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 "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}

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MessageSujet: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mar 31 Juil - 18:52




Alone with this vision
Alone with this sound
Alone in my dreams
I carry around



Les cheveux encore mouillés d'une douche qui revigore, je prépare le diner pour ce soir. Earl et moi, ça fait un bail qu'on a pas pris un repas ensemble. Ça manque. On s'empâte dans ce genre de bonheur domestique, mine de rien. J’espère qu'il appréciera mes efforts culinaires vu le peu de compétence que j'ai en la matière. J'essaie de reproduire les fajitas d'Antoine, au poivron près, en suivant la recette d'après la tablette en équilibre précaire sur la salière. Au moins, ça, personne ne me le retirera, je sais user d'une lame de couteau. J'émince comme une Déesse. Loki m'observe, circonspect, des hauteurs du frigo.

Téléphone qui vibre, Lola au compteur.

- Allo, ma belle ! Comment tu vas ? Ayez, t'as repris le boulot ?
- Ciulin ! C’est énorme ! E-NOR-ME !


Son souffle électrique et les aiguës de sa voix me déclenchent un rire.

- Houla ! Respire ma belle ! Respire.... J'te savais accroc au taf mais pas au point de t'exciter comme ça !
- Couillon ! C’est pas ça dont j'te cause ! C'est un truc de dingue ! Tu te souviens du connard qui m'a niqué les doigts, celui que tu as emmené en ballade pour lui apprendre la vie... Tu devineras jamais qui c'est !
- Saul Vargas, l'écrivain.
- ............... Tu le savais ?
fait-elle, le désappointement plein la voix.
- Ouais, j'l'ai appris après coup.
- Et tu savais qu'il était gay ?
- J'ai eu..... quelques gros indices pour m'faire mon idée....
- Ben dis-toi qu'il vient de faire son coming out, à la télé ! Même qu'il a un compagnon et qu'il réside à Blackwater Falls , ce serait pour ça qu'il est venu...


"L'inspiration pour ses livres" doit avoir un joli petit cul. Par curiosité j'ouvre une page google pour taper son nom. Lola déblatère toujours au bout du fil.

-... Y'a des photos plein le net de leur sortie de l'hosto . Le Dr. Cores dit que c’est un étudiant qui aurait fait un burn out en février ou en mars. Pt'et qu'il est dépressif ou suicidaire ?
- Ça expliquerait qu'il fasse le toutou pour Vargas ! Faut, au moins, plus avoir le gout d'vivre pour se jeter dans les bras du gugus...


Je l'entends abonder dans mon sens à grand renfort d'injures colorées. Elle m'amuse.
Les images s'affichent, lentement, en enfilade de tailles diverses. Je repère immédiatement la tronche enfarinée de Javier, à l'aise avec son cancer et les crabes munis d'objectifs. Son régulier demeure un peu flou. Il y a une vidéo youtube qui s'affiche en grand, sans doute celle du fameux plateau TV. Je la lance en coupant le son, Lola en stéréo par dessus.

- Et donc il a carrément vingt ans de moins... Javier peut bien s'offrir un jeunot, après tout ça reste du domaine de la sucrerie. Et si ça se peut il lui a bien rincé la cervelle pour se faire... et le Dr. Cores dit qu'il s'appelle...

Un visage constellé de son s'affiche au montage.
Un visage atrocement familier.

- ...Antoine.

Le téléphone glisse le long de ma joue. Mon bras s'affaisse mollement. Quelque chose de lourd et de pointu a chuté dans mon estomac et diffuse ses dards.

Uppercut.
Douleur.
Gouffre sous mes pieds.
Résonance de la dégringolade sous la voûte de mon crâne.
Les Abysses me happent, goulues.

Antoine.
Saul.
Antoine ET Saul.

Aiguilles qui touillent dans le bide.

Jamais sur le ring ou dans la Nuit profonde je n'ai encaissé pareil mandale J'étouffe. La voix de Lola bourdonne, lointaine. Je n'arrive pas à détacher mes yeux de l'écran, de la photo, de ce regard vibrant -qu'il ne te destine pas- et le sourire rayonnant de satisfaction de Saul.
Ma vue se brouille, se réduit. Et je comprends à rebours que ce n’est pas mes rétines qui me font défaut.

C'est tout le décor qui tremble.

Terreur.
La planche sautille sous son couteau et ses oignons en lamelles.
Terreur. Terreur.
Les épluchures tombent. La salière se repand sur le carrelage. La tablette se brise en heurtant le sol.
Terreur.Terreur.Terreur.Terreur.Terreur.
Les tiroirs s'ouvrent à la volée, les portes des placards claquent, le couteau manque de se planter dans mon pied en se vautrant à terre avec les assiettes.  Ma tête vrille, explose, craque.

Destructuration du moi.


Bris de vaisselle.
Bris de porcelaine.
Bris de coeur.

En Morceaux. En Morceaux. En Morceaux.

Loki pousse un jappement aigu. Plainte désarticulé, au bord de dégueuler son humanité.
Mais ma pauvre enfant, tu n'as donc pas saisi ?
C’est toi qui hurle, Ciulin. C'est toi. Rien que toi. Tu es le monstre que tu as chassé toute ta vie, toutes les Nuits durant. Sens-tu la machette s'abattre sur ton cou ? Ta tête qui éclate comme une tomate trop mure ? Tu ne veux pas rire de l'odieuse ironie ?

C’est drôle pourtant.
C’est tellement rare les gens drôles.

Nuit ne te gausse pas...

Désintégration nucléaire.
Ton cœur s’est fracassé et tu marches dans ton propre verre pilé.







***


Je ne me souviens plus.
Comment je suis sortie de là.

Il y a eu la langue rapeuse de Loki sur ma joue trempée.
Un coup de tête inhabituellement câlin.
Inquiet.
Et des larmes, des quantités de larmes,
recroquevillée sous la table.
A la dérive de moi même.

Pardon Earl.
J'ai niqué ta cuisine...

Je ne me souviens plus.
Mais je suis là, devant la baraque immense d'Asmodée, à passer par une embrasure de porte de service, à me perdre dans les couloirs. Et je le trouve, comme une camée qui débusque sa dose. Il est là, paisible, affairé à je ne sais quelle lecture. Je savoure, quelques secondes la sérénité de la scène avant de la saccager. Sans m'annoncer ( Ne suis-je pas un chat de gouttière ? Minou ) je me penche au dessus de lui - surprise !- pour lui bouffer la bouche. Sans son accord, je lui retire son occupation des mains pour qu'il les ait pleine de moi.  A cheval sur ses hanches, je fais gémir les boutons de sa chemise à l'en déchirer.
Fièvre malsaine, erratique et tellement désespérée.
Embrassades mouillées, étouffantes, qui ne laissent aucun luxe aux palabres.

Les mots, ça ne sert à rien.

Efface-moi, plutôt, petit bout par petit bout.
Ne garde rien, c'est inutile.

Détruit tout ce que tu trouveras sur ton chemin.
Et lave-moi.
Lave-moi de tout.
de lui
de eux.
de ça.

Adieux Ciulin Mari.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Dim 12 Aoû - 13:27

Une petite souris s'est faufilée par la porte de service de mon manoir. Une petite souris dont je reconnais la frimousse mais pas les traits tirés, l'air usé, perdu. Je le regarde passer sur les vidéosurveillance et je ne m’empêche pas d'y réfléchir. Ciulin n'a pas l'air d'aller bien et les faux-semblants ont visiblement été réduits à néant. Où est-ce qu'il habite déjà ? Hmm, j'avais trouvé cette information à un moment donné. Il faut que je réfléchisse. Ah oui, c'est un ami, je ne sais pas si c'est un colocation régulière ou si Ciulin squatte mais je ne vais pas me gêner pour envoyer quelqu'un vérifier que personne n'est mort là-bas et réparer les dommages éventuels. J'ai un œil sur les caméras, je le vois avancer, se perdre, continuer à bouger pour me trouver dans le dédale de pièces et de couloirs. J'envoie un message à Simone avec l'adresse et une simple demande : vérifier que tout va bien, rendre les lieux nickels si jamais y a un soucis. Je reçois une réponse simple, trois mots : très bien, maître. Elle me tiendra au courant de ce qu'elle y trouve. Simone est d'une efficacité redoutable.
J'entends sa respiration pas loin, je continue à m'occuper. Je finis de donner mes instructions par messages et je le laisse prendre la décision. Envie de parler ? Probablement pas. Ciulin réagit comme une animal blessée. Réaction plutôt que réflexion.

