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  Deep Down ☽ Asmodée

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vampire ○ kill of the night
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MessageSujet: Deep Down ☽ Asmodée   Mar 7 Aoû - 20:15

« We got demons, demons stuck inside our blood. »
Août 2017 - Profondément dans les bois - Asmodée
Tout s'est passé très vite.

À l'instant où la brise imperceptible lui a porté les odeurs, que la forêt a porté les sons, il s'y est précipité.
Odeur de soufre, d'abord. Puis de la chair. Chair humaine, délicieuse ; des muscles tendus et gorgés d'adrénaline, des proies au summum de leur forme. Elles sont prêtes à en découdre, leurs battements de cœur forment un unisson parfait, comme des tambours de guerre annonçant leur funeste destin. Leur sang pulse dans leurs veines gonflées, le métal crisse, les bruit du papier qui frotte contre une main aussi. À l'oreille, ils sont cinq. Au nez, ils sont six. Trois femmes, trois hommes.
Bientôt six cadavres et un vampire repus.

Sa vitesse est affolante ; il lui semble pourtant courir à une allure correcte, mais les feuilles des arbres qui se soulèvent sous son passage disent le contraire. Il est rapide, vif, agile. Entre les arbres, la forêt l'accueille, le guide jusqu'aux voix, jusqu'aux odeurs. Délicieuses odeurs, bien vite remplacées par celle du soufre.
Affamé ; il est affamé. Son ventre hurle, son estomac aussi. Ses yeux sont rouges, révulsés, luisant d'une lueur folle. Ses lèvres, crispées en un rictus macabre découvrant ses canines effrayantes. Il est discret, personne ne l'entend venir.

Tout s'est passé très vite.
D'abord une première silhouette se dessine ; sans réfléchir, il se jette dessus. Ses crocs plantés dans la chair drainent le sang délicieux et épais, poisseux, qui descend jusque dans sa gorge, son estomac. Il aspire avec les hurlements de douleur de la victime ; celle qui hurle le nom sera la prochaine. Ils ne sont pas armés pour le tuer, il le sait ; pas de quoi trancher son cou, pas assez rapidement. La deuxième hurle à son tour lorsqu'il lui grimpe sur le dos, la maintient au sol pour s'en délecter. Un troisième. La folie alimente ses veines, il se sent vivre enfin, comme jamais : toutes les sensations sont là, décuplées, il adore ce qu'il voit, il adore ce qu'il fait, il adore sentir le sang chaud à l'intérieur de son organisme froid. La nuit est une amie pour lui, elle lui offre la possibilité de voir les moindre détails les plus cachés. Tout. Il sent, ressent, absolument tout.
Il se sent vivre enfin, comme jamais auparavant.

Quelques rires frénétiques s'arrachent à sa gorge alors qu'il reprend son souffle, haletant puissamment. Il se lèche encore les lèvres, les doigts, couvert de sang. Ce voile purpurin qui lui fait tant de bien.
Il prend quelques secondes avant de comprendre.

Quelques secondes avant de poser les yeux sur la silhouette à peu près cent fois plus baraquée que les autres qui se tient, là, près de lui.
Et cette odeur de soufre. L'animal s'approche, agrippe une manche, le poignet, tire la main jusqu'à son nez et renifle longuement.

Ezekiel ?

Il appelle, mais par confusion. Cette odeur de soufre, il ne la connait que trop bien. Mais ce n'est pas celle d'Ezekiel.

À mesure que sa respiration se tasse, que l'ivresse et l'adrénaline se taisent, que la folie s'amenuise, il se sent fort, revigoré.
Suffisamment longtemps pour observer le paysage macabre peint devant lui. Sa vision est parfaite, dans la nuit : il voit des couleurs qui n'existent pas à l’œil humain. La forêt est magnifique, mais...
Tout ce rouge. Cette marre de sang dont s'abreuve le sol et les insectes. Des parasites sont déjà posés dessus, et en tendant l'oreille il peut entendre des charognards attendre que les deux derniers debout s'en aillent.
Soudain, il tremble. Un regard à sa main, le goût du fer dans la bouche, le nez, comme s'il venait de bouffer un hélicoptère. Tout est rouge. Il sent le sang dégouliner de sa lèvre. Il voit sur sa main, les restes de peau, de cheveux sous ses ongles. Il tremble tellement, secoué par un tremblement de terre.

Ils sont morts ? Ses secousses ne s'arrêtent pas, s'intensifient. Ses jambes sont branlantes, maigres, ne le tiennent presque plus debout. Ils sont morts ? C'est moi qui les ai tués ? Son regard perdu se tourne avec son accent roumain vers l'immense homme non-loin de lui. Il espère trouver du soutien, mais l'odeur de soufre lui prend le nez comme une odeur d’ammoniaque. Ses dents, redevenues humaines, claquent vivement entre elles, tandis qu'il s'enlace lui-même pour se protéger de ce funeste spectacle. C'est moi qui les ai tués ? Ils sont morts ? C'est ma faute ?

Peine, panique, incompréhension. Il ne sait plus, ne sait plus comment faire. Il est envie, pourquoi ? La panique le heurte de plus en plus fort à mesure que les larmes ruissellent sur ses joues, lavent ses pêchés en laissant quelques traînées claires sur ses peintures de crime.
Il semble percevoir un mouvement, n'importe lequel. Un clébard, un loup-garou, le démon, il n'en sait rien, mais son hurlement perce le dense feuillage des épineux :

- N'APPROCHEZ PAS ! Sa voix retentit dans la forêt. QUI ÊTES-VOUS ?! BARREZ-VOUS ! LAISSEZ-MOI ! ME TOUCHEZ PAS !!

Il se débat contre lui-même, semblant possédé, animé par une force intouchable, manipulé par un marionnettiste macabre. Sitôt ses genoux à terre, il fond en larmes. Le front contre le sol, il se retient de hurler, peine à respiré. Il s'enlace encore, comme la dernière protection qu'il a ; il a l'impression que des centaines de mains grimpent sur lui, sur son dos, des cuisses, ses épaules, sa tête, qu'elles le gardent contre le sol pour lui faire mordre la poussière. Il se dégoûte. Il devrait mourir, ne plus être en vie ; mais ça depuis bien des années. On le lui refuse, pourtant, sans cesse. Il voudrait la paix, enfin.

La paix.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Mar 21 Aoû - 15:24


-Well, shit...

Eh merde, comme nous aimons à le dire si souvent. Un pied dans la merde, l'autre à se demander ce qu'il se passe. Personnellement, j'ai les deux pieds dans la merde et j'ai la sensation de m'enfoncer dans un océan de matières fécales produites par un stégosaure en détresse intestinale. Ca m'apprendra à faire dans le social et à suivre un vampire dans la forêt.
Oui, bon. PEUT-ETRE que je le suivais depuis un moment. En attendant, je patine dans la merde et c'est un sacré cauchemar. Voyez-vous, je tire une certaine fierté d'avoir réussi à garder mes augustes fesses loin des brasiers de l'enfer depuis ma première sortie. Pas une seule fois je n'y suis retourné et j'ai pas spécialement envie que ça se produise. Je mets une attention particulière à ce léger détail.
Enfin, la plupart du temps. Sur ce coup-là, on ne peut pas dire que j'ai fait preuve d'une intelligence à toute épreuve. J'ai été con comme une truite. Du coup, quand les 6 chasseurs ont surgis de leur broussailles en m'arrosant d'eau bénite et en hurlant comme des ahuris ma seule réaction, au delà de la surprise la plus pure, fut ces quelques mots.

On ne peut pas dire que je ne l'ai pas cherché, là, perdu au milieu de ces putains de bois. En tout cas, les six connards sont équipés : ils ont un putain de cerceau avec un piège à démon et assez vite, je me retrouve au beau milieu, un peu dépité. Je regarde le truc en plissant les yeux.

-Serieusement... ? Vous êtes des chasseurs cheerleaders ? Vous allez me sortir des pompoms en argent ?

-Tais toi, démon !

Oui, mes yeux ont déjà virés et la douleur de l'eau bénite sur ma peau d'éphèbe à tendance à avoir cet effet brulé très peu seyant. J'hausse un sourcil. Je suis tombé sur des mecs loquaces, c'est parfait. Je vais passer mes dernières minutes terriennes face à des goujons pas foutus de débloquer un mot. Parfait. Où est ma cantatrice nue et son verre de champagne bénie, ses caresses et tentatives de meurtre sexy ? Ou mon cantateur, d'ailleurs. Ou les deux, à bien y refléchir. Je mérite au moins ça.
En lieu et place, je suis gratifié de six personnes qui murmurent. On fait quoi du grand méchant démon, maintenant ? Comment le renvoyer en Enfer ? Oulala, ça a l'air dur, tout ça. Je m'accroupie par terre et m'applique à leur lancer des petit cailloux dessus. Ils s'agacent. Je continue, faut pas déconner. Nouvelle salve d'eau bénite : worth it.

Et puis soudain, la tempête. Avec des gros crocs et une grosse faim.

Mircea. Étonnamment.

Ben dis donc, c'est moi qui devait lui empêcher les ennuis, c'est un peu la foirade de l'année. Je le regarde faire et plisse les yeux. Ça gicle de l’hémoglobine dans tout les sens en rythme avec les cris de douleurs et de colères des chasseurs chassés. Moi, plus le temps passe plus je m'imbibe de rouge, bloqué comme un con dans mon cercle en plastique. Je regarde le vampire s'approcher de moi, choper mon bras, le renifler.

-Ezekiel ?

Mes sourcils se haussent tellement haut qu'ils s'expulsent de mon crâne, envolé de surprise et de choc. Il me prend pour ce petit con d'Ezekiel... ? Sérieusement ? Je retiens une reboutade de drama-queen et j'ai raison parce que la panique prend le dessus, les yeux frénétiques, les tremblements et l’incompréhension. Je l'ai déjà vu dans le regard de ma nièce, après des crises.

– Ils sont morts ?  Ils sont morts ? C'est moi qui les ai tués ? C'est moi qui les ai tués ? Ils sont morts ? C'est ma faute ?


-Ben... On est difficilement vivants avec une trachée arrachée, je crois...

WELL SHIT ! Je le regarde partir en cacahuète tout seul. Il recule, s'émeut, pleure et j'avance de quelques pas, avant d'être bloqué dans ce con de cerceau. Je m'accroupis à sa hauteur. J'ouvre la bouche et je m'apprête à parler mais je me retrouve devant des cris déchirants.


- N'APPROCHEZ PAS ! QUI ÊTES-VOUS ?! BARREZ-VOUS ! LAISSEZ-MOI ! ME TOUCHEZ PAS !!

Je pousse un long soupire. Ca va être une longue soirée, pas vrai... Je le regarde et souris gentiment.

-En fait, je peux pas trop m'éloigner plus que 50 centimètres, ils m'ont enfermés dans un piège. Et je suis Asmodée et tu viens de me sauver d'un petit retour en Enfer. Merci beaucoup. Oh et je connais Ezekiel, soit-dit en passant. Mircea, c'est ça ? Calme-toi, ça va aller.

