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on vous invite à privilégier les fantômes, les djinns et les petits humains
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 my own private idaho. (sinéad harris)

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siren ○ hell's angels
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MessageSujet: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 2:37

sinéad rain harris
on
t'a appris
que tes cuisses
sont un arrêt au stand
pour les hommes qui ont
besoin d'un lieu où se reposer
un corps vacant assez vide
pour accueillir des hôtes
mais où personne
ne souhaite
demeurer.



○ âge › L'approche de ses vingt-trois ans ne lui fait rien. Son anniversaire passera à la trappe comme le reste de sa vie. ○ date et lieu de naissance › le 14 Novembre, dans le petit hôpital local d'un minuscule village perdu dans l'immensité qu'est l'Idaho. Les chaînes montagneuses n'étaient pas là pour la faire rêver mais pour la convaincre que l'on meurt où l'on naît si l'on ne veut pas crouler sous les remords. ○ profession › Bibliothécaire jusqu'à ce qu'il ne vienne l'arracher à sa vie de misère, qu'il la fasse grimper sur sa bécane et traverse l'épaisse couche de brouillard qu'était l'horizon. Aujourd'hui elle sait, la gamine, que toutes les illusions sont pénétrables, même à travers leur épaisseur opaque. ○ situation amoureuse › L'un d'eux est resté, laisse des traces plus profondes en elle. Dans leur silence, dans leurs moments échangés, elle a laissé un lien se créer avec cet autre sans savoir s'il la soulage ou  la détruit. La limite est trop fine, à peine perceptible. ○ orientation sexuelle › Son corps n'est qu'une terre dont elle laisse les hommes la labourer sans une once de respect pour eux. Sin n'y prend même pas du plaisir, ni même de la satisfaction, brouille seulement la solitude pour la convaincre qu'elle n'existe pas. Son démon porte quatre lettres : le vide. ○ situation financière › L'Idaho la ruinait déjà. Le périple qu'elle a vécu jusqu'ici leur a souvent fait tirer la langue, chercher de l'argent pour faire le plein d'essence et se trouver juste de quoi se nourrir. ○ groupe › pour les bad company, sirène. ○ avatar › adèle exarchopoulos. ○ crédit › vocivus, rupi kaur, stieg larsson.
○ pseudo › tête de boeuf la plupart du temps ! ○ et à propos de toi ? › oh bah pas grand chose mis à part que j'imite super bien le coq   ○ comment t'es arrivé ici ? › nous avions besoin de nouveauté et d'élargir nos horizons avec mon acolyte Reed.  I love you   ○ un dernier mot ? › Ce forum est incroyable, les annexes superbes. Bref, je vous ai dévoré.
≡ recensement avatar. (obligatoire)
Code:
<bottin>adèle exarchopoulos</bottin> ❖ <bott>sinéad harris</bott>

≡ recensement personnage. (obligatoire)
Code:
❖ sinéad harris
lymphatique, mesquine, cynique, farouche, manque d'empathie, réservée,  cruelle, désintéressée.  

Le deuil va te couper en deux, t'agoniser mais ne jamais t'achever.

