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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
RH célèbre ses deux ans ! merci à tous, on vous aime !

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 sound of silence, (ismain)

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MessageSujet: sound of silence, (ismain)   Dim 2 Sep - 2:33

▼▲▼

Les mains dans les poches, et les épaules voûtées. Avancer, sans se retourner. Lutter contre l'envie dévorante de tourner les talons et d'abandonner. Lutter contre le désir de rebrousser chemin, et de laisser à Rain la paix dont elle avait besoin. Mais le manque lui déchirait les entrailles depuis les derniers mots qu'ils avaient échangés. Depuis qu'il était entré dans l'appartement pour s'occuper de Paillasson, comme il l'avait fait pendant plusieurs jours. Depuis que son regard avait croisé celui de Rain, et qu'il n'avait pu que lui donner les clés en lui disant qu'elle avait meilleure mine. Le coeur brisé par la résolution à laquelle il s'était pourtant tenu. Quittant rapidement l'appartement, pour ne pas être tenté de rester. Ne pas être tenté de la serrer contre lui. De la respirer, de l'embrasser. De s'excuser. Et de lui demander de rester à ses côtés, à jamais. But I need that time, baby.

Presque trois mois, déjà. Trois mois, depuis le réveil douloureux, et la salle de bain ensanglantée pour finir la journée. Trois mois, depuis qu'il s'était arraché le coeur pour le lui laisser. Trois mois qu'il errait, à tenter de trouver du boulot sans jamais parvenir à garder quoi que ce soit. Trois mois qu'il peinait à boucler financièrement — et il était au bord de se faire mettre à la porte. Cette fois, ça ne prendrait plus longtemps. La vie l'avait rattrapé. Les ennuis aussi. Il n'avait eu que trop peu de nouvelles de Rain. L'avait choisi. Mais les silences commençaient à le peser, et le besoin de la voir l'avait finalement emporté.

Ses pieds pour le guider jusqu'à l'appartement. Les oreilles qui sifflaient sous l'anxiété. Sous la peur de ne pas savoir comment elle l'accueillerait. Tu l'as laissée tomber. Et c'était vrai. Plus vrai qu'il ne l'aurait voulu. Réaction égoïste, face à sa propre âme déchirée par le mal-être. S'éloigner, pour ne pas davantage la blesser. Pour ne pas l'empoisonner. S'éloigner.

Son poing qui cogne doucement à la porte. Son autre main au fond de sa poche, et ses poumons peinant à lui donner suffisamment d'air pour garder ses pensées éclairées. Filtrées. La culpabilité tentait sans cesse de s'y infiltrer, et de les dévorer. De le forcer à fuir, face à la honte qu'il ressentait de l'avoir ainsi laissée derrière. Laissée se débrouiller. But you needed that time too, baby.

Il pourrait s'en aller. Le devrait, certainement. Mais il reste là. N'a pas tourné les talons, lorsque la porte s'ouvre et que les traits de Rain apparaissent. Son coeur qui s'emballe alors que ses lèvres veulent murmurer, hey, baby. Mais il ne peut lui faire ça, et il le sait. Besoin de respirer. Besoin de la laisser faire de même. « ... Hey. » Déglutir. Sourire. Lentement, paisiblement. Réaliser qu'il est venu la voir sans aucun autre but que celui de prendre des nouvelles. S'en sentir stupide, quelques instants — et puis, l'accepter. Pas besoin d'une excuse. C'est Rain. C'est Rain. « Sorry, I... I hope I'm not interrupting anything. » Froncer les sourcils. Petit rire gêné. Respire, baby. « I just... Wanted to see how you were doing. » Wanted to see you, baby. Wanted to hear you.

Wanted to touch you.

Wanted to kiss you.

Wanted to love you.

But I can't. I can't.
I won't.

I won't.

How are you, baby ?

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Dim 2 Sep - 6:05

C’était fou - complètement fou. Imprudent, sans doute, de se lancer comme ça, après si peu de temps, après si peu de réflexion. Et pourtant, ça lui apparaissait logique, à Rain. La suite naturelle de choses, après ces semaines passées en compagnie de Sarwan, de se soutenir en emménageant ensemble. Une décision qui allait au-delà de leur couple nouvellement formé - d’un désir d’être véritablement présent l’un pour l’autre, sans la presque heure de route pour les séparer. Que l’autre soit là, tout près, rapidement - et les circonstances avaient bien fait les choses. Un emploi attendant Sarwan à Blackwater Falls, Rain voulait quitter son appartement, et la décision avait été rapidement prise. Le coeur fébrile, les sourires un peu nerveux, alors qu’il était venu l’aider à commencer ses boîtes. Avait du repartir pour le boulot le soir-même, promettant de revenir le lendemain matin, à la première heure. Rain, qui pour la première fois depuis des mois, depuis des années peut-être, avait le pas sincèrement léger. Son corps moins lourd et tremblant, depuis qu’il apprenait à purger l’alcool et à ne plus le demander à chaque instant. Le chant au bord des lèvres, alors qu’elle rassemblait ses quelques affaires, alors qu’elle faisait un dernier ménage dans un appartement qu’elle détestait vraiment. Tout qui lui rappelait ses mois de noirceur, sa chute dans les tréfonds, malgré les quelques moments de bonheur qui y s’étaient déroulés. Ici, tout respirait trop le désespoir, et le reste appartenait à Ismael. Trois mois depuis qu’ils s’étaient séparés, depuis qu’elle n’avait pas pu descendre plus bas, et qu’ils avaient du prendre des chemins distincts pour pouvoir se réparer. Même si Rain se sentait bien depuis quelques semaines, et même si Sarwan la rendait aussi heureuse qu’elle pouvait l’être, elle mentirait en disant qu’elle ne pensait pas à Ismael tous les jours. Toujours une pensée, parfois plus longue, parfois plus légère. Où tu es ? Comment tu vas ? Est-ce que tu penses à moi aussi ?

