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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 (can you hear me), rilan.

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MessageSujet: (can you hear me), rilan.    Dim 19 Aoû - 13:56

Errance. Ça fait des jours. Des semaines, peut-être. Riley ne sait plus. Elle ne compte pas, elle ne regarde pas. Le temps s’effrite autour, le monde continue de tourner, et elle erre. L’ombre d’elle-même, se joignant aux fantômes qui lui apparaissent parfois. Sauf qu’elle est le seul spectre ici, l’appartement de TJ qu’elle ne quitte plus vraiment. À juste naviguer entre la chambre et le salon, le salon et la cuisine, la cuisine et la chambre. Mangeant à peine, se tenant éveillé avec du mauvais café pour ne pas que les cauchemars la rattrapent. Avalant un somnifère ou deux avant de poser la tête sur l’oreiller, pour s’assurer de ne pas rêver à tout ça. À lui. La déprime écrasante, qui brouille les esprits et alourdisse les pas. Riley qui traîne, les cheveux sales, les yeux vides, la gorge gonflée. Les larmes qui ne coulent plus depuis longtemps, la chute libre qui lui coupe le souffle. Riley qui s’oublie, Riley qui se perd. Riley qui se renferme. TJ jamais loin, et pourtant à une distance infranchissable. Leonard, Agnes, les enfants. Tous là. Tous à Blackwater Falls. Et pourtant Riley reste seule. Parfois, une main parvient à la tirer des ombres, et à la faire sortir. Garder Leonard Jr., qui ne veut voir que sa tante. Sortir acheter quelques ingrédients pour le repas. Aller acheter une bouteille de quelque chose. Jamais trop. Juste un peu. Juste un peu pour oublier. S’oublier. Mais Riley se renferme. Obnubilée par sa culpabilité, par sa honte. Par le poids de ce qu’elle savait, par ce qu’elle n’a pas fait. Wanda l’avait prévenue. Ton père va mourir. Elle n’en a pas fait assez. Elle n’a pas pu le sauver. Elle n’avait pas pu sauver TJ non plus. Le massage cardiaque l’a fait. La terreur de ne pouvoir que regarder tout le monde crever, impuissante, faible. Alors elle s’isole. Se recoupe derrière une carapace, où on ne peut la toucher, où elle ne peut ruiner personne. Peut-être est-ce trop tard. Sans doute. L’abandon. L’échec. He won. Riley qui ne sait plus si elle a envie de se battre. Son corps vidé de tout énergie, de toute vitalité. Le creux, l’absence, le vide. I failed.

Elle ne sait pas trop quelle heure il est - la pénombre s’est installée, il doit être sept heures, peut-être huit. Le vent siffle dehors, les feuilles virevoltent dans l’air. L’automne bien installée, grise et pluvieuse. Riley regarde par la fenêtre de la cuisine, observant un point fixe non-existant. Elle pense à tout et à rien en même temps, attendant que le café ne coule dans la tasse à côté. La télévision qui passe un film, un truc stupide qu’elle ne regarde qu’à moitié, TJ avec elle, il est au salon, peut-être, elle ne sait plus. Complètement déconnectée, déphasée de la réalité. Perdue dans le vague, elle revient sur terre quand la machine termine de faire couler le café. Attrape la tasse trop vite, oubliant le liquide brûlant. Le chaud la fait sursauter, et elle relâche la tasse un peu trop vivement - tasse qui va s’écraser au sol, répandant café et miettes de céramique sur le plancher. « Shit. » Elle murmure, avec un soupir. La migraine l’empêche de réagir correctement, et elle observe le dégat pendant quelques secondes avant de se mettre à bouger. Empoigne un linge qui traîne et se met à éponger par terre, la lèvre soudainement tremblante, sans trop comprendre pourquoi. Les bruits de pas, ça ne peut être que TJ, elle ne sait même pas s’il l’a appelée, s’il lui parle, elle sent juste sa présence approcher, et elle se trouve stupide, horriblement stupide. « I’m ok, I’m fine, I just dropped it. » La voix sèche, les mots qui coupent au couteau. Elle sait qu’elle perd le contrôle, qu’elle perd les pédales, qu’elle se perd. « It’s ok. » Elle répète, cette fois d’une voix un peu plus tremblante, ne sachant pas trop ce qui est ok au juste, ou à qui elle le dit, pourquoi elle le dit, si c’est TJ qu’elle essaie de convaincre, ou si c’est elle-même. It’s not ok. It’s not ok, Riley.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Sam 25 Aoû - 17:17

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Des jours entiers. Trop longs, trop noirs. Des jours à ruminer. Des jours à n'être qu'à peine capables de se regarder. À utiliser l'oreiller comme réponse aux tensions qui les traversaient, sans pour autant réussir à supporter le poids violent qui s'était abattu sur leurs épaules quelque temps auparavant. Ensemble, pour tenter d'oublier. Mais être ensemble ne faisait que le leur rappeler. Car, ensemble, ils l'avaient trouvé. Avaient dû affronter le corps froid, étendu là. Les menaces de la police, leurs soupçons. Le commissariat pour les séparer, et l'urgence de se retrouver. Ensemble, ils étaient repartis. Besoin de l'autre comme jamais. Besoin de la force de TJ comme jamais. Et il avait tout fait pour la lui donner. Lui laisser son épaule, sur laquelle s'appuyer. Son corps, contre lequel se réfugier. Si petite Riley. Ne souhaitant soudainement que disparaître contre lui. Et il l'avait laissée. Laissée se cacher, pendant que l'enterrement s'était déroulé. Laissée se perdre, lorsqu'elle en avait eu besoin. Il l'avait laissée. Jusqu'à ce que, finalement, elle ne commence à se détacher de lui comme elle s'était détachée du reste du monde.