Comme pour me donner raison, il s'approche par derrière et m'embrasse, continue son petit manège et passe à califourchon sur moi. Les mouvements rapides cachent difficilement des tremblements mal contenus. Je pose mes mains sur ses bras et l'écarte pour qu'il s'arrête. Je le regarde calmement. Hors de question qu'il se passe quoique ce soit dans cet état. Hors de question, Ciulin. C'est pas de ça dont t'as besoin. Peut-être que tu crois que si mais ça ne rendra rien plus simple. Ça ne rend jamais rien plus simple. Crois-moi, j'ai essayé pendant des décennies.

-Stop. Arrête.

Je lui souris gentiment. Rien chez moi ne traduit le moindre agacement, la moindre gêne ou encore le choc. Je l'arrête, tout simplement. Mes mains remontent jusqu'à son visage et touche les striures qui s'y trouvent. Ciulin a pleuré, beaucoup pleuré,même. J'essuie ce qu'il reste de larmes et détaille ses traits tirés, son air perdu. Je mettrais ma main à couper que Ciulin ne sait pas comment il est arrivé là. Simple spéculation mais...

Un long silence plane entre nous. Il ne m'ai pas douloureux, ni même problématique. Ciulin a besoin de comprendre que c'est un endroit en sécurité ici. Je ne suis jamais contre une bonne partie de baise et clairement on s'envoie en l'air comme rarement mais je ne tomberais pas dans ce piège.

Je me redresse le soulève et le pose à coté de moi, doucement.

-Raconte moi.

La demande est simple. Peut-être que Ciulin n'y répondra pas mais j'espère sincèrement qu'il le fera. Mon portable à coté, s'allume assez longtemps pour que je lise le message de Simone : la cuisine de son appartement est en vrac comme rarement cuisine a été mise en vrac par un humain. Deuxieme message : une casserole est planté dans le plafond.
Tiens. Intéréssant. Mon attention se reporte sur Ciulin et je lui sers un verre que je finis par lui tendre. J'attends, en silence, qu'il daigne faire quelque chose. N'importe quoi.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Dim 19 Aoû - 9:51

- Stop.

Douche froide.
Comme si je n'étais pas assez glacée.

Tu comprends rien, bordel ! J'ai juste besoin, besoin, BESOIN...  que tu repeignes ma carrosserie cabossée avec ton vernis. Ma gueule, mes émotions, mon cataclysme , en quoi ça t'importe ? T'es le mec qui s'en fout. On s'en fout. C'est pas ça les modalités de notre relation ? Tu t'en carres que je sois chasseur et moi que tu sois une créature. Ni contrainte, ni obligation. Tu ne me demandes rien, tu n'attends rien.
Pourquoi faire des manières ?
Pourquoi maintenant ?

- Baise-moi... J'insiste en forçant le passage, en grappillant d'avantage de morsures de tes lèvres.
- Arrête.

Toi aussi tu me repousses ?
Toi aussi, tu me laisse sur le bas-coté ?

Seul.

- PUTAIN C'EST QUOI TON PROBLÈME !!!? Mâchoire contractée. Hurlements qui fusent. Dissonance d'une voix fêlée par l'abus de sanglots. POURQUOI?!

Pourquoi tu veux plus de moi ?
Qu'est-ce que j'ai fait ?
C'est ma tête, c'est ça ?

Je suis tellement cassée
que tu veux même plus t'y risquer les doigts.

Pourtant, je sens tes mains sur mes joues, et tes caresses sous mes yeux gonflés d'amertume. Tu souris. Tu as l'air gentil. Tout le monde a l'air "gentil".  Antoine par dessus tous les autres. C’est pourtant lui qui me déchiquète la poitrine pour la laisser en charpie. La gentillesse est une saloperie de façade pour les gens qui vous bousillent avec le sourire.
Sois pas gentil avec moi.
J'ai pas la force de te croire.
Arrête de me regarder comme si ton palais de richard m'offrait le luxe de l'anesthésie. J'aurais pas du venir. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai fait. De toutes les figures qui s'animent dans le flou de mon sillage, j'ai du penser que tu serais la mieux à même de me contenir.

Dis-moi que tu as assez de bras.
Pitié, dis-le moi....

Tu me fais asseoir sur un bout de fauteuil. Le cuir est encore chaud de ta présence. Je me laisse faire, poupée de chiffons, trop épuisée pour te repousser, prendre la porte, disparaître dans la Nuit et ne jamais revenir. Foutre le camp de cette ville qui veut me détruire.
Je suis fatiguée, tu sais ?

- Raconte moi.

Je pose un regard sur ce verre que tu me tends, puis je remonte à toi, à tes prunelles revolvers qui ne cillent pas. Tu attends, imperturbable roc. Et les lames de tes yeux achèvent de me disséquer. Ma lèvre se met à trembler.

- Ma tête.... hoquet et tremblements. Il... Il a fait quelque chose à ma tête... Je regarde mes mains comme s'il s'agissait de celles d'un étranger. Ma tête et.. et... Et mon coeur....

Saul a arraché ma tête.
Antoine a dévoré mon coeur.
Il n'y a plus rien  qui reste à cette carcasse illusoire.

Je ne comprends pas l'acharnement.

J'étouffe.

Le verre de whisky s'agite avec son contenu, la bouteille d'alcool danse la gigue sur la table basse, le livre en équilibre sur le bras du fauteuil se casse la reliure sur le sol en légers soubresauts.
Je me recroqueville, genoux sous le menton, yeux écarquillés, en proie de nouveau à la panique. Détresse d'enfant.

- Ça... ça recommence....

Aide-moi !
Aide-moi !
Aide-moi !
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mar 21 Aoû - 16:01

Ciulin décide d'interpréter ce qui se passe à l'aune de ce qu'il vient de se passer. Je ne sais pas encore ce qu'il se passe mais ça a à voir avec le rejet. Je le vois bien. Il se fige, ses prunelles me regardent comme un gamin qu'on vient de repousser pour la première fois.
Je décide de l'arrêter pour des raisons très éloignées de celles qui lui traversent l'esprit, je suis sûr. Il s'approche à nouveau et tente de l'emporter de force. Je l'arrête une nouvelle fois, gentiment. Son état est inquiétant, Ciulin a l'air mal.

Alors, comme Ciulin a mal, Ciulin explose en hurlements qui trahissent une voix déjà trop chargée par les pleurs.

- PUTAIN C'EST QUOI TON PROBLÈME !!!? POURQUOI?!


Je ne m'inquiète pas de son cris, je souris et secoue la tête doucement.

-J'ai pas de problème. Parce que c'est pas vraiment ça que tu cherches mais si tu veux crier, cries. Si tu veux frapper, frappes. Je peux t'encaisser sans soucis, si ça te fait du bien. Tu me feras pas de mal, tu me vexeras pas. Je suis là et j'ai aucune envie de partir. Je t'arrête, Ciulin, je ne te repousse pas. Je suis là si tu as besoin que je sois là, simplement.

Je fixe Ciulin avec sérénité alors que mes doigts suivent les sillons de ses larmes. Oui, Ciulin est violent, oui, Ciulin est extrême mais il n'est pas dangereux pour moi. Il a juste mal à en crever et faut bien que ça sorte. J'ai aucun soucis avec ça. Alors je laisse égrainer les secondes, imperturbables cellules d'éternité, qui deviennent des minutes alors que je l'assoies à coté de moi. J'attends à nouveau avant de lui servir un verre et de lui demander de me raconter.
Ses yeux suivent un chemin depuis le verre jusqu'aux miens, je le détaille, j'attends tranquillement. Je suis là, je ne bouge pas. Puis, sa lèvre tremble et enfin, sa langue se délie.

- Ma tête.... Il... Il a fait quelque chose à ma tête... Ma tête et.. et... Et mon coeur....

Je ne sais pas qui est ce « il » mais il doit être cher au cœur de Ciulin pour le mettre dans un état pareil. Je l'approche de moi après avoir poser le verre sur la table. Pour l'instant, le « qui » n'a pas d'importance. Je me contente de demander.

-Qu'est-ce qu'il a fait à ta tête et à ton cœur, Ciulin ?

Puis.

Je comprends la casserole au plafond vu furtivement dans le message de Simone. Ciulin tremble et toute la pièce tremble avec. Télékinésie. Décidément... Il se recroqueville contre moi, petite boule d'angoisse concentrée, les yeux écarquillés et j'ai un flash bizarre d'enfant face à l'orage.

-Ça... ça recommence....

Je me lève, ignorant complètement le mobilier et je me place accroupi devant lui. Je pose les mains sur ses joues et  envahis son champs de vision. Il ne maitrise rien, même pas sûr qu'il comprenne ce qui se passe et que ça vient de lui, que c'est controlable.

