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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 Léthé || Paul

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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Jeu 6 Sep - 11:10

Tout brille, au-dessus de sa tête. Les étoiles, les lampadaires, les rêves de ceux qui n'ont plus peur de fermer les yeux. Tout brille, tout est grand. Le monde bat son plein, au creux d'une vie nocturne qui s'étend dans toute la ville.
Quand certains dorment, d'autres chassent, d'autres survivent, d'autres, encore, vivent, simplement.
De la forêt profonde jusqu'à l'intimité d'un salon.
Il se rend compte, l'homme si faible, l'homme de rien. Il se rend compte qu'il n'est qu'une partie d'un tout, auquel il vient de goûter ce soir.
Le tout, qu'ils forment ensemble, déjà. La loi d'une nature alternée. Pour toute morsure, il faut une plaie. Et Paul s'y est engouffrée, pleinement. En acceptant les mots et les gestes d'Ipolitt, il sait, sans savoir réellement.
Il sait qu'il se donne, que la peau sera retournée, maintes et maintes fois. Il sait qu'il s'offre, s'est offert et s'offrira, encore et encore, roue cassée qui ne pourra plus jamais se retournée. Le chemin n'a plus de début. Seule comptera la fin.
Il sait, désormais, grâce au Tout. Qu'il n'est pas au-dessus, ni en-dessous. Qu'il a choisi d'être proie sans être victime, et d'en jouir sans vergogne, à parts égales.

Il a voulu vivre, tout simplement, parmi ses chimères les plus tendres.

Et diable, Paul, que vous avez vécu.
Bien trop, pour une seule nuit.
Vous avez brisé, d'un coup sec,
Les harnais d'une volonté d'un autre siècle.

Vous vous battez, Desmond, à bâtons rompus
Pour faire de vos songes cette réalité malsaine
Qui vous porte aux nues.

Vous aimez, Paul,
Et vous prétendez à qui veut l'entendre
Qu'il s'agit du vampire avant l'humain
Qu'il s'agit du mort qui vous aide
A vous sentir vivant.

Vous vous mentez si élégamment.

Vous êtes définitivement le seul monstre, ici.

Il ne sent que peu qu'on transporte le corps, l'humain. Il se laisse faire, sans but, sans autre décision que celle de se reposer de ce qui vient de se produire. Sac de sang transporté, lové dans les plis d'un lit tant attendu. La conscience est déjà à moitié diffuse, les yeux définitivement dépourvus de leur armure de verre.

Hey, Paul...


Le corps est lourd. Le corps se tait. Le corps se fait imposant, au moment les moins opportuns. Le corps choisit, seul maître, seul désir. Et il se fait implacable dans sa douleur, rompant les mots qui pourraient sortir de la gorge malmenée, tout en interdisant presque l'accès à ceux qui flottent dans l'air.
La voix du vampire. La voix d'Ipolitt.

J't'aime ienb. B'nuitée. À d'main.


Le corps ne laisse pas répondre, l'esprit demeure bavard. Le corps fait mur, pour laisser son hôte plonger vers le sommeil, lui qui se tient si ardemment au bord de la falaise. Chaque doigt saute, un à un, la prise est fragile.
Il tombe, petit à petit.

Le corps laisse passer un sourire, profondément ancré dans les muscles faciaux qui répondent encore, et c'est déjà beaucoup. Le corps tempère, magnanime dans sa punition.

Le dernier cran avant la chute.

Ipolitt, je...

Plus d'Ipolitt.
Plus rien.
Morphée et Mercure tirent le rideau.

[...]

Vingt-quatre heures de peine endormie, tel est le blâme de l'homme blême qui ne bouge plus. Enveloppé de tissus, le lit fait presque linceul, la lumière n'oscillant que faiblement au course de la journée au-travers de la fenêtre. La chambre respire, lentement, profondément. Rien ne vient à troubler la quiétude du repos.

Pas même la présence tatouée, si prompt à venir débusquer son humain dans son sommeil habituellement.

La demeure reste calme. Bien trop. A peine dérangée par le téléphone qui ne cesse de sonner près du séjour, dring dring qui cogne à la réalité.
Et Paul s'en fiche, du réel.