Cruelle distance. Les yeux dans un vague qu'il n'arrivait pas à comprendre ni à cerner. Le corps de Riley qui bougeait sans qu'aucune flamme de vie ne l'anime. Les jours qui passaient, et TJ qui saisissait de moins en moins ce qui était en train de leur arriver. Qui se raccrochait à Riley, autant qu'elle n'avait pu le faire. TJ qui avait peur de la voir s'éloigner. Peur de la voir disparaître, sous le choc qu'elle n'arriverait pas à surmonter. Disparaître, après des années à essayer de se trouver. Disparaître, alors que la présence de l'irlandais lui rappellerait à jamais la mort traumatique de son dernier parent.

Coeur serré. Le film stupide à la télé, ses yeux qui ne le regardent qu'à moitié. Son esprit qui est dirigé vers Riley. Son corps qui ne s'est pas interposé, lorsqu'elle a choisi de se relever pour aller dans la cuisine. Il a senti l'odeur du café fraîchement coulé, entendu le bruit de la machine. Et il n'a rien dit. Rien fait. L'impression qu'elle n'est qu'à moitié là. Qu'elle ne le remarque pas. Qu'il pourrait être dans le lit, assoupi, plutôt que sur le canapé en sa compagnie — et que ça ne changerait rien. Qu'elle ne s'en rendrait pas plus compte. Seule dans sa tête, seule dans ses pensées et dans ce deuil qu'elle n'arrivait pas à approcher. Seule, même avec lui.

Le bruit de tasse qui se brise le force pourtant à sortir de sa léthargie. À se redresser, instinctivement, et à bondir sur ses pieds. Ne sachant pas ce qui a pu lui arriver. Si la tasse lui a glissé des mains, ou si elle a vu quelque chose. Senti quelque chose. « Riley ?! » L'inquiétude dans la voix. Débouler dans la cuisine, et la trouver là. Accroupie, un linge dans les mains pour éponger le café brûlant, rassembler les morceaux de céramique brisés. « I’m ok, I’m fine, I just dropped it. » Les mots qui tranchent l'air, se fichent dans son coeur comme autant de syllabes assassines. L'impression qu'elle ne veut pas de lui ici. Qu'elle préfèrerait avoir l'appartement pour elle seule — ou la pièce, à tout le moins. Le savoir dans les environs, capable d'intervenir au besoin. Mais assez éloigné pour qu'elle puisse enfin être capable de respirer. « It’s ok. » Il serre les dents. Entend la voix trembler, et ça lui suffit pour balayer les mauvaises pensées. Lentement, il s'accroupit à ses côtés après avoir attrapé un autre linge, accroché sur la porte du four. Il le laisse tomber au sol, vient l'aider. Ne lui fera pas l'affront de la repousser, et de lui dire de simplement se faire couler un autre café. Pourtant, la manière dont ses mains s'approchent pour prendre les morceaux de céramique l'y incitent. Calmement. Le silence en guise de murmure, la présence pour tout soutien. La peur de la mettre en colère, et de retrouver les mots-couteaux s'il se prenait à dire quoi que ce soit. Parler n'était pas son fort. Les phrases maladroites, les propos blessants même lorsqu'il ne les voulait pas. Il l'avait appris, avec le temps. Et n'en voulait pas présentement. Alors, il ne fit rien d'autre que prendre les morceaux de céramique. Se redresser, les mettre à la poubelle. Constater les taches de café sur ses genoux, et les occulter. Se pencher, à nouveau. Et éponger. Le coeur lourd. L'envie de lui dire, it's not ok. L'envie de lui chuchoter, ça va aller. Et finalement, il ne peut plus les retenir. Le myocarde atrophié par la peur de faire un pas de travers — mais la sincérité émanant de ses mots comme de ses gestes. « I've got it. Don't worry. Grab another cup, I'll make you another coffee. » Il essaie de garder la voix calme. Essaie de ne pas se laisser dépasser par ses émotions. De ne pas la brusquer. Mais ne parvient pas à dissimuler son insécurité. Sa peur d'avoir failli, et d'être peu à peu repoussé. Incapable de cacher le trémolo, dans son ton. Celui qui supplie, don't reject me. Celui qui gémit, stay with me.

Please.
Don't go where I can't follow you.

Please.
Let me stay with you.

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My past has tasted bitter For years now, So I wield an iron fist. I never meant to start a fire. I never meant to make you bleed. I'll be a better man today. I'll be good, I'll be good. »»

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Dim 2 Sep - 10:54

Elle sait qu’elle n’est pas juste. Que son agressivité n’a pas de raison d’être, pas envers TJ du moins. Aucune raison d’être en colère contre lui, et d’être aussi froide, aussi sèche. TJ qui n’a fait que l’aider, depuis quelques semaines. Qui n’a fait qu’être là pour elle, de toutes les manières possibles - que ce soit pour la tenir quand elle pleure, pour l’aimer quand le besoin se montre, pour la soutenir dans les technicalités. Riley qui n’a été qu’une ombre, TJ qui a endossé ce qu’il fallait être quand elle en était incapable. Injuste de le traiter de cette manière, injuste de le rejeter ainsi et de s’isoler, alors qu’au fond, elle ne voudrait que se réfugier dans ses bras, s’oublier, le souffle de TJ, réconfortant, chaud. Les contradictions, les confusions, la Mayfair qui ne sait plus trop quoi penser, qui ne sait plus trop où se placer. Perdue dans la brume, le deuil trop douloureux, la culpabilité trop lourde. À rêver à son père toutes les nuits, à sa mère aussi. Orphelins. Elle, Agnes, Leonard. Orphelins. Elle insiste, comme pour essayer de le faire fuir avant qu’il ne décide de l’aider - le désir d’être seule, l’instinct de repousser tout le monde, de peur de faire mal encore, de détruire encore. Mais TJ ne recule pas devant son ton tranchant - il s’agenouille à ses côtés et l’aide à ramasser. Riley l’observe, la mâchoire serrée. TJ qui ne dit rien, qui ne fait que ramasser les morceaux de céramique de gestes lents, comme par peur qu’elle ne revienne l’attaquer. Riley se sent coupable, et elle reste là quelques instants, immobiles, agenouillée au sol. L’envie de fracasser son poing contre le sol, de tempêter, car c’est la seule chose qu’elle ressent - une colère explosive, face à l’injustice du monde. Mais la force lui manque, l’énergie lui manque. Alors elle reste juste là, observant le blond aller jeter les restes de la tasse. Elle, éponge le café au sol, visage fermé. Manquant de conviction, voyant à peine ce qu’elle fait. Regrette la manière qu’elle lui a parlé, sans pouvoir autant être capable de formuler une excuse. Le coeur n’y est pas, le coeur n’y est plus - son coeur s’est perdu cette nuit-là.

