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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
nous sommes présentement en automne 2017 (septembre, octobre, novembre) I love you
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 On avait dit pas les petits cancereux (Amon&Kaelig&Elie)

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newbie ○ take me to church
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MessageSujet: On avait dit pas les petits cancereux (Amon&Kaelig&Elie)   Lun 10 Sep - 16:26

J'ai l'impression d'être sous l'emprise de l'alcool. Une bonne grosse cuite qui s'en finit jamais mais j'ai l'arrière goût d'une peur atroce.

Une pulsation d'angoisse à travers la melasse de mon cerveau.

Chloroforme, chlore.

Une odeur de clou de girofle. J'aime pas ça.

J'essaie de bouger mais j'arrive à peine à soulever mes épaules. Putain. Pourquoi je bouge pas.

Vague d'angoisse.

Tentative à nouveau avortée.

Pourquoi je n'arrive pas à bouger ?

Mes yeux s'ouvrent sur la violence des néons et je les plisse avec l'espoir que ça atténuera la douleur lancinante qui me transperce la tête de part en part. On parle autour de moi. Y a trop de gens. Pourquoi y a tant de gens, putain ? Pourquoi ils peuvent pas la fermer ?

-VOS GUEULES PUTAIN !

Ricanement mauvais, décharge d'adrenaline.

Sobriété.

C'est fou comme on fait moins la maline quand on réalise que la pièce où on se trouve est vide et que les voix sont toujours là. Murmure et échos de voix incessants réverbérants dans le néant absolu.


On t'avait bien dit que tu te referais choper.
C'est ce qui arrive aux mauvaises filles, tu l'as bien cherché.



Je sens la détresse éclatée dans mon torse et irradier tous mes membres. J'veux me cacher, laissez-moi me cacher. J'veux pas qu'on me voit. J'ouvre à nouveau la bouche et je me débats dans mon lit comme un beau diable.

Pourquoi je peux pas me lever, qu'est-ce que je fous dans un lit d'hôpital ? J'arrive pas à me souvenir comment je suis arrivée là mais je suis attachée dans ce lit.


On va te ramener à la maison, avec le docteur.



-Non... Non.


Si, Si. Tu vas pas pouvoir t'enfuir.



-Non, non... Il va venir me chercher. Il a promis.

La voix de Kaelig s'impose, l'image aussi, l'odeur surtout. Elle me calme. Pas assez pour stopper la crise mais elle me donne l'illusion d'une échappatoire : mon téléphone. Il me faut mon téléphone. Où est mon téléphone ? Pourquoi j'ai pas ce putain de téléphone ? Je regarde partout dans la pièce et il est sur une table, ce connard. Il me nargue. Je suis sûre qu'ils l'ont fait exprès, de le poser là. Juste assez loin pour que je l'atteigne pas. Putain, j'veux envoyer un message à Kaelig. Je veux me casser d'ici.

Une infirmière entre, j'arrête de me débattre immédiatement. Je connais la musique, plus tu te débats plus t'as l'air folle. Elle me parle mais je suis parfaitement incapable de comprendre ce qu'elle me dit. J'essaie de faire genre que j'écoute pas mais tout mes sens sont tendus vers elle, vers ce qu'elle fait. Mes poignets me font mal.

-Je veux pas que mes bras soient attachés.

C'est tout ce que j'articule et la connasse me regarde avec cette pitié de merde. Tu crois que t'as tout compris, connasse ? Tu te trompes. Tu te trompes, t'entends ! Laisse moi partir, putain. Je me tends et m'arc-boute pour tenter de me défaire de mes liens, discrètos. Je contracte mon abdomen.

Mauvaise idée.

J'ai pas le temps de faire autre chose que de tourner la tête qu'une gerbe de bile et de sang, me brulant la gorge, s'expulse de ma bouche dans un gémissement souffreteux et surpris. Mon reflexe instinctif est de penser qu'ils m'ont empoisonnés et je m'apprête à le lui hurler dessus mais le cancer me revient.

Tout juste bonne à crever et même ça tu le fais pas bien, dis donc...



Je chasse la voix d'un mouvement de tête. Elle a pas tort et ça me fout l'âme en pièce.

