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 2XGM || ft. Gabriel

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MessageSujet: Re: 2XGM || ft. Gabriel   Ven 5 Oct - 13:14


Les craintes qui se réalisent.

Le discours qui s'écoule et que j'écoute alors que t'es plus là. Voici le pourquoi du comment, Gabriel. Entend que t'as été une punition. Je reste là où j'avais pu te trouver. Fixe et sur le point de m'abattre. Y'a des lames, dans tes mots. Et chacun m'effiloche, me foutent à nu. Regarde le vieux frère qui te dit que tes instincts étaient fondés, que la fin aurait pu être proche. Je...

Il n'est plus capable de penser. Juste d'encaisser. De comprendre qu'il a été un moyen de torture plus efficace que n'importe quel autre. Qu'il était le clou final dans un cercueil terrible. Et ça le fait suffoquer sur l'instant, alors qu'il ne bouge pas. Qu'il n'a été qu'une donnée et bien plus encore. Que son nom, son souvenir, a été associé à une absence bien plus terrible. Alors il ne sait plus penser. Il n'y a plus qu'une carcasse trop grande, visiblement vide de toute émotion à cet instant, face à un corps qui conte une histoire qu'il a bien pu réclamer, le cadavre ambulant. Plus tant que ça, tant la stature reste droite, qu'il semble sur le point de rentrer sur le ring. Comme s'il était à se vider l'esprit alors qu'en fait, c'est tout le contraire. C'est un vide qui se fait assassiner à grand coup de tout. Chaque mot, chaque PUTAIN DE MOT est une violence en plus, une cicatrice dans l'esprit qui se grave plus amplement. Alors, finalement, au bout d'un temps, il baisse les yeux et la tête. Il se regarde lui-même. Lui et sa viande qu'il se dit souvent dépassé dans la date de consommation maximale. Lui et ce corps qu'il faisait encore tenir debout pour bien des raisons. Y'a Vesper qui lui murmure dans le creux de l'oreille qu'il a pas intérêt à disparaître. Qu'elle aussi, elle voulait une famille. Et il se souvient que lui, il en aurait voulu une. Que la seule qu'il n'ait jamais eu, jusqu'à sa propre fille... Que la seule est en train de lui dire que c'était le meilleur moyen de se punir, que son existence même. Et il se demande, sincèrement, quelle est la différence entre hier et aujourd'hui ?

Il se demande, oui.
Qui dit que demain sera ?

Les mots sont morts dans le carnage de la scène qui se découle. À croire que j'ai trop parlé auparavant, que t'as aspiré tout ceux que j'aurais pu faire naître pour pouvoir aller jusqu'au bout de nos dix ans séparés. Et alors que tu te perds dans des gestes, je reste foutrement trop immobile. Moi aussi, j'ai été longtemps comme mort. Je sais plus quoi dire. Je sais même plus agencer mes pensées. Y'a juste un truc immense qui s'est creusé tout entier en moi. Un truc immense qui me foudroie sur place. Une espèce de gangrène qui vient de me choper l'être et de le pourrir instantanément. Je crois qu'on est à ce qu'on appelle un carrefour de nos vies. Où les dix années sans l'un et l'autre nous disent que c'est le moment de la séparation dans le fond. Ou tout son contraire. Y'a deux chemins distincts. Et j'entame le premier pas, alors que ta voix se fait si faible. Va te faire foutre Selen, putain. Si t'as cru que j'allais me baisser, c'est mort !

Lève-toi. Une main qui vient te prendre par un bras, pour te forcer à suivre le mouvement, les prunelles plantées dans les tiennes. Redis-moi que c'est de ta faute, vas-y. Regard dans le tien. Sommation qui n'est pas une invitation. Dis-le en me regardant dans les yeux.

Colère qui gronde dans chaque partie de ce corps qu'est le mien. Et le silence qui s'installe alors que je te fixe plus que jamais. Sage décision. Si t'avais osé, t'aurais pris un coup dans la gueule, directement. Sans plus aucune délicatesse quelconque, sans plus aucune retenue. Un coup franc d'un homme blessé des conneries des autres et de celles qui ne devraient jamais être pensées. Alors je te regarde avec la mâchoire contractée, les mains qui se sont agrippées à ton col.