« I’ve got it. Don’t worry. Grab another cup, I’ll make you another coffee. » Dans sa voix, elle sent une certaine douceur - de l’aura qui s’émane de lui. Mais aussi une insécurité, qui lui donne le tournis. Il a peur de la brusquer, marche sur des oeufs, ne veut pas qu’elle le rejette - et elle déteste sentir tout ça, cette retenue qui la fait sentir coupable, ce don stupide qu’elle aimerait pouvoir se défaire, déteste sentir comment tout le monde la voit après la mort de son père - pauvre fille. TJ, ce n’est pas pareil, mais c’est peut-être pire, elle ne sait pas. Elle ne peut pas le confronter, n’a pas envie - alors elle laisse juste retomber le linge par terre et se redresse. « It’s fine, I’m not - I’m not thirsty anymore. » Sa voix n’est pas aussi sèche, mais elle est complètement vide - reflète l’absence qu’elle ressent au fond des tripes, le désir de s’effacer du monde pour ne pas avoir à l’affronter. Ferme les yeux, essaie de combattre les émotions qui se déferlent en elle, tout ce qui vibre autour de TJ aussi, trop fort, trop déstabilisant, trop douloureux. La culpabilité en double, le désarroi aussi. Elle inspire profondément, essayant de rassembler. Passe ses doigts sur ses yeux, les frottant au passage, les yeux brûlants, qui manquent de sommeil, qui pleurent trop, ou pas assez. L’inconfort constant, le physique qui reflète le mental. « You don’t have to do this. » Elle ne sait pas pourquoi elle le dit - même si c’est doucement, sans agressivité, les mots lui échappent. Peut-être que ça vient d’une sorte de lassitude, l’envie qu’il n’y ait plus ce silence écrasant, et juste l’aura de TJ pour parler pour lui. « I know - I know how you’re feeling, but I’m not… » Elle s’arrête, lâche un soupir. Baisse les yeux. Ne sait plus trop ce qu’elle dit, ce qu’elle veut dire. Secoue la tête. « Nevermind. » Se détache, redevient l’ombre - redevient le fantôme.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Dim 2 Sep - 23:41

Elle souffre. Elle souffre, et il ne sait plus quoi faire pour l'aider. Pris jour après jour dans cet engrenage où il l'aurait pourtant suivie jusqu'à la mort. À marcher sur des oeufs, et à tenter de ne pas la brusquer. De lui donner les mots qu'il fallait, lorsqu'il le fallait. La douceur dont elle avait besoin, au moment opportun. L'amour qu'elle recherchait, lorsqu'elle le demandait. Il essayait. Essayait de toutes ses forces d'être celui qui lui permettrait de s'en tirer. Ou, à défaut d'avoir la prétention de pouvoir l'être au complet, une partie de ce qui la sauverait. Rien qu'une goutte d'eau dans l'étang — rien que l'accroche dont elle avait besoin, pour passer au travers de l'atroce phase de deuil qu'elle traversait. Et pourtant, chaque jour passé dans le silence était un peu plus pénible à supporter. Un peu plus compliqué. L'ignorance dans laquelle Riley le tenait. Les secrets qu'elle préférait garder — il le savait. Elle avait beau hausser les épaules lorsqu'il tentait de lui soutirer des explications, il sentait l'attitude de repli qu'elle adoptait. La souffrance, qui émanait du moindre de ses gestes. Du moindre mot qu'elle daignait lui donner. La souffrance, qui l'empêchait de se confier. Même à lui.

« It’s fine, I’m not - I’m not thirsty anymore. » Elle le rejette. Plus doucement qu'il l'aurait pensé — mais le coup est tout de même violent. Trop pour qu'il ne puisse l'encaisser réellement. Mais il ne bouge pas. Ne dit rien. Se contente de serrer les dents. De garder les lèvres scellées et le regard bas, à défaut d'avoir le courage de tenter une nouvelle fois de percer les défenses qu'elle avait érigées. Même face à lui. Elle a laissé retombé le linge au sol, et elle s'est redressée. Pas lui. Préférant fixer le sol encore taché par le café, que d'avoir à affronter le regard qu'il sentait peser sur sa nuque. Et les mots lui brûlent la langue, alors que le silence continue de flotter. Il sait son mutisme plus significatif encore que les phrases maladroites. Sait que Riley ne le prendra pas bien. Sait qu'elle ne prend rien, depuis quelque temps. Et pourtant, il ne peut pas faire autrement. La gorge sèche, l'estomac noué. Rejeté.