cold goddess —  elle les laisse croire qu'ils ont le dessus, que ses yeux là ont le pouvoir de se baisser lorsqu'ils la regardent avec trop d'insistance mais Sin n'est en réalité qu'un fantasme. Elle aime ressentir ce besoin qu'ils ont de la posséder, de contrôler une part d'elle qu'ils n'auront jamais. Ce n'est pas une gamine derrière ses traits juvéniles, seulement une âme bourrée de vices remplissant le vide de son coeur par la présence d'hommes entre ses cuisses.  Avant qu'elle ne quitte l'Idaho, son corps était le purgatoire d'hommes qui ne lui apportaient rien si ce n'est la satisfaction de ne plus être seule. Ils la croyaient suffisamment jeune pour penser à eux lorsqu'ils retournaient entre les bras de leur femme mais Sin n'avait dans sa tête que l'horreur de son frère.
the sins of my brother weigh down in my soul — elle avait huit ans lorsque son frère s'est réveillé un matin avec les artères bouchées par la colère pour commettre l'irréparable. Les médias ont raconté qu'il planifiait son coup depuis des mois entre les quatre murs de sa chambre mais personne n'a rien remarqué.  Ni ses parents, ni ses grandes soeurs, ni elle. C'était un dimanche lorsque les coups de feu ont résonné dans toute la maison. Son minuscule corps caché sous l'évier de la cuisine, de l'autre côté de la porte se trouvait les cadavres de ceux qu'elle aimait, abattus de sang-froid par celui qu'elle aimait tout autant. Elle aurait voulu mourir, résister à cet instinct de survie pour ne pas avoir à supporter l'horreur du deuil.
baby sin — Son surnom les mois suivants le massacre de sa famille. Avant que Reed ne l'arrache à sa vie, il lui arrivait de lire de vieux articles qu'elle avait gardé, entassé dans un coin de son appartement pour ne rien oublier. Elle se souvient d'une photo d'elle, enfant, le regard fait de larmes et des gros titres 'DIEU PROTEGE BABY SIN'. Elle était trop jeune pour refuser les interviews, comprendre la portée des questions sur son deuil. On a fait de son visage d'ange et boudeur un enfant à qui l'on a tout pardonné pour faire d'elle une adulte exécrable, retranchée dans un silence qu'on ne lui a pas accordé lorsque sa famille est devenue une tombe.
deep end — Un enfant qui survit, c'est une bouche à nourrir de plus, des ennuis, des responsabilités supplémentaires. Tout ce que son oncle et sa grand-mère n'avaient pas prévu. Sin a grandi dans un monde stérile, sans tendresse ni empathie. On l'envoyait à l'école avec les vêtements de ses soeurs mortes sur le dos par économie. Ses week-end étaient un bon prétexte pour lui faire nettoyer les box des chevaux du ranch de son oncle. Depuis, la gamine déteste ces bestioles qui lui rappellent inévitablement ces heures de courbatures à vivre une vie de substitution car son frère lui avait volé la sienne, la vraie.
beautiful boyz — Les hommes sont devenus son obsession malsaine car depuis sa naissance, ils sont l'unique créature à l'avoir détruite. Cela commence par son frère tueur, continue dans le mépris de son oncle, s'avance dans la trahison des plus vieux avec qui elle couchait et termine dans la violence de Reed. Son visage porte encore la colère de son coup dans sa mâchoire. Elle n'a plus parlé depuis cette main levée sur son visage comme si elle n'était rien, si ce n'est une poupée que l'on frappe lorsqu'elle ouvre la bouche. Les mâles l'ont toujours trouvé plus belle silencieuse. Sinéad s'offre à eux puisqu'il n'y a que dans leur aura qu'elle existe. S'ils la violentent c'est qu'ils savent qu'ils n'auront finalement jamais le dessus sur elle.
on the road — Si elle a tracé la route sans réfléchir sur la bécane de Reed, c'est avant tout pour s'éloigner des tombes de sa famille qu'elle n'est jamais allée voir. Sinéad avait du mépris pour ces cercueils où elle n'a jamais posé la moindre fleur ou plaque. Elle n'a pas signé pour s'occuper de ses parents, encore moins morts. Toutes ses maigres économies partaient dans les trajets pour la prison où elle rendait visite une fois par mois à John, son assassin de frère. Depuis sa majorité, l'orpheline n'a jamais raté un seul rendez-vous avec le parloir. Elle ressortait chaque début de mois déboussolée, grignotée jusqu'à l'âme par le regard de cet être ignoble mais y retournait toujours pour lui prouver qu'il avait raté son coup, qu'il n'aurait jamais sa peau à elle.
god's gonna cut you down — Reed l'a aidé à quitter sa léthargie. C'était une longue entreprise dont elle regrette chaque ouverte et chaque éclosion. Elle sent au fil des jours tout son attachement flétrir dans le silence de sa rancœur. Viendra le jour où elle lui sautera au visage, lui crachera à la tronche son regret d'être ici. Personne n'est singulier, surtout pas Taylor lui aussi guidé par son unique certitude d'être un mâle plus viril que les autres. Cette hiérarchie masculine est propre à chaque homme dont il n'a pas été épargné.
but mermaid has no tears, and therefore she suffers much more. — Le reflet que lui offre le miroir est une masse informe qu'elle ne supporte pas. Sinéad est une enfant terrorisée par qui elle est et ce qu'elle représente. C'est son déni et sa peur de sa nature profonde qui l'ont jusqu'ici toujours plus ou moins poussé à contenir ses instincts au plus loin d'elle. Sin évite son reflet, plie en quatre la réalité tel un mouchoir de poche pour ne plus en entendre parler. Cela n'y suffit pourtant pas, lui tape violemment à travers tout le corps comme si elle faisait fausse route depuis le début. En levant sa main sur elle, Reed a réveillé en elle la bête, comme s'il était l'heure pour elle de prendre sa revanche sur les hommes. Même ceux qui ne lui ont rien fait payeront pour leurs frères et leurs actes atroces à son égard. A ne pas être acceptée et respectée en tant qu'humaine, elle accepte enfin, après trop d'années de silence, de nouer avec sa véritable nature, celle d'une sirène aussi envoûtante que redoutable : la seule à pouvoir la sauver.