Paillasson s’agite avec un bout de fromage dans un coin, et Rain continue de remplir ses boîtes de ses vêtements. L’envie de faire un ménage en même temps, se débarrasser de quelques morceaux qui lui donnent le tournis - faire table rase et recommencer à neuf. Se laisser toutes les chances. Et surtout, respirer. You’re ok. You’re ok. Son estomac qui commence à grommeler, annonçant la faim - mais elle veut terminer de vider sa penderie avant tout. Reçoit un texto de Sarwan, et répond avec un sourire. Au moment d’envoyer le message, des coups retentissent à la porte. Rain sursaute légèrement, et se fige. Qui ça peut bien être ? Appréhensive, elle imagine déjà le pire. Ferme les yeux brièvement, et inspire. You’re ok. Range son téléphone dans sa poche, et se dirige vers la porte. L’ouvre, se disant que ça doit être le facteur ou un voisin, peut-être même Sarwan qui lui fait une surprise - mais son sourire se coince dans sa gorge. Ismael.

« ... Hey. » Rain a le coeur qui s’évade de sa poitrine. Bon sang, qu’il est beau. Bon sang, qu’elle a envie de se jeter dans ses bras, de se perdre dans son cou, de l’embrasser. Ismael. Baby. Mais elle se retient. Lui sourit en retour, sincère. « Hey. » Elle est contente de le voir - debout, en santé, chez elle. Même si elle se demande pourquoi il est là - espérant que ce n’est rien de grave. Déstabilisée. « Sorry, I… I hope I’m not interrupting anything. » Elle sourit doucement, timidement même, à son petit rire. « No, it’s fine. » Mais pourquoi t’es là, Ismael ? Pas qu’elle n’a pas envie de le voir - toujours envie de le voir. Son Ismael. Une partie d’elle. « I just… Wanted to see how you were doing. » Elle sourit à nouveau, baissant timidement le regard. Hausse les épaules lentement. « Oh, I’m ok. Better. » Acquiesce doucement, en levant les yeux vers lui à nouveau. C’est difficile de ne pas pouvoir l’approcher, le toucher - les habitudes sont difficiles à se défaire. « I’m trying, at least. » C’est dit simplement, sans arrogance ou méfiance, et surtout sans aucune accusation. Elle essaie, c’est vrai - tous les jours, un peu plus. J’te l’ai promis, Ismael. Puis elle réalise qu’ils sont encore sur le seuil de la porte - passe une main dans ses cheveux, reculant un peu. « You want to come in ? Have a coffee, maybe ? If you have time, of course. » C’est dangereux, comme proposition. Peut-être. Elle ne sait pas. Ne sait plus trop sur quel pied danser, la peur d’aller trop loin, de le faire fuir. Encore. Mais maintenant qu’il est là, elle n’a pas envie qu’il reparte. Pas maintenant. Envie de savoir comment lui va - apaiser ses inquiétudes inévitables.

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Mar 4 Sep - 18:41

« Oh, I'm ok. Better. » Elle hausse les épaules, ce-disant. A du mal à le regarder dans les yeux. Et il le voit, qu'elle va mieux. Il le voit, que ses traits sont détendus, que la ligne inquiète de son front a disparu. Que le regard soucieux n'est revenu qu'au moment où elle a ouvert la porte, et où elle l'a vu. Ça devrait le rassurer. Le conforter dans la décision difficile mais nécessaire qu'il avait prise quelques mois auparavant. « I'm trying, at least. » Rain va mieux. Elle lui a prouvé qu'il ne faisait que la blesser, lui a prouvé qu'elle avait besoin de se reprendre en main sans qu'il ne soit dans les parages pour l'enfoncer. Et pourtant, il en souffrait. Souffrait de voir qu'elle n'avait pas eu besoin de lui, là où chaque jour qui passait, le besoin d'elle se faisait plus pressant dans sa propre vie. Besoin qu'il taisait habilement, qu'il gardait pour lui. Ce besoin qu'il essayait de se persuader être un mirage. Better this way. « Good. That's good. » So why does it hurt that much ?

Il baisse un peu les yeux. A du mal à la regarder, lui aussi. Comme si un coup d'oeil trop allongé ne ferait que les pousser à réaliser l'erreur que sa présence ici était. L'erreur de lui avoir ouvert la porte — l'erreur d'avoir frappé à cette foutue porte. Il reste planté sur le seuil, n'ose pas approcher davantage. N'ose pas entrer. Et il ne peut que la regarder. Les yeux finalement posés sur elle, le petit sourire gêné aux lèvres. S'apprêtant à dire, maybe I should go. Pas certain d'être le bienvenu. Pas certain de vouloir voir persister la confusion dans les yeux de Rain, et l'inquiétude en train de revenir barrer son front. Pas certain de pouvoir supporter trop longtemps la constatation qu'elle était belle et bien mieux sans lui. « You want to come in ? Have a coffee, maybe ? If you have time, of course. » Et la proposition le surprend presque. Il sait que c'est risqué. Sait que se regarder l'est déjà suffisamment — et que se parler serait encore pire. Mais il en a besoin. Autant qu'elle semble l'avoir, elle aussi. Et c'est donc avec un léger sourire qu'il hoche la tête. Mains dans les poches, âme en peine — mais bien décidé à l'aider à retrouver l'expression sereine et l'ombre du sourire qu'elle avait avant que son regard ne tombe sur lui. « Sure. I'd love to. » Elle lui cède le passage, et il entre sans se faire prier. Le coeur battant en passant à ses côtés — s'efforçant pourtant de ne pas la toucher. Un sourire pour elle, en se glissant dans l'entrée pour s'y arrêter. « Thank you. »

Rapidement, Paillasson vient l'accueillir. Le chiot qui a encore bien grandi depuis quelques mois. Les doigts du musicien qui viennent lui flatter les oreilles, sourire doux aux lèvres. « Hi boy. » Il s'accroupit, simplement. Les caresses qui se glissent dans son cou — il a l'air en pleine santé. Plus heureux qu'il ne l'a jamais été. « You takin' good care of your mistress, I hope ? » Il jappe, et le loup sourit de plus belle en retour. « Yeah, that's a good boy. » Puis il se relève. Le sourire toujours aux lèvres, alors qu'il tente de balayer le cataclysme d'émotions auquel son coeur est en proie. « Sorry. » Sans savoir pourquoi il s'excuse. Sans savoir comment la regarder, comment lui sourire, comment lui parler. Ça ne devrait pas être aussi compliqué — et une part de lui le sait. Après tout, vous avez déjà été amis. Il n'y a rien d'impossible à le redevenir.