Les rêves ont une délicieuse saveur de sang et d'encre gravée.

"Professeur Desmond ? Ici le doyen de l'université, je vous contacte à propos de votre absence, vos élèves vous attendent. Tout va bien ?"

[...]

Et les élèves ont attendus. Le premier octobre tonna longuement, en réprimande et en mal de tête. Il dût se justifier, le professeur, présenté une énième fois son dossier médical aux plus obtus. On lui a demandé plusieurs fois si ça ira, si les cours pourraient être tenus. S'il avait besoin d'assistance, de remplacement, de jours à poser. Et jamais il ne pût répondre autrement que ce fameux "Tout va bien." qu'il entend à longueur de temps. Tout va bien, tout va bien, tout va bien, car il le faut bien. Tout va bien, si on ne regarde pas la teneur de ce "tout".
L'après-midi fût prise en bonne et due forme, cette fois-ci. Trop de bruits, trop de faiblesse, le corps a bien du mal à ne pas réclamer le moelleux du matelas. L'Histoire se fera sans lui, pourvu d'idées autres que celles de l'enseignement.
Où es-tu ?
Où es-tu passé ?


Ca résonne, lourdement, parmi tout le reste. Plus fort, plus gravement. Il ne dit rien, Paul, mais ses traits parlent pour lui. Quelque chose lui manque, sans qu'il ne parvienne à l'exprimer. Et en passant la porte, cette chose lui revient. Cette personne. Cette créature.

Le Tout, blessé, qui retrouve le quotidien.
A jamais transformé.

... Mon dieu...

Il se précipite presque, Paul, vers l'étendu. La mallette se glisse rapidement près du porte-manteau, de même que la pelisse du bon professeur, propre sur lui, terriblement malade.

Je ne le suis plus, près de toi
Je ne suis rien de tout ça.


Dis-moi ce qu'il s'est passé.

La main qui le redresse, le regard qui l'examine, des coutures jusqu'aux blessures, aux fêlures. De l'âme et du reste.
La main qui s'attarde, sur l'épaule, les yeux qui percent les phares de verres.

Dis-moi pourquoi tu es parti avant-hier... Dis-moi tout, Ipolitt.

Et dis-moi si je peux te sauver, d'une quelconque manière que ce soit.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Jeu 6 Sep - 12:02


Pas de Dieu ici-bas, que des catins de Satan. Rien que les étoiles pour Angelots qui sont déjà morts. Mais Dieu, il a abandonné la partie, il a oublié de faire le pan adverse de ce monde de merde. Alors Paul, pas la peine de te précipiter, on pourrait m'arracher le coeur que je vivrais encore je crois. Je suis un être maudit, ne l'oublie jamais. Ne t'apitoie pas sur ce sort à la con, souffle juste les braises qui me saisissent. Je t'assure que la tempête passera, emportant qu'un bout d'humanité de plus dans son sillage. Qu'il est usant de se rappeler qu'on vit encore sans respirer. L'apnée, ça devient épuisant.

J't'l'ai dit... Y'avait des combats...

Et la thune qui va avec. Je sais pas tellement quoi en foutre, dans le fond. La mort me préserve de bien des soucis financiers. Pour me nourrir, le chien du voisin suffirait presque. C'est comme faire les poubelles en plus terrible. Quoique, j'en sais rien, la notion de dignité est qu'une connerie de plus oubliée. Et au fond, on s'en bat allègrement les couilles de tout ça, y'a pas de fierté à avoir quand on aurait déjà dû être bouffé par les vers y'a longtemps de ça. Dis, tu crois qu'ils voudront encore de moi le jour où je trouverais comment me plomber pour de bon ? Putain, j'espère que je suis qu'à moitié périmé, me ferait chier d'être à pourrir sans rien pour me grailler la cher, pour tout emporter loin de la terre. Prunelles vertes qui se perdent dans celles adverses, alors que le sourire se fait voir, maigre victoire volée au surnaturel. Une pogne qui s'élève de nouveau, pour s'accrocher faiblement au poignet amical.

Aide-moi à virer m'pull s'teup...