-Ca va aller, Ciulin. Regarde moi.


Je n'utilise pas mon don souvent mais cette fois je laisse ma fascination le concentrer sur moi. Je ne prête aucune attention à ce qui se passe.

-Ca vient de toi et tu peux le contrôler. Tu peux l'arrêter seul et tu es suffisamment fort pour ça. T'as remarqué comme rien ne te touche ?

Je me lève et le serre dans mes bras, toujours roulée comme une petite boule, je l'enveloppe doucement et le garde tranquillement.

-T'es pas tout seul et on va déméler tout ça, ok ?
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Sam 22 Sep - 15:47




Holds me down
Hold me now
Sold me out
In the muddy waters we’re falling




- Ça va aller, Ciulin. Regarde moi.

Vision floue. Je peine à focaliser sur quoi que ce soit.
Humidité poisseuse et chaude sous mes narines.
Saveur ferrugineuse sur ma lèvre. Ça coule rouge à mon nez.

Et puis, tes yeux bleus comme seul océan. Une noyade à bon escient. Je me laisse bercer par tes vagues. Tu es mon seul radeau, ma pirogue, mon escapade. Beauté tentaculaire qui me pourlèche la concentration de son iode. Emporte-moi. Emporte-moi. Emporte-moi loin de ce rivage. Je veux sombrer dans tes prunelles, brûler mes navires et tout oublier.

Par pitié.

-Ça vient de toi et tu peux le contrôler. Tu peux l'arrêter seul et tu es suffisamment fort pour ça. T'as remarqué comme rien ne te touche ? 

Rien ?
Mais je suis brisée.
En miette.
Tessons qui crissent sous la botte des deux hommes qui m'ont abandonnée.
Touchée. Coulée.
Solitude à portée d'algues.
Que les mouettes me bouffent à n'en laisser que les os.

Par pitié.

La tempête se calme, malgré-tout.
Tu es une sorte de Dieu, tu sais.
Tu es tout ce que j'ai besoin de prier pour l'instant.
Toi. Toi. Toi.
Efface tout ce que je ne veux plus.
Exorcise moi.
Salaison des plaies.
Sert-moi fort.
Étouffe-moi.

Je t'en supplie.

- T'es pas tout seul et on va démêler tout ça, ok ?

Je chiale comme une enfant, salopant ta jolie chemise de tout un tas de fluides mêlés. Je te laboure le dos et froisse le tissus entre mes poings. Chaton échaudé, qui griffe sans vouloir faire mal, juste pour s'accrocher à une vie qui le malmène.
Je suis l'océan répandu sur ton canapé. J'épuise le typhon à pleurer comme une douche dont le robinet est coincé. Je vais me dessécher.

- J.. J.. J'ai la trouille..... A.. Asmodée... L.. La... la.. trouille...

Hoquets incontrôlables et sanglots pathétiques. Je suis un misérable déchet.

- .....J.. J... Je l'aime.... Je les ai... perdus.... T.. Tout détruit....
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Dim 23 Sep - 6:25

Ciulin se noie et j'ai du mal à le garder à flot, même avec mon don. Ca va être complexe. Je ne panique pas pourtant. Pas mon genre. Et surtout la situation requiert de moi un calme complet et absolu. Tant que je serais calme, j'aurais une chance de ramener Ciulin sur des rivages plus paisibles. Ses pouvoirs de télékinésies, visiblement tout neuf vu sa réaction, sont incontrôlables mais il a l'air d'être dans l'oeil du cyclone, aucun objet ne s'abat sur lui. De mon coté, je suis assez content d'être un démon, j'ai pris deux ou trois trucs dans le dos depuis tout à l'heure.

Qu'est-ce qui te mets dans cet état, Ciulin ? Qu'est-ce qui t'a brisé encore plus ?


Je le garde serrer contre moi et quand enfin les larmes finissent par jaillir, elles ne s'arrêtent plus. Ciulin laboure mon dos, se débats avec ses émotions et me garde presser contre lui. Et c'est une cascade de larmes qui n'en finit plus. Depuis quand tu les retiens, Ciulin ? Depuis quand t'as pas pleuré comme ça, dis moi ? Ca fait un mal de chien, je sais, mais c'est qu'au prix de ce lacher prise qu'on finit par se libérer. Il me prend une violente envie de protéger. Forte, vraiment très forte. Je pose un baiser sur son front avant d'essuyer le sang sous son nez d'un revers de manche, qu'importe qu'il y ai de la morve et tout un tas d'autres fluides. Ils ne sont rien. En cet instant, il n'y a que toi qui importe, que toi qui compte, Ciulin. Tu es venu me chercher, tu es venu te cacher ici et je t'accueille les bras ouverts.

- J.. J.. J'ai la trouille..... A.. Asmodée... L.. La... la.. trouille...



Je hoche doucement la tête et passe la main dans ses cheveux, délicatement.

-C'est normal, Ciulin. T'as le droit d'avoir la trouille.

Sa respiration chaotique déchire sa poitrine pendant que la mienne reste d'un calme serein, rassurant.


- .....J.. J... Je l'aime.... Je les ai... perdus.... T.. Tout détruit....

Je penche la tête et baisse les yeux sur lui. Doucement, je relève son menton pour que Ciulin me regarde, pour capter son regard et recréer, grace à mon don, un peu de calme.


-Ciulin, regarde moi. Regarde moi, garde tes yeux sur moi, tu peux faire ça pour moi ?

Dans cet état, le capter va être un véritable tour de force. Mon don est le genre à être très efficace quand on en comprend les mécanismes, quand on en comprend les rouages. J'ai eu des siècles de pratiques, des siècles pour savoir comment et quand c'est difficile. Ciulin est dans un état de choc, son esprit est éclaté et j'ai besoin qu'il se fixe sur une chose, une chose précise, une fois que c'est fait, ça me permettra de sortir le petit chaton en panique que je tiens fermement dans les bras. Je lui souris et décide de l'embrasser pour le ramener par ici. Je ne lui fais pas l'affront d'essuyer ma bouche, j'en ai rien à battre. Je lui souris.

-Regarde moi. On va te sortir de là, tout les deux. Doucement.

Je pose la main sur son sternum et exerce une très légère pression. Je tends mon don vers lui. Je le laisse plonger dans mes yeux et je parle calmement, la voix douce.

-Tu sens ma main ? Tu sens comme elle monte et descend vite ? J'ai besoin que tu ralentisses ça. Tu peux faire ça pour moi ?

Les secondes s'égrainent et doucement la respiration se détend. On est pas sur un poul calme mais on est au moins sur quelque chose qui permet d'éviter les désagréments d'une hyperventilation. Ma main remonte de son sternum à son visage, je le caresse doucement.

-C'est bien. Comme ça, c'est bien. Ca va aller, Ciulin. Ca ira. T'es pas tout seul.

Je le rapproche à nouveau de moi.

-Ca fait mal l'amour. Pour le moment, ça fait mal. Ca fait mal mais ça va passer. Crois moi, ça passe toujours. Qui tu as perdu ? T'as le droit d'être mal, beauté. Ca fait pas de toi quelqu'un de faible.

Je l'embrasse à nouveau sur le crâne et caresse tout doucement sa joue.

-On r'connait pas les forts à ce qu'ils sentent pas, on r'connait les personnes fortes à combien de fois ils mangent en pleine gueule et se relève. Et tu vas te relever, Ciulin. Et j't'aiderais, ok ? Tu mérites qu'on s'batte pour toi.


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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Lun 22 Oct - 13:00

Dans la boue qui m'enlise, de sel et de sang, tes caresses sont des ancres. Mes joues cherchent tes paumes, mon front tes baisers. Je ne sais toujours pas ce que tu es, mais je m'en fous, tu sais. Je m'en fous. T'es là. T'es plus fort que moi.

- A... Ass...modée... Voix rauque, écorchée d'avoir trop crié.
- Ciulin, regarde moi. Regarde moi, garde tes yeux sur moi, tu peux faire ça pour moi ?

J'hoche la tête, obnubilée par les mouvements de ses lèvres et son regard. Hameçon. Poisson qui frétille au bout, qui s'étouffe hors de sa putain de flotte. Je ne respire plus que par déchaînement de tempêtes. L'oxygène me brûle les branchies. Ta bouche se presse contre la mienne et me ramène à ces deux foutus océans, au fond de tes prunelles. Je t'ai barbouillé la gueule. T'as l'air d'un clown, mon ami.

Mon tendre carnaval.