○comment vis-tu ton quotidien à blackwater falls ? › C'est une image de synthèse. D'un côté il y a Reed, plus ouvert qu'il ne l'a jamais été, en pleine transformation psychologique et physique et puis il y a elle, prostrée, éteinte, silencieuse. Elle ne supporte plus la présence de Taylor, son regard bleuté qui la ramène sans arrêt à cette nuit de colère qu'elle ne lui pardonnera certainement jamais. Sin a la sensation d'être prise au piège et de ne plus avoir les armes nécessaires pour s'en aller. Blackwater falls est une prison dont les murs invisibles se referment sur son âme. Elle vit cachée dans une minuscule cabane abandonnée poussiéreuse et pleine de moisissure.

○ 14/11/1994 › naissance à Paris, loin de la capitale française, petite ville de l'idaho. ○ 14/11/2002 › assassinat de ses parents et ses deux grandes soeurs de la main de John, son grand-frère. ○ 16/11/2002 › enfermée durant six mois dans un hôpital psychiatrique pour enfant. surveillée de près, subit la lourde médiatisation du meurtre de sa famille. ○ 25/05/2003 › emménage dans le ranch de son oncle, fait des allers-retours entre lui et sa grand-mère, manque régulièrement l'école. ○ 18/08/2019 › découvre petit à petit sa véritable nature et la supporte mal. entre en crise d'adolescence où elle commence beaucoup trop jeune à fréquenter des hommes plus vieux qu'elle. ○ 3/09/2013 › rend pour la première fois visite en prison à son frère et s'y rend par la suite chaque mois. emménage dans son propre appartement pour fuir l'autorité de son oncle. ○ 01/02/2014 › expérimente timidement l'effet de son pouvoir sur les hommes, peine à doser son venin et pousse l'un de ses amants au suicide. choquée par ce dont elle est capable, Sin refuse d'embrasser les hommes qu'elle conduit dans son lit en dehors de certains qu'elle estime trop peu. ○ 10/03/2016 › rencontre Reed, ne le considère pas plus que les autres jusqu'à ce qu'il l'invite à boire un verre et l'aide à se protéger de la société violente qui les entoure. prend petit à petit confiance en lui. ○ 20/07/2017 › quitte le ranch de son oncle où elle passe des vacances sur la bécane de Taylor et se laisse entraîner dans un roadtrip pour tenter de lui faire connaître autre chose que la campagne de l'Idaho. ○ 20/09/2017 › Arrivée à Blackwater falls, se retranche dans une cabane abandonnée faute d'argent et de mieux. Leur unique moyen de déplacement tombe en panne. Reed dépasse les bornes et s'en prend à Sin physiquement. S'en sort avec quelques traces physiques et une rancoeur tenace.
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siren ○ hell's angels
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 2:38


La claque, elle la sent lui cogner le visage d'une force qui lui décrocherait la tête. Sa clope tombe, sa bouche reste ouverte quelques secondes. Son corps se fige, le temps pour la colère de creuser en elle une faille qui la coupe en deux. Le regard de Reed, ses yeux bleus à qui elle trouvait du charme perdent de leur éclat alors que le sien sombre dans l'horreur. Son index et son majeur gardent leur place dans le vide comme s'ils tenaient encore la clope pour laquelle Sin s'est faite battre. Elle a certainement mal vu la violence physique du geste mais la douleur qui la taraude est plus profonde.
Son esprit se scinde en cinq parties bien distinctes. Une pour chaque homme l'ayant détruite à leur façon, avec leurs propres armes et propres techniques, parfois sans même une goutte de sang sur le plancher.