Et pourtant, malgré la résolution prise, malgré le coup d'oeil qu'il lui jette, les premiers cartons accrochant son champ de vision lui font l'effet d'un coup de poing au creux de l'estomac. Son sourire n'en diminue pas pour autant — mais la peur de la voir disparaître entièrement de sa vie, elle, ressurgit. L'espoir, aussi ; espoir qu'elle ne se soit finalement décidée à sortir de là. À finalement partir de cette ville qui la tuait à petit feu depuis qu'elle était née. « Oh. You're moving ? » Il essaie de se dire que c'est normal. Que c'est bien. Mais au fond de ses tripes se réveille petit à petit l'instinct qu'autre chose se mêle à tout ça. Qu'elle ne part pas uniquement parce qu'elle l'a décidé. Une impression qui se confirme violemment, lorsqu'il aperçoit un pull d'homme qu'il sait ne pas être à lui, posé sur un carton un peu plus loin.

Le poing s'est transformé en poignard — et pourtant, il ne dit rien. Garde le sourire aux lèvres, malgré le léger rictus de résignation qui y passe. Ses yeux se promenant un instant sur les alentours, et son coeur tentant de survivre à l'hémorragie créée. Au moins, aucune bouteille n'est à vue. Rain a l'air sobre — et le teint de quelqu'un qui s'en tire doucement. Qui lutte encore pour ne pas replonger, mais qui est en bonne voie pour y arriver. N'est-ce pas tout ce qui compte ? Alors, il se tait. Se tait en sachant que l'un et l'autre sont sûrement liés. Que la vie se reprend en main de manière tout à fait inattendue, parfois. Se tait, au souvenir de la douceur qu'elle avait sur les traits au moment de lui ouvrir la porte pour l'accueillir. Rain est bien.

Rain est bien.


Ses yeux qui se reposent sur elle. Avec la tendresse en leur sein, dissimulant grossièrement la peine que la situation fait naître en lui. You're ok. You're ok. And I'm glad you are. « It's a good thing. I... I think you really need that change. » Déménager. Se forcer à déchirer les pages qui ne faisaient que l'enfoncer, pour finalement écrire celles qui lui permettraient de se redresser. It's a good thing, baby.

And I'm happy you're not alone in this.

Happy you're not lonely.

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Mer 19 Sep - 6:04

That’s good, qu’il a dit. Il a hoché la tête, et il a dit, that’s good. Mais son regard se fait fuyant, et le malaise persiste entre eux. Les réflexes qui doivent être réfrénés, les pensées qui demeurent. Dans l’air, tout ce qui a été dit, tout ce qui voudrait être dit. I love you. I miss you. Mais ils ne peuvent pas. Elle ne peut pas. Elle lui a promis. Lui laisser le temps. S’en remettre. Et malgré sa fierté - malgré le fait que oui, elle s’en remette - elle n’est pas capable de soutenir son regard. Parce que ça va mieux - mais que tout est différent. Que pour s’en remettre, elle a du changer de vie. Complètement, ou presque. Loin de toi. Et pourtant si proche à la fois. Ismael toujours dans la peau, Ismael toujours sur le rebord des lèvres. Elle ne veut pas qu’il parte - pas comme ça. Pas après si peu de temps, pas après si peu de mots. Elle ne peut pas le toucher, elle ne peut pas le retrouver comme son instinct et l’habitude lui crie de le retrouver. Mais elle ne veut pas le laisser repartir ainsi - veut profiter de sa présence, au moins un peu, comme elle le peut. Comme les termes de leur séparation le permettent. Don’t go. Elle espère qu’il acceptera, malgré le malaise de la situation. C’est avec un soulagement non feint qu’elle voit qu’il sourit, et qu’il acquiesce. « Sure. I’d love to. Thank you. » Il entre dans l’appartement, et Rain ferme brièvement les yeux quand une effluve de son odeur lui parvient. Ce parfum, si particulier à lui. Cette odeur dans laquelle elle s’était tellement réfugiée - une odeur si familière qu’elle fait presque partie d’elle. Ça lui donne presque le vertige, brièvement, mais elle retourne rapidement à la réalité. Referme la porte, alors que Paillaisson vient accueillir le visiteur d’un pas dynamique. Visiblement heureux de retrouver Ismael, présence familière - et Rain ne peut réprimer le sourire affectueux et tendre qui se glisse sur ses lèvres. Regarde Ismael et le chien réagir - ils se comprennent si bien, s’entendent si bien. Ça lui crève le coeur autant que ça l’emballe, et elle doit se tirer de sa rêverie quand Ismael se relève. Oh baby.