-Regarde moi. On va te sortir de là, tout les deux. Doucement.

Je te regarde, tu sais. J'essaie. Pas ma faute si t'es flou, que mes rétines sont trop trempées pour faire le point. Pas ma faute si on m'a extorqué le cœur à la petite cuillère. Ça fait mal, putain ! Tu devances la douleur en posant une main sur ma poitrine qui galope tel un prisonnier en cavale. "Plus jamais les barreaux de ces os ! Plus jamais ! Je veux mourir libre!", qu'il hurle.

Seul.
Perforé.

- Tu sens ma main ? Tu sens comme elle monte et descend vite ? J'ai besoin que tu ralentisses ça. Tu peux faire ça pour moi ?

A chacune de tes questions, un mouvement de tête affirmatif. Ponctuation docile. Mes doigts tremblants agrippent ton poignet, mais ongle s'enfoncent dans la chair de ta main.

Me lâche pas !
Me lâche pas !
Me lâche pas !

Le palpitant s'épuise, décide de ralentir le pas. Cadence moins agressive. Le sang saccade bien moins et reprend ses habitudes tranquilles dans le lit de mes veines. Le corps se souvient, qu'il doit respirer. Simplement respirer.

Et pas s'envoler.

-C'est bien. Comme ça, c'est bien. Ça va aller, Ciulin. Ça ira. T'es pas tout seul.

Contact. Chaleur. Odeur de ton cou, familier, régulateur. Quoi que tu sois, Asmodée, je sais que t'es bon pour moi. Mon instinct en est persuadé. Toute ma carcasse l'a imprimé et se dénoue, blottie contre toi.

- Ça fait mal l'amour. Pour le moment, ça fait mal. Ca fait mal mais ça va passer.
- Vraiment... ?
Timbre étouffé, menu. Une enfant.
- Crois moi, ça passe toujours. Qui tu as perdu ?
-. ...... S'appelle Antoine.

Sa gueule tachetée s'impose à moi, encore. Saloperie de larmes. Enculés de sanglots.

- T'as le droit d'être mal, beauté. Ça fait pas de toi quelqu'un de faible.
Qu'est-ce que ça fait de moi, alors ? Hein ?
- Mon père m'a toujours appris l'contraire... Rire triste, fané. Tout ça, tout moi, c’est de sa faute.

Je ferme les yeux sous tes cajoleries. Tu devrais pas me traiter comme ça. Tu me dois rien. Je suis rien. Juste une comète qui meurt et se transforme en trou noir. Laisse-moi disparaître et tout ce bordel avec.

- On r'connait pas les forts à ce qu'ils sentent pas, on r'connait les personnes fortes à combien de fois ils mangent en pleine gueule et se relève. Et tu vas te relever, Ciulin. Et j't'aiderais, ok ? Tu mérites qu'on s'batte pour toi.
- Se battre... Pour moi ? Mais... pourquoi ?


Je pige pas.
Je suis vide de sens.
Sans but, sans cause, sans complaisance.
Que dalle.
Un "que dalle" qui a la dalle en permanence.

- Chais pas pourquoi, c’est tombé sur toi. Me suis dit.... Me suis dit que t'étais l'seul à pouvoir m'arrêter sans être blessé. J'ai un rire fatigué. Si t'es trop cool avec moi, j'vais y croire, tu sais. J'vais croire que tu tiens à moi....

Et pourtant, t'es mon seul allié présentement dans ce fatras merdique. Je t'enlace avec une dernière étincelle d'énergie. Dans la pièce tout est redevenue calme. Le mobilier est renversé, la déco dévastée, mais nous, on est toujours là. Toi, t'as pas lâché.

- Protège-moi du monde. Protège-le de moi. Steplé ?

Supplique de gamin.

L'Enfant de la Nuit a juste peur du noir.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mar 23 Oct - 5:26

Ciulin finit par se calmer, la terreur s’évanouit et je sens mon pouvoir accrocher à son esprit. Il hoche la tête avec docilité. Enfin, je l’ai. Tant mieux. Tu mérites pas le mal que tu te fais, Ciulin. Ses ongles perforent ma peau alors que je le ramène à quai au milieu de la tempête avec une lenteur que je rends chaleureuse.
Je prendrais le temps qu’il faut pour que ça aille pour toi. Je t’enlace et te cale contre moi. Je multiplie les marques d’affection et tu viens en chercher d’autre, presque par instinct. Et j’y réponds avec la même envie de protection qui me pousse à apaiser ses larmes et ses souffrances.
Quand il se remet à parler, on dirait une gamine et je le rapproche de moi. Ca me fait un effet de gamin perdu, est-ce que je suis en train de me transformer en Peter Pan…? J’en sais rien et si c’est de ça dont il a besoin, pas de soucis. Ca me va.
Antoine… J’ai un nom à mettre sur ce chaos et rien que de le prononcer, Ciulin repart en larmes. Je viens glisser ma main sur sa joue. Je lui parle, lui dis qu’il n’est pas faible, que ça ira.

-Mon père m’a toujours appris l’contraire…

Je lui souris doucement, pose un baiser sur son front, je le sens se détendre petit à petit. Sans doute l’épuisement mais au moins, ce petit être humain se laisse enfin faire un peu.

-Oh… Tu sais, les pères… Ca se trompe souvent. Ca tente de faire au mieux mais des fois ça se plante dans les grandes largeurs. Le mien pensait que méditer à poil toute une nuit dans les fjords, c’était une super idée alors tu sais.

Ma voix ondule doucement sur un rythme apaisant. Je lui offre un sourire. Je recommence à lui parler à lui expliquer de mon mieux que la force, comme la bravoure ne se mesure pas au manque de mais au dépassement de. Qu’il est pas seul et que je serais là pour l’aider parce qu’il mérite d’avoir cette aide, il mérite qu’on se batte. Il me regarde avec une incompréhension flagrante qui fait couler mon coeur de démon.

-Se battre… Pour moi ? Mais… pourquoi?

Je pousse un léger soupire qui se finit en un sourire tendre. Je viens l’embrasser doucement, caresse délicatement sa joue de mes doigts. Mon regard se fixe dans ses yeux.

-De mon point de vue, la question serait plutôt : pourquoi pas, beauté.

- Chais pas pourquoi, c’est tombé sur toi. Me suis dit.... Me suis dit que t'étais l'seul à pouvoir m'arrêter sans être blessé. Si t'es trop cool avec moi, j'vais y croire, tu sais. J'vais croire que tu tiens à moi....

Je ris un peu et l’embrasse sur le front.

-Je tiens à toi, Ciulin. C’est pas une vue de l’esprit.

Puis il se redresse et vient serrer ses bras contre moi, il se blottit, fait de mon corps sa carapace. J’ai même pas remarqué que plus rien ne bouge. Je ne suis concentré que sur la personne qui m’enserre, que sur ce qu’elle dit et fait. Ma main vient se loger dans sa nuque, l’autre enlace sa taille.

- Protège-moi du monde. Protège-le de moi. Steplé ?

Je souris. Bécot sur le haut du crâne.

-Je te protège, Ciulin. C’est promis. Je suis là.

Je le serre contre moi et le soulève tranquillement. J’avais oublié qu’il était si léger. Ca m’arrache un sourire attendri.
Je le transporte jusqu’à la salle de bain.

-Tu restes avec moi, ce soir. Tu vas prendre un bon bain chaud, on va te nettoyer le nez. La télékinésie, c’est sympa mais ça a tendance à faire saigner du pif, chez les mignons dans ton genre.

Je lui souris et lui lance un clin d’oeil. J’embrasse son front une nouvelle fois et allume l’eau chaude pour le bain. Je chope une boule de bain moussant que je balance là-dedans, ça fait blop en tombant. L’eau devient violette et ça commence à mousser tranquillement pendant que je m'assois sur le rebord de fenêtre, Ciulin toujours dans mes bras, que je chope un gant de toilette dans le meuble. J’entreprends de le débarbouiller tranquillement.

-Tu sais… T’es plus précieux que tu crois. Et si tu acceptes, je prendrais soin de toi le temps que tu voudras.

Je lui souris et l’embrasse à nouveau et plisse les yeux en voyant la bouche de Ciulin de nouveau rougie. Je hausse un sourcils.

-...Hmm… Soit je me suis transformé en bozo le clown en t’embrassant tout à l’heure, soit tu es magiquement capable de générer de la barbe qui ressemble vachement à du sang, dis donc.