Les hommes qui n'aimaient
pas les femmes.


Holden Harris.
Elle refuse chaque soir la présence de sa mère pour ne ressentir que celle de son père la bordant dans son minuscule lit d'enfant. Sa chambre de fillette, éclairée de nombreuses lumières illuminant les regards noirs de ses peluches. Entre ses bras l'une d'entre elles, plus petite, abîmée de trop de caresses, un lapin grisâtre qui l'aide à s'endormir en plus du regard sombre de son père. Au delà du visible, du haut de ses six ans, Sin ressent les liens qui la relient à son père, d'énormes cordes noires et toxiques qui les attachent si férocement qu'elle en deviendrait vexante et mauvaise auprès de sa mère.
Rien ne s'oppose à son regard de gamine réclamant son paternel qui ne lui refuse rien, même pas de venir lui raconter une histoire au milieu de la nuit suite à un cauchemar. Ses minuscules doigts s'attachent à son t-shirt tandis qu'il passe les siens dans ses cheveux. Son regard se plante sur les écritures qu'il lui lit de sa voix rauque. Ses paupières se ferment, sa joue délicatement posée contre son large torse. Elle pourrait presque ressentir les battements calmes de son coeur qui la lâchent lorsqu'il quitte la chambre pour rejoindre la sienne.
Si la môme s'accroche tant de toutes ses griffes et de toutes ses tripes à son père, c'est qu'une part d'elle sait qu'il ne reviendra pas durant de longues semaines, préférant se battre pour son pays que la voir grandir. Son absence forge en elle cette peur irrationnelle de l'abandon qui la coupe de tout, même de sa propre famille. La patience de sa mère n'est qu'une preuve d'amour et de bravoure supplémentaire. Accepter sans broncher que sa propre enfant la déteste pour évacuer sa colère de ne pas voir son père, c'est aussi se mettre de côté, reléguer au second plan son âme trahie de maman.
Six ans, c'est trop jeune pour lire dans les yeux de ce qu'elle qui nous aime ses douleurs.
Je t'ai porté durant neuf mois, comment veux-tu que je te laisse dans ton désespoir ?
Courir après un père qui n'existe pas lui semble pourtant plus simple que s'attacher à une mère qui lui donnerait tout.
Tout, ce n'est pas ce qu'elle désire.

John Harris.
Harris a la rancune tenace mais lorsqu'il s'agit de son frère, elle devient plus secrète et insensible. Impossible de traverser la carapace de son corps pour avoir la moindre information. Personne à Paris ne sait pourquoi la gamine rend visite chaque mois à l'assassin de sa famille. C'est comme un rituel, récupérer ses affaires, les laver, enlever une à une les tâches bien incrustées, réparer les trous, les plier soigneusement et lui donner un peu d'argent pour les clopes et tout ce qu'elle ne saura jamais. Assise à la table du parloir, l'illusion est parfaite, l'un et l'autre échangent quelques banalités comme s'ils n'étaient pas tâchés du sang de leur famille. Pourtant, ce que Sin ne dit pas, c'est qu'elle voit dans ses yeux l'horreur des cadavres lorsque les flics l'ont arraché à sa cachette. Elle ne pleurait pas encore, enfermée dans son propre corps. Ses yeux ont avalé les visages de ses soeurs étalées dans la cuisine et ceux de ses parents dans le salon. Sa mère avait entre les deux yeux une magnifique gommette rouge ayant explosé l'arrière de son crâne en mille éclats. Elle ne le savait pas en traversant la pièce mais ces morceaux rouges sur le canapé étaient des morceaux de sa cervelle. Ce qui la hante le plus reste son père, son visage n'était plus qu'une masse informe, un steak haché qu'ils auraient pu dévorer lors d'un barbecue. Ses soeurs aussi étaient traumatisantes, allongées dans la cuisine, le lait du petit déjeuner tâchant leur vêtements recouverts de sang.
Au milieu de l'atrocité des cadavres, les journalistes l'attendaient déjà dehors mais elle n'avait rien entendu, même pas les forces de l'ordre défoncer la porte de sa chambre, même pas les sirènes parcourant toute la ville, même pas les questions que lui posaient les infirmières. Ses tympans étaient si abîmés par le bruit des coups de feu qu'il lui avait fallu plusieurs semaines pour ne plus entendre ce grésillement incessant.
Les paumes de sa main collées l'une contre l'autre, assise sur sa chaise, Sinéad se tortille en sachant que ce moment la hantera durant des jours. Chaque parloir la ramène à ce moment trop court où toute leur vie a basculé. Elle le fait pour se rappeler, ne rien oublier. Elle s'y rend pour le narguer, lui faire comprendre qu'elle ne l'aura jamais, elle. Il y a dans son acte une mutilation silencieuse qui l'aide à extérioriser sa douleur. Cette même douleur que l'orpheline gardait pour elle après les meurtres. Déphasée, c'est encore une fois à cause de ce même frère qu'on l'avait envoyé dans une pension pour enfant difficile alors qu'elle n'avait de difficile que l'horreur du deuil.
En fixant John, séparée de lui d'une table, Sinéad réalise qu'elle éprouve de la peine pour l'enfant qu'elle était. Cette gosse qu'il avait tué sans avoir besoin de lui faire sauter la cafetière.