***



Une peur plus tard
Quand est-ce que l'infirmière est partie... ? Quand est-ce qu'elle a été remplacé par un mec au sourire colgate ?

Il s'est passé combien de temps depuis la salle de chimio ? Est-ce que j'ai blessé des gens ? J'avais pourtant dit qu'il fallait me prévenir à l'avance pour les examens. C'était pas une option. Alors quand ils m'ont annoncés une prise de sang sans vraiment me laisser le choix...

C'est parti en couille. Je me rappelle d'une peur incontrôlable et d'un besoin de sortir – vital- j'ai besoin de sortir de cet endroit. Il m'étouffe. Il m'oppresse.

Et l'autre con, avec son sourire de publicité qui me regarde... Qu'est-ce qu'il me veut, putain ? Je tire sur mes liens assez forts pour les faire grincer – pour me faire mal, ok, les liens sont réels. Je veux mon portable. Je veux qu'on me sorte de là.

Kaelig, t'es où, putain ?

Et puis je vois le badge. Le putain de maudit badge. Mon poil se hérisse, mes yeux s'écarquillent et un rictus plein de detresse me traverse.

-haha...non. Non.non.non.non....hahaahahaha.

Je regarde ailleurs.

-Barrez-vous, j'vous parlerais pas. Plutôt crever, putain.
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: On avait dit pas les petits cancereux (Amon&Kaelig&Elie)   Jeu 27 Sep - 9:55




I'm trapped in my soul
knowing that i'm the one responsible
simply because i am trying to grow
In my soul and in my love


- LAISSEZ-MOI PASSER !!!
- Monsieur, vous n'avez pas le droit d'entrer ici... Monsieur !
- A-i face cuiva baie în ibric ! JE PASSE SI JE VEUX!
que je beugle à la face de l'infirmière effrayée.

La belette en blouse blanche couine et recule. Ses doigts gourds tentent d'attraper le combiné téléphonique pour prévenir la sécurité. C'est le répit espéré pour franchir ces foutues portes.

Voilà des heures qu'il me font poireauter loin Elehiel, prétextant que je ne suis pas de la famille pour prétendre l'accompagner dans les salles d’examens. Je suis la seule qui se présente là, putain de merde ! Bande de Jigodie ! Est-ce qu'une séance de rayons prend plus de six heures ? Prenez-moi bien pour un con, saloperie de voleurs assermentés ! Je le sens au fond de moi, l'urgence, l'angoisse, l’absence. Mes entrailles broyées dans un gantelet de fer. Elie est seule avec sa peur lui tenaillant le ventre et aucune main à tenir. Ça n’est pas la promesse dont nous avions convenue.

Pardonne-moi, Stea Mea,
ils m'empêchent de la tenir !

Où qu'ils te détiennent, quoi qu'ils te fassent subir, je vais te retrouver et te sortir de ce Balamuc ! Bande d'inhumains ! Pourritures de maimuta curentata ! Je vais les fumer ! Ils sauront qu'on ne tente pas de berner un Taur ! Je suis sûr que les prochains candidats au poste de maire seront ravis d'avoir une patate chaude à se renvoyer quand je ferais valoir que l’hôpital de Blackwater falls, qui reçoit une part de ses subventions de la ville, traite ses patients comme du bétail ! Et laisse les accompagnants confirent dans leur inquiétude, sans un mot, ni compassion. Zéro information !

Je traverse les couloirs comme un buffle furieux, manquant de renverser  le chariot d'un infirmier, bousculant une demoiselle en train d'observer un tableau de permanence.

- Où est est Elehiel Thatcher ! Que je gronde en l'attrapant par le bras.
- M... Monsieur ?
- OÙ ?
- Chambre 406, e.. elle est en consultation avec le docteur  El-ha....

Je n'entends pas la fin de sa phrase, je suis déjà en train de ruer. 403. 404. Pousse-toi connard !405. 406 ! J'ouvre la porte à la volée, irruption en fanfare :

- ELIE ! Je fonce vers le lit, lui prend son petit visage entre mes pognes épaisses. Tu n'as rien ? Qu’est-ce qu'il s’est passé ? Ils m'on tenu à l'écart pendant des heures ! Ils... Mon regard tombe sur ses poignets bleuis. Ma colère gonfle à nouveau les veines à mes tempes. ILS T'ONT ATTACHÉE CES FUMIERS ?! J'vais m'les faire....