C'était qu'un putain de discours hypocrite. Ca vibre, dans ma voix. J'ai mal, bordel. Tu te crois coupable ?? Mais putain, Selen, tu l'as toujours aimé à en crever cette gamine et on sait très bien que si t'avais pu donner ta vie contre la sienne, tu l'aurais fait. T'es le genre de mec qui va se noyer en enfer pour ramener l'autre et sans te retourner à la dernière seconde. Alors putain, arrête avec ce genre de soupe de merde que tu t'es servi pendant plus de dix ans ! Les doigts qui resserrent leur prise, les jointures qui palissent à vue d'oeil. Y'a quoi qui a changé, hein ?? Chiale pas, Gabriel. Absolument rien !!! Peine qui éclate dans cette voix qui prend un degré de plus. ABSOLUMENT RIEN, SELEN !! Elle est toujours morte. Le mec aussi. Le monde entier va mourir. JE REFUSE ! Les nerfs qui craquent, un peu. Je refuse... La fragilité qui reprend tout ses droits. J'aurais dû être là... J'aurais dû arrêter l'armée, revenir pour vous... Bouche tremblante, air perdu. Moi aussi, je me répète ça depuis dix ans... Et ça n'a jamais rien changé... Les mains qui consentent enfin à quitter le col, pour se perdre sur le cou, offrir une chaleur que la profonde tristesse entretient si bien. ... Pardon... Je... Je sais plus ce que je dis, Selen... Je veux pas... Je... C'est la douleur qui s'exprime à ma place, dans des coups de colère qui ne ressemble qu'à elle. Je t'aime... Et c'est des larmes qui viennent cette fois fendre les joues. Je... Je suis fatigué, Selen. Je crois que... Je me hais depuis... Tellement longtemps... Que je suis incapable... D'entendre la même chose chez toi... Déglutition difficile. Sel', tu... Tu te rends pas compte. Malgré tout ce que tu peux te dire, Selen... T'es la plus belle chose qui a pu nous arriver... Sanglot dans la trachée encore. Et si je devais crever demain... Je pourrais au moins... Emporter ça avec moi... Je... Je suis sûr... On a mal. Que c'était... La même chose... Pour elle... Selen... Elle t'aimera... À jamais... Je vois plus la lumière, à cet instant. Para... Siempre... Je t'aime... Los ángeles son sólo amor... Pardon, pardon... N'abandonne... Pas... Je t'en... Supplie... Reste, Selen.

Para siempre...


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MessageSujet: Re: 2XGM || ft. Gabriel   Ven 5 Oct - 14:10

Non.
Non.
Pas ces yeux-là.
Je t'en supplie Gabriel.
Pas ces yeux-là, que je redoutais, pas ces yeux-là qui fondent en moi et me pousse à virer la fumée.


Tu m'as laissé terminer. T'as laissé tout les mots s'échapper pour venir frapper dans les tiens, créer ce putain d'écho qui nous vrille, cette cacophonie du mal. Elle nous emporte. Toi, moi, le monde. Elle te prend à la chair, te fait bouillir de cette colère qui me foudroie. J'aurais dû me taire, tu vois. J'aurais dû continuer ce manège de ces quarante-neuf foutues années, de ces milliards d'heures que je sais plus compter. Mentir, ça fait perdre la notion du temps, chéri.

Tu hurles de ta bouche close, de tes doigts qui se retiennent de me frapper. Et je t'en voudrais même pas de t’exécuter. J'ai les pensées en vrac Gabriel, j'ai le monde qui s'écroule sous moi. Et tes mains, sur mon col, tes mots, ta hargne, ta douleur.

Tout ça j'en suis l'auteur.
Et tu vois, amour, je suis capable que de faire souffrir.

Tu te romps. Tu cries. Tu pleures. Toi.
Nouveau poing dans le creux de mon ventre, de mon coeur, de ma salive qui remonte encore. Pas qu'elle. Les larmes aussi. Les larmes surtout.