Bruce Harris.
Il la désintègre par ces longs silences et ces regards méprisants. Sin est à ses yeux l'enfant qui aurait mieux fait de mourir. La gamine sur qui il pouvait se faire du fric lorsque les interviews intéressaient encore les journalistes mais au fil des années, il n'a fait que la rendre translucide, inutile. Les vêtements sales qu'elle portait à l'école étaient à l'image de toute la négligence que Bruce lui offrait durant sa courte enfance. Harris n'était pas aimé, Baby Sin est rapidement devenue une plaie, responsable de trois invasions de poux à l'école. Elle était capricieuse, sauvage, violente avec ses camarades mais on ne lui disait jamais rien parce qu'on connaissait le caractère de Bruce. Personne ne se serait hasardé à lui envoyer les services sociaux.
C'est par manque de courage qu'on a laissé cette gamine aux mains d'un pseudo cowboy alcoolique qui n'hésitait pas à la rabaisser. Bizarrement, il ne s'en est jamais pris à elle physiquement. Peut-être savait-il au fond de lui qu'il n'aurait pas su s'arrêter.

Le ranch est une terre désolée sur laquelle elle n'est plus revenue depuis qu'elle a eu l'âge de fuir, de quitter ces sentiers de terre pour plonger dans les tours sombres de la ville. Sinéad n'a jamais aspiré à devenir un mouton, un être perdu dans la masse. Si elle était restée ici, elle serait devenue aussi transparente que la fumée de sa cigarette, aussi inutile que ces derniers rayons de soleil qui caressent au loin les montagnes d'une couleur rosée. Assise sur un rocking chair qui fait trembler sous son poids le plancher de la terrasse, le silence environnant calme les démons qui la brusquent. A l'arrière, dans une minuscule chambre se trouve son oncle, dormant déjà après avoir picolé des litres d'alcool. Dans sa salopette en jean, elle n'a plus rien de la traînée de Paris. Il la tuerait s'il connaissait sa réputation. Une clope au bec, un livre sur les genoux, il n'y a qu'ici qu'elle peut prendre le temps d'en lire un. De l'autre côté des montagnes, au bout des routes sinueuses, trop de tentations existent pour lui laisser le temps d'alimenter son cerveau plutôt que son corps sans cesse affamé.
Dans son emprise malsaine, Bruce est de loin le plus vicieux de tous. Le seul suffisamment habile de ses manipulations pour faire revenir Sin sur cette terre qui ne lui a pas donné le privilège d'être une gosse, seulement un fardeau.