« You don’t have to do this. » Il relève finalement les yeux. Le poids remonté dans le coeur, et la légère nausée pour le retourner. « Do what ? » Il se mord la langue immédiatement. Les mots que la peur elle-même ne peut plus retenir. Les mots qu'il ne sait pas comment agencer. Les mots qu'il tait, bien rapidement. Coupés dans leur élan. « I know - I know how you’re feeling, but I’m not… » Et il voudrait lui dire, no, you don't. You don't know. You know nothing. Mais il se tait. Se mord l'intérieur de la lèvre, le regard fuyant. Le coeur qui se serre un peu plus à chaque seconde, et son attention qui retourne grossièrement sur les mouvements qu'il fait toujours pour éponger la céramique et le café. « Nevermind. » Et ça l'enrage. Ça l'enrage qu'elle se replie une nouvelle fois. Qu'elle fuie, tout en restant avec lui. Et finalement, il se redresse. Se remet debout, s'époussetant brièvement les genoux. L'observant, gorge serrée à l'en étouffer, coeur au bord du précipice dans lequel il s'arrêtait à plonger. « That's it ? That's all you have to say ? Nevermind ? » La voix brisée, plus qu'agressive. Et le soupir qui passe ses lèvres, alors que sa main se perd dans ses cheveux et que ses paupières se ferment brièvement. Bon sang que t'es con, TJ. « I mean... » Secouer la tête. Relâcher ses cheveux, et hausser les épaules. Vriller à nouveau son regard sur elle. « You say you know how I feel, but... But how would you know, huh ? I... » Secouer la tête, de nouveau. « You don't know. If you did, you would at least... At least talk to me. I don't know. You would just... Say something. To help me understand. » Le myocarde emporté, au fond de sa poitrine. Le désespoir dans la voix. De ne pas savoir, d'être tenu à l'écart. Pourquoi tu me fais ça ? « I wanna be here for you. Please. » Le regard doux. Les yeux brillants. Please, Riley. « Please, let me. Talk to me. » I beg you, Riley.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Mer 5 Sep - 22:24

Elle perd pied. S’efface, peu à peu. Et elle peut voir dans le regard de TJ que chaque pas qu’elle fait de plus pour se retirer dans les ombres lui fait du mal. Ces traits qu’elle a cru ne jamais s’autoriser à aimer un jour - et voilà qu’ils sont ensemble, et que tout est trop compliqué. Riley qui ne peut accéder à un quelconque bonheur en transportant ce poids immonde sur ses épaules - celui d’être responsable de la mort de son père. Autant que ses sentiments envers TJ ne changent pas, autant que ça devient difficile d’être à ses côtés. Il fait partie de tout ce qu’elle connaît, depuis toujours, et elle ne sait plus quelle est sa place dans ce monde-là. Pas avec tout ce qui vient de se passer. Et pourtant, elle se sait incapable de complètement s’en détacher. Pas lâcheté, peut-être, mais aussi parce qu’elle a besoin de lui - de sa présence, de ses bras. Et c’est égoïste, affreusement égoïste, de le garder auprès d’elle mais de maintenir une telle distance. Elle se déteste pour ça - mais ne change rien. Tu vas tout gâcher si tu continues, Riley. Perdue dans le brouillard, elle ne sait plus quoi faire, quoi dire. La souffrance lui fait perdre l’esprit, la culpabilité l’empêche de penser et d’agir correctement. Reste avec moi. Laisse moi tranquille. Reste avec moi. Reste avec moi.

Soudainement, il se redresse. De tout son long, et Riley ne peut s’empêcher de lever les yeux vers lui. Son regard suivant son mouvement, alors que l’irlandais la surplombe. Bien plus grand qu’elle - surtout avec la manière voûtée dont elle se tient. Son regard, franc et déstabilisant sur elle, si bien qu’elle a envie de se mettre à pleurer. « That’s it ? That’s all you have to say ? Nevermind ? » Elle déglutit. Les syllabes brisées de la voix de TJ. La dernière personne qu’elle voudrait faire souffrir - mais celle qui ramasse tous les coups. « I mean… You say you know how I feel, but… But how would you know, huh ? I… » Ses yeux la brûlent, la consument, sa manière de se tenir, de ne pas vouloir la confronter, mais d’en avoir trop sur le coeur. Riley ressent toute sa détresse, son hésitation et sa colère. Ne veut pas se fermer à lui - mais l’envie la titille. « You don’t know. If you did, you would at least… At least talk to me. I don’t know. You would just… Say something. To help me understand. » Mâchoire serrée. L’envie de hurler, c’est trop compliqué. Pas envie de devoir se justifier, de parler de ce qui la fait souffrir. C’est bien plus facile de se renfermer. Comme ça, au moins, on ne ressent plus rien. « I wanna be here for you. Please. » Elle ferme les yeux. Incapable de le voir, de le regarder. « Please, let me. Talk to me. » Et alors quelque chose casse, que ce soit dans sa voix, dans son aura - elle ne saurait dire, mais ça se casse. Elle rouvre les yeux, les braque sur lui. Soudainement en colère, plus que triste, mais c’est une rage animée du désespoir, de la perte qui creuse un trou béant dans sa poitrine, et qui empoisonne tout le reste. « What ? What do you want me to say ? » La voix claque. Ne hausse pas - elle regarde TJ, les yeux grands ouverts. « What is there to say ? » Sa voix se hausse un peu, cette fois, sans qu’elle ne puisse le retenir. C’est cependant une voix tremblante, secouée des émotions qui se jouent entre les deux, et que Riley ressent de plein fouet. « You want me to tell you that I’m sad, that I feel fucking guilty for what happened, that there’s this… This black hole inside of me that’s been eating me up ? What good is it to say all that ? » Elle sait qu’elle n’est pas juste, pas juste de lui crier dessus ainsi. Les larmes qui montent dans les yeux, la voix qui se brise sous l’effet du chagrin, mais la colère qui surplombe. Pas contre lui, non, pas contre TJ - mais contre tout le reste.