Volte-face brutal, je remarque alors la présence discrète et pourtant tangible d'une tierce personne. J'écarquille les yeux, quelque peu déballonné par la découverte.

- Docteur El-hadji ? Que faites-vous ici ?
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djinn ○ heaven can wait
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MessageSujet: Re: On avait dit pas les petits cancereux (Amon&Kaelig&Elie)   Mer 3 Oct - 14:42

Je l'observe se débattre, étendue devant mes yeux. Petite âme enchaînée dans les carcans troubles d'une chambre d'hôpital. Les murs blancs oscillent entre la lumière et le morne, quand le soleil ne se joue pas de rendre ses traits plus maigres encore. Les sangles se veulent discrètes, ceintures qui lient la jeune femme au lit. Pour la protéger d'elle-même ? Peut-être. Piètre excuse lorsque l'on connait le carnage causé il y a quelques temps par cette dernière. Asmodée n'a pas lésiné sur les détails, mes collègues non plus. J'imagine qu'il ne s'agit là que d'une commodité de plus, un risque à endiguer. Je tente même de m'en persuader. Que c'est pour le mieux, pour cette victime de son propre corps.
Mais tout de même.
Même après tout ces siècles,
les entraves me répugnent toujours autant.

Assis dans un coin, près de la fenêtre, je me pose en spectateur. Arrivé sur place bien plus tôt qu'à l'accoutumée pour accomplir la requête de ce vieil ami dont j'ignorais une telle filiation.
Je regarde se dérouler le film tortueux que l'enfant débite de ses lèvres abîmées, de sa voix qui s'épanche des horreurs qui ne se passent que dans sa tête. Je suis impuissant face à ces yeux clos que je ne dois pas perturber, pas encore. Excuse-moi, pauvre petite.

Il a le coeur qui saigne encore, le bon docteur, peu importe les siècles.
L'émoi demeure mortifère.


Ce n'est que lorsqu'elle accepte enfin de reprendre conscience que je me dresse, m'approche, et sourit. Il est l'heure de commencer, de lui faire comprendre que je ne serais jamais du côté de ceux qui t'attacheront pour t'oublier, petite fille.

Ne crains rien, Elehiel. Tu n'es pas obligée de parler.

Sa réaction ne me surprend guère. Le contraire m'aurait étonné, si ce n'était par l'aspect d'un potentiel retour groggy à la réalité. Je cherche ses yeux fuyants, tente d'établir une connexion. Hors d'un espace dédié à cela, ce n'est jamais simple de faire accepter à un patient qu'il est en face d'un "médecin des fous." C'est pourquoi mon attitude se veut ouverte, douce et solaire. Car je ne veux en aucun cas te faire peur, moi.

Tu es en sécurité désormais, d'accord ? Je vais y veiller, ne t'inquiète de rien. Je m'appelle-

Ramdam dans le couloir. Mes mots sont coupés par des voix paniquées et des pas lourds. Je jugerai presque qu'une bête féroce approche en trombe, et c'est de mon regard surpris que je constate, une fois la porte fracassée, que je ne suis pas tout à fait loin de la vérité. Léger sursaut, face au colosse. Géant familier, qui m'arrache une ombre de sourire. Un taureau dans l'hôpital, ce n'est pas banal.

Croisant les bras, j'attends, observant. L'homme s'effrite face à la petite et c'est ce qui me décide à rester sage, les séparer serait d'une cruauté affligeante. Ce n'est que lorsque mon nom résonne que mon sourire s'agrandit.

... Bonjour, Kaelig. Heureux de constater que vous avez l'air en forme. Tête sur le côté, léger salut d'une main, je fais allègrement dans l'espièglerie. Sa carapace a cédée à sa panique, c'en est touchant au possible. Et il me semble que la réponse est dans votre question...