Les sanglots de Mircea m'émeuvent plus que je veux bien le dire. Ca me rappelle moi, au début. Après les crises de colère. Il y a longtemps. Quand elles contrôlaient le moindre de mes gestes. Je le regarde recroqueviller dans ses propres bras. Je vois bien que c'est pas des pleurs de panique. C'est de la douleur. Il a pas envie d'être là et je le sais bien, j'ai compris ça en me renseignant sur lui : Mircea, le vampire qui voulait mourir pour ne plus être un vampire.

-Faut qu'on s'éloigne d'ici, Mircea. Tu penses pouvoir ouvrir mon cercle, s'il te plait ? Il faut qu'on s'éloigne et qu'on te nettoie un peu. Si ça te va.

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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Dim 28 Oct - 8:44

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Mais la peur. La panique. Rien de tout ça ne semble vouloir prendre fin ; la terreur s'empare de lui comme d'un animal pris au piège, elle forme une bulle autour de lui ; une bulle de tornade, le Styx qui se déverse autour de lui, dans son nez, sa gorge couverts de sang. Ses vêtements lui collent à la peau, de sueur et d'hémoglobine, et lui font une deuxième peau : il se sent plus nu que jamais. Le tourment dans sa tête est si fort qu'il entend sans écouter ce qu'a à lui dire le grand homme. Sa silhouette dans la nuit lui paraît puissante, écrasante, vive, effrayante. Il prétend s'appeler Asmodée, mais cette information ne parvient pas à son esprit paniqué.

Pourtant, un morceau phonétique parvient à fendre sa défense. À éclairer la tempête dans sa tête. Un prénom, plus précisément : celui d'Ezekiel. Aussi douloureux cela puisse être, ce nom a quelque chose de réconfortant. Son instinct l'associe à subtilement à la dissipation de ses peurs. Ce sadique, ce truand, cet arracheur de dent capable de lui faire autant de bien que de mal, subitement par la seule présence de son souvenir, l'apaise. Il entend son propre nom, et pour une fois ça ne lui arrache pas les tripes. Pour une fois, ça n'a pour effet que d'attirer son attention. Il porte ses yeux embués de larmes, sa gueule encrassée de sang, vers le démon pris au piège. Oui, lui aussi est pris au piège. La panique lui tord encore le ventre et la gorge, mais elle lui semble moins insurmontable, peut-être plus sourde. Elle menace d'exploser, il se sent obus de guerre, mais il songe qu'avec un peu de précaution elle pourrait redevenir inoffensive.

Tu connais Ezekiel ?...

Sa question est aussi innocente qu'elle craint la réponse. Le démon le répète : il est pris au piège. Sa situation fait écho à la sienne : cet être coincé, bloqué dans ce qui le dépasse. S'il le laisse là, il meurt. S'il le laisse là, ils meurt probablement tous les deux. La nuit est encore haute, la lune brillante les couvres ; personne d'autre que des bêtes ne passeront là. Mais des chasseurs vont être sur leurs traces très bientôt, il en est certain.

Toi aussi, tu es coincé ? Il s'approche doucement, récupère la main, regarde à l'intérieur. Il constate que les siennes tremblent encore, et que ses larmes continuent de couler sur ses joues. Ses yeux bruns se plantent dans ceux bleus. Toi aussi.

Il réfléchit. S'accroupit près du démon, regarde le sol. Le cerceau le garde effectivement prisonnier. Les symboles dessus lui rappellent ce triste épisode de prison ; la peur, le sol froid des cages. Les grilles chargées de sigles pour empêcher les créatures de s'enfuir alors qu'ils étaient volontairement affamés, battus, torturés, pour en faire des bêtes de foire. Il regarde d'en bas... Asmodée. Cligne des yeux. Rompt le cercle.
Puis en reculant, il pose sa main dans les feuilles mortes, gorgées de sang. Son souffle se coupe subitement. La texture poisseuse du sang sous ses doigts le glace complètement, instantanément gelé. Sa langue passe sur ses lèvres sèches ; elles ne le sont pas. Elles sont recouvertes d'hémoglobine. L'odeur de fer lui revient, lui prend la tête. Il se recroqueville sur lui-même, enlace ses propres genoux, une main dans ses cheveux.

C'est moi qui les ai tués...

"Nettoyer". Il doit nettoyer l'endroit. Ils doivent cacher les corps, les enterrer, les faire brûler... Quelque chose comme ça. Peut-être. Il ne l'a jamais fait. La terreur lui scie le ventre, il tremble. Le démon n'est qu'une présence fantomatique, oppressante. Agressive, presque. Une silhouette plus grande que lui, lui qui est si bas sur la terre. Il le regarde de là où il est. Proche du sol, pitoyable. Pathétique. Lamentable.

Qu'est-ce qu'on peut faire ? Soudain, il se traîne jusqu'au premier cadavre. Observe son visage, le sang qui tâche ses vêtements sombres, ses yeux vitreux, sa bouche ouverte, ses muscles crispés et sa peau froide. Ils sont morts... Sa voix se brise dans la culpabilité. Il se sent monstre, monstre honteux, criminel, horreur de la nature. Il tremble encore, retient quelques sanglots. Ils sont morts et c'est ma faute. Je les ai tués. Le roumain s'élève entre les arbres. Il est sous le choc, pose sa tête contre le torse encore chaud de l'homme étendu au sol, inerte. Il aimerait s'endormir, fermer les yeux et se réveiller dans son lit, en Roumanie.

Loin dans le passé. Nulle part ailleurs.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Lun 19 Nov - 9:43

C’est bien goret, tout ça. Y a un peu du sang et des tripes partout. J’ai pas encore pris la peine de mater la gueule de ma tenue, probablement foutue. Pas grave. Pour l’instant, l’important c’est Mircea, lui et sa crise de panique incroyable. Apparemment, je prononce le mot magique car il relève sa trombine pleine d'hémoglobine vers moi. Salut beauté.

– Tu connais Ezekiel ?... Toi aussi, tu es coincé ?

Je hoche la tête. Mircea est mue par un instinct animal, il ne se lève pas, il se déplace à quatre pattes, regarde ses mains, le cerceau merdique qui me tient captif, me regarde. Je ne sais pas ce qui lui passe par la tête mais ça ne le fait pas sortir de cet état de fragilité constante. Je le savais instable, je découvre donc à quel point. Il brise le cercle et je pousse un soupire de soulagement. Putain, qu’il fait bon se sentir entier et libre.

Mircea se fige d’un coup et j’ai du mal à comprendre pourquoi puis se retrouve rouler en boule au milieu des arbres. J’ai du mal à envisager ce mal-être mais je suis prêt à aider. C’est de toute façon pour l’aider que je le suis depuis un moment. Malsheem serait parfait pour lui. Les bars à sang et la protection de Simone encore plus. En plus, il est doué, il pourra être utile à Malsheem s’il décide de s’engager. J’ai conscience que c’est un long chemin qui nous attends mais je pense qu’il peut nous être bénéfiques à tous.

– C'est moi qui les ai tués…

Je reste silencieux, j’ai évoqué le fait de nettoyer les lieux. Mircea est terrifié. Je me contente de lui laisser de l’espace.

– Qu'est-ce qu'on peut faire ? Ils sont morts... Ils sont morts et c'est ma faute. Je les ai tués.

Il se blottit contre le cadavre d’un des chasseurs. Ok. Ca va être beaucoup plus compliqué que prévu. Je m’approche et m’agenouille à côté de lui et le dégage du cadavre avec délicatesse.

-Mircea. Calme toi. Si tu ne les avais pas tués, c’est moi qui serait mort. Je te dois la vie. Maintenant, laisse moi t’aider, d’accord?

Je lui offre un sourire sincère, légèrement désolé.

-Je m’occupe de tout nettoyer et on va se trouver des vêtements propres. Si tu veux après, je te ramène chez toi. Ca va aller. Il y a des solutions.

Je sors de ma poche mon téléphone et envoie un rapide message à Simone. La réponse ne tarde pas, des nettoyeurs arrivent. Je vire ma veste et entreprend de nettoyer sommairement Mircea.

-Je connais des personnes qui pourraient t’aider à te controler et à te nourrir sans plus jamais tuer. Si un jour, ça t’intéresse…
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Lun 19 Nov - 17:05

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La douceur de la main qui le dégage du cadavre lui apparaît comme une grande claque. Il ressent le battement du cœur du démon contre son épaule, il entend ses yeux bouger, sa paupière battre, la main sur le tissu de sa veste déchirée et dégueulasse de sang. S'il avait eu de la fourrure, elle se serait hérissée subitement ; il ne montre pourtant pas les crocs. Ses muscles se tendent sur les vêtements, bougent même temps que cette main qui le pousse - le bouscule, il se sent comme arraché au cadavre qu'il serrait contre lui. La chaleur quitte sa joue, ses yeux luisent de quelque chose d'anormal - comme d'habitude. Le froid que laisse sur sa joue le souvenir de cette chaleur humaine glace son sang une seconde fois ; la main contre lui est chaude. Tout autant que cette voix. Que ce visage anguleux, éclairé par la lune ; il a l'air rassurant. Il a l'air bienveillant. S'il connait Ezekiel, alors tout va bien, non ? Son odeur de soufre lui prend le nez, il est tellement plus sensible que d'habitude dans cet état.

Et semble pourtant ne pas en avoir conscience.

M̶̨͚̜̣͔̑î̵̲͈̔̈̉ŕ̶̤͚͔̖̋͒͋͝c̵͚͍̳͊̓é̴̟͙̠̋̆̾a̸̦̎̾͘̚̕.̵̡̩͕̈́͗ ̷̘̯̊͒͛̾Ş̴̣̙̬͆̾̑i̷͔̬̺͓̍ ̵̘̞͊̅̕t̴͔͔͂́ư̶͓̯.̸̧̺͙̀̄͜.̸̢̨͚̜̮̑̐̕͠.̴̫͔̻͛͐̀̐̕ṕ̴̟́͋̅a̵̡̞̋͜s̷̗͚̙̀ ̴̨̟̜̉̈̄t̷̳͚͇̝͌͝u̵̦̘͑̏͠é̸̢̩̹̰̳͋̍̏s̵͎͂͊,̸̙̞͊̇̾̚ ̶̪̮̤̊̾č̸͙̱̻̦̊̎ͅ’̷̱̟̯́̄̎̐̕͜é̴̛͍͚̮̩͔͝s̵̮̾͘͜͝t̴̹͈͚̽͐ ̷̧̦̪͉̤̑ṃ̵̈́̆̇͋͝o̴͕̹͌̈͝i̶̠̎͗̇͊ͅ ̷̲͉̈̈́̄.̷̩̍͆̍́.̶̛̲͒͆.̷̨͖̅ ̴̰̩̘̠͗̑m̴̬̹̦̐ô̷̦̺̬̦̜͌͑̉r̵̡̲̔t̵̖̩̹̿̈́MORT.̶͙̭̹̌̈́͗ ̵̧̙̼́́̋̿̚l̶̡̫͈̺͒͂͒ả̷͓̭̑ ̷̡̮̯̽̈́̿̀v̵̬͈͚̉ị̶̼̔̀e̷̲̺̬̫͆͂̊̅͝.̸͖̠͔̐ ̷̪̼̳͓̆M̵̢̛͎̙͚͗̾͂͜å̵̡̧̳̗͔̀̇į̷̿n̷̞͌t̴͈̫̾̿ĕ̷̼̳̺͙̃͋͂̚n̶͉͐̈̾ä̸̡̠̖̭́͋͜n̵̯̬̓̒͊t̸̩̦̹͒̀̋͘͘,̷̯̬̀̾̀͑́ ̵̪̻̅l̴̛̼̠̣̻̓͗͜͠ä̵̯́͋̓̊ĭ̵̤̱͐s̴̫̩̥̟̖̈́s̴̠̳͉̣̄̌ẻ̶̪͍͇̣̣ ̴̠̹̼̈̏̀͌ͅm̸͇͊̀ͅô̴̠͈̙̯̩͆̆ǐ̸̹̎ ̸̼͔̣̟̅̓t̶͖̮̝͔͂͂̾’̶̱͐͝a̸̙̬̐̓̌̚ḯ̷͈̼̺̜̥͒̀̓̍ḏ̷̞̘̩͑̌͑͘͜ę̸͇̂͑́̏r̴̗̙͚̚

Le démon montre les dents. Le long de sa colonne : un frisson. Ses yeux s'écarquillent, sa mâchoire se serre.