« I do feel what you feel. Your helplessness, your guilt - and it’s just my own ten times worse. » Hausse les épaules. Le silence qui lui cille dans les oreilles. « Everyday, all the time, I feel - I feel people’s pity, and their sadness, and their anger, and their guilt. I can’t - I can’t block it like before, and it’s… I just… What about me ? When am I allowed to feel what I feel ? » Riley ne comprend même pas d’où tout ça provient - mais elle ressenti le besoin de l’exprimer. Ne réalise même pas qu’elle est en train de révéler un morceau d’elle-même à TJ dont elle ne lui avait même jamais parlé - et que ça ne va qu’empirer les choses, certainement, sans aucun doute. « I just… I just need you there. I do need you. If I didn’t, I wouldn’t fucking be here ! » Ailleurs, n’importe où, loin du monde - chez elle, chez Asmodée, avec Leonard, avec Agnes. Mais c’est avec TJ qu’elle veut être - aussi injuste que ça l’est. Elle inspire, Riley. Essaie de se calmer, essaie de respirer. De retrouver pied, alors que le monde tourne, vrille, qu’elle se perd, dans les énergies, dans la sienne, celle de TJ. Le souffle court, les poumons douloureux. Ce foutu chagrin qui lui arrache la gorge, et l’empêche d’avancer.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Dim 23 Sep - 22:45

La colère. Celle qui le gifle, celle qui ne lui laisse aucune chance de s'en tirer. Assassine, elle le cueille comme un coup de massue au creux du ventre — mais il sait qu'il l'a mérité. « What ? What do you want me to say ? » Il voudrait lui répondre. Faire claquer sa voix aussi sèchement mais platement qu'elle — s'accrocher à ce qu'elle représente, et laisser la dispute prendre la place qui couvait, depuis quelques jours déjà. Mais rien ne vient. L'immobilité et le mutisme, face à celle qui avait toujours eu le foutu don de lui arracher mots et phrases de la gorge, pour l'en priver. « What is there to say ? » Et peu à peu, elle hausse la voix. S'attaque à lui, sans la moindre pitié. S'attaque à lui, qui ne peut plus répondre, et qui ne parvient plus qu'à mordre sa langue jusqu'au sang, comme le gamin stupide qu'il était. Toujours une connerie à dire. Toujours le mot de trop, le mot juste à faire déborder la colère qui couvait chez les autres. Chez Riley. « You want me to tell you that I’m sad, that I feel fucking guilty for what happened, that there’s this… This black hole inside of me that’s been eating me up ? What good is it to say all that ? » Cette fois, il ouvre la bouche pour répondre. La colère qui l'infeste aussi, parasite dont il voudrait se débarrasser, mais que le traitement à l'indifférence de ces dernières semaines ne fait qu'amplifier. Pourtant, avant qu'il n'ait eu le temps de retrouver cette voix dont elle avait la manie de le priver, elle poursuit. « I do feel what you feel. Your helplessness, your guilt - and it’s just my own ten times worse. » Sourcils qui se froncent. Les mots qui lui manquent, qui se meurent au fond d'un estomac déjà broyé par la culpabilité, et le besoin de l'aider. Mais elle ne le laissait pas. Ne voulait pas. Voulait le faire à sa manière — et il peinait à admettre que sa manière à elle le blessait. Qu'il refusait de continuer, si c'était à ce rythme-là. L'impuissance qui le terrassait. La mauvaise humeur, jour après jour, qui l'affectait plus qu'il ne l'aurait un jour cru. À quoi on joue, Riley ?

« Everyday, all the time, I feel - I feel people’s pity, and their sadness, and their anger, and their guilt. I can’t - I can’t block it like before, and it’s… I just… What about me ? When am I allowed to feel what I feel ? »

Arrêt du coeur, arrêt de l'âme. Arrêt sur des mots cruels, arrêts sur des mots qu'il ne comprend pas — et qui font pourtant plus de sens qu'il ne voudrait l'admettre. Son visage a retrouvé une expression plus calme, et il ne fait que la dévisager. La gorge nouée, l'impression que quelque chose venait de se briser. Porte soudainement ouverte, sur un monde qu'il n'osait pas regarder. Qu'il n'osait pas assumer. What ? L'envie de lui répondre, mais rien ne sort. Cette fois, elle ne lui a pas arraché les mots, arraché la langue. Cette fois, tout s'est juste envolé. What ? « I just… I just need you there. I do need you. If I didn’t, I wouldn’t fucking be here ! » Et ça le blesse, plus que ça ne le console. L'impression d'avoir tout foutu en l'air, et le sentiment que l'inévitable montée en puissance de la dispute les guettait. Qu'il ne saurait que mettre de l'huile sur le feu — comme il l'avait toujours fait. Sa personnalité, incapable de faire autrement. Sa fougue et sa sauvagerie, l'en empêchant. « ... What are we talking about ... ? » Il s'entend donner le coup d'envoi, plus qu'il ne le réalise vraiment. Son ton éteint, mais tremblant. Distant de la dispute, alors qu'il essayait de faire du sens des mots qu'il venait d'entendre. En faire du sens, sans pour autant accepter l'évidente explication qui l'avait frappée. She's not human. She's not human. « What the fuck are we talking about ? » La question est plus affirmée, cette fois. Et alors qu'il cligne des cils, incapable d'ajouter le moindre mot, incapable de sortir du choc et de l'apparente catatonie provoquée, il lui semble sentir son coeur se percer. Son impuissance s'écouler sur le sol, entre eux — alors qu'une nouvelle fois, il ne lui donnait pas ce qu'elle voulait. Ne lui donnait pas ce dont elle avait besoin. La décevait. But she's not human.