"Docteur", ça sonne comme l'évidence, après tout. Je me rapproche, prenant part au tableau. J'ignore encore la nature de leur relation mais une chose est certaine, je ne suis pas ici pour rien. D'un ton plus posé, je me dois d'éclaircir la situation, tandis que mes yeux naviguent de l'un à l'autre.

J'ai été chargé personnellement de m'occuper de mademoiselle Thatcher, sur le plan psychique, du moins. Nous venons tout juste de nous rencontrer.

Je ne pourrais qu'alléger les choses qui envahissent l'esprit de cette jeune femme. Je ne puis prétendre à autre chose de l'apaiser de toutes mes forces. Et ce même si je dois user de mes bonnes vieilles méthodes de mange-douleur...

J'ignorais que vous vous connaissiez. Cette ville est décidément minuscule...

Le ton se pare d'un léger rire, mais prend une tournure plus personnelle. Coup d'oeil vers les les liens, vers les chaînes psychologiques, vers les souffrances accumulées par la peine. Restriction inutile. Je n'en veux pas. Ce n'est pas ainsi que fonctionnera l'humanité.

Quant aux sangles, je partage votre point de vue. Je serais même d'avis que nous les retirions, ce sera bien plus propice à la discussion. Qu'en pensez-vous ?

C'est un contrat tacite. Tu es invité à rester, jeune Kaelig. Parce que je sais que vu ta façon de la regarder, tu ne comptes pas la laisser seule dans cette épreuve.
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MessageSujet: Re: On avait dit pas les petits cancereux (Amon&Kaelig&Elie)   Ven 5 Oct - 14:03

Ne crains rien, Elehiel. Tu n'es pas obligée de parler.

La voix douce se mue en un murmure terrible, un bruissotement ahanant qui m'asphyxie à petit feu. Je sers les machoires, tentant d'encaisser les mots que j'ai entendu milles fois. La vieille rengaine qu'on ne peut jamais croire. L'homme au sourire colgate est un psychiatre. L'homme dans ma chambre a le pouvoir mortifère d'un supposé savoir au bout des lèvres.
Il est dangereux.

il va te faire du mal



-Je sais, je sais...

Je n'arrive pas à m'empecher de le murmurer, tout bas. Je sais qu'il m'entend et mon visage se tord dans une grimace mécontente. C'est les siens qui m'ont rendus comme ça. Abattant successivement les vagues pestiférées de médicaments vains sur ma psyché d'enfant. J'ai jamais dit que la vérité.

Aucun de tiens ne m'a crue et je n'ai plus que de la haine pour les gens de cette profession.

Tu es en sécurité désormais, d'accord ?

Éclats de rire incontrôlés, mouvement de tête vers le « bon » docteur, regard assassins.

-C'est ça, ouais.

Et soudain, un troupeau de sabots et de cris envahissent la pièce. J'essaie de me boucher les oreilles de mes mains mais n'accueille que la douleur des liens qui les retiennent sournoisement. Je grogne et tire de plus belle, la douleur s'intensifie. Je veux qu'on cesse de m'entraver sans arrêt. Je suis déjà à terre, bordel ! Déjà presque morte ! Je m'acharne sur mes liens comme ça m'est arrivé si souvent. Je sais qu'à un moment donné ça sera aussi douloureux qu'une brûlure mais l'immobilisme me met l'esprit en charpie. J'ai la sensation d'être dans une pièce qui s’agrandit et rétrécie à la fois.

La porte s'ouvre à la volée et m'oblige à tourner vers elle de grands yeux terrifiés.

- ELIE !

La voix m'electrise aussitôt. Je me redresse avant de sentir la douleur naissante de mon abdomen me ficeler et m'arnacher au matelas. Tu es là. Tu es là ! J'ai cru que tu viendrais jamais.

-Kaelig ! Kaelig, tu -

Tu n'as rien ? Qu’est-ce qu'il s’est passé ? Ils m'on tenu à l'écart pendant des heures ! Ils...