« Sorry. » Elle le toise un instant, surprise du mot qu’il a prononcé - tout comme il semble trouver étrange qu’il l’ait fait. Le sourire se résintalle, un peu plus nerveux, un peu plus timide, alors qu’elle balaye l’air de la main. « Don’t say that. He misses you, y’know. » Et les mots, une fois prononcés, lui restent un peu en travers de la gorge. Le regard qui fuie, alors qu’elle a peur que ses yeux ne la trahissent. I miss you too. Mais elle ne peut pas se permettre un tel commentaire - même celui qu’elle vient de faire touche la limite du raisonnable. Et elle se détourne, comme pour sceller la conversation avant qu’elle ne déraille davantage. Se dirige vers la cuisine pour allumer la bouilloire, afin de préparer deux tasses de café. Rien d’autre du café moulu, alors que le reste est rangé. « Oh. You’re moving ? » Elle déglutit, alors qu’elle revient s’accouder au comptoir, près de lui, mais pas trop. L’estomac noué - évidemment qu’il aura compris, avec les boîtes qui traînent, et l’appartement presque prêt à être vidé. « Hmm, yeah. » Elle voudrait continuer - voudrait expliquer, voudrait avoir une conversation normale, qui ne trahisse pas les coeurs crevés et les souvenirs douloureux. Mais elle voit ce qu’il voit, comme si leurs yeux étaient reliés - le pull de Sarwan, qui traîne pas loin. Qu’elle portait la veille même, pour rigoler, alors qu’ils s’affairaient dans les boîtes. Un pull qu’Ismael sait ne pas être à elle, ou à lui - à un autre. Elle a envie de se mettre à pleurer. Oh baby.

Il reporte finalement les yeux sur elle, alors que Rain essaie de rester calme. De ne pas céder au léger désespoir qui lui serre les tripes, alors qu’elle sait qu’elle va devoir s’expliquer. Pas parce qu’il l’exigera, mais parce qu’elle le veut. Qu’il mérite de savoir. « It’s a good thing. I… I think you really need that change. » Et il est si doux - tellement lui, que ça tire un sourire sincère à Rain. Plein de la douceur qu’ils s’étaient si longuement partagés. « Yeah. I… I think it’s good too. I’m really glad to be leaving this place. » Un petit rire qui lui échappe, qui s’évapore rapidement dans l’air. Qui trahit un peu sa nervosité, mais qui est sincère tout de même. Son regard qui s’attarde un peu sur Ismael. La courbe de sa mâchoire, ses cheveux, les cernes autour de ses yeux. L’envie de l’attraper pour le serrer dans ses bras, au moins, juste quelques secondes. Mais elle ne bouge pas. « Sarwan is moving in town, and there’s plenty of space in the apartment he rented, so we just… Y’know. It’s very unexpected. Very fast. But it’s an opportunity to… like you said. Make some change. » Petit sourire timide, le regard fuyant. Le coeur en miettes, autant que son déménagement avec Sarwan la rendait heureuse. Jamais heureuse comme avec toi. Comment lui dire, qu’à quelque part, elle plaquerait tout pour repartir avec lui ? Mais elle ne peut pas. Ne sait même pas s’ils se retrouveront un jour. Elle ose l’espérer. Y’a que lui. Mais Sarwan la fait sourire. Sarwan la fait sentir bien. Sarwan la fait sentir aimée. Grâce à lui, elle va bien. Grâce à lui, elle va mieux. Mais Ismael est là. Toujours là. À chaque seconde. Chaque seconde. « We met at an AAs meeting. I’ve been going there, up in Peace River. It helps me a lot. » La voix basse, malgré tout, comme par peur de prendre trop de place. De parler trop fort, et de lui faire croire que c’est plus important que lui. Que sa présence ici. Qu’eux. « I’ve had ups and downs. But I’m almost a month sober now. » Elle hausse les épaules. Fière de son progrès. Se doute que ça ne durera pas - que la rechute est inévitable. Et que c’est ok comme ça. Que ça fait partie du processus. Mais elle espère qu’Ismael comprend. J’essaie. Comme je te l’ai promis. Je veux tenir ma promesse. Je la tiendrai.

J’te l’ai promis.

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Lun 24 Sep - 5:12

« Yeah. I… I think it’s good too. I’m really glad to be leaving this place. » Elle rit. Ça tinte rapidement dans l'air, et ça lui sert le coeur tout en le libérant. Il entend la nervosité dans le petit éclat de voix, mais il ne s'en formalise pas. Ça ne fait qu'écho à sa propre anxiété de se retrouver là — et il sait que c'est normal. Ce n'est pas supposé être aisé. Ça ne l'a jamais été. Il le savait au moment de se présenter devant la porte de l'appartement, le savait lorsqu'il a frappé. Lorsqu'il l'a vue. Lorsqu'il est entré. Il savait que tout serait trop compliqué, que l'envie de l'embrasser, de la tenir, de la toucher, lui crèverait le ventre à la seconde où il la verrait, où il l'entendrait. Et il ressent presque le besoin de s'approcher et de la serrer — au moins pour crever cet abcès. Mais c'est la vue du pull, dans la périphérie de son champ de vision, qui l'en empêche. Qui lui serre l'estomac, et qui le force à rester tout en sourires et en calme. Elle n'est plus à toi, gamin.

C'est fini, tout ça.