La meute.
Elle n'en aime aucun. Pas l'un d'entre eux ne lui apporte la moindre satisfaction lorsqu'ils se rendent à la bibliothèque pour la déshabiller à l'abris des regards dans la réserve. Sinéad se sent si vide qu'ils l'aident à combler les trous que John a creusé en elle. Leurs coups de reins colmatent les fissures jusqu'à ce qu'ils s'en aillent et qu'ils la laissent là, humide, transpirante, silencieuse, la culotte en bas des chevilles. Si elle les prend mariés, c'est pour éviter de les entendre pleurer sous sa fenêtre au beau milieu de la nuit. Paris est une petite ville où tout se sait et les hommes qu'elle ramène entre ses cuisses ont l'avantage d'appartenir à quelque chose de plus grand qu'elle. Sinéad sait tout d'eux là où ils ne savent rien d'elle. Pourtant, tous ont le point commun de se sentir indispensable dans sa vie. Lorsqu'ils couchent avec Sin, ce besoin d'être unique et de se détacher du lot est une maladie qui la fait sourire. Lorsqu'ils réclament ses lèvres et qu'elles le leur refuse, c'est avant tout pour leur sauver la vie. L'orpheline les trouve pitoyables du haut de ses vingt-deux ans, persuadés d'avoir le dessus sur cette gamine alors qu'il n'en est rien.
Depuis que ses seins sont suffisamment développés, les hommes n'ont cessé de lui faire la cour, comme si elle était l'unique créature de son sexe. Les vibrations que dégagent son organisme sont plus fortes que les autres, elles prennent le pas sur la raison, sur les lois de la nature, sur toutes les règles. Lorsqu'on regarde Sinéad, on ne ressent que ses ondes là nous rendre fou ; on oublie le reste, son caractère explosif, son âme écorchée, presque dangereuse. On la rend parfaite, on se cherche une raison de la baiser et point barre.
Ils ne comprendront jamais que le simple fait de les attirer fait d'eux des pantins qu'elle ne saura apprécier à leur juste valeur. Si elle ne les empoisonne pas de sa salive, c'est qu'une part d'elle refuse de quitter sa léthargie Parisienne. L'Idaho a fait d'elle un fantôme aux instincts parfaitement anesthésiés.

Reed Taylor.
Reed est ce qui représente au mieux un compagnon pour elle. L'orpheline l'aime de sa façon si singulière d'aimer les autres. Plus elle le connaît, plus il lui donne envie de creuser, de partager avec lui les cauchemars qui les hantent. Sin décèle chez Taylor une certaine poésie au sens mâle du terme ; tout en proses viriles. Incapable de se contenter de la tiédeur des sentiments, colérique, instable flic perdu dans la fine limite de ce qui pourrait faire de lui un protecteur ou le transformer en prédateur. Paranoïaque, appliqué dans son détachement, veule, rustre. Insupportable pour tout le monde, surtout pour lui-même, querelleur dans l'âme, sans aucune maîtrise de soi si ce n'est de son illusion d'avoir le dessus sur ses pulsions. La fine pellicule qui le recouvre lui fait croire qu'il détient la vérité absolue alors qu'elle le pousse à reproduire sans cesse les mêmes erreurs, incapable de retenir la moindre leçon car persuadé qu'elles sont contraires à tout ce en quoi il croit, obstiné, jusque dans sa perdition.
Reed reproduite sans cesse les mêmes erreurs.
C'est ce côté si imparfait, si humain qui l'a poussé elle, sirène ignoble sur cette route interminable à ses côtés.

Sinéad.
Dans l'obscurité la gamine fronce les sourcils. Entendre son prénom de la voix de Reed lui fait toujours bizarre. Elle n'a pas l'habitude qu'on s'attarde sur ces syllabes. Elle qu'on dépersonnalise sans cesse se retrouve bouche-bée. Comme un clébard abandonné qu'on rappelle finalement et qui sait pas s'il vaut mieux pour lui de rester à la rue ou de pardonner. Elle répond pas, question de défense. La lumière tamisée du motel l'aide à se retrancher au coeur de son mutisme. Les parois de son corps sont blindées, rien ne traverse, pas le moindre son. L'orpheline est détendue mais peine encore à le lui montrer lorsque ses doigts caressent sa peau qu'une part d'elle s'embrase sous son contact. Taylor éveille en elle une force qu'elle pensait morte à tout jamais et lui en veut par avance d'avoir un tel effet sur elle. Le coeur au bord de lèvres, ne pas parler l'aide à garder au fond de ses tripes cet organe noir qui ne battait plus que pour faire son job de muscle. Dans les draps du motel, son regard analyse les traits de Reed, se remémore leurs discussions avant de fuir Paris. Elle se revoit dans la cuisine abandonnée de la maison de son enfance, le flic à ses côtés lui avouant le meurtre de son père. Il n'avait suffit que d'un regard pour lui promettre de garder toutes informations dans un coin de son âme. Allez, explique, elle a déjà l'enfer dans les tripes, tout sera cramé, par d'archives dans sa tête, pas de preuves qu'elle garde. Secret professionnel de ceux qui ont connu la mort sans qu'elle ne leur saute à la gueule.