J̴̺̺̒e̶̬̓̎̔̐̈́ ̸̘̠̭̩̓̀͌m̸̘̩͔͎͗̉̕’̶̩̬̩͔͎̈́͛ơ̸͈̍̄c̸̢̬͉̜̍̋̕c̵̫͉͇̪̟̾̿͆̕ù̸͇̝̺̹̼͛̒͝p̸̡̝̺͇̀͛̂̆͆͜ę̷̛̼̮͉͚́̑́ ̴̨͖̭̓̎͝ḍ̴̘̙̹͙̆̅̇ẽ̶̛͇̰̜͂͝ͅ ̴̪̱̽͗̂ẗ̸͎͓̘́͗͐̓ơ̸̦͍̈͜ú̴̳̟̣͍̈́̔̚͝ͅt̴͈̥͚̊̄͛̓̚ͅ ̸̱͎͛̒̕͘n̴̨̓͋̆͘ē̶̻̝͉͑͋̕ț̶͙̏̐͊̚t̶͚̹̙̑̾̊̕ö̸̟́͋̒̾̍ỵ̸̤̩̰̰̓̌̕͝ȩ̷̞̰͙̌̓̄̊̿ŕ̵̼̬̮̒̇͛̕ ̶̘̭͌ė̸͓̯̙̗͐t̸̬̓̎̕͝ ̸̟̉̄͠ͅo̷̩̭͎̚n̴̆̇̌͜ ̸̩̍v̸̭̿͂̕͝ḁ̶̧̯͖̿ ̵̨͍̖̤̏̀̒s̷͚̟̺͗̏e̶͍̬̪͔̻͌ ̸̝̝͐͗t̴͇͕͍̝̑̒͠r̸̭̩̮̫͒̍͊̇ơ̸̧̤̭̝̅͘ͅṵ̴̖̳̺̽̎̇͐v̵̱̱̳̩̽ę̷͍̹̠́̓̿r̸̡͕͎̊̈͑͊̋͜ ̸̮̃d̷̮̫̠́ȩ̸̥͓̑̌̏̐̽s̵̲͋̀͌͒ ̶̨̘͛̂v̶̼̤̖͋ȩ̶̝̫̮̂͑̍͠t̶̤̻̳͚̾͗̈͂͜è̸͚̳̘͊͌́͋ṁ̸̠̮ȩ̵̥͍̤̘̈̊n̵͍̻͙̤̈́́̃̚t̸̢͔̑̒s̵͇̗͐̓ ̵͙͖͎͈͐͊̓̕p̸͖̻̱̄̅͝ŗ̸̧̜͚̰͌͐͘o̸̮̹̠͕͙̾͑͝p̴͔͉͔̐̀͊͠ͅr̴̩̜̦̯̒̑͂͝ë̵͉̦̟̜͕̓s̶̡̛̘͒̃͊.̶̱͛͒

Il a le nez près de sa gueule, il a les tripes au bord des lèvres et les yeux injectés de sang. La voix est une cacophonie, à ses oreilles le bourdonnement incessant d'une folie qui le gagne, comme un essaim d'abeilles tout autour de lui, prisonnier de ses cheveux de Méduse qui lui collent à la peau, couverts de sang, de sueur, et de sueur de sang. L'homme bouge, non, non, attendez, le démon se meut, brusquement. Mircea sursaute.
Ses lèvres sont anesthésiées par le froid, par le sang séché.
Il ne sent pas tout de suite.

Il ne réalise pas tout de suite.

Jusqu'à ce que ses yeux tremblants associent le geste de la main à ce qu'il se passe sur son visage.

J̸̹̭͈̼͕̐͝ȩ̷̞̹̘̺͚̼̿̾̃͠ ̶̳͚͖͖̍̐̽ͅc̵̗̟͈̻̜̭̭̅͑̐ȍ̴̢̼͇̊̓n̶̢̘̭̱̞̬̣̓̓͊͝n̴͙̈́̀͑͊͑͝ā̶̮̙̱͉̬͇͎̒͝i̴̠̒̔͊s̸̯͊̃̿͛͘ ̶͖̠̀̒̇̈́̑̔͐d̵̝̳͔̪͐́͗̕ē̶͔̈́́̓̃ş̸̮̌͘͝ ̴̧̣̯̈́͜p̵̹̻̲̦̩͙͑̀͗͐̊ẹ̵̛̦͎͓̲̜͗̃̈́̚r̶̛̺̬̓š̷̭̫͍̔̈ő̴̜̖̱͇̃͜n̴̢̡̗̥̍̋n̴̻̈̈́̀̄̽̑͗ę̶̢̬̗̦̥̃̈́̽̋̿s̶̬͕̘̦̪̪͖̊̆̿̀̈́̕ ̶̛͉̟̏̓̀̆q̶̛̯̋̈́͐̊͠u̸̧͓̭̦͓͆̈́̌į̷̩̩̟͖̒̅͋̾̉ ̵̼̙̜͚̩̦̦͑̔̉p̶͉̭͇̥̯͔̪̈́́o̵͎̜̖̔u̸̹̰͔͉̒̈́͝r̷̭͍̣̝̍̈́̍̐̋̀r̴͉̠͇͉͗̃͑̒a̷̻̺̘̦͓͚̼̐̓̓i̴̱̹̦̲͒͆͒̀̌̒͑ȩ̸͍̱̖͍͛̿͐n̵͙̆̒̓̅͌̎t̷̢̡̼̲̻͍̃̌̕ ̶̧̫̠̆͠t̴͙͚̆̕’̷̧̳̬̥̤̰̀̽̃͘ȧ̴̫͘ì̴̜̹̈́̎̕ḋ̷͎̆́͒̌ë̴̛̛͍̌̈́͒̓r̸̨̛̩̹͔̙͌̃͂͗̅ ̸̪̯̐͒͒́̾̾̕͜à̴̤͉̺̇́ ̸̡̯̼̫̞̏̒̋̃̚̚͜t̷̡͚̞͚͉͘ẽ̵͎͎̹̱͓͐̓̄̂ ̷͇͙̹̼͇͂͐c̷̖͆͑̈́̈́̋̔ȍ̸̙͇̭̠̱͆͂̈̓͘n̴̢̡̛̳͙̤̼̎ͅt̶̢͕̲͋̒́̈́͝ř̷͉̗͈̗̱̑͂͊́o̵̡̢̩͍̩̣̓̀̈͒͑l̷̫̰̹̤͎͔̼̈̿̃ĕ̷̗͚̂̄͊͒͝ŕ̸͔͖̺̱̞̩̥́͑͝͝ ̴̢̮̯͛̏̃̅̿͘͘ȩ̷̛͇̞̳̟̅͑̄̔͗͝ͅṫ̴̢͕̟̯͇̊͆ ̶̨̺̫̐̏à̶̡̪̬͙̪̮͒͜ ̵̬̾́ţ̷̘̩̟̝̜̽̀͛̕͘͜ě̸̩̤͂̉̒̄͜ ̴͕̻̯̱̾̄͗̽n̴͈̥̖͚̱̝̽̃͐̽́̚ỏ̶̢̝̙̭̪̙̼͆̓̕ṳ̴̧̻̱͕̩͓̇́͆̈́̈͂r̵̢̳͕̹̺̎̐͑͆͑͑r̸̻̎̇͑͗͂͝i̵͕̺̟͓̳̝͆͐͌ŗ̸̖̌͌̎͘͠ ̸̞̰͗̋̕s̵̨̟̩̗̱̻̈́̆͋̃͘͜a̵̭̖͉̠̭̋n̵̢͇̤͈͉͋̽̏̈́͝ś̵̗̠̺̞͑̏ͅͅ ̴̟͖̀̈́̑͊͊p̵̻̬͓̲̞̉̏̿̄̒͠͝l̵̘̱͍̪̠̘͚͐̐̿̉̔ų̷̼̓̓̈́͠s̷̰̤͚̄̀̿̎ ̵̭̈̒́͠j̸̞͔͆̄̋̍a̶̢͛m̷̩̈̒̽̉̈̕ä̴̯̟͎͖ͅi̸̢͉̪̳̦̊͐̇̚͝͠s̶̛̙͊̓ ̷̯̓̂̽̓̕͝t̷̜̱͊̈̒̏͒͆ͅų̶̤̌̓ȩ̷͚̳̠̤̅̇̔͋́̇̕r̷̖̽̇̿̌.̷̫͒̃̎̈́̀͜ ̷̧̢͇͍̗͊̔̿̀͘S̵̢̮̙̦̮̬̠̏́̕î̵̥̭̕ ̸̡̰͎͙̍͊̓͜u̵̖̐̿̐̔̽͝n̸̘͕̒̋̏̒̔͘ͅ ̷̹̬̩̈́̿ͅj̴̦̗͒̀̚ö̶̬̝̮̥́͐̔̇ū̴̗͐r̸̩̞̻̭̀́̕,̶̧̘͎̩̥͇͙́̍͗ ̴̨̲̏̃͂͝ç̷̧̬̦̎̎͛́ͅa̶̤̖̾̃́̌ ̸͇̼̖̬͙̊̀̒͌ẗ̴̮͉̤͕͉̯́̀̊͋̎͝’̶̨̦͑͗̍̚i̶̧͖̦͖̬͇͔͌͗͌̊̽̀n̷̰̍͑͊̈̒̕͝t̷͚̒̊͝é̶̢̛͍̟̻̯͙͗͐̃̓̏͛r̷̨̨̲̖̫͌̋̽̋e̴̯̰̟͖̰͒͗ś̵̯̬̐̐̑̉͒̇ş̸̯͚̽̓̋͒̽͋͘e̴͚̼̺̓͆̐̀̑…̶̨̡̥̦̉̈́̒̈́̂


Il n'entend plus rien que le bourdonnement, de plus en plus fort. Son instinct qui prend le dessus, sa rage, sa hargne, sa peur, son dégoût, toutes ces sensations qui lui retournent le ventre, l’œsophage.

Alors subitement, il passe à l'attaque.