Il reste pourtant là en suspend, à l'observer quelques instants encore, avant que les doigts ne quittent le poignet, pour s'enlever le pull, pour retrouver un peu de fraîcheur sur la peau quelque peu en charpie. Brûlures que le soleil s'accorde de faire. Tant besoin de sa lumière, sans en supporter les rayons pour autant. Mercure en est triste, quelque part. La tête qui repart en arrière, le crâne qui se cogne contre le mur, gorge offerte sans aucun pour s'en nourrir. Il se repose à sa manière, réfléchissant.

T'connais des bestioles qui... Peuvent t'plonger dans un rêve et t'bouffer l'force vitale... ?

Le bestiaire qui s'est agrandit. Foutues bestioles. Je vous hais tous, allez tous crever en enfer. Si j'étais encore humain, je vous chasserais tous. Regard qui reste sur le plafond, qui se souvient de la promesse de l'autre soir. Les étoiles... Je crois que je vais louper le coche. Fais chier. Prunelles qui reviennent à l'humain. Qui n'a pas l'air en forme.

... Hey. Va t'nourrir. Et on ira s'poser dans ton pieu pour discuter, ok ?

Parce qu'il a l'air bien pâle, l'humain. Bien inquiet aussi. Alors la créature infernale lui sourit légèrement, l'air de lui dire que ça ira. Qu'avec volonté, il pourra bien aller grignoter les quelques mètres qui le séparent de la chambrée. Qu'il peut bien user des dernières forces pour aller s'écrouler par là-bas, plutôt qu'ici, par terre. Avec un objectif au bout, il peut essayer. Et peut-être qu'aux côtés de l'humain, il n'aura plus peur de se reposer.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Sam 8 Sep - 4:55

Tu es revenu. Tu es revenu, dans un état inconcevable. Tu es revenu, rejeté par une vie dont j'ignore tout, faite de violence et de perdition. Tu es revenu ici, dans ce lieu qui s'apparente à ta maison.
La peau couverte de brûlures, de recoins noircis, consumés, plus sombres que lorsque l'encre les frôle habituellement. Des craquelures, sèches, des fêlures, des fatigues ponctuées de soleil qui s'est glissé contre ton épiderme. Je reconnais les signes. Et j'ai du mal à tenir. A les voir sur toi. Sans savoir pourquoi.

Ipolitt.

J'ai envie de te crier dessus, de te supplier d'arrêter, de ne pas recommencer, de te hurler à quel point j'ai pu m'inquiéter. De te dire d'arrêter de jouer avec ta non-vie, de t'expliquer, te démontrer que tu n'as rien d'immortel, que les légendes ont perdu leur substance, remplies de mensonges que je m'échine à démanteler.
J'ai envie de te réprimander comme je le ferais avec Callum ou Daniel.
Ou peut-être différemment, je n'en sais rien.

Mais je n'arrive pas à le faire. Je n'arrive qu'à me taire.
Parce que, je crois que te voir ainsi...

C'est déjà trop difficile à supporter.


L'humain se tient près de la créature. Il oublie, quelques instants, ses propres douleurs quand celle d'Ipolitt lui sautent littéralement au visage. Le sien est fermé, luttant pour ne pas crier. Les lèvres closes quand les yeux sont bien trop bavards. Comme à son habitude. Paul ne sait pas se cacher. Il a beau tenter, rien n'y fait. On le débusque toujours, le petit, qui veut échapper aux coups.
Le silence pèse sur ses mains raides. A la demande, il s'exécute, sans plus de cérémonie pour éviter d'exploser. Le pull est délicatement dégagé du sillon des blessures, qu'il observe avant tout, avant même de croiser les yeux vaporeux du buveur de sang. Il voudrait les toucher, ces plaies, les comprendre, les traiter. Les soigner plus rapidement que ce corps pourrait faire. Le sien reste calme, pourtant. Et écoute, simplement.  

... On dirait bien que tu es tombé sur ce qu'on appelle des djinns. Il y en a donc dans les parages...