She said she felt what other people felt.

And that means she's not human.

She's not.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Lun 1 Oct - 14:34

Elle réalise bien trop tard qu’elle est allé trop loin. Trop loin, beaucoup trop loin. Qu’elle a parlé sans mesurer ses mots, qu’elle a tout laissé couler sans mesurer ses paroles, et qu’elle en a trop dit. Elle voit la confusion et l’incompréhension passer et s’installer dans les traits de TJ, alors que la colère est mise en suspend. Que le sujet de leur conversation s’est éclipsé alors qu’elle a utilisé les termes la trahissant. Une partie d’elle jamais révélée à l’irlandais, qu’elle cache à tout le monde, même à elle-même. Elle n’a pas le temps de s’en mordre la langue que c’est trop tard - le chasseur s’accroche aux paroles, et il ne démordera pas avant qu’elle ne s’explique. Dans son visage, elle lit la confusion, mais elle lit aussi la colère d’avoir été pris de stupeur ainsi. Des mots qui prennent aux tripes - et elle ne peut que s’imaginer ce qu’il ressent à cet instant. Lui, chasseur, elle, paranormale - la réalisation étouffante que rien ne pourra plus être pareil à présent. Qu’il a sûrement déjà chassé des gens comme elle. Peut-être. Elle n’en sait rien. Elle n’est pas sûre de savoir. Et ses mots deviennent acide dans sa bouche, alors que leurs regards se maintiennent, mais que certains murs semblent s’être écroulés. Il la toise, perdu, les grands yeux d’un gamin qui ne veut pas comprendre, mais qui comprend tout de même. « … What are we talking about… ? » Elle serre les dents, se mord l’intérieur de la joue. Bon sang, Riley. T’aurais pas pu la fermer ? Mais c’est trop tard. Elle lui devra des explications, et pas des brèves. Les secrets n’auront plus lieu d’être. Cette partie d’elle qu’elle n’a jamais révélé à personne, sauf à Janek le temps d’une nuit. Pas certaine d’être prête - pas certaine d’avoir les mots pour ça. Plus le choix. Elle s’est elle-même tiré dans le pied. « What the fuck are we talking about ? » Il insiste, et elle peut sentir les émotions vibrer dans sa poitrine. TJ. TJ. I’m sorry. La culpabilité, le regret, la détresse, la confusion. Riley reste immobile de longues secondes, essayant de trouver les mots pour s’exprimer. Essayant désespérément de trouver un moyen de contourner ce qui est pourtant inévitable. « Hm... » Elle inspire longuement, puis le soupir passe ses lèvres. Se laisse retomber contre le comptoir de la cuisine, passant des mains nerveuses sur son visage. Yeux fermés, doigts recouvrant son visage - elle inspire à nouveau, puis expire. Pas le choix, Riley. C’est trop tard pour les mensonges.

« I’m like my mom. » Elle laisse retomber ses mains et ses bras. Hausse légèrement les épaules, en revenant regarder TJ. Les traits auxquels elle s’habitue encore à pouvoir aimer et côtoyer tous les jours. « She was… she was a medium. So am I. » Ça lui pique la gorge, ça lui brûle les lèvres. Ça lui fait étrange de dire tout ça à voix haute. Une chaleur nerveuse qui s’installe dans son corps, et l’horrible appréhension qui l’habite. TJ est un chasseur. Un chasseur. Et tu n’es pas humaine, Riley. Pas entièrement. « It started when I was eighteen. And hm, three years ago, I... » Elle respire, à nouveau. Le regard teinté d’une résignation tranquille. « I started seeing them. The ghosts. All the time. So I guess I have that ability too. » Ability. C’était une manière différente de considérer les choses, après qu’elle ait considéré ses dons comme une malédiction pendant si longtemps. Et on dirait qu’elle se calme, Riley, au fur et à mesure qu’elle parle. Comme prête à accepter que tout est en train de s’écrouler pour de bon, et que TJ ne voudra plus rien savoir de quelqu’un comme elle. Pas alors qu’il a la chasse dans la peau et dans le sang. Pas après tout ces mensonges, pendant si longtemps. « Nobody knows. Nobody, not even Leonard, not even Agnes. » Elle se garde bien de mentionner Janek. On ne va pas mettre de l’huile sur un feu déjà trop brûlant. « I… I never accepted it, I… I hate it, actually. Being able to do all that. I never wanted this. All those years, I only worked to shut it all off. But it gets harder and harder. » Sa voix qui s’éteint presque, vers la fin. Tremblante d’émotion, sans toutefois que la colère ne l’emporte. « I guess I should stop trying to run away, and just… Accept it. But I can’t. » I can’t. I don’t want to. I want to be normal. I’m not my mom. I’m not my dad. I can’t do this.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Lun 8 Oct - 11:38

Riley ne s'attendait pas à cette question-là. Ne réalisait probablement pas, en laissant la colère la porter, qu'elle se dévoilait plus que la décence ne le lui permettait en la présence de TJ. Lui qui pensait la connaître, lui qui pensait la cerner. Lui qui se rendait soudainement compte de la distance et des secrets — de toutes ces choses qu'ils ne s'étaient jamais dites, et qui avait torpillé pas à pas leur relation, au fil des années. Et maintenant, il y avait ça.