Je pouffe de rire et lance un coup d’oeil à la glace. Ah oui. Rapide coup de gant de toilette sur ma gueule avant de reporter mon attention sur Ciulin. Ma main vient se loger sur sa joue à nouveau. Je l’enlace à nouveau et nous laisse glisser vers le sol. Mon téléphone vibre dans ma poche, je le sors et découvre le numéro de Simone. Je lance un coup d’oeil à Ciulin en le rapprochant de moi encore un peu plus.

-Salut, Simone. Non, je ne serais pas là ce soir. Ni demain probablement. Non, tu peux leur dire que je serais là jeudi. S’ils n’ont pas la patience d’attendre, c’est probablement qu’ils peuvent se passer d’un client. Non, ça n’a pas d’importance. C’est ce que je fais maintenant qu’il l’est. Oui, avec quelqu’un. Je savais bien que tu comprendrais. Si tu peux prendre rendez-vous avez les décorateurs. Oui, pour chez moi. Il se pourrait que j’ai foutu le bordel. Le salon. Merci Simone, je te rappellerais au besoin.

Pendant ce temps, je garde Ciulin contre moi et ma main caresse tranquillement ses cheveux. Une fois l’appel raccroché, je le regarde.

-Oui, vraiment, ça finit par passer. C’est toujours douloureux, on a toujours l’impression que le coeur explose quand ça arrive. Mais avec un peu de temps, ça s'estompe. Ca va aller, Ciulin. Pas tout de suite mais ça finira par aller.

Je l’embrasse sur le front, me lève et lui tend la main.

-Allez, lève toi, beauté. La mousse de ce bain a très envie de te dire bonjour. Si tu veux, j’ai du vin.

Je lui souris. Ce soir, Ciulin, tu auras tout ce que tu veux et tu seras le centre de mon monde.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mer 24 Oct - 2:50

Masque au sol. Déplumée de mon cuir tanné. Je suis molle et fragile, complètement à ta merci. Tu n'en abuses pas, prévenant, délicat, protecteur. J'ai des envies de lâcher prise contre lesquelles se dressent encore quelques barrières. Trop d'égo. Trop d'angoisses.

Les laisse pas voir que t'a peur.
Jamais.

Trop tard.

- Je tiens à toi, Ciulin. C’est pas une vue de l’esprit.

Ferme-la.
Dis-le encore.
Fous-moi la paix.
Garde-moi.

Des pluies de baisers pour autant d'aiguilles contradictoires. Je sais plus où j'en suis. J'ai juste envie de fondre, de disparaître. Bulle de savon qui fait "plop". Tu me portes comme j'aurais toujours voulu que mon père le fasse. Larmes muettes. Joues qui se mouillent de silences. Je réalise que le premier homme à m'avoir brisé le coeur est celui qui m'a donné la vie. Depuis quand je me traîne ces casseroles cabossées ?

- Tu restes avec moi, ce soir. Tu vas prendre un bon bain chaud, on va te nettoyer le nez. La télékinésie, c’est sympa mais ça a tendance à faire saigner du pif, chez les mignons dans ton genre.
- Chuis pas mignon...
Faible protestation, puérile.

C'est dingue cette propension à vouloir me laver quand je me mets à pleurer, comme si le sel et les regrets pouvaient tâcher. Pensée pour Earl. Il doit s'inquiéter. Faut que je l'appelle. La honte contracte mon estomac. Peux pas.
Asmodée s'affaire. Calme olympien.
Tes gestes sont si doux, j'en gondole, humide, délestée de consistance. Liquide sous tes doigts et ta bouche. Je m'éparpille avec langueur. Me jette pas avec l'eau du bain, s'il te plait ! Je respire ton odeur et m'apaise. Le reste est juste un peu flou. Tu téléphones. Tu causes. Tu bouges. Moi, je suis lovée dans ton ombre rassurante.

- Oui, vraiment, ça finit par passer. C’est toujours douloureux, on a toujours l’impression que le coeur explose quand ça arrive. Mais avec un peu de temps, ça s'estompe. Ça va aller, Ciulin. Pas tout de suite mais ça finira par aller.

Ça sent si profondément le vécu que ça me sort de ma torpeur. Je lève la tête vers toi comme si je te voyais sous une toute autre lumière. Tu as déjà souffert, Ass ? Apprends-moi ta carapace !

-Allez, lève toi, beauté. Je sers ta main fort. La mousse de ce bain a très envie de te dire bonjour. Si tu veux, j’ai du vin.

Je te retiens d'une pression.

- Pas de vin. Juste toi.
Je me passe une main sur le visage comme la gosse vaseuse qui vient à peine de s'éveiller d'un cauchemar. Reste avec moi...

Lentement, avec une hésitation maladroite, je m'approche de tes lèvres pour te rendre humblement tout ce que tu m'offres.

- ... Tu veux bien ?


Je me retourne avec une étrange pudeur pour me déshabiller. Pourtant, ça n’est pas la première fois que je me retrouve nue face à lui. C'est juste que ce soir, je suis écorchée vive et crue. Pas de jeu, pas d'ivresse. Juste la détresse qui marque un corps qui a trop vécu pour son âge.

Je jette un coup d'oeil par dessus  mon épaule, en espérant que tu n'ais pas disparu.

Je veux effacer Antoine de ma tête,
au moins pour cette Nuit.
Aide-moi, je t'en prie...
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mer 24 Oct - 8:16

Ciulin parle beaucoup moins. Un peu plus et je pourrais voir sa carapace éclatée si je focalisais mon regard assez longtemps. Derrière sa folle liberté, sa grande gueule et ses provocations se cache quelqu’un de fragile. Ca me touche en plein coeur, t’as pas idée, Ciulin.
Alors qu’on est dans la salle de bain et que je le débarbouille tranquillement et que je gère ce que j’ai à gérer, il reste contre moi, se cache. Je ne le quitte pas, je continue de caresser sa peau, ses cheveux. Je suis présent, là avec toi, je ne vais nulle part.
Quand j’en reviens au fait que la douleur passe. Ses yeux me dévisagent comme si c’était la première fois qu’il me voyait. Je lui rends un sourire et lui offre un baiser. Je ne sais pas à quoi tu penses mais ça ira et ne t’inquiète pas pour moi. Mille ans d’existence, ça permet d’apprendre à encaisser.

Je le fais se lever, lui propose du vin et joins le geste à la parole mais une petite main me retient d’une simple pression

-Pas de vin. Juste toi. Reste avec moi…

Je me retourne et dévisage Ciulin. C’est rare de te voir si fragile et c’est beau. Je ne m’imagine pas pouvoir lui dire ça. Je pense qu’il ne le prendrait pas de la bonne façon. Il s’approche et son hésitation met une perspective gigantesque sur l’assurance de nos envolées sexuelles. Son baiser est humide, chaud, fragile. Diable, ça met mon coeur à genoux. Je me sens l’âme d’un chevalier servant, je me sens capable de tout pour cet être. Bon, c’était prévisible, je reconnais et j’y plonge sans reluctance. Bien au contraire. Je lui souris, effleurant doucement sa joue.

- … Tu veux bien ?

-Je n’avais pas l’intention d’être ailleurs. Je reste avec toi, Ciulin.

Je vois une pudeur nouvelle chez Ciulin et je ne la brusque pas. Elle est belle, cette pudeur, emprunte de la véritable identité de celui qui la diffuse. Je regarde ailleurs et quand il se retourne, j’accroche son regard.

-Prêt?

Je prends sa main et l’aide à monter dans la baignoire. Mes prunelles ne quittent pas les siennes. Aimantées, mon attention toute entière est sienne. Je dépose un baiser sur son épaule avant de m’asseoir au sol, face à face avec ma trouvaille qui se trouve être un diamant précieux. Je lui souris à nouveau et penche la tête.

-Faisons de cette soirée la tienne, beauté. Ce soir - et pas que ce soir, cela dit - je suis à ton entière disposition. Quoique tu veuilles faire, où que tu veuilles aller. Faisons en sorte que cette soirée ne soit plus à propos de tout ça mais à propos de toi; d’accord?

Caresse sur la joue, éclaboussure sur le nez et rire léger de ma part. Je désigne le bain d’un coup et demande.

-Est-ce que tu veux que je te rejoigne? Promis, je serais pur et chaste. C’est juste plus pratique pour te caliner, mon mignon.

Petit sourire malicieux. J’attends sa réponse, tranquillement. J’ai comme besoin de le serrer dans mes bras, je le vois perdu, mal et j’ai des images de Rafney qui me reviennent du fond des âges. Elle aussi, c’était une écorchée vive… Je vois beaucoup d’elle dans Ciulin et tellement de choses différentes aussi. Y a pas à dire, Ciulin est sans doute la meilleure découverte de ce siècle pour moi.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mer 24 Oct - 10:29

Je me plonge dans la flotte chaude et parfumée. Chat de gouttières qui aime l'eau : une hérésie en soi. T'es là pour pas que je me noie au fond de la piscine à bulles. Je t'ai jamais dit à quel point ton regard me fascine. Une mièvrerie que doivent te balancer toutes tes conquêtes. Ça reste une vérité inflexible.