Peu de créatures peuvent se targuer d'impacter directement l'âme d'un sujet. Le cas de ces félons d'orient avait laissé le professeur circonspect, croyant à leur existence mais pensant leur cas trop rare pour s'avérer être une généralité. Il était à croire que Blackwater Falls attirait, malgré elle, ou peut-être justement à dessein, l'entièreté de la communauté surnaturelle, même la plus inattendue.

Merveilleux, n'est-ce pas ?
Desmond, nous sommes là.
Laissez-le, venez nous chercher.

Il reste sourd, cette fois. La tête se secoue, il renâcle face à l'étincelle qui s'active dans sa cervelle lorsqu'on lui présente ces nouveautés à étudier. Les priorités sont ailleurs, et elles sont en train de pourrir dans son séjour.

C'est... déjà fait. Et ce n'est pas ce qui importe, là, tout de suite.

Un sandwich rapidement englouti sur le parking de l'université, forcé par une collègue avant de rentrer pour discuter des partiels à venir. Parler, parler encore, quand son propre monde était porté disparu. Il n'avait qu'une envie, rentrer. Et le trouver.
Alors ne t'inquiète pas. Pas pour moi. Oublie-moi. Ce n'est pas moi qui ait l'air mourant.
Les rôles s'inversent, et nous n'y pouvons rien.


Les mains s'activent, à nouveau. Mécaniques, un peu trop, pantin désarticulé qui tente de reprendre une forme de contenance pour remettre sur pieds son double, abîmé. Il saisit, avec précaution, les côtes à nues. Comme pour le redresser, malgré tout.
Comme pour transmettre ses forces dont il est dépourvu.

Viens.

Paul tente de se relever, pourvu d'une volonté et du poids du vampire contre lui. Les mains fermes, contre les zones saines, dénuées de souffrance. La pièce à dormir en ligne de mire. Nous pouvons le faire, allez.

Appuie-toi comme tu peux... Ce n'est pas loin.

Les maigres efforts, se parant des atouts des titans. La détermination qui l'emporte, pour quelques secondes, sur les fatalités musculaires. Il y pensera après. Là, il n'est ni patient, ni condamné. Il est. Pour lui, et pour l'autre. Desmond qui se fait Atlas pour soulever Mercure.  

Porter sur des épaules trop frêles la charge de la gratitude.

L'Automne sonne et l'esprit change.

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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Mar 11 Sep - 14:52


Il le regarde, cet humain qui soudainement, décide de faire de lui une priorité dans sa vie. Et si le coeur battait encore, peut-être aurait-il loupé un instant de vie pour lui offrir. Opportunité gâchée, encore. Et ce prénom qui résonne dans la tête mais qu'il n'ose pas avouer. Les pognes qui s'étendent sur lui et ça se meurt un peu plus dans la gorge, cette protestation qu'il aurait aimé pousser. Prunelles qui auraient pu se faire liquide, alors qu'il se laisse porté. Et finalement, peut-être qu'un bref instant, il pourrait s'avouer que la mort lui fait peur. Fatalité qui le frappe soudainement et qui pourrait le faire paniquer, s'il n'était pas si fatigué. Mais oui, la solitude qui vient de l'étreindre plus fermement encore que Paul peut le faire, alors que sa voix lui dit d'approcher plus encore. Tenu, avec la sensation de compter. Depuis quand cela n'était-il pas arrivé ? Que la sacrifié se soucie du bourreau ? Ce teint plus pâle, c'est de sa faute pourtant, non ?

Hey...

Laisse-moi, t'en fais pas, va te reposer... Et pourtant, les mains qui resserrent la prise, sur Paul. Maintenu sur ses jambes, le regard fixe sur ce visage à qui il se souvient soudainement avoir dit des mots qu'il n'avait plus prononcé depuis longtemps. Boum, boum, boum... Pensées vides de toute autre trace que cette impression de tempe qui bat encore. L'esprit Humain a de doué qu'il peut donner des illusions tordues à ses propriétaires. Et il l'avait presque oublié, cette amante qui avait petit à petit pris possession de ses synapses pour effacer tout ce qui n'allait pas. La Folie qui peut faire entendre comme une goutte qui tombe, au milieu du front, même lorsqu'elle n'est plus. Alors il écoute comme ce coeur imaginaire semble se remettre en marche, dans autant de pas qu'ils peuvent faire à deux, avant d'atteindre la chambre. Confort retrouvé, alors qu'il se laisse glisser de Paul au lit. En fermant les yeux, pour ne pas voir l'impact, pour se donner l'équivalent d'une baffe ou d'une balle encore.