« Sarwan is moving in town, and there’s plenty of space in the apartment he rented, so we just… Y’know. It’s very unexpected. Very fast. But it’s an opportunity to… like you said. Make some change. » Sarwan. C'est son nom. Le nom du type qui lui tire ce petit sourire timide, et ce coup d'oeil bas. Qui a l'air de la rendre plus heureuse qu'elle n'ose l'avouer face à lui. Mais une fois de plus, il ne s'en formalise pas. Ce ne sont pas ses affaires. Rain aime qui elle veut. Rain vit avec qui elle veut. Elle a toujours été libre, toujours été fière. S'il l'a aidée à s'envoler pour qu'elle puisse rejoindre quelqu'un d'autre au milieu du ciel, ainsi soit-il. Il ne serait pas celui pour s'interposer. Ne serait pas celui pour la prier de revenir au sol, à ses côtés. Il ne lui mentirait pas, n'essaierait pas de la persuader que sa place est en bas. Pas alors qu'il l'a toujours encouragée à déployer ses ailes, et à fuir ce monde qu'elle détestait. « We met at an AAs meeting. I’ve been going there, up in Peace River. It helps me a lot. » Il continue de sourire, et hoche lentement la tête. Le coeur presque léger de savoir qu'elle avait repris en main ce démon qu'il n'avait pu qu'exposer. Good. That's good. « I’ve had ups and downs. But I’m almost a month sober now. » Elle hausse légèrement les épaules, et il peut voir à quel point elle est fière. À quel point le progrès compte pour elle — et son coeur chavire à être condamné à ainsi l'observer. Privé de l'étreinte qu'il voudrait lui donner pour la féliciter — mais ce serait trop étrange, trop maladroit, trop tentant de faire autre chose, et il le sait. Se retient. Trop tard pour toi, gamin. « God, that's some good news. » La fierté, dans sa voix à lui aussi. Le besoin de la féliciter. Et seule la sincérité se glisse dans ses mots doux. « I'm so proud of you. » Il secoue la tête face à l'évidence, ses yeux ne lâchant pas ceux de Rain. « I'm sorry I wasn't here to see all this happening, but... » Déglutir, lentement. Le sourire, plus pâle, plus doux. Plus triste, aussi — incapable de cacher la douleur à cette pensée, et le temps qu'il lui faudrait pour tourner la page, à son tour. « I'm so glad you've got someone to help you see this through. » Et il le sait, Ismael ; il le sait qu'il ne lui serait d'aucune aide. Qu'il la tirerait vers le fond, et qu'il rendrait l'alcool plus attrayant que jamais. Échappatoire habituelle, aux problèmes qu'il lui présenterait et qu'elle prendrait comme siens sans pouvoir s'en empêcher. C'est mieux comme ça. « I really am. » Le besoin d'insister, en toute sincérité. Ses yeux ne se détachant pas des siens, et la douceur de son aura n'ayant d'égale que le calme qui s'en dégageait. Le chagrin progressivement refoulé, afin de ne pas réveiller chez elle davantage de culpabilité qu'il n'en lisait déjà dans ses prunelles. C'est mieux comme ça.

And I'm glad for you, baby.

I really am.

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Lun 1 Oct - 5:01

« God, that’s some good news. » Et malgré tout, malgré la tension et ce qui flotte dans l’air, elle peut sentir la sincérité dans sa voix. Ça fait vibrer son coeur dans sa poitrine, et ça lui tire un sourire autant plus brillant, qu’elle essaie tout de même de garder modeste. Après tout, elle est fière de son progrès - fière d’être capable, pour une des premières fois de sa vie, de se tenir à ses convictions et ses résolutions. De rester ferme face à ce qu’elle a décidée, et à prendre sa vie en main. Pour de vrai. Que tous les obstacles qu’on s’était entêté à lui mettre sur sa route n’avaient pas eu raison d’elle - qu’elle était parvenue à continuer de se battre, et de le faire encore aujourd’hui. « I’m so proud of you. » Et elle sourit à nouveau. La voix d’Ismael qui l’enveloppe, qui lui fait du bien - qui lui rappelle pourquoi elle se bats avec autant d’ardeur. Pour tenir sa promesse, à lui, Ismael. Qu’elle a tellement envie d’entourer de ses bras, pour lui murmurer à l’oreille qu’elle le fait pour lui, pour ce qu’il lui a demandé, autant qu’elle le fait pour elle, et pour la possibilité d’une vie où ils pourraient être ensemble. Elle ne sait même pas si c’est un rêve, ou si ça peut encore être une réalité - mais une part d’elle s’y accroche. Malgré le bien que Sarwan lui apporte, malgré les sourires qu’elle a en sa présence, malgré le bonheur qu’elle ressent à ses côtés. Qu’une part d’elle ne relâche jamais sa vie avec Ismael, une corde entre les deux coeurs, ternie par les années, presque tranchée par les obstacles, mais toujours présente. Et qu’il soit fier d’elle - qu’il ait ce presque sourire aux lèvres, cette lumière dans ses yeux, malgré la noirceur épaisse qui s’y trouve aussi, ça lui explose le coeur. Oh baby. I miss you. I miss you so much. Stay here. Stay with me. I know we can’t. I know we shouldn’t. But I love you. I always will.

« I’m sorry I wasn’t here to see all this happening, but... » Elle sent la douleur qui le déchire, et son estomac se tord. « I’m so glad you’ve got someone to help you see this through. I really am. » Elle sourit à nouveau, un peu plus maladroitement, cependant - peut imaginer ce qu’il doit ressentir, face à toutes ces nouveautés. Comme si elle avait tourné la page, sur le passé, sur lui.

Jamais, Ismael. Jamais.


Elle ne relâche pas son regard, s’autorise à s’y perdre un peu. Gardant la distance entre leurs deux corps, pour ne pas être tentée inutilement. Mais il est à portée de main, et c’est difficile de résister à l’envie de lui attraper si ce n’est que la main - Rain qui acquiesce doucement, sourit à nouveau. « Yeah. » Et elle ne sait pas quoi dire, sous le poids de tout ce qu’elle aimerait dire, mais qu’elle ne peut pas. I wish you were here too. I wish that someone was you. « There are tough days, but... » Elle inspire doucement, hausse les épaules. Et soudainement, elle ne peut plus réprimer les mots qui lui brûlent la langue. Jamais bien connue pour être douée à se dissimuler, de toute façon. You know me, baby. « I have a promise to keep. » Et son regard s’adoucit, plongé dans celui d’Ismael. Quelques instants de flottement, où elle ne fait que sourire, avec une certaine détermination dans le regard. I didn’t forget. I never will. No matter how long it takes.