Sa main saisit le bras qui le touche, qui l'agresse. Il mort la main, puissamment ; comme s'il avait mordu dans du caoutchouc. Ses crocs plantés dans la peau ne pénètrent pas, comme si ses doigts étaient incassables. Il serre plus fort, jusqu'à ce que sa mâchoire lui fasse mal.
La nature le rattrape plus vite que prévu. Elle est son garde-fou, en règle générale, sa rigole, et en même temps d'une intransigeance quasi-injuste.
Le sang ingurgité lui remonte dans la gorge, tant et si bien qu'il se voit forcé de relâcher sa prise. Écroulé sur le sol, il rampe, comme pour chercher de l'air, mais finit par régurgiter entièrement un horrible mélange de bile acide, brûlante, et de sang poisseux, quasi-coagulé dans son estomac. Sa toux ne s'arrête pas, il se sent comme un chat avec une boule de poils dans la gorge. Le liquide coule sur son menton, sur le par-terre du sous-bois, sur ses mains. Il en passe une dans ses cheveux, et le sang lui dégouline sur le front. Ses tremblements le secouent de part en part, il se sent vraiment mal. Instinctivement, il tente de se relever, grogne, gronde, s'effondre. Plusieurs fois. Enfin, lorsqu'il abandonne, comme un vers nu, se recroqueville sur lui-même, tremblant, sanglotant, terrorisé.
Par lui. Par l'homme. Par la forêt et ses ombres d'arbres gigantesques, par les corps des chasseurs qui gisent sur le sol. Il éclate en sanglots, sanglots silencieux.

Il est misérable.

Il implore. La mémoire des mots lui revient doucement ; les bourdonnements ont cessé.

Où tu veux... Sa voix brisée hoquette. Il ne se rend compte de rien, vit une très mauvaise fièvre. Où tu v... eux... Répète-t-il à l'intention du témoin de ce spectacle dégueulasse. Il a honte. A l'impression d'être nu. De n'être plus qu'un tas d'os informe.

Pourvu que demain, tout soit fini.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Mer 21 Nov - 9:14

Je regarde Mircea au bout de ma main et hausse les sourcils en le voyant mordre.
Je le détaille avec étonnement, ses crocs essayant de planter ma chair et son air de bête acculée et terrifiée.
Je me fais la reflexion que j’ai une peau pare-croc et l’image d’une tortue mordant un cul s’impose à moi. Internet, miracle moderne. Toujours là pour décompresser mon cerveau malade.
Je mets un temps parfaitement hallucinant à avoir mal. En fait, je commence à avoir mal quand je vois sa cage thoracique se contracter en convulsion vomitive. Il va me gerber sur la main, là? Sérieusement? La drama-queen en moi défaille tandis que le guerrier islandais se dit que le vampire se met dans un état absurde. Le juste milieu consiste juste à secouer la main qu’il finit par lacher. Mircea rampe et je le suis des yeux, la surprise incrustée dans mes traits. Je m’apprête à dire quelque chose quand enfin il vomit. J’ai presque envie d’éclater de rire tant le timing est comique. Je ne rigole pas, je secoue toujours ma main endolorie en détaillant. Il tente de se lever à plusieurs reprise. Il me fait l’effet d’un loup blessé.
Il me fait mal au coeur. Il a l’air en souffrance et cette soufrance est provoqué uniquement parce qu’il est. Difficile d’aider les gens comme ça. Ceux qui auraient voulu être morts plutôt que non-mort. Je soupire en l’entendant se mettre à pleurer.

C’est un gamin, à mon échelle, et c’est toujours un brise coeur de voir un gamin dans cet état-là. Je me redresse, me lève et approche doucement avec la précautions réservée aux traumatisés.
Le petit être est couvert d’humeurs : sang, bile, sueur et larme. J’ai des relents de combats sanglants. Des combats d’il y a si longtemps que ces humeurs ont servis d’engrais depuis longtemps. On dirait qu’il a participé à une bataille à l’ancienne, au temps de boucliers, des lances et des épées. Pourtant, c’est lui qui a massacré et comme ça arrive parfois, le bourreau est détruit par son action, parce que son esprit n’est pas celui d’un tueur, parce qu’il n’a pas eu le choix.

Il me parle, je ne sais déjà plus à quoi il fait référence. La seule chose qui me semble clair, c’est qu’il a besoin d’aide et qu’il en a besoin maintenant. Il faut l’éloigner de cette forêt et l’emmener dans un endroit plus calme. Moins susceptible de le faire partir en crise d’angoisse.
Il sombre dans un état léthargique et j’avoue, je me détends un peu. J’entends l’équipe de nettoyage au loin. Je soulève Mircea et le porte jusqu’à la lisière de la forêt. Ca me prend un temps monstrueux parce qu’il est tellement maculé de sang qu’il me glisse des mains et il a manqué plusieurs fois de chuter par terre.
Posée sur le capot de ma voiture : une bâche. Ils sont prévoyants ces nettoyeurs. Il faudra que je pense à leur donner une petite prime. Je pose Mircea contre un arbre, installe la bâche à l’arrière et installe le gamin sur la bâche, bien allongé sur la banquette recouverte de plastique.
Je le ramène chez moi, par les routes les moins fréquentées.

***

Ca fait quelques jours qu’un vampire traumatisé dort chez moi et que je multiplie les visites dans sa chambre pour vérifier qu’il va bien. Drôle d’état dans lequel il s’est mis. Je commence à comprendre l’épuisement d’Elie si ses propres crises ressemble à ça. Simone m’a ramené des poches de sang qui sont déposé à côté de lui. Je suis dans un coin de la pièce à l’écart en train d’envoyer des textos à mon petit Ciulin. Je suis détendu, calme et je suis également vigilant. J’écoute le moindre bruit et j’attends que Mircea se réveille. Quand enfin, il bouge je me racle la gorge discrètement pour ne pas le surprendre. Il est propre, ses vêtements ont été lavés et mis pas loin de lui.
Je ne parle pas encore, j’attends qu’il se reveille, qu’il fasse le premier pas.Je me contente de lui faire un coucou de la main quand il ouvre enfin les yeux.

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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Jeu 22 Nov - 14:09

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Son corps se fait lourd ; à bien y regarder, c'est tant mieux. Le poids de ses muscles, de ses vêtements, sur son squelette endolori a quelque chose de rassurant. Bientôt, ce ne sont que des gémissements, semblables à des plaintes qui émanent de lui, dans une langue que peu de gens parlent dans son entourage. Le regard du démon sur lui pèse également, mais semble avoir perdu le tranchant du jugement qu'il portait précédemment. Mircea ne le voit pas, mais le sent ; au moment où il est soulevé du sol, il n'a déjà plus conscience de rien. Il se sent glisser, lourd, comme dans de l'eau. Il est secoué, il le sait, manipulé même, pantin de chair inanimé ; le démon peut en faire ce qu'il veut, son esprit n'en a cure. Bien que balloté de droite à gauche, de haut en bas, rien ne change dans son état : léthargique, à demi-conscient, sensiblement incapable de se mouvoir. Les larmes ont arrêté de couler et sa respiration est inaudible - présente, mais inaudible. La bâche sur laquelle il est allongé signe son entrée dans les abysses de l'inconscience : les yeux fermés jusque là, il s'endort pour de bon.




Le temps de rêver un peu. Le temps distordu, les aiguilles ratent les heures. Les unes après les autres, d'abord deux, puis six, et encore quatre ; dans les profondeurs du sommeil, on ne s'aperçoit pas du temps qui passe. Dans une bulle, une bulle chaleureuse.
La chaleur.

Sur tout son corps meurtri et encore inconscient, la chaleur pèse. Il se sent à fleur de peau, la caresse sur ses jambes et son ventre le dérange un peu. Comme s'il voulait s'en dégager, il se tortille légèrement, les muscles ankylosés, empêtrés dans une espèce de goudron poisseux ; jusqu'à ce qu'il s'habitue à cette tendresse sur lui, qu'il comprenne qu'elle ne lui veut aucun mal. Il y fait chaud pour son corps froid, ce qui est étonnant, lui qui est incapable de produire la moindre chaleur corporelle ; ou est-ce peut-être l'environnement qui rend plus chaleureux l'endroit. Son visage, avec sa barbe de quelques jours et son plumage de corbeau, frotte doucement quelque chose de similaire à la sensation sur son corps. Comme dans un cocon, une chrysalide : peut-être enfin va-t-il se transformer et prendre son envol ? Il en rêverait. Rêvait-il, d'ailleurs ? Peu à peu, son esprit reprend le contrôle de sa tête avec la déferlante de pensées qui vont avec. Ses traumatismes le font habituellement se réveiller en sursaut, et là, non. Malgré le flot continu de souvenirs, de questions qui lui viennent, la seule chose qu'il parvient à en tirer, le seul et unique constat : il est bien, là.
Assez vite, il identifie les draps. Ses yeux ne sont pas ouverts, mais la couette pesante sur lui et la douceur d'un drap en coton de bonne facture sur son corps le rassure grandement. Une profonde inspiration, certainement l'une des dernières avant l'éveil, il inhale le doux parfum émanent de ce linge propre. Rien à voir avec ce qu'il a chez lui, alors il en est sûr : ce n'est pas chez lui. Il y fait trop bon, il y fait trop doux, les draps sont propres et soyeux, ils sentent bons. Les siens sont encore tâchés de sang et d'autres choses que le commun des mortels n'ose même pas imaginer - mais le simple fait de changer ses draps est trop dur. La moindre pensée bienveillante à l'égard de lui-même est plus un déchirement que quelque chose de vraiment rassurant.

Ce n'est pas chez lui, et pourtant il n'en n'est pas effrayé, au contraire. Une certaine quiétude plane sur lui, le temps d'un éveil. Ses paupières lourdes s'ouvrent pour dévoiler ses cernes et ses pupilles brunes, sombre. Elles s'ouvrent sur un pièce inconnue, mais bien trop rangée et chaleureuse - à son sens, du moins - pour être autre chose qu'une chambre à coucher dans une maison quelconque. Loin de lui le souvenir de la cage encore plus froide que sa peau et du vampire affamé qui se jette contre les barreaux de folie.

Le raclement de gorge l'interpelle, et c'est à ce moment-là qu'il réalise à quel point il est assommé. Comme drogué, mais par le sommeil. La lumière du soleil à la fenêtre décline (tant mieux), et son dernier souvenir de lui en train de vomir au clair de lune lui fait froncer un sourcil. Combien de temps a-t-il dormi ? Depuis quand est-il dans ce lit ?
Encore groggy de son sommeil, il ne réalise pas tout de suite la présence du démon non-loin de lui. Impossible de se souvenir de son nom, alors il plisse simplement les yeux, cligne très lentement, se recroqueville un peu sur lui-même dans les draps. Ce n'est que maintenant qu'il réalise qu'il est nu dans ces draps doux, et que c'était probablement cette sensation qui le dérangeait au début. Résigné, il se redresse très lentement, passe une main sur son front - qu'il s'étonne de voir décrassé - et dans ses cheveux - qu'il s'étonne encore plus de voir doux et soyeux, un peu comme les draps. D'un regard brun sur le démon, Mircea se remémore les événements de la veille - ou du moins, ce qu'il pense être la veille - avec sa tuerie, le sauvetage, la peur et l'angoisse. Peut-être est-ce l'habitude de ressentir ces choses qui fait qu'il n'est pas paniqué tout de suite, ou peut-être est-il simplement perturbé par son sommeil profond.