J'suis la bouteille vide qu'on jette à la mer, le message est resté sur la rive. Je défile dans l'eau tandis que tu m'attends. Mais je suis plus rien. Je suis plus rien, vidé du reste, vidé du passé que je viens de vomir.
J'attends que toi pour me remplir de tes paroles, des choses que tu as gardé trop longtemps, des choses que j'ai tue pendant les affres des barreaux.
Et je t'aperçois, de l'autre côté de l'océan. Y'a le tien, qui glisse sur tes sillons creusés. Et c'est douloureux.
Et c'est horrible.
Et c'est la vérité qui coule hors de nous, comme un trop plein. Comme un point de non retour.

Tu dis que ça change rien. Mais moi, je sais que si.
Je sais que ce moment précis, quelque chose s'est transformé. Qu'on ne sera plus ces chiens muselés, qui ne s'exprime qu'à demi-mot, au regard trop chargé. Je t'aime, on se l'est déjà tellement dit, après tout. C'est la première fois qu'on l'exprime aussi fort.

Et ça, c'est peut-être trop pour le corps. Il vacille, s'étiole, bouffi par la peur et la condition d'Homme faible. Mais le tien contre le mien endigue un peu les symptômes qui reprennent, qui oscillent, panique dans l'angoisse, panique dans l'esprit, panique partout mais surtout plus dans tes bras, sous le flot que tu déverses sur moi.

Je veux me noyer de toi, mon amour.
Remplis mes yeux, mon coeur, mes poumons, ma gorge, remplis les à ras-bords, étouffe-les, ceux qui m'empêchent de te respirer.
J'étouffe, Gabriel.
Mais ça me va, si c'est de toi.
Laisse moi ton souffle, laisse moi m'envoler avec toi.

Laisse-moi les faire résonner, ces mots dans l'air, que je suis puisse m'en gorger.

J'abandonne... plus j-je... putain Gab... Te hais pas... Te hais pas... C'est pas... Ça n'a jamais été de ta faute... J't'interdis d'penser ça putain... Je me sens libre. Libre de te serrer, de t'aimer, de sentir sous mes mains les cicatrices qui brûlent encore mais que je me jure de refermer. Ton dos, je le saisis, je m'y jette, contre ce corps, contre ton âme. Je ne veux plus. Je ne veux plus jamais penser à les séparer. Je me serre au plus profond, Gabriel. Mes bras, ma peau, ton cou, toi. Plus qu'un. Plus qu'un, comme ça aurait toujours dû l'être.
J'ai besoin de toi... Je... Reste... J'te quitterai plus jamais... Serment qui balbutie, hoquète. Je ne réfléchis plus. Ca fait longtemps que j'ai cessé d'arrêter. J'ai laissé ma raison derrière la porte d'entrée.
M'abandonne pas... pars pas... reste... reste avec moi... Une main se décolle, se prend dans tes cheveux blancs, que j'empoigne sans ménagement. Toi contre moi. Toi contre moi, et si on tombe, ce sera ensemble.
J't'aime... Je t'aime Gabriel... J't'aime tellement... Et je le repète, en boucle, car ça ne sera jamais assez, car ça supporte le poids des années. Je serais jamais fatigué de ça. Même ma dernière minute y sera consacrée. Je t'aime, Gabriel, c'est un fait, ça fait parti de tout, comme la couleur de mes yeux, c'est un morceau de moi que j'amputerai jamais.

J'ai le souffle court. Besoin de ma dose. Je t'embrasse à nouveau, en manque, presque drogué. Junkie de tes baisers. Je veux te rassurer, amour, je veux te le dire, que ce nouveau chemin, on l'empruntera, que les tortures ont cessé, que les cris et les nuits sans sommeil, on sera deux à les châtier.
T'es... mon ange t'es... tu seras toujours... ma lumière...
Et plus encore. Le monde, sans toi, n'a pas de raison d'être.
J'peux pas vivre sans toi... J'pourrais jamais... Je meurs si t'es pas là... me lâche pas... Jamais... Jamais...
J'ouvre les vannes, plus encore. Les sanglots ne font que se répondre, écho aux tiens, ponctuer les phrases qui n'expriment même pas un quart de ce que je ressens. Je sais même plus où je suis. La ville. Le lieu. Le temps. Tout ça, ça n'a pas d'importance. Y'a que toi. Toi, et ta chaleur. Toi et tes joues que j'embrasse, toi et ton visage que je tiens si fermement que je pourrais le briser. Et tes yeux, tes yeux Gabriel. J'en suis tombé amoureux en premier.
Je veux... passer le reste de ma vie avec toi...