La machine a café termine de faire couler le liquide, et Rain se détourne. Prendre une bouffée d’air, en allant servir les cafés. « What about you, then ? » La voix un peu plus forte, provenant de plus loin dans la cuisine. Revenant avec la tasse remplie du liquide bouillant, sourire tranquille aux lèvres. « How are you ? How are things ? » Elle dépose la tasse de café sur le rebord du comptoir, proche de lui - et va attraper la sienne, soufflant sur la vapeur qui s’en échappe. « Careful, it’s hot. »

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Mar 9 Oct - 5:31

Les regards qui s'embrassaient, s'échangeant tout ce que les lèvres n'avaient pas le droit de se donner. La sincérité et les sourires, la douceur et l'amour que ni l'un ni l'autre ne pouvait cacher. Malgré le corps de Rain entre les mains d'un autre, et malgré sa volonté de lui donner aussi son coeur. Ismael y était accroché, irrésistiblement attiré par elle comme un papillon de nuit revenait inéluctablement vers la flamme d'une bougie. Et il avait beau tenter de reculer, tenter de la laisser vivre son idylle et de l'encourager, il ne pouvait faire taire ce que son aura dégageait. Le besoin d'être à ses côtés, et la tendresse qu'il aurait à jamais pour elle. I love you, baby.

« Yeah. There are tough days, but... » Elle inspire longuement. Leurs yeux qui s'embrassent toujours, à défaut de pouvoir laisser leurs corps se toucher. I love you, baby. « I have a promise to keep. » Et elle lui sourit. D'un sourire à faire fondre les glaciers — you're so beautiful, baby. Et il ne peut que le lui rendre. Le coeur irrésistiblement accroché au sien. Résolu à la suivre, quels que soient les chemins tortueux dans lesquels elle l'emmènerait. Si elle devait rester éternellement aucun d'un autre, le sort en serait jeté. Mais son coeur serait à jamais dans le sillage du sien, et il commençait seulement à réaliser que rien de ce qu'il ne pourrait faire ne serait capable d'y remédier.

Il ne fait que hocher doucement la tête aux mots qu'elle prononce. Le regard se détachant du sien, presque timidement — et le bruit de la machine à café qui cesse de couler, un peu plus loin, suffit à rendre moins maladroit la rupture de ce regard amoureux. « What about you, then ? » Il entend sa question de trop loin, et la distance entre eux dans la cuisine n'y est pour rien. Perdu dans ses pensées, enfoncé dans sa réalisation que sa place était à ses côtés. Qu'il supporterait l'absence, autant et aussi longtemps qu'il le faudrait — mais que le monde ne tournait plus vraiment lorsque sa voix ne vibrait pas à ses côtés. But you can't, Rain. You can't be with me, so I can't stay. « How are you ? How are things ? » Et il fronce doucement les sourcils. Relève les yeux, pinçant les lèvres pour essayer de pourvoir sa voix du plus de sincérité possible. « Hm, good. They're good. » C'est pourtant un mensonge éhonté — mais il ne peut se permettre de le lui montrer. Refusant de briser la bulle de douceur dans laquelle elle semblait enfin vivre — et qu'elle méritait. Il ne voulait pas de la culpabilité, ou de la pitié. Ne voulait que de son bonheur, et de l'étincelle qu'il voyait briller au fond de ses prunelles. « Careful, it’s hot. » « Thanks. » Elle a pris sa tasse, et elle a déposé la sienne sur le comptoir. Le moyen le plus sûr d'éviter à leurs mains de se toucher — et il lui en est gré. La prend, doucement, et laisse la chaleur de l'émail lui brûler les paumes un instant. Ça fait presque du bien. Malgré la douleur qui monte, et l'envie de lâcher la tasse pour la regarder se briser au sol. Il ne fait pourtant que sourire. « So, yeah. Good. I am... Looking for a job. » Because I'm fired, all over again, for whatever I try to do. « The tourist season is over now, so... Bars and restaurants are going back to their classics, y'know. Not much work for outsiders, or for those who don't have a group to play with. » Un petit sourire. La réalité du business — mais elle devait s'en douter. Le connaissait quelque peu, après avoir passé tant d'années à le fréquenter. « It's been a rough fall, but... » Relever la tête. Reposer la tasse sur le comptoir, sans en lâcher la hanse. « I'm fine now. » Lui sourire, le plus sincèrement du monde, et tenter de la convaincre des propos qu'il tenait. I'm fine, baby. I'm fine.

Inspirer, et laisser son regard s'enfuir autour de lui. Le plus vite le sujet serait écarté, le mieux ce serait. Il s'était efforcé de donner une réponse suffisamment complète pour ne pas attirer les soupçons — mais savait que son air fatigué ne retiendrait pas la curiosité de Rain beaucoup plus longtemps. L'odeur du café dans les narines, la mâchoire légèrement crispée, il soupira longuement, et secoua la tête. Le sourire toujours aux lèvres, et le besoin de garder son regard distant pour encore quelques instants. « I'm so proud of the efforts you're making, y'know. » Le coeur qui bat sourdement dans sa poitrine, et ses yeux qui peinent à rester loin de ceux de Rain. Oh, baby.

