum...

Draps tirés sur le blessé, avant de poser les genoux à côté du lit, les bras qui restent sur le bord du matelas, le menton posé par-dessus un avant-bras, la tête tournée vers Paul. Comme un enfant qui regarde un parent dormir. Comme un homme qui en regarde un autre sur le point de partir.

Hey, Paul...

Voix douce, murmure qui s'échappe presque avec difficulté de la bouche. Il hésite à continuer. À juste distiller un souhait de douce nuit un peu insipide. Et puis, il se rappelle qu'il est déjà mort, qu'il n'a plus rien à perdre de son côté. Alors un sourire renaît légèrement, sur ses lèvres déjà trop usées d'avoir tant prises.

J't'aime ienb. Et il se relève, pudiquement, candidement. B'nuitée. À d'main.

Et la lumière est bien assez vite éteinte. Et la créature, elle, prend bien assez vite la fuite, arrachant pour de bon le papier avant de sortir.

[...]

Combien... De temps... ? Incapable de déterminer combien ça avait pu durer, ce songe bien trop long. Il rentre enfin, la capuche par-dessus la tête, le pull qui le protège maigrement de l'ennemi. Soleil qui ne nourrit plus le corps, loin de là. Fatigue intense, alors qu'il peine à rentrer. Des airs de junkie en manque, remarqué par une personne, avant de finalement rentrer à la maison, sous les coups d'une matinée ensoleillée. Souffle douloureux, quand il passe par la fenêtre qu'il a l'habitude d'utiliser comme sa porte à lui, pour éviter d'être vu devant par les voisins. Et il s'écroule par terre, peau quelque peu brûlée par endroit. Mercure s'est approchée trop près de l'Astre, visiblement. Un souffle, alors qu'il retire le pull, pour tenter d'endiguer la sensation d'étouffement. Mais ça ne marche pas. Et il reste là, avec son bestiaire étendu d'une créature, la peur de se reposer au creux du bide. Besoin de fermer les yeux, sans y parvenir. Alors il examine la pièce, depuis tout en bas.

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Léthé || Paul

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