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on vous invite à privilégier les fantômes et les petits humaiiiiiiins
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 Skinny job. || ft. Darcy

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MessageSujet: Skinny job. || ft. Darcy   Mer 3 Oct 2018 - 0:36

Comment ça se passe alors, ta vie là-bas ? Tu as commencé à chercher un boulot ?
Ah, Terrence. Toujours factuel et carré, frangin chéri. T'as cette verbe de mec un peu trop coincé dans ton monde bien propre, mais j'peux pas t'en vouloir, fallait bien qu'un de nous deux honore le blason des Mehrmann. Je prends le temps de tirer sur la clope avant de te répondre, portable calé entre l'épaule et mon oreille alors que j'enfile une veste. Toujours aussi mal branlé, ce mois de Novembre. Pourquoi j'suis pas sorti de mon trou en été, rappelez-moi ?
- Ouais, j'suis en train. J'vais m'faire un tour pour ça là.
- Aah, formidable ! Essaie de te mettre en valeur, d'accord ? Et essaie aussi de choisir un domaine qui te motivera vraiment !
- ... T'es devenu mon conseiller pro d'puis quand au juste ?...
- Depuis que je sais que tu veux vraiment rester dans cette petite ville bien remplie !

Les pas qui cessent, dans le froid de la cité. Quelques secondes pour dégainer une clope et m'armer face au sous-entendu espiègle qui résonne dans le téléphone. Pas besoin d'être Einstein quand on me connait un peu. Et Terry peut se targuer de me connaître beaucoup. Un plus un font deux comme on dit, ça a été le premier à le savoir de mon côté, et le dernier sans doute. Pas la peine d'ébruiter et d'alimenter les racontars qui peuvent traîner. Gab et moi, on a autre chose à penser.

On continue le dialogue incessant des frères courages, j'écoute avec attention les mondanités sociales de monsieur. Ça finit par me taper sur le système mais je préfère garder les mots qui me viennent, manquerait plus qu'il se vexe. C'est la dernière chose que je veux, au fond. J'sais bien qu'en terme de filiation, y'a plus que nous deux. "Parents" rejetés au fin fond des souvenirs, pairs d'yeux éplorés au tribunal, balles qui jugent et qui empalent. Et la voix de mon frère, sans sang aucun, me fait du bien. Alors qu'importe les conneries bien pensantes qu'il peut débiter, je l'écoute en silence, avant de raccrocher car lui aussi doit bien bosser, après tout.

Marche qui reprend, la tête en avant. Trouver un travail, gagner sa vie. C'est bien, j'imagine. Ça fait longtemps que le concept est devenu nébuleux, pour ma part. Entre les murs on ne gagne pas vraiment sa vie. On fait semblant, on estampille le droit de pratiquer une activité encadrée, pour ne pas devenir fou et tourner en cage comme les animaux que nous sommes. Parqués ensemble, prêts à se dévorer. Y'en a certains qui ont décidé de relever le niveau, d'organiser quelque chose d'encadrer, une forme de sanité presque solennel.

J'ai plus beaucoup de souvenirs d'avant cette période. Des moments de ténèbres avant de toucher l'encre. Les aiguilles. Les morceaux de peau. Le tangible, pour ne pas claquer.
Ça m'a rendu un peu de vitalité, juste assez pour tenir. Et sortir. Et c'est peut-être pour ça que je choisis, presque naturellement, de commencer par ça. On finira par les boulots alimentaires après. Autant commencer à suivre ses envies à presque 50 balais...

Je zone, cherche un peu. La basse-ville finit par me donner ce que je veux. Un salon de tatouage, Paradise Lost. J'écrase ma clope devant l'ironie, mate un peu l'enseigne. Même les anges n'ont plus de repères. Ça n'augure rien de bon. Mais je passe la porte en silence, n'espérant rien, ne m'attendant à rien.

B'jour ? Y'a quelqu'un ?