Une fois assit dans le lit, il confirme sa nudité qu'il affiche sans réelle pudeur. Un peu comme un animal, il touche son propre corps, ses propres cicatrices, redresse une jambe contre lui pour glisser ses doigts entre ses poils, inspecter sa nouvelle peau. À vrai dire, il a l'impression d'avoir mué. Depuis des semaines qu'il cours dans les bois, l'hygiène n'était pas sa priorité, et le sang collait à sa peau, tant et si bien que même la rivière ne parvenait à le décrasser entièrement. De nouveau, un regard au démon. Sa joue est posée sur son genou ramené vers lui, et il l'admire un moment comme ça. Comme s'il regardait par une fenêtre. Muet. Il aimerait bien que le temps s'arrête pour pouvoir continuer à le regarder comme ça ; dans ses yeux brille une lueur étrange, celle de la curiosité, peu connue dans son regard triste. Le démon l'intrigue, toute cette chambre l'intrigue ; mais il se fait subitement plus louveteau curieux que cerf pris au piège. La faim ne se fait pas encore ressentir malgré les poches de sang près de lui.

Un ange passe.

Explique-moi, par cette requête, il espère que l'homme comprendra ce qu'il veut dire. Il aimerait que l'on rembobine tout pour repasser toutes les scènes. Tout ce qu'il s'est passé depuis le moment où ils se sont rencontrés. Qui il est, d'où vient-il, comment l'a-t-il trouvé, connaît-il son nom, où sont-ils, combien de temps a-t-il dormi ; forcé de faire confiance à la suggestion par sa mâchoire trop ankylosée et sa voix trop éteinte pour exprimer une requête claire, il semble pourtant curieux, prêt à tout entendre de la part du démon. Au fur et à mesure que ses yeux parcourent sa stature et ses membres, quelques souvenirs lui reviennent, notamment une morsure. Mais c'est tout. S'il te plaît.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Ven 23 Nov - 7:45

Mircea se réveille et ça a l’air très compliqué. Il a la gueule de quelqu’un qui émerge d’un trip. Les yeux qui s’ouvrent pas en même temps, la tête qui fait n’importe quoi, comme si aucun des muscles du cou ne faisaient leur travail. Il se redresse, le drap glisse. Je l’observe, pas tant pour mater que parce que ses réactions m’intriguent. Il finit complètement nu sur les draps, il s’examine. J’ai aucun mal à comprendre pourquoi : il avait une seconde peau quand j’ai entrepris de le nettoyer. C’est vrai que ça fait un moment qu’il court dans les bois. Je me souviens quand on chassait à l’époque où j’étais humain, c’était rarement une priorité d’être propre.

Ses yeux sombres me captent et me détaille. La curiosité se peint sur ses prunelles et je n’arrive pas à m'empêcher de me sentir flatter. J’aime bien qu’on me regarde comme ça. Sa tête posée sur son genou, nu comme un ver, il me fait l’effet d’un enfant loup. Et je pense que c’est ce qu’il est, quelque part. Il a des réactions viscérales, animales, une façon d’agir qui rappelle à la faune sauvage des forêts.
C’est intriguant parce que c’est exactement ça qui le rend si humain, de mon point de vue. Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi, exactement.

-Explique-moi, s’il te plaît.

La voix est éraillée, maltraitée. Je souris, me penche en avant et prend appuie sur mes genoux. Je suppose qu’il ne se rappelle pas de grand chose et qu’il a des questions. C’est une demande à spectre large que m’envoie Mircea. Aucun problème, j’adore m’écouter parler.

-Si tu veux. Tu es à Blackwater Falls, dans la haute-ville. Chez moi. Je t’ai ramené ici après l’attaque de chasseurs. Tu étais assez perturbé - non t’étais complètement paniqué -  et tu as finis par tomber d’épuisement après avoir probablement vomi l’équivalent du pacifique. J’allais à ta rencontre quand je me suis fait choper comme un gros faisan.

Je me tais un instant. Ils étaient quand même très équipé pour des gens qui ne savaient pas qu’ils me trouveraient là… Je m’égare dans mes pensées quelques secondes et note mentalement de rechercher l’origine de l’équipe d’il y a trois jours. Mieux vaut être prudent, surtout depuis que j’ai Bélial au cul. Il serait assez malin pour me faire tuer par des chasseurs, ni vu, ni connu… Je soupire doucement.

-Ils allaient m’achever quand tu as débarqué pour tous les saigner. Ca m’aurait bien fait chier de retourner en Enfer. Je suppose que tu as un genre de mode Berserk parce qu’après ce petit massacre tu as réalisé ce que tu avais fait et tu as paniqué. Tu ne savais pas quoi faire et je suis pas complètement persuadé que tu m’entendais, toujours est-il qu’une morsure - d’ailleurs, ça pique, pas merci - et un vomi plus tard, t’as sombré dans un état léthargique assez profond. J’ai appelé mon équipe de nettoyeurs pour faire disparaître les corps et les preuves. Je t’ai ramené chez moi, nettoyer et coucher. Ca fait trois jours que j’attends que tu te réveilles. Je t’ai récupéré du sang, vu ce que tu as vomi, j’ai pensé que tu aurais faim. T’inquiète, c’est du sang éthique et responsable, personne n’est mort pour l’obtenir.

Je me lève et penche la tête en ouvrant l’armoir dans le coin.

-Tes fringues sont mortes, elles ont pas apprécié le combat, je pense. Du coup, j’ai fait amené de nouvelles. Les anciennes sont là, lavées, tu fais comme tu veux. Mais sincèrement, t’es pas obligé de reprendre les vieilles. Ca fait un moment que je te cours après. T’avais l’air d’avoir besoin d’aide. Oh et moi, c’est Asmodée mais tout le monde m’appelle Baltasar, ça évite les exorcismes impulsifs. Comme j’ai dit, ça me ferait chier de retourner griller en bas.

Je lui lance un sourire malicieux en ramenant les fringues neuves. Je m'assois sur le bord du lit, assez loin. Manquerait plus que je le fasse paniquer à nouveau. Je pose les fringues entre lui et moi.

-Tu veux savoir autre chose?

J’ai l’impression d’être un pnj. Je donne des infos et j’attends le bon moment pour donner ma quête. La bonne blague. En attendant, je lui montre des signes de confiance, je ne donne pas mon vrai nom à tout le monde et je sens que pour l’instant il est curieux mais ça n’a rien à voir avec de la confiance. Alors je lui donne quelque chose de précieux : une façon de m’atteindre en cas de soucis. Je ne sais pas s’il se rend compte ou s’il pourra s’en servir.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Sam 24 Nov - 10:59

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Au premier mouvement du démon, Mircea sursaute, comme étonné de le voir vivant. Pourtant, les signes ne trompent pas : ses paupières qui battent vivement, son sourire qui étire les commissures de ses lèvres et creuse ses fossettes, son torse se soulève et s'abaisse et même le sang dans son cœur qui pulse témoignent qu'il n'est pas une bête statue grecque bien faite, mais quelqu'un. Aussi humain puisse-t-être un démon.
Les yeux bruns de la Méduse se posent sur les coudes appuyé sur les genoux, des mains liées entre elles : position décontractée, il pourrait se jeter sur lui qu'il n'aurait pas le temps de parer ou contre-attaquer. Est-ce une preuve de confiance ? Il jette un œil sur lui-même, complètement nu, et constate un peu tardivement qu'il est également sans défenses. L'autre a même l'ascendant sur lui, d'après sa description. Un instant, il essaye de restituer où se situe la maison, mais n'a jamais foutu les pieds dans la haute-ville. Abandon ; tant pis : il tique à l'instant où la panique lui est rappelée. Son comportement ne le surprendre pas, mais il n'aime pas se voir comme ça. La projection visuelle de sa propre peur et ses propres démons lui font une étrange sensation dans le ventre. Aussi, profitant du silence pour fuir, il tourne presque instantanément la tête, laisse ses boucles noires en guise d'interlocutrices au démon. Sa main se pose fébrilement sur son estomac ; il n'était pas si prêt qu'il ne le pensait à entendre ce récit.

Dans la suite, le démon essaye de faire passer les agissements du monstre pour un "sauvetage", comme s'il avait bien fait d'égorger une poignée d'êtres-humains tout en étant une bête assoiffée de sang et incontrôlable, soit celle qu'il essaye sempiternellement de faire taire. Sans succès. La quasi-neutralité du récit lui rappelle l'intransigeance de la nature, celle qui le surpasse complètement, qui le transcende, et qui lui fait tant de mal. Il lui semble voir une injustice certaine dans cette façon de raconter, et surtout un manque de prévenance, lui qui a témoigné par deux fois sa honte et sa tristesse d'être dans de tels états. Lorsque l'humain reprend le dessus - ou plutôt, lorsque le monstre lui laisse de la place -, Mircea se déteste encore plus qu'à l'accoutumée. La sensation dans son ventre ne se terni pas, au contraire, et elle lui semble douloureusement trop familière pour qu'il n'identifie pas que c'est la culpabilité qui lui ronge doucement les tripes. Ça, et la honte, la tristesse du souvenir douloureux qui lui revient petit à petit. C'est vrai, il l'a mordu. C'est vrai, il s'est durement senti agressé et blessé, paniqué. Il ne veut plus qu'on le touche. Malgré la propreté étonnante de sa peau, il a l'impression d'être couvert d'un liquide visqueux et organique qui lui dégouline dessus et tâche ses draps. Pourtant, qu'est-ce qu'il aimerait ce contact. Qu'on le serre, qu'on pèse sur lui un poids rassurant. Souvent, sa famille lui manque pour ça : outrageusement tactiles sans aucun état d'âme. Mais, de toute façon, ils sont morts depuis longtemps. Mira est morte depuis longtemps. Alors il abandonne l'idée même d'être serré fort, d'être caressé tendrement. Il est un monstre et doit l'accepter.
Sa tête s'enfonce dans ses épaules à mesure que l'explication se poursuit, comme un clébard rabroué pour avoir pissé sur le canapé.

C'est commun... Murmure-t-il en roumain, pour lui-même, en guise de commentaire à ce qu'il s'est passé. C'est commun qu'il devienne fou. C'est commun qu'affamé, il soit un monstre. C'est commun qu'il panique, qu'il pleure, qu'il hurle, qu'il tombe. Qu'il soit grotesque et dégueulasse. Puis c'est commun qu'il sombre sans savoir quoi que ce soit d'autre. Sans se rappeler de ce qu'il se passe. Dans ces moments, il oscille entre incompréhension humaine et rage monstrueuse. C'est commun. Trois jours ? S'étonne-t-il, adressant de nouveau son regard à son interlocuteur.

Un sursaut quand le démon se lève, et il recule à son opposé dans le lit, ramenant le drap contre lui, comme pour se protéger. Son attitude se voulant sympathique - mais surtout décontractée - le rassure presque instantanément, mais comme un animal sauvage curieux, il reste sur ses gardes. La mention du "j'ai fait amener de nouvelles fringues" lui fait froncer légèrement les sourcils. Il est allé chez lui ? Comment ? Un souvenir le heurte et lui colle des frissons sur tout le corps : il connaissait son prénom. Ce démon connaissait l'identité du fantôme de Blackwater Falls, celui qui tente d'être oublié par le monde entier, de n'être qu'une ombre dans la nuit. Un brin de méfiance se rajoute à tout ceux déjà présents. Il se mord la lèvre, le suit du regard sans même prendre la peine de jeter un œil à ses vieilles guenilles déchirées. Il ne se souvient pas de l'histoire de ce manteau - probablement volé dans une laverie - alors ça n'a pas d'importance.