Dehors, la bécane n'attend plus qu'eux. Reed lui a fait comprendre qu'ils partiront tôt demain matin, avant même que le soleil ne se lève. Cette idée de partir toujours plus loin de ses souvenirs morbides réveillent une confiance qu'elle lui offre timidement. Une confiance dont elle le trouve à la hauteur.

----

La claque résonne encore, se répète tandis que la bécane ne démarre pas plus. Lorsque ses lèvres se ferment, Sin emporte avec elle tout ce dont Reed a besoin pour ne pas péter les plombs. Les traces de doigts sur sa peau font naître un tel déséquilibre entre eux que la gamine sent grouiller en elle sa nature profonde à qui elle mettait des chaînes.
La respiration coupée de Taylor lui fait réaliser qu'il n'était qu'un leurre : lui ne vaut pas mieux que les autres. Coule dans ses veines l'orgueil de la prendre pour un morceau de chair que l'on frappe lorsqu'elle tente d'avoir un avis.
La bécane est en panne qu'il lui répète.
Elle s'en fout.
Tout cela n'a plus de sens.
Seule sa mâchoire douloureuse lui arrache ses sentiments de force.
Sinéad lui fera forcément payer de la considérer si peu. Elle ne ressent pas de honte d'être mise si bas, elle en a même l'habitude et trouve de l'héroïsme dans cette déchéance, dans la beauté de se rebeller et de leur éclabousser à la figure de tout ce qu'ils ne voient pas dans ses yeux. Reed terminera comme ceux avant Lui : l'esprit écartelé de l'avoir humiliée.

fiche (c) prima luce
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 3:10

bienvenue et bon courage pour ta fiche!
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demon ○ breaking bad
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 3:11

ADELE omg
je l'ai jamais vu sur les forums, elle est trop mimi
bienvenue parmi nous I love you
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 5:11

ooooooh adele, quel superbe choix ! elle est magnifique
j'adore également l'esquisse de personnage, j'ai hâte d'en lire plus
et puis l'idaho, comme ma petite lenny, on se trouvera un lien pour la peine

bienvenue sur RH et bon courage pour ta fiche
si tu as besoin de quelque chose, hésite pas

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now those days are over, and we're all ghosts. 
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 9:37

bienvenue I love you I love you
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 11:13

Ce choix d'avatar
bienvenue, bon courage pour ta fiche
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paranormal ○ walk the line
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crédits : (c) Chrysalis <3 <3/Nanami
MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 11:25

Bienvenue par ici
Woow encore une plume à tomber et un perso qui promet Hâte d'en découvrir davantage et de voir ce que votre duo avec Reed va donner en rp
Bon courage pour la rédaction Je te souhaite de te plaire parmi nous
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 17:54

Mais comme j'aime ce début de fiche !! Ta plume est exquise, mes aïeux
Welcome par ici avec la belle Adèle, j'ai hâte de lire le reste !! I love you
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hunter ○ ultraviolence
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 21:18

bienvenue sur le forum.
j'ai hâte d'en lire plus sur sinéad (j'adore ce prénom d'ailleurs).
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 21:40

Welcomeee cette bouille d'ange et cette préface de rêve amuse toi bien parmi nous
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Mer 19 Sep - 22:07

welcome here
bon courage pour cette fichette, hâte d'en savoir plus !
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human ○ drink the water
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Jeu 20 Sep - 9:24

Bienvenue miss !
Le début de la fiche est super cool - et cet avatar, mamma mia.
Fighting pour la suite
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siren ○ hell's angels
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crédits : (c) têtedeboeuf
MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Jeu 20 Sep - 10:13

Merci tout le monde pour votre gentillesse et ce super accueil I love you J'ai hâte d'aller à la découverte de vos fiches
(Mention spéciale à Helena et Heloise, Rapace et Laurent, des femmes magnifiques )
J'avance aujourd'hui, forumactif me faisait la misère
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paranormal ○ walk the line
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   Jeu 20 Sep - 10:41

J'ai hâte de lire ta fiche comme si c'était le matin de noël.
Ceci sera mon seul compliment niais, sache-le
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MessageSujet: Re: my own private idaho. (sinéad harris)   

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my own private idaho. (sinéad harris)

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