Revenir en haut Aller en bas



 
AccueilAccueil  TWITTERTWITTER  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

Partagez | .
 

  Deep Down ☽ Asmodée

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur
Message
avatar
vampire ○ kill of the night
messages : 290
double-compte(s) : Caoimhe Perkins
crédits : Ours™
MessageSujet: Deep Down ☽ Asmodée   Mar 7 Aoû - 20:15

« We got demons, demons stuck inside our blood. »
Août 2017 - Profondément dans les bois - Asmodée
Tout s'est passé très vite.

À l'instant où la brise imperceptible lui a porté les odeurs, que la forêt a porté les sons, il s'y est précipité.
Odeur de soufre, d'abord. Puis de la chair. Chair humaine, délicieuse ; des muscles tendus et gorgés d'adrénaline, des proies au summum de leur forme. Elles sont prêtes à en découdre, leurs battements de cœur forment un unisson parfait, comme des tambours de guerre annonçant leur funeste destin. Leur sang pulse dans leurs veines gonflées, le métal crisse, les bruit du papier qui frotte contre une main aussi. À l'oreille, ils sont cinq. Au nez, ils sont six. Trois femmes, trois hommes.
Bientôt six cadavres et un vampire repus.

Sa vitesse est affolante ; il lui semble pourtant courir à une allure correcte, mais les feuilles des arbres qui se soulèvent sous son passage disent le contraire. Il est rapide, vif, agile. Entre les arbres, la forêt l'accueille, le guide jusqu'aux voix, jusqu'aux odeurs. Délicieuses odeurs, bien vite remplacées par celle du soufre.
Affamé ; il est affamé. Son ventre hurle, son estomac aussi. Ses yeux sont rouges, révulsés, luisant d'une lueur folle. Ses lèvres, crispées en un rictus macabre découvrant ses canines effrayantes. Il est discret, personne ne l'entend venir.

Tout s'est passé très vite.
D'abord une première silhouette se dessine ; sans réfléchir, il se jette dessus. Ses crocs plantés dans la chair drainent le sang délicieux et épais, poisseux, qui descend jusque dans sa gorge, son estomac. Il aspire avec les hurlements de douleur de la victime ; celle qui hurle le nom sera la prochaine. Ils ne sont pas armés pour le tuer, il le sait ; pas de quoi trancher son cou, pas assez rapidement. La deuxième hurle à son tour lorsqu'il lui grimpe sur le dos, la maintient au sol pour s'en délecter. Un troisième. La folie alimente ses veines, il se sent vivre enfin, comme jamais : toutes les sensations sont là, décuplées, il adore ce qu'il voit, il adore ce qu'il fait, il adore sentir le sang chaud à l'intérieur de son organisme froid. La nuit est une amie pour lui, elle lui offre la possibilité de voir les moindre détails les plus cachés. Tout. Il sent, ressent, absolument tout.
Il se sent vivre enfin, comme jamais auparavant.

Quelques rires frénétiques s'arrachent à sa gorge alors qu'il reprend son souffle, haletant puissamment. Il se lèche encore les lèvres, les doigts, couvert de sang. Ce voile purpurin qui lui fait tant de bien.
Il prend quelques secondes avant de comprendre.

Quelques secondes avant de poser les yeux sur la silhouette à peu près cent fois plus baraquée que les autres qui se tient, là, près de lui.
Et cette odeur de soufre. L'animal s'approche, agrippe une manche, le poignet, tire la main jusqu'à son nez et renifle longuement.

Ezekiel ?

Il appelle, mais par confusion. Cette odeur de soufre, il ne la connait que trop bien. Mais ce n'est pas celle d'Ezekiel.

À mesure que sa respiration se tasse, que l'ivresse et l'adrénaline se taisent, que la folie s'amenuise, il se sent fort, revigoré.
Suffisamment longtemps pour observer le paysage macabre peint devant lui. Sa vision est parfaite, dans la nuit : il voit des couleurs qui n'existent pas à l’œil humain. La forêt est magnifique, mais...
Tout ce rouge. Cette marre de sang dont s'abreuve le sol et les insectes. Des parasites sont déjà posés dessus, et en tendant l'oreille il peut entendre des charognards attendre que les deux derniers debout s'en aillent.
Soudain, il tremble. Un regard à sa main, le goût du fer dans la bouche, le nez, comme s'il venait de bouffer un hélicoptère. Tout est rouge. Il sent le sang dégouliner de sa lèvre. Il voit sur sa main, les restes de peau, de cheveux sous ses ongles. Il tremble tellement, secoué par un tremblement de terre.

Ils sont morts ? Ses secousses ne s'arrêtent pas, s'intensifient. Ses jambes sont branlantes, maigres, ne le tiennent presque plus debout. Ils sont morts ? C'est moi qui les ai tués ? Son regard perdu se tourne avec son accent roumain vers l'immense homme non-loin de lui. Il espère trouver du soutien, mais l'odeur de soufre lui prend le nez comme une odeur d’ammoniaque. Ses dents, redevenues humaines, claquent vivement entre elles, tandis qu'il s'enlace lui-même pour se protéger de ce funeste spectacle. C'est moi qui les ai tués ? Ils sont morts ? C'est ma faute ?

Peine, panique, incompréhension. Il ne sait plus, ne sait plus comment faire. Il est envie, pourquoi ? La panique le heurte de plus en plus fort à mesure que les larmes ruissellent sur ses joues, lavent ses pêchés en laissant quelques traînées claires sur ses peintures de crime.
Il semble percevoir un mouvement, n'importe lequel. Un clébard, un loup-garou, le démon, il n'en sait rien, mais son hurlement perce le dense feuillage des épineux :

- N'APPROCHEZ PAS ! Sa voix retentit dans la forêt. QUI ÊTES-VOUS ?! BARREZ-VOUS ! LAISSEZ-MOI ! ME TOUCHEZ PAS !!

Il se débat contre lui-même, semblant possédé, animé par une force intouchable, manipulé par un marionnettiste macabre. Sitôt ses genoux à terre, il fond en larmes. Le front contre le sol, il se retient de hurler, peine à respiré. Il s'enlace encore, comme la dernière protection qu'il a ; il a l'impression que des centaines de mains grimpent sur lui, sur son dos, des cuisses, ses épaules, sa tête, qu'elles le gardent contre le sol pour lui faire mordre la poussière. Il se dégoûte. Il devrait mourir, ne plus être en vie ; mais ça depuis bien des années. On le lui refuse, pourtant, sans cesse. Il voudrait la paix, enfin.

La paix.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Deep Down ☽ Asmodée

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Deep Matrix 3000
» En vue d'une prochaine migration , je cherche un DEEP FRITZ11 DVD
» avec deep purple
» Ritchie Blackmore : Deep Purple Mk I
» Deep Purple

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
≡ RAISE HELL. :: FAR FROM ANY ROAD :: the forest-