Il allait dire quelque chose quand le dernier fragment de mémoire lui saute à la gueule : Asmodée, oui. Ezekiel lui en a parlé, vaguement vendu comme un connard. Mais Ezekiel vendrait n'importe qui pour un connard. Le démon lui avait donné son nom alors qu'il était coincé dans le cercle - lui aussi était coincé, putain. Il se souvient, maintenant, au moins un peu. Et ça ne lui plaît pas franchement. Silencieux, il le laisse achever son récit et s'asseoir à l'autre bout du lit, déposer des fringues propres. Mircea en attrape une, la déplie et la renifle. Elle ressemble au genre qu'il a l'habitude de porter, voire même à celles qu'il avait avant. La morale lui intimerait de dire merci, mais aucun autre mot ne passe ses lèvres que :

- Comment tu me connais ? Mon prénom ? Et pourquoi est-ce que tu me suis ? Instinctivement, il serre le haut contre lui, les yeux rivés sur le démon. Je n'ai pas besoin d'aide, diavol. Sans l'avouer, il aurait préférer se réveiller dans la forêt, plus loin encore de Blackwater Falls. Cette ville a quelque chose de dangereux pour lui, au-delà de son affreuse nature de monstre et des chasseurs qui veulent sa peau. Il ne cherche pas à se faire tuer, la mort lui fait trop peur après l'avoir vécue une fois ; mais la simple idée de vivre est trop difficile à supporter. Merci.

Asmodée n'a rien d'un démon comme peuvent l'être Ezekiel et Salomon. Il n'est pas malveillant ; en son fort intérieur, Mircea le sait. Sa méfiance persiste, alimentée par son cynisme et son incapacité à faire confiance à qui que ce soit, même pas à lui-même : et s'il ne peut même pas s'accorder ça, qui d'autre peut en bénéficier ?
Le don du nom semble précieux pour le démon. Celui-ci cherche à obtenir quelque chose du roumain, et ça ne lui plaît pas.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Mar 27 Nov - 14:02

Plus je lui donne des explications, plus je le vois se tasser et le calme apparent des dernières secondes disparaît au profit d’une attitude qui fait écho à celle d’il y a trois jours. J’ai un peu du mal à saisir pourquoi. Y a rien d’affreux dans ce que je raconte, ni dans la manière dont je le raconte. Je m’applique à rester calme, modéré et rassurant. Difficile de comprendre pourquoi ce braquage immédiat.
Il finit par parler.

EN ROUMAIN.

Je crois qu’à ce tarif-là, je les collectionne. Je ne sais pas quelle est la probabilité pour que je tombe deux fois sur des roumains dans un trou perdu du Canada. Je vais raconter ça à Simone, ça la fera marrer en son for intérieur. Je me lève, il sursaute et file à l’autre bout du lit. On dirait que je vais le violer ou le tabasser. Pourquoi pas les deux? Je suis flippant à ce point? Pourtant j’ai pas forcément ma gueule des mauvais jours. J’imagine qu’il est déboussolé. Chambre et mec inconnu, à poil dans un lit alors qu’il a buté 5 types trois jours plus tôt.

Trois jours ?


Je prends même pas la peine de répondre à ce qu’il dit en roumain. Je sens que ça va générer du stress et à priori, Mircea n’a pas besoin de moi pour en créer. Il s’auto-stress tout seul. Ca doit être une putain de cinémathèque dans son crâne. Je hoche la tête pour les trois jours et continue ma petite sérénade. A priori, ça ne calme pas du tout le vampire. Dommage. J’ai comme l’impression qu’on va encore me peter des meubles. Entre le télékinesiste en peine de coeur et le vampire shooté au stress et à la peur, j’ai l’impression que l’apocalypse arrive mais version vaisseliers. Il prend les vêtements que j’ai posé entre lui et moi. Bien, c’est un premier pas. Un premier pas méfiant mais admettons.

- Comment tu me connais ? Mon prénom ? Et pourquoi est-ce que tu me suis ? Je n'ai pas besoin d'aide, diavol.

Je hausse un sourcil. Je n’aime pas me faire appeler “diable”, ça va à l’encontre de tout ce que j’entreprends et ça a tendance à m’agacer beaucoup. Je penche la tête et souris.

-Désolé de briser tes rêves, la belle au bois dormant. Mais je pense que tu réalises pas bien la situation dans laquelle tu t’es foutu.

Je m’étire un peu et le détaille un moment avant de dire.

-Je te connais, te suis parce que tu fais parler de toi, Mircea. Trop. Trop pour ton bien, trop pour le bien des gens que je protège. Ca attire l’attention. Tu crois que ça passe inaperçue un mec qui court dans la forêt couvert de sang alors que la principale attraction touristique de ce patelin de merde c’est les phénomènes inexpliqués? Tu trouves pas ça un peu étonnant que des chasseurs débarquent dans cette forêt avec de quoi buter du démon et du vampire? Ouvre les yeux, tu as besoin d’aide.

Je désigne la porte d’un coup de tête.

-Mais libre à toi de partir, Mircea. T’es pas mon prisonnier. J’aimerais t’aider avant que tu te retrouves coincé pour de bon. Mais qu’est-ce que je pourrais bien y faire, pas vrai? Je ne suis qu’un pauvre diable.

Je souris toujours calmement et je me relève puis ouvre la porte de la chambre, histoire de montrer que la voie est libre. Je retourne m’asseoir dans mon fauteuil. C’est un pari risqué.

-Tu prends sur ta droite puis au bout du couloir tu descends l’escalier, en face de toi, t’auras la porte de service. Elle mène dehors. Après, tu pourras toujours choper un bus. A toi de voir.

Je sors mon téléphone et répond à un message envoyé par un de mes employés.

-Tu sais où me trouver si tu veux te faciliter un peu l’existence.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Mer 28 Nov - 14:59

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Août 2017 - Chez Asmodée - Asmodée
En son fort intérieur, Mircea a la sensation que l'hostilité monte d'un cran ; mais cette fois, pas de son côté uniquement. Le sourire du démon lui donne des frissons, et pas ceux qu'on a à l'instant même où on pose les yeux sur un objet de désir. Ceux-là lui galopent dans toute la colonne vertébrale, viennent lui chatouiller les tripes ; il montre les dents, encore. Ce signe se voulant d'habitude si doux est perçu comme une réelle agression à l'instant même où les nerfs optiques apportent l'information au cerveau. Il ne saurait dire quand est-ce que le sourire est devenu quelque chose d'agressif pour lui. Peut-être sont-ce ses courses effrénés dans les bois, ses combats avec les animaux sauvages et leur langage qui fait qu'il ne peut plus vivre parmi les hommes. C'est une affaire de 50 ans de fuite et d'ostracisation volontaire.

Les yeux rivés sur lui, sur ce corps en mouvement près de lui, Mircea le détail lorsqu'il fait de même. En une fraction de seconde, il se sent terriblement en danger. Ce démon est certainement cinq ou six fois plus puissant que lui, capable de faire des ravages. À sa façon de parler nonchalante, le roumain décèle un zèle intelligemment dissimulé. Peut-être est-il devenu paranoïaque ? L'attitude d'Asmodée le rend subitement glacé.
Il écarquille les yeux. Son prénom dans sa bouche le fait se raidir instantanément. Avoir en souvenir cet élément était déjà compliqué à recevoir, mais l'entendre de ses propres oreilles l'est encore plus. Pourtant, l'attitude d'Asmodée apparaît tout à fait calme et sereine ; mais son sourire. Son sourire dévoile ses crocs - Mircea imagine ces crocs, il le sait, il en a conscience. Mais il ne peut pas ne pas se dire que derrière cette belle gueule se cache peut-être un monstre bien pire que lui-même. Les démons ne sont-ils pas connus pour faire le mal autour d'eux, quoi qu'il advienne ?
La suite des paroles le terrifie. Statique, rassemblé sur lui-même, Mircea n'arrive pas à détacher son regard des lèvres mouvantes du démon. Sa propre respiration s'intensifie à mesure que le discours est déroulé,

- J'attire l'attention ? Dans un souffle, ce questionnement. Non, Mircea ne se rend pas compte. Trop occupé, certainement, à courir après ou fuir quelque chose. Non... Il murmure de nouveau, alors que se pose la question de "buter du démon et du vampire". Non, réitère, toujours très bas. Non, ils venaient pour toi... Conclut-il en roumain. Toutes les recettes anti-vampire, Mircea les sent avant même de les voir. Il en est sûr, ils n'avaient rien pour lui. Ce n'est pas pour lui que les chasseurs venaient. Sans trop y réfléchir, il suppose que ces personnes avaient bien une machette en réserve dans leurs sacs au cas où quelqu'un comme lui se pointerait ; mais il n'en est même pas sûr.

Les mots d'Asmodée lui font comme un électrochoc. "Tu fais parler de toi", "Ça attire l'attention". D'un bras, il s'enlace lui même, ramène son deuxième bras plus près de lui. Il a toujours détesté ça, être le centre de l'attention de quelque chose. Aujourd'hui encore plus ; aujourd'hui, il ne rêve que d'être l'ombre d'une ombre dans la nuit, d'être oublié de tous et surtout de lui-même. Malgré tous ses efforts, malgré toutes ses tentatives et ses combines pour n'être connu de personne, il se fait remarquer. Asmodée voit probablement juste, mais il est trop difficile pour lui de l'admettre tout de suite. Les yeux perdus dans le vague, il sursaute et manque de lâcher un "non !" entamé en voyant le démon se lever.

Ne t'en vas pas, je t'en prie.

Les dents serrées lorsqu'il ouvre la porte ; non, tout va bien. Il ne s'en va pas. Recroquevillé sur lui-même, dans un coin du lit, Mircea fixe cette silhouette tout à fait calme qui va s'asseoir dans son fauteuil, comme une boucle bouclée. Il a fait le tour de la chambre et est retourné là où le roumain l'a vu s'éveiller. Un souffle, presque de soulagement ; mais les mots se font perçants. La description des lieux est plus une source de stress qu'autre chose : tout a l'air tellement grand. Il se sent déjà perdu rien que dans cette chambre ; il serre encore les dents. Ses yeux rivés sur Asmodée, cachés derrière ses boucles noires, il déglutit fébrilement. L'attitude désintéressée du démon l'énerve quelque peu, et il aimerait que celui-ci prenne les choses autant à cœur qu'il ne le fait - sans pour autant en faire part.
Le silence pèse un instant, instant où Mircea reste dans ses pensées. Le démon lui propose de l'aide parce qu'il ne se rend pas compte au combien il en a besoin. Malgré toutes ses tentatives, Mircea a été chassé. Malgré toutes ses tentatives, depuis toujours, Mircea est accusé de tous les maux. La disparition de River, c'était lui, apparemment. La chasseuse a voulu lui faire la peau, et c'est son regard désemparé en apprenant que son ami était porté disparu qui lui a sauvé la vie. Depuis 50 ans maintenant, il est vu comme un tueur, un monstre. Sa propre famille l'a renié, il a été maudit par elle. C'est peut-être ça, la cause de tout son malheur ? Il n'est plus vraiment sûr de rien.