-Faisons de cette soirée la tienne, beauté. Ce soir - et pas que ce soir, cela dit - je suis à ton entière disposition. Quoique tu veuilles faire, où que tu veuilles aller.
- 'kay... Pas envie d'aller très loin. J'trop les j'tons de foutre en l'air ce qui m'entoure.
- Faisons en sorte que cette soirée ne soit plus à propos de tout ça mais à propos de toi; d’accord?
- De moi ?
Je hausse les épaules, prunelles perdues dans la mousse. Y'a rien à de bon à propos de moi. Y'a rien qui vaille que tu t'uses la salive et la tendresse.

Mais sers-moi fort, encore une fois.
Juste une fois, que je ferme les yeux.

- Est-ce que tu veux que je te rejoigne?
- A ton avis...
- Promis, je serais pur et chaste.
- Et si j'en ai pas envie ?


Regard en biais vers toi et cette chemise que tu déboutonnes avec une constance virile. Je déteste avoir l'impression d'être une gonzesse en détresse.

Et j'aime quand tu viens me sauver.
Paradoxe foutraque

Je suis paumée.

- C’est juste plus pratique pour te câliner, mon mignon.
- Chuis pas mignon.... T'ai déjà dit.

Moue grognonne alors que je te laisse de la place dans mon dos pour que tu viennes occuper cette partie de la baignoire. Je m'étale sur ton torse dans un bruit aqueux, me glissant sur tes cuisses comme un matou en mal de caresses. Tête qui se renverse, pour mieux te voir.  Je joue distraitement avec ce menton sur lequel tu laisses traîner du poil, savamment négligé.
Soupir vaporeux.
Convergence du "laisser-aller".
Le corps se détend, après les contractures de l'hystérie. J'ai l'air d'une plante hors de son pot, avec tous mes chardons tatoués, zébrés de mille et une cicatrices. T'as la main verte, Ass ?

Dis-moi que oui...

- Simone va pas te faire chier ? J'ai un rire étouffé. J'ai cru que c'était ta femme, au début. Mais maintenant je sais plus vraiment.... nouveau sourire, diffus. Vous êtes bizarres tous les deux... Mais dans le bon sens du terme, hein... Tu l'aimes ? Est-ce... Est-ce qu'elle est comme un "Antoine", pour toi ?

Je me mords la lèvre.

- T'as déjà aimé quelqu'un si fort que tu te sens mourir pour elle ? Est-ce... est-ce qu'on peut vraiment surpasser c'putain d'état....

Voix qui trésaille, encore. J'ai aucune maîtrise de ce bâtard de chagrin qui gratte le fond de ma gorge à l'en boursoufler. C'est insupportable. Je t'embrasse pour me désinfecter de toute cette merde. Je me recroqueville contre toi.

- Dis-moi comment... Tu fais biens disparaître tes plaies en moins de deux. Tu dois pouvoir cautériser ce.. Ce truc....


Cette bête vorace qui me dévore de l'intérieur et qui brûle. Et ne veut pas s'éteindre encore, même noyée sous la flotte.

Antoine ne m'aimera jamais.
Jamais, comme moi je l'aime.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Mer 24 Oct - 16:27

- 'kay... Pas envie d'aller très loin. J'trop les j'tons de foutre en l'air ce qui m'entoure. 

Je hoche la tête doucement. Peu de chance qu'un choc sismique pareil s'empare de lui pour le moment, au moins le temps que la fascination disparaisse. La majeur partie a déjà cessé son effet mais bon.

- Comme tu veux, beauté. On peut aussi bien rester ici devant des films à la con et de la glace.

- De moi ?  Y'a rien à de bon à propos de moi. Y'a rien qui vaille que tu t'uses la salive et la tendresse.

Je soupire un peu et viens l'embrasser sur le front. Tu te maltraites tout seul, t'as vraiment pas besoin de le faire. La vie s'en charge et s'en chargera toujours pour toi.

-Heureusement pour nous deux, c'est encore moi qui décide où et avec qui je perds les deux. Soit dit en passant, tu te trompes.

Mes pensées s'envolent vers Elie, un instant. Elle aussi, elle pense comme ça. Que y a rien de bon, que jamais rien ne sera bon si ça vient d'elle. C'est la marque des gens qu'on a forcé trop tôt à être adulte, c'est la marque des écorchés au nom d'un Rien qui leur a paru être absolument tout.
Bordel, les humains ont pas besoin de nous pour se foutre dans des états lamentables. Laissez les seuls un peu trop longtemps et les écorchés se multiplient sous le coup de bourreaux qui ne se rendent même pas compte du mal qu'ils font.
Je lui propose de venir avec lui.

- A ton avis...

Petit éclat de rire de mon coté.

- Et si j'en ai pas envie ? 

Haussement de sourcils.

- C'est toi qui décide de ce qui se passe.

Je me déshabille tranquillement sous ses yeux. Les cicatrices et les tatouages runiques d'un autre temps marbres ma peau. J'ai appris à les aimer ces tatouages et ces cicatrices. C'est la preuve que je sais recevoir les coups, la preuve que malgré eux, je suis toujours là, toujours debout.

- Chuis pas mignon.... T'ai déjà dit. 

Je me glisse derrière lui, l'enlace tranquillement et souris.

-J'ai entendu la première fois.

Je le laisse jouer avec mes traits, se détendre pendant que mes bras enlacés autour de lui caressent doucement sa peau. Je le garde sur moi, contre moi comme un trésor fragile et précieux et je me rends compte que c'est ce qu'il est à mes yeux. Alors que moi aussi, je me détends tranquillement dans l'eau chaude, Ciulin se remet à parler.

- Simone va pas te faire chier ? J'ai cru que c'était ta femme, au début. Mais maintenant je sais plus vraiment.... Vous êtes bizarres tous les deux... Mais dans le bon sens du terme, hein... Tu l'aimes ? Est-ce... Est-ce qu'elle est comme un "Antoine", pour toi ?

Je souris un peu alors que je louche pour le regarder. Difficile d'expliquer le lien qui m'unit à  Simone, difficile de savoir si c'est la même chose que son Antoine.

-Ah... Simone.. Non, elle ne m'embetera que pour savoir ce que je faisais, elle ne dira rien à propos de toi, de ta présence ou de l'annulation soudaine de tous mes plans à la dernière seconde sur les deux prochains jours... Ca fait des siècles qu'elle me suit... Fidèle au poste malgré mes frasques. C'est pas ma femme. Ca serait vraiment très bizarre si c'était ma femme. Et officiellement, c'est mon assistante mais entre toi et moi, oui, il y a de l'amour, je suppose. Simone est autant ma meilleure amie que ma sœur, ma mère et ma confidente. Je ne tiendrais pas vraiment la route si elle n'était pas là... Quant à savoir si c'est similaire... Je ne sais pas, Ciulin. Mais des « Antoine » il y en a eu.

- T'as déjà aimé quelqu'un si fort que tu te sens mourir pour elle ? Est-ce... est-ce qu'on peut vraiment surpasser c'putain d'état.... 

Rafney s'impose à nouveau, ses boucles blondes, ses coiffures guerrières, son sourire ravageur. Rafney, ma belle des bois, ma Walkyrie puis les autres défilent, uns à uns... J'inspire doucement et pose la main sur le cœur de Ciulin pendant qu'il se roule en boule contre moi. Petit chaton échaudé par un amour trop fort qu'il ne maitrise pas. Je finis par l'envelopper de mes bras, de caler sa tête sous mon menton et d'embrasser le sommet de son crâne.

-C'est arrivé. C'est arrivé 7 fois, si tu veux tout savoir et j'ai du faire le deuil de six d'entre eux. Ca passe, c'est long, douloureux et on en ressort rarement complètement pareil mais... On en sort.

Les larmes le reprennent et je le serre tendrement contre moi, une main finie par se loger sur sa joue, caresse consolatrice.

-Ca va aller, Ciulin. Ca va aller...


- Dis-moi comment... Tu fais biens disparaître tes plaies en moins de deux. Tu dois pouvoir cautériser ce.. Ce truc....

Je soupire doucement et l'écarte gentiment pour pouvoir le regarder.