« I'm really trying not to kiss you right now. »

Sa propre voix qu'il entend de loin. Sans se rendre compte des mots qui crèvent ses lèvres, mots qui crèvent le coeur, et qui ne leur laissent pas la moindre chance de s'en tirer. « Ok, I know that sounds awful but... » Son regard a finalement trouvé le sien, alors que son esprit imprimait la sentence qu'il venait de prononcer. Ses mains qui se lèvent doucement en signe d'innocence, et son corps qui s'emploie à ne pas bouger. Rester loin de Rain, et ne pas les tenter — ni l'un, ni l'autre. « I'm sorry. I'm not very good at hiding it, so I thought... May as well tell you things as they are, y'know. » Le sourire dissipé, et le coeur qui continue d'en faire des siennes. À quoi tu joues, Ismael ? « I've missed you so much. But... It's not even that. It's just that... God. » Le sourire revient. Les yeux qui brillent, alors que la sincérité déborde finalement de ses mots. Son esprit qui s'aligne à son instinct — hear me out, baby. « God, I'm so grateful that you found someone to help you get through this. » Et elle attend sûrement le but. Il ne vient pas, pourtant. Ne fait pas partie de son point. Pas cette fois. « When I left you at the hospital, you made me that promise, but... It was all so blurry. I couldn't see where we were going. Couldn't even see where I was going. I was afraid. Worried. For you, mostly. » Une inspiration légère. « But now that I see you... I'm so proud of you. Of the way you focused on your promise, and... And you did it, baby. » Le sourire, toujours là. Les yeux brillants d'une fierté qu'il ne voulait plus cacher, et qu'il laissait progressivement envelopper l'amour qu'il avait pour elle. « I know it's not over yet, you still have to keep on that way, but... » Une inspiration longue. Expirer, lentement. Et l'envie de s'approcher qui se fait de plus en plus forte. « Look at all the progress you've made. » Le sourire plus large que jamais. Besoin d'évacuer tout ça de son système. De crever l'abcès, et d'être plus sincère qu'il n'aurait jamais pu espérer pouvoir l'être. « You look awesome. And you look... Happy. » Les lèvres qui se pincent. Happy without me, yeah. But I can live with that. I can live with it, if it means you really are happy. « I can't kiss you to show you how glad I am to see you like this—and I won't do it, I promise—, but... » Le sourire, toujours. Et le haussement d'épaules léger. « I mean it. » Hochement de tête doux. « And I feel better now that I know that someone is really taking care of you. »

Reprendre la tasse de café, doucement. Dissuader ainsi les corps instinctifs de tout rapprochement. Sans cesser de sourire, tendrement. « Sorry, I... » Léger rire. « Well, looks like I'm finally losing it. » Secouer la tête, baisser les yeux. « But, seriously baby. » Se laisser une seconde de battement, avant de planter à nouveau ses prunelles dans les siennes. « As far as I'm concerned, you kept your promise. Now, it's just a matter of something you have to promise to yourself. » L'envie de s'approcher. L'envie de la prendre dans ses bras, et de ne plus la lâcher. De lui soupirer son amour dans le creux de l'oreille, et de s'excuser. Mais son corps ne bouge pas. Ses mains gardent la tasse posée sur le comptoir, et c'est à l'émail bouillant qu'il se raccroche finalement. « You stay focused on that. And everything'll be fine. » I can't be your goal, baby. I can't. You have to do this for you, you understand ? Otherwise, we will never let go.

Otherwise, I will never be able to let you go.

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MessageSujet: Re: sound of silence, (ismain)   Dim 14 Oct - 6:05

Et elle se dit que peut-être, ça sera facile. Peut-être que le pire est passé, que le temps parviendra à dissiper le malaise, et qu’ils pourront discuter comme ils savaient le faire. Présents dans la vie l’un de l’autre depuis si longtemps - il n’y avait personne que Rain connaissait mieux, et personne qui ne la connaissait mieux. We can talk, Ismael. We’re still friends. Même si l’amour vibre toujours, même si le coeur de Rain a envie de sortir de sa poitrine pour étreindre celui du musicien - même s’ils ne peuvent pas succomber à toutes les envies et les désirs qui passent dans leurs esprits, we can still talk. Right ? Un café, une conversation - Rain se raccroche à ça, garde une distance respectueuse entre eux. Essaie de se concentrer sur ses mots, et de ne pas laisser son regard vagabonder comme ses pensées. Elle s’accroche à sa tasse de café, comme si cette dernière lui permettait de ne pas s’écrouler. Ismael - il est si beau, les mèches folles qu’elle veut replacer, les lèvres qu’elle veut embrasser, les bras qu’elle veut retrouver. Mais Sarwan n’est pas loin dans ses pensées. Son pull juste là, posé sur les boîtes qui traînent, parti chercher du café. Il reviendra, bientôt - et Ismael devra repartir. That’s how it is, now. Et c’est difficile à accepter, autant qu’il le faut. Think about your promise. « So, yeah. Good. I am… Looking for a job. » Elle soulève la tasse, soufflant sur le liquide brûlant. Le coeur vibrant face aux paroles d’Ismael. Elle le connaît - elle peut comprendre que tout ne se passe pas aussi bien. « The tourist season is over now, so… Bars and restaurants are going back to their classics, y’know. Not much work for outsiders, or for those who don’t have a group to play with. » Elle acquiesce doucement, les traits adoucis par le souci qu’elle se fait. « It’s been a rough fall, but… I’m fine now. » Et malgré le sourire, elle sait que tout n’est pas aussi bien que ça - mais il veut la convaincre, il veut la rassurer. Ne veut pas l’embêter avec ses soucis - et Rain décide de ne pas insister. Tout son être hurle d’aller à sa rescousse, mais elle a peur des conséquences - peur de ce que ça signifique, peur de ce que ça fera. Elle cherche ses mots, espérant trouver quelque chose à dire - jouer entre les limites imposées par leur séparation, mais son lien si profond avec Ismael. Ne sait plus sur quel pied danser. Le coeur écorché par le silence entre eux. Is it killing you like it’s killing me ?

Mais c’est finalement Ismael qui reprend la parole, d’une voix si douce - revenant sur sa fierté à son égard. Et Rain lève les yeux vers lui, sourit à nouveau. La sincérité vibrante dans ses mots qui viennent ceuillir quelque chose profondément en dedans d’elle. « I’m really trying not to kiss you right now. » Le souffle se coupe dans sa gorge.

You -
What -
What ?