J'attends, en silence, qu'on vienne m'accueillir. Y'a du bruit de machine, de musique un peu forte, ça sent l'odeur des pigments, ça flashe de couleurs imposantes.
Ça vit, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Skinny job. || ft. Darcy   Sam 6 Oct 2018 - 16:55

La tête penchée au-dessus du carnet de dessins, le temps qui se défile sans qu’elle ne le remarque. Journée tranquille, le seul client prévu passé et tatoué, ne reste plus qu’à avoir si des âmes vont venir errer jusque là. Y’aurait autre chose à faire que dessiner, des factures à payer, des formulaires à remplir, du business à s’occuper. Elle pourrait en profiter pour fermer boutique et aller s’occuper de cet appartement qu’elle néglige, mais Darcy a pas envie. Elle est bien, là, éclairée juste par la petite lampe de bureau, perdue dans l’arrière-boutique, à dessiner ce qui lui vient. Laisser l’inspiration couler par l’encre, le crayon, les feutres. Elle n’a pas envie de réfléchir, pas envie de penser. Pas envie de se demander pourquoi Olivia est là, pas envie de se demander comment va Sarwan, pas envie de rien. Même pas envie de faire partie du monde, mais plutôt de s’éclipser dans les marges et les ombres, se faire oublier, s’oublier, ne plus penser. On est mieux comme ça, on respire mieux comme ça, et pourtant elle ne le peut pas. Une tignasse rousse qui ne cesse d’hanter son esprit, et de revenir dans chaque trait de crayon. Ce n’est pas pour lui qu’elle dessine, elle essaie de se convaincre, c’est le rêve chaotique qui lui a empoisonné le sommeil qu’elle essaie de coucher sur le papier. Le brouillard épais et pourtant si clair, qu’elle essaie de naviguer comme un navire dans la tempête, Darcy n’a pas la trempe d’un capitaine, elle se noie dans la cale, les vagues l’emportent et elle a envie de lâcher prise. Elle continue de dessiner, d’essayer de trouver un sens à ses visions qui l’assaillent depuis des années. Ne sait pas où commencer, sait qu’elle a besoin qu’on la guide mais elle ne sait pas à qui s’adresser. Un foutu bordel, voilà ce que c’est. Elle lâche un soupir, Darcy, relâche soudainement le crayon et se laisse retomber dans sa chaise. Les yeux lui piquent, elle le réalise, trop concentrée elle a finit par s’oublier, et voilà que la migraine arrive au galop. Il est encore tôt cependant, et y’a encore le risque de clients, et il faut qu’elle soit en état de tatouer - alors elle se relève, enfile une veste pour se couvrir les épaules et va se servir un café. Café, café, ramène moi dans le monde des vivants.

« B’jour ? Y’a quelqu’un ? » La voix la fait presque sursauter, alors qu’elle est en train de souffler sur sa tasse brûlante. Ça fait des heures que pas une âme a passé la porte, mais voilà que l’extérieur a ramené quelqu’un. Ça n’embête pas Darcy, bien au contraire elle est soulagée d’avoir quelque chose pour lui occuper l’esprit, si c’était pour continuer comme ça elle aurait peut-être cédé à la folie. D’un pas discret, elle quitte l’arrière boutique pour venir saluer le nouvel arrivant. Approche du comptoir avec sa tasse entre les doigts. « Salut. » Elle le salue d’un sourire poli, un peu étonnée quand même de voir le type - ces temps-ci il lui semblait que c’était surtout des jeunes qui passaient sa porte, et moins de types dans son genre - mais ça faisait changement agréable et il lui semblait être le genre de personne à savoir qu’il voulait. « Désolé, j’me faisais un café. Moi c'est Darcy. » Elle dépose la tasse sur le comptoir, tend sa main en sa direction et regarde le type. Il semble en avoir vécu, quelque chose dans son regard qui le dit. Darcy, toujours calme, qui désigne le reste du salon. Salon qu’elle a essayé de décorer pour le rendre attrayant et professionnel, en espérant que ça ne trahisse pas trop qu’elle essayait encore d’apprendre comment ça fonctionnait, tout ce bordel d’entreprise et de commerces. Si ce n’était que le tattoo, ça serait si simple. « Vous venez pour un projet ? Comme vous pouvez voir, c’est assez mort aujourd’hui, donc on peut en discuter. » Prend une gorgée de café, elle ne sait pas trop ce que c’est mais elle aime déjà bien ce type, juste ce qu’il dégage, il n’en demande pas plus que ce qu’il faut.