-Tu veux savoir comment on fait ? On accepte qu'on n'y peut rien. On accepte de ressentir ça. On accepte que ça passera. J'ai pas le pouvoir de faire disparaître ça et même si je l'avais Ciulin, ça serait pas t'aider. T'es fort, t'es courageux et tu vas te relever et je serais là pour t'épauler et pour te voir faire. Tu dois accepter que ce qui t'arrive n'est pas une faiblesse, c'est la vie, c'est tout et ce genre de situation arrive et elles font mal mais elles font grandir.

Je l'attire contre moi à nouveau, ma main vient jouer avec ses cheveux.

-Mais si ça peut te rassurer, le dernier qui m'a fait cet effet-là... J'étais tellement furax et mal que j'ai ruiné l'intégralité du Eden's Rest et j'ai manqué d'assassiner Simone, dooonc... Techniquement, j'en suis pas là non plus. Tout ce que je peux te dire c'est que ça s'est calmé quand j'ai arrêté de me dire que c'était ma faute et quand j'ai arrêté de me dire que la douleur que je ressentais était ridicule et que j'étais qu'un connard de faible. C'est pas vrai, elle l'est pas. Elle l'est d'autant moins que quand on aime, on se rend vulnérable pour l'autre et quand on a un refus, une trahison ou simplement qu'on est pas remarqué, c'est pire que tout. Mais ça ira. A un moment donné, ça ira, beauté. Je t'assure.

Je l'embrasse doucement et m'écarte pour le laisser se reposer contre moi.

-C'était la première fois ? Que tu trouvais quelqu'un que tu aimais si fort ?

La question n'est pas anodine, Ciulin a déjà beaucoup pleuré mais le sac est très loin d'être vidé. J'essaie de le faire parler pour qu'il ne s'en veuille pas plus tard, pour que ça se passe dans un endroit propice à la confidence et l'acceptation. Je ne sais pas si je fais bien mais je fais en tout cas au mieux.

-Si tu ne veux pas en parler plus, ne te force pas. Sache simplement que je suis prêt à écouter et à discuter, d'accord ?

Baiser dans les cheveux.
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Jeu 25 Oct - 4:36

Asmodée.
T'es bien loin de l'image dégagée à notre première rencontre, de Casanova hyper friqué décomplexé. J'imagine qu'on porte tous nos armures. Le mien c’est un perfecto, le tien un costume de grand couturier italien. L'un dans l'autre on maintien à distance à grands coups de provoc'. Mais les blessures sur ta peau son réelles et les tatouages d'un autre temps. Épées et fjord. Le viking avec un rolex au poignet que les Valkyries ont oublié de transporter au Walhalla. T'es vraiment si vieux ?
Je ne t'ai jamais posé de questions.

J'ai envie, maintenant.

Ton évocation de Simone me rappelle Shioban. Ma Shioban qui s'éloigne, qui ne me comprends plus, qui s'accroche.... Étrangement, c'est la tronche furieuse de Vesper qui s'impose à moi, son coup de sang dans cette maison hantée, cette sensation brutale d'entendre son propre écho. Sel et citron sur ma langue. Ma propre saveur.

- Je ne sais pas, Ciulin. Mais des « Antoine » il y en a eu........ C'est arrivé. C'est arrivé 7 fois, si tu veux tout savoir et j'ai du faire le deuil de six d'entre eux. Ça passe, c'est long, douloureux et on en ressort rarement complètement pareil mais... On en sort.

Sept. Putain. De. Fois.
T'es pas humain, Ass ! T'es d'une autre trempe et tu cicatrises. Moi, tout me marque et rien ne s'oublie. C'est stocké sous le tapis et, comme les gosses, je me dis que si je le vois pas, ça n'existe pas. Si je mets mes mains sur les yeux, je deviens invisible.

- Ça va aller, Ciulin. Ça va aller...

Je me presse contre ta stature. C'est minable de ma part de chercher le réconfort dans tes bras. J'ai pas de volonté. Juste envie d'aller mieux.

Fais-moi aller mieux.

Tu me redresses pour me confronter. Je baisse le nez, piteux. Tu me dis que je ne suis pas faible, que je suis courageux. Tu me dis que ça fait grandir. Tu me dis que c'est la vie. La Vie est une grosse pute et je la hais. Je la hais tant et si bien que je m'y suis accrochée comme un cafard. O Molie. Mâchoire serrée qui durcit mes angles, creuse mes aspérités. Je suis pointue et cagneuse. Un caillou maintes fois pété qui se taille en silex.
Je ne mûris pas.
Je ne suis pas un fruit.

Je perds juste des bouts.

- Mais si ça peut te rassurer, le dernier qui m'a fait cet effet-là... J'étais tellement furax et mal que j'ai ruiné l'intégralité du Eden's Rest et j'ai manqué d'assassiner Simone, dooonc... Techniquement, j'en suis pas là non plus.
- Rahat... Rappelle-moi de jamais te foutre en rogne.... Machinalement, je laisse mes doigts vagabonder sur les boursouflures de tes anciennes plaies. Tu étais malheureux à cette époque là, dis ?
- Tout ce que je peux te dire c'est que ça s'est calmé quand j'ai arrêté de me dire que c'était ma faute et quand j'ai arrêté de me dire que la douleur que je ressentais était ridicule et que j'étais qu'un connard de faible. C'est pas vrai, elle l'est pas. Elle l'est d'autant moins que quand on aime, on se rend vulnérable pour l'autre et quand on a un refus, une trahison ou simplement qu'on est pas remarqué, c'est pire que tout. Mais ça ira. A un moment donné, ça ira, beauté. Je t'assure.
- J'ai un peu de mal à croire que t'ai été vulnérable un jour...
- C'était la première fois ? Que tu trouvais quelqu'un que tu aimais si fort ?


Je te regarde, un moment, sans répondre, figé. Tu poses un baiser sur mon front.

- Si tu ne veux pas en parler plus, ne te force pas. Sache simplement que je suis prêt à écouter et à discuter, d'accord ?
- C'est.. C'est pas ça... juste, chais pas comment te répondre. J'ai cru que je l'étais. Toute ma vie, en fait, j'ai cru que mon âme soeur était une seule et même personne. J'en ai fait une sorte de... quête personnelle... C’est tellement ringard dit comme ça.
Ricanements désabusés. J'l'ai retrouvée ici. Mais... mais j'me suis rendue compte qu'en fait j'étais attachée à une idée plus qu'à la personne elle même, toutes ces années j'ai juste adoré la projection que j'm'en faisais. J'pensais qu'elle donnerait un sens à ma vie, une place. Et en fait...

Mon expression se meurtrit.

- ... C'était pas comme j'imaginais.


Silence.
Pesant.

- J'ai compris la différence avec Antoine. Et.. Et si j'avais pas attendu, si j'avais osé... Il s'rait pas avec quelqu'un d'autre.

Je hausse les épaules, recroquevillée vers toi. Phalène miteuse.

- Antoine, c'est mon premier....

Ma tête chute en avant, vers ton pectoral.

- L'amour c'est vraiment d'la merde !
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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Jeu 25 Oct - 6:35

C’est un petit chat que j’ai contre moi. Qui s’écarte et revient, se cale et se recale comme si il cherchait la position la plus parfaite pour avoir un peu de calin, être rassuré. Je le laisse faire, réponds instinctivement. Ciulin me touche en plein coeur, j’ai envie que ça aille mieux, envie de le porter à bout de bras, envie d’être là pour le relever à chaque fois qu’il en aura besoin, envie de le voir évoluer, de rester avec lui.

Putain, il m’a bien eu, la bourrique. Ca étire un sourire sur mon visage, sans doute pas spécialement de circonstance alors que je le réconforte après une nouvelle crise de larmes. C’est comme les vagues d’un raz de marée. Ca s’écarte pour revenir en force et s’écraser contre ta gorge, Ciu’. Mais je te tiens, tu te noieras pas, tu te feras pas emporter par la déferlante. Je veille au grain.
Alors je lui parle de mes peines à moi, de ce qui me semble fonctionner mais aussi de mes échecs. Pendant ce temps-là, Ciulin dessine mes cicatrices : Enfer ou guerre lointaine, impossible de les discerner. Pendant ce temps-là, il se presse contre moi. Je l’enserre dans mes bras, l’y dorlote et le flatte sans vraiment y penser. Le geste devient naturel à une vitesse surprenante.
Quand je le confronte un peu, il évite mon regard, sa machoire se contracte et accentue ses creux. Je souris doucement.

-C’est pas si mal, la Vie, tu sais. C’est très surfait, le reste. Crois moi, j’ai testé et c’est vraiment merdique.