Je t'aime, te quiero.
Pour toujours, para siempre.
Peu importe la langue,
Les amoureux ne tomberont plus.

Ils ont trouvé le moyen d'échapper au vide.
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MessageSujet: Re: 2XGM || ft. Gabriel   Lun 8 Oct - 3:41


Tu te raccroches à moi, là où je me suis échoué en plein dans le sable, incapable d'exprimer ce que j'aimerais te dire dans le fond. Juste que je veux pas que tu te détruites comme ça, Selen. Et j'ai eu beau tenter, les mots se sont fracassés avec moi sans parvenir à trouver leur destinataire, j'ai pas su dire ce que je voulais et je te relâche enfin le col pour juste te prendre entre mes bras quand les tiens m'entourent le dos, qu'ils peuvent sentir le terrain miné que c'est devenu, le champ de guerre empreint d'un trop plein de souvenirs qui me détériorent encore et encore. Pardon, je crois que j'ai laissé un bout de Gabriel là-bas... Selen... Y'a juste moi qui aimerais te garder là, au plus près, à te dire que je suis désolé encore, parce que j'ai pas su. Pas pu dire ce que je voulais, que j'ai cette rage qui me bouillonne en-dedans et que je sais pas comment l'outrepasser, comment la tendresse peut s'écouler sans se diluer dedans. Je pars pas, je partirais plus jamais... Je réponds à tes échos fiévreux, la voix en berne encore, qui reprend à peine plus d'assurance pour tenter de te rassurer, de te faire comprendre que c'est terminé, ce temps où tu devais faire ta vie sans moi, où je devais faire la mienne sans toi. C'est terminé, ces deux groupes de un. Je t'aime aussi, tellement putain... Y'a mon regard planté dans le tien, ce souffle à l'agonie, ses sanglots qui me noient la gorge, tes lèvres qui reviennent à ma rescousse, qui me repêche, m'éloigne des eaux agitées pour quelque chose de bien plus doux, là où on dira pas se tuer la gueule en tombant du maudit rafiot. Ou peut-être qu'on s'abandonne pour de bon à la noyade, qu'on se laisse couler à deux pour toujours. Dans tous les cas, je m'en fous.

Je te serre au mieux contre moi, tu me parais de nouveau si petit à cet instant, comme quand on était gosses, comme quand on avait passé l'âge de ce genre d'émois, qu'on se disait trop bien pour ça, que l'adolescence était trop particulière pour qu'on sache faire avec. Trop de secrets qu'on devait garder sous clefs. Je me perds de nouveau dans le dédale qu'est ta personne entière. Celle qui m'a manqué pendant plus de dix ans. Je mentirais encore si je disais que c'était pas grave, que je m'y faisais. Jamais, amor, jamais... Je répète à ma manière, réponds dans le même écho de celui qui a trop besoin de le dire aussi. Cette promesse actée au travers des mots, suffit d'un seul parfois qu'on qu'on se comprenne entièrement. Au fond, ça fait du bien Selen, pas vrai ? De voir l'autre en train de se battre contre les remous, gagner soudainement face à l'horreur. Alors finalement les pognes remontent pour venir s'écraser contre tes joues à toi aussi, pour effacer le carnage que j'ai bien pu créer. Pardon... Et je t'embrasse le recoin d'une paupière, les lèvres qui restent là quelques instants, qui se gorgent dans la pulpe de tout ce qui peut bien encore sortir de sous le rideau de chair fermé. Perdóname... J'inspire et recule à peine, doucement, viens te baiser le front, me perdre contre ta peau quelques instants. Je suis désolé... C'était pas... Pas ce que je voulais dire... Et je ferme les yeux à mon tour, continue de te garder-là, soufflant au mieux, avant de revenir t'entourer de ma présence entière, que mes mains ne se décident à te soulever après s'être glissée à l'arrière des cuisses, à t'inciter à t'accrocher. Et je te regarde alors que tu me dépasses désormais, parce que tu foules plus la terre. Et j'ai ce regard de celui qui promets tout, je le sais bien.