« I’m like my mom. » Ça ne veut rien dire, pour lui. Ça ne veut rien dire — et il se refuse à entendre la parenté, à se souvenir de tout le bien que Simon avait toujours proféré à l'encontre de Sophie Mayfair. She's a great woman. A tragic loss for us all. « She was… she was a medium. So am I. » Et la vérité le cueille comme un coup de poing au creux de l'estomac. Pas moyen de déformer les mots, et de leur faire dire autre chose que ce que Riley lui faisait passer. She was a medium. So am I. La vérité, cruelle et sans pitié, qui lui coupe un instant le souffle. Et il s'oblige à expirer, s'oblige à détourner la tête pour être capable de dissiper la chaleur dans sa nuque, dans ses doigts — le long de sa colonne vertébrale. Les secrets de Riley, les secrets de Simon. Pourquoi ?

Parce que tu ne comprendrais pas, TJ. Tu ne chercherais pas à accepter. Et la manière dont tu es incapable de regarder Riley en face, ici et maintenant, ne fait que le prouver.


« It started when I was eighteen. And hm, three years ago, I... I started seeing them. The ghosts. All the time. So I guess I have that ability too. » L'anxiété qui s'amenuise dans la voix de Riley, mais qui ne fait que paralyser TJ. La lutte féroce, au fond de son estomac — je fais quoi, avec ça ? Simon l'avait toujours poussé à accepter que les paranormaux étaient humains, malgré la réaction naturelle qui avait poussé l'irlandais en sens inverse. Et son rapprochement avec les Latimer n'avait rien arrangé. On lui avait dit que ces gens n'étaient pas si différents des créatures qu'ils chassaient, jour après jour — et que, parfois, ils devaient être éliminés. La simple idée de devoir classer Riley dans une de ces catégories lui faisait pourtant flancher les genoux, et rationaliser devenait compliquer. She's not a monster. She's not a monster. She just... Sees ghosts. « Nobody knows. Nobody, not even Leonard, not even Agnes. » Ça ne le rassure pas. Ça ne le rassure en rien. Il n'avait jamais été proche de Riley, n'avait jamais mérité de faire partie du secret — et il n'était pas certain que le problème vienne de là. Peut-être n'aurait-il jamais dû savoir. Peut-être aurait-il dû être tenu loin de tout ce qui faisait le monde auquel appartenait Riley — un monde qu'il ne comprenait visiblement pas, et qu'il ne savait pas s'il serait un jour capable d'accepter. She sees ghosts. « I… I never accepted it, I… I hate it, actually. Being able to do all that. I never wanted this. All those years, I only worked to shut it all off. But it gets harder and harder. » Et il sent sa gorge bloquée. L'incapacité de parler, l'incapacité de lui répondre ou de la regarder. Son oeil qui le brûle — le miraculé, par lequel il n'était pas censé pouvoir continuer d'observer. Le dos de sa main qui vient le frotter, alors qu'il esquisse un pas en arrière. Continue d'entendre et d'écouter, malgré le rejet virulent de son esprit sur tout ce qu'elle lui présentait. She sees ghosts. « I guess I should stop trying to run away, and just… Accept it. But I can’t. » L'oeil rougi, bouffi, sa main retombe et il reporte son regard sur Riley. Déglutir, lentement. Il a entendu la voix s'éteindre, sous la difficulté du fardeau à porter, et sous l'émotion. She sees ghosts.

But then, don't you see them too, these days ?


Le silence. Alors qu'il la dévisage, alors qu'il essaie de faire du sens de tout ce qu'elle lui a dit. Le corps qui s'est instinctivement replié, et qui a quelque peu reculé. Il ne s'en est même pas aperçu — vieux réflexe de celui qui ne sait quoi répondre, et qui sait que n'importe quel mot sera le mauvais. L'habitude de ne pas être à sa place, l'habitude de ne jamais avoir les propos qu'il faut pour réconforter, rassurer, consoler. Pas même avec Riley. Et il pourrait lui dire. Murmurer, I don't know what to say. Il estime pourtant que son corps le transmet pour lui, et il se replie. Renifle. Serre les dents. La gorge gonflée, l'oeil gonflé — l'incapacité de complètement la regarder, et de lui parler. Dis quelque chose, TJ.

« I... » Ça coince. Sa gorge qui se bloque, ses dents qui se serrent, et sa tête qui se secoue de droite à gauche face à sa propre incapacité de s'exprimer. Shit. Say something, for fuck's sake. Et il relève la tête. Prend une inspiration saccadée, en essayant de la regarder dans les yeux. Sachant déjà que sa réaction sera inappropriée, mais ne pouvant néanmoins rien faire pour l'empêcher de se perdre dans l'air entre eux, et de les briser. « Is that why you're pushing people away all the time ? » Essayer de rationaliser. De se raccrocher à ce qu'il connaît, et de chasser de ses pensées l'esprit des Latimer qu'il tentait tant bien que mal d'intégrer, depuis quelques années. They're not human. Not really. « Because we are too much for you to handle ? » Sa voix tremble, et il sait qu'il marque une séparation inutile entre elle et les autres. Essayer de comprendre avec ce qu'il avait — mais les moyens lui manquaient cruellement. La raison également, et il avait beau tenter de se raccrocher à ce qu'il connaissait, toutes les fondations semblaient en train de s'effondrer. They're not human. Not really.

But we're talking about Riley.
You know Riley.
Riley's human.

Riley's Riley.