Dans un geste lent, Mircea enfile le haut pour couvrir sa nudité. Impossible de dire si c'est la fatigue, la peur, ou la conversation avec Asmodée, mais lorsque son visage passe le col du t-shirt, des larmes perlent sur ses joues. Au bord des yeux, elles passent la frontière finalement. Quelques une seulement. Pas rares, mais pas une myriade non plus. Certainement celles qui n'ont pas pu dévaler sa peau il y a trois jour. Les restantes. Il n'a pas besoin de se faire discret, elles sont juste là. Sans accélération de respiration, sans que son torse ne soit secoué par quelques soubresauts. Finalement, il prend sa tête dans ses mains, les passes dans ses cheveux à tour de rôle pour dégager son visage, silencieux. Il se coiffe en arrière, même si ses mèches indisciplinées ne changeront pas d'état et reviendront fricoter avec ses sourcils. Il profite, en vérité, de leur texture : ils sont doux.

Finalement, ses yeux embués se relèvent vers le démon. De nouveau, une scrutation.

- ... Mes forces m'ont quittées, avec toutes ces émotions. Je suis fatigué, commente-t-il avec une honnêteté sur ses sensations dont il fait rarement preuve. Je devrais probablement partir... Ce murmure est pour lui-même ; sa voix est grave et basse, presque obscure, la fatigue pèse dedans. Presque palpable. Ses yeux bruns sont venus chercher la lumière qui passe par la porte. L'ambiance de coucher de soleil de la chambre a changé avec cette ouverture ; il lui semble apercevoir un tableau, là-bas. C'est trop dur. Sa main étire ses mèches vers l'arrière de son crâne, dégageant ses yeux qu'il repose sur le démon. Au fond de lui, il espère avoir l'attention de celui-ci. ... Rester seul, je vais pas y arriver. Avoue-t-il finalement, caressant son propre bras, les coudes posés sur ses genoux. Mine de rien, ses mots sont subtilement pesés. C'est un aveu, et en même temps une réponse aux mots d'Asmodée. Il ne s'en cache pas, et son air inquiet sur son visage le prouve. Les yeux rivés vers le démon, il espère seulement que celui-ci ne va pas s'en aller.
Pas tout de suite.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Dim 2 Déc - 6:53


-Non, ils venaient pour toi…

La déclaration me tire un haussement de sourcils et une envie de pousser un long soupire. Non, ils ne venaient pas pour moi, Mircea. Parce que j’ai pas pour habitude de courir les forêts, parce que s’ils voulaient me choper, ils n’auraient eu aucun moyen de prévoir que j’irais en forêt, aucun moyen d’être plus profond dans la forêt que moi. Ils me sont tombés dessus alors qu’ils se dirigeaient vers la sortie du bois. Ils étaient là depuis un moment, avant que j’arrive. Qu’ils ne soient pas tombés sur Mircea tient d’un miracle absolu. Ils étaient préparé pour une attaque de vampires. Ca m’a été confirmé par les nettoyeurs. A ce qu’ils ont retrouvé dans les sacs, il est permis de croire qu’ils avaient un doute sur ce qu’était la créature dont on parlait dans les bois : vampire ou démon. Ce qui prouvent qu’ils étaient prudents mais aussi particulièrement cons.
En tout cas, ma petite révélation lui fait un drôle d’effet. Le voilà qui se retrouve rouler en boule en train de se donner un câlin tout seul. La vision me fait mal à l’âme. Et même si je continue mon petit cinéma, j’ai tout de suite moins envie de l’envoyer paître. Il me fait penser à mon fils, c’est étrange. Ou à Gene plus récemment.

Enfin il s’habille, accepte un peu d’aide. C’est long mais ça fonctionne, je suppose que c’est déjà ça. Il sort du col du vêtement, les yeux remplis de larmes.

Ok…

C’est définitivement un enfant. Il en a toutes les réactions. Je sais à quoi m’en tenir. Il prend la tête dans ses mains. Je pose mon téléphone portable et le regarde faire, attentif. Il se coiffe et je trouve ça long pour un simple coiffage. Depuis combien de temps Mircea n’a pas eu les cheveux propres et soyeux? Bonne question. Ses yeux finissent par se poser sur moi. Il me détaille un moment avant de parler.

- ... Mes forces m'ont quittées, avec toutes ces émotions. Je suis fatigué.

Je ne dis rien. Je ne sais pas encore où il veut en venir et j’ai besoin qu’il fasse un pas vers cette main tendue que je lui propose. J’ai pas le temps d’aider des gens contre leur grés.

- Je devrais probablement partir...

C’est presque un souffle. Je l’entend à peine.

-C’est trop dur. … Rester seul, je vais pas y arriver.

Ah bah, c’est pas dommage. Je lui offre un sourire doux et secoue la tête tranquillement.

-Je ne te demande pas de rester seul, Mircea. C’est toi qui t’impose ça. Je te tends la main et je suis content de voir que tu accepte de faire un premier pas.

Je me lève et retourne m’asseoir sur le lit. Plus proche qu’avant, j’essuie les larmes de ses yeux et penche la tête.

-Tu es le bienvenu ici et je ne pars pas, sache-le.

Je regarde autour de nous, dans la chambre, avant de revenir sur Mircea. Je suis toujours calme, la situation s’arrange et finalement, peut être que mon mobilier va survivre une journée de plus, qui sait.

-Tu es protégé, maintenant, t’inquiète pas.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Lun 3 Déc - 14:47

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Août 2017 - Chez Asmodée - Asmodée
"Je suis content de voir que tu accepte de faire un premier pas." Il baisse la tête, comme honteux. Comme s'il avait menti, ou fait une bêtise, que quelque chose allait lui arriver. Ses mèches bouclées forment un casque de CRS devant ses yeux. Il se ferme un peu plus à chaque seconde. Une main lui remonte délicatement le menton pour essuyer ses larmes. Malgré la buée devant ses yeux, il ne parvient pas à faire face à Asmodée. Pas tout de suite. Il a la sensation qu'il peut lui faire confiance, mais quelque chose le bloque encore. À l'intérieur, certains morceaux manquent, et même s'il se risque à passer le pont de pierres qui ne tient plus sur lui-même, il a peur. Divinement peur.
"Tu es le bienvenu ici et je ne pars pas, sache-le."
Il déglutit. Ses lèvres et son menton bougent dans un "merci" inaudible tandis que son regard brun fuit. Il est rassuré de cette nouvelle. Rester seul, il ne peut plus. C'est trop difficile, même malgré son dégoût et sa peur des autres. Asmodée de le dégoûte pas, mais lui fait peur. Il a peur d'être trahi de nouveau, abandonné comme il l'a été. Il a fait confiance à un démon, une fois, et s'est retrouvé en cage, nu, déshumanisé pendant de longs mois, à devoir faire les pires choses possibles pour s'en sortir. C'était si violent. Plus jamais il ne veut revivre ça.
Et pourtant, pourtant, il continue de se faire avoir par un démon.

Il renifle, comme pour s'assurer que ses pensées sont véridiques, et pas un jeu de son imagination. Odeur de soufre.


Tu es protégé, maintenant, t’inquiète pas.


Protégé ?
Comment, Asmodée, tu peux le protéger de lui-même ?

Sept. - Oct. 2017 - Chez Asmodée - Asmodée
Ce n'est comme si on lui avait caché. Ce n'est pas comme si on ne lui avait pas dit. Après tout, tout est de sa faute ; s'il n'avait pas été un sale con, s'il n'avait pas disparu, s'il ne l'avait pas tuée, s'il n'avait pas fuit, il l'aurait connue. Peut-être qu'il aurait pu l'arracher à sa famille, la garder avec lui précieusement. L'élever pour en faire quelqu'un de bien. Il aurait peut-être moins mal tourné. Il aurait peut-être trouvé une forme de salut là-dedans. Elle aurait quand même trouvé son mari, mais Oana n'aurait jamais eu besoin d'affronter l'effrayante vérité en face. D'aller elle-même se mettre en danger, chercher un monstre qui aurait pu la tuer en une fraction de secondes. Elle aurait peut-être grandi dans d'autres circonstances, et lui n'aurait pas eu à souffrir comme ça des années durant.
Mais il peut pas. Il peut pas s'autoriser de fantasmer une vie comme ça. Son pessimisme rationnel le heurte de plein fouet : non, jamais, ça se serait jamais passé comme ça. Ils t'auraient banni quoi qu'il arrive, t'aurais fini comme ça de toute façon, sans jamais pouvoir voir ta fille. Sans jamais retrouver d'attaches.
Exactement comme maintenant.
L'idée le fait gerber.
Il peut pas se sortir de cette spirale infernale, il peut pas. La seule solution serait la mort, mais mourir n'est pas non plus une option. Si tout s'arrête, il ne sait pas comment il va le supporter. Chaque jour il rêve qu'un malencontreux accident ne lui ôte la vie, qu'il ne le voit pas venir, qu'il ne sente rien passer. Et à chaque pensée de ce genre, une profonde angoisse lui tiraille les entrailles, lui colle de violentes gifles dans la gueule. Sa sale gueule qui fait piété à voir.

Il pleut sur Blackwater Falls.

La pluie qui dégouline sur lui, sur ses cheveux, ses vêtements, le lave du sang sec et de la terre encore sur sa peau, dans ses cheveux. Ses mèches de Méduse lui ruissellent sur le visage. Les serpents sont rentrés à l'intérieur de son crâne pour y dormir, le temps que la pluie s'arrête, avant de s'activer de nouveau, le torturer encore un peu, empoisonner ou contraindre ses pensées. Il a le souffle presque coupé alors qu'il se traîne à peine dans les sombres rues de la ville. La pluie battante l'assomme un peu, et c'est tant mieux. Plus personne dehors, pas un chat, pas un rat, et c'est tant mieux. Ses pas le mènent vers le premier lieu où il pourra trouver une certaine quiétude : chez lui. La porte est fermée. Il a perdu ses clés il y a longtemps, et Ezekiel n'a pas l'air d'être là - ou de vouloir ouvrir. Privé de chez lui. Privé de sa chambre à l'odeur de cigarette froide. Il peut même pas fumer, il pleut trop dehors.

Alors il marche. Péniblement, il traverse le quartier historique, puis grimpe les rues goudronnées. Il y croise une, deux voitures, jusqu'à arriver devant cette porte à laquelle il n'a jamais frappé.

Il a promis de le protéger.

Il frappe trois coups. Soupire bruyamment. Croise les bras ; de l'eau dégouline de son manteau. Son pull est gorgé, il n'est plus qu'une flaque de tristesse, de panique.
Il a une fille.
Et il a une petite fille de surcroît.