Cette fois, c’est une vague qui la prend par surprise - et ça se fracasse contre son corps. I’m really trying not to kiss you right now. Kiss you. Kiss you. Pendant un instant, elle se demande si elle n’a pas rêvé - si ce n’est pas une fantaisie inconsciente de ses pensées qui vient d’avoir une hallucination. Mais c’était si réel - et ses yeux ne se décrochent pas de ceux du musicien. Elle y voit le reflet de sa propre surprise, mais également celui de son coeur battant, de son amour infini et éternel envers celui qui lui fait face. Oh, baby. Baby. Don’t say that to me. « Ok, I know that sounds awful but... » Il lève les deux mains, comme en signe d’innocence, et Rain secoue la tête, le sourire nerveux qui se glisse sur ses lèvres. Son coeur qui bats si vite, si fort, qu’elle a l’impression qu’il va s’échapper de sa gorge. Oh, baby. « I’m sorry. I’m not very good at hiding it, so I thought… May as well tell you things as they are, y’know. » Et le sourire de Rain ne disparaît pas - s’attendrit, seulement. Elle le connaît, son Ismael. Depuis tout ce temps - jamais capable de supporter un malaise. Et elle réalise que ça devait juste arriver - que les abcès étaient toujours crevés, peu importe le temps que ça prenait. « It’s ok. » Elle acquiesce, presque le rouge aux joues, alors que son esprit ne fait que rejouer en boucle les mots prononcés. Kiss you. Kiss you. Elle a juste envie de lui dire, me too. Lui avouer qu’elle y pense depuis qu’elle a ouvert la porte, depuis qu’elle l’a vu là. Se jeter dans ses bras et retrouver ses lèvres. My love for you guides every step I take. Do you know that, baby ?

« I’ve missed you so much. But… It’s not even that. It’s just that… God. » Et elle serre la mâchoire, Rain. En essayant de ne pas se mettre à pleurer, devant tous les aveux qu’il lui fait. Devant les yeux brillants et le coeur ouvert sur la table. Son oreille glissant autour du baby qu’il prononce, qui vient happer son coeur. Mais ses larmes n’en font qu’à leur tête, remplissent ses yeux, remplissent son coeur qui n’a jamais battu aussi fort que maintenant, pour lui, juste pour lui. Comme il l’a toujours fait. Et elle pince des lèvres, presque à en avoir mal à joues. À mi-chemin entre le sourire et les sanglots. Profondément touchée, ébranlée au plus profond d’elle-même. Oh baby. « Sorry, I… Well, looks like I’m finally losing it. But seriously, baby. » Et son coeur s’effondre au fond de sa poitrine, à chaque fois qu’il le répète. Rain complètement bouche bée, la boule dans la gorge, ne sachant pas du tout où se placer - face à cet élan qu’elle a tellement envie de lui rendre. « As far as I’m concerned, you kept your promise. Now, it’s just a matter of something you have to promise to yourself. You stay focused on that. And everything’ll be fine. » Et elle n’arrive pas encore à sourire. Secouée, le coeur débordant de l’amour qu’elle ressent pour lui. Elle inspire profondément, essayant de reprendre pied, de trouver les mots - mais il n’y a qu’une chose qu’elle a envie de faire. Et elle s’en fiche - se fiche des conséquences, se fiche des règles. Baby. My baby.

Ses pieds avancent et la mènent auprès d’Ismael - et ses bras l’entourent, pour l’attirer à elle. Et elle se réfugie contre lui - entourée de ses bras, le nez dans son cou. Dans une étreinte qu’ils avaient si souvent partagés, et qui la faisait sentir si bien. Elle le serre contre lui, d’une force qu’elle n’a cette fois pas besoin de tant contrôler. Sachant qu’il peut prendre de sa force, et espérant qu’il la lise comme tous les mots qu’elle ne saurait prononcer. Elle ferme les yeux, Rain. Serre Ismael contre lui, sans le lâcher, sans le pouvoir. Just a little while, baby. Just you and me. Just let me hold you close. Just let me hold you against me. « I love you, baby. » Et elle n’y pense même pas - les mots s’échappent de ses lèvres, et elle ne les regrette pas. Ce n’est pas la séparation qui aura un quelconque effet sur ce qu’elle ressent pour lui - et elle ne cessera jamais de l’aimer. Never. Even if I can never kiss you again, I will still love you.

You’re a part of me. I’m a part of you.
I’ll always love you.


« I don’t know what else to say. » Elle a un petit rire, reniflant doucement. Sa main qui vient se déposer contre sa nuque, caressant légèrement les cheveux du bout des doigts. Don’t lose yourself, Rain. « Thank you. » C’est stupide, de le remercier - et pourtant elle ressent le besoin de le faire. Pour tout ce qu’il est, pour tout ce qu’il a dit. Et finalement, Rain se recule. Croise son regard, avec un petit sourire timide. Presque gêné, comme l’adolescente qu’il a pu connaître. Et elle se recule, sa main glissant le long de son bras, pour s’éloigner. Ne pas tenter le diable, non plus, malgré les mots prononcés. « My turn to feel a little silly. » Et elle a un petit rire, ses yeux éclatant des émotions chavirant son coeur. « I miss you too. I think about you all the time. I mean - all of this - I never could’ve done it if it wasn’t for you. I didn’t think I would ever feel strong again. And I just… » Elle hausse les épaules, reprenant appui sur le comptoir. Le café presque oublié - il attendra bien. « I want us both to be happy. You deserve it so much. All you’ve done… That took strength. You are taking care of me. You made a sacrifice, for both of us, for me… And I’ll be eternally grateful. » Le sourire doux qui se glisse sur ses lèvres. Le regard qui ne fuit plus autant, maintenant que l’abcès était crevé. « Just… look after yourself. Be careful. And if you need anything… I hope you know that I’m here, and that I’ll always be. » For anything, baby. I’ll be there. « And in the meanwhile, I promise I’ll hold on. I’ll keep working. For me. » Acquiescant doucement. For me, for you. For our past, for everything that never was, for everything that could still be.

For our love, baby.


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