Te quiero. C'est dit sans plus aucune hésitation, avant de tendre le cou pour t'embrasser de nouveau, avant de bouger de quelques pas vers la chambre, porte poussée du bout du pied. Concentration donnée parce que j'use mes forces, pour pouvoir nous déposer dans le lit, parce que j'étais plus très loin de m'écrouler à cause de tout ça. Plus habitué aux émotions que je suis, absolument plus même. Et je me cale contre toi ou c'est le contraire, je sais pas trop. Peut-être que c'est juste moi qui t'invite à rester là, contre moi, les jambes entremêlées désormais, comme si on était revenu trente ans en arrière, visage posé contre le lit à te regarder alors que les doigts viennent chasser les mèches qui m'entravent la vue. Selen... Y'a tes mots qui résonnent dans ma tête et tu me connais, je suis pas le type le plus romantique qui soit. Mais à cet instant précis, j'avoue que j'hésite. Entre te demander là comme ça, sans me soucier que ça fait bien onze ans que j'ai pas pu te voir. Sans m'en faire que ça fasse même pas une heure que t'es là, que nos vies ont pris des tournants que j'aurais jamais imaginé y'en a deux de ça. Tu sais, après tout, ça fait quarante-deux ans cette année qu'on se connaît alors je m'en fous pas mal de tout ça. Reste ici... C'est pas exactement ce que je voulais dire. Parce que peut-être que finalement, j'ai envie de plus que nos joues trempées encore à moitié pour te demander le truc qui scellera à jamais nos vies. Je peux que laisser mes empreintes continuer à se poser sur tes mèches, à les caresser. Ce soir... Demain... Autant que tu voudras... Et je déglutis. Ou je pourrais aussi venir où tu crèches... Pouce qui vient sur ta peau, sur une pommette contre laquelle j'ai le droit de me perdre désormais. J'en sais rien... Mais je veux plus... Je veux plus savoir non plus ce que c'est, de vivre sans toi à mes côtés... Je saurais plus faire...
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MessageSujet: Re: 2XGM || ft. Gabriel   Mer 17 Oct - 20:47

Tu me demandes de te pardonner, Amour,
Mais je ne peux pas.
Il faudrait une faute, pour que je puisse faire ça.
Or, je ne vois plus aucun coupable ici-bas.
Parce qu'ils n'existent tout simplement pas.
C'est la naissance du monde, ce soir.
Et nous sommes là pour le voir.


Je perds pied, pour le meilleur. C'est une longue chute, filmée au ralenti, grisante et délicate. Je tombe, pour mieux déployer ces ailes trouées, que tu recolles de tes mots. De ta présence. De ta chaleur. De toi, Gabriel, jusqu'aux confins du réel, du vrai, du Sacré. Gabriel, pour toujours, para siempre. Y'a l'évidence qui jubile dans ma bouche alors qu'elle se couvre de baisers, des tiens, des miens mélangés. Paroles et promesses échangées entre les lèvres, les bras qui se tiennent, se retiennent de partir là où la peur gît encore un peu. Où on finit par la terrasser, à coups de nous. Je soupire contre toi. Je bouge, contre toi. Mes mains t'agrippe, mes mains te serrent, mes mains si rouges et trop sincères qui se gorgent de tes muscles qui se contractent. Je t'aime. Soufflé, pas d'hésitation non plus. Répété inlassablement, cycle intempestif que l'on cloue pour prouver au monde que Nous sommes là. Plus de toi. Plus de moi. Juste Nous ou rien. Rien ne saura plus jamais vrai que cela. Rien ne me définira plus que cela. Je t'aime... et j'en meurs de bonheur, putain.