Il parle, il parle et parle encore. Les mots emplissent mon crâne à une vitesse folle, le débordent comme un torrent remplirait une petite tasse de dinette. J'ouvre la bouche et presse tête contre ses mains. Kaelig, je veux partir, je veux partir. Laisse moi parler. J'arrive pas à parler, tu prends tout l'espace de ma tête. Puis le son s'arrête d'un coup, quelques secondes à peine et elles me semblent durer une éternité. Mes yeux ne voient plus, je sens simplement tes mains avec la puissance et la netteté de la vision de l'aigle. Je sens son odeur avec la précision d'une langue de gourmet. Je perds la notion du temps. J'ai la sensation que des heures se sont écoulées et je n'arrive toujours pas à parler.

ILS T'ONT ATTACHÉE CES FUMIERS ?! J'vais m'les faire....

Le cris me cueille en plein dans les tripes. Mes yeux s'ouvrent et se fixe sur le visage de Kaelig, déformé par la colère et pire encore, je le regarde se transformer jusqu'à atteindre des proportions grotesques. L'épouvante lance l'abordage et m'envahit en une fraction de seconde. Tout mon corps se tend, s'enfonce dans le matelats et tire sur les liens onnis pour me tenir le plus loin de la version cauchemardesque de mon âme sœur. Il se détourne et je ne fais pas un bruit, mes yeux brulants de larmes continuent de le fixer avec une terreur d'enfant. Pourquoi est-ce qu'il crie ? Je n'ai rien fait. J'ai envie de supplier encore et encore de ne pas m'en vouloir mais rien ne sort. Pas le moindre son.
Et puis le pire arrive.

- Docteur El-hadji ? Que faites-vous ici ?

Mes yeux s'écarquillent et passent de l'un à l'autre avec une terreur qui s'amplifie au fur et à mesure que l'homme au sourire colgate parle.

Ils se connaissent. Ils t'ont piégés.
Tu as été bien conne.
Tu vois bien que c'était pas possible.


Ils se connaissent. Je secoue la tête vivement alors que je regarde le docteur s'approcher. Je m'acharne sur mes liens et m'éloigne le plus possible de l'horrible personne. Chaque millimètre compte. C'est une infinité de seconde en plus avant le contact que je refuse.

J'ai été chargé personnellement de m'occuper de mademoiselle Thatcher, sur le plan psychique, du moins. Nous venons tout juste de nous rencontrer.

-nonnonnonnonnonnonnonnonnon....

Des soubresauts d'angoisses envahissent chaque centimètre de mes poumons en respirations furtives et traîtresse. Je ne veux pas qu'il s'approche. Je lance une œillade suppliante à Kaelig.

Et les yeux de Kaelig remplissent mon champs de vision. L'angoisse reflue en crachant et feulant jusqu'à une limite symbolique. Mon regard s'y attache avec une dévotion quasi religieuse. Tu es mon point d'ancrage à la réalité, mon cœur. Tu as promis et j'ai dit que je te croyais. Je ne mens pas, je ne mentirais pas. Pas là-dessus. Je grimace un peu.

L'adrénaline disparaît doucement de mes veines et sans elles, je ressens intensément la brulures des liens sur ma chair, les petites griffes pointues de la chimio. Je retiens un haut le cœur. J'ouvre la main vers celle de Kaelig. Je ne le quitte pas un instant du regard.

-Je veux partir. Kaelig, on part ? Je veux rentrer. A la maison. Loin d'ici. S'il te plait ?

La question est hésitante. Je lance un coup d'oeil au docteur qui sourit toujours et j'ai très envie de lui faire comprendre que son sourire est affreux. Je reste silencieuse.

Quant aux sangles, je partage votre point de vue. Je serais même d'avis que nous les retirions, ce sera bien plus propice à la discussion. Qu'en pensez-vous ? 

-Vous m'approchez pas. Même pas en rêve. Allez vous en. J'ai pas besoin de vous ou de qui que ce soit de votre profession merdique ! Je me barre d'ici !

En eructant ça, je sens le regard de Kaelig. Je baisse un peu les yeux. Je ne sais pas ce qu'il pense mais j'ai soudainement honte de ressentir autant de haine alors qu'il est là. Je regarde Kaelig, les yeux brillants de larmes.

-Je veux juste rentrer, d'accord ?

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On avait dit pas les petits cancereux (Amon&Kaelig&Elie)

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