Cimer...

Voix faible, murmure discret pour un homme qui avait abandonné la sienne il y a des années de ça. Le creux dans le poitrail qui lui fait mal, à cet instant. Bien plus que le corps. Il se recroqueville sur lui-même, comme lorsqu'il était en bas. Il a peur de respirer, alors qu'il n'en a plus besoin depuis fort longtemps. Vulnérable, finalement, la créature. Coucou qui s'attache au mauvais nid. Erreur de l'humanité. Erreur tout court. Et ça résonne, dans la tête.

C'rien, t'sais... Rappel. À Paul. Surtout à lui-même. Trop Humain, d'être effrayé. Trop Humain, de se sentir seul. Comment font certains, pour vivres des siècles entiers ainsi ? L'ego trop lustré, sans doute. D'ici deux jours, y'aura plus rien.

Qu'en sera-t-il, de la créature ? Paupières closes encore, des reliquats pour atours, alors qu'il souhaiterait tout autre chose. Et comme il est douloureux de se rappeler qu'on a pu avoir des rêves. Petite créature qui craint le sommeil, à l'instant, mais qui voudrait faire comme s'il tombait dans les limbes. Ne plus penser, qu'il quémande, sous le rideau de chair. Alors voici pourquoi le corps agit, plutôt que la tête ? Qu'il tourne sur lui-même, quand il sent Paul s'asseoir à côté. Que le front se pose contre l'humain, que quelques doigts viennent s'agripper à du tissu. Il ne connaît pas les mots, en anglais. Alors ce sont les gestes qui s'expriment.

Il vous parle à sa manière, Desmond. Ridicule.
N'allez pas croire que nous sommes tous si faibles.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Mer 19 Sep - 14:46

J'aurai pu m'écrouler, laisser mes jambes à terre et abandonner, écrasé par le poids de la fatalité. J'aurai pu m'éteindre, te laisser tomber avec moi, nous regarder, impuissants face au destin.
Mais Ipolitt, tu sais, tout cela je le refuse. Bien avant toi. Bien avant tout ça. Je lutte à en perdre haleine, à regarder mes membres et ma tête partirent dans une myriade de danses saccadées avant de gémir et mourir, seuls. Dépourvus de vie, capricieux jusqu'à ce que je les implore.
Je lutte sans raison, à reculer la dernière heure qui est déjà gravée. C'est peut-être lisible pour quelques créatures, il y a sans doute des chiffres qui décomptent lentement jusqu'au moment où je ne respirerais plus.
Moi, je ne les vois pas.
Je ferme les yeux jusqu'à les oublier. Et j'avance. En dépit de tout.
J'ai un but, désormais.
Et c'est pour ça que je t'aide, à ton tour, comme tu m'aides moi, en construisant ce quotidien particulier qui n'appartient qu'à nous.

Ipolitt, je crois qu'en t’immisçant dans mon existence, tu m'as donné envie de la vivre pleinement.

D'une certaine façon...

Tu es tout ce que j'attendais.


La créature s'étend sur les draps défaits. L'homme retient un soupir de soulagement quand le poids se transfère, manquant de tomber à son tour. Les muscles se font cléments, le laissant agir encore un peu.
Le remerciement pleut comme de raison, vague tendresse du garçon qui s'est approché trop près du soleil. Et Paul secoue la tête, l'aide à s'installer. Ces mots sont vide de sens tant il était impossible d'agir autrement. Pas de merci, quand il n'y a pas d'autres options. Je ne pouvais pas te laisser là.

Pas de quoi. Vraiment pas. C'est normal...

Il s'écoute, Paul, sans se reconnaître. Il ne sait pas que la coquille est effritée depuis longtemps, qu'il est impossible de la recoller même à coup d'une rustine faite de fierté et de mauvaise foi. Il ne sait pas, Paul, qu'il y a déjà quelque chose qui point en arythmie avec son coeur, des morceaux de doutes qui piquent le palpitant pour en changer la cadence.