Il retient un sanglot, mais pas ses larmes. Les gouttes de pluie qui perlent sur son visage les emportes avec elles, comme pour les masquer, qu'il n'en ait pas honte. Il est dégoulinant, comme tout droit sorti d'un lac. Le froid extérieur ne lui fait rien. Les vêtements qui collent à sa peau ne lui font rien. La boue et le sang sont presque parti, mais on voit qu'il est encore sale : ses vêtements sont tâchés d'humeurs plus sombres. Encore. Il a recommencé.
Il est retourné s'isoler loin du monde, refusant toute aide, tout contact avec un être vivant doté de capacités cognitives. Il est retourné se salir, chasser de l'animal, se heurter avec des loups-garou la nuit, vivre en cavale et loin de tout, dormir  dans les arbres. Parce que personne ne peut plus rien pour lui, plus rien du tout. Il en est persuadé.
Mais Asmodée l'a convaincu qu'il pouvait l'aider.

Il a dit qu'il le protégerait.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Mar 4 Déc - 4:31

Il pleut. C’est d’un morose… Ca me foutrait presque le moral à plat. Comme souvent, à cette période, j’allume un feu dans la cheminée. Les flammes dans l’âtre rendent la pièce plus chaleureuse. J’écoute le crépitement joyeux du feu qui dévore les bûches. Mon téléphone vibre. Je le tire de ma poche. Le système de surveillance de la maison. Quelqu’un est entré.

Bélial? Peu de chance, il m’aurait contacté avant ou aurait daigné sonner au portail.
Ciulin? Possible mais peu probable. Il a de quoi désactiver l’alarme. Il est ici chez lui.

La caméra s’affiche enfin et je hausse un sourcil. Tiens, tiens… Voilà une tête que je n’attendais pas. Ca n’a pas l’air d’aller. Mircea marche comme un fantôme. Je me dirige vers ma porte d’entrée tandis qu’il traverse le jardin du manoir jusqu’au porche. Il toque trois fois avant que je n’ouvre. Je ne prends pas la peine d’allumer la lumière. Elle risquerait de l’effrayer. Après avoir passé quelques jours à la maison, il a de nouveau disparu. Retour à la forêt, retour à la nature, retour aux mauvaises habitudes… Je suis surpris qu’il arrive ici. Surpris qu’il vienne frapper à ma porte.
Il a les yeux éclatés. Il est détrempé et ça ne cache pas aussi bien les larmes qu’il semble le penser. Son visage a pris les plis de la panique et de la tristesse. Il a des airs d’enfants perdus à la recherche de Peter Pan. Je le détaille et lui souris doucement. Je l’attire à l’intérieur, doucement.

-Salut Mircea. Ca faisait un baille. Tu tombes bien, j’viens d’allumer la cheminée.

Il est sale mais la pluie à laver le plus gros. Il pleure toujours à grosses larmes, sans sanglot. Je l'emmène près du feu, l’assoie sur un fauteuil confortable. Je disparais quelque seconde le temps de récupérer une serviette duveteuse et des vêtements propres. Je lui fais enlever son pull et son T-shirt. Je l’enroule dans la serviette et m’assoie à côté de lui. Mon bras autour de lui dans un geste protecteur. J’essaie d’être rassurant, chaleureux.

-Qu’est-ce qui t’arrive?

Mes yeux se fixent sur ses prunelles alors qu’une nouvelle fois, à plusieurs semaines de différences, j’essuie de nouvelles larmes perlant des yeux du vampire le plus fragile que je connaisse. J’écarte quelques mèches de son front.

-J’peux t’aider que si tu me parles. J’ai pas encore de dons de divinations. Même si ça serait très cool.

Je lui tends les vêtements.

-Tiens, change-toi. On va faire sécher tes fringues le temps que tu m’expliques, d’accord?

Nouveau sourire. Je ne sais pas ce qui lui arrive mais espérons que j’arrive à l’apaiser un peu. Il a l’air d’être au supplice.
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MessageSujet: Re: Deep Down ☽ Asmodée   Mar 4 Déc - 8:33

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Sept. - Oct. 2017 - Chez Asmodée - Asmodée
Avant que la porte ne s'ouvre, Mircea a regardé par-dessus son épaule, comme craignant d'être suivi, ou que quelconque malin ne se soit dérobé à ses sens. C'était surtout le son des grilles du portail se refermant qui l'a alerté, ou plutôt l'a fait sursauté. Comme s'il était un voleur, un paria en ces lieux, ou un rat coincé par un chat dans un cul-de-sac. Sauf que grimper aux murs ne l'aidera en rien à échapper à un destin funeste ; il lui faudra affronter son choix - aussi stupide soit-il - d'être venu frapper au battant de ce manoir.
Il se fait surprendre par le grincement presque imperceptible de la porte qui s'ouvre, et le battement de cœur derrière. Prédateur en alerte, il sent tous les dangers avant même qu'ils n'arrivent. Même en entendant la texture de la peau contre le métal la poignée, il est surpris de voir la porte s'ouvrir sur Asmodée. La pièce derrière lui est plongée dans l'obscurité ; il déglutit en posant les yeux sur la silhouette imposante du démon. Il n'y a que maintenant qu'il remarque - alors que ça fait quand même quelques temps qu'ils se côtoient - qu'il se sent ridiculement petit à côté de lui. Bien qu'il ne connaisse pas sa propre taille, il peut affirmer sans avoir à y réfléchir que l'homme fait plus d'une dizaine de centimètre que lui. Il prend une inspiration qui lui colle des frissons tout le long de la colonne vertébrale (il ne s'était pas rendu compte d'à quel point l'air est frais, plus frais que son corps encore) en plantant ses yeux embrumés dans ceux bleus en face de lui. Il déglutit presque douloureusement. Un certain regret coincé au fond de la gorge. Le démon le salue, et sans qu'il ne s'y attende vraiment, il est invité à entrer dans la maison, et la porte se referme derrière lui. Il a un nouveau frisson quand il observe les lieux. Un endroit clos, fermé, avec pour seules sorties de belles fenêtre certainement en triple vitrage contre lesquelles il devra se vautrer à plusieurs reprises pour traverser.

Ou simplement les ouvrir, ça reste une option.

Les larmes continuent de couler de ses yeux, sans qu'il ne puisse les contrôler. Il réfléchit beaucoup, tout le temps, mais a l'air en profond état de choc. Comme un enfant qui viendrait de survivre à un accident de voiture où ses parents ont trouvé la mort. Il ne se sent pas de parler, et Asmodée a l'air de le comprendre lorsqu'il l'entraîne vers la seule salle d'où une chaude lumière se dégage. Il regarde, un peu perdu, les décorations aux murs, essuie son œil d'un revers de manche trempée. Ses pas font un bruit assommant et régulier tant ses chaussures sont gorgée d'eau. Ses vêtements pèsent lourd sur lui, et lui collent à la peau ; il a été dépouillé de son manteau préalablement.
Il suit Asmodée des yeux, hoche silencieusement la tête lorsqu'il lui intime d'enlever ses vêtements. Incapable de se méfier - pour une raison qui le dépasse - il s'exécute, toujours sans mot dire, et laisse la serpillière trempée qui lui servait de pull gésir sur le sol, accompagnée de son t-shirt, puis de son pantalon, le moins trempé des deux. Décidément, c'est de coutume de se retrouver sans linge ici ; la pensée aurait pu le faire à peine sourire si la raison de sa venue n'avait pas été aussi douloureuse. Il semble presque soulagé de voir Asmodée revenir et ne se prive pas d'être enroulé dans cette serviette, près du feu. Ses cheveux trempés frisent grotesquement, et surtout dégoulinent sur ses genoux ; il les frotte doucement, comme en rythme avec la voix du démon près de lui.

La main sur l'épaule se veut rassurante ; il le sait. Et pourtant, la serviette qui fait barrière entre sa peau et la sienne est ce qui le rassure le plus pour l'instant. Asmodée se veut protecteur, il le sait et l'en remercie intérieurement, sans pour autant le lui dire. Après tout, c'est pour ça qu'il est venu ; pourtant, le maître des lieux ne semble pas comprendre la nature de la présence de Mircea chez lui. Celui-ci lève les yeux, un peu piteux face à sa question. Qu'est-ce qu'il lui arrive ? Tous les maux du monde, ni plus, ni moins. Comme d'habitude.

À peine exagéré.
Il tourne la tête et n'offre que son oreille et ses mèches trempées à Asmodée. Peut-être qu'il les verra, les serpents, lui. Avec le feu, ils seront peut-être de sortie. Sa tentative de fuite est annihilée par la douceur et la gentillesse du démon qui le ramènent vers ses yeux bleus. Comme vaincu, le roumain se laisse faire, accepte son sort... Toujours silencieusement. Même s'il insiste, Asmodée semble comprendre et accepter ses silences, vouloir lui laisser le temps de procéder. Mircea se sèche de nouveau les cheveux, à peine plus énergiquement que tout à l'heure et essuie son corps avec la serviette trempée ; il a arrêté de pleurer - ou du moins, ses yeux ont arrêté de couler. Il se change, toujours très silencieux, cherchant par où commencer, et si vraiment il va commencer. L'air de son visage n'a pas changé, il donne toujours autant l'impression de regarder dans le vague à la recherche de quelque chose qui pourrait l'éclairer. Les prunelles sur la cheminée ; le feu et sa chaleur ne lui paraissent pas des alliés, tout de suite.

- ... Il a pris une inspiration comme si il allait dire quelque chose, mais ça semble bloqué au fond de sa gorge. Il prend un peu de temps pour dévisser ses yeux, les poser sur Asmodée. Tu... As dit que j'étais protégé.

Sur un autre ton, ç'aurait sonné comme une accusation ; mais dans sa bouche, c'est plutôt une question. Confirme-lui, Asmodée, qu'il est protégé.
Confirme-lui que tu ne peux pas le protéger de tout.


- Je-, il s'interrompt subitement, les dents serrés. J'n'aurais pas du venir ici. Le regret, subitement, comme la déferlante d'un barrage qui a cédé. Un sanglot le secoue alors qu'il cache sa tête dans ses mains, qu'il cache ses ongles sales dans ses cheveux trempés. Je n'aurais pas du... Tuer sa propre sœur. Sa pensée ne gerbe pas dans sa bouche, et c'est tant mieux ; il a l'air de se répéter, comme pour se convaincre lui-même que c'était une mauvaise idée et qu'il doit fuir. La gorge nouée, l'estomac en plomb, tout est là de nouveau. Et la peur, aussi, la peur d'avoir mal fait et de voir ce passé qu'il essaye d'enfouir depuis tant de temps le rattraper. Il lève son regard pathétique et paniqué vers Asmodée. Elle est venue me chercher comme un général allemand vient chercher un Tsigane. Je savais pas qu'elle existait.

Il s'arrête là. Le regard fuyant, alerte, comme s'attendant à ce que quelque chose lui tombe dessus. Il se lève, finalement, s'asseoir près du feu. Devant le feu. S'il pouvait s'adosser à la bûche, il le ferait. Il en a marre d'avoir froid en-dedans comme ça.
Le souvenir d'il y a quelques heures lui tord les lèvres, contracte sa gorge et ses sourcils qu'il fronce, les yeux fermés, la tête basse. Le tourment à l'intérieur le violente trop encore, et il a l'impression d'avoir mal à la tête ; ou peut-être est-ce sa blessure encore ouverte qui le pique comme ça.
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Deep Down ☽ Asmodée

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