Secret dévoilé à demi-mots, j’imagine que cette discussion sérieuse soulève des questions et j’ai aucun soucis à les partager avec toi. Ma main se cale dans sa nuque. Glissade soyeuse dans cheveux humides.

- Rahat... Rappelle-moi de jamais te foutre en rogne....

J’éclate d’un rire sincère et hausse doucement les épaules.

-Imbécile toi-même. Et c’est rarement une bonne chose de foutre en rogne ceux qui porte le peché de Colère en eux. C’est même plutôt très con. Cela étant dit, il t’en faudra beaucoup pour réussir à me mettre en colère, Ciulin. Tu as une place spéciale, pour moi.


Je continue à lui parler, j’essaie de lui montrer que je ne suis pas infaillible et que les choses changent souvent quand on change de perspective.

- J'ai un peu de mal à croire que t'ai été vulnérable un jour…

-Pourtant tu serais surpris. Je ne suis pas indestructible pas plus que je suis de marbre. J’ai simplement l’expérience de mon coté et elle est suffisamment longue pour me permettre d’encaisser des choses qui te semblent irréalistes. En un millénaire, on a le temps d’en prendre des coups dans la gueule… Et puis, il y a Simone. Elle m’aide à garder la tête froide la plupart du temps.

Alors je pose la question qui fâche et là, je souffle Ciulin. Il me regarde avec de grands yeux perdu, complètement figé. Je l’embrasse sur le front, lui dit que ça n’est pas grave. Ca me fait mal au coeur de le voir comme ça mais finalement, il se met à parler. C’est bien, tu vois que t’es courageux.

- C'est.. C'est pas ça... juste, chais pas comment te répondre. J'ai cru que je l'étais. Toute ma vie, en fait, j'ai cru que mon âme soeur était une seule et même personne. J'en ai fait une sorte de... quête personnelle... C’est tellement ringard dit comme ça.

-Ca ne l’est pas.

-J'l'ai retrouvée ici. Mais... mais j'me suis rendue compte qu'en fait j'étais attachée à une idée plus qu'à la personne elle même, toutes ces années j'ai juste adoré la projection que j'm'en faisais. J'pensais qu'elle donnerait un sens à ma vie, une place. Et en fait...C'était pas comme j'imaginais.

Ses traits se déforment en une supplique douloureuse que je caresse du bout des doigts. Je reste silencieux. Ca n’est plus à moi de parler, pour le moment.

- J'ai compris la différence avec Antoine. Et.. Et si j'avais pas attendu, si j'avais osé... Il s'rait pas avec quelqu'un d'autre.

Il retrecit, se roule en boule et commence à chuter. J’ouvre les bras et le receptionne avant de le remonter contre moi. Je pose un baiser sur ses lèvres ecarte les meches qui embarassent son front.

-Antoine, c’est mon premier…

Ca fait mal, hein… On s’en remet. Mais ça fait mal.

-L’amour, c’est vraiment d’la merde !

Je te presse contre moi, doucement.

-C’est aussi l’une des choses les plus fabuleuses qui existe. Y a pas qu’une forme d’amour. Celle que tu expériences est la plus aigue, la plus passionnelle et tu es quelqu’un de très passionnel. Mais regarde.

Je me recale dans la baignoire et le détaille en souriant.

-Je t’aime également et c’est sans doute très différent de ce que tu ressens pour Antoine et peut-être même de ce que tu ressens pour moi. Ca n’en est pas moins de l’amour, c’est tout aussi valide et ça ne m'empêche pas de m’en contenter.

Je n’éprouve aucune gêne à lui dire ça car c’est vrai. Fondamentalement vrai. Je le recale contre moi et ferme les yeux.

-Pour ce qui est de ce que tu aurais dû faire ou pas… Arrête ça. T’en sais rien.Si ça se trouve, ça se serait pas bien passé non plus, si ça se trouve l’attente n’a rien changé, si ça se trouve si tu avais osé, il aurait pris peur. Si Si Si… Les spéculations ne t'emmèneront nulle part, marchander non plus. Il s’est passé ce qu’il s’est passé. Maintenant tout ce qu’il te reste à faire, c’est composer avec ça.

Je redresse sa tête et l’embrasse une nouvelle fois.

-Tu n’as pas besoin de te cacher de tout ça. Tu n’es pas tout seul pour affronter tout ça. Laisse toi l’option de demander de l’aide sans te sentir nul. Laisse moi t’aider à confronter tout ça pour aller mieux.

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MessageSujet: Re: "Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}   Jeu 25 Oct - 8:08

Le "Péché" de Colère", "Un millénaire", "des siècles"... Ce ne sont pas des paroles en l'air, une simple vérité qui s'offre en toute tranquillité. Je l'ai toujours su, quelque part. Je m'en suis toujours foutue. Asmodée est un de ces cornus avec qui l'ont pactise, et pas des moins puissants, vue sa longévité. Je me demande bien ce que tu branles dans un bled paumé du Canada, mon viking des Enfers. Et puis après, qu'est-ce que ça change ?

Merci de t'être mis sur ma route.
Merci de rester dans mon sillage.

- C’est aussi l’une des choses les plus fabuleuses qui existe.
- Ça douille et ça rend passablement con, quand même !
- Y a pas qu’une forme d’amour. Celle que tu expérimentes est la plus aiguë, la plus passionnelle et tu es quelqu’un de très passionnel. Mais regarde.

Je te regarde, démon, toi et ton sourire de renard.
Et cette œillade en dit long.

- Je t’aime également...
- Q... QUOI?!
Ma nuque, mes joues et mes oreilles s'échauffent soudain, indépendamment des vapeurs du bain. Je rougis comme une satanée pucelle.
- ...et c’est sans doute très différent de ce que tu ressens pour Antoine et peut-être même de ce que tu ressens pour moi. Ça n’en est pas moins de l’amour, c’est tout aussi valide et ça ne m'empêche pas de m’en contenter.

Étreinte détendue. Tu a l'air au clair dans ta tête. Je t'envie. Moi je suis dans un tourbillon confus de modèles et de perspectives.

- Honnêtement, je bite rien à tout ça. Le sexe, c'est tellement plus simple....J'ai toujours tracé ma route sans m'attacher : trop de contrariété, d'exigences.. J'ai toujours pensé qu'l'amour c'était un truc exclusif. Mais j'peux pas être exclusif. Je tenais à Shioban, j'aurais voulu l'aimer comme on doit... mais ça suffisait pas. Elle me suffisait pas.... J'aurais du....


Je me passe brutalement de l'eau sur le visage. Je dégouline de mousse et de lacunes. Donnez-moi une machette, un ring, des gens à taper : ça je comprends. Les sentiments me désarment.

- Pour ce qui est de ce que tu aurais dû faire ou pas… Arrête ça. T’en sais rien.Si ça se trouve, ça se serait pas bien passé non plus, si ça se trouve l’attente n’a rien changé, si ça se trouve si tu avais osé, il aurait pris peur. Si Si Si… Les spéculations ne t'emmèneront nulle part, marchander non plus. Il s’est passé ce qu’il s’est passé. Maintenant tout ce qu’il te reste à faire, c’est composer avec ça.

Composer.
Va falloir apprendre. Pour l'heure, je sais juste encaisser.
Un nouveau baiser tendre. J’éprouve un besoin pressant de te le rendre de manière plus appuyée. J'ai aucun mot pour décrire ce que tu représentes. Je sais juste que je ne conçois pas mon actuelle existence sans ta tronche dedans. Bizarre épiphanie aqueuse. Tu es important. Aucune définition, nulle palabre. Pas de quoi te l'exprimer autrement que par mon corps en demande du tien.

Tu es différent.
Tu n'es pas Antoine.

Tu es spécial, pourtant.

- Tu n’as pas besoin de te cacher de tout ça. Tu n’es pas tout seul pour affronter tout ça. Laisse toi l’option de demander de l’aide sans te sentir nul.

Shioban, Vesper, Earl, toi...
Je ne suis pas seule. Je ne le suis plus. Il faut que j'accepte ce changement d'existence et d'hygiène de vie.

- Laisse moi t’aider à confronter tout ça pour aller mieux.
- Asmodée...


Je laisse planer un silence, mes yeux dans les tiens.

- Est-ce que je suis ... ton septième ?

Cet orgueil, Curva ! C'est un démon millénaire, Il a beau me gratter le menton, demain je serais juste un souvenir. L'idée est pourtant bien agréable, comme ses bras repliés sur mes reins.

Je ne suis qu'un putain de chat sur ses genoux...
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"Inima distrusă" {Asmodée&Ciulin}

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