Tout ça, il l'ignore. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne le sent pas.

Que ça commence à s'éveiller, l'humanité empathique. Pour l'inhumain bestial, chassé, traqué, brûlé.
Là où personne ne sait qui est le plus humain des deux, au fond, désormais.

Il s'assoit à son tour, tout près de l'autre, lui jette un coup d'oeil avant de retirer sa propre veste, desserrer un bouton de chemise. On dirait le début du rituel de morsure, mais il n'en est rien. Le mouvement se stoppe cependant, alors que les sourcils se froncent, que le corps se tend, que les mots tombent et se font plus pesant encore que tout le reste auparavant. Il le regarde, Paul, il le regarde cet autre trop habitué à la souffrance pour ne plus la comprendre. Il le regarde et c'est comme une projection, là où lui-même se voit, quand il tait le mal pour ne rien dire.

Alors les réprimandes vont bon train, d'une voix ferme de père. Comme si, lui-même, avait toujours voulu qu'on le lui dise.

Ce n'est pas une raison pour dire que ce n'est rien. Arrête de minimiser ton état et prends du repos...

Le vampire se rapproche, réclamant contact. Un frisson, quand les doigts agrippent le tissu de la chemise. Yeux qui glissent vers lui, le fixent, ne le lâchent à aucun moment. Et la main vient se poser sur l'arrondi du crâne, geste sans mot, tout en pudeur, pour laisser le silence s'exprimer.

Que ça dure deux jours ou deux heures... je resterai avec toi.

Le murmure qui tremble comme un serment. L'humain demeure, demeurera, jusqu'au dernier souffle qu'il redoute, plus que jamais.
Juste un peu. Encore un peu.

Et ici... il ne t'arrivera rien. J'y veillerai. Alors dors... je ne bouge pas de là.

Je ne le pourrais, même si je le voudrais. Et, comble de ma surprise, je ne le veux pas.

Je veux juste rester là.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   Ven 21 Sep - 2:26


J'l'ferais quand t'commenceras...

Voix boudeuse, alors qu'il vient à se glisser contre Paul. Les yeux ainsi fermés, comme un besoin qui s'exprime sans les mots. Et il se fige presque à son tour, quand il sent les doigts sur son crâne. Qu'il est difficile d'espérer, finalement. Comme si ça ne devrait pas être permis. Il tente de ne pas prêter trop attention, mais c'est difficile. Surtout avec les mots qui viennent. Et les doigts qui resserrent leur prise, inconsciemment. Il lui donne de l'espoir qui l'étouffe, finalement. Une brise, un minuscule quelque chose qui pourrait le faire trembler, au garçon, s'il pouvait encore avoir véritablement froid. Mais c'est difficile quand chaque cellule du corps est déjà saisi de celui que la Mort insuffle. C'est une lutte permanente, pour ne pas oublier ce qu'il est. Exercice difficile, pour le coucou qui se prend à rêver de déplier un peu ses ailes, parfois.

Alors il se contente finalement de juste se redresser un peu, pour pousser Paul à s'allonger avec lui. Et se caler tout contre, plus confortablement pour eux. L'oreille posée par-dessus le coeur de l'humain, qu'il entend déjà clairement. Les paupières toujours closent, il s'imagine pouvoir l'entendre vibrer au travers de la cage thoracique. S'imagine pouvoir mettre une sensation sur un son dont il a bien trop l'habitude et qui s'agite tant. Et telle une berceuse d'un autre temps, il commence doucement mais sûrement par se faire emporter par le sommeil. Non pas du juste, car il ne le sera jamais. Mais un réparateur, qui aidera la peau à se régénérer, qui laissera l'esprit oublier cette peur de n'être qu'un rien à une échelle qu'il ne mesure pas encore totalement. Et sans un mot, des dérives pleines de sables le font couler dans un monde où personne ne dévore vos angoisses ou vos rêves. Où il n'y a qu'un coeur qui peut témoigner de la véracité du tout.

Que quelque part...
Il est bel et bien en vie.
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MessageSujet: Re: Léthé || Paul   

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Léthé || Paul

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