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MessageSujet: Re: Skinny job. || ft. Darcy   Hier à 18:03

Là où mes clichés de vieux briscard m'attendaient à rencontrer le même genre de mastodonte qu'auprès desquelles j'ai appris les bases, c'est finalement une femme qui m'accueille. Jeune, plutôt jolie, brune. Bigre. On peut dire que ça me surprend. Je sais que les nanas sont aussi douées, voire plus, que certains noms masculins du métier, mais j'pense que les dix ans de conditionnement auprès des mecs m'ont forcé à oublier cette donnée. Puis le monde change, il paraît. Au moment de mon enfermement, c'était pas si répandu, les petites nanas qui en ont suffisamment pour se hisser dans la cour des machos. Je l'observe, quelques secondes, sans trop insister. Elle a l'air à l'aise dans le coin. Probablement son affaire, qui sait ? Ce serait l'idéal, de rencontrer la patronne du premier coup.

J'ai sans doute l'air un peu pataud. Mais quand elle prend la parole, ça raccorde mes synapses, pour les faire s'entrechoquer. Réveille-toi, bonhomme, la demoiselle te parle.

Pas d'problèmes. Selen.

Je tend une main, 'paraît que ça se fait. Et j'allais certainement pas lui claquer une bise, de toutes façons. J'reste égalitaire dans mes principes. Et quand je connais pas, j'embrasse pas, cqfd.

La question fuse, me demandant en gros ce que je fous là. Si j'savais, ma bonne dame. J'ai juste une profonde envie de m'enfuir, ou me terrer sous le sol de votre boutique d'encre gravée. Une petite inspiration, mentale et physique, pour me conditionner. Les paroles de Terrence reprennent vie, petit à petit. Foire pas ton coup, Mehrmann. S'il s'agit d'un projet, c'est avant tout celui de reprendre pied dans la réalité.

Hm, oui et non. L'ours que j'suis cherche ses mots, et paraît maladroit. Forcément. Désolé Darcy, j'ai jamais su me montrer convaincant. Y'en a qui sauront à quel point j'peux me saborder parfois. J'vais être franc... J'viens d'arriver en ville. Et je cherche un boulot. Pour tout vous dire, tatouer c'est un peu le seul truc que je sache faire bien. Et quitte à m'installer dans le coin...

Petite pause, pour regarder un peu autour de moi, cacher la gêne qui naît. Foutu moi. Cinquante berges quasiment et même pas foutu de tenir un discours cohérent. Il est beau, le rescapé qui se liquéfie presque quand il s'agit de parler de lui. Y'a des mandales qui se perdent, j'vous jure.
Une de mes mains reprend ce tic à la noix, allait se perdre dans ma nuque pour la frotter un peu. J'ai l'air d'un pré-pubère en phase de drague devant une pompom girl. Formidable.

Je sais pas si vous cherchez quelqu'un en particulier. Ni même si vous cherchez quelqu'un tout court. J'y vais un peu au culot... mais j'y vais. Ouais, t'y vas. Et tu sais même pas si cette fille peut répondre à tes attentes. T'es con comme la lune, Selen. Mes yeux cherchent un peu les siens, soutiennent quelques instants, bleus sur le noir, comme si j'avais du courage. Mets-toi en valeur, que mon frère disait. Hum.

J'ai appris les rudiments y'a dix piges. Depuis j'ai fais un peu mon trou. J'suis pas forcément à la pointe ce qui se fait d'nos jours... Mais paraît que j'apprends vite, quand ça m'passionne. Et ça m'passionne.


Et je tente la tactique sourire, un peu rouillée, ça fait lever un coin de lèvre et c'est presque pas forcé, malgré tout. C'est juste un peu étrange, de se mettre à nu devant une inconnue. De parler de mes qualités alors qu'elle en a probablement rien à foutre et qu'elle va très probablement m'envoyer chier. J'lui en voudrais même pas, après tout. Moi aussi j'me suis rejeté pendant très longtemps, j'sais ce que c'est. Reprendre corps, c'est tout un schéma de pensée que j'suis en train d'apprivoiser. Et si faut essuyer un échec pour y arriver, bah... Ce ne sera pas la première fois.
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