Le ventre retourné, et la légère nausée qu'il s'efforce pourtant de ravaler. Détourner les yeux, et respirer. Passer une main sur ses traits. La détresse de comprendre, et de ne pas avoir de manuel sur la manière dont il lui fallait désormais agir. She sees ghosts. She sees ghosts. Et ça ne rentre pas dans les lignes de ce qu'il espérait voir sa vie devenir. Ça ne rejoignait rien de ce qu'il connaissait, et il ne se sentait pas capable de composer avec. Pas maintenant. What did your dad do, with your mom ? Il n'arrive pas à poser la question, ne peut pas se résoudre à tenter de se raccrocher à tout ça. Pas alors que la blessure était encore trop douloureuse — et la réponse, évidente. He married her. They had three children. They lived happy. All until it went sour. Déglutir. Relever la tête. Essayer de retrouver une respiration moins saccadée. De dissiper la chaleur à l'arrière de sa nuque. D'accepter ce que Riley venait de lui présenter. But she sees ghosts. « What am I supposed to do ? » Baisser les yeux. La gorge si gonflé qu'il en a presque mal de parler. Son corps se replie encore mais, au milieu du chaos de ses pensées, au milieu du choc violent entre ses principes et l'amour qu'il avait pour elle, l'évidence lui apparaît peu à peu. Immuable, inaliénable. She sees ghosts. But then, don't you see them too, these days ?

She sees ghosts, but she's not a danger for anyone.

She sees ghosts. But maybe she's still human, after all.

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MessageSujet: Re: (can you hear me), rilan.    Ven 12 Oct - 22:47

Et voilà que tout s’effondre. Que le sol a secoué trop fort, et a ébranlé même les fondations. Que les choses ne seront plus jamais les mêmes - plus maintenant. Riley, qui avait réussi à garder son secret de tout le monde, absolument tout le monde, jusqu’à maintenant. Elle venait de l’avouer à TJ - elle devrait le faire pour les autres aussi. Elle ne serait plus vue de la même manière, ne pourrait plus vivre de la même manière. Peut-être que le déni et le rejet étaient overdue, à quelque part. Mais Riley s’y raccrochait désespérément, comme la dernière bouée de sauvetage à la vie qu’elle avait eu pendant si longtemps. Mais tout avait changé, le jour où elle avait rouvert ce dossier - tout était de sa faute, depuis le tout début. You brought this on yourself. Et tant qu’à tout perdre, autant vraiment le faire. Elle peut sentir TJ se retirer à chaque mot de plus qu’elle prononce. Se rétracter dans les ombres, comme si elle ne pourrait plus le voir là, comme s’il pourrait disparaître du monde, et ne plus entendre une vérité à laquelle il ne savait pas comment faire face. Il recule - physiquement, et autrement aussi. Elle est en train de le perdre, de le chasser, par ses mots, par ses aveux. Son visage qui se révèle monstrueux - celui des paranormaux qu’il a l’habitude de chasser. Le silence s’installe, et Riley baisse les yeux. Baisse la tête, au bout d’un moment. L’envie de se laisser retomber sur le sol et de pleurer, écrasée par tout ce poids, tout ce foutu poids qui la suit depuis la mort de sa mère, poids sur ses épaules et dans ses chaussures, let it stop, let it stop. Peut-être a-t’elle été stupide de penser qu’elle aurait vraiment le droit à une vie à ses côtés - que quelqu’un comme elle pouvait seulement avoir une vie normale. La mort de son père, et maintenant TJ qui s’évaporait dans l’air. What else ? What else do you want to take from me ?

« I... » Et elle a envie de secouer la tête, de lui dire qu’il n’a pas à dire quoi que ce soit. Qu’elle comprend. Qu’elle s’en ira. Mais une partie d’elle se raccroche à l’espoir qu’il verra au-delà de tout ça - qu’elle ne change pas. Que ça ne la change pas. « Is that why you’re pushing people away all the time ? » Elle ne s’attendait pas à cette réponse - et ça lui coupe le souffle, l’espace d’un instant. Le regard qui reste rivé sur le sol, et qui se remplit soudainement de larmes. Elle les refoule instinctivement, mais sa gorge se gonfle. « Because we are too much for you to handle ? » Elle inspire, profondément - relève les yeux en évitant son regard. Expire l’air coincé dans ses poumons. Déteste la situation dans laquelle elle est - les auras qui se fracassent, et qui deviennent un peu trop pour Riley. Elle renifle, hausse les épaules. « Yeah. » Le mot qui s’échappe de ses lèvres, un peu rauque, un peu non-assumé. Elle ne s’était jamais demandé pourquoi elle était comme elle était - TJ qui venait de lui apporter des réponses. Mais elle n’était pas prête à l’accepter. Et de toute façon, qu’est-ce que ça changeait ? Elle n’allait pas devenir quelqu’un d’autre. Trop tard pour ça. « What am I supposed to do ? » Un rire lui échappe. Un rire faux, tordu par le désespoir. Riley qui renifle encore, hausse les épaules encore. Mais elle n’a plus la force de se battre - plus la force de prétendre quoi que ce soit. Tired. Too tired. Elle ne fait que traîner son corps jusqu’à la chaise de la table, où elle se laisse retomber. Essuie le coin de ses yeux - plus rien à faire qu’il te voit pleurer. « Whatever you have to do. » Elle sait que ça risque de le mettre en colère. Mais elle n’a rien d’autre à dire - vidée de tout. I’ve never been much of a fighter, anyway. « I don’t have any answers, TJ. » Renifle à nouveau, relevant brièvement les yeux vers lui. L’observant encore un peu, lui et ses cheveux en bataille, lui et ses yeux océans, lui et son air de chiot perdu. Elle aimerait le prendre dans ses bras. Croire que tout ira bien. Mais rien n’est moins sûr. « If you have to go, just go. » Sa voix ne s’est pas cassée, même si c’est le cas d’une partie d’elle. Car elle sait que la possibilité que TJ tourne les talons et claque la porte est réelle - et ce même si elle se trouve chez lui. Qu’il est ce qu’il est, qu’il a les convictions qu’il a - et qu’ils se ressemblent trop, dans leur idée de ne pas changer. Jamais, pour personne. « I get it. » Baisse les yeux à nouveau, observant ses mains qui ne tremblent pas, malgré l’émotion qui la secoue.

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