Je te laisse tout. Mon âme et mon corps, pour ce qu'il en reste. Je sais qu'entre tes mains, tout sera en lieu sûr, que tu sauras quoi en faire. Car tu es le seul à me connaître, Amour. Des bas jusqu'au creux des vagues les plus denses, des moments de joie jusqu'aux peines intenses. Tu me connais peut-être même mieux que moi-même. Tu me l'a déjà prouvé. Dans notre jeunesse. Avec tes simili conseils d'aîné d'un an, ta posture de géant face au soleil. Ton ombre portée, j'aimais m'y lover, quelque chose de doux s'en dégageait. Quand t'es parti, Gabriel, j'ai cramé sous l'astre. Je n'étais qu'une petite lune qui avait perdu sa gravité, qui dérivait désespérément en se cognant de planètes en trous noirs.

Tu m'empoignes et j'en souris. C'est comme si j'étais plus maître, que je t'avais passé les manettes, pour le meilleur, encore, toujours, le pire est relégué aux jeux du Mal qui a quitté ce lieu. Je me redresse, t'agrippes, me nourris de ce que tu me donnes. Chaleur. Vie. Parcelles d'intensité qui retombe en pluie quand j’atterris sur le lit, sous toi. Je souris, Gabriel, parce que je ne sais plus comment faire autrement. Tu viens de calmer les démons que je tiens en laisse, t'as presque coupé leurs liens pour leur ouvrir la porte vers la liberté. Qu'ils m'abandonnent, enfin, puisque je n'ai besoin que d'un Ange.

Tu me demandes de rester. Rire qui naît, imperceptible, rauque dans la gorge détendue. Pardon Amour, plus vraiment l'habitude. Mais ça le deviendra, avec toi.. Je ris un peu, parce que franchement, le contraire ne m'a même pas effleuré l'esprit. T'en fais plus pour ça. Je bifurque un peu, pour qu'on puisse se retrouver tout les deux sur le matelas, à se dévorer du regard, chargé de tout. Allongé sur mon flanc, je t'observe, t'écoute, mon sourire grandit comme ce monde que l'on construit.

Si c'est d'mandé avec ces yeux-là... Ok.

Ma main glisse dans ta nuque, mon front rejoint le tien. Caresse du pouce contre la peau marquée, pointe du nez qui frôle son homologue. Il n'y aura plus que des murmures, à présent. Solennels et imposants. Ce sont mes serments, Gabriel, que tu seras à jamais les seuls à entendre.

J'serai là où tu seras. Faudra toutes les forces du monde pour m'arracher à toi et j'crois que même ça, ce sera jamais suffisant. Alors peu importe, ici ou au motel... ça peut même être en enfer, si c'est avec toi. Jamais j'te laisserai, jamais je partirai, parce que moi non plus... je sais déjà plus comment c'est, d'être sans toi. Et je veux plus savoir à nouveau... Plus jamais, Gab...

Drôle comme entre nous, Toujours rime avec Jamais. Paradoxes entrelacés qui se donnent eux aussi pour faire comprendre qu'il y a certaines vies qui ont besoin de se rejoindre. En dépit de tout. En dépit des autres. En dépit des Nous d'antan, ces sales petits cons aveugles et indécis.

Mais qui peut vraiment les blâmer, au fond ?
Gabriel Rodríguez et Selen Mehrmann n'étaient que des petites frappes, dans l'ancien monde.
Des étoiles qui ont filé trop tôt dans des cieux qu'ils n'avaient pas vraiment choisi.

Je roule un peu, le dos contre le lit, les yeux qui virent un peu vers le plafond comme s'ils souhaitaient le crever. En réalité, ils ne font que ressasser les morceaux de souvenirs, et les pensées qui glissent, hors de ma bouche, comme elles viennent. Spontanées comme jamais. Comme toujours.

T'sais... j'l'ai souvent rêvé, c'moment-là. Un nombre incalculable de fois. Les yeux se tournent à nouveau vers toi. Accros. Drogués. J'me suis imaginé que je t'avouais tout... que j'arrivais à tout te balancer comme ce soir. Y'avait pleins de scénarios possibles... des fadaises de gosse un peu trop bourré parfois... mais dans ma tête, c'était comme un fil d'histoire que j'reprenais pour m'endormir et rêver encore.

Un rire, à nouveau, qui luit. C'est comme des brins d'innocence que je te livre là, sous les sceaux de secrets que personne ne sait.

Et je...

Le bleu dans le brun, le ciel dans la terre. Sourire emprunt d'un peu de timidité, un peu tordu, un peu égaré, il ne sait pas où se placer, Selen, à nu devant ses myriades de songes.

Je sais pas si... j'ai déjà imaginé mieux que ce qui s'est passé, là. C'est même... impossible, j'crois bien.

La douleur des vérités n'ont fait que du bien. Je me suis dévoilé entièrement à toi. La pensée s'imprime, et les rougeurs se placent, les garces. Merde, j'ai passé l'âge de ça, non ? Pas vraiment, on dirait. Mais ça me fait marrer, presque. De me dire qu'au fond, j'ai pas tant changé. Que t'arrive encore à me foutre dans des états uniques, parce que t'es juste toi, parce que j'attends tes paroles, tes retours et désormais tes douceurs. Une main revient, enclenche ces dernières, encadre ton visage, touche quelques mèches qui retombent, se fondent un peu dans les miennes trop longues.
Les mots fleuves coulent encore.

... Je sais même plus quel âge j'ai, c'soir. J'sais même plus où on est... Tu sais, toi ? Moi j'suis paumé mais heureux, c'tout c'que j'sais !

Rire, comme de raison, encore. Il résonne en déraison, dévoile les plus vieux trésors. Regarde, Amour, je ne suis pas mort !

... La taule m'a pas coupé ma langue à conneries, désolé.

Je ne le suis pas vraiment, au fond.
Je ne veux plus l'être pour ce que je suis.
Et ce que je veux être, à tes côtés.
Pour toujours.
Para siempre.
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MessageSujet: Re: 2XGM || ft. Gabriel   Dim 28 Oct - 4:51


Ça te fait rire, bougre d'âne. Et ça me donne envie de revenir t'embrasser, pour étouffer ce rire qui me dit déjà que c'était une évidence, que tu repartais pas, qu'on avait déjà perdu assez de temps, bien trop d'années, qu'il est temps d'installer un peu de douceur dans cet amas de douleur. Une lettre et ça change tout. Une personne et c'est pareil. Mais je viens pas le tuer ce rire, parce qu'il m'a trop manqué, qu'il est trop nécessaire. Qu'il me semble fatigué lui aussi mais que c'est le plus vaillant quand même, entre nous. Comme s'il voulait exister malgré tout, juste parce qu'il en a l'occasion, juste parce qu'il est enfin autorisé à vivre pleinement, à résonner partout, surtout dans mon putain de cœur. Et ça me fait sourire de l'entendre, de capter le fond de mes pensées, de me dire que t'es bien le seul à savoir le rendre comme ça, aussi niais, aussi jeune dans ma tête de vieux. J'avais abandonné bien des choses et tu ravives tout avec ton air de vadrouilleur épuisé. Peut-être parce que t'as l'air aussi d'être enfin arrivé à destination. À la bonne, la définitive. Tu m'as tellement manqué Selen. c'est comme savoir respirer de nouveau, quand je sens ton souffle se mélanger au mien, comme une apnée qui se termine enfin. Je t'aime, Mehrmann. Y'a cet air tranquille que tu refais naître, alors qu'une pogne s'étend contre toi, qu'elle te caresse un flanc, qu'elle se faufile sous le t-shirt pour découvrir un bout de peau escarpé, un bout de toi que j'ai jamais osé frôler auparavant. J'ai eu peur pendant un instant, tu sais, que ça me dégoûte un peu quand même, d'avoir une paume pleine sur un homme, même si c'était toi. Mais je te regarde en même temps et ça me fait rien de cet ordre là. Désolé de ma pensée, amor, je crois que j'ai encore dans la tête une vision qui n'appartient qu'à mon putain de père. Et ça se décroche difficilement, les parasites.

Je peux que te regarder encore alors que tu te tournes un peu pour admirer le plafond délavé depuis trois générations au moins. Et ça me rappelle quand j'étais adolescent, quand je me permettais pas ça alors qu'on était dans ton pieu, à faire le monde qui se limitait à notre ville encore. Comme moi aussi je le regardais, pour pas te voir, pour rien savoir. De si tu m'ignorais aussi ou si t'avais les yeux posés sur moi. Et finalement je me dis que je peux rassurer le Gabriel de treize ans, à lui dire que si, il allait être bientôt vu, mais que juste il faudrait attendre pour briser le tabou, pour qu'un jour sa voix soit entendue pour autre chose que des vérités dissimulées sous un tissu de pseudo virilité. Mais promis gamin, y'a rien à regretter, t'étais pas encore prêt, t'aurais pu tout gâcher. J'ai le regard qui se perd sur ton profil, qui se rappelle de ce que ça peut-être de t'avoir sous les yeux. Et je me sens bien, enfin apaisé, enfin en accord avec une évidence qui concerne que nous deux. Je t'écoute avec ce sourire particulier, offert qu'à toi depuis toujours. Celui que personne saura voir autrement, qui n'a pas de sens si t'es pas là. C'est à mon tour de souffler un rire en t'écoutant, en retrouvant le bleu dans lequel me fondre. Alors j'oublie le reste et je me contente de rire avec toi, ma main qui te caresse toujours la peau, alors que je me redresse pour t'embrasser une tempe, sans t'interrompre, je reste juste là, à me rappeler ton odeur, depuis trop longtemps oubliée. J'avais peur de devenir fou sans elle pour parfumer mes pensées, alors j'ai préféré l'oublier entièrement, pour plus pleurer. Maintenant, on va effacer celle du sable, si tu veux bien... J'osais rien imaginer, pour ma part... Je voulais juste que tu sois là, je me serais contenté pour le reste de ma vie encore de te regarder de loin... Et c'est vrai, bien trop vrai. Tu l'as toujours su ça, n'est-ce pas ?

Je crois qu'au fond, c'est sans doute ce que j'aime le plus chez toi. Cette notion de rêve que tu voulais m'inculquer, pour oublier la maison, pour oublier que fallait rentrer le soir, que le noir était ce qu'il y avait de plus de rassurant, après ta piaule, après toi. Surtout toi. Que dans celui-ci, je pouvais encore t'imaginer, encore te voir là. C'était effrayant aussi, en partie, pour ça que j'ai laissé tomber l'idée et que je t'ai laissé être rêveur pour deux. Ça t'allais mieux, bien mieux. Heureusement qu'elle l'a pas coupé. Qui occuperait mes silences, sinon ? On a toujours été fait pour se compléter alors évitons de changer la formule si tu veux bien. Je reviens le chercher, ce foutu baiser qui aurait dû être le tout premier. Mais il pouvait pas. Alors je reviens m'affaler un peu plus contre toi, mes doigts qui remontent sur tes côtes, qui découvrent les monts qu'elles forment, les creux qu'elles offrent. Lèvre inférieure mordue, amour donné, à jamais. Je crois que j'ai quatorze ans là à peu près. Avant que ça commence à se casser la gueule parce que j'avais peur du monde. Avant qu'on me rappelle à l'ordre, qu'on m'ancre dans le crâne pour de bon que c'était pas toi que je devais visualiser dans le noir. Avant de se résoudre à comprendre que je serais sans doute jamais heureux. J'inspire plus fortement à cette pensée fugace, dérivé de ta bouche pour couvrir ta mâchoire de la mienne, pour m'imbiber de toi avec tendresse. On s'offre cette ivresse-là ? On fait quoi, maintenant ? Donne moi une direction, Sel', parce que je suis un peu perdu, parce que j'en sais foutre rien, que les contes j'en regardais même pas la couverture. Y'a quoi après le dénouement ? On les rattrape, ces foutus dix ans, avant que je gâche tout encore avec des palabres qui me vont pas ? Je relève la tête, pour te sourire effrontément, pour me marrer en sourdine, avant de décoller ma main de là où elle était pour te virer des mèches qui pouvaient vouloir gâcher le paysage. Et je redeviens sérieux finalement. Ou on se parle d'autre chose. Et je tremble un peu, face au mot à venir. D'avenir. Il sonne terrible. Il sonne bien, aussi. Parce qu'il est tout en je, tu, on, nous, ils. Épouse moi un jour, Selen. Je suis désolé, j'ai jamais su être patient.
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2XGM || ft